Patrick Jasserand, bien dans son slip

Portrait | Président de la LISA (Ligue d’Improvisation Stéphanoise Amateure) depuis six ans, le fringant quadra fait feu de tout bois sur la scène culturelle associative de sa ville d’adoption.

Houda El Boudrari | Mardi 31 octobre 2017

Roi de l'impro, cofondateur de "Mes couilles dans ton slip" (MCDTS), membre actif des Bugnes, organisateur de soirées Popcorn… à voir le pedigree du bonhomme, on aurait pu s'attendre à un "agité du bocal" ou un fébrile "sniffeur de coke". A minima un style un peu provoc' ou amateur de blagues salaces. Pas du tout. Hormis une tignasse dépassant (à peine) les longueurs réglementaires, Patrick arbore le look décontract et "posé" du voisin sympa qu'on croise avec plaisir : le gars cool et bien dans ses baskets… euh dans son slip. Mais comment fait-il pour cumuler autant de casquettes en plus de son boulot d'enseignant-animateur en lycée agricole ? « La passion des rencontres », dirait quelqu'un qui se la raconte. Mais lui préfère parler tout simplement d'un concours de hasards et d'une vocation certaine pour l'associatif.

Accro à l'impro

Sa passion première, c'est l'impro. Il est tombé dedans en 1999. Lointaine époque où les hommes étaient encore astreints au service militaire. Lui sera objecteur de conscience et coulera ses 16 mois obligatoires de service civil chez Forez FM (l'ancêtre d'Activ Radio) où il fait ses premières armes d'animateur et programmateur sur les ondes. C'est là qu'il ose franchir la porte de la Comedia del impro del arte à Saint-Étienne pour s'essayer à cet art hybride entre le théâtre et le sport de combat. Ça lui plait mais il se sent un peu perdu dans les rangs de cette troupe pléthorique qui comptait près de 150 membres à l'époque. Alors, un an plus tard, il décide de suivre le groupe qui fait scission pour créer la LISA (Ligue d'Improvisation Stéphanoise Amateure) autour d'une équipe d'une quinzaine de passionnés. Dix-huit ans plus tard, la troupe compte dix-huit membres de 21 à 48 ans, dont six font partie du noyau fondateur. Mais qu'est-ce qui lui plait tant dans cet exercice théâtral éphémère où l'on doit se réinventer chaque soir ? « C'est une discipline qui demande beaucoup de lâcher prise, d'écoute, et d'acceptation de l'autre » résume Patrick Jasserand. Le seul moment où il quitte son air désinvolte pour un ton un peu pompeux. Un certain goût pour le risque aussi, et l'inconnu de ce qui va ressortir de ces exercices à la fois libres et codifiés par des règles inspirées par le Hockey, sport national du lointain Québec où a été inventée cette pratique il y a quarante ans. Le public y occupe une place importante avec un pouvoir de vote pour départager les équipes lors de battles de sketches et de scénettes rythmées par un arbitre, sorte de metteur en scène en direct. « C'est assez jubilatoire d'essayer de trouver une jonction entre deux scènes au lien improbable, comme un acteur prenant sa douche qui fait face à un autre coupant un arbre. » Certes, ça doit apprendre un sacré sens de la répartie et apporter dans la vraie vie une dose appréciable de confiance en soi pour affronter des situations parfois plus cocasses que la fiction. De quoi rendre accro. La troupe de la LISA se réunit tous les lundis à la Comédie Triomphe, square Violette, pour s'adonner à son kiffe. Les troisièmes lundis de chaque mois, elle concocte un LISA Show, à la manière des talkshows américains, autour d'un animateur qui orchestre sketches et défis à exécuter par quatre ou cinq comédiens-invités.

C'est une discipline qui demande beaucoup de lâcher prise, d'écoute, et d'acceptation de l'autre

Ding dong tour

Ce rendez-vous hebdomadaire est complété par les événements ponctuels programmés lors des grandes rencontres de l'impro au niveau national ou international, mais aussi des événements ad hoc au niveau local, comme le Derby de l'impro organisé contre une équipe lyonnaise le 4 novembre, veille de la rencontre de foot OL-ASSE. Jusqu'à cette rentrée, l'équipe se produisait aussi à La Tanière à un rythme mensuel. Mais depuis la fermeture du bar de la rue de la Richelandière, elle a trouvé une alternative originale : le Ding Dong tour. Ou se faire inviter chez les gens pour une soirée privée d'impro, accessible au stéphanois lambda à condition que son salon puisse accueillir un minimum de quinze convives. « L'idée était de recréer ce moment convivial entre le public et la troupe autour d'un verre » explique Patrick Jasserand, qui est convaincu que l'impro ouvre la porte du vrai théâtre à un public qui en est sociologiquement éloigné. Cette vocation de passeur, il en a fait aussi son métier. Car, après avoir officié cinq ans sur les ondes de Forez FM, le virage commercial pris par Activ Radio lui a fait rendre son micro et chercher un autre boulot. Ce sera le hasard (ou presque) qui le fera atterrir au lycée agricole de Saint-Genest-Malifaux, d'abord comme assistant d'éducation, puis comme prof d'éducation socioculturelle. Une matière spécifique à la filière agricole, héritage de l'éducation populaire des années 60 qui a voulu faire entrer la culture dans les milieux paysans. À 43 ans, il vient de réussir le concours pour être titularisé officiellement fonctionnaire du ministère de l'Agriculture. Aujourd'hui, il pratique donc le "socioconstructivisme", autrement dit « partir du jeune, de ce qu'il est, de ses codes, et pas de ce que je veux lui transmettre. »

Cette horizontalité, on la retrouve aussi dans son rapport à ses multiples engagements associatifs. Car Patrick aime bâtir des ponts entre ses différentes passions pour la musique, le cinéma et bien sûr l'impro. C'est dans cette veine qu'il participe à la création du collectif « Mes couilles dans ton slip », une association de passionnés de vidéos, pour réaliser des web séries et des courts-métrages parodiques. Il a aussi activement contribué à l'organisation de soirées Popcorn thématisées autour de films cultes de répertoires aussi différents qu'E.T et les Tontons Flingueurs. La maturité de la quarantaine aidant, le cinéphile a fait évoluer le format cette année en soirées plus sophistiquées pour décortiquer le cinéma, en invitant des experts, comme une psy pour parler des maladies mentales lors d'une soirée de projection de Fight Club et l'Échelle de Jacob. Et la musique dans tout ça ? Elle a su se créer une place dans l'agenda déjà blindé de l'amateur de vieux vinyles puisqu'il est membre du collectif de Djs stéphanois Les Bugnes, et qu'il mixe régulièrement lors des after work qui ritualisent la vie du Stéphanois branché. Le secret de cette ultra-disponibilité ? « Quand on fait les choses bénévolement, on compte moins son temps ». Et là, on ne peut qu'improviser un silence admiratif.


Patrick Jasserand en quelques dates

29 septembre 1974 : Naît à Tassin-la-Demi-Lune (Rhône)
Janvier 1999 : Intègre la Comedia del impro del arte de Saint-Étienne
Janvier 2000 : Rejoint le groupe de création de la LISA (Ligue d'Improvisation Stéphanoise Amateure)
Septembre 2011 : En devient président
4 novembre 2017 : Organise un Derby de l'impro à la veille du match Sainté/Lyon au théâtre de la Grille Verte

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Emilie Fontaine : photosensible

Portrait | Originaire de Saône-et-Loire, la jeune photographe Emilie Fontaine vient d’ouvrir les portes d’un nouveau lieu dédié à l’image fixe, au cœur de l’hyper-centre stéphanois. Rencontre avec une femme passionnée qui fait fi d’un contexte morose en mal de bonnes nouvelles.

Niko Rodamel | Vendredi 26 mars 2021

Emilie Fontaine : photosensible

Après seulement une dizaine d’années de pratique professionnelle dans la ville de Mâcon, Emilie Fontaine vient de poser ses valises dans un tout nouveau studio sous les Arcades de l’Hôtel de ville. Le local a été habilement aménagé et décoré avec goût, laissant entrevoir les différentes cordes de la maîtresse des lieux. L’offre de services s’étend du portrait-studio au reportage de terrain, en passant par la communication visuelle pour les entreprises, également assortie d’ateliers proposés aux enfants, aux ados et aux adultes. Organisée en plusieurs espaces fonctionnels et peuplée de matériel photographique (des appareils, des éclairages, un agrandisseur …), la boutique est un bel endroit où l’on se sent à l’aise dès les premiers instants. Tout sourire, Emilie ne cache pas la joie que lui procure ce nouveau challenge. Car le parcours de la jeune femme est avant tout l’histoire d’une reconversion réussie. Aide-soignante au centre hospitalier de Mâcon pendant dix ans, Emilie a profité d’une mise en disponibilité pour reprendre des études, se former à la photographie et préparer son virage professionnel. « Mon travail en service de réanimation était à la fois riche et difficil

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"Light of my Life" : Seule au monde

ECRANS | De et avec Casey Affleck (É.-U., 1h59) avec également Anna Pniowsky, Elisabeth Moss…

Vincent Raymond | Mardi 25 août 2020

Un futur proche, où une étrange affection a éradiqué les femmes de la surface du globe. Un homme et sa fille, Rag, font la route clandestinement, évitant tant que possible les rencontres, rarement bonnes, sur le qui-vive à la moindre alerte. Ce n’est pas un monde pour une enfant… Dans la situation de pandémie que nous traversons, ce genre de film d’anticipation-catastrophe prend évidemment une résonance particulière : le peu probable devient plausible et une proximité insoupçonnée (autant qu’anxiogène) émerge de la fiction. Cette capacité à heurter le réel est sans doute la principale qualité de ce film par ailleurs mortellement prévisible dans son décor (ambiance minimaliste verglacée pour souligner l’impression de désolation post-apocalyptique), sa forme (longs plans-séquence, sa structure — une parabole inaugurale, une quête métaphorique. Comment ne pas penser aux Fils de l’Homme, ni à La Route, prestigieux devanciers explorant la même thématique ? Light of my Life souffre en de nombreux points de la comparaison. Restent l’interprétatio

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Hervé Nègre, photographe aux semelles de vent

Portrait | Après avoir parcouru et photographié un nombre presque incalculable de pays, le photographe Hervé Nègre pose ses valises à Saint-Étienne. Fraîchement installée aux pieds du Crêt de Roch, la Galerie A témoigne du riche parcours artistique mais aussi humain d’un homme passionnément curieux. Texte et photo Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mercredi 8 juillet 2020

Hervé Nègre, photographe aux semelles de vent

Depuis sa naissance à Lyon en 1948, on peut dire qu’Hervé Nègre a continuellement suivi l’appel du large, glissant de parallèles en méridiens avec son appareil photo à portée de mains et les yeux grands ouverts sur le monde. Dès l’enfance, les déménagements seront nombreux, la famille vivant au rythme de la carrière militaire du paternel. « J’ai déménagé 34 fois déjà, en France comme à l’étranger, depuis tout petit j’ai vu défiler pas mal de paysages. » Étonnement, personne dans la famille ne pratiquait sérieusement la photographie. « Je me souviens pourtant de quelques images en noir et blanc que mon père avait faites en Indochine. Sur l’une d’entre elles on voyait un pêcheur et son reflet à la surface d’un lac, avec un monument en arrière-plan. Cette image a sans doute allumé quelque chose en moi. » Avec le temps le garçon verra donc grandir cette attirance pour la photo, un élan intérieur qui l’encouragera au détour de l’adolescence à enchaîner quelques petits boulots. « Mon premier salaire est passé dans un Solex neuf et un appareil photo d’occasion ! C’était un Foca Universel, copie française de Leica. J’ai fait mes premières photographies au lycée, le

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Vichy tire les portraits

Festival photo | Ce ne sont pas moins de douze expositions à ciel ouvert que propose la 8e édition de Portrait(s), le festival photo de Vichy (03). On y retrouve d'un côté, (...)

Nicolas Bros | Mercredi 8 juillet 2020

Vichy tire les portraits

Ce ne sont pas moins de douze expositions à ciel ouvert que propose la 8e édition de Portrait(s), le festival photo de Vichy (03). On y retrouve d'un côté, sur l'Esplanade du lac d'Allier, la série Cimarron de Charles Fréger, qui a traversé 14 pays entre 2014 et 2018 depuis le sud des USA au Brésil. Les clichés qu'il en a tirés présentent des « mascarades afro-descendantes » qui interpellent et marquent l'esprit. Parallèlement, dès le 5 septembre, une autre grande volée de portraits va pendre place dans les galeries du Centre culturel de Vichy avec notamment le travail d'Ed Alcock (qui avait réalisé des photos pour La Comédie il y a quelques saisons), Chris Steele-Perkins ou encore Paolo Verzone. Portrait(s), du 17 juillet au 25 octobre à Vichy (Allier)

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Musclez vos zygomatiques cet été

Café-théâtre | Si les conditions d'accueil dans les salles de spectacles sont encore d'actualité, les "petits" théâtres peuvent quand même s'en donner à coeur joie depuis (...)

Nicolas Bros | Mercredi 8 juillet 2020

Musclez vos zygomatiques cet été

Si les conditions d'accueil dans les salles de spectacles sont encore d'actualité, les "petits" théâtres peuvent quand même s'en donner à coeur joie depuis quelques semaines. C'est le cas dans la Loire où les spectacles reprennent de plus belle et font souvent le plein. KFT à Saint-Galmier, Quai des Artistes et Agapes et Spectacles à Montbrison ou Comédie Triomphe à Saint-Étienne, autant d'établissements qui ont décidé d'accueillir à nouveau les spectateurs dès cet été. Au programme des comédies sans prise de tête mais aussi des spectacles étonnants, comme les Folies du Lac à l'étang des Boirons de Saint-Romain-le-Puy le 28 août, la dernière création dumagicien Thibaut del Corral mêlant french cancan, magie et musique. Plus d'infos sur les sites des salles KFT, Quai des Artistes, Agapes et Spectacles et Comédie Triomphe.

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Véronique Vernette : c’est le Wax qu’elle préfère

Portrait | Illustratrice de littérature jeunesse et formatrice tous azimuts, amoureuse éperdue de l’Afrique, Véronique Vernette est une Stéphanoise d’adoption bien dans ses baskets qui dessine et colorie avec un talent continuellement mis au service de l’émotion.

Niko Rodamel | Mardi 9 juin 2020

Véronique Vernette : c’est le Wax qu’elle préfère

Véronique est née à Marseille en 1972, année du doublé historique coupe-championnat réalisé par l’OM. Pour autant, ce n’est pas du tout le monde du sport qui attirera la fillette, laquelle grandira d’ailleurs à Valence. « Nous étions quatre enfants à la maison. Je crois que très tôt j’ai aimé dessiner alors qu’il n’y avait pas vraiment de prédisposition artistique dans la famille. Mais nous avons eu la chance d’avoir des parents qui étaient à l’écoute de nos envies. » Dès l’âge de sept ans, la jeune fille commence à suivre des cours de dessin. Elle se souvient d’une grande complicité avec son grand-père qui l’emmène un jour à Nîmes pour visiter une exposition de Picasso. « Il m’avait même acheté le catalogue de l’expo, que j’ai encore aujourd’hui. Sur le chemin du retour, j’avais l’impression de revenir chez moi avec un trésor dans les mains ! » Attirée par l’Inde ou l’Afrique noire, Véronique rêve aussi de voyages au long cours, lit les grands récits des premiers voyageurs. Après des années collège et lycée sans histoires pendant lesquelles elle poursuit les cours du soir pour dessiner toujours plus, l’adolescente obtient son Bac A1, option arts plastiques.

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"Mon Nom est Clitoris" : Lèvres écloses

Documentaire | De Daphné Leblond & Lisa Billuart Mone (Bel., 1h28)…

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

Devant la caméra et le micro de Daphné Leblond & Lisa Billuart Mone, des jeunes femmes évoquent sans tabou leur rapport à la sexualité : découvertes et expériences précoces, règles, premières fois, poils, orgasme, masturbation, vie amoureuse au quotidien… Des féminités plurielles se retrouvant autour d’un constat commun : la description du plaisir et de l’anatomie féminines est encore trop souvent méconnue. Tout comme le clitoris… Pertinence du fond, faiblesse de la forme… Le genre documentaire est malade de ces films qui se bornent à documenter en empilant, compilant les témoignages ; pensant que recueillir des tombereaux de paroles est suffisant — suffisant pour un tract, oui, s’il s’agit de prêcher pour sa paroisse de converti·es et demeurer entre convaincu·es. En oubliant de se forcer à “faire du cinéma“, une grande partie de ces causes se coupent d’un public utile. Tantôt à l’image en train d’interviewer leurs participantes, tantôt hors champ, Daphné Leblond & Lisa Billuart Mone semblent avoir écrit a posteriori leur dispositif en comptant sur le montage pou

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Jean-Claude Tavaud : Ness sort de son Bul

Portrait | Figure emblématique des nuits stéphanoises, il est sans doute davantage connu sous le surnom Ness du Bul, barman pendant près de trois décennies dans la plus ancienne boîte de nuit de la ville, aujourd'hui en vente. Désormais retiré des affaires, l'homme a retrouvé le grand air de la Haute-Loire. Rencontre.

Niko Rodamel | Mercredi 4 mars 2020

Jean-Claude Tavaud : Ness sort de son Bul

Jean-Claude nous reçoit à 14h dans son petit appartement douillet du centre de Monistrol-sur-Loire, rue de l'Evêché, à quelques mètres de l'église. Mais on le sait bien, l'adresse ne fait le moine ! Le café est prêt, la tarte aux pommes est servie... Avant de devenir barman, Jean-Claude avait d'abord travaillé en usine, à Saint-Étienne. Pendant sept ans il trime chez Calor, entre la mécanique générale et le service contrôle. Lorsque l'unité de production ferme ses portes, un ami lui propose de travailler au bar Le Kiosque, place Jean-Jaurès, où il restera trois ans. « Lorsque le patron a vendu la boutique, j'ai fait un essai à Paris mais le stress de la capitale c'était pas pour moi : quand tu es né sous le cul des vaches, c'est difficile d'en sortir ! » Le jeune homme part alors faire une saison à Sainte-Maxime, assurant le bar, le service et l'animation dans un village de vacances appartenant à la société Kodak. Après une expérience décevante à La Plagne, Ness retrouve la cité stéphanoise, évolue un temps au Nota Bene, puis enchaîne les boulots ici ou là. « J'ai assuré quelques remplacements dans des discothèques, jusqu'à ce que Franck et Gérard, les patr

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Farid Bouabdellah, sans complexe

Portrait | Ancien directeur de la MJC Beaulieu, actuel programmateur du festival des Arts Burlesques et meneur de multitudes de projets, Farid Bouabdellah est un engagé sans rage, un cultureux sans costume, un homme sans entrave. Itinéraire de cet enfant de la République qui jamais, ne s’arrête de réfléchir.

Cerise Rochet | Mercredi 5 février 2020

Farid Bouabdellah, sans complexe

Il nous aura fallu 2h30 découpées en deux rendez-vous avec Farid Bouabdellah, pour balayer son parcours. Trouver un créneau dans son agenda bien rempli, puis l’écouter chercher les mots exacts, leur donner le bon sens, digresser, revenir, repartir… Éloquent, l’homme est du genre à se laisser aller à la discussion avec voracité, quittant bien volontiers le terrain de sa propre histoire pour grimper à hauteur d’idées, de mise en perspective et de théories. Né à Firminy en 1972, Farid a trempé dans la culture dès son plus jeune âge, faisant le grand écart entre ce qu’il regardait à la télé et le Concert des potes, l’institutionnalisé et le bouillonnement populaire. Curieux, attentif, il observe le monde, le pense et tente de le comprendre, forme sa conscience grâce à ce qu’il voit et à ce qu’il entend. « J’ai eu la chance d’avoir des grands frères avec lesquels je regardais La Dernière séance, L’Heure de Vérité, ce genre de programmes. Ils m’ont permis de m’éveiller, ils m’ont rendu curieux. Et puis, il y a eu ces premiers concerts de SOS Racisme, avec lesquels la culture pouvait être un vecteur de solidarité et d’égalité. À partir de ce mom

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Aurélie Voltz, Madame la commissaire en chef

Portrait | Un peu plus de deux ans après après son arrivée à la direction du Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole, Aurélie Voltz a résolument pris ses nouvelles marques, loin de Paris, sa ville-racine. Rencontre avec une femme de conviction qui, riche d'un parcours sans faute de goût, entend bien faire bouger les lignes. Texte et photo Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mercredi 8 janvier 2020

Aurélie Voltz, Madame la commissaire en chef

Alors qu'en 1973 disparaissent de la scène artistique deux illustres Pablo, Neruda et Picasso, naît à Paname la petite Aurélie, au sein d'une famille baignée de culture. Maman est journaliste pour le magazine Connaissance des arts, papa est graphiste. « Dès l'âge de quatre ans mes parents m'ont régulièrement emmenée au Centre Georges-Pompidou qui venait d'ouvrir. Nous allions aussi au marché aux puces, ce qui a sans doute développé chez moi un certain intérêt pour tous types d'arts, jusqu'à l'artisanat. » Aurélie grandit ainsi à Paris dans un appartement peuplé d'objets issus de différentes cultures et de différentes époques. Elle est pourtant davantage portée vers les lettres, le français... Elle entreprend ainsi des études littéraires au cours desquelles elle est très tôt attirée par le XIXᵉ siècle. L'adolescente nourrit notamment une réelle passion pour le mouvement anglais des préraphaélites. C'est peut-être même un tableau en particulier, Ophélia, peint par John Everett Millais en 1851, qui sera un des éléments déclencheurs d'une vocation sous-jacente. « C'est une oeuvre qui m'a vraiment impressionnée et touchée, avant même que je ne com

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MC Pampille, nu comme un Vert

Portrait | Il est rappeur, il est vêtu de vert de la tête aux pieds en hommage à son équipe préférée, il est de retour avec un nouvel album, Sur le Banc de touche, qui sortira à la fin du mois. Durant une heure, il y a peu, on a joué son jeu, il nous a fait rire, on l'a fait parler, lors d'une discussion complètement barrée. Portrait d'un personnage stéphanois aussi loufoque qu'attachant.

Cerise Rochet | Mardi 5 novembre 2019

MC Pampille, nu comme un Vert

« Âller ma graainde, vâââs-y, pôôôse-moi tes questiaons ! » C’est au Fil de Saint-Étienne, sur un canap’ un peu mou et à proximité d’un frigo dans lequel quelqu’un a semble-t-il oublié un fromage il y a plusieurs années, qu’MC Pampille nous rejoint pour une interview, un après-midi du mois d’octobre. Un décor aussi relax qu’improvisé, qui colle finalement pile-poil avec le style "décalé-pas-prise-de-chou" du rappeur stéphanois. Cinq ans, qu’on ne l’avait pas vu, ou presque. Cinq ans au cours desquels Pampille a eu besoin de s’éloigner des projecteurs, braqués sur lui depuis la sortie en 2010 (à peu près, il ne se rappelle plus très bien) de sa chanson Une journée de fou, qui l'a propulsé tout en haut des charts ligériens. Alors, pour son grand retour, le Stéphanois a décidé de se faire tout beau, avec une nouvelle tenue dont il n'est pas peu fier. Et franchement, quand on le voit habillé comme ça, ça se comprend. Exit le survet' de l'ASS'. Aujourd'hui, Pampille porte le bob griffé Kangol, et le blouson vert et blanc façon unive

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La résilience d'Elisapie

MUSIQUES | Elisapie mériterait une reconnaissance bien plus importante dans l'Hexagone. Les raisons ? Une musique profonde, ancrée dans sa culture inuk, mêlant (...)

Nicolas Bros | Jeudi 14 novembre 2019

La résilience d'Elisapie

Elisapie mériterait une reconnaissance bien plus importante dans l'Hexagone. Les raisons ? Une musique profonde, ancrée dans sa culture inuk, mêlant follement rock et folk. On entend les craquements de la glace dans ses compositions où la langue inuktitut alterne avec l'anglais et le français. Dans son quatrième album, The Ballad of the runaway girl, Elisapie raconte son histoire, sa fuite en avant après avoir quitté le Grand Nord pour atterrir à Montréal à tout juste 21 ans. S'en suivent des moments très difficiles, un déracinement sournois et plein de conséquences pour celle qui a été donnée en adoption par sa mère à sa naissance. Ce disque est un témoignage d'une résilience et d'une rédemption, à l'image de toute l'histoire des peuples autochtones qui vivent des situations abruptes. Une folk brute et ensorcelante, un concentré d'émotions, qui laissera une marque indélébile sur les Oreilles en Pointe 2019. Elisapie, jeudi 14 novembre au Firmament de Firminy, dans le cadre du festival Les Oreilles en Pointe

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"Portrait de la jeune fille en feu" : Consumée d’amour

Prix du scénario | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Merlant/Haenel.

Vincent Raymond | Mercredi 18 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peintre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes ; des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une identité intime.

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Daniel Damart, lu et approuvé

CONNAITRE | Ingénieur industriel, tenancier de galerie d'art et éditeur indépendant, Daniel Damart a porté bien des casquettes. Il dirige aujourd'hui la maison d'édition Le Réalgar et, avec l'Association des Éditeurs Stéphanois dont il a la présidence, s'attache à promouvoir l'édition locale dans Loire.

Antoine Desvoivre | Vendredi 19 juillet 2019

Daniel Damart, lu et approuvé

« Quand j'étais lycéen, je voulais être libraire et j'ai terminé ingénieur. C'est comme ça, c'est la vie. » Grand lecteur dès son enfance, Daniel dévore Jules Verne à longueur de journée. Cette passion naissante pour la littérature française et les arts, éveille en lui l'envie de travailler dans le monde des lettres. Mais loin de l'odeur des vieux bouquins, c'est dans les usines de l'entreprise Haulotte qu'il commence sa carrière. Un tel revirement dans son parcours professionnel « est surement dû à un peu d’atavisme familial » concède-t-il, son père étant lui même ingénieur. C'est selon lui une caractéristique très française, que de « mettre les gens dans une case, dès vingt ans, au moment où ils terminent leurs études et d'imaginer qu'ils n'en changeront jamais. » Au cours de sa vie, il a découvert que contrairement à chez nous, « dans d'autres pays, c'est tout à fait naturel de passer d'un secteur d'activité à un autre. » Daniel, lui, a pris la troisième option : faire les deux en même temps. Travailler pour soi Après avoir consacré quinze ans de sa vie à l’ingénierie, il en conclut avoir « beaucoup tra

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Des Oreilles affûtées

Festival chanson | Depuis 1991, le festival Les Oreilles en Pointe fait vibrer dans la vallée de l'Ondaine - mais pas seulement - les sonorités francophones d'où qu'elles viennent. L'édition 2019 du festival se recentre sur cinq soirées hautes en couleurs !

Nicolas Bros | Lundi 24 juin 2019

Des Oreilles affûtées

Il en existe de nombreux festivals destinés à la chanson en France. Parmi ceux-là, Les Oreilles en Pointe possèdent une saveur un peu particulière. Est-ce sa configuration étendue sur la vallée de l'Ondaine et au-delà ? Serait-ce à cause des choix artistiques orientés chanson francophone très large – notamment vers des régions souvent peu mises en valeur dans l'Hexagone telles que l'Acadie... ? Difficile à dire mais toujours est-il que le festival existe désormais depuis 1991 et donne chaque année à écouter des découvertes et des valeurs sûres s'enchaînant dans un mois de novembre où la tendance va plutôt au confinement à domicile... Miossec, Barcella mais aussi les premières nations du Grand Nord Canadien Comme chaque année, le festival propose sa liste de jolis noms et de têtes d'affiches. Cette année, citons le retour du Breton Christophe Miossec (qui a sorti son onzième album studio en 2018 intitulé Les Rescapés), le poète sautillant Barcella et l'éternel Renan Luce. Au rayon des découvertes, Alexandre Castillon (lauréat du tremplin des Polysons de Montbrison en 2018) et la "folkeuse" suissesse Meimuna devraient régaler les spectateurs.

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La Femme de mon frère : Entre elle et lui

ECRANS | De Monia Chokri (Can, 1h57) avec Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon, Sasson Gabai…

Vincent Raymond | Jeudi 22 août 2019

La Femme de mon frère : Entre elle et lui

Sophia vient de soutenir sa thèse et devant elle s’ouvre : le vide. Sans emploi ni relation sentimentale (mais enceinte d’un amant passé), elle squatte chez son frère Karim. Quand elle se résout à l’IVG, Karim flashe sur la gynéco. Les sentiments sont partagés. Sauf par Sophia… On parle souvent des "films du milieu" pour désigner des productions économiquement intermédiaires. Mais il faudrait reconsidérer la formule pour qualifier le jeune cinéma de la comédienne Monia Chokri (vue notamment chez Xavier Dolan), dont cette première réalisation de long-métrage laisse espérer de grandes choses. La Femme de mon frère est sans doute un film intermédiaire par son budget ; totalement par son sujet puisque Sophia se retrouve à tenir la chandelle entre sa gynéco et son frère. Il l’est surtout par son style à mi-chemin entre une inspiration résolument Nouvelle Vague (avec jump cut godardiens, effets de surimpression, errances nocturnes commentées en voix-off, citations littéraires) et sa tonalité de comédie américaine sentimentale des années 1980, ses décors pastel ou son ambiance familiale orientale explosive – un joyeux mélange entre

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Lerpt de rien

Festival photo | Organisé depuis onze ans déjà par l’association Maraudeurs d’images en partenariat avec la ville de Saint-Genest-Lerpt et le club Roche Photographie, (...)

Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

Lerpt de rien

Organisé depuis onze ans déjà par l’association Maraudeurs d’images en partenariat avec la ville de Saint-Genest-Lerpt et le club Roche Photographie, Photos dans Lerpt est un festival exigeant et populaire, s’employant à mettre en lumière les regards créatifs des photographes d’aujourd’hui. Ce sont chaque année dix jours d’expositions et de rencontres qui rapprochent amateurs éclairés et professionnels dans leur passion commune pour l’image fixe. Dans la sélection officielle qui regroupe vingt-six photographes issus de toute la France, on retrouve avec plaisir le travail de l’artiste stéphanoise Claire Malen. Photographe résolument militante, Claire poursuit son engagement et sa quête photographique au plus près des femmes en lutte pour leurs droits. Avec Portraits de femmes Tunisiennes (série qui a reçu le soutien de la bourse FIACRE International de la région Rhône-Alpes en 2015), l’artiste restitue des images emplies d’humanité, à la fois poignantes et porteuses d’un vrai espoir. La plupart des expositions sont à découvrir, à l’Espace polyvalent Louis Richard de Saint-Genest-Lerpt, du 11 au 19 mai.

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Poilades de saison

Impro | La Ligue d’improvisation stéphanoise est bien plus qu'une simple troupe de copains qui kiffent l'impro tous azimuts. Elle est devenue en dix-neuf années (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 avril 2019

Poilades de saison

La Ligue d’improvisation stéphanoise est bien plus qu'une simple troupe de copains qui kiffent l'impro tous azimuts. Elle est devenue en dix-neuf années de bons et loyaux sévices un incontournable agitateur de la culture régionale, avec une programmation happy-healthy-sexy sans cesse renouvelée. Compagnie itinérante, la LISA trimballe ses valises un peu partout dans le département, de Montbrison à Saint-Genest-Malifaux en passant bien sûr par son port d'attache, Saint-Étienne. Investissant tour à tour la Comédie Triomphe, Le Lobster, le Théâtre Libre, le Remue-méninges ou les Ateliers de la Rue Raisin elle y organise d'imparables matchs d'impro, tournois, derbys et autres rencontres internationales. Temps fort de sa dix-neuvième saison, la LISA propose la Semaine de l'Impro (4ème édition), régie par le concept « un soir / un concept » pendant six jours. Après le spectacle d’ouverture qui jettera sur scène l’équipe au grand complet, s’enchaîneront des soirées Impro Design (Biennale oblige), Ding Dong Tour, Impro Contes, Impromix, un après-midi Impro Matrus pour le jeune public, jusqu’au Grand Tournoi final qui opposera Stéphanois, Clermontois et Belges au Casino de Sai

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Sabri Louatah : Romanaissance

Portrait | Gamin, il rêvait de raconter une histoire de famille, tandis qu’il se cachait derrière des montagnes de bouquins. Devenu grand, le Stéphanois Sabri Louatah s’est inspiré de la sienne, pour écrire une saga en quatre tomes aujourd’hui adaptée à l’écran pour une série Canal +. Portrait d’un petit génie de la littérature… Et pas que.

Cerise Rochet | Mardi 2 avril 2019

Sabri Louatah : Romanaissance

Comme pour affirmer d’emblée son petit côté old school, c’est « place Marengo », que nous a donné rendez-vous Sabri Louatah, en ce mercredi après-midi du mois de mars. Entre deux giboulées, deux avions, deux biberons et deux séances de tournage ici à Saint-Etienne, l’écrivain se laisse volontiers aller à la discussion, à propos de lui, de sa vie, de ses bouquins, de sa série. De son bébé, aussi, qui vient d’avoir deux mois et dont la bouille s’affiche en fond d’écran sur son téléphone. « Ça m’a changé, de devenir père. J’ai l’impression que je ne peux plus me permettre d’être aussi inconséquent qu’avant. Depuis sa naissance, je regarde l’humain de manière plus tolérante », souffle-t-il, l’œil brillant, alors qu’il croque inlassablement dans une énorme pomme toute rouge depuis déjà un bon moment. Un peu plus tard dans l’après-midi, Sabri est attendu sur le tournage de la série qu’il a adaptée de son roman Les Sauvages, paru en quatre tomes entre 2012 et 2014. Une fresque familiale à la Balzac, qui raconte l’arrivée au pouvoir d’un président de la République d’origine kabyle dont le destin va progressivement se lier à celui d’une famil

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Thaïs Alessandrin : « Avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Mon bébé | Enfant de la balle dont les deux parents sont cinéastes, Thaïs Alessandrin est à la fois. l’inspiratrice et l’interprète principale du nouveau film de sa mère Lisa Azuelos. Un premier “premier rôle“ dont elle s’acquitte avec un beau naturel. Normal : c’est le sien. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 13 mars 2019

Thaïs Alessandrin : « Avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Jade vous emprunte des traits personnels, notamment votre fascination pour Godard puisque vous rejouez l’ouverture du Mépris. Avez-vous cependant souhaité retrancher du scénario des éléments qui vous semblaient trop proches de vous ? T.A. Retranchés, non… Mais il y a une chose que j’aurais aimé davantage montrer : ma relation avec mon grand frère. On n’en montre qu’un aspect, alors qu’elle est beaucoup plus complète, plus intense et plus forte, du fait que l’on a peu d’écart. À part cela, il n’y a rien que j’aurais voulu changer. Quant à Godard, mais aussi tout le cinéma français des années 1960 jusqu’aux années 1980, ça a vraiment été une grande découverte pendant mon année de terminale. J’ai été émerveillée par ce monde, fascinée par les couleurs et les histoires de Godard en particulier dans Le Mépris. Faire ce clin d’œil à Godard et à Brigitte Bardot (pour qui j’éprouve également une grand admiration) était important pour moi. Et puis je trouvais la scène assez drôle…

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"Mon Bébé" : Les liens du sans

ECRANS | De Lisa Azuelos (Fr., 1h27) avec Sandrine Kiberlain, Thaïs Alessandrin, Victor Belmondo…

Vincent Raymond | Mercredi 13 mars 2019

Jade va passer le bac. Et ensuite ? Direction le Canada pour ses études. Comme elle est la dernière des trois enfants à quitter la maison, sa mère Héloïse commence à angoisser à l’idée de la séparation. Et de la solitude : Héloïse vit sans mec, et a de surcroît un père en petite forme… Il aura fallu à Lisa Azuelos une tentative d’éloignement d’elle-même (le faux-pas Dalida) pour se rapprocher au plus près de ses inspirations, et signer ce qui est sans doute son meilleur film. En cherchant à exorciser son propre “syndrome du nid vide“, la cinéaste a conçu un portrait de parent — pas seulement de mère ni de femme — dans lequel beaucoup pourront se retrouver : égarée dans l’incertitude du quotidien, redoutant le lendemain, son héroïne tente d’emmagasiner (avec son téléphone) le plus d’images d’un présent qu’elle sait volatil. Dans le même temps, elle est gagnée par une tendre mélancolie : des souvenirs de Jade petite se surimprimant par bouffées soudaines sur sa grande ado. Grâce à ces flash-back doucement intrusifs, contaminant le présent par petites touc

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Il y a de la vie !

Expo itinérante | Cette maladie fait encore horriblement peur. Celles et ceux qui la contractent doivent vivre d'une part avec les difficultés qu'elle provoque mais (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 mars 2019

Il y a de la vie !

Cette maladie fait encore horriblement peur. Celles et ceux qui la contractent doivent vivre d'une part avec les difficultés qu'elle provoque mais également souvent avec l'incompréhension voire le rejet de la société. Cette maladie, c'est le sida. La Ville de Saint-Étienne vient d'inaugurer une exposition itinérante qui permet de mettre en lumière 15 photographies et témoignages de personnes séropositives afin de casser les idées reçues et de « donner la parole et un visage aux porteurs du sida. » À travers la mise en place de cette expo proposée par l'association des Élus locaux contre le sida (ELCS), la Ville marque son entrée dans le réseau des villes engagées contre le sida, en devenant la 17e en France. Une manière symbolique et forte de dire la vie de ces femmes et hommes (rappelons qu'il y a environ 150 000 personnes vivant avec cette maladie en France), d'aborder leurs difficultés et de rappeler que de nombreux moyens existent pour se faire dépister, de manière anonyme et gratuite (plus d'infos sur www.saint-etienne.fr) Portraits de vi(H)es

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Design-moi l’inclusion

Biennale design 2019 | La 11e Biennale Design se tiendra cette année du 21 mars au 22 avril à Saint-Étienne. Après le thème des mutations du travail lors de la précédente édition, place cette fois-ci à l’empathie et à la compassion avec "Me, You Nous - Créons un terrain d'entente".

Cerise Rochet | Mardi 5 mars 2019

Design-moi l’inclusion

Design : anglicisme. Mot masculin un poil galvaudé désignant bien autre chose que ce que l’on croit parfois. Fréquemment entendu dans l’expression « c’est design », qui ne veut finalement pas dire grand-chose; très souvent confondu avec le mot concept, mais aussi avec l’art contemporain... Loin d’être élitiste et réservé à une poignée d’initiés qui préféreraient discuter entre eux, le design est aujourd’hui absolument partout… Et pas seulement dans les expos. D’ailleurs, le design était déjà partout bien avant que l’on décide d’en faire des expos. Le pupitre d’écolier conçu en 1889 par l’ébéniste du coin ? Designé pour que les petits puissent facilement ranger livres et cahiers en soulevant le plateau, sans que l’encrier ne finisse sur le plancher. Le toboggan sur lequel vous glissiez quand vous étiez gamin ? Designé pour vous protéger de la chute de côté grâce aux rambardes de sécurité. Le siège conducteur de votre première auto ? Désigné pour épouser le plus parfaitement possible la forme de votre dos, et vous éviter le lumbago. Et demain ? Demain, le design continuera de remodeler vos objets du quotidien pour les rendre plus pratiques ou p

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Arnaud Meunier / Une vie en actes

Portrait | Depuis janvier 2011, Arnaud Meunier dirige La Comédie de Saint-Étienne. Avec pour ligne de mire permanente la création et la transmission, le metteur en scène poursuit son travail mêlant ouverture du théâtre au plus grand nombre, mise en avant d'oeuvres contemporaines et en valeur de la cité stéphanoise.

Nicolas Bros | Mercredi 6 février 2019

Arnaud Meunier / Une vie en actes

Arnaud Meunier est un homme qui semble tout avoir pour être heureux. À la tête de La Comédie de Saint-Étienne, une des plus belles institutions théâtrales de France - n'ayons pas peur des mots - , le metteur en scène met tout en œuvre pour faire rayonner la capitale ligérienne à travers cet art noble qu'est le théâtre. Mais diriger un tel vaisseau artistique tout en continuant son travail de scène accapare beaucoup... La preuve, le matin où nous le rencontrons dans son bureau, situé à l'étage de "la nouvelle Comédie" dans ce bâtiment industriel entièrement rénové du quartier créatif, entre le Zénith et le Fil. Le temps presse car il est en pleine répétition de sa dernière pièce J'ai pris mon père sur mes épaules, écrite par Fabrice Melquiot avec Rachida Brakni et Philippe Torreton au plateau. Un succès public et critique annoncé d'avance, confirmé dès la générale. Couverture presse nationale, retours positifs, cette épopée comique et tragique ne fait que confirmer le talent d'Arnaud Meunier pour transcender les acteurs et les œuvres auxquelles il s'attaque. Mais ce matin-là, malgré le travail de scène à accomplir, il prend le temps de nous expliquer son parcours en dé

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Une Biennale pour tous

Biennale Design 2019 | À travers son programme très fourni, la Biennale design 2019 de Saint-Étienne nous promet de voir, participer et penser avec pour objectif de "proposer à chacun une place à la grande table du monde" selon sa commissaire principale Lisa White. De belles promesses pour l'événement phare de la région stéphanoise qui a, déjà, 20 ans.

Nicolas Bros | Jeudi 17 janvier 2019

Une Biennale pour tous

Me You Nous - Créons un terrain d'entente, voici le thème retenu pour la Biennale internationale design de Saint-Étienne 2019, qui se déroulera du 21 mars au 22 avril. Un fil conducteur qui se veut fédérateur et inclusif pour l'ensemble des acteurs de cet événement incontournable : designers, artistes, chercheurs, entreprises et bien entendu, public invité notamment à participer à de nombreux ateliers cette année. « Par sa thématique, la Biennale va répondre à des interrogations sociétales importantes tout en continuant son rôle de défricheur et en étant tout autant territoriale qu'internationale » assure Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne. Un arc-en-ciel du design actuel et futur Avec la ferme volonté d'ouvrir au maximum ses portes à toutes et tous, la Biennale espère attirer envrion 300 000 visiteurs cette année. « Faire du design un objet grand public » voilà l'ambition affichée d'emblée par Thierry Mandon, le tout nouveau directeur de la Cité du design stéphanoise. Pour y parvenir, les 10 000 m² du site Manufacture seront exploités, avec de nombreuses expositions et rencontres. Sous le commissariat principal de la Franco-a

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Du théâtre, une bière et l’addition s’il vous plaît !

Dossier café-théâtre | Petit Poucet du spectacle vivant, les cafés-théâtres du département sont peu nombreux, mais brillent aujourd’hui de leurs petits succès. Au menu de ces lieux hybrides : du théâtre d’humour à apprécier autour d’un verre ou d’un casse-croûte, du partage, de l’échange, de la convivialité… De la vie. Coup de projecteur sur ces salles, où le théâtre se veut populaire et le public hilare.

Cerise Rochet | Mardi 4 décembre 2018

Du théâtre, une bière et l’addition s’il vous plaît !

Un jeudi soir d’hiver, en plein centre-ville de Saint-Étienne. Au 4 de la rue Violette, là où certains entraient autrefois camouflés sous un chapeau bien enfoncé sur la tête ou derrière un journal pour mater un porno sur grand écran sans (trop) se faire repérer, on entre à présent à visage totalement découvert, sourire aux lèvres. Après un passé de cinéma interdit aux moins de 18, suivi de quelques années d’errance, le Triomphe, devenu entre temps la Comédie Triomphe, affiche en effet aujourd’hui les couleurs flamboyantes d’un café-théâtre. Joli plateau, lumières feutrées, fauteuils rouges, spectacles d’humour… À sa tête, Didier Oliveiro et sa compagne Marilyn Lattard, (associés au Grenoblois Julien Sigalas), font tourner ce lieu hors du commun depuis maintenant plusieurs mois. Comédiens de profession, expérimentés dans la gestion de petits théâtres, ces deux-là semblent avoir trouvé ici l’écrin pour monter leurs propres pièces et en programmer d’autres, à destination des adultes comme des plus petits. À l’affiche ce jeudi, Je préfère qu’on reste amis, sixième pièce écrite par Laurent Ruquier et interprétée ici par Anthony Casabella et Christelle Perus. Deux c

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"Mimi & Lisa, Les Lumières de Noël" : Une guirlande d’amis

Animation dès 6 ans | de Katarina Kerekesova (Slova., 0h47)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

C’est le retour des inséparables Mimi (brunette non-voyante se fiant à tous ses sens) et Lisa (blondinette habituée à foncer tête baissée dans toutes les aventures). Avant de plonger dans le court métrage grand format (et le temps) donnant son nom à ce programme, elle aident un lombric à se repérer sous terre, cuisent des gâteaux en apprenant à suivre la recette et adoptent ensemble un chien en peluche grognon. La jolie idée de cette série au trait naïf et au rendu “papier-découpé modifié informatique“, c’est de considérer les atouts sensoriels (odorat, tact, goût…) de Mimi plutôt que sa cécité. Mais aussi sa prudence, qui la prémunit des bosses dont Lisa se retrouve gratifiée. Voyantes ou non, les deux copines partagent beaucoup, surtout leur propension à imaginer… l’invisible. En arrière-plan de ces trois épisodes “plus un“, on assiste à l’inéluctable rapprochement de leurs parents célibataires (nommés dans la version hexagonale François et Catherine). Voilà qui est peu courant, car l’on a l’habitude de cadres immuables et de séquences ritualisées dans les séries jeune public

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"En liberté !" : Crédit révolver

Comédie | Pour compenser ses années de taule, un innocent commet des délits. Sans savoir qu’il est “couvert“ par une policière, veuve de celui qui l’avait incarcéré à tort, elle-même ignorant qu’un collègue amoureux la protège… Encore un adroit jeu d’équilibriste hilarant signé Salvadori.

Vincent Raymond | Mercredi 31 octobre 2018

Policière, Yvonne élève son fils dans la légende de son défunt époux Santi, flic héroïque mort en intervention. Découvrant fortuitement que celui-ci était un ripou de la pire espèce, elle entreprend de réhabiliter une de ses victimes, et cause son pesant de dommages collatéraux… Après une parenthèse semi-tendre célébrant les épousailles de la carpe et du lapin (Dans la cour, avec Deneuve et Kervern), Pierre Salvadori revient à ses fondamentaux : une comédie portée par des bras cassés, émaillée d’un franc burlesque et construite autour de mensonges plus ou moins véniels. Qu’ils proviennent de mythomanes pathologiques ou d’affabulateurs·trices d’occasion, qu’ils visent à duper ou à adoucir la vie de ceux qui en sont les destinataires, les gauchissements de la vérité constituent en effet la trame régulière du cinéma salvadorien. Ce qui change toutefois dans En liberté ! — et en juste écho avec le titre — c’est que le mensonge se trouve ici en constante réécriture. En impro(ré)visant la légende dorée de Santi qu’elle raconte chaque soir à son fils, Yvonne triture un pa

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Ibeyi : « On en profite à fond »

Sono mondiale | Les jumelles Ibeyi - Lisa-Kaindé et Naomi, filles d’Anga Diaz, percussionniste du Buena Vista Social Club - ont connu un parcours fulgurant depuis la sortie de leur 1er Ep Oya en 2014. Après avoir parcouru la planète, travaillé avec Beyoncé et ouvert un défilé Chanel à Cuba, elles sont revenues avec un deuxième album Ash en 2017, très fort. Rencontre avant leur passage à Saint-Étienne fin novembre au Fil.

Nicolas Bros | Mercredi 31 octobre 2018

Ibeyi : « On en profite à fond »

Ibeyi veut dire "jumelles" en langue yoruba mais il paraît que vous êtes opposées et que vous vous complétez ? Une calme, une plus agitée. Il paraît même que dans la composition de votre musique vous avez des rôles différents : Lisa-Kaindé davantage sur les mélodies et Naomi sur les rythmes... Oui c'est ça, le yin et le yang, la mélodie et le rythme, la diplomate et la cash, la rêveuse et la fonceuse, la réfléchie et la spontanée... À deux, on fait une personne plutôt équilibrée. (rires) Comment avez-vous composé votre album Ash ? On a commencé à composer pendant la tournée du premier album qui a duré deux ans et qui nous a fait parcourir le monde, de l'Asie à l'Afrique, de l'Europe à l'Australie, de l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud. Notre producteur nous avait donné ce conseil précieux : « n'arrêtez jamais d'écrire des chansons ». Il en faut beaucoup pour faire un choix définitif. On commence vers 10h et on termine vers 18h. On n'est pas comme ces groupes q

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Radikale Junkypop, électron libre de la scène hip hop stéphanoise

Portrait | Elle a 31 ans, elle est rappeuse, elle a des choses à dire mais les dit toujours en son seul nom, méfiante de toute forme de récupération. Aussi à l’aise que droite dans ses pompes, Radikale Junkypop bouscule les codes dictés par un milieu encore essentiellement masculin, en même temps que les carcans de la société.

Cerise Rochet | Mercredi 31 octobre 2018

Radikale Junkypop, électron libre de la scène hip hop stéphanoise

Petite brunette au visage poupin en partie caché derrière des lunettes à larges montures, Carole a le sourire des personnes douces et bienveillantes, en même temps que le froncement de sourcils de ceux qui savent où ils veulent mettre leur(s) patte(s). À la ville, la demoiselle bosse dans une petite boîte d’intégration de réseaux informatiques et téléphoniques, à Saint-Étienne. Chaque matin, elle enfile donc son costume, jouant de manière irréprochable son rôle de trentenaire citadine parfaitement intégrée au monde de l’entreprise… Et ne manque d’ailleurs jamais de s’en amuser. Une fois le costume tombé, en revanche, Carole ne joue plus. Libre, de penser et de dire ce qu’elle veut, de s’affirmer telle qu’elle est, dans ses rencontres comme dans les textes qu’elle scande sur scène. Gamine, Carole écrivait des chansons sur les animaux. Un peu dans son monde, un peu solitaire, sans doute déjà un peu artiste. Devenue une jeune femme, elle se lance dans des cours de chant, pour apprendre une technique et être plus à l’aise avec sa voix. Bercée par les barons du funk et de la soul, Carole écoute également beaucoup, beaucoup de rap. NTM, IAM au départ. Puis Kery James, Oxmo P

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Damien et Emeric Chazal, génération Nippon

Portrait / Manga forézien | Les deux créateurs montbrisonnais du manga Head Trick sortiront le onzième tome de la saga, le 11 novembre prochain. Entre enthousiasme, anecdotes, parcours jalonné de surprises et sacré grain de folie, les frères Chazal ne seraient-ils pas eux-mêmes tout aussi aventuriers que les personnages qu’ils façonnent ?

Cerise Rochet | Mardi 2 octobre 2018

Damien et Emeric Chazal, génération Nippon

Montbrison, un soir de semaine. Dans leurs locaux, les frères Chazal sont débordés. Des centaines de cartons, de grosses machines, des étagères, des figurines, des mangas… Et, au milieu de l’apparente pagaille - en réalité très organisée -, un petit bureau où Damien, le plus grand des frères, griffonne quelques notes sur un petit cahier. « Comme toujours, on est bien occupés en ce moment », s’excuse Emeric, son cadet. Depuis sept ans qu’Head Trick existe, les deux créateurs du célèbre manga ‘’made in Le Forez’’ n’ont jamais trouvé le temps de prendre ne serait-ce qu’une semaine de vacances. « Mais ce qu’on fait nous passionne tellement qu’on ne vient jamais ici en traînant les pieds » lancent-ils, l’œil pétillant. Cet œil, c’est celui de deux adultes qui se sont construit un véritable rêve de gosse, au talent et au culot. Avec bonheur et enthousiasme, ils racontent leur histoire complètement dingue, en détails. Comme si, par moment, ils devaient encore se pincer pour réaliser que ce qui leur arrive est bien réel. Imagination débordante Pour Damien et Emeric, la grande aventure démarre il y a 25 ans. Encore gamins, les deux frères

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La Biennale design dévoile sa thématique pour 2019

Design | Saint-Étienne et sa Biennale internationale design étaient présentes à Londres jusqu'au 23 septembre par le biais d'une œuvre de François Dumas, The Gateway to (...)

Nicolas Bros | Lundi 24 septembre 2018

La Biennale design dévoile sa thématique pour 2019

Saint-Étienne et sa Biennale internationale design étaient présentes à Londres jusqu'au 23 septembre par le biais d'une œuvre de François Dumas, The Gateway to Inclusion (La Passerelle de l'Inclusion). Conçue avec une multitude de rubans colorés, fournis par l'entreprise stéphanoise Neyret, cette installation a orné une passerelle en bois au bord de la Tamise. Aux côtés de Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne et président de la Cité du design et de Marc Chassaubéné, adjoint aux affaires culturelles et vice-président en charge du design à Saint-Étienne Métropole, Lisa White, commissaire de la prochaine Biennale design, a profité de cette exposition pour dévoiler la thématique de la prochaine Biennale à Londres. Se tenant du 21 mars au 22 avril 2019, la Biennale s'articulera autour du sujet suivant : "ME / YOU / NOUS – Designing common ground, Dessinons un terrain d’entente". « Placée sous le signe de l'inclusion par le design, cette Biennale porte un regard sur le design à l'aube de 2020. Il s'agit de produire des environnements et des expériences, d'identifier les connexions possibles dans nos sociétés et les interactions entre les hommes. Profond

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Jason Chicandier, bon vivant

Portrait | Avec une bonne dose de provoc', un humour (très) gras et des textes ciselés, les Joz' dynamitent quotidiennement le groupe Facebook stéphanois La Jozerie. Un succès symbolisé par un personnage haut en couleurs : Jason Chicandier, l'archétype du "bon vivant", qui foulera avec ses potes Joz' les planches du Point Virgule à Paris en mars 2019.

Nicolas Bros | Mardi 4 septembre 2018

Jason Chicandier, bon vivant

Depuis plusieurs années, un groupe de discussion stéphanois prend de plus en plus d'ampleur sur le réseau social Facebook. Intitulé La Jozerie, il compte aujourd'hui près de 28 000 abonnés. Emmené par Guillaume, Maxence,  Mathou Cann,  Lucas, Gauthier, Gabriel, Thomas et l'incontournable Jason Chicandier, cet espace d'expression diffuse allégrement humour gras et poésie de comptoir. Créé en 2011 par une bande de potes, le concept de Joz' s'apparente à un "beauf". L'histoire démarre sans Jason Chicandier, par un site internet qui héberge tout ce que le net peut proposer comme "beauferies". « Cette page web relayait tous les stéréotypes du beauf en vidéos, images, etc, explique Jason Chicandier. Il y avait du tuning, de la nuque longue, du fan de Johnny avec tatouages qui dit à sa femme de la fermer et qui boit de la bière toute la journée... C'était en quelque sorte le meilleur du pire d'internet orienté Confessions Intimes ». Mais au bout d'un moment le contenu tourne court. Quand Chicandier et Mathou Cann débarquent chez les Joz' En 2014, Mathou Cann et Jason Chicandier, deux trublions connus pour leurs

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Jumelles

MUSIQUES | Filles d’Anga Diaz, percussionniste du Buena Vista Social Club, Lisa-Kaindé et Naomi se sont taillées en quatre années à peine une solide renommée avec Ibeyi, (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 septembre 2018

Jumelles

Filles d’Anga Diaz, percussionniste du Buena Vista Social Club, Lisa-Kaindé et Naomi se sont taillées en quatre années à peine une solide renommée avec Ibeyi, leur duo-phénomène. Après un EP annonciateur du raz-de-marée, les frangines ont sorti deux albums studios en trois ans, multipliant les tournées à travers la planète. Sur fond de culture yoruba, elles mitonnent un savant cocktail de soul, de hip hop et de R&B, dans un habillage ambiant plutôt classieux. Ibeyi, vendredi 30 novembre à 20h30, le Fil

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La Chine invitée d'honneur de la prochaine Biennale

Design | La Chine sera le pays invité d'honneur de la prochaine Biennale internationale design de Saint-Étienne qui se déroulera du 21 mars au 22 avril 2019. (...)

Nicolas Bros | Mardi 26 juin 2018

La Chine invitée d'honneur de la prochaine Biennale

La Chine sera le pays invité d'honneur de la prochaine Biennale internationale design de Saint-Étienne qui se déroulera du 21 mars au 22 avril 2019. Ce sera l'occasion pour ce pays de présenter un panel global de sa créativité en matière de design. Ainsi, dans le cadre du réseau des Villes Créatives UNESCO dont elle fait partie, Saint-Etienne invite quatre villes chinoises également membres de ce club "sélect" à proposer des œuvres : Pékin, Shangai, Shenzhen et Wuhan. Hangzhou, Ville Créative d'artisanat sera également de la partie. Le commissariat et la scénographie de cette exposition ont été confiés à Fan Zhe, un artiste chinois qui travaille notamment pour développer les coopérations artistiques et culturelles entre la France et la Chine via différents projets dont l'ex Collège Cévenol du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) devenu le Parc International Cévenol. Le communiqué de presse évoque « une exposition qui se composera de trois grandes parties, avec un panorama actuel du design chinois, qui permettra au visiteur d'appréhender les différences entre les deux cultures par le design et une partie plus prospective qui envisagera le design futur au travers de grands enjeux

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Lisa White, commissaire générale de la Biennale 2019

Biennale internationale design | Décidément, les Américains ont le vent en poupe du côté de Saint-Étienne. Alors que les dirigeants de l'A.S. Saint-Étienne viennent d'annoncer leur entrée en (...)

Nicolas Bros | Mercredi 16 mai 2018

Lisa White, commissaire générale de la Biennale 2019

Décidément, les Américains ont le vent en poupe du côté de Saint-Étienne. Alors que les dirigeants de l'A.S. Saint-Étienne viennent d'annoncer leur entrée en négociations exclusives avec le fonds d'investissement américain Peak6 pour le rachat du club stéphanois, la Cité du design a décidé de donner les clés de la prochaine Biennale internationale design Saint-Étienne 2019 à une Étasunienne. C'est donc la designer Lisa White qui vient d'être officiellement nommée commissaire générale de l'événement qui se déroulera du 21 mars au 22 avril 2019 (11e édition de la Biennale). Spécialisée dans les tendances, elle est actuellement chef du département "Lifestyle & Interiors / Vision" du bureau de design londonien WGSN. Diplômée de Sciences Politiques à Washington, elle a débuté sa carrière chez Chanel puis a collaboré avec de nombreuses structures et magazines dont Vogue, Surface, Beaux Arts ou Form. Elle a également travaillé avec Olivier Peyricot, directeur scientifique de la dernière Biennale, au sein du collectif de designers Glassex. D'après le communiqué qui nous est parvenu, « elle proposera d’explorer la rencontre entre les process de design et de création, les tendance

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Cyril Hubert L’âge de bière

Portrait | C’est l’histoire d’une heureuse reconversion. Celle d’un Français, Cyril Hubert, installé en Suisse depuis plus de dix ans et qui, après quinze années passées chez des grands noms du luxe et de la restauration, a décidé de tout plaquer pour devenir biérologue. Une histoire passionnelle de brasseries artisanales, de malt et de houblon, de palais et de partage.

Niko Rodamel | Mercredi 2 mai 2018

Cyril Hubert L’âge de bière

Après une enfance et une adolescence sans histoire passées du côté de Romorantin dans le Loir-et-Cher, Cyril se laisse inspirer par ses deux sœurs en choisissant lui aussi de s’orienter vers le monde de l’hôtellerie et de la restauration. Au CFA de Blois, il enchaînera en quatre ans un CAP, puis un BEP et enfin un Brevet Professionnel. « À part le rugby, pas grand-chose ne me passionnait à l’époque, je me suis donc mis au travail assez tôt par la voie de l’apprentissage. » Pendant quinze ans, le jeune homme travaillera comme chef de rang chez des grands noms du luxe et de la restauration : sur la Côte d’Azur pour le Métropole Palace de Beaulieu-Sur-Mer, pour Gérard Rabaey au Pont de Brent en Suisse, dans l’équipe du Tucker’s Point Golf Club aux Bermudes, pour le Domaine des Hauts de Loire à Onzain et enfin au sein de l’Hôtel Casino Barrière à Montreux. « Travailler dans de tels établissements a été une chance mais, la trentaine venue, je crois que j’avais déjà fait le tour du métier. Le prestige des macarons et des étoiles induit une pression particulière, le monde de la haute gastronomie reste un univers difficile, souvent épuisant. Il était temps pour moi de passe

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Pierre Thivillon : pour l'amour des animaux

Portrait | Passionné au grand cœur, Pierre Thivillon a forgé de ses mains un parc unique et à taille humaine au fil des années : l'espace zoologique de Saint-Martin-la-Plaine. À 74 ans, l'homme, à la sensibilité débordante, continue de vivre tous les jours sur place avec sa femme Eliane et ses équipes, au contact de « ses enfants » à qui il a tout donné par amour : gorilles, lions, gibons et autres magots.

Nicolas Bros | Mercredi 4 avril 2018

Pierre Thivillon : pour l'amour des animaux

Passer un moment aux côtés de Pierre Thivillon est un privilège, une expérience inédite et inoubliable. Ce septuagénaire possède un parcours peu commun et a dans sa besace un nombre incalculable d'anecdotes et autres souvenirs d'une vie forgée pour et aux côtés des animaux. Pétri de cette passion communicative, il a lancé en 1972 l'un des parcs zoologiques les plus emblématiques de France : l'Espace Zoologique de Saint-Martin-la-Plaine, à mi-chemin entre Saint-Étienne et Lyon. Un travail titanesque digne du Facteur Cheval, l'œuvre d'une vie entièrement tournée vers les animaux. « Depuis le début du parc, nous n'avons eu de cesse de nous battre pour nos animaux », explique Pierre Thivillon, des trémolos dans la voix et l’œil humide. Gorilles dans la brume du Jarez Ce lieu, créé de toute pièce par ce passionné et sa femme Eliane, est notamment réputé pour son travail dans le maintien des primates et de leur reproduction. À titre d'exemple, le parc est depuis de nombreuses années devenu une référence mondiale en matière de gorille, puisque pas moins de 12 gorilles écoulent aujourd'hui des jours heureux dans les grands espaces du parc - un nombre inédi

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Gaëlle Thomas : Hyperactive Miss Gawel

Portrait | Gestionnaire des costumes de l’Opéra de Saint-Étienne depuis quatre ans, le parcours et la curiosité naturelle de Gaëlle Thomas en font une femme pétillante, véritable touche-à-tout, active et engagée dans le paysage culturel stéphanois. Texte et photo : Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mardi 6 mars 2018

Gaëlle Thomas : Hyperactive Miss Gawel

Gaëlle est née à Saint-Étienne au milieu des années soixante-dix, alors que la ville était en pleine ébullition footballistique. La grande époque, comme l’on dit ici, depuis plus de quarante ans. Mais ce sera plutôt la fibre artistique qui fera grandir la petite fille qui passe son enfance sur les hauteurs de Saint-Héand, débutant l’apprentissage du chant et de la flûte traversière dès l’âge de six ans, à l’école de musique du village. L’adolescente poursuivra sa scolarité à l’Institution Saint-Paul, ponctuée par un voyage en Pologne, peu de temps avant la chute du mur de Berlin. « Je suis ensuite entrée à la fac d’Arts Plastiques sans avoir d’idée bien précise de ce que je voulais faire plus tard. J’étais vaguement attirée par la décoration… » L’étudiante découvre alors la danse africaine avec Hélène Closset puis se perfectionne avec l’association Kabanako. BAFA en poche, Gaëlle multiplie les expériences dans le monde de l’animation et s’intéresse de façon grandissante à la photographie. Avec une bande d’amis elle crée l’association Bao’bab, avec laquelle elle fait son premier voyage en Afrique. « Nous sommes partis en Côte d’Ivoire à la rencontre d’artist

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Comment éviter le derby ?

GUIDE URBAIN | Vous n'êtes pas très branché "foot" ? Vous ne connaissez même pas la signification du terme "derby" ? Ou bien, vous êtes persuadé que Les Verts vont déchanter sur la pelouse lyonnaise ? Alors, nous vous avons concocté une petite sélection d'activités afin de passer - volontairement - à côté du match qui opposera l'A.S. Saint-Étienne à l'Olympique Lyonnais ce dimanche à 17h.

Nicolas Bros | Vendredi 23 février 2018

Comment éviter le derby ?

À Saint-Étienne, l'offre culturelle est florissante pour une ville de ce gabarit. La preuve avec les possibilités offertes un dimanche de février où il régnera, selon Météo France, une température glaciale. Mais au lieu de rester devant votre poste de télévision ou de rejoindre vos amis dans un bar voir le match et boire des bières (avec modération certes, mais réservez plutôt cette dernière activité pour la prochaine édition de Faut Que Ca Brasse les 26 et 27 mai prochains), nous vous proposons de laisser de côté le ballon rond. Voici quelques idées qui pourraient enjoliver votre fin d'après-midi de dimanche : - Un concert : De la chanson française pour terminer le week-end en douceur, dans l'ambiance feutrée du Pax, salle sympathique de la rue Elisée Reclus à la jauge "très humaine" : moins de cent places assises. Zim manie les mots, la guitare et le "beatbox". Passé lors du dernier Paroles & Musiques, il remet le couvert à Sainté avec son compère Rémi Videira à la contrebasse.

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Geoffrey Saint-Joanis : «Avec notre structure, nous voulions mixer nos passions »

Tête(s) de culture | Co-fondateur du studio de création audiovisuel AUUNA avec ses deux amis Alexandre Fournel et Laurent Gibert, Geoffrey Saint-Joanis est un jeune homme – né en 1992 – très présent auprès des artistes, notamment stéphanois, par la réalisation de vidéos, de photos ou de graphismes. Nous sommes revenus sur son parcours déjà bien chargé entre rédaction de presse, reportages en indépendant et création de son entreprise.

Nicolas Bros | Vendredi 9 février 2018

Geoffrey Saint-Joanis : «Avec notre structure, nous voulions mixer nos passions »

Comment en es-tu arrivé à travailler dans la réalisation de clips, de films, etc ? J'ai d'abord passé un Baccalauréat littéraire puis je suis entré en prépa de journalisme audiovisuel au lycée Saint-Louis à Saint-Étienne. À la fac, j'ai validé une double licence histoire-sciences politiques à Lyon 2. Parallèlement à mes études, j'ai écrit pour un petit magazine qui s'appelait Le Journal International. J'ai fait un peu le forcing pour rentrer dans cette rédaction, car ils n'étaient pas très chauds à l'idée de m'intégrer au début. Je me suis rendu compte qu'il y avait un potentiel énorme avec l'actu internationale traitée par des correspondants étudiants installés dans le monde entier... J'en suis devenu le rédacteur en chef et nous avons développé le réseau de correspondants jusqu'à atteindre le nombre de 200. Ça a pris de l'ampleur et nous nous sommes faits remarqués par L'Express et le Figaro car nos correspondants étaient les premiers lors des révoltes de la place Taksim à Istanbul, ainsi que sur l'attentat du marathon de Boston... Nous avons pu établir un partenariat avec Le Figaro qui publiait un article par semaine d'un de nos correspondants.

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Mathieu Schalk, l'inimitable

Portrait humour | Des hauteurs du Pilat aux studios parisiens, d'ACTIV Radio à Canal+, Mathieu Schalk a déjà fait un sacré bout de chemin. Comédien et imitateur tous azimuts, l'enfant du pays revient sur son parcours à l'occasion de son passage au Festival des Arts Burlesques.

Niko Rodamel | Mardi 6 février 2018

Mathieu Schalk, l'inimitable

Il imite aujourd'hui près de cent voix d'artistes, de personnalités politiques ou de sportifs pour la télé, la radio ou le web. Pourtant, le parcours de ce caméléon n'a pas été un long fleuve tranquille... Mathieu a passé son enfance et le début de son adolescence sur les hauteurs du Pilat, à Saint-Genest-Malifaux. Il n'est alors qu'un gamin plutôt réservé, voire timide. Vers l'âge de dix ans, il s'amuse à faire quelques imitations, sans plus. Après l'école primaire et le collège, il descend à Saint-Étienne. « J'ai fait mon lycée à Honoré d'Urfé, j'ai commencé à me décoincer, à me révéler. Quand il s'agissait de faire le con, j'étais là ! » Dans la famille Schalk, aucun artiste. Néanmoins l'ado pressent quelque chose, il ne rate pas un rendez-vous avec les Guignols de l'Info. « En voyant le regard d'enfant dans les yeux de mes parents devant Mister Bean, je me disais qu'il est sans doute possible de rester un enfant même dans le monde des adultes. » Et c'est en observant Laurent Gerra sur scène que l'envie de devenir imitateur apparait au jeune homme comme une évidence. Mais le principe de réalité s'imposant, Mathieu se dirige sagement vers un

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Au bout du fil

Galerie | L’IRMACC, Institut Régional pour les Métiers d'Art et la Création Contemporaine, est un centre de ressources qui se concentre sur les métiers de l’artisanat. (...)

Niko Rodamel | Mercredi 3 janvier 2018

Au bout du fil

L’IRMACC, Institut Régional pour les Métiers d'Art et la Création Contemporaine, est un centre de ressources qui se concentre sur les métiers de l’artisanat. Au-delà des formations qui y sont dispensées, conférences et expositions viennent régulièrement ponctuer l’année. Sur le fil forme le premier opus d’un nouveau format d’exposition proposé par l’IRMACC, baptisé Matières vives. Pas moins de quinze artisans d’art dont la pratique a attrait au fil ont confié des pièces d’exception pour constituer le premier volet du programme. L’occasion de découvrir notamment des travaux de design textile de Roxane Andrès et Florence Bost ou des ouvrages de broderie de Christine Peyret et Elisabeth Roulleau. On découvre aux côtés des couturiers Jérémie Tessier et Renaud Aivaliotis, le créations textiles d’Hélène Jospé et Aude Tahon, ainsi que l’univers des plasticiennes Dominique Torrente et Catherine De Robert. Quant à Joëlle Verne (corsetière), Françoise Micoud (dentellière aux fuseaux), Maïté Tanguy (tisserande), Mariam Partskhaladze (feutrière) et Sara Revil (tresseuse), elles font vivre chacune une discipline peu connue du grand public. Matières vives / Sur le fil

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"The Square" : Sans mobile apparent

ECRANS | de Ruben Östlund (Sue.-All.-Da.-Fr., 2h31) avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West…

Vincent Raymond | Jeudi 12 octobre 2017

Alors qu’il s’enorgueillit de présenter une exposition visant à tester l’humanisme des visiteurs et secouer les consciences, le directeur d’un musée d’art contemporain se livre à une série d’actes mesquins et pathétiques, révélateurs de son moi profond. La raison ? On lui a volé son portable… On savait depuis Snow Therapy (2015) que Ruben Östlund est du bois dont fait les moralistes, et le monde de l’art contemporain, parcouru de tartuffes de tous poils, propice à l’exploration de l’insondable vanité humaine ; la rencontre entre les deux pouvait (devait) nécessairement produire une “performance” remarquable. Remarquée, elle l’est certes (une Palme d’Or, fût-elle par défaut, ne se trouve pas sous le sabot griffu d’une statue équestre), mais se révèle par trop conforme à ce qu’on pouvait en attendre. The Square vitupère en effet de manière convenue les paradoxes et hypocrisies sociétaux à travers un milieu connu pour être caricatural ; il manque en outre d’homogénéité dans son approche : la satire oscille entre premier et second degrés : la comé

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Les Amis Réunis : Le chœur des hommes

Portrait | Depuis 1879, le flambeau se transmet de père en fils, un trait d’union traversant trois siècles… Déjà. Des mineurs stéphanois du 19e siècle, ils ont conservé cette mâle bravoure, l’humour mutin de ceux qui lovent leur cœur au creux de leur main. Le chœur Les Amis Réunis n’en finit pas de faire vibrer l’âme de la cité, et nous invite au voyage vers un futur… radieux, bien sûr. Texte : Alain Koenig / Photo : Niko Rodamel

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

Les Amis Réunis : Le chœur des hommes

Le pas nerveux, une lueur d’anxiété dans la pupille gauche, Frédéric Grolet, chef de chœur, s’avance vers notre photographe. Allons-nous bien transmettre le message, ne pas trahir la mémoire de cette généalogie hors du commun, saisir l’esprit de corps qui préside au partage entre ces hommes aux vies sereines parfois, cabossées souvent, atypiques et authentiques toujours ? En l’attendant, les conversations vont bon train: un ténor (ou était-ce un baryton ?) explique, dans une langue fleurie, à l’un de ses compagnons, la gratitude éternelle des artilleurs pour la légion. Les souvenirs de régiment s’échangent, tandis que le saucisson du Forez, artisanal bien sûr, se laisse trancher d’une main ferme, entre les "cubis" de Saint Joseph. Alcôve d’improbables répétitions et de prometteuses agapes, l’Amicale Laïque de Chapelon, pourrait avoir vu le tournage de The Others. Les lieux ont une âme, assurément. Où que se porte le regard, articles de vieux journaux, photos sépia, "cartons" de musicien d’harmonie, affiches aux dates intemporelles ornent le champ visuel, comme autant d’ex-voto à une Sainte Cécile omniprésente. Portrait de famille Quelques personnag

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Serge Prud’homme alias Deloupy

Portrait BD | Co-fondateur des Editions Jarjille, Serge Prud’homme (aka Deloupy) est un illustrateur heureux. L’album Love story à l’iranienne sorti aux éditions Delcourt en 2016 (d’après une enquête de Jane Deuxard) a reçu plusieurs prix très encourageants, ouvrant au dessinateur de nouveaux horizons à la lumière d’une reconnaissance amplement méritée. Rencontre, dans son atelier du centre-ville de Saint-Étienne, avec un homme curieux de tout et humainement attachant.

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Serge Prud’homme alias Deloupy

Gamin, Serge lit et relit mille fois les BD familiales, les classiques Tintin, Astérix et Gaston… « Je ne dessinais ni plus ni mieux qu’un enfant ordinaire. » En revanche, sa rencontre avec Michel Jacquet (qui deviendra plus tard son complice Alep) a sans doute été décisive. Les deux garçons se sont connus vers l’âge de huit ans, dans le voisinage de la maison de campagne familiale, entourés de toute une bande de gosses. Pendant des années, les deux copains vont partager leurs lectures mais ils commencent aussi à échanger sur la BD. Il faudra attendre quelques années avant que l’adolescent, optant pour un Bac A3, prenne conscience que le dessin pourrait bien prendre une place grandissante dans son champ des possibles. Après une année infructueuse aux Beaux-arts de Saint-Étienne puis une année sabbatique aux Pays-Bas, Serge s’inscrit presque sur un coup de tête aux Beaux-arts d’Angoulême, capitale nationale autoproclamée de la bande-dessinée. « J’ai passé là-bas trois années très riches dans l’atelier BD où j’ai pu beaucoup mieux cerner les finalités du métier, grâce à de nombreuses rencontres avec des pros, des auteurs ou des éditeurs. » Serge Prud’homme débute

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Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Interview | Avant d’aller à Cannes à la Quinzaine de Réalisateurs, Carine Tardieu était passée aux Rencontres du Sud pour présenter son film tourné en Bretagne. Rencontre avec une voyageuse…

Vincent Raymond | Vendredi 8 septembre 2017

Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Vous abordez ici thème du secret de famille, très fécond au cinéma… CT : Au fur et à mesure de l’écriture de cette histoire, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de famille dans lesquelles il y avait des secrets — beaucoup autour de la paternité, car on sait qui est la mère d’un enfant. On en entend davantage parler depuis que les tests ADN existent. Des gens m’ont raconté leur histoire : certains ont eu envie de chercher leur père biologique, d’autres n’ont jamais voulu savoir… Paradoxalement, découvrir que son père n’est pas son père biologique permet à votre héros de mieux le connaître le premier… CT : Absolument. J’ai eu moi-même la sensation de rencontrer mon père assez tard, alors que mon père je le connais depuis toujours. Parfois, la rencontre se fait à un moment précis de la vie : quand on devient soi-même père ou mère, on se demande quel homme et quelle femme nos parents ont été. On projette des choses sur eux, qui sont juste une petite partie de leur réa

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Ôtez-moi d’un doute : Paire de pères et pères aperts

ECRANS | Un démineur breton se trouve confronté à de multiples “bombes” intimes, susceptibles de dynamiter (ou ressouder) sa famille déjà bien fragmentée. Autour de François Damiens, Carine Tardieu convoque une parentèle soufflante. Quinzaine des Réalisateurs 2017.

Vincent Raymond | Vendredi 8 septembre 2017

Ôtez-moi d’un doute : Paire de pères et pères aperts

Démineur de métier, Erwan a fort à faire dans sa vie privée : il vient d’apprendre que son père l’a adopté et que sa fille (qu’il a élevée seul) est enceinte. Alors qu’il enquête en cachette sur Joseph, son père biologique, Erwan rencontre Anna dont il s’éprend. Las ! C’est la fille de Joseph. Carine Tardieu a de la suite familiale dans les idées. Depuis ses débuts avec La Tête de Maman (2007) et Du vent dans mes mollets (2012), elle s’intéresse à cette sacro-sainte famille. Un microcosme à part, connu de chacun et cependant toujours singulier, ayant surtout la particularité d’être facilement chamboulé. Tant mieux pour qui veut raconter des histoires. Plateau de fruits de père(s) Pour Ôtez-moi d’un doute, la cinéaste conserve son approche favorite consistant à observer une petite tribu de l’intérieur et à hauteur d’enfant. L’enfant a ici quelque peu grandi, puisqu’il s’agit d’un — gigantesque — adulte, en situation de devenir grand-père de surcroît. Mais le scénario le replace justement dans la position d’un rejeto

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Daniel Kawka, le contemporain qui "Ose"

Portrait | Éclectique et passionné, le célèbre chef d'orchestre aux modestes origines, moissonne aujourd'hui ses blés. Graal du sage ou désarmant truisme, ses rêves aujourd'hui reviennent à lui, tout naturellement ! Un labeur acharné et de belles cartes postales plein son viatique : Oural ou Toscane, Tibre ou Néva sont pour lui, autant de sensations à revisiter... en musique !

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Daniel Kawka, le contemporain qui

Toujours ponctuel, un physique imposant emplit l'entrebâillement de la porte. Les retrouvailles avec Daniel Kawka sont toujours précédées du petit pincement au cœur qui sied aux grands rendez-vous. Après les civilités d'usage, la tonalité passe très vite en ré majeur, avec une infinie simplicité. Ayant quitté deux postes de Premier Chef Invité, et pas des moindres, voici l'enfant du pays de retour dans l'Hexagone, où ses projets se concrétisent les uns après les autres. De son long séjour en Italie, à la tête de l'Orchestre de la Toscane, il a le sentiment d'avoir effectué ce qu'il nomme très justement ses « humanités », ce qui en langage " chef d'orchestre " signifie : jouer le grand répertoire du XIXe siècle : les Schumann, Mendelssohn, Beethoven... Un passage obligé pour ne pas être catalogué jusqu'à la fin de ses jours " Monsieur musique d'aujourd'hui " ! Daniel Kawka est un homme libre, et revendique ses choix musicaux sur une échelle de Richter, graduée de Wagner à Jimmy Hendrix. « À l'origine, j'ai fait ce métier parce que j'avais entendu Parsifal de Wagner à Orange. Je suis un amoureux fondamental de la musique ! » Dans une corporation, où l'on

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Gilles Granouillet, piqué de théâtre

Portrait | 15 ans après l’ouverture du Verso rue de la Richelandière, le dramaturge et metteur en scène nous raconte sa passion d’un théâtre social, ancré dans l’histoire stéphanoise.

Houda El Boudrari | Mercredi 5 avril 2017

Gilles Granouillet, piqué de théâtre

Il est modeste, Gilles Granouillet. Il vous accueille sans prétention dans sa petite salle commune du Verso qui fait office de cuisine-salle à manger-salle de réunion et vous fait partager un café froid en soupirant sa fatigue, l’usure des années et de ce métier qui n’en est pas vraiment un, de métier normal. Pourtant il en avait fait des métiers « plus basiques » avant, il sait qu’ils ne sont pas non plus de tout repos. Arrivé au théâtre et à la littérature par hasard, ce fils de Manuchards (comme on appelait les ouvriers de l’ancien Manufrance) a d’abord été manutentionnaire, puis instit avant de s’autoriser à embrasser une carrière artistique, un peu incongrue pour les gens de son milieu. Il a d’abord commencé par se fourvoyer dans un improbable IUT en gestion d’administration des entreprises, pas vraiment une filière « poétique ». On ne saura jamais si Gilles Granouillet aurait fait un comptable lyrique, puisqu’il n’a pas persisté longtemps dans cette profession du chiffre, trop austère pour un amateur de belles lettres. Magasinier chez un vendeur de motos puis instituteur pendant sept ans, le jeune stéphanois trompe l’ennui en prenant des cours de théâtre

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