Chienne d'époque

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Photo : ©Christophe Raynaud de Lage


Elle s'appelle Lola, elle a 8 ans et demi. Il s'appelle Thélonius, il est un chien sans collier, sans domicile, il chante et parle plusieurs langues. Bientôt, Thélonius va courir un grand danger : une nouvelle loi vient d'être votée, et tous les chiens sans collier vont être expulsés… Peut-être la jeune Lola, gourmande de discussions et éprise de liberté, pourra-t-elle l'aider ? Avec sa mise en scène du texte de Serge Kribus, Zabou Breitman signe une pièce drôle, touchante, et pleine d'espoir quant à ce qui peut se passer lorsqu'on cherche à être ensemble plutôt que divisés.

Thélonius et Lola, du 24 au 26 novembre à la Comédie de Saint-Etienne


THéLONIUS ET LOLA

Serge Kribus / Zabou Breitman
La Comédie de Saint-Etienne Place Jean Dasté Saint-Étienne
Du 24 au 26 novembre 2021, mer. 24 • 15 h et 19 h / jeu. 25 • 14 h et 19 h / ven. 26 • 10 h et 14 h


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Le retour de la bamboche

ACTUS | En 2021, la rentrée culturelle sera festive, ou ne sera pas… Pour mêler théâtre, musique et pampille, rendez-vous ce vendredi soir, à la Comédie de Saint-Etienne.

La rédaction | Jeudi 16 septembre 2021

Le retour de la bamboche

Cela fait partie des traditions qui avaient dû être abandonnées l’an passé, et que tout le monde est bien content de retrouver. Ce vendredi soir, sur le parvis de la Comédie, cap sur une soirée de fête et de retrouvailles, ouverte à tous ceux qui n'ont d'autres prétentions que celle de passer un bon moment. Dès 18 heures en accès libre, il sera possible d’assister à la projection d’un court-métrage, et également à une exposition de costumes. 30 minutes plus tard, cap sur une succession de spectacles, de la lecture musicale proposée par la promotion 31 de l’Ecole, au concert des Semelles Funky, en passant par deux spectacles tout publics mêlant humour et poésie, ainsi que par le désormais célèbre swing made in New Orléans des Po’Boys. Et, pour que la bamboche soit totale… Deux Food trucks, ainsi que le restaurant la Compagnie serviront les ravitaillements. Option bonus : il est aussi possible de venir avec son pique-nique. On dirait bien que le rideau se lève de nouveau… Vendredi 17 septembre dès 18 heures à la Comédie de Saint-Etienne. Entrée libre.

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Benoît Lambert, Artisan de la scène

SCENES | Fraîchement nommé à la tête de la Comédie de Saint-Etienne, Benoît Lambert y portera un projet collectif, mené en synergie avec plusieurs artistes. Portrait d’un penseur, devenu un homme de théâtre d’expérience.

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Benoît Lambert, 
Artisan de la scène

Un jeudi matin de la fin du mois d’août, dans les méandres des bureaux de la Comédie de Saint-Etienne. A peine rentré de vacances et déjà au charbon, Benoît Lambert nous accueille, avenant, au sortir d’une réunion avec ses équipes. Tandis qu’en préambule de l’entretien qu’il nous accorde, se pose la question de la photo qui illustrera son portrait, l’homme tranche, un sourire un brin résigné aux lèvres : « De toute manière, les appareils photos ne m’aiment pas ». Auto-flagellation ? Non, du tout. Juste que son « narcissisme n’est pas là ». Nouveau directeur de la Comédie de Saint-Etienne, Benoît Lambert est de ceux qui préfèrent regarder qu’être vus… Spectateur, pas comédien. Rien d’étonnant, donc, à ce que son goût pour le théâtre se soit d’abord concrétisé par la mise en scène. Lui qui, gamin puis ado, éprouvait une certaine fascination pour les acteurs, est devenu « un spectateur qui fabrique lui-même les spectacles qu’il a envie de voir ». Jamais rassasié par Molière, l’ancien directeur du Théâtre Dijon Bourgogne présentera ainsi en janvier prochain son Avare, après avoir déjà monté Les Fourberies de Scapin en 1995, Le Misanthrope en 2006

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Enquête amoureuse

Adaptation | Une histoire d’amour homosexuelle, intense, sensuelle mais violente, dans la province des années 80. Une histoire racontée avec pudeur, nostalgie et (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Enquête amoureuse

Une histoire d’amour homosexuelle, intense, sensuelle mais violente, dans la province des années 80. Une histoire racontée avec pudeur, nostalgie et mélancolie. Une histoire gardée secrète durant près de 30 ans, avant de devenir le roman le plus autobiographique de l’écrivain à succès Philippe Besson. Une histoire aujourd’hui adaptée à la scène par Angélique Clairand et Eric Massé, avec audace, justesse et brio. Un spectacle tout en émotions contenues, prêtes à nous exploser à la figure, à tout moment. Arrête avec tes mensonges, le 22 octobre à la Comédie de Saint-Etienne

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Benoît Lambert : « Saint-Étienne, une ville qui possède une histoire forte avec le théâtre »

Rencontre | Benoît Lambert vient d'être nommé directeur de La Comédie de Saint-Étienne et de son école attenante. Nous nous sommes entretenus avec lui pour en savoir davantage sur la vision qu'il porte sur Saint-Étienne mais également sur ses projets à venir pour le Centre dramatique stéphanois. Échanges.

Nicolas Bros | Mardi 2 février 2021

Benoît Lambert : « Saint-Étienne, une ville qui possède une histoire forte avec le théâtre »

Pourquoi avoir fait le choix de candidater pour la direction de La Comédie de Saint-Étienne ? J’ai candidaté à Saint-Étienne, c’est important de le dire. Ce n’est pas un hasard. Je dirige actuellement le théâtre de Dijon pour lequel j’avais candidaté il y a 8 ans pour des raisons très précises. C’est la même situation avec Saint-Étienne. D’abord, La Comédie de Saint-Étienne est une maison que je connais pour l’avoir fréquentée. Arnaud Meunier m’avait demandé d’être le parrain de la promo 25, la première qu’il avait recrutée à son arrivée. Cela m’a permis de travailler à La Comédie, avec les élèves… Mes spectacles y ont également été accueillis. J’ai passé du temps dans la ville, une ville que j’apprécie beaucoup. Donc la question de cette candidature n’était pas simplement de venir travailler mais de venir vivre à Saint-Étienne, ce qui correspond à un enjeu important pour moi. Ce théâtre a également un tel essor sous l’impulsion d’Arnaud Meunier, qu’il est devenu un des plus beaux théâtres de France. Ce n’est pas de la flagornerie. Ce nouveau bâtiment, le développement de l’école, … c’est un rêve. Et je dois dire aussi que je suis un héritier idéologiq

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Benoît Lambert est le nouveau directeur de la Comédie

Mercato | Suite au départ d'Arnaud Meunier de la direction de La Comédie de Saint-Étienne en ce début d'année, c'est Benoît Lambert qui vient d'être désigné pour sa (...)

Nicolas Bros | Vendredi 29 janvier 2021

Benoît Lambert est le nouveau directeur de la Comédie

Suite au départ d'Arnaud Meunier de la direction de La Comédie de Saint-Étienne en ce début d'année, c'est Benoît Lambert qui vient d'être désigné pour sa succession. Ce metteur en scène est directeur du Théâtre Dijon Bourgogne depuis janvier 2013. Il a été élève à l'École Normale Supérieure avant de suivre des cours de théâtre avec Pierre Debauche au début des années 90. Du côté de la scène, il a notamment créé trois pièces de François Bégaudeau : La Grande Histoire en 2014, La Devise  en 2015 et La Bonne Nouvelle en 2016. Il a toujours la volonté de mettre la jeunesse en avant comme le prouve sa mise en scène de Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux en 2017, où il dirige quatre jeunes acteurs en contrat de professionnalisation. Enfin, Saint-Étienne n'est pas

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Boule à paillettes

Théâtre | En la voyant posée sur le bureau de tonton Gilbert, on a toujours trouvé ça très moche. Tantôt utilisée comme presse-papier, tantôt comme objet de décoration ou comme (...)

Cerise Rochet | Mardi 6 octobre 2020

Boule à paillettes

En la voyant posée sur le bureau de tonton Gilbert, on a toujours trouvé ça très moche. Tantôt utilisée comme presse-papier, tantôt comme objet de décoration ou comme gadget pour amuser les enfants, la boule à neige est bien souvent considérée comme le comble du mauvais goût… Mais si l’on s’accorde généralement sur son côté kitsch, que se cache-t-il, derrière ceux et celles qui les collectionnent ? Boule d’histoires Exposées aux yeux de tous sur une étagère au milieu du salon, ou secrètement gardées dans une malle du grenier, les boules à neige renferment un tas d’aventures, des voyages, des récits. La légende d’un artisan-verrier qui aurait conçu la toute première pour conquérir sa douce. L’histoire de l’exposition universelle de 1878, où les maîtres-verriers étaient mis à l’honneur. Celle de la deuxième exposition universelle de Paris, en 1889, où ceux qui étaient venus admirer la grande tour Eiffel repartirent avec une miniature enflaconnée. Celle du Front populaire, qui vit naître de l’instauration des congés payés une déferlante de boules, que chacun ramenait alors en souvenir comme pour dire « regarde où j’étais cet été ! » Et puis… Celle de

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La Comédie cherche sa direction

SCENES | Nouvelle directrice ou nouveau directeur ? En tout cas, ce sera une ou un artiste pour diriger La Comédie de Saint-Étienne après le départ d'Arnaud Meunier (...)

Nicolas Bros | Mardi 1 septembre 2020

La Comédie cherche sa direction

Nouvelle directrice ou nouveau directeur ? En tout cas, ce sera une ou un artiste pour diriger La Comédie de Saint-Étienne après le départ d'Arnaud Meunier en fin d'année à Grenoble. Une annonce a été postée par la structure d'art dramatique stéphanoise. Avis aux intéressés ! Nous en profitons pour vous rappeler que la saison 20/21 débutera dès le 17 septembre prochain avec le spectacle Angels in America. Toutes les dates sont à retrouver sur cette page.

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Et après ?

Témoignages | Nous avons demandé à quelques responsables de lieux culturels où ils en étaient et comment ils envisageaient la suite des événements... Propos recueillis par Cerise Rochet et Nicolas Bros

La rédaction | Mardi 9 juin 2020

Et après ?

Flou complet au Zénith « Très honnêtement, nous n'avons pas une grosse visibilité sur l'automne » Sylvie Liogier, directrice du Zénith Saint-Étienne ne cache pas ses inquiétudes... « Nous sommes fermés jusqu'à fin août, avec des reports de spectacles sur la fin de l'année et sur 2021. Si on peut jouer dans des conditions "normales", c'est-à-dire avec du gel hydroalcoolique, un choix laissé aux spectateurs de porter ou non le masque et sans distanciation, ça reprendra normalement. Si la règle des 4 m² est encore là, ce n'est pas jouable ! Si nous ne pouvons faire rentrer que 1 500 personnes au Zénith, ce n'est pas rentable et pas confortable pour le public qui, lui, vient pour se détendre. » Pour la plus grande salle du département, l'impact économique est très important. « C'est catastrophique. Si on ne pouvait pas jouer jusqu'à janvier 2021, ce serait un impact de plus d'un million d'euros... confie la dirigeante. Je ne connais pas de société qui peuvent tenir avec deux mois de recettes et 10 mois sans recette. On sait qu'il y a des périodes plus calmes que d'autres mais là, ce n'est pas tenable ni pour nous, ni pour l

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L'École-Musée Chappe, l'enfance de l'art

Art urbain / Lieu | Une fois n'est pas coutume c'est d'un lieu, non pas d'une personne, dont nous dressons ce mois-ci le portrait. Septembre oblige, c'est la rentrée, à la fois celle des classes et celle de la culture. Nous sommes donc allés visiter une école stéphanoise plutôt atypique, l'École-Musée Chappe. Nous y avons rencontré le jeune directeur de "la maternelle", Jérémy Rousset, pilote d'un projet aussi original qu'audacieux.

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

L'École-Musée Chappe, l'enfance de l'art

Nous sommes bien ici dans une école publique. Les frères Chappe qui donnent leur nom à l'école n'étaient pas des religieux, mais une fratrie de cinq frangins à l'origine du télégraphe. Dont acte. C'est dans la salle des profs commune, entre le photocopieur et la cafetière, que Jérémy Rousset nous reçoit, tout sourire, à quelques jours de la rentrée. Enseignant depuis 2007, Jérémy a presque toujours travaillé en réseau d'éducation prioritaire (REP), avec une petite parenthèse australienne. Il est arrivé dans cette école en 2013 où il assure la direction de l'école maternelle tout en ayant lui-même la charge d'une classe à mi-temps. « L'école maternelle compte sept classes et l'école élémentaire 17 classes, pour un total d'environ 500 élèves. Nous avons une vraie mixité sociale, à l'image du centre-ville de Saint-Étienne et plus précisément du Crêt de Roch, avec à la fois des familles parfois en grande précarité et d'autres plus middle class, voire favorisées. » Une mixité dont on fait ici une richesse, grâce à un projet novateur qui permet de rassembler tout le monde autour d'une culture commune. L'élément déclencheur fut sans doute la venue à l'école du couple de stree

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"Les Hirondelles de Kaboul" : Cachée

ECRANS | De Zabou Breitman & Eléa Gobbé-Mévellec (Fr., 1h33) avec les voix de Simon Abkarian, Zita Hanrot, Swan Arlaud…

Vincent Raymond | Mercredi 4 septembre 2019

Dans l’Afghanistan asservi par les talibans, le jeune couple formé par Mohsen et Zunaira tente de résister à la terreur quotidienne. Mais lors d’une dispute, la belle Zunaira tue par accident son amant. Elle est aussitôt incarcérée sous la garde du vieux Atiq, en attendant d’être exécutée… À l’instar de Parvana, autre film d’animation renvoyant à l’Afghanistan des années de fer et de sang — hélas pas si lointaines — cette transposition du roman de Yasmina Khadra raconte plusieurs mises à mort, symboliques et réelles, consécutives à la prise du pouvoir par les talibans et à leur doctrine fondamentaliste. Certes, les autrices Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec prennent quelques libertés avec le texte initial pour “sauver“ un personnage, en lui octroyant ici des scrupules qu’il n’a pas à l’origine, mais elles ne dévoient pas globalement le sens de ce conte moral au finale aussi marquant symboliquement que visuellement. Le choix de l’animation trouve ici toute sa légitimité : le trait discontinu enrobe les questions politico-religieuses dans une forme élégante et réaliste — sans l’être trop toutefois — ; qua

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Ça a fait boum

Théâtre | Après avoir traversé des univers imprégnés d’actualité ces dernières années, Brunot Meyssat pose aujourd’hui son regard sur le nucléaire, et de ce qu’il entraîne (...)

Cerise Rochet | Jeudi 2 mai 2019

Ça a fait boum

Après avoir traversé des univers imprégnés d’actualité ces dernières années, Brunot Meyssat pose aujourd’hui son regard sur le nucléaire, et de ce qu’il entraîne lorsque les choses se passent mal. Parti du dramatique accident de Fukushima, le metteur en scène interroge ici ses conséquences… Et également, la situation telle qu’elle existe, ici, chez nous. 20MSV, les 15 et 16 mai à 20 heures la Comédie de Saint-Étienne

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Amour, miel et poison

Adaptation | Myriam Muller adapte au théâtre "Breaking the Waves", le chef-d’œuvre de Lars von Trier. Une plongée dans les abysses du sentiment amoureux, pour un entrelacement d’émotions.

Cerise Rochet | Mardi 5 mars 2019

Amour, miel et poison

Une histoire d’amour, avec un grand A. Une histoire d’amour qui ouvre au monde et entraîne sur des chemins jusqu’ici inexplorés. Une histoire d’amour sacrificielle, qui repose sur l’abnégation et le don de soi. Drame passionnel et violent, Breaking the Waves explore le dogmatisme religieux et l’obsession érotique. Avec cette pièce, adaptée du film éponyme signé Lars von Trier, la Luxembourgeoise Myriam Muller s’empare de la vie de Bess, jeune fille un brin simplette « atteinte » d’une grande bonté. Elevée dans une petite communauté religieuse d’Ecosse très pieuse et repliée sur elle-même, cette dernière s’entiche de Jan, brave gars venu d’ailleurs, qui travaille sur une plateforme pétrolière. Malgré le monde qui les sépare et le rigorisme des proches de la jeune femme, on célèbre des épousailles. Le conte de fée sera néanmoins de courte durée. Jusqu’au sacrifice ultime Trop vite en effet, un malheureux événement viendra briser ce bonheur naissant. Rendu tétraplégique par un accident survenu alors qu’il est en mer, Jan incite Bess à se livrer à d’autres et à lui conter les moindres détails de ces histoires, prétextant qu’elles peuvent le guérir. En

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Arnaud Meunier / Une vie en actes

Portrait | Depuis janvier 2011, Arnaud Meunier dirige La Comédie de Saint-Étienne. Avec pour ligne de mire permanente la création et la transmission, le metteur en scène poursuit son travail mêlant ouverture du théâtre au plus grand nombre, mise en avant d'oeuvres contemporaines et en valeur de la cité stéphanoise.

Nicolas Bros | Mercredi 6 février 2019

Arnaud Meunier / Une vie en actes

Arnaud Meunier est un homme qui semble tout avoir pour être heureux. À la tête de La Comédie de Saint-Étienne, une des plus belles institutions théâtrales de France - n'ayons pas peur des mots - , le metteur en scène met tout en œuvre pour faire rayonner la capitale ligérienne à travers cet art noble qu'est le théâtre. Mais diriger un tel vaisseau artistique tout en continuant son travail de scène accapare beaucoup... La preuve, le matin où nous le rencontrons dans son bureau, situé à l'étage de "la nouvelle Comédie" dans ce bâtiment industriel entièrement rénové du quartier créatif, entre le Zénith et le Fil. Le temps presse car il est en pleine répétition de sa dernière pièce J'ai pris mon père sur mes épaules, écrite par Fabrice Melquiot avec Rachida Brakni et Philippe Torreton au plateau. Un succès public et critique annoncé d'avance, confirmé dès la générale. Couverture presse nationale, retours positifs, cette épopée comique et tragique ne fait que confirmer le talent d'Arnaud Meunier pour transcender les acteurs et les œuvres auxquelles il s'attaque. Mais ce matin-là, malgré le travail de scène à accomplir, il prend le temps de nous expliquer son parcours en dé

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À la dérive

Théâtre | 2025. Tandis qu’en Europe la guerre fait rage et que le réchauffement climatique a finalement eu raison des quelques bonnes volontés, le Groenland et ses (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 février 2019

À la dérive

2025. Tandis qu’en Europe la guerre fait rage et que le réchauffement climatique a finalement eu raison des quelques bonnes volontés, le Groenland et ses réserves de gaz, de pétrole et d’uranium sont devenus le nouvel d’Eldorado. En mer, l’Arctic Serenity, ancien navire de croisière, est remorqué pour être transformé en hôtel de luxe. À bord, 6 inconnus embarqués clandestinement, sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. Alors que ce petit monde est en route, le remorqueur abandonne le navire, au beau milieu des eaux glacées internationales. Les passagers vont-ils pouvoir sauver leur peau ? À mi-chemin entre le polar nordique, le thriller politique et la comédie futuriste, Arctique entraîne le spectateur dans une fiction écolo-prémonitoire qui parvient à le tenir en haleine durant près de deux heures et demie. Un huis-clos maritime, des révélations à tiroir, et un travail scénique absolument remarquable mêlant théâtre, musique et vidéo dans un champ/hors champ captivant. Arctique, jeudi 14 et vendredi15 février à 20 heures à la Comédie de Saint-Etienne

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"Lola et ses frères" : Affaires de famille

ECRANS | de et avec Jean-Paul Rouve (Fr., 1h45) avec également Ludivine Sagnier, José Garcia…

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Depuis la mort de leurs parents, Lola joue un peu le rôle de grande sœur pour ses deux frères aînés que rien ne rapproche : Benoît est aisé et aime avoir tout contrôler ; Pierre, en difficulté, très soupe-au-lait. Ils en oublieraient presque que leur benjamine à, elle aussi, à une vie à elle… Voici l’histoire de famille que l’on aurait aimé voir réalisée par Michel Blanc il y a quelques semaines, et que son excellent interprète du pathétique Voyez comme on danse signe avec la sensibilité qu’on lui connaît. Oh certes, il n’est ne retrouve pas la grâce de Quand je serai petit (2012) mais s’obstine (à raison) dans cette trajectoire qui lui fera accomplir un jour une indiscutable réussite ; ce film sur les relations entre frères et sœurs, parents et enfants autour duquel beaucoup tournent sans aller nulle part, mais que lui pressent. Dans les familles cinématographiques de Rouve — et donc dans celle de Lola — il n’y a pas que des cadres sup’ urbains, ni de coucheries entre notaires blancs, ni de magot en héritage : c’est la

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"Carmen et Lola" : Gitanes sans filtre

¡Hola Amor! | de Arantxa Echevarría (Esp., 1h43) avec Rosy Rodriguez, Zaira Romero, Moreno Borja…

Vincent Raymond | Mercredi 14 novembre 2018

Carmen s’apprête à convoler avec un jeune Gitan de sa communauté madrilène, quand elle rencontre Lola, travaillant sur les marchés comme elle. Rebelle, grapheuse et lesbienne, Lola lui révèle la possibilité d’une autre romance. Avec, comme conséquences, le secret ou l’exil… De la difficulté de sortir du rang et des traditions séculaires… Drame sentimental urbain et bariolé, Carmen et Lola est aussi un film ethnographique où Arantxa Echevarría montre à quel point l’homosexualité féminine, considérée comme une malédiction dans une culture soumise à des codes ultra patriarcaux, peut encore créer de rejet et de violence, avec de surcroît — hélas — la complicité des femmes de la précédente génération. En filigrane, la réalisatrice montre l’ostracisme et la méfiance dont les Gitans sont l’objet en Espagne, qui les contraint à demeurer en vase-clos, dans un analphabétisme humiliant. Ce contexte permet de mieux mesurer la menace pesant sur les deux protagonistes hors du groupe : une marginalisation définitive sans espoir de future, ni retour en arrière possibl

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Novembre : Au(x) détour(s) du regard

Panorama ciné | On le sait, voir n’est pas regarder. Ainsi, il est des films qu’on peut laisser filer d’un œil distrait et d’autres à scruter. Et puis d’autres encore, où la question d'un regard attentif se révèle cruciale…

Vincent Raymond | Mercredi 31 octobre 2018

Novembre : Au(x) détour(s) du regard

Commençons par regarder au-delà de notre champ de vision, à perte de vue, en compagnie de Thomas Vinterberg. On l’avait quitté évoquant ses souvenirs d’enfance dans La Communauté (2017), le réalisateur de Submarino (!) persiste d’une certaine manière dans le huis clos avec Kursk (7 novembre) récit inspiré par la tragédie du sous-marin nucléaire russe homonyme passé par le fond avec son équipage en 2000. Terriblement d’actualité, alors que les tensions est/ouest regèlent, ce drame raconte l’obstination mortifère des nations et des militaires — quel que soit leur pavillon —, davantage prompts à sauver leurs vaniteuses apparences que leurs marins. Sobrement spectaculaire, cette superproduction internationale travaille les formats d’image, la dilatation du temps et le son avec une enviable finesse. Pour High Life (même date), Claire Denis s’échappe quant à elle totalement de l’orbite terrestre pour un conte de science-fiction zonant plu

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Maréchal, la-voilà

Théâtre | Zabou Breitman est à l’affiche de La Compagnie des Spectres, pièce qu’elle a elle-même adaptée du roman de Lydie Salvayre, dont elle signe la mise en scène et tous les rôles. Une prouesse.

Cerise Rochet | Mercredi 31 octobre 2018

Maréchal, la-voilà

« Un appel du texte à le jouer ». La Compagnie des Spectres, c’est l’histoire d’une mère et de sa fille qui vivent recluses dans un petit appartement. La première, Rose, habite simultanément le présent et le passé. Les peurs et la révolte de la guerre, la mort de son frère adoré tué en 1943 par deux miliciens analphabètes, en même temps que son petit deux pièces de Créteil et son existence miséreuse. La seconde, Louisiane, est elle-même vampirisée par les souvenirs de sa mère, craint les hommes et s’empiffre de feuilletons télévisés à l’eau de rose. Lorsqu’un huissier de justice chargé de procéder à l’inventaire de leurs biens avant saisie débarque dans leurs vies, il ravive sans le vouloir les affreux souvenirs du passé, devenant bien malgré lui l’interlocuteur de deux femmes hantées par les spectres de l’Histoire. Lorsqu’elle tombe sur le bouquin de Lydie Salvayre au début des années 2000, Zabou Breitman « le dévore » littéralement : « Tout de suite, j’ai eu envie d’en faire une adaptation théâtrale, parce qu’il s’agit d’un roman qui se situe pile poil à l’endroit de la scène, il y a toujours un "je" quelque part », raconte la prin

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Ça pulse pour la promo 28

Théâtre | Le spectacle de sortie des élèves de la Comédie, écrit par Pauline Sales et mis en scène par Arnaud Meunier, raconte l’histoire d’une bande d’ados à dix ans d’intervalle. Dans une atmosphère de légèreté estivale, le destin de ces jeunes adultes bascule dans une gravité dictée par un événement imprévu.

Houda El Boudrari | Mardi 5 juin 2018

Ça pulse pour la promo 28

Une bonne fée s’est penchée sur le berceau de la promo 28 de l’école de la Comédie de Saint-Étienne en leur offrant comme marraine Pauline Sales, co-directrice depuis 2009 du Préau (centre dramatique national de Normandie-Vire). Pour leur spectacle de fin d’études, les dix jeunes comédiens (dont six filles) ont eu droit à un texte sur-mesure de la plume incisive de cette talentueuse dramaturge qui dissèque avec minutie, mais non sans humour, les états d’âmes de ses contemporains. « Pas une pièce pour ados à l’américaine » Il y a trois ans, le public de la Comédie de Saint-Étienne avait découvert son art du dialogue dans le truculent feuilleton théâtral Docteur Camiski ou l’esprit du sexe, et les fidèles auront eu l’occasion d’apprécier à nouveau sa plume désopilante cette saison lors de l’excellente pièce J’ai bien fait ?. Cette fois-ci, exit les tribulations d’un sexologue tourmenté et la crise existentielle d’une quadra bobo, c’est sur un tout autre registre que l'institution théâtrale stéphanoise e a convoqué le talent de Pauline Sales : une histoire d’ados pour des ados, programmée d’ailleurs au festival d’Ados de Vire qui s’est tenu

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De Sainté à L.A, même combat

Théâtre | Arnaud Meunier remixe l’Orestie dans une version "tour de Babel à l’américaine" pour questionner le vivre ensemble. Alors, pub Benetton ou comédie fracassante ?

Houda El Boudrari | Mardi 6 février 2018

De Sainté à L.A, même combat

Une pièce écrite par une slameuse afro-américaine, jouée –in english please - par une équipe mixte d’étudiants de la Comédie de Saint-Étienne et de l’École CalArts de Los Angeles, dans un melting-pot des origines et des couleurs digne d’une pub Benetton… Arnaud Meunier a fait Fore !, ou le cri qu’on pousse au golf pour avertir les imprudents qu’une balle risque de leur fracasser la tête. Le directeur de la Comédie de Saint-Étienne nous avait habitués à dénicher de nouveaux talents venus d’ailleurs. Que ce soit avec Stefano Massini, l’auteur italien qu’il a révélé avec Les Chapitres de la Chute en 2013, ou avec l’auteure néerlandaise Lot Vekemans et son truculent Truckstop la saison dernière. Cette fois-ci, il pousse l’exercice un peu plus loin avec cette première création franco-américaine, sous la plume de la jeune Aleshea Harris. Une grande Orestie contemporaine Performeuse de "spoken word" (un équivalent du slam), l’auteure afro-américaine compose dans Fore ! une grande Orestie

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La fin du salon russe

Théâtre | Dans "Un mois à la campagne", Alain Françon nous offre un condensé du théâtre émotionnel de Tourgueniev, dans une mise en scène au plus près du texte écrit en 1850, serti dans l’écrin d’une nouvelle traduction de Michel Vinaver.

Houda El Boudrari | Mercredi 3 janvier 2018

La fin du salon russe

L’engouement que suscite le théâtre russe sur les planches françaises a gagné la Comédie de Saint-Etienne qui a programmé cette saison une étonnante adaptation des 3 sœurs de Tchekhov par la metteure en scène brésilienne Christiane Jatahy (What if they went to Moscow ?), suivie de la fusion de ces mêmes Trois sœurs avec Ivanov sous la talentueuse direction de Julie Deliquet (Mélancolie(s) ). Cette fois-ci, retour au classique, à la place du texte et au respect du contexte historique avec Un mois à la Campagne de Tourgueniev mis en scène par Alain Françon. Dans ce "récit dramatique" écrit en 1850, Ivan Tourgueniev explore les conduites amoureuses de ses contemporains. La paisible vie de famille des Islaïev est bousculée par l’arrivée de Beliaev, étudiant moscovite engagé pour l’été comme précepteur. Le côté rustique du jeune russe tranche avec la sophistication vaine et les conventions corsetées de cette aristocratie en déclin. « Cette pièce raconte la fin du salon, un peu comme dans le théâtre d’Ibsen » résume Alain Françon. On découvre chez Tourgueniev une imbrication entre désir amoureux et

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Black and white

Expo photo | Le photographe Michel Ayrault présente à la galerie Noir & Blanc un reportage au long cours sur le chantier de la nouvelle Comédie : Chronique d’une construction, trois années de travaux.

Niko Rodamel | Mardi 3 octobre 2017

Black and white

Trop rare lieu exclusivement dédié à la photographie dans la région, la galerie Noir & Blanc propose sa quarante-sixième exposition avec le remarquable travail qu'a mené Michel Ayrault autour d'un chantier hors norme, de la chenille au papillon, des anciens ateliers de la SSCM au tout nouveau centre dramatique national. Cofondateur (avec Guy Hyvert et Daniel Marion) du collectif éponyme, Michel inscrit fidèlement sa démarche dans le cadre que s'est fixé l'association : promouvoir la photographie sociale et humaniste tout en défendant la qualité intrinsèque du noir et blanc, avec une prédilection pour l'argentique. Pour autant, le lieu reste ouvert aux différentes pratiques photographiques, même numériques, en accueillant régulièrement sur ses cimaises les images d'artistes invités, qu'ils vivent dans le bassin stéphanois (Marie-Pierre Vincent, Maurice Muller, Ivan Richier...) ou qu'ils viennent d'un autre continent (Souleymane Cissé), qu'ils fassent partie de collectifs de photographes (Item, Le Bar Floréal) ou encore d'agences (Vu...). L'équipe se fait parfois un petit plaisir en faisant venir les œuvres de grands maîtres de la photo, comme ce fut par exemple le

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Sexy 70s

Théâtre | La rencontre de Michel Foucault avec un autostoppeur de 20 ans donnera lieu à un livre d’entretiens en 1975. À travers le récit d’un parcours individuel, (...)

Houda El Boudrari | Mardi 3 octobre 2017

Sexy 70s

La rencontre de Michel Foucault avec un autostoppeur de 20 ans donnera lieu à un livre d’entretiens en 1975. À travers le récit d’un parcours individuel, avec en creux le portrait de son célèbre interviewer, c’est aussi le formidable instantané d’une époque libertaire en pleine mutation, bouillonnante de tous les débats d’alors, qui nous invite à considérer combien le monde a changé depuis. Letzlove, Portrait(s) Foucault, jeudi 19 et vendredi 20 octobre à 20h, à La Comédie de Saint-Étienne

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La ministre de la Culture à Saint-Étienne

Info | Mme Françoise Nyssen, actuelle ministre de la Culture, a confirmé au maire de Saint-Étienne, M. Gaël Perdriau sa participation à l'inauguration de la (...)

Nicolas Bros | Mardi 29 août 2017

La ministre de la Culture à Saint-Étienne

Mme Françoise Nyssen, actuelle ministre de la Culture, a confirmé au maire de Saint-Étienne, M. Gaël Perdriau sa participation à l'inauguration de la nouvelle Comédie, le 16 octobre prochain. Situé dans le quartier Manufacture/plaine Achille, à proximité du Fil et d'une surface totale de 8 000 m2, cet équipement culturel accueille notamment deux salles de spectacles avec des capacités de 700 et 300 places. L'après-midi, elle rendra visite à l'équipe du Nouveau Théâtre Beaulieu, qui a subi un incendie de leurs locaux en juin dernier.

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La Comédie scintille dans son nouveau décor

SCENES | Majestueuse et toute de rouge vêtue, La nouvelle Comédie est fin prête à accueillir son public fidèle et en attirer de nouveaux. Le bâtiment de la Plaine-Achille a gardé l’âme industrielle de son ancienne vocation tout en se parant du charme d’une maison de création chaleureuse et ouverte. Visite guidée pour vous ouvrir l’appétit.

Houda El Boudrari | Mardi 12 septembre 2017

La Comédie scintille dans son nouveau décor

Après 47 ans passés dans les locaux de la rue Émile Loubet, La Comédie investit comme prévu son nouveau bâtiment dans le quartier de la Plaine Achille. Et c’est peu dire qu’elle gagne au change ! Adieu locaux exigus devenus inadaptés aux formes actuelles de spectacle vivant. Sa reconstruction sur les friches industrielles de l'ancien site de la Société Stéphanoise des Constructions Mécaniques lui offre un outil sans commune mesure avec l’ancienne Comédie, lui faisant gagner 50% de surface supplémentaire, essentiellement en espace artistique. Sur son nouveau terrain de jeu de 8 000 m² conçu par le cabinet Studio Milou Architecture, elle bénéficie désormais de deux salles de spectacle, l’une de 700 places qui garde le nom de Jean Dasté, l’autre de 300 places baptisée La Stéphanoise, ainsi que d’une salle de répétition aux dimensions du grand plateau. Dans le top 5 des CDN Un équipement de dernier cri qui hisse La Comédie de Saint-Étienne parmi les cinq centres dramatiques nationaux (CDN) les plus importants de France, et lui permet d’héberger des créations d’envergure sans être bridée par les contraintes techniques de sa vieille demeure. Car il ne f

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Arnaud Meunier : « Rendre vivant le théâtre populaire »

SCENES | Directeur de La Comédie de Saint-Étienne depuis 2011, Arnaud Meunier a fait de l’ouverture à la diversité et de la programmation d’auteurs vivants sa marque de fabrique. Il nous explique comment La Nouvelle Comédie lui donne les moyens de plus grandes ambitions.

Houda El Boudrari | Mardi 12 septembre 2017

Arnaud Meunier : « Rendre vivant le théâtre populaire »

Que symbolise cette nouvelle Comédie pour la ville, sa politique culturelle et son rayonnement national, voire international ? Cette nouvelle Comédie s’inscrit pleinement dans le renouveau de l’image de Saint-Etienne à travers trois grands marqueurs que sont le design, le sport et la culture, avec sur ce dernier volet une importance singulière pour le théâtre. Car il ne faut pas oublier que la ville a été pionnière dans la politique de décentralisation menée après-guerre avec la création par Jean Dasté de La Comédie de Saint-Etienne en 1947, juste après le CDN de Colmart. La visibilité du théâtre stéphanois se mesure au nombre de représentations des spectacles produits par La Comédie de Saint-Étienne et au prestige des lieux qui les accueillent. Truckstop 1, a été programmé l’année dernière au In du festival d’Avignon pour la première fois depuis 45 ans. Grâce aux moyens techniques de notre nouveau bâtiment, nous pourrons désormais produire des spectacles de plus grande envergure, qui représenteront dignement le théâtre stéphanois. Ma

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La Comédie de Saint-Etienne en ses nouveaux murs

Lieu culturel | 70 ans après que Jean Dasté ait inventé cette Comédie de Saint-Étienne, fleuron du théâtre décentralisé, voilà qu'elle s'apprête à quitter son quartier populaire de Beaubrun pour renaître à côté du Fil et de la Cité du design.

Nadja Pobel | Mercredi 5 avril 2017

La Comédie de Saint-Etienne en ses nouveaux murs

C'est un chantier comme il y en a peu dans le domaine théâtral en France : si les réhabilitations sont monnaie courante (dans la région : le TNP il y a peu, le Cargo/MC2 à Grenoble précédemment...), la construction ex-nihilo est rare. Installée à Beaubrun depuis 1969, la salle aurait pu être rénovée mais les travaux de mise aux normes étaient trop importants. Voici donc qu'en septembre, la Comédie de Saint-Étienne ouvrira ses portes à la Plaine Achille juste à côté du Fil (la SMAC), du Zénith et à une rue de la Cité du design actuellement en pleine effervescence avec sa Biennale. Toutefois, dans ce quartier récent, ce bâtiment a déjà une histoire, celle de la société stéphanoise des constructions mécaniques (qui s'étendait alors jusqu'à la gare sur un terrain marécageux). Dans cette ancienne usine de fabrication de matériel pour les mineurs, des rails pour le transport de matériaux et des charpentes apparentes dont les chemins de ponts pour transporter des charges lourdes ont été immobilisées, subsistent encore. Construit et agrandi au gré des besoins entre les guerres, ce site en briques présente des volumes impressionnants que les architectes du Studio Milou (concept

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Le club des 5

Naming du site de la future ex-Comédie | Le départ de la Comédie de Saint-Étienne de son site historique de Loubet va laisser place à un nouveau pôle culturel. Mais ce dernier n'a pas encore de nom (...)

Nicolas Bros | Mercredi 15 février 2017

Le club des 5

Le départ de la Comédie de Saint-Étienne de son site historique de Loubet va laisser place à un nouveau pôle culturel. Mais ce dernier n'a pas encore de nom définitif. Après avoir lancé un appel à participer à la population stéphanoise pour le choix de l'appellation de ce futur équipement, la Ville de Saint-Étienne a retenu cinq propositions : Les Tréteaux, La Comète, La Scène, Le Panassa et L'Alpha. Dès le 16 février et jusqu'au 31 mars, les Stéphanois sont appelés à voter pour leur nom favori en se connectant sur le site de la municipalité (www.saint-etienne.fr). Pour rappel, le calendrier des travaux prévoit une démolition du coeur de l'îlot concerné de mai à juillet 2017, puis une préparation et un début des travaux en octobre 2017 pour une ouverture du nouvel équipement prévue au cours du premier semestre 2019. Le budget total du projet est de 7, 64 M€ (dont 4, 85 M€ de travaux HT), cofinancé par la Ville de Saint-Étienne et la Région Auvergne-Rhô

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Aristide Tarnagda : « L’universel passe par l’intime »

Rencontre | Avec Et si je les tuais tous madame ?, l’auteur et metteur en scène burkinabé nous offre un spectacle poético-politique, mêlant la violence d’un texte incisif au rythme de la musique hip hop du groupe Faso Kombat. Propos recueillis par Houda El Boudrari.

Houda El Boudrari | Mercredi 1 février 2017

Aristide Tarnagda : « L’universel passe par l’intime »

Quelque part dans le monde, un homme sur le trottoir d’une ville interpelle une conductrice qui attend que le feu passe au vert. Dans ce moment de suspension, Lamine dévide son histoire, celle de sa famille, et les tourments de son exil. Comment raconter toute une vie le temps d’un feu rouge ? Aristide Tarnagda : Au départ, j’avais écrit ce texte pour l’acteur qui le joue, Lamine Diarra, en réponse à une première pièce Les larmes du ciel d’août qui donnait la voix à la femme restée seule au pays à attendre le père de son enfant. Mais pendant la mise en scène, j’ai ressenti la nécessité d’introduire de la musique pour donner corps à ce texte, et incarner cette parole portée par plusieurs voix : Lamine, l’ami d’enfance Robert mort de n’avoir pas pu soigner son paludisme, le père, la mère. Pour la scénographie, j’ai décidé de faire confiance à la magie des mots et l’intelligence du spectateur. Le feu n’est donc pas représenté, pas de signe de voiture, rien qu’un plateau nu : que des mots, le corps, la voix, et l’énergie de l’acteur devraient participer à créer l’illusion de la rue. On a l’impression que le "ciel d’

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L’argent et Moi

Théâtre | Dans Mon Fric, David Lescot écrit le récit d’une vie, celle de Moi, à travers le prisme de son rapport à l’argent, entre 1972 et 2040. Un Moi, auquel on (...)

Houda El Boudrari | Mardi 10 janvier 2017

L’argent et Moi

Dans Mon Fric, David Lescot écrit le récit d’une vie, celle de Moi, à travers le prisme de son rapport à l’argent, entre 1972 et 2040. Un Moi, auquel on s’identifie très vite. L'enfance, avec les premières étrennes, encore empreinte d’URSS, de culture marxiste, d’argent de poche et de rock. L'âge des possibles, où l'on apprend à dépenser l’argent qu’on n’a pas toujours, avec les copains ; y défilent le chanteur Renaud, l’Inde, Darty. Enfin, le fric qu’on gagne vraiment, pour assurer son ménage, une enfant, c’est l’avènement du libéralisme sauvage. Puis le divorce, les pensions alimentaires, l’espoir des économies alternatives, et avec l’âge, un certain détachement. Mon Fric balaie ces soixante-dix ans d’existence, à cheval entre deux siècles, durant lesquels les paradigmes changent à l’instar de la monnaie, avec une belle énergie, et semble nous raconter notre histoire intime, tant l’argent nous révèle aussi. Mon Fric est une épopée musicale, chorale, drôle et légère. Après nous avoir enchanté la saison dernière avec Les glaciers grondants, comédie scientifico-romantique sur le climat, David Lescot signe encore une fois un texte

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Trois femmes explosives

SCENES | En incarnant sur la même scène trois femmes que tout oppose et que le destin réunit funestement dans un attentat, Rachida Brakni brouille les frontières entre les camps du Mal et du Bien. Un théâtre tout en nuances qui nous fait froid dans le dos.

Houda El Boudrari | Mercredi 4 janvier 2017

Trois femmes explosives

Un cube et trois portes. Une seule actrice pour incarner trois femmes. Et les mots de Stefano Massini qui sonnent terriblement juste pour animer ce décor spartiate et nous projeter dans la tête, dans les tripes de ces trois femmes puissantes. Eden Golan est une professeure d’histoire juive. Elle a 50 ans et fait partie des milieux de la gauche israélienne. Shirin Akhras est une étudiante à l’Université de Gaza, palestinienne. Elle a 20 ans et cherche à devenir une martyre d’AlQassam. Mina Wilkinson est une militaire américaine. Elle a 40 ans. Elle fait partie des troupes américaines qui prêtent main forte à l’armée israélienne dans les opérations anti-terroristes. Dans la peau d’une terroriste Pour incarner avec la même justesse la passion brûlante de la jeune martyre palestinienne, la conscience fissurée par la peur de l’intellectuelle israélienne, et le cynisme effaré de la GI américaine, Arnaud Meunier a choisi la fougueuse Rachida Brakni. « Une personnalité forte et une femme engagée avec laquelle je partage les mêmes convictions politiques » justifie le metteur en scène qui tenait aussi à ce que le rôle soit interprété par une actrice issue de

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Dans la roue d’Holloway Jones

SCENES | La programmation théâtrale cette année donne plus de place aux adolescents, ces adultes en devenir à la croisée de chemins. Holloway Jones porte le nom de la (...)

Houda El Boudrari | Mardi 1 novembre 2016

Dans la roue d’Holloway Jones

La programmation théâtrale cette année donne plus de place aux adolescents, ces adultes en devenir à la croisée de chemins. Holloway Jones porte le nom de la prison où elle est née, mais refuse de suivre la voie du déterminisme social. Elle enfourche un BMX comme planche de salut et file, s'envole, loin de la prison où elle rend, parfois, visite à sa mère. Un coach l’a repérée, il a de l'ambition pour elle, il veut qu'elle intègre l'équipe junior des Jeux Olympiques. Sur le chemin il y a aussi Avery, petit voyou chef de bande qui perturbe l'itinéraire à sa façon. Holloway pédale comme elle peut, s'arrête et repart. La pièce écrite par un jeune auteur anglo-canadien, Evan Placey, mise en scène par la lyonnaise Anne Courel, revisite le genre de fables initiatiques. Le racing est partout présent : en images mentales, dans l’énergie des personnages, chez le coach, dans la vitesse des changements de séquences… Le vélo imprime le rythme de la pièce. Dangereuse, acrobatique, spectaculaire, comme la vie d’Holloway. Holloway Jones, par la compagnie Ariadne, les 24 et 25 novembre à 20h au Centre Culturel de la Ricamarie

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Elvis is in the Kitchen

SCENES | Comédie sociale à l’humour corrosif, La Cuisine d’Elvis offre un savoureux mélange des genres entre la sitcom et le music-hall. La sauce prend grâce au jeu relevé des acteurs dirigés par Pierre Maillet.

Houda El Boudrari | Mercredi 5 octobre 2016

Elvis is in the Kitchen

A priori, le menu n’est pas très ragoûtant. Une famille disloquée par un accident : père paralytique, ado bourrue se réfugiant dans la bouffe, mère fuyante amourachée d’un jeune pâtissier au magnétisme surligné. Tous les ingrédients du pathos contemporain sont réunis et pourtant. La magie de l’écriture faussement naïve de Lee Hall opère, avec cet humour british qui pimente la saveur des échanges les plus fades. Le tout émaillé de moments oniriques où le paralytique, ancien sosie d’Elvis, se mue en bête de scène dans un décor de music hall. Métaphore des excès de notre époque « Comédie dramatique à intervalles musicaux » ou « cabaret tragi-comique » comme la désigne son metteur en scène Pierre Maillet, qui joue aussi le rôle du père dans la pièce, ce spectacle hybride se veut aussi une métaphore des excès de notre époque. Le rapport compulsif à la nourriture incarné à la fois par le mal-être de l’adolescente, mais aussi par l’image tutélaire d’Elvis, sex-symbol des années soixante qui a sombré dans l’obésité à la fin de sa vie. L’écriture anglo-saxonne emprunte les codes de la sitcom, mais déroge aux rôles convenus. L’adolescente que l’on

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"Le Voyage de Fanny" : cinéma scolaire

ECRANS | de Lola Doillon (Fr., 1h34) avec Léonie Souchaud, Fantine Harduin, Juliane Lepoureau…

Vincent Raymond | Mercredi 18 mai 2016

Au départ, il y avait l’histoire vraie de Fanny Ben-Ami, gamine de 12 ans ayant courageusement mené en sûreté (en Suisse) une troupe de gamins juifs menacés d’être raflés pendant l’Occupation. Et puis Lola Doillon qui désirait pour son troisième long-métrage se confronter à l’Histoire tout en dirigeant à nouveau de jeunes interprètes. La rencontre entre le sujet et la réalisatrice a donné lieu à ce film qu’elle souhaitait “d’aventures”. Certes, il y a ce focus utile sur les enfants cachés (bon point) ; bien sûr la détermination de l’héroïne est très visible grâce à la Léonie Souchaud, belle découverte rappelant par certains aspects Adèle Haenel à l’époque des Diables (2001) de Christophe Ruggia. Mais Le Voyage de Fanny demeure terriblement scolaire, comme si justement il ne tenait pas spécialement à s’adresser à un autre public que celui des écoles. Pourtant, quel splendide défi que celui de filmer pour tous et pour chacun…

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Quand la COP 21 inspire...

SCENES | Ça donne, Les Glaciers grondants. La nouvelle pièce de David Lescot plonge ses racines dans le réchauffement climatique et interroge notre rapport au temps (...)

Florence Barnola | Mardi 3 mai 2016

Quand la COP 21 inspire...

Ça donne, Les Glaciers grondants. La nouvelle pièce de David Lescot plonge ses racines dans le réchauffement climatique et interroge notre rapport au temps météorologique qui conditionne nos vies et agit sur nous physiologiquement, mais aussi psychologiquement. Le spectacle est une chronique imaginaire, documentée, de l'année qui précède le déploiement de la COP 21. L’acmé vous l’aurez compris sera la Conférence de Paris sur le climat. Sans aller jurqu'au résumé de la pièce, sachez que cette dernière abrite de très beaux numéros d’acteurs-circassiens-musiciens. Les moments en Roue Cyr, de Théo Touvet, sont purement magiques. L’acteur, danseur, et circassien a été également le conseiller scientifique du metteur en scène, car avant d’intégrer le Centre National des Arts du Cirque, il a fait Polytechnique, et aurait même pu entrer à la NASA s’il n’avait choisi d’être saltimbanque. Le reste de la distribution est intéressant et la musique plutôt sympathique. Rejoignez-donc cette belle équipe sur la banquise, vous n’aurez pas froid. FB Les Glaciers grondants, du 11 au 13 mai à la Comédie de Saint-Étienne

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Maguy Marin, invitée spéciale

SCENES | Alors qu'en janvier dernier, son spectacle BiT a rempli La Comédie de Saint-Étienne, la chorégraphe Maguy Marin récidive avec Singspiele du 9 au 12 mars dans (...)

Nicolas Bros | Mardi 8 mars 2016

Maguy Marin, invitée spéciale

Alors qu'en janvier dernier, son spectacle BiT a rempli La Comédie de Saint-Étienne, la chorégraphe Maguy Marin récidive avec Singspiele du 9 au 12 mars dans cette même salle. Mais, cerise sur le gâteau, elle viendra également à la rencontre des Stéphanois lundi prochain à 18h30. Cette grande figure de la "danse-théâtre" a dirigé dirigé le Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape (Rhône) jusqu’en 2011. Puis elle a créé un centre d’art, Ramdam, à Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône). Artiste souvent qualifiée de résistante, Maguy Marin est attachée à la liberté et au pouvoir de l'art pour faire avancer les choses et le débat. « L’engagement de l’artiste est la force qui permet de ne pas oublier. À un moment de l’histoire où le capitalisme se donne l’air d’avoir gagné sur tous les fronts, il y a pourtant des résistances multiples et diverses qui font que le monde ne va pas se laisser faire. Les artistes sont là pour donner du courage à ceux qui veulent changer le monde.» Des pensées qu'elle viendra donc discuter et partager avec le public stép

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Road trip, théâtre et rock n’roll

SCENES | Poursuivant son cycle sur la culture « états-unienne », Marc Lainé explore le road trip avec "Vanishing Point, les deux Voyages de Suzanne W". Un voyage dans le Grand Nord Canadien avec les Moriarty en fond sonore… Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 1 mars 2016

Road trip, théâtre et rock n’roll

Quatrième volet consacré à la culture populaire américaine, Vanishing Point de l’auteur-metteur en scène-scénographe Marc Lainé, revisite le road trip. Tous les ingrédients du genre sont présents : l’immensité des paysages canadiens, la voiture, un casting de cinéma d’auteur (les deux acteurs canadiens qui joueront à Saint-Etienne ne sont pas ceux de la création de 2015 indisponibles pour raison de tournages), la bande originale signée par le groupe pop rock Moriarty… « Je suis d’une génération qui a baigné dans la culture américaine. Elle fait aujourd’hui partie d’un imaginaire collectif. Détourner ses références sur un plateau de théâtre, m’intéresse et m’amuse beaucoup. » L’homme orchestre parle de culture états-unienne plus qu’américaine « J’ai de nombreux amis en Amérique du Sud qui se sentent offensés si l’on parle de culture américaine pour celle des États-Unis. » Pour autant dans cette création les spectateurs sont invités à suivre les routes du… Grand Nord Canadien. « Le Québec est un pays particulier, tellement voisin des États-Unis qu’il est très imprégné de ses mœurs, de sa mentalité. » « Je su

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Soutenir l'option théâtre au lycée

SCENES | Mardi 26 janvier, la Comédie de Saint-Étienne a réuni dans ses locaux avec l’Association Nationale de Recherche et d’Action Théâtrale (ANRAT) et (...)

Nicolas Bros | Vendredi 29 janvier 2016

Soutenir l'option théâtre au lycée

Mardi 26 janvier, la Comédie de Saint-Étienne a réuni dans ses locaux avec l’Association Nationale de Recherche et d’Action Théâtrale (ANRAT) et l’association Théâtre du lycée Simone Weil, de nombreuses personnalités autour de la question de l'avenir de l'option théâtre au lycée. Parmi les personnes présentes à ces rencontres, citons Arnaud Meunier, directeur de la Comédie de Saint-Étienne, Jack Lang, ancien ministre de la Culture et de l'Éducation Nationale, Philippe Minyana, auteur ou encore Richard Brunel, directeur de la Comédie de Valence. De cette journée destinée à alerter les pouvoirs publics sur la nécessité de « garantir l'avenir des enseignements artistiques existants mais encore à réfléchir sérieusement à une extension ambitieuse », a été lancée une pétition de soutien en ligne. Déjà paraphé par de nombreuses personnalités telles que les comédiens Vincent Dedienne et Louise Blachère ou encore le metteur en scène et directeur du Théâtre de la Ville à Paris Emmanuel Demarcy Mota, l'appel est en ligne sur une page internet dédiée et porte le nom évocateur de L'Appel de Saint-Étienne

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Je compte sur vous

ECRANS | Pourquoi les artistes, et tout particulièrement les comédiens, éprouvent-ils une telle attirance pour les escrocs ? Sans doute parce qu’ils reconnaissent en (...)

Vincent Raymond | Mercredi 23 décembre 2015

Je compte sur vous

Pourquoi les artistes, et tout particulièrement les comédiens, éprouvent-ils une telle attirance pour les escrocs ? Sans doute parce qu’ils reconnaissent en eux des doubles inversés, des alter ego tombés du mauvais côté de la loi ou de la morale, puisqu’ils usent de leurs talents à des fins exclusivement crapuleuses. Pascal Elbé ne fait pas exception, fasciné qu’il a été par la "carrière" de Gilbert Chikli, inventeur d’une méthode d’extorsion douce reposant sur la séduction vocale. En jouant de son autorité et de son charisme au téléphone, mais également en décryptant le profil psychologique de ses victimes (et leurs éventuelles fragilités), le détrousseur les convainc qu’il est habilité à exiger d’elles un transfert de fonds. Après enquête, Elbé a rencontré Chikli ; il s’est inspiré de ce mythomane toxique pour composer son scénario… avant de bien vite s’en éloigner. Osera-t-on dire qu’il signe un polar "honnête", à défaut d’être flamboyant ? "Son" Gilbert a trop de circonstances atténuantes : l’origine de sa malhonnêteté est imputée à sa mère, elle-même indélicate ; il est inconséquent, joueur et quelque part victime de malfrats plus puissants. Et

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Un beau Ténébreux

SCENES | Pourquoi chroniquer un ouvrage paru en 1945 ? Parce que le 2e roman de Julien Gracq fait l’objet pour la première fois d’une adaptation théâtrale, et (...)

Florence Barnola | Vendredi 8 janvier 2016

Un beau Ténébreux

Pourquoi chroniquer un ouvrage paru en 1945 ? Parce que le 2e roman de Julien Gracq fait l’objet pour la première fois d’une adaptation théâtrale, et de plus par une compagnie stéphanoise, The Party. Un beau ténébreux, c’est le récit apparemment d’une bourgeoisie insouciante et oisive, rentière, pour qui le temps des vacances s’expand, qui pique nique sur la plage, joue au casino, badine, intellectualise et attend qu’un événement brise son ennui… Bien loin de nos préoccupations actuelles. Cette "société" là paraît désuète mais l’était sans doute tout autant au sortir de la Seconde Guerre mondiale. L’auteur ne date pas le prologue de son narrateur, lui aussi écrivain, qui suspend le siècle, le XXe, et laisse au lecteur le choix de la décennie. Cette histoire assez viscontienne, pourrait prendre place avant la première guerre mondiale, un groupe d’estivants passe le temps dans un hôtel au bord d’une plage bretonne quand un couple au charisme magique fait son apparition. Le talent de Gracq exprime davantage que les vicissitudes d’un groupe de nantis désoeuvrés en vacances. L’écriture, élitiste, demande un effort au lecteur pour y entrer, elle est abrupte pour l’

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Quand les langues se délient...

SCENES | Malentendus, l’enfant inexact, spectacle en langue des signes et en français, s’inscrit dans le cycle Ultrasensibles, composé de créations et de (...)

Florence Barnola | Mardi 5 janvier 2016

Quand les langues se délient...

Malentendus, l’enfant inexact, spectacle en langue des signes et en français, s’inscrit dans le cycle Ultrasensibles, composé de créations et de performances autour du handicap et de la sensorialité, imaginé par la compagnie Les Lumas. La pièce, adaptation du roman de Bertrand Leclair, a été jouée en format court en juin dernier à la Manufacture. Cette première mouture a notamment permis la découverte d’un formidable acteur, Stève Recollon, dont la langue maternelle est celle de l’Abbé de l’Epée, qui joue le protagoniste central de cette fable. Julien est né malentendant dans une famille d’entendants qui refuse de le voir tel qu’il est et lui permettre ainsi de s’épanouir, mais l’oblige, par faiblesse ou excès d’autorité, à masquer son handicap. « La vie de Julien Laporte exige d’être racontée, parce qu’elle est symptomatique, non seulement de l’histoire terrible des sourds au XXe siècle, le pire de tous, mais plus encore de la folie ordinaire des hommes, de leur capacité à désintégrer l’humain, à maudire le vif du vivant, serait-ce avec les meilleures intentions du monde, serait-ce au nom de l’amour des autres ou, en l’occurrence

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Une histoire de rencontres

CONNAITRE | « Le livre raconte le dernier projet que l’on vient de terminer, mais à la base, nous avons commencé en 2012 … », explique Philippe Chastel, (...)

Florence Barnola | Mercredi 2 décembre 2015

Une histoire de rencontres

« Le livre raconte le dernier projet que l’on vient de terminer, mais à la base, nous avons commencé en 2012 … », explique Philippe Chastel, directeur du centre socio-culturel Espace Boris Vian. L’Âge d’Or. Une aventure artistique mais pas que… se lit comme un carnet de voyage. Un périple entre 3 structures (l’Espace Boris Vian, la compagnie The Party et la Comédie de Saint-Étienne) et 14 comédiens amateurs issus de plusieurs générations (de 11 à 91 ans) qui, durant une année, vont se côtoyer, échanger, écrire, répéter et jouer ensemble pour se produire à la Comédie de Saint-Étienne. C’est une histoire de rencontre(s), certaines plus anciennes que d’autres. C’est l’histoire d’un projet démarré en janvier 2014 qui au départ ne devait être qu’un atelier de pratique théâtrale scindé en deux groupes, l’un composé de personnes âgées de la résidence Chavanelle, et l’autre d’adolescents et d’adultes. C’est certainement l’histoire d’amoureux de la scène qui ont voulu poursuivre ensemble une aventure théâtrale. C’est aussi une histoire de transmission et de lien social entre des générations qui vivent notre époque sans se voir ni se parler et qui prouve

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Yuval Pick : « On n'a pas besoin de créer davantage mais de réorganiser ce qui existe »

SCENES | Rencontre avec Yuval Pick, chorégraphe de talent, avant la présentation de sa nouvelle création "Are frinds electric?" à la Comédie de Saint-Étienne, sur une musique de Kraftwerk. Propos recueillis par Monique Bonnefond.

Monique Bonnefond | Mardi 1 décembre 2015

Yuval Pick : « On n'a pas besoin de créer davantage mais de réorganiser ce qui existe »

L'attention à l'autre, l'idée de fraternité, le rapport entre l'individu et le groupe, la survie de l'homme dans un environnement urbanisé et mécanisé vous importent énormément. Rien de ce qui est humain ne vous est étranger. Est-ce tout cela qui est au cœur de votre création ? Yuval Pick : Oui, il y a beaucoup de ça. J'ai choisi la musique de Kraftwerk, les pères de la musique électronique parce que le son était analogique et pas encore digital. Cela touche une mémoire collective avec laquelle la musique pop permet de converser, de définir les rapports entre l'individu et le collectif. J'ai trouvé dans les albums de la période de 1974 à 1978 comme Autobahn, Trans-Europe Express et Die Mensch-Maschine des rythmes qui m'évoquent les battements d'un cœur, un mouvement de respiration, une marche, quelque chose de très romantique qui naît. Un nouveau romantisme européenréinterprétant la relation de l'homme à son environnement, un environnement urbanisé et toujours plus mécanisé qui aliène l'homme. Devant l'accélération encore plus démentielle des rythmes et le constat que la machine se grippe, comm

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"La Maman et la putain" revisité

SCENES | Le long-métrage de Jean Eustache, La Maman et la Putain, est considéré comme un chef-d’œuvre par de nombreux critiques et spectateurs. Le film sorti en (...)

Florence Barnola | Mardi 1 décembre 2015

Le long-métrage de Jean Eustache, La Maman et la Putain, est considéré comme un chef-d’œuvre par de nombreux critiques et spectateurs. Le film sorti en 1973 s’inscrit dans l’après effervescence de 68, le début des questionnements. Bien qu’il s’agisse d’un couple à trois, la libération sexuelle n’est pas tant le sujet de la Maman et la Putain mais plutôt la difficulté du choix amoureux et des souffrances qu’il engendre. Jean Eustache a apporté une théâtralité à son projet cinématographique, qui est presque un huis-clos (un homme, deux femmes) avec des monologues, des conversations, de longs plans séquences. L’une des singularités du film repose sur les dialogues extrêmement bien écrits, la langue est belle et c’est déjà en soi une raison suffisante pour adapter l’œuvre au théâtre. Bizarrement peu s’y sont frottés : Jean-Louis Martinelli l’a mis en scène en 1990 à la MC 93 de Bobigny et la compagnie suisse STT (Super Trop Top) s’est aussi emparée du matériau en créant Je me mets au milieu mais laissez-moi dormir joué en 2014 au Festival d’Avignon. « Comment ces paroles résonnent-elles aujourd’hui et qu’en reste-t-il ? Les doutes peu

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Yuval Pick, chorégraphe électrique

SCENES | Chorégraphe exigeant et inventif, Yuval Pick secoue les codes et les corps pour créer de nouvelles manières de danser et d'être ensemble. A l'occasion de sa création « Are friends electric » à Saint-Étienne, retour sur son parcours et son approche de la danse. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 décembre 2015

Yuval Pick, chorégraphe électrique

Depuis 2002, de création en création, obstinément, Yuval Pick construit un univers chorégraphique singulier. Le découvrir pour la première fois n'est pas toujours une expérience évidente, mais une expérience déconcertante et forte. Certains qualifient d'ailleurs sa danse d'abstraite alors même qu'elle s'avère être particulièrement concrète, "brute", viscérale, physique. Le terme "abstraction" doit ici être entendu surtout comme un refus de la narration, de l'unisson, de la recherche de la belle forme. « Selon moi, confie Yuval Pick, la danse est une succession de mouvements et d'états du corps, de rapports entre eux et à l’espace, qui échappent au formatage et aux techniques établies ». Le chorégraphe est pourtant lui-même passé par un certain « formatage », du moins par nombre d'écoles et de ballets contemporains prestigieux : une école à Tel Aviv dès l'âge de seize ans, la Batsheva de Ohad Naharin, le Ballet de l'Opéra de Lyon... En 2002, à trente-deux ans, l'heure est venue pour lui de trouver « [son] propre poids, [son] propre mouvement ». Il lui faut pour cela s'émanciper des grands chorégraphes avec lesquels il a travaillé, fai

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Godot serait-il un passeur ?

SCENES | Dans la mise en scène tricéphale d’"En attendant Godot", les deux rôles principaux confiés à des acteurs africains confèrent au texte une résonance particulière puisant ses racines dans l’actualité. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 3 novembre 2015

Godot serait-il un passeur ?

Les saisons culturelles offrent cette année une lecture polyphonique d’un des textes les plus connus et les plus joués de Beckett. Trois Godot à voir dans la région en l’espace de quelques mois : Jean-Pierre Vincent, Laurent Fréchuret, et nos trois metteurs en scène qui nous préoccupent ici, se sont intéressés à la pièce de Samuel Beckett. Il pourrait y avoir encore vingt autres créations et nous découvririons à chaque fois des sens cachés dans ce texte énigmatique. On reconnaît les grandes pièces à leur universalité, elles sont comme un passepartout qui ouvre n’importe quelle serrure. La mise en scène tricéphale du texte de Beckett est intéressante à bien des égards. D’abord ce sont trois regards croisés bien distincts sur l’oeuvre du dramaturge irlandais. Jean Lambert-Wild (qui a fait ses armes plusieurs années auprès de Matthias Langhoff), Marcel Bozonnet (longtemps sociétaire de la Comédie Française) et Lorenzo Malaguerra (qui signe là sa deuxième co-mise-en-scène avec Lambert-Wild) ne sont pas des nouveaux venus, ils ont de belles (et différentes) expériences à leur actif et donc des choses à dire. La Cr

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La Comédie en fête

SCENES | Pour clôturer en beauté la saison, la Comédie de Saint-Étienne organise, pour la première fois, trois jours de festivités avec notamment trois objets théâtraux aux (...)

Marlène Thomas | Vendredi 5 juin 2015

La Comédie en fête

Pour clôturer en beauté la saison, la Comédie de Saint-Étienne organise, pour la première fois, trois jours de festivités avec notamment trois objets théâtraux aux contours polymorphes. Matthieu Cruciani revisitera dans L'Âge d'or, les moments marquants du XXe et du XXIe siècles dans un projet artistique intergénerationnel. Ce sera aussi l'occasion pour la promo 27 de montrer leur travail dans Ils ne sont pour rien dans mes larmes d'après le texte de Olivia Rosenthal dans une mise en scène de Pierre Maillet. Ce texte à travers différents témoignages anonymes revient sur le film qui a le plus marqué leurs esprits. Enfin, l'intégrale des épisodes du feuilleton théâtral Docteur Camiski, ayant jalonné la saison 2014/2015, sera diffusée à la Passerelle samedi à partir de 16h et sera suivi d'un grand bal karaoké convivial. La Fête de la Comédie du 5 au 9 juin Légende photo : Vincent Garanger, Docteur Camiski ou l'esprit du sexe, épisode 1

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Le feu de la servante

SCENES | "L’odeur des planches", roman adapté en pièce de théâtre, est un très beau monologue sur le métier et la vie d’une comédienne qui ne peut plus exercer sa passion. Le texte trouve toute sa dimension dans le jeu de Sandrine Bonnaire. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 5 mai 2015

Le feu de la servante

A l’origine Samira Sedira a écrit un roman, son premier. Pour autant son écriture s’avère d’une incroyable maturité, d’une grande force qui vous emporte. L’auteur va à l’essentiel en choisissant les mots justes, vecteurs d’actions et d’une émotion bouleversante. Samira Sédira a écrit ce texte comme elle joue puisqu’elle est avant tout comédienne, et si par chance vous l’avez vue dans diverses créations vous approuverez qu’on lui accole l’adjectif «excellente». Comment alors résister à la tentation d’adapter au plateau un superbe roman sur une femme, comédienne, qui tombant au chômage comprend viscéralement ce qu’ont vécu ses parents immigrés algériens ? «Son texte, sans pathos ni complaisance, dans une écriture tracée au couteau, parle du basculement de son existence» Richard Brunel, le directeur de la Comédie de Valence n’a pas pu résister. Le metteur en scène connaît bien l’auteur. Ils sont issus de la même formation, l’Ecole de la Comédie. De plus Samira a fait partie de la troupe des Anonymes, elle a joué dans de nombreux spectacles de Richard. Ils sont amis de longue date. «Samira Sedira était comédienne, elle jouait sur les scènes des plus grands théâtres français, tenait

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Des conventions d'objectifs pour les projets culturels

ACTUS | La Ville de Saint-Étienne a annoncé sa ligne de conduite en matière de soutien à l'émergence des talents culturels locaux. Trois grands volets ont été prévus avec (...)

Nicolas Bros | Jeudi 16 avril 2015

Des conventions d'objectifs pour les projets culturels

La Ville de Saint-Étienne a annoncé sa ligne de conduite en matière de soutien à l'émergence des talents culturels locaux. Trois grands volets ont été prévus avec chacun un budget alloué : soutien à l'émergence, au projet et au rayonnement. Concernant l'émergence, le principe est de soutenir toutes les disciplines artistiques via des conventions d'objectifs et de moyens passées avec les acteurs culturels, valable pendant deux ans et une année renouvelable. L'aide se situera dans un accompagnement financier, matériel, humain, ... dans le but d'une professionalisation. "La nouveauté principale de notre plan d'actions se situe dans la mise en place de conventions à l'émergence avec des objectifs, explique Marc Chassaubéné, adjoint au maire chargé des affaires culturelles. Il y a un engagement sur la tenue du projet artistique de départ annoncé dans le cadre de la commission d'attribution des subventions mais également s'engager sur la structuration de l'activité. Au bout de deux ans, nous faisons le bilan de cette action et s'il n'y a pas de structuration suffisante, on s'arrête." L'enveloppe allouée à ce programme de suivi de l'émergence culturelle s'élè

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Parole d’écoliers

SCENES | La compagnie Tire pas la nappe revient sévir en terre ligérienne avec une nouvelle création drôle et émouvante, "La Classe Vive", qui s’adresse aux petits comme aux grands. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 31 mars 2015

Parole d’écoliers

Il était une fois trois filles qui avaient décidé de s'engager dans le théâtre, le conservatoire de Montpellier. Mais bien avant qu’on ne les cantonne dans des travaux bien peu passionnants, elles avaient décidé de n’en faire qu’à leur tête. Alors elles ont créé, Tire pas la nappe, une compagnie théâtrale qui leur ressemble pour s’engager elles-mêmes dans des productions parfois loufoques, toujours très humaines, souvent très drôles, avec un zest de je-ne-sais-quoi à chaque fois. Et on ne le regrette pas, car ce sont vraiment de Drôles de dames... Elles sont de retour ! Les trois drôles de dames du théâtre, toutes brunes, Marion Aubert (elle écrit et joue), Marion Guerrero (elle met en scène et joue aussi) et Capucine Ducastelle (elle joue). La compagnie Tire pas la nappe est associée à la Comédie de Saint-Étienne depuis 2011. L’année dernière on avait ri et adoré le Rendez-vous de l’infra-ordinaire à l’extraordinaire version Saint-Étienne (d’autres versions existent : Valence, Brest, San Francisco) donné à l’Usine où nos adolescents et leur us et coutumes étaient passés à la loupe. Quelques spécimens stéphanois faisaient partie de la distribution jouant leur propre rôl

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