Un "focus Québec" aux 7 Collines

Nicolas Bros | Vendredi 8 février 2019

Photo : Extrait de "Passagers" © Cie les 7 Doigts de la Main


7 sur 7 ! On savait le lien fort qui unissait le festival des 7 Collines avec la compagnie de cirque québécoise Les 7 Doigts de la Main. Pour son édition 2019 - du 25 juin au 8 juillet - le festival stéphanois enfonce le clou et convie les circassiens montréalais pour présenter leur nouvelle création Passagers. De plus, l'équipe de l'événement stéphanois vient également d'annoncer que 3 autres créations québécoises seront à l'honneur cette année. C'est à se demander si l'on ne devrait pas prolonger le pont Jacques Cartier jusqu'aux rives du Furan...

Festival des 7 Collines, du 25 juin au 8 juillet à Saint-Étienne et alentours
Passagers de la Cie Les 7 Doigts de la Main, 27 et 28 juin 2019 à l'Opéra de Saint-Étienne

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De haut en bas, que la colline est belle

Festival | Le festival des 7 Collines reprend sa place dans la métropole stéphanoise, proposant 15 jours de cirque, danse, musique et performances à redonner du souffle.

Cerise Rochet | Mercredi 9 juin 2021

De haut en bas, que la colline est belle

Il fait partie des festivals passés à la trappe en 2020, au grand dam de toutes celles et de tous ceux qui en ont fait un rendez-vous immanquable du début de l’été. Qu’on se rassure, après une année de disette, les 7 Collines reviennent plus en forme que jamais, avec une programmation festive - parce qu’il faut bien se remettre de ses émotions -, et audacieuse -parce qu’il faut bien aller de l’avant, quitte à se faire bousculer un peu. Avec près de 20 spectacles en 15 jours sur une grande partie de la métropole stéphanoise, l’événement retrouve ses marques, fidèle à son ambition de toujours : vulgariser la création contemporaine, et voir le cirque, la musique du monde, la danse et la performance provoquer sourires sur les lèvres et boum-boum dans les cœurs de tous les spectateurs. Du cirque de haute-volée Mesdames, messieurs approchez donc, au rayon cirque cette année, sans doute n’y aura-t-il pas de place pour tout le monde. Au milieu d’une multitude de pièces engagées, spectaculaires, ou parfois les deux à la fois, on optera sans trembler pour la compagnie française Cabas. Venue de région parisienne, celle-ci s’installera le temps d’une seule so

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Les 7 Collines proposent une prog d'automne

Festival | Le festival des 7 Collines, rendez-vous pluridisciplinaire stéphanois du début d'été, n'a pas pu avoir lieu du 23 juin au 7 juillet (...)

Nicolas Bros | Vendredi 25 septembre 2020

Les 7 Collines proposent une prog d'automne

Le festival des 7 Collines, rendez-vous pluridisciplinaire stéphanois du début d'été, n'a pas pu avoir lieu du 23 juin au 7 juillet 2020. Pour autant, l'équipe organisatrice ne s'est pas laissée abattre et a décidé de programmer des spectacles cet automne. L'occasion de découvrir plusieurs pièces de cirque entre le 7 novembre et le 10 décembre. On retrouvera la Cie Allégorie avec le spectacle cOLLiSion du côté de la salle Aristide Briand de Saint-Chamond le 7 novembre, une Nuit du Cirque le 14 novembre à la Maison de l'Université avec les compagnies Puéril Puéril et Kiaï (une soirée en collaboration avec l'école de cirque Les Kipouni's), les Anglais Nikki & JD présenteront Knot le 18 novembre à la salle Jeanne d'Arc puis Sencirk, compagnie sénégalaise, proposera Man Fan Laa le 10 décembre au Fil. [Mise à jour du 20/10/2020] L'ogranisation a mis à jour les horaires de ces spectacles : Le spectacle Collision du samedi 7 novembre à Saint-Chamond à 18 h est maintenu à l'heure prév

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"Canción sin nombre / Nuestras Madre" : L’une sort en salle, l’autre pas

ECRANS | "Canción sin nombre" de Melina León (Pér.-Esp.-É.-U., 1h37) avec Pamela Mendoza, Tommy Párraga, Lucio A. Rojas… (en salles) "Nuestras Madres" de César Diaz (Gua.-Bel.-Fr., 1h17) avec Armando Espitia, Emma Dib, Aurelia Caal… (en SVOD)

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Tous deux figuraient à Cannes l’an dernier : le premier à la Quinzaine des réalisateurs, le second à la Semaine de la Critique où il a ravi la Caméra d’Or. Dévolue au meilleur premier film de la compétition toutes sections confondues, cette prestigieuse distinction ne l’exonère pourtant pas d’une sortie directe en SVOD tandis que l’autre, à peine une semaine sur les écrans avant le confinement, renoue avec les salles. Aussi dissemblables par leur destinée que leur facture ou leur approche esthétique, Canción sin nombre / Nuestras Madres ont beaucoup en commun, à commencer par leur inscription spatiale (l’Amérique latine) et donc, historique (les années 1980). Car même si Nuestras Madres se situe de nos jours, il se déroule réellement dans le passé puisque le protagoniste y est un anthropologue de médecine légale identifiant les dépouilles de victimes de la guerre civile guatémaltèque, lui-même orphelin de père et d’une mère torturée par le pouvoir d’alors. Un régime dont on sait qu’il pratiquait l’enlèvement d’enfants —

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"Vivarium" : Restez chez vous…

Enter the VOD | Un jeune couple pris au piège dans une maison-témoin diabolique doit élever jusqu’à l’âge adulte un bébé tyrannique comme tombé du ciel. Une fable de circonstances, entre Le Prisonnier, La Malédiction et le mythe de Sisyphe.

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

En quête d’une maison, Gemma et Tom suivent un étrange agent immobilier dans un non moins bizarre lotissement, Yonder, fait de résidences identiques et désert. Prisonniers de ce cadre cauchemardesque, ils seront délivrés (leur promet-on) s’ils élèvent un bébé reçu dans un carton… Voici un le parfait film à regarder sur un divan… et à déconseiller aux tourtereaux en âge de convoler ou de concevoir des projets de descendance ! Riche de ses lectures métaphoriques et psychanalytiques évidentes, ce conte fantastique — qu’on aurait bien vu signé par Ben Weathley —, raconte dans un décor empruntant autant à Magritte qu’à Hopper comment l’enfant prend sa place dans un foyer, excluant l’un des parents (bonjour l’Œdipe !), puis finit par remplacer les deux dans la société en les “tuant“, reproduisant ainsi un cycle immuable… La fable est cruelle, l’illustration aussi brillante que plastiquement réussie dans ce qu’elle donne à voir du monde “suburbien“ idéalisée empli de petites maisons identiques — les “Sam Suffit“ ayant fait florès avec les Trente Glorieuses. Un monde de la standardisation aux couleurs pastel écœurantes à fo

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Le festival des 7 collines annulé à son tour

Annulation festival - COVID-19 | Suite à l'allocution présidentielle d'hier soir, les mauvaises nouvelles s'enchaînent... Sans réelle surprise. Le festival des 7 Collines (spécialisé notamment (...)

Nicolas Bros | Mardi 14 avril 2020

Le festival des 7 collines annulé à son tour

Suite à l'allocution présidentielle d'hier soir, les mauvaises nouvelles s'enchaînent... Sans réelle surprise. Le festival des 7 Collines (spécialisé notamment dans les arts du cirques), après avoir dans un premier temps sorti la programmation de sa 26e édition, vient d'annuler cette dernière qui était prévue du 23 juin au 7 juillet prochains. La nouvelle a été annoncée via communiqué de l'organisation : « Nous sommes très touchés par cette situation inédite, mais restons solidaires face à l'ampleur de la crise. Nous souhaitons remercier tous nos partenaires, nos équipes techniques, les artistes invités, les bénévoles et festivaliers qui rendent chaque édition du festival unique. Rendez-vous en 2021 pour la 27e édition. »

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Contact

Cirque | La compagnie catalane Eia nous emmène dans le monde du cirque toujours très présent dans l'imaginaire collectif, pour aller cueillir l'humanité et nous (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 5 février 2020

Contact

La compagnie catalane Eia nous emmène dans le monde du cirque toujours très présent dans l'imaginaire collectif, pour aller cueillir l'humanité et nous plonger dans un univers en constante transformation fait de In Tarsi, mot d'artisan utilisé en marqueterie pour désigner l'art délicat d'assembler de minuscules fragments. Fragments de vie, avec ses rencontres, ses contacts, ses incompréhensions, ses complicités et ses moments de solitude, qui renvoient à une expérience humaine connue de tous. Sur une piste circulaire et multigéométrique, 13 praticables en bois, un mât chinois, une corde à sauter, autant d'agrès pour construire, transformer, aligner, superposer, basculer. Quatre circassiens à l'énergie débordante, se livrent, à un rythme endiablé, à un exercice de haute voltige où cirque et danse se mêlent à un humour plein de tendresse. De portés acrobatiques en sauts sur trampoline et escalades de mât chinois, ils créent un cirque en perpétuel mouvement qui les rassemble, les disperse, les réunit à nouveau, composant une mosaïque d'exploits comme le ferait un kaléidoscope mettant en lumière la grandeur de la rencontre et la constante transformation des sentiments et de

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Parlez doucement, vous êtes au cirque

Cirque | La compagnie The Rat Pack bouscule dans son spectacle Speakeasy la pratique circassienne en empruntant des techniques cinématographiques, des clichés (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 8 janvier 2020

Parlez doucement, vous êtes au cirque

La compagnie The Rat Pack bouscule dans son spectacle Speakeasy la pratique circassienne en empruntant des techniques cinématographiques, des clichés propres aux films de gangsters. C'est dans l'univers sulfureux des bars clandestins du temps de la prohibition, les "speakeasy", que six artistes réussissent à conjuguer parfaitement cirque, danse et cinéma. Speakeasy, dimanche 9 février au Théâtre du Parc

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"Le Lac aux oies sauvages" : Pêche à l’homme

ECRANS | De Diao Yinan (Chi., avec avert. 1h50) avec Hu Ge, Gwei Lun Mei, Liao Fan…

Vincent Raymond | Mercredi 18 décembre 2019

Une guerre des gangs de voleurs de motos laisse Zhou Zenong blessé et en cavale dans la région du Lac aux oies sauvages, traqué par les hommes du capitaine Liu. Alors qu’il s’attend à retrouver son épouse Yang Shujun, c’est une mystérieuse prostituée, Liu Aiai qui est au rendez-vous… Aux dires des festivaliers, Diao Yinan était le plus sérieux compétiteur de Bong Joon-ho sur la Croisette cette année. Précédé de l’aura de sa précédente réalisation et Ours d’Or 2014, Black Coal, Le Lac aux oies sauvages pouvait bénéficier d’un a priori favorable. Mais, suivant l’adage vaticanesque appliqué à Cannes, un palmé putatif durant la Quinzaine se retrouve souvent fort dépourvu au palmarès ; Diao est donc reparti bredouille. La sortie de son film en salles devrait lui permettre de se rattraper. Car il s’agit d’un thriller haut en couleurs. Pas uniquement du fait de sa somptueuse photographie magnifiant les séquences nocturnes illuminées aux néons, dans de subtils jeux d’alliances chromatiques. Mais également par sa construction à la linéarité non strictement euclidienne, où le présent subit d’entrée les contrecoups d’

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Le Cirque du Soleil à Lyon en mars 2020

Cirque | Aux pieds du Parc OL de Décines, le Cirque du Soleil va planter son chapiteau du 19 mars au 13 avril 2020. Le plus célèbre nouveau cirque au (...)

Nadja Pobel | Mercredi 11 décembre 2019

Le Cirque du Soleil à Lyon en mars 2020

Aux pieds du Parc OL de Décines, le Cirque du Soleil va planter son chapiteau du 19 mars au 13 avril 2020. Le plus célèbre nouveau cirque au monde présente Kooza, un show avec des circassiens et acrobates hors pairs comme dans toutes les productions de la compagnie montréalaise. Mais certainement aussi avec déferlement de couleurs et éclats de lumière dans tous les sens. On ira vérifier s'il reste un brin d'âme. Tarifs : de 36€ à 239€

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"Une vie cachée" : Celui qui croyait au Ciel et à la terre

Biopic à la Malick | L’inéluctable destin d’un paysan autrichien objecteur de conscience pendant la Seconde Guerre Mondiale, résistant passif au nazisme. Ode à la terre, à l’amour, à l’élévation spirituelle, ce biopic conjugue l’idéalisme éthéré avec la sensualité de la nature. Un absolu de Malick, en compétition à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mercredi 4 décembre 2019

Sankt Radegund, Autriche, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Fermier de son état, Franz Jägerstätter refuse par conviction d’aller au combat pour tuer des gens et surtout de prêter serment à Hitler. Soutenu par son épouse, honni par son village, il sera arrêté et torturé… Il convient d’emblée de dissiper tout malentendu. Cette “vie cachée“ à laquelle le titre se réfère n’évoque pas une hypothétique clandestinité du protagoniste, fuyant la conscription en se dissimulant dans ses montagnes de Haute-Autriche pour demeurer en paix avec sa conscience. Elle renvoie en fait à la citation de la romancière George Eliot que Terrence Malick a placée en conclusion de son film : « Car le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et le fait que les choses n’aillent pas aussi mal pour vous et moi qu’il eût été possible est à moitié dû à ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée et reposent dans des tombes que l'on ne visite plus. ». Un esprit saint Créé bienheureux par l’Église en 2007, Jägerstätter est de ces forces tranquilles dont Malick ne pouvait que raffoler : un mixte entre la haute élévation spirituelle d’un homme

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Juste un échange

Danse | Dans un espace clos en quadri-frontal ceinturé par un gradin en tôle ondulée, à la fois arène et ring, deux hommes face à face font l'épreuve de l'altérité. Inspirée de la (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 4 décembre 2019

Juste un échange

Dans un espace clos en quadri-frontal ceinturé par un gradin en tôle ondulée, à la fois arène et ring, deux hommes face à face font l'épreuve de l'altérité. Inspirée de la somptueuse pièce Dans la solitude des champs de coton où se rencontrent deux hommes que rien ne réunit sinon un accord tacite entre un client qui cherche une chose qu'il n'a pas et un dealer qui la possède, le spectacle Deal repose sur ce prétexte à la discussion et à la confrontation. Les deux circassiens-danseurs Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde investissent les figures du client et du dealer, se livrant à des variations inouïes dans un duo tout en échanges, en jeux d'équilibre de forces, en mouvements croisés. Deal se situe à mi-chemin entre la danse et le cirque et se donne à voir dans un corps à corps chorégraphié où la beauté du geste le dispute à l'intensité des présences. Topons là ! Deal, du mardi 10 au samedi 14 décembre à La Comédie de Saint-Étienne

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Rêverie douce

Cirque | Quatre personnages, des instruments, des boules, des acrobaties, du jeu… Mais qui sont-ils, ces quatre-là ? Spectacle de cirque mêlé de musique, (...)

Cerise Rochet | Mercredi 4 décembre 2019

Rêverie douce

Quatre personnages, des instruments, des boules, des acrobaties, du jeu… Mais qui sont-ils, ces quatre-là ? Spectacle de cirque mêlé de musique, Ballade à quatre nous emmène dans un joli voyage étoilé. Attrapé par le visuel, on se laisse tranquillement bercer par l’histoire, et emporter dans la rêverie… Ballade à quatre, mardi 17 décembre au théâtre des Pénitents à Montbrison

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"Gloria Mundi" : Un monde immonde

ECRANS | Portrait d’une famille de la classe moyenne soumise au déclassement moyen dans la France contemporaine, où certains n’hésitent pas à se faire charognards pour ramasser les miettes du festin. Un drame noir et lucide. Coupe Volpi à Venise pour Ariane Ascaride.

Vincent Raymond | Mercredi 27 novembre 2019

Autour de Mathilda, qui vient d’accoucher d’une petite Gloria, le cercle de famille s’agrandit mais ne se réjouit pas trop : les jeunes parents peinent à joindre les deux bouts, le père de Mathilda (qu’elle connaît à peine) sort de prison ; quant à sa mère et son nouvel homme, ils ne roulent pas sur l’or. Seuls sa sœur et son compagnon s’en sortent grâce à une boutique de charognards… Est-ce ainsi que les Hommes vivent ? Citer Aragon, l’aède communiste par excellence, a quelque chose d’ironique accentuant la désespérance profonde dont ce film est imprégné. Gloria Mundi s’ouvre certes par une naissance, mais ne se reçoit-il pas comme un faire-part de décès dans l’ambiance mortifère d’un deuil, celui des illusions collectives et de la foi en l’avenir ? Triste est l’époque que Robert Guédiguian nous montre en miroir, où sa génération — celle des actifs usés, sur le point de partir en retraite, incarnés par l’épatant trio Meylan/Ascaride/Darroussin — ne peut plus transmettre le flambeau de la lutte ni des solidarités généreuses à sa progéniture. Cette dernière, hypnotisée par les chimères libérales, s’est muée en soldate

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Robert Guédiguian : « Les idées des dominants sont clairement devenues dominantes »

Gloria Mundi | Une famille déchirée par l’argent, fléau social gangrenant âmes, cœurs et corps… Dans Gloria Mundi, Robert Guédiguian tend un miroir sans complaisance à sa génération, épuisée d’avoir combattu et à la suivante, aveuglée par les mirages. Mais ne s’avoue pas vaincu. Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mercredi 27 novembre 2019

Robert Guédiguian : « Les idées des dominants sont clairement devenues dominantes »

Dans la mesure où vous travaillez en troupe, mais aussi où un lien très privilégié vous unit à Ariane Ascaride, comment avez vous reçu la Coupe Volpi qui lui a été remise à la Mostra de Venise ? Robert Guediguian : Je crois que tous les gens qui travaillent ensemble depuis toujours, dont moi, ont pris ce prix pour eux, disons-le. Et l’on trouve juste et justifié ce rapport qui a été fait entre Ariane (qui est d’origine italienne), ses rôles dans le cinéma que je fais et les grandes références comme Anna Magnani. Un prix à Venise oblige à penser à tout le cinéma italien des années 1970 qu’on aime beaucoup et qui nous a grandement frappés : dans notre adolescence, c’était le plus fort du monde. On a plus de références avec le cinéma italien qu’avec le cinéma français ou américain. C’est un peu une transmission, un passage de témoin magnifique. Gloria Mundi est un film sur les valeurs. Mais ce mot à des acceptions différentes selon les générations : pour les aînés, il s’agit de valeurs humaines alors que les enfants les considèrent sur le plan économique… Je crois, oui. C’est ce q

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T'as la frite ?

Bouffe QC x BXL | Ca y est, un petit bout du Québec a débarqué à Sainté ! Mais quoi donc ? Le resto franchisé le plus québécois que l'on connaisse dans notre belle province française (...)

Nicolas Bros | Vendredi 15 novembre 2019

T'as la frite ?

Ca y est, un petit bout du Québec a débarqué à Sainté ! Mais quoi donc ? Le resto franchisé le plus québécois que l'on connaisse dans notre belle province française : Frite Alors ! « La friterie belge à l’accent québécois » propose forcément des poutines (plat national de la Belle Province) mais également des burgers et d'autres plats à déguster sur le pouce. Après avoir débarqué dans l'Hexagone d'abord du côté de Lyon avec deux établissements (un dans le 1er et un dans le 3e), la marque ouvre aujourd'hui à Saint-Étienne, au coin de la rue de la résistance et de la rue d'Arcole (en lieu et place du PMU Le Vincennes), donnant sur la place Jean Jaurès. L'occasion de se délecter des frites associées au fromage en grains et nappées de sauce brune, la fameuse poutine classique ou bien de découvrir d'autres recettes*. À vous de voir !

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Ladj Ly : « Ma banlieue est joyeuse, mais ça peut partir en vrille »

Les Misérables | Il y a quelques années, Ladj Ly tournait Les Misérables, court métrage matriciel dont l’accueil a permis (dans la douleur) la réalisation de son premier long en solo. Primé à Cannes, il est à présent en lice pour représenter la France dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger.

Vincent Raymond | Mercredi 20 novembre 2019

Ladj Ly : « Ma banlieue est joyeuse, mais ça peut partir en vrille »

Comment vous êtes-vous remis dans l’énergie du court métrage ? Ladj Ly : J’avais toujours eu cette idée de faire un long métrage : plein de séquences étaient écrites. Mais comme vous savez, c’est le parcours du combattant de tourner un long. J’ai voulu faire le court pour rassurer et montrer que j’étais capable de faire de la fiction et des trucs cool. Ça aurait pu tomber à l’eau, mais j’étais convaincu par cette stratégie. Et puis, je savais ce que je voulais : mon énergie était déjà là. Ce court a bien marché dans les festivals, puisqu’on a gagné un quarantaine de prix. Et malgré ça, on a quand même eu du mal à financer le long… Malgré votre parcours et À voix haute, vous aviez encore besoin de prouver des choses ? Clairement. Ça fait 20 ans qu’on fait des films avec Kourtajmé ; notre parcours est assez riche, avec des clips, du long du documentaire… Mais malgré tout ça, c’est compliqué de faire financer un projet. J’ai galère à financer le film alors que la même année j’avais eu mon court et mon documentaire sélectionnés aux César. C’est un problème ! A quoi l’attrib

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"Little Joe" : Graine de malheur

Thriller | Et si le bonheur de l’Humanité se cultivait en laboratoire ? Jessica Hausner planche sur la question dans une fable qui, à l’instar de la langue d’Ésope, tient du pire et du meilleur. En témoigne son interloquant Prix d’interprétation féminine à Cannes pour Emily Beecham.

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Amy travaille dans un laboratoire de phytogénétique sur le projet Little Joe, une plante rendant ses possesseurs heureux. Mais à la suite d’une série de dysfonctionnements, le “prototype“ contamine son fils et certains chercheurs, qui commencent à agir étrangement… Sur le papier, Little Joe aguiche plus qu’il ne promet tant ce conte moral paraît en phase avec des préoccupation sociétales, éthiques, biologiques et écologiques. Jessica Haussner coche toutes les cases en abordant autant les dangers encourus par la manipulation du vivant que le désir illusoire de fabriquer un bonheur universel… mais totalement artificiel — sur ce chapitre, la science n’est pas la seule concernée par cette philippique filmique : les religions affirment à leurs adeptes que leurs doctrines aspirent aux mêmes résultats. Cette promesse de mieux vivre ne peut qu’aboutir à une catastrophe, au nom de l’adage « le mieux est l’ennemi du bien » : le pollen de Little Joe transforme ceux qui le respirent en monstres dépourvus d’empathie. À cette fable effrayante, la cinéaste ajoute une dimension plastique stupéfiante : palette trav

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Marc du Pontavice : « Il faut prendre des risques et suivre très loin ses convictions »

J’ai perdu mon corps | Seul contre tous (ou presque), le patron de Xilam a voulu et porté ce projet atypique, s’inscrivant dans le sillage des grands producteurs indépendants voyant au-delà du tiroir-caisse, l'œuvre en devenir dans le projet cinématographique. Un exemple et un avertissement pragmatique à l’adresse des circuits traditionnels, décidément trop formatés…

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Marc du Pontavice : « Il faut prendre des risques et suivre très loin ses convictions »

En 2015, lors de la présentation du pitch du film au Carton Movie de Lyon, vous confiiez qu’il s’agissait d’un projet difficile à monter… Marc du Pontavice : On savait qu’on allait affronter vents et tempêtes pour le faire. Et ça a été pire : en-dehors du soutien des Régions et d’un peu d’argent que le CNC nous a accordés au titre des nouvelles technologies, on n’a rien eu. On a donc dû y aller tout seuls ! C’est un film qui a été financé à 50% sur les fonds propres de Xilam. Il y a peu, Coppola disait à Lyon que plus personne n’était aventureux dans le cinéma, à part les indépendants… C’est un bon exemple ! Très modestement, je suis heureux de me mettre dans les traces de Monsieur Coppola, qui un exemple d’aventurier du cinéma. Parfois, si l’on veut repousser des frontières, renouveler l’offre du cinéma avec des programmes qui ne sont pas fabriqués pour rentrer dans le système, il faut effectivement être aventureux ; prendre des risques et suivre très très loin ses convictions. Dans notre mé

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Jérémy Clapin : « J’ai dû “détruire“ le roman pour construire le film. »

J’ai perdu mon corps | Avant de remporter le Grand Prix de la Semaine de la Critique (une première pour un film d’animation) et le Cristal à Annecy, le premier long métrage de Jérémy Clapin a connu une lente maturation en dialogue et confiance avec son producteur ainsi que l’auteur du roman (et coscénariste) Guillaume Laurant.

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Jérémy Clapin : « J’ai dû “détruire“ le roman pour construire le film. »

Comment le livre dont est inspiré J’ai perdu mon corps, Happy Hand, vous est-il tombé entre les mains ? Il semble vous avoir été destiné… Jérémy Clapin : On le doit à mon producteur, Marc du Pontavice. Il a demandé à me rencontrer en 2011 après avoir vu mes courts métrages : dans tous mes films, il y a un élément fantastique qui vient interroger la réalité. Cette intrusion du fantastique me permet d’aborder des thèmes plus délicats à aborder frontalement, d'éclairer certaines zones d’ombre. Ce n’est pas un fantastique gratuit juste parce qu’il est spectaculaire ; il parle d’autre chose que du sujet lui-même. Comme dans le réalisme magique dans la littérature sud-américaine ? Oui : la combinaison des deux crée une autre réalité qu’on accepte en tant que telle. Et ces éléments fantastiques et réels sont séparés, chacun appartenant à leur monde, ils fabriquent une autre réalité. Mais ça c’est très présent aussi dans la littérature asiatique, japonaise, notamment chez Murakami, o

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Le concours commerce design 2019 est lancé

Design | Ils étaient 60 à postuler et ils ne sont plus que 10 en lice pour obtenir le trophée CommerceDesign Saint-Étienne 2019. Après cette présélection, c'est (...)

Nicolas Bros | Mardi 29 octobre 2019

Le concours commerce design 2019 est lancé

Ils étaient 60 à postuler et ils ne sont plus que 10 en lice pour obtenir le trophée CommerceDesign Saint-Étienne 2019. Après cette présélection, c'est au tour du public de voter pour son commerce favori parmi la liste suivante : Bernadette Éditions, C’est si bon, Cedric Mellado Couture, Cornand, Illusionist concept store, Jeannette, Kitchen Street, la Fée Maraboutée, le Mélièscinéma et Rullière Bernard. Pour voter, rendez-vous sur cette page où vous trouverez également un descriptif de chaque commerce. Pour information, le vote est ouvert jusqu'au 17 novembre 2019, avec un bon d'achat design de 800 € à la clé.

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"Le Traître" : Paroles contre parole

ECRANS | De Marco Bellocchio (It.-Fr.-All.-Br., avec avert. 2h31) avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido, Fabrizio Ferracane…

Vincent Raymond | Mercredi 23 octobre 2019

Italie, années 1980. Afin d’échapper à la guerre des clans minant la Cosa Nostra, Tommaso Buscetta s’est réfugié au Brésil d’où il assiste à l’élimination des siens. Son arrestation, puis son extradition le conduisent à collaborer avec la justice, en la personne du juge Falcone… Depuis une dizaine d’années, le prolifique Marco Bellocchio jalonne sa filmographie d’œuvres aux allures de sommes ou de sage embrassant les grands “moments“ de l’Histoire transalpine : Buongiorno, notte (2003) traitait des années de plomb à travers l’épisode de l’enlèvement d’Aldo Moro, Vincere (2009) de l’avènement de Mussolini ; et celui-ci donc de la dislocation de l’organisation mafieuse Cosa Nostra devant les tribunaux à la suite du procès géant de Palerme. S’il s’agit à chaque fois de retracer des saignées dans le récit collectif italien, Bellecchio les incarne “de l’intérieur“, mais en habitant le point de vue de personnages dont le jugement va se décaler, voir s’opposer à celui du groupe auquel ils appartiennent. C’est le cas de Buscetta, *homme d’honneur* selon les critères à l’a

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"Martin Eden" : London, Italie

ECRANS | De Pietro Marcello (It.-Fr., 2h08) avec Luca Marinelli, Jessica Cressy, Carlo Cecchi…

Vincent Raymond | Mercredi 16 octobre 2019

L’Italie, dans une vague première moitié du XXe siècle. Pour avoir défendu un bourgeois dans une bagarre, le jeune marin Martin Eden est introduit dans sa famille. Fasciné par la fille de la maison, il cherche à se cultiver pour s’élever. Mais peut-on impunément quitter sa classe d’origine ? Pietro Marcello effectue ici une transposition libre et engagée du roman de Jack London, où les interférences avec l’histoire politique transalpine trouvent un écho dans la forme même du film. L’époque composite dans laquelle les faits se déroulent évoque autant le début du XXe voyant la coagulation du mouvement prolétaire autour de la doctrine marxiste, l’entre-deux-guerre (voyant l’avénement du fascisme), les années soixante dans les bas quartiers napolitains que (de manière fugace) le temps contemporain, où des réfugiés échouent sur les plages italiennes. Un flou volontaire faisant de Martin Eden un personnage somme et atemporel ; une figure symbolique, éternelle voix du peuple arrachée à sa condition par l’éducation et la culture, dont l’élite ne

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"Matthias & Maxime" : Embrasse-moi idiot

ECRANS | De et avec Xavier Dolan (Can., 1h59) avec également Gabriel D'Almeida Freitas, Anne Dorval…

Vincent Raymond | Mercredi 16 octobre 2019

À la suite d’un pari perdu, deux amis d’enfance (Matthias et Maxime) doivent s’embrasser devant une caméra. La situation les perturbe profondément et affecte leur relation, d’autant plus tendue que Maxime va partir deux ans en Australie. Ce baiser aurait-il révélé une vérité enfouie ? Débarrassons-nous tout de suite des tics dolanniens qui, à l’instar d’excipients dans une recette, font du volume autour du “principe actif“ ; en l’occurrence, le cœur palpitant et original du film. Oui, on retrouve un portrait vitriolé de la génération parentale, en particulier des mères — les pères étant globalement absents. La génitrice du personnage de Maxime joué par Dolan apparaît comme de juste dysfonctionnelle, excessive (et droguée, violente, sous tutelle pour faire bonne mesure). Autre constante, la B.O. ressemble encore au juke box personnel du cinéaste, les aplats de musiques se révélant bien commodes pour faire des ponts entre séquences. Sorti de cela, Matthias & Maxime se situe dans un registre moins exalté qu’à l’ordinaire : la trentaine approchant, la ré

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"Sorry We Missed You" : Misère UBER alles

ECRANS | Un intérimaire se lance dans l’entrepreneuriat franchisé avec l’espoir de s’en sortir… précipitant sa chute et celle de sa famille. Par cette chronique noire de l’ère des GAFA, Ken Loach dézingue toujours plus l’anthropophagie libérale. En compétition à Cannes.

Vincent Raymond | Mercredi 23 octobre 2019

Newcastle, de nos jours. Abby et Ricky s’en sortent tout juste avec la paie de l’une et les intérim de l’autre. Alors, Ricky convainc son épouse de vendre leur voiture pour acheter un utilitaire afin de devenir livreur “indépendant“. Le mirage d’une vie meilleure s’offre à eux. Le début de l’enfer. D’aucuns pourraient reprocher — c’est une figure de style : en fait, ils le font — à Ken Loach de rabâcher sous toutes les formes sa détestation du modèle capitaliste. Ou d’avoir joué depuis trente ans les prophètes de mauvais augure en dénonçant avec constance les ravages de la politique thatchéro-reagano-libérale qui, ayant désagrégé le tissu socio-économique britannique, n’en finit plus de saper ce qu’il reste de classe moyenne, après avoir laminé les classes populaires, au nom de la “libre“ entreprise, “libre“ concurrence… bref de toute cette belle liberté octroyée au haut de la pyramide pour essorer le lumpenprolétariat. Trente ans que Loach essuie les mêmes remarques condescendantes des partisans du marché (qui le voient

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Shauit, cet "innureggaeman"

MUSIQUES | Voilà un artiste pour le moins atypique. Shauit est sûrement l'un des seuls à mélanger sa langue natale l’innu-aimun avec des rythmes tantôt soul, dancehall ou (...)

Nicolas Bros | Jeudi 14 novembre 2019

Shauit, cet

Voilà un artiste pour le moins atypique. Shauit est sûrement l'un des seuls à mélanger sa langue natale l’innu-aimun avec des rythmes tantôt soul, dancehall ou encore reggae. Mais il chante également en français, en anglais ou encore en créole. Après avoir sorti un premier album en 2017, Apu Peikussiaku (Nous ne sommes pas seuls), Shauit a beaucoup voyagé et collabore aujourd'hui aussi bien avec les Chiliens de Culto Reggae que les Marocains de Wachmn’hit. L'"Innureggaeman" est un homme très occupé qui donne l'impression que rien ne l'arrête. Préparant un nouvelle album pour 2020, il fera une escale du côté du Firminy et des Oreilles en Pointe pour une soirée aux côtés de deux autres artistes, fiers représentants de la diversité des cultures autochtones : Elisapie et Florent Vollant. Shauit, jeudi 14 novembre au Firmament à Firminy dans le cadre des Oreilles en Pointe

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Florent Vollant, icône autochtone

MUSIQUES | Si ses Blues passent pu dans porte, Florent Vollant passe pourtant toujours aussi bien. Actif dans le milieu musical des Première Nations depuis les (...)

Nicolas Bros | Jeudi 14 novembre 2019

Florent Vollant, icône autochtone

Si ses Blues passent pu dans porte, Florent Vollant passe pourtant toujours aussi bien. Actif dans le milieu musical des Première Nations depuis les années 80, ce poète rockeur innu avait formé avec succès le duo Kashtin aux côtés d'une autre figure autochtone Claude McKenzie, avant de partir dans une carrière solo couronnée de succès. Récemment nommé Chevalier de l'Ordre du Québec, l'artiste a vu là une belle reconnaissance de son travail pour l'expression des cultures autochtone tout autant que québécoise. Avec Mitsha Meshkenu - « la grande route » en innu -, son cinquième album solo, Florent Vollant prend la 138, cette route mythique du territoire québécois qu'il a souvent empruntée, longue de plus de 1 400 kilomètres et chargée d'histoires. Prenez place dans le char à ses côtés, le voyage en vaut le détour. Florent Vollant, jeudi 14 novembre au Firmament à Firminy dans le cadre des Oreilles en Pointe

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"Atlantique" : Eau-delà

ECRANS | De Mati Diop (Fr.-Sén.-Bel., 1h45) avec Mama Sané, Amadou Mbow, Ibrahima Traore…

Vincent Raymond | Mercredi 2 octobre 2019

Dakar, de nos jours. Lassés de travailler sans être payés, les ouvriers d’un chantier décident de quitter le pays dans une embarcation de fortune qui chavire en mer. Mais leurs esprits reviennent posséder les vivants et réclamer justice pour les vies qui leur ont été volées… La vie actuelle est-elle à ce point si désespérante qu’il faille se résigner à recourir à des extensions post mortem pour pouvoir la vivre pleinement ? C’est un peu le sentiment que l’on éprouve face à la déferlante de films de zombies, revenants et autres fantômes dont nos écrans sont les réceptacles depuis quelques semaines. Ces non-morts à qui la paix du repos a été refusée viennent hanter les vivants comme des incarnations — souvent désincarnées — de leur mauvaise conscience, dans une mouvement de balancier moral très judéo-chrétien. Amalgamant une situation sociale et géopolitique (le drame des réfugiés économique) à une structure fantastique, Atlantique est représentatif de cette tendance. Et s’il parle d’une histoire d’amour interrompue entre Ada et Suleiman avant que d’avoir été consommée, il y est surtout question de possession

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Cheers, mate !

Foire de Saint-Etienne | Après nous avoir fait traverser le Golden Gate de San Francisco en 2018, la Foire internationale de Saint-Étienne nous invite à franchir la (...)

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

Cheers, mate !

Après nous avoir fait traverser le Golden Gate de San Francisco en 2018, la Foire internationale de Saint-Étienne nous invite à franchir la Manche en 2019. Et ce, même si le Brexit semble inéluctable... Mais il faut bien admettre que l'Angleterre et en particulier sa capitale Londres, constituent toujours de véritables creusets culturels bouillonnants. La Foire de Saint-Étienne l'a bien compris et propose cette année une exposition autour de cette ville fantastique. Intitulée Attractive London, cette présentation plonge le visiteur dans les quartiers londoniens en reprenant tous leurs éléments phares. Se dévoilent un espace consacré à la royauté et au fonctionnement de la monarchie parlementaire anglaise, la Tour de Londres qui permet de retracer l'histoire de la cité, une reconstitution du célèbre passage piéton d'Abbey Road... Bref tout y passe ! 71e Foire internationale de Saint-Étienne, du 20 au 30 septembre au Parc Expo

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Sauvé par le cirque

Cirque | Issus de l'école de cirque de Lyon, Dorian Lechaux et Ronan Duée ont décidé de lancer à l'automne 2015 leur compagnie au nom étonnant et entêtant : Puéril Péril. (...)

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

Sauvé par le cirque

Issus de l'école de cirque de Lyon, Dorian Lechaux et Ronan Duée ont décidé de lancer à l'automne 2015 leur compagnie au nom étonnant et entêtant : Puéril Péril. Le duo, mi-acrobate mi-monocycliste propose des spectacles qui restent accrochés. C'est le cas de L'Autre, une création qui débute avec un homme sur le point d’en finir... mais ce n'est, bien au contraire, que le début. Un spectacle tout en subtilité et humour noir. Un cirque bourré d'une forte théâtralité. L'Autre, vendredi 17 janvier 2020 à 20h à L'Échappée de Sorbiers et vendredi 13 mars 2020 20h au Centre culturel de la Ricamarie

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"Portrait de la jeune fille en feu" : Consumée d’amour

Prix du scénario | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Merlant/Haenel.

Vincent Raymond | Mercredi 18 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peintre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes ; des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une identité intime.

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"Bacurau" : Qui s’y frotte…

ECRANS | Après Aquarius, Kleber Mendonça Filho s’associe à Juliano Dornelles pour livrer une fable picaresque futuriste, entre "Les Chasses du Comte Zaroff" et "Les Aventures d’Astérix" version brésilienne. Corrosif, sanglant et… visionnaire ? Prix du Jury à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Nordeste brésilien, dans un futur proche. De retour à Bacurau pour enterrer sa grand-mère, Teresa remarque que le village est de plus en plus enclavé, comme coupé du monde. Les choses vont s’aggraver en présence de bien curieux étrangers. Mais Bacurau n’a pas dit son dernier mot ! Il y a trois ans, Kleber Mendonça Filho nous assénait une claque cuisante qui, à bien des égards prophétisait métaphoriquement les prémices du populisme bolsonarien : on assistait en effet dans Aquarius à la déliquescence d’une société où le bon droit valait tripette face au poids des intérêts privés (et à leur omnipotence acquise par la corruption) ; où la maison Brésil semblait dévorée de l’intérieur, ses fondations menaçant de rompre à tout moment. Comme s’il souhaitait mettre entre parenthèses le temps présent, le cinéaste — en duo ici avec Juliano Dornelles — en propose avec Bacurau une manière d’extrapolation, histoire d’en mesurer les conséquences. Et de se montrer encore plus critique avec le pouvoir en place, sans (trop) avoir l’air d’y toucher. Légitime défonce À la fois chronique et saga, Bacurau

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Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

Roubaix, une lumière | Arnaud Desplechin délaisse, en apparence, la veine introspective pour signer un film noir tiré d’un fait divers authentique survenu dans sa ville natale. Rencontre le cinéaste autour de la genèse de cette œuvre, sa méthode, ses doutes et ses joies. Mais aussi du théâtre… (attention, spoilers)

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

La tension est-elle un peu retombée depuis Cannes ? Arnaud Desplechin : C’était très intense ! Le soir de la projection a été un moment assez bouleversant pour chacun des acteurs. Il y a eu deuxième ovation pour eux et j’ai vu Roschdy qui était comme un petit garçon. Il y a un amour des acteurs spécifique à Cannes : c’est le seul endroit où vous pouvez offrir aux acteurs cet accueil-là. Avec les photographes, les sourires, les encouragements, il y a tout un rituel qui est mis en place… Alors, quand vous pouvez offrir ça aux acteurs qui vous ont tant donné pendant le tournage, c’est très, très, émouvant. À Venise, c’est différent, c’est le metteur en scène qui ramasse tout. Comment avez-vous choisi Roschdy Zem ? Je le connais depuis très longtemps, par ma maison de production. Je l’avais déjà repéré dans les films de Téchiné où il avait fait de petites apparitions et je m’étais dit : « celui-là, on va compter avec lui ». Et quand j’ai vu N’oublie pas que tu vas mourir… Même sa partition dans Le Petit Lieutenant est vachement bien. Et puis après toute sa carrière, Indigènes…

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Myriam Peres, de l'idée à l'objet

Design | Le concours "révélateur de talents", organisé par la marque Cinna, récompense chaque année les meilleurs jeunes créateurs du moment. En 2019, c'est Myriam Peres, une Parisienne tout juste diplômée de l'ESADSE (École supérieure d'art et design de Saint-Étienne), qui a remporté le premier prix de la catégorie "outdoor" avec son "Jardin d'hiver".

Antoine Desvoivre | Mardi 23 juillet 2019

Myriam Peres, de l'idée à l'objet

« Je pense qu'il ne faut pas faire du design pour soi. » Pour Myriam, la lauréate du concours Cinna 2019, le travail d'un designer est avant tout de créer un objet destiné à l'usage des autres. « Nos créations ne doivent pas être des gadgets. Elles doivent être légitimes, avoir leur place dans le monde réel » explique-t-elle. Si créer comporte son lot de responsabilités, Myriam s'est formée à les endosser aussi bien au cours de son cursus qu'au travers de sa passion pour le dessin. Aussi loin qu'elle se souvienne, elle a toujours eu la fibre créatrice. « J'ai commencé à gribouiller à deux ans, puis j'ai dessiné, dessiné, dessiné tout le temps... j'adore ça ! » Mais ce format présente rapidement pour elle certaines limitations. « Quand tu dessines, explique-t-elle, c'est forcément en 2D et moi je voulais donner du volume à tout ça. Le design d'objet répond à cette envie. » Dessiner le réel Le "déclic", elle l'a eu en visitant l'école ENSCI (École nationale supérieure de création industrielle) à Paris. Elle se rappelle de « l'odeur du bois et des ateliers de menuiserie. Il y avait tous ces gens qui

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Et la caravane passe...

Dans le Tour | Le Tour de France, c'est une histoire de cyclistes, mais pas seulement. Embarqués à bord des caravanes publicitaires, des passionnés de la Grande Boucle vivent une aventure en parallèle de celle des athlètes.

Antoine Desvoivre | Jeudi 18 juillet 2019

Et la caravane passe...

Des véhicules bleus, oranges, jaunes ou violets, forment un cortège bigarré. Ils sont affublés de statues, tantôt grandioses, tantôt grotesques, mais aux proportions toujours démesurées. Idoles du consumérisme, ils portent fièrement les bannières de grandes marques. Pour sûr, la caravane publicitaire des partenaires du Tour de France offre un spectacle unique en son genre. Alors que l'on n'a pas encore aperçu l'ombre d'un vélo au départ de la piste, sur les parkings des sponsors, c'est déjà l'effervescence. On lustre les carrosseries des voitures et des chars, puis on s'installe pour un périple long de 200 kilomètres qui durera plus de six heures. Le convoi hétéroclite ouvre la piste aux cyclistes et le spectacle pour le public. Bruno Basil est chauffeur de poids lourds et, depuis trois ans, au mois de juillet, il conduit un char dans la caravane. « Ça fait voir du pays », déclare-t-il avant d'ajouter « c'est magique de voir tous ces gens heureux au bord de la piste ». En effet, les spectateurs sont au rendez-vous pour le passage de la caravane. Les athlètes ne seront pas là avant encore deux bonnes heures, mais déjà on se press

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"Once Upon a Time… in Hollywood" : Quentin se fait son cinéma

ECRANS | Les coulisses de l’usine à rêves à la fin de l’ère des studios, entre petites histoires, faits divers authentique et projection fantasmée par Quentin Tarantino. Une fresque uchronique tenant de la friandise cinéphilique, mais qui s’égare parfois dans ses digressions.

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Hollywood, 1969. Rick Dalton, vedette sur le déclin d’une série TV, Cliff Booth, son cascadeur homme à tout faire ; leur voisine, la jeune comédienne Sharon Tate, épouse Polanski : trois destins parallèles et convergents dans une ville entre décors, faux-semblants et rêves brisés… Lors de l’une de ses venues au Festival Lumière, Quentin Tarantino avait concocté une sélection de films portant l’estampille 1970. Au-delà du nombre rond, cette année charnière marque en effet l’ancrage définitif du Nouvel Hollywood, l’irrésistible ascension de ses nouveaux moguls et l’inéluctable déclin des anciens nababs. Autant dire que le choix de 1969 pour situer cette semi-fiction est signifiant : il correspond à la fin d’un âge d’or — en tout cas idéalisé par ceux qui l’ont vécu a posteriori. Et à travers l’écran d’argent. Dans sa reconstitution appliquée, Tarantino est loin de tout repeindre en rose pailleté, même si la tentation est grande : le Hollywood de 1969 transpire de coolness ambiante, d’érotisme débridé, ruisselle de musiques indépassables — même les covers

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Ni selle, ni maître

Nuits de Fourvière | Sans cavalier, les chevaux s'emparent de la piste. Ils sont les acteurs, les comédiens et les danseurs d'Ex Anima. Les dresseurs, eux, (...)

Antoine Desvoivre | Mardi 2 juillet 2019

Ni selle, ni maître

Sans cavalier, les chevaux s'emparent de la piste. Ils sont les acteurs, les comédiens et les danseurs d'Ex Anima. Les dresseurs, eux, s'effacent et laissent les animaux seuls maîtres à bord. En rupture avec la tradition des spectacles de Bartabas, ici, pas de voltige, pas d'acrobatie mais une interprétation libre des chevaux, qui enchaînent une suite de tableaux en harmonie et sans aucune interférence humaine. Il ne s'agit pas d'une performance de dressage ; le miracle à l'œuvre est tout autre. Au lieu de s'appuyer sur un conditionnement de l'animal, le spectacle rend hommage aux comportements instinctifs des équidés. C'est un véritable théâtre équestre et ses protagonistes se laissent régulièrement aller à l'improvisation. Et quand la star décide de ne pas suivre le script, c'est la régie son et lumière qui s'adapte. Une belle mise en valeur de la part de la troupe de Bartabas pour les chevaux qui travaillent fidèlement pour eux depuis tant d'années. Ex-Anima du Théâtre Équestre Zingaro, Jusqu'au 24 juillet dans le chapiteau du Parc de Parilly à Bron (Rhône)

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Cirque à l'antique

Festvial d'Alba à la Romaine | Petit village de caractère au sud de l'Ardèche, Alba-la-Romaine, la bien-nommée, accueille en juillet son traditionnel festival autour des arts du cirque où (...)

Monique Bonnefond | Mardi 2 juillet 2019

Cirque à l'antique

Petit village de caractère au sud de l'Ardèche, Alba-la-Romaine, la bien-nommée, accueille en juillet son traditionnel festival autour des arts du cirque où des artistes de renommée internationale viennent investir ce site antique exceptionnel. Cirque, théâtre, danse, musique, humour constituent un moment phare du territoire ardéchois. Festival d'Alba, du 9 au 14 juillet à Alba-la-Romaine (Ardèche)

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La Machine de Cirque dans l'Oeil du Petit Bulletin #26

Cirque québécois | Olivier Lépine & Vincent Dubé nous parlent de "La Galerie" la dernière création de la compagnie Machine de Cirque qui est jouée encore ce soir à La (...)

Nicolas Bros | Mercredi 26 juin 2019

La Machine de Cirque dans l'Oeil du Petit Bulletin #26

Olivier Lépine & Vincent Dubé nous parlent de "La Galerie" la dernière création de la compagnie Machine de Cirque qui est jouée encore ce soir à La Comédie de Saint-Etienne pour le Festival des 7 Collines. En bonus, ils nous chantent aussi un peu de Gilles Vigneault à l'occasion de la La Fête nationale du Québec !

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Lever de rideau

SCENES | Une saison riche en réflexions et en émotions se prépare au centre culturel de la Ricamarie. Au travers de ses 20 spectacles, la programmation propose une thématique dominante sur la relation au pouvoir ainsi que des pièces centrées sur des histoires et des destins hors du commun.

Antoine Desvoivre | Mardi 18 juin 2019

Lever de rideau

Cette saison, au centre culturel de la Ricamarie, les acrobates tutoient les empereurs romains, les résistants chantent, les sourds trouvent leur voix et les scientifiques donnent la réplique aux dévots. Certains brisent les codes et d'autres partent jouer en forêt. On peut être poète, enfant ou Don Juan... La cage s'est ouverte et les rêvent s'échappent. Trois récits de vie, trois époques et trois pays, voici trois histoires vraies qui se sont glissées dans cette programmation. Comment subit-on la violence ? Comment réagit-on à la tyrannie ? Ce sont les questions que pose Une Opérette à Ravensbrück. Adaptée du livre de la résistante Germaine Tillon, l'oeuvre dépeint en théâtre et en chansons, la vie dans les camps de concentration. La pièce, mise en scène par Claudine Van Beneden, raconte comment, afin de préserver leur dignité et leur sanité, Germaine et certaines de ses codétenues, montent une opérette au sein du camp. Un bel exemple de résistance par l'art, qui leur a permis de créer des moments de vie, de joie et d’espoir au cœur de l'horreur. C'est un autre type de réflexion que propose Le Projet Rimb

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"Parasite" : Coucous, c’est nous !

Palme d'Or | Une famille fauchée intrigue pour être engagée dans une maison fortunée. Mais un imprévu met un à terme à ses combines… Entre "Underground" et "La Cérémonie", Bong Joon-Ho revisite la lutte des classes dans un thriller captivant empli de secrets. Palme d’Or 2019.

Vincent Raymond | Mardi 4 juin 2019

Recommandé par un ami étudiant, Kevin devient le professeur d’anglais de la fille de riches Coréens, les Park. Ce faisant, il tire un peu sa famille de sa misère. Puis, grâce à d’habiles ruses, sa sœur, son père et sa mère finissent par se placer chez les Park. Jusqu’où cela ira-t-il ? Un film asiatique montrant une famille soudée vivant dans la précarité, devant astucieusement flirter avec la légalité pour s’en sortir… Les ressemblances avec Une affaire de famille s’arrêtent là : quand Kore-eda privilégiait la dramédie, Joon-Ho use du thriller psychologique teinté d’humour noir pour raconter une fable sociale corrosive bien qu’elle elle ne soit pas exempte de traits caricaturaux — après tout, la persistance d’une dichotomie franche entre une caste de super-riches et une d’infra-pauvres ne constitue-t-elle pas une aberration grotesque pour une société censément civilisée ? Certes, la famille Ki-taek se rend bien coupable de faux en écriture ainsi que de quelques machinations visant à congédier les employés occupant

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Québec, quel cirque !

Cirque / Festival des 7 Collines | Cette année, le festival des 7 Collines offre une jolie part de sa programmation à des créations québécoises en danse (avec Daina Ashbee) mais aussi et surtout en cirque (7 Doigts de la Main, Barcode Circus Company et Machine de Cirque). C'est carrément un focus Québec qui nous est proposé. Mais pourquoi la Belle Province est-elle une terre aussi fertile en matière circassienne ? Éléments de réponse.

La rédaction | Mardi 4 juin 2019

Québec, quel cirque !

Depuis plusieurs années, on assiste à une sorte d'hégémonie québécoise sur la création circassienne. Cela se traduit par des productions de grande qualité et des compagnies aux noms qui retentissent fort dans le secteur. On pense forcément au Cirque du Soleil, aux 7 Doigts de la Main ou encore au Cirque Éloize. Mais pourquoi donc, la Province de 8, 5 millions d'habitants est-elle devenue en quelques décennies la référence en cirque ? À tel point qu'aujourd'hui le festival des 7 Collines accueille un focus Québec dans sa programmation. Nous avons voulu en savoir davantage en nous tournant tout d'abord vers Marie Pâris, une journaliste installée à Montréal et spécialisée dans la scène et le spectacle vivant. Elle revient pour nous sur les racines de ce succès mondial du cirque à la sauce québécoise. Nous avons également voulu savoir pourquoi et comment le festival des 7 Collines en est arrivé à programmer un focus spécial en 2019. Une chose est sûre, au Québec, c'est le grand cirque ! Nicolas Bros Le Québec en piste On aime les

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Justine Triet : « La particularité de Sibyl, c’est son côté kaléidoscopique »

Sibyl | Le troisième long métrage de Justine Triet sera le dernier à être présenté aux jurés du 72e festival de Cannes. Avant les marches et donc le palmarès, la scénariste-réalisatrice évoque la construction de ce film complexe et multiple…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Justine Triet : « La particularité de Sibyl, c’est son côté kaléidoscopique »

Est-ce difficile de parler d’un film où la confession occupe une place aussi importante ? Le plus difficile quand on fait un film, c’est quand il n’est pas assez vu ou qu’il reste très peu en salle… C’est une expérience que j’ai un peu connue avec mon premier, La Bataille de Solférino. Le reste franchement, c’est chouette… (rires) Sibyl parle de la création et aussi de la transgression (des confessions, des serments médicaux)… Est-ce qu’il faut une part de transgression dans tout acte de création ? Je pense que oui. C’est difficile de ne pas être tenté de transgresser pour écrire, pour faire un film, pour tourner : on est tous des vampires, d’une certaine façon. Après, Sibyl va beaucoup plus loin que la majorité des gens et ça m’intéressait de pousser mon personnage dans les limites extrême. Quand elle est sur l’île, elle ne distingue même plus ce qui est de l’ordre de la réalité et de la fiction : elle est dans un vertige absolu de son existence, elle a dépassé les limites

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"Le Jeune Ahmed" : Le ver dans le fruit

FRÈRES DARDENNE | ​Après un passage à l’acte, un ado radicalisé est placé dans un centre de réinsertion semi-ouvert où, feignant le repentir, il prépare sa récidive. Un nouveau et redoutable portrait de notre temps, renforcé par l’ascèse esthétique des frères Dardenne. En compétition Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Ahmed, 13 ans, vient de basculer dans l’adolescence et fréquente avec assiduité la mosquée du quartier dirigée par un imam fondamentaliste. Fasciné par le destin de son cousin djihadiste et désireux de plaire à son mentor, Ahmed commet une tentative d’assassinat sur une professeure… Toujours identique à lui-même et cependant constamment différent, le cinéma des frères Dardenne n’en finit pas de cartographier le paysage social contemporain, à l’affût de ses moindres inflexions pour en restituer dans chaque film la vision la plus rigoureuse. À eux (donc à nous) les visages de la précarité, la situation des migrants ou des réfugiés ; à eux également comme ici — avant peut-être un jour leur regard sur l’exploitation “uberissime“ de la misère — la radicalisation dans les quartiers populaires d’ados paumés entre deux cultures, la cervelle lessivée par de faux prophètes les brossant dans le sens du poil pour mieux les manipuler. À l’horreur économique s’est en effet ajoutée une très concrète abomination terroriste tout aussi internationalisée, usant de techniques de recrutement n’ayant rien à envier au cynisme des

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"The Dead Don't Die" : Comme un petit goût de reviens-y-pas

Cannes 2019 | Quelle mouche a piqué Jim Jarmusch (ou quel zombie l’a mordu) pour qu’il signe ce film ni série B, ni parodique, ni sérieux ; ni rien, en fait. Prétexte pour retrouver ses copains dans une tentative de cinéma de genre, ce nanar de compétition figure dans celle de Cannes 2019 dont il effectue en sus l’ouverture.

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Centerville, États-Unis. Depuis la fracturation des Pôles, la terre est sortie de son axe et de drôles de phénomènes se produisent : la disparition des animaux ou l‘éveil des macchabées qui attaquent la ville. Au bureau du shérif Robertson, on commence à lutter contre les zombies… Certes oui, l’affiche de The Dead Don’t Die vantant son « casting à réveiller les morts » a de la gueule. Mais empiler des tombereaux de noms prestigieux n’a jamais constitué un gage de qualité, ni garanti de provoquer le tsunami de spectateurs escompté par les producteurs. Voyez les cimetières, où l’on trouve pourtant la plus forte concentration de génies au mètre carré (et une proportion non négligeables de sinistres abrutis) : outre les taphophiles, ils ne rameutent guère les foules. Blague à part, cette affiche reproduisant luxueusement celle plus brute de décoffrage de La Nuit des Morts-Vivants (1968) annonce d’emblée la couleur : Jarmusch vient rejouer la partition du classique horrifique de George A. Romero. C’est loin d’être la premiè

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"Douleur et Gloire" : Autoportrait de l’homme en vieil artiste

Almodóvar | Un cinéaste d’âge mûr revisite son passé pour mieux se réconcilier avec les fantômes de sa mémoire et retrouver l’inspiration. Entre Les Fraises sauvages, Stardust Memories, Journal Intime et Providence, Almodóvar compose une élégie en forme de bilan personnel non définitif illustrant l’inéluctable dynamique du processus créatif. En compétition Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Le temps des hommages est venu pour Salvador Mallo, cinéaste vieillissant que son corps fait souffrir. Son âme ne l’épargnant pas non plus, il renoue avec son passé, se rabiboche avec d’anciens partenaires de scène ou de lit, explore sa mémoire, à la racine de ses inspirations… Identifiable à son auteur dès la première image, reconnaissable à la vivacité de ses tons chromatiques, mélodiques ou narratifs, le cinéma d’Almodóvar semble consubstantiel de sa personne : une extension bariolée de lui-même projetée sur écran, nourrie de ses doubles, parasitant sa cité madrilène autant que ses souvenirs intimes… sans pour autant revendiquer l’autobiographie pure. À la différence de Woody Allen (avec lequel il partage l’ancrage urbain et le goût de l’auto-réflexivité) le démiurge hispanique est physiquement absent de ses propres films depuis plus de trente ans. Almodóvar parvient cependant à les “habiter” au-delà de la pellicule, grignotant l’espace épi-filmique en imposant son visage-marque sur la majorité de l’environnement iconographique — il figure ainsi sur nombre de photos de tournages, rivalisant en notoriété avec les

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Biennale design : premiers résultats

Design | Thierry Mandon, directeur de la Cité du design, s'est prêté, au lendemain de la clôture de la Biennale, à un « débriefing à chaud » de l'événement.

Nicolas Bros | Jeudi 2 mai 2019

Biennale design : premiers résultats

Après avoir qualifié cette édition 2019 de « Biennale engagée mais aussi et surtout engageante », Thierry Mandon, directeur de la Cité du design, estime que l'objectif d'attirer le grand public a été atteint. Même si les chiffres officiels ne sont pas encore sortis, la fréquentation de cette 11e biennale serait à peu près équivalente à celle de 2017 qui se situait à 235 000 entrées. « Malgré le fort impact des manifestations des gilets jaunes, la Biennale a trouvé ses publics » se réjouit Thierry Mandon. Autres points positifs selon lui, le « caractère pédagogique » des expositions situées dans le bâtiment de la Platine (qui devraient rester accessibles encore au moins six mois de plus) et l'exposition Systems, not Stuff de Lisa White qui a permis à Saint-Étienne de « continuer à jouer avec un coup d'avance » en apportant une réponse à plusieurs questions de société. D'autre part, la venue de 250 délégués internationaux originaires de 26 pays, l'annonce par des représentants du ministère de la Culture et du ministère de l'Économie et des Finances de la tenue à la Cité du design des premières assises nationales du design d'ici à décemb

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Lancement de la Biennale version 2019

Design | Ca y est, nous y sommes ! La Biennale internationale design de Saint-Étienne va ouvrir ses portes ce jeudi 21 mars à 10h. Comme à chaque ouverture de cet (...)

Nicolas Bros | Mardi 19 mars 2019

Lancement de la Biennale version 2019

Ca y est, nous y sommes ! La Biennale internationale design de Saint-Étienne va ouvrir ses portes ce jeudi 21 mars à 10h. Comme à chaque ouverture de cet événement majeur culturel de notre cité, une parade est organisée la veille. Nous vous détaillons ici le parcours de cette "Grande Parade" sur le thème de la Biennale 2019 : Me / You / Nous. 14h place de l'Hôtel de ville : Départ de la grande parade Me / You / Nous en direction de la Cité du design : Un joyeux défilé réunit Stéphanois, familles, associations, etc. Guidé par huit troupes de spectacle vivant, coloré par une kyrielle de parapluies. 15h30 esplanade de la Cité du design - Manufacture : Fête foraine du design avec des stands, un manège, de la barbe à papa et un feu d'artifice... 18h15 esplanade de la Cité du design - Manufacture : Débat inaugural autour de la grande tablée, au milieu du public. 19h30 espaces d'exposition de la Cité du design - Manufacture : Début des visites inaugurales des expositions. 19h30 esplanade de la Cité du desig

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Des expos à la Cité du design

ARTS | Systems, not Stuff Dans un avenir de plus en plus dématérialisé, les systèmes deviendront plus importants que les choses (stuff). Lisa White (...)

Article Partenaire | Mardi 19 mars 2019

Des expos à la Cité du design

Systems, not Stuff Dans un avenir de plus en plus dématérialisé, les systèmes deviendront plus importants que les choses (stuff). Lisa White invite à explorer les terrains communs entre industrie, technologie, nature et design à travers le prisme de l’humain et de son action sur son environnement. Elle propose une réflexion sur les systèmes de production, sur les nouvelles collaborations et les solutions aux grandes questions de société à travers le design, où l’objet n’existe jamais seul, car lié aux systèmes d’esthétique, de fonction, de fabrication ou encore de distribution. Commissariat : Lisa White - Scénographie : François Dumas Resurrecting the Sublime / Humer le passé, ressentir nos actions Pourrions-nous encore sentir le parfum des fleurs exterminées par l’homme ? L’exposition immersive Resurrecting the Sublime (Ressusciter le sublime), proposée par l’artiste Alexandra Daisy Ginsberg, nous invite à sentir les effluves de deux fleurs éteintes, perdues à cause de l’activité coloniale. L’Hibiscadelphus wilderianus se trouvait dans les anciens champs de lave du versant sud du mont Haleakala,

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Les premiers noms du Rhino Jazz 2019

Festival | L'équipe du Rhino Jazz(s) festival vient de dévoiler les quatre premiers noms de sa programmation 2019. Le gros morceau se déroulera en ouverture du (...)

Nicolas Bros | Jeudi 14 mars 2019

Les premiers noms du Rhino Jazz 2019

L'équipe du Rhino Jazz(s) festival vient de dévoiler les quatre premiers noms de sa programmation 2019. Le gros morceau se déroulera en ouverture du festival, pour la première fois au Zénith, avec la venue de Al Mc Kay's et Earth Wind & Fire le vendredi 27 septembre. Le jeudi 3 octobre ce sera au tour de la chanteuse Noa (si si, vous vous souvenez de son titre I don't know sorti en 1994), qui proposera son projet Letters to Bach à l'Opéra. Thomas de Pourquery sera quant à lui sur la scène du Fil le samedi 5 octobre et le crooner franco-britannique Hugh Coltman revient au festival le vendredi 18 octobre à Saint-Chamond. Rhino Jazz(s) du 27 septembre au 20 octobre 2019

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La recette est simple

Rap québ' | Depuis quelques années, une énergie musicale pousse de plus en plus fort de l'autre côté de l'Atlantique, au Québec. Le rap local s'exporte de mieux en mieux à (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 mars 2019

La recette est simple

Depuis quelques années, une énergie musicale pousse de plus en plus fort de l'autre côté de l'Atlantique, au Québec. Le rap local s'exporte de mieux en mieux à l'instar de la scène belge. Outre les incontournables et historiques tels que Koriass, de nouvelles têtes ont percé le mur du son. Loud qui a rempli les salles en France l'année dernière ou encore les Alaclair Ensemble et autres Dead Obies sont devenus des valeurs sûres. Mais d'autres formations ne doivent pas être oubliées. Par exemple Random Recipe. Depuis plus de 10 ans, ce groupe remue les scènes où il se produit. En 2018, le quatuor devenu trio a sorti un troisième album flamboyant aux paroles engagées : Distractions. Ce disque rempli de bonnes ondes sonores (jetez une oreille au premier titre Fight this feeling ou à Strawberry Daiquiri) mêle inspirations tropicales, flow ciselé et ambiances groovy. Pour composer les huit titres de ce recueil musical, Fabrizia Di Fruscia, Frannie Holder and Liu-Kong Ha ont fait appel à différents collaborateurs de renom : Foxtrott, la bassiste Rhonda Smith (ayant travaillé avec Prince) ou encore Marie-Pierre Arthur. Un disque qui porte divinement bien son n

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