"Les Météorites" : Des étoiles dans les yeux

ECRANS | De Romain Laguna (Fr., 1h25) avec Zéa Duprez, Billal Agab, Oumaima Lyamouri…

Vincent Raymond | Jeudi 2 mai 2019

Photo : ©Les films du clan


Nina, 16 ans, a lâché le lycée et bosse pour l'été dans un parc d'attraction. Seule à voir une météorite zébrer le ciel, elle y lit un signe du destin et se sent invincible. Alors Nina ose, agit selon son cœur et ses envies, quitte à essuyer de cosmiques déconvenues. Elle grandit…

Bonne nouvelle : une génération de comédiennes est en train d'éclore et en plus, on leur écrit des rôles à la hauteur de leur talent naissant, donnant au passage de la jeunesse d'aujourd'hui une image plutôt féminine et volontaire. Après la révélation Noée Abita dans Ava de Léa Mysius (2017), voici Zéa Duprez en Nina — la prévalence des prénoms mono ou di-syllabiques riches en voyelles étant fortuite.

Mais le volontarisme de Nina n'exclut pas une dose d'ingénuité lorsqu'il s'agit d'affaires de cœur : on n'est pas sérieux quand on a 16 ans, on croit en l'éternité de l'amour et l'on déchante avec d'autant plus de cruauté. Romain Laguna fixe des instantanés d'un été à part, ainsi que les mille et unes facettes d'une héroïne tantôt farouche et rugueuse quand elle roule des épaules pour rabrouer les p'tits mecs qui la cherchent, tantôt fragile et sensuelle lorsqu'elle se livre à son Morad. À la fois poétique et pudique, cette chronique d'une ado irréductible et bouillonnante en partance pour l'âge de femme, constitue l'un des portraits les plus attachants que l'on ait vus depuis longtemps.

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Bandes à part

Panorama ciné mai 2019 | Contrairement aux plateformes vidéo destinées à un usage domestique souvent solitaire, le cinéma se partage — et en très grand format. Autant en profiter avec des films de troupes…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Bandes à part

Mai équivaut à un supplice de Tantale pour l’amateur de cinéma : pendant dix jours, on lui distille des images de la quintessence d’une production mondiale dont l’écrasante majorité sera invisible jusqu’à l’automne ou l’hiver. Alors, pour tromper son attente, et pendant que la masse des Élus gravite autour de la Croisette, le commun du public pourra toujours faire foule dans les salles en allant voir des films de bandes, particulièrement représentées. Premier (et plus attendu) de ceux-ci, la suite de la “comédie générationnelle“ de Guillaume Canet Les Petits Mouchoirs, Nous finirons ensemble (1er mai) Même distribution (avec l’ajout bienvenu de Clémentine Baert et celui, hélas inutile, de José Garcia), même concept (faire fermenter dans une résidence de nabab texan un groupe “d’amis“ aux égos hypertrophiés se mesurant la longueur du portefeuille pour savoir qui sera le nouveau mâle alpha de la cohorte), même succession de séquences culminant en crise, même longueurs et même succès à prévoir si le principe d’adoration des dominants est, comme toujours,

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