Ne me quitte pas

Cerise Rochet | Mardi 1 octobre 2019

Photo : © Bernard RIchebé


Avec Julien, Suzanne partage tout, depuis 30 ans. Elle lui parle, il lui répond. Il râle, mais elle aime ça, il rit et elle aime ça aussi. Il est l'amour de sa vie... Mais le problème, c'est qu'il est mort. Dans Encore un Instant, Michèle Laroque campe une comédienne adulée du public, déboussolée par la perte de son mari, - François Berléand - quelques temps plus tôt. Lorsque Max, un metteur en scène, vient lui proposer une pièce spécialement écrite pour elle, elle hésite fortement à accepter le rôle. Ce qu'elle voudrait vraiment, elle, c'est rester encore un instant avec Julien. Et, comme s'il était encore en vie, c'est à lui, qu'elle confie ses doutes. Et lui, que personne ne voit ni entend hormis elle, lui souffle à l'oreille de toute sa pertinence. Touchante et tendre, cette pièce de Fabrice Roger-Lacan mise en scène par Bernard Murat n'en est pas moins drôle, bien menée et rythmée. Un divertissement sentimental qui fonctionne, dans la tradition du théâtre populaire.

Encore un instant, le 8 octobre à l'Opéra de Saint-Étienne


Encore un instant

Avec François Berléand, Michel Laroque...
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La Ch’tite famille : Dany Boon ne perd pas le Nord

ECRANS | de et avec Dany Boon (Fr., 1h47) avec également Laurence Arné, François Berléand, Line Renaud…

Vincent Raymond | Mercredi 28 février 2018

La Ch’tite famille : Dany Boon ne perd pas le Nord

Designer star, Valentin s’est créé un passé d’orphelin par honte de sa famille nordiste prolétaire. L’irruption inopinée de celle-ci chamboule son quotidien ultra-maniaque et est la cause indirecte d’un accident le rendant amnésique mais aussi Ch’ti à nouveau. Un malheur ? Une chance. On se souvient que le précédent Dany Boon, RAID Dingue, était littéralement inégal : après un début burlesque très convenable, le film s’enlisait dans la gaudriole franchouillarde improbable à base de travestis avec accent d’Europe centrale — Clavier aurait été lapidé s’il s’était commis là-dedans. Par un effet de symétrie assez singulier, La Ch’tite famille souffre d’un commencement désastreux (sur-caricatures de bouseux du Nord et de Parisiens prétentieux, défilé de copains people, décors hurlant le studio), que rattrape une suite à dominante tendre, illuminée par Laurence Arné — dont le personnage insupportable de prime abord évolue (et c’est heureux) très favorablement. Ce retour aux basiques a tout de la piqûre de rappel inconsciente

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"C’est tout pour moi" : Joyeuse Nawell !

ECRANS | de Nawell Madani & Ludovic Colbeau-Justin (Fr., 1h43) avec Nawell Madani, François Berléand, Mimoun Benabderrahmane…

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Encore un self-biopic ?! Et d’une stand-upeuse en plus, qui malgré son jeune âge prétend nous narrer son incroyable parcours contrarié vers le succès ? En effet. Mais défiez-vous des a priori : en dépit d’un argument cousu de fil blanc et d’un charmant égocentrisme bien canalisé, Nawell signe une très agréable comédie “auto-centrée“, avec la dose de distance, de dérision et de griffures pour éviter le prospectus ou le mélo, qui de surcroît tient sur la longueur. Combien “d’épopée” d’artistes s’essoufflent après vingt minutes ayant duré sept heures ? Nawell Madani s’est certes nourrie d’épisodes réels pour construire son film. Mais la part de vécu authentique comme le contexte de la découverte de sa vis comica importent peu : l’essentiel étant que le personnage qu’elle interprète à l’écran ait une cohérence dramatique solide. Singulièrement, ce n’est pas la battante, la performeuse efficace ni la belle plante qui ressort de ce portrait, mais la candide ; la jeune femme sincère dont une meute de vautours aux aguets (escrocs et/ou confrères de la scène) profitent sans complexe.

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