Boeuf écorché

Houda El Boudrari | Mardi 2 mai 2017

Dans une petite ville de banlieue où l'abattage des animaux est le principal secteur d'activité, un homme invite sa sœur à venir fêter la médaille du travail de leur mère, elle-même bouchère de profession. Cette sœur, qui mène désormais une existence très bourgeoise, représente au sein de la famille, et en particulier aux yeux de son frère, l'idéal d'une vie à laquelle il n'a jamais pu prétendre. Et pourtant c'est cette même femme, qui un soir sur un quai de gare, dans la ville de son enfance, va perpétrer un crime de sang froid. Par amour pour elle, entièrement dévoué à son combat, son frère décide d'endosser le meurtre. Gilles Granouillet, a voulu écrire Combat comme un thriller, un drame contemporain où le cloisonnement social joue pleinement son rôle. « J'en arrive au mot que je voulais écrire depuis le début : " prolétariat " ! Parce que c'est un plaisir de l'employer aujourd'hui : c'est un mot banni ! Ne plus nommer c'était faire disparaître ! Le prolétariat, qui existe aujourd'hui comme hier, comment on en sort, comment on y reste, c'est aussi ça, Combat. »

Combat au Théâtre Le Verso, jeudi 11 et vendredi 12 mai à 20h30


Combat


Travelling Théâtre Le Verso 61 rue de la Richelandière Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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A la vie, à l’amour

Théâtre | L’amour a-t-il ses raisons que la raison ignore, et surtout, ses symptômes que la science ne peut expliquer ? La neurologue Léa Paule se (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

A la vie, à l’amour

L’amour a-t-il ses raisons que la raison ignore, et surtout, ses symptômes que la science ne peut expliquer ? La neurologue Léa Paule se souvient de son patient, Hermann, hospitalisé en psychiatrie 13 ans plus tôt. Amnésique, l’homme ne semblait se rappeler que de quelques mots en russe, et du prénom de son amoureuse de toujours, Olia, dont il était à la recherche depuis des années. Un texte qui aborde le sentiment du point de vue du corps médical, écrit par Gilles Granouillet et mis en scène par François Rancillac, à la manière d’un conte pour tous ceux qui croient à l’amour fou et éternel. Hermann, les 19 et 20 novembre à l’Espace Culturel Albert-Camus au Chambon-Feugerolles

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Le Verso rouvre ses portes

SCENES | Elle vous attend avec En vous attendant. L'équipe du théâtre stéphanois Le Verso relance la machine cette semaine pour deux spectacles-rencontres (...)

Nicolas Bros | Lundi 22 juin 2020

Le Verso rouvre ses portes

Elle vous attend avec En vous attendant. L'équipe du théâtre stéphanois Le Verso relance la machine cette semaine pour deux spectacles-rencontres concoctés par le Théâtre de l'Incendie de Laurent Fréchuret. Après plusieurs mois de fermeture, c'est enfin le retour du théâtre à Saint-Étienne avec la pièce En vous attendant, un « solo d'acteur multiple dans l'absurde ludique et déconfiné. » Ca se passe avec l'acteur Sylvain Delcourt les mardi 23 et mercredi 24 juin à 20h au Théâtre le Verso. En vous attendant, mardi 23 et mercredi 24 juin à 20h au Théâtre Le Verso à Saint-Étienne Réservation obligatoire au 04 77 47 01 31 Vous serez rappelé pour avoir confirmation de votre réservation / Port du masque obligatoire.

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À l’Est

Théâtre | Inspiré du roman Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin, Václav​ et Tomas met en scène la dissidence, la résistance, le combat, le (...)

Cerise Rochet | Mercredi 4 mars 2020

À l’Est

Inspiré du roman Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin, Václav​ et Tomas met en scène la dissidence, la résistance, le combat, le totalitarisme. 1989, à Prague. La révolution de Velours triomphe, en portant le dramaturge Vaclav Havel au pouvoir. Pour Tomas, il s’agit d’un jour radieux… Propice au souvenir de ce qui les a conduits à ce jour si particulier. 20 ans plus tôt, à Trutnov, Tomas, cheminot, travaille dur, comme « un chien » même. Alors qu’une troupe de théâtre s’installe dans sa ville, il fait connaissance et se lie d’amitié avec Václav, séduit par sa foi en la culture et l’avenir… Une rencontre qui va changer sa vie. Opposé au régime, Václav est surveillé, et tandis que son nouvel ami s’engage de plus en plus à ses côtés, il est emprisonné… Fortement inspirée de l’histoire, Václav et Tomas raconte comment, sans violence, la culture peut vaincre la tyrannie, et comment parfois le destin porte les gens simples jusqu’à la grande Histoire. Václav​ et Tomas, vendredi 4 décembre à 20h30 en direct sur www.lechambon.fr

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Tout un fromage

SCENES | Parce que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, et parce que, sans doute, les flatteurs n’ont jamais aussi bien vécu qu’à l’époque des pouces (...)

Cerise Rochet | Mercredi 4 décembre 2019

Tout un fromage

Parce que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, et parce que, sans doute, les flatteurs n’ont jamais aussi bien vécu qu’à l’époque des pouces bleus en l’air, des like et des poke… La compagnie Comme tes Pieds invite Le Corbeau et le Renard à venir croiser le fer dans une pièce chorégraphique inspirée de notre quotidien et de sa gestuelle. Détournant nos petites habitudes corporelles avec humour et poésie, les deux interprètes mêlent ici jeu théâtral, mime, danse, sur fond sonore musical. Au beau milieu d’une cuisine, elles ouvrent les portes de notre imaginaire, pour redonner de l’équilibre à la fable de La Fontaine. Ici, ni bourreau, ni victime, mais deux personnages qui alternent les rôles dans un jeu de retournement, de renversement, d’inversement. Un questionnement sur nos petits travers, si habituels qu’ils en deviennent invisibles malgré leurs potentielles conséquences, pour nous comme pour les autres. Kitchen Bazar, jeudi 19, vendredi 20 et samedi 21 décembre au théâtre du Verso à Saint-Étienne

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Ils s'aiment

Théâtre | Médée s'ennuie ferme. Jusqu'à ce que que Jason débarque, entouré d'une équipe d'aventuriers, tous à la recherche de la Toison d'Or. Vient alors l'amour, et avec (...)

Cerise Rochet | Mardi 3 septembre 2019

Ils s'aiment

Médée s'ennuie ferme. Jusqu'à ce que que Jason débarque, entouré d'une équipe d'aventuriers, tous à la recherche de la Toison d'Or. Vient alors l'amour, et avec lui, les emmerdes. Stratagèmes pour échapper aux griffes du père, fuite, drame... Et puis l'épreuve du couple, le vrai, celui du quotidien. Avec Mamma Medea, Tom Lanoye et le collectif X revisitent le mythe de Médée, dans ce qu'il a de plus contemporain. Mamma Medea, du 31 octobre au 4 novembre au théâtre du Verso à Saint-Etienne

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En PCV

Festival de chanson | Encore une belle initiative à Saint-Étienne. Quand vous avez trois salles qui se réunissent pour proposer un joli petit festival de chanson, que faire si (...)

Nicolas Bros | Mardi 2 avril 2019

En PCV

Encore une belle initiative à Saint-Étienne. Quand vous avez trois salles qui se réunissent pour proposer un joli petit festival de chanson, que faire si ce n'est encourager la démarche. C'est ce que Le Pax, le Chok Théâtre et le Verso font en ce début de mois en créant un nouveau rendez-vous : le festival PCV (pour Pax, Chok, Verso). Au programme trois concerts qui mettront les artistes locaux en avant. Notons la présence de la pétillante Sarah Mikovski (passée par la Maîtrise de la Loire et la fac de musicologie de Jean Monnet), Tom Bird (ex-Ladybug and The Wolf), Monsieur Fred (face claire d'Enzo Ferrara que l'on connaît aussi pour son côté rock déjanté au sein du groupe Baron's). Festival PCV, du 4 au 7 avril au Pax, Chok et Verso à Saint-Étienne

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Tout cru !

Théâtre | Un texte sulfureux et exigeant et une mise en scène sobre, pour une pièce réservée aux plus de 16 ans. Love Manifeste, c’est une femme debout, et une lettre (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 mars 2019

Tout cru !

Un texte sulfureux et exigeant et une mise en scène sobre, pour une pièce réservée aux plus de 16 ans. Love Manifeste, c’est une femme debout, et une lettre d’amour, à dévorer… Toute crue. Ce manifeste, totalement exalté, pose les jalons d’une relation intellectuelle et érotique d’une vitalité extraordinaire, d’une transe aussi sexuelle que burlesque et poétique, d’un amour glorifié. A la plume, Jana Cerna, figure de l’underground pragois d’après-guerre et féministe avant l’heure, invite ici à s’affranchir des jugements de l’ordre établi et à se laisser aller à ses désirs les plus inavouables, dans un acte de résistance. Relativement méconnue, l’auteure a néanmoins fait parler d’elle en 2014, alors qu’une maison d’édition publiait une lettre destinée à son mari et intitulée Pas dans le cul aujourd’hui. Tout un programme… Cinq ans plus tard, à l’heure du sexto, de la vulgarité et de l’admiration du trash, le spectacle Love Manifeste monté par la compagnie Gangmouraï promet pour sa part un grand moment d’érotisme, joué avec finesse et doigté. Love Manifeste, du 7 au 10 mars au théâtre du Verso

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Cadillac, si on t’aime pas tu t’en vas

Théâtre | Du carrelage au mur. Du carrelage au sol. Le type est assis là, sur une chaise pivotante, costume clair cintré sur le dos, bottes pointues aux (...)

Cerise Rochet | Vendredi 8 février 2019

Cadillac, si on t’aime pas tu t’en vas

Du carrelage au mur. Du carrelage au sol. Le type est assis là, sur une chaise pivotante, costume clair cintré sur le dos, bottes pointues aux pieds et chapeau de cow-boy sur la tête. À son médecin, il explique qu’il n’en peut plus, d’être ballonné. Sa chemise enrobe un bourrelet ventral qui, dit-il, lui porte préjudice auprès de ses clients. Car le type, Frédéric Camard, est vendeur de Cadillac… Du moins, c’est ce qu’il répète, inlassablement, quitte à carrément convoquer Johnny pour appuyer ses dires. Sauf qu’il a beau répéter inlassablement, ce qu’il dit, tout comme la maladie qui le ballonne, paraissent somme toute un peu étranges… Alors, quel est donc le fin mot de cette histoire-là ? Avec Le Transformiste, Gilles Granouillet propose une pièce menée tambour battant par deux comédiens – le malade et son patient – animés d’une verve étonnante. Des allures de polar, un début d’histoire à coucher dehors, qui, à mesure que le puzzle se reconstitue, se transforme en un récit poignant. Le Transformiste, dimanche 10 février à 16h30, lundi 11 février à 19h30 et mardi 12 février à 20h30 au théâtre du Verso à Saint-Etienne

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Polar en scène

Théâtre | Immortels, c’est l’histoire d’une enquête. Celle de Joachim, qui connait finalement bien peu son frère Samuel, mais qui, un jour, se retrouve à devoir (...)

Cerise Rochet | Mardi 4 décembre 2018

Polar en scène

Immortels, c’est l’histoire d’une enquête. Celle de Joachim, qui connait finalement bien peu son frère Samuel, mais qui, un jour, se retrouve à devoir élucider son décès. Retrouvé inerte au pied d’un immeuble, ce dernier se révèle ainsi bien plus troublant qu’il ne le paraissait. Sans doute, sa mort cache-t-elle bien des choses… Et peut-être même la vie. Immortels, du 11 au 17 novembre au Théâtre du Verso à Saint-Étienne

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Perché

Expo dans un théâtre | Dans cette ruelle en pente pas encore forcément connue de tous les Stéphanois (c’est bien dommage), se tiennent à quelques mètres l’un de l’autre deux théâtres (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 octobre 2018

Perché

Dans cette ruelle en pente pas encore forcément connue de tous les Stéphanois (c’est bien dommage), se tiennent à quelques mètres l’un de l’autre deux théâtres qui sont aussi des lieux d’exposition. Le Verso domine le Chok de quelques mètres dans la rue Bernard Palissy, mais les deux s’entendent à merveille. Celui d’en haut (le Verso, vous suivez ?) accueille une double-expo qui promet de vous aérer les neurones. L’artiste MP0804-h (ne cherchez pas, il a pris le nom de son disque dur) propose simultanément l’installation Theory of Everything et la série photographique Lovestream. La première présente un dispositif musical et visuel qui détourne la lumière industrielle des néons pour en tirer les impulsions orageuses d’un ciel artificiel. La seconde rassemble des captures d’écran puisées dans un flux de communications vidéos intercontinentales, figeant le souvenir de relations amoureuses dans une imagerie que les bugs informatiques ont rendu monstrueuse. Intrigués ? Allez voir par vous-même au Verso. Theory of Everything + Lovestream de MP0804-h, du 18 au 29 octobre au Verso

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Sans péridurale

Théâtre | Avec humour et justesse, Gilles Granouillet se penche sur les berceaux d’une maternité, scène de théâtre par excellence où l’excès d’hormones hystérise les comportements.

Houda El Boudrari | Mercredi 4 avril 2018

Sans péridurale

Il n’y a pas que les bébés qui naissent dans les maternités, il y aussi des femmes qui accouchent… de leur propre histoire, des hommes qui livrent leurs doutes et leurs angoisses à la machine à café, des âmes torturées qui rôdent dans les couloirs, et la mort…jamais bien loin pour rappeler le fil ténu qui nous suspend à la vie. Ce concentré d’humanité, le dramaturge stéphanois, Gilles Granouillet, nous le livre sans fard. La palme du politiquement incorrect étant cette quadra désabusée qui refuse de mimer la mère comblée par l’arrivée d’un quatrième enfant, qui ne veut plus répondre à cette assignation sociale du bonheur de l’enfantement. Comme un déclic qui fait tomber un masque lisse, porté de longues années, d’une vie de famille où le désir s’est effacé derrière le devoir, où l’être a été noyé dans le paraître. Un désarroi bien plus profond qu’un "baby-blues" passager, subtilement communiqué par l’actrice Nathalie-Rachel Legros, qui joue aussi, sur un registre bien moins subtil, le rôle d’une "cougar" hilarante, mettant au monde le fruit de son idylle adultérine avec un jeune jockey dépassé par les événements. La scène de l’accouchement sans péridurale où la trop vieille prim

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Astérix chez les Peshmerga

Théâtre | Un père attend dans une chambre d’hôtel, en Turquie, à la frontière Syrienne. Il est venu rechercher son fils, parti faire le djihad en Syrie. Sa morne (...)

Houda El Boudrari | Lundi 27 novembre 2017

Astérix chez les Peshmerga

Un père attend dans une chambre d’hôtel, en Turquie, à la frontière Syrienne. Il est venu rechercher son fils, parti faire le djihad en Syrie. Sa morne solitude n’est ponctuée que par la visite quotidienne d’une mystérieuse femme de ménage Kurde… Point de débat géopolitique ou de choc de cultures frontal, ce sujet brûlant est abordé de manière subtile par le prisme du destin individuel d’un père qui pourrait être votre voisin de palier tellement il est archi-normal. On retrouve ici l’hypersensibilité aux codes sociaux qui traverse l’œuvre de Gilles Granouillet avec un jeu de rapports inversés : la femme de ménage kurde francophone et intello et le "touriste" occidental un peu "beauf". De cette rencontre improbable naît une histoire de séduction et de tendresse comme seules des circonstances exceptionnelles peuvent en provoquer. Une invraisemblance rendue vraisemblable par la sincérité du jeu des acteurs. François Font est parfaitement crédible dans le rôle du père de famille "français moyen" dépassé par la crise d’adolescence de son fils parti "couper des têtes en Syrie". Et Claudine Van Beneden bouleversante dans le rôle de la combattante Peshmerga, à la foi

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J'ai bu tous vos livres

SCENES | Le théâtre du Verso accueille deux représentations d'une pièce qui marie brillamment le verbe de Bukowski et les envolées du jazz. Une exploration musicale improvisée pour cinq musiciens et un comédien.

Niko Rodamel | Mardi 17 octobre 2017

J'ai bu tous vos livres

Que vous appréciez sa prose imbibée ou qu’il vous débecte, l’écrivain américain d’origine allemande Henry Charles Bukowski a laissé au monde littéraire une œuvre considérable qui ne peut laisser quiconque indifférent. Car quels que soient les visages qu’aient pu prendre son écriture, poèmes, nouvelles, romans ou même articles, c’est sans doute cette oralité décomplexée qui fait toute la singularité de la patte du grand Buk, cette plume qui prend un malin plaisir à faire fi de toute convention, de l'apparence bienséante et, cela va de soi, du politiquement correct. Nombre de Français découvrirent le bonhomme, haut en couleur et en taux d’alcoolémie, lorsqu’il anima de ses frasques le propret plateau de l’émission Apostrophes (c’était en 1978), grand moment de télévision qui fait aujourd’hui encore le bonheur des bêtisiers nourris aux archives de l’INA. Le jazz fait la java Avec Don’t try, la compagnie Après le déluge et son metteur en scène Willy Play ont choisi de faire cohabiter dans un même spectacle des textes issus de L'Amour est un Chien de l'Enfer, Les Contes de la Folie Ordinaire et Souvenirs d

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Drame d’époque

Théâtre | Avec Une chambre en attendant, l’auteur et directeur du théâtre Le Verso Gilles Granouillet, traite un sujet d’une actualité brûlante : (...)

Houda El Boudrari | Mardi 5 septembre 2017

Drame d’époque

Avec Une chambre en attendant, l’auteur et directeur du théâtre Le Verso Gilles Granouillet, traite un sujet d’une actualité brûlante : l’incompréhension d’un père dont le fils est parti combattre en Syrie. Parti à la frontière turco-syrienne pour tenter de le ramener, le père désemparé y fait une rencontre troublante… Une chambre en attendant, du 20 au 26 septembre au Verso (Saint-Étienne)

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Avec ou sans péridurale ?

Panorama théâtre 17/18 | Naissances nous emmène de nuit dans les couloirs d’une maternité. Nous poussons les portes des chambres et dans chacune d’elles, nous découvrons une tranche (...)

Houda El Boudrari | Mardi 5 septembre 2017

Avec ou sans péridurale ?

Naissances nous emmène de nuit dans les couloirs d’une maternité. Nous poussons les portes des chambres et dans chacune d’elles, nous découvrons une tranche de vie qui se révèle dans ce moment si particulier qu’est l’arrivée d’un enfant. Galerie de personnages qui se croisent autour du berceau ou de la machine à café, moments suspendus de bonheur, fou rire ou larmes étouffées. Cette extraordinaire banalité que la plume de Gilles Granouillet arrive à brosser avec tendresse et subtilité. Naissances, le 20 janvier 2018 à l'Espace Culturel Albert Camus (Chambon-Feugerolles), le 09 février 2018 à l'Échappé (Sorbiers), le 27 avril 2018 à l'Espace Culturel de la Buire (L'Horme) et le 04 mai 2018 au Théâtre du Parc (Andrézieux-Bouthéon)

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Gilles Granouillet, piqué de théâtre

Portrait | 15 ans après l’ouverture du Verso rue de la Richelandière, le dramaturge et metteur en scène nous raconte sa passion d’un théâtre social, ancré dans l’histoire stéphanoise.

Houda El Boudrari | Mercredi 5 avril 2017

Gilles Granouillet, piqué de théâtre

Il est modeste, Gilles Granouillet. Il vous accueille sans prétention dans sa petite salle commune du Verso qui fait office de cuisine-salle à manger-salle de réunion et vous fait partager un café froid en soupirant sa fatigue, l’usure des années et de ce métier qui n’en est pas vraiment un, de métier normal. Pourtant il en avait fait des métiers « plus basiques » avant, il sait qu’ils ne sont pas non plus de tout repos. Arrivé au théâtre et à la littérature par hasard, ce fils de Manuchards (comme on appelait les ouvriers de l’ancien Manufrance) a d’abord été manutentionnaire, puis instit avant de s’autoriser à embrasser une carrière artistique, un peu incongrue pour les gens de son milieu. Il a d’abord commencé par se fourvoyer dans un improbable IUT en gestion d’administration des entreprises, pas vraiment une filière « poétique ». On ne saura jamais si Gilles Granouillet aurait fait un comptable lyrique, puisqu’il n’a pas persisté longtemps dans cette profession du chiffre, trop austère pour un amateur de belles lettres. Magasinier chez un vendeur de motos puis instituteur pendant sept ans, le jeune stéphanois trompe l’ennui en prenant des cours de théâtre

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Le pouvoir des mots

Danse | Un vieux crayon, une jeune gomme, une "boîte à crayons-prison", des mots qui veulent s'échapper... D'un côté une danseuse et chorégraphe française Daisy Fel, de l'autre un chorégraphe iranien Jafar Mahyari : Au-delà des mots ouvre une fenêtre sur deux cultures.

Monique Bonnefond | Mercredi 1 mars 2017

Le pouvoir des mots

Magie des mots ! Qu'ils soient susurrés par Jean-Michel Jarre dans Les Mots Bleus, qu'ils fassent tinter des clochettes aux oreilles enfantines par la voix de "Petit garçon" de Graeme Allwrigh, qu'ils soient teintés de colère ou de haine, les mots ont un impact considérable. Ils sont très présents dans la création franco-iranienne Au-delà des mots de Daisy Fel et Jafar Mahyari. La construction du spectacle s'articule autour du langage. Les deux compagnies ne parlant pas la même langue, c'est par l'anglais, langue commune, que la communication s'établit et c'est Jean-François Minjard, musicien et compositeur, qui, utilisant le pouvoir sonore et visuel des mots, œuvre avec talent pour faire entendre les langues, le farsi et le français dans la bande son et visualiser dans la scénographie l'alphabet perse et l'alphabet latin. Ainsi, le spectateur peut voir et entendre les mots dans la bande son dans des projections vidéos. La gomme et le crayon Mots chuchotés, chantés, dansés; mots qui veulent s'échapper d'une boîte à crayons-prison où vivent un vieux crayon et une jeune gomme, oubliés par leur propriétaire qui ne faisait écrire à so

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A la recherche du Nord perdu

SCENES | En plein drame des migrants, Les Désorientés met en scène deux personnages abandonnant leur lieu de vie à la suite d’une catastrophe qui a défiguré leur pays. Les (...)

Florence Barnola | Lundi 10 octobre 2016

A la recherche du Nord perdu

En plein drame des migrants, Les Désorientés met en scène deux personnages abandonnant leur lieu de vie à la suite d’une catastrophe qui a défiguré leur pays. Les protagonistes prennent le large à bord d’un radeau de fortune ne sachant pas quelle est leur destination. Don Quichotte et Sancho modernes, ils dérivent en essayant de passer des frontières, de se cacher des autorités, d’éviter les contrôles… « Ils vont migrer tant bien que mal entre déracinement, perte d’identité, violence, et rêve d’un autre monde » raconte le metteur en scène et auteur de la pièce Karim Demnatt qui interprète l’un des exilés aux côtés de Fabien Bassot. Les personnages représentent des migrants parmi tant d’autres, leurs noms sont des adjectifs ordinaux italiens. Primo se révèle loquace, il philosophe sur un monde abandonné à la barbarie. Il persuade Secondo de le suivre dans sa quête d’un ailleurs, meilleur, qui le verra sans doute roi. Les deux protagonistes tentent de prendre la fuite en espérant atteindre un univers rêvé qui ne veut finalement pas d'eux. Deux visions du monde vont se confronter dans cette pièce ultra contemporaine. Le spectateur vogue aux côtés de ces "héros", e

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Sous la peau, l’amour

SCENES | La majorité des fictions tourne autour de l’amour. Et on ne s’en lasse pas surtout quand l’angle pris pour raconter une histoire est singulier. (...)

Florence Barnola | Mardi 3 mai 2016

Sous la peau, l’amour

La majorité des fictions tourne autour de l’amour. Et on ne s’en lasse pas surtout quand l’angle pris pour raconter une histoire est singulier. C’est le cas de Surface(s), une performance théâtrale, dansée et filmée. Le binôme de metteurs en scène Maud Peyrache et Grégory Bonnefont nous invitent à la table d’un couple, sur laquelle trône un gratin de courgettes. Tout part de la courgette pour nous conduire, en passant par l’écriture, à la peau, la surface du corps. « Il n’y a pas d’intrigue particulière du genre : l’amant dans le placard et pourtant il y a quelque chose », explique Gregory Bonnefont, « Ce quelque chose serait le mystère de la présence de l’autre. L’autre et sa présence, que l’on comprend par la vue, par le toucher et le rapport à cette peau. » Une peau tellement obsessionnelle qu’elle s’affiche sur les murs de l’appartement le transformant en mémoire des corps… Pour Maud Peyrache, « Il s'agit de poser des questions sur nos manières de vivre ensemble, en couple, à deux ou à plusieurs. Le point de vu apporté tente de prendre en compte les multiples couches qui fondent chaque instant, de s'attarder sur cette surface pour voir ce qu'y

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Morte de n’avoir été crue

SCENES | La dernière création de la compagnie stéphanoise Collectif 7 s’articule autour d’un texte italien contemporain, "Cassandre on the road". Une pièce engagée. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 5 janvier 2016

Morte de n’avoir été crue

Une parole de femme dans un monde presqu’éternellement masculin; Cassandre on the road réinterprète le mythe grec. Ce texte de 2003 écrit par une auteure et femme de théâtre sicilienne, Lina Prosa, n’a jamais été joué en France. Le Collectif 7 le crée au Verso ce mois-ci avant d’aller le jouer à L’Elysée de Lyon. Cassandre, figure mythologique grecque, aujourd’hui émigrée aux États-Unis, vit et travaille comme ouvrière en Californie. Elle se raconte depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. Elle vient de se faire renvoyer par Coca-Cola parce qu’elle en a prédit la chute... « Nous avons découvert ce texte il y a un an et ça a été un véritable coup de coeur », raconte l’interprète Muriel Coadou et le metteur en scène Gilles Chabrier, « C'est le cri de la prophétesse, de celle qui dit, qui prévient le malheur mais qui n'est jamais crue. C'est aussi notre histoire actuelle, une femme qui s'identifie aux douleurs du monde, sans pour autant les vivre elle-même, qui dit sa souffrance... pour qu'un jour, peut-être, on entende et qu'on stoppe l'engrenage infernal. » Elle prêche dans le désert La fille de Priam e

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Un goût d’enfance acidulé

SCENES | Le roman de l’auteur José Mauro de Vasconcelos, "Mon Bel Oranger", trouve dans l’adaptation théâtrale de la compagnie Ondes de Chok une interprétation sensible et émouvante, qui évoque avec finesse les nombreux thèmes de ce classique brésilien. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 1 décembre 2015

Un goût d’enfance acidulé

Certaines œuvres, littéraires, cinématographiques, plastiques, marquent à jamais. Celles découvertes durant l’enfance gardent une aura particulière, leur statut ne supporte guère des adaptations ou remakes. Au rayon littérature jeunesse, un livre a fait pleurer plusieurs générations. Mon Bel Oranger de José Mauros Vasconcelos publié en 1968 a d’emblée connu un succès international. L’histoire demeure poignante au fil des décennies, les enfants devenus parents la donnent à lire à leurs progénitures qui eux-mêmes la feront découvrir à leurs petits… Ainsi naissent des légendes. Pour autant la fable s’avère simple : Au Brésil, un petit garçon vit au milieu d’une famille nombreuse pauvre où certains membres le battent. Le jeune enfant doté d’une grande intelligence, n’est pas le dernier à commettre des bêtises. Il a pour ami un oranger à qui il se confie et qui lui parle en retour... Les dernières pages se révèlent tristes et pleines d’espoir mêlé. L’auteur raconte en partie son histoire qu'il transcende en roman initiatique, de nombreux thèmes liés au passage de l’enfance au monde adulte sont suggérés. Une adaptation théâtrale qui reste fidèle à la poé

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Théâtre : Les dix pièces qu’il ne faut pas manquer

SCENES | La sélection théâtre de la rédaction du Petit Bulletin Saint-Étienne, saison 15/16.

Florence Barnola | Mardi 1 septembre 2015

Théâtre : Les dix pièces qu’il ne faut pas manquer

Tempête de sable Arnaud Meunier aime les grands auteurs et le prouve une fois encore en montant Le Retour au Désert de Bernard- Marie Koltès. C’est une histoire de fratrie, comme savait en écrire le talentueux et feu écrivain, sur fond de guerre d’Algérie. L’occasion nous est donnée en octobre d’entendre l’une des plus belles écritures contemporaines avec une distribution alléchante composée de Catherine Hiegel et Didier Bezace. Florence Barnola Le Retour au désert, du 1er au 11 octobre à la Comédie de Saint-Etienne Mouche à miel L’entité familiale reste un cadre récurrent chez Gilles Granouillet. Abeilles, sa nouvelle création, met en lumière une famille de deux enfants. Là encore l'auteur-metteur en scène interroge les liens familiaux, ses tensions, les non-dits et les secrets. Petit plus : le père est interprété par François Font que nous sommes heureux de retrouver sur une scène stéphanoise. FB Abeilles de Gilles Granoui

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Que les « Curieux » se dirigent dans la Ruelle 

MUSIQUES | Si Ferré dans sa Préface déclare qu’un «poète ça sent des pieds», le spectateur de théâtre, sait qu’à Saint-Etienne il devra user les siens pour avoir accès à l’acte (...)

Marc Chassaubene | Lundi 30 janvier 2012

Que les « Curieux » se dirigent dans la Ruelle 

Si Ferré dans sa Préface déclare qu’un «poète ça sent des pieds», le spectateur de théâtre, sait qu’à Saint-Etienne il devra user les siens pour avoir accès à l’acte poétique. Le théâtre ça se mérite ! Il faut monter des rues et aussi se faufiler dans des ruelles. Celle abritant le Chok Théâtre et le Théâtre du Verso vous réserve une programmation semestrielle toujours aussi sociale et intimiste. Basée sur la «débrouille», la vie de ces hauts lieux stéphanois est forte d’une décennie de « théâtre de sens, d’engagement et d’interrogation » rappelle Alain Besset : «Il reste dans le théâtre cette possibilité-là de résistance. Quand il devient le théâtre de masse, c’est redoutable». La preuve au Verso avec le spectacle «Une chambre à écrire», mis en scène par Emmanuel Houzé, où l’écriture de Bertol Brecht convoque la mer pour chercher «la force du corps». Le Chok Théâtre accueille Bosse Compagnie avec le spectacle «Femme de parloir» de Duszka Maksymovicz. Michel Laforest à la mise en scène, évoque un «théâtre-témoignage» aux élans «pré-politiques» pour proposer une réflexion sur la possibilité de l’amour en prison, cela malgré

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