Culture mobile

ZOOM / Offrir un bout de culture à tous les étudiants : telle est la mission généreuse que s'est accordé le Tramway nommé culture, qui fête cette année ses 20 ans de présence sur le campus. À cette occasion, visite guidée en sept lettres de ce tramway atypique et unique, avec Bertrand Vignon, l'un des deux responsables actuels du projet. Aurélien Martinez


T COMME TRAM
Initié en 1988 par l'UPMF (la fac de sciences sociales grenobloise), c'est en 1992 que le projet Un tramway nommé culture prend réellement forme grâce à Grenoble Universités, l'association des quatre facs. L'idée était de «tisser des liens entre les étudiants enclavés sur le campus, notamment le soir, et les institutions culturelles locales» explique Bertrand Vignon. Au départ, les lieux situés sur les lignes du tram - le Musée de Grenoble, le Cargo (maintenant MC2), le Centre National d'Art Contemporain le Magasin… - sont sollicités et se prennent rapidement au jeu. Puis, au fil des ans, d'autres institutions rejoignent le voyage. Parallèlement, une programmation propre au campus se développe.R COMME RÔLE
L'équipe du Tramway a trois missions qu'elle défend avec ardeur. Tout d'abord la programmation, son cœur d'activité. Ensuite l'aide au projet, avec notamment un soutien fort pour les associations dites pérennes, telles EVE ou les Arts Mêlés. Enfin, et non des moindres, le Tramway veille à la valorisation du patrimoine architectural et culturel du campus à travers la loi du 1% artistique. Une loi qui oblige à réserver, à l'occasion de la construction ou de l'extension de certains bâtiments publics, une somme pour l'affecter à la réalisation d'œuvres d'art. Les colonnes de l'amphi Weil ou la sculpture au centre du campus répondent ainsi à cet impératif.A COMME AMBITION
Grenoble peut se la péter puisqu'elle compte 60000 étudiants. L'équipe du Tramway, qui a donc du boulot en veux-tu en voilà, ambitionne d'en toucher le plus grands nombre. Quelques 350 évènements sont prévus chaque année, principalement sur des formes plus contemporaines, moins évidentes pour le grand public. Car, comme le rappelle Bertrand, «pour aller à un concert ou au ciné, les étudiants n'ont pas besoin de nous». Le public concerné ? «Les manifestations touchent aussi bien les initiés, ces fameux Bourdieusiens, que les autres, notamment les étudiants en résidence U ; les étrangers se prêtant particulièrement au jeu des sorties découvertes». Il évoque 66000 participants annuels sur l'ensemble des manifs.M COMME MOYEN
Niveau programmation, le Tramway dispose de plusieurs cartes (trois au total). Tout d'abord les associations étudiantes, qui investissent les lieux de diffusion culturelle du campus (EVE, Amphidice…). Ensuite, les universités elles-mêmes (si un prof de socio décide de faire un colloque sur la vie étudiante, le Tramway l'annoncera) et enfin les structures culturelles de l'agglo. Sur ce dernier point, Bertrand Vignon est enthousiaste : «c'est très varié ; ça va des lieux reconnus comme la MC2 à d'autres beaucoup plus petits». Le tout la plupart du temps gratuitement, car le Tramway est financé par différentes collectivités (la Drac, le Ministère, la Région, la Métro, la Ville…). Deux personnes s'en occupent à plein temps : Florent Brozzoni et notre hôte Bertrand Vignon.W COMME WALÉRIE PÉCRESSE
(Allez trouver un mot avec un W qui irait dans le contexte, et on en reparle !) Pour le futur, le Tramway espère jouer un rôle fondamental avec la création du polygone scientifique dans le cadre du plan campus de notre chère ministre de l'enseignement supérieur. «Il y aura tout à créer là-bas (à l'ouest de la ville) au niveau culturel». Le Tramway envisage ainsi de tisser des liens forts avec les structures du coin, comme le Magasin, le Théâtre de Création… «Sur ce mode de fonctionnement, on est les seuls en France» assure Bertrand (dans des villes comme Lyon, chaque fac a son propre service culturel). Ainsi, Grenoble Universités recevra en mars les responsables d'autres universités nationales pour présenter son bébé.A COMME ANNIVERSAIRE
Pour ses 20 ans, le Tramway Nommé Culture a prévu les choses en grand. Ça commence en novembre avec un concert des 38e Rugissants – qui fêtent eux aussi leurs 20 ans - à EVE. Et ça se poursuit surtout en mars, du 11 au 21 pour être précis : une nocturne à la lampe de poche au Musée de Grenoble, une soirée électro au Magasin, un bout de la dernière création Montalvo-Hérvieu présenté sur le campus… Le Tramway voit les choses en grand, pour 10 jours qui s'annoncent culturellement riches. On vous en reparlera le moment venu.Y COMME «Y FAUT Y ALLER !»
On le rappelle : les manifestations du Tramway Nommé Culture sont ouvertes à tous, et souvent gratuites. Elles sont regroupées dans un joli petit guide, tiré à 10000 exemplaires, et disponible gratuitement sur le campus et en ville. Alors à vos agendas, et bonne année culturelle !LE TRAMWAY NOMMÉ CULTURE
jeveuxdelaculture@grenoble-universites.fr
04 56 52 85 22


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