"Le Roi Lion" : C'est l'histoire de la vie (bis)

ECRANS | En donnant à voir sa nouvelle version du "Roi Lion", les studios Disney seraient-ils en train de préfigurer un cinéma nouvelle génération ? Derrière l’histoire du cycle de la vie et des successions naturelles, en affleure une où l’image est remplacée par une autre plus vraie que nature…

Vincent Raymond | Jeudi 18 juillet 2019

Photo : ©The Walt Disney Company France


Dans la savane africaine, la naissance de Simba, le fils du roi Lion Mufasa ravive la colère de son frère et rival Scar, qui fomente un plan diabolique pour le tuer, aidé par les hyènes. Débarrassé de son aîné, Scar persuade Simba qu'il est responsable de mort de son père et le contraint à l'exil…

Le Roi Lion étant depuis un quart de siècle l'un des plus grands succès de la Maison de Mickey, cette nouvelle version à l'identique rassurera ses nombreux fanatiques : l'esprit de l'histoire, sa morale et son tempo demeurent inchangés. C'est sa forme qui a naturellement subi les plus profondes modifications.

Il serait erroné de croire que la stratégie de reprise des “classiques“ d'animation des studios Disney en film “en prises de vues réelles“ soit gouvernée par une unique logique — fût-elle de rentabilité commerciale. Les productions se succédant, avec une accélération exponentielle ces derniers mois ne font pas que suivre à la lettre le canevas des scripts existants : chaque film constitue ainsi une sorte de mini laboratoire, où s'élabore à risques (et coûts) maîtrisés le cinéma de demain. Prenez les deux sorties de ce début 2019, Dumbo et Aladdin : elles s'inspirent certes de succès préexistants, mais l'univers circacien sombre de Tim Burton n'a pas grand chose à voir avec l'ambiance romantico-orientalisante de Guy Ritchie. Et si le premier a eu un recours forcené aux images de synthèse pour peupler son histoire, le second revendiquait le retour à des pratiques chorégraphiques “à l'ancienne“, avec foules physiques et non numériques.

Faux sans défaut

Prolongeant ce qu'il avait entamé avec Le Livre de la jungle, Jon Favreau va au bout d'une expérience sacrément paradoxale, puisque Le Roi Lion présente toutes les apparences d'un film en prises de vues réelles, alors qu'il n'y en a aucune — le studio insiste même sur l'absence de capture de mouvement. En clair, si aucune image n'a été tournée, nous sommes dans la modélisation numérique totale, dans un équivalent de film d'animation à un degré supérieur, où le réalisme est poussé à un niveau plus que spectaculaire : confondant, voire… dérangeant. Des paysages aux fauves, le moindre détail transpire l'authenticité, le plus infime plan hurle d'une véracité que la raison n'a aucun mal à détromper — à moins d'être persuadé que les félins parlent et les phacochères chantent !

On ne niera pas la prouesse technique, on la saluera même en reconnaissant une de ces avancées technologiques qui, au même titre que le morphing de T2 : Judgement Day s'inscrivent dans l'histoire du cinéma de par la rupture franche qu'elle créent. Ce saut qualitatif dans la fabrication des simulacres de la réalité intervient à un moment où l'image est de plus en plus sujette à caution et à méfiance. Lorsqu'il s'agit de création artistique comme ici, où le recours à l'artifice n'est pas dissimulé et fait même partie de la performance globale, il n'y a rien à dire puisque la “tromperie“ est incluse dans le pacte avec le spectateur. Lorsque la technologie permet à des fins ouvertement ludiques de substituer le visage d'un comédien à un autre dans des films classiques à l'instar des prodigieux deep-fakes de Ctrl Shift Face, on sourit jaune en percevant d'une part les dangers d'une telle technique dans la vie civile et politique, de l'autre le risque potentiel de remplacer l'interprétation humaine par des bibliothèques d'expressions faciales numérisées.

Faire jouer des animaux virtuels (et anthropomorphisés), surtout lorsqu'ils sont en voie d'extinction, ne lèse personne et satisfait les défenseurs de l'environnement. Qu'il s'agisse d'un comédien factice et l'on tomberait dans la dystopie Sim0ne d'Andrew Niccol, que personne n'a envie voir se réaliser. Disney prouve qu'il pourrait le faire, mais il ne fera bien évidemment pas. Quand on a dans son giron Marvel et un maxime telle que « un grand pouvoir implique de grande responsabilités », on se doit de s'imposer une moralisation interne supérieure…

Le Roi Lion de Jon Favreau (É.-U., 1h58), avec les voix (v.o./v.f.) de Donald Glover/Rayane Bensetti, Beyonce Knowles/Anne Sila, Billy Eichner/Jamel Debbouze…


Le Roi Lion

De Jon Favreau (2019, ÉU, 1h58) animation Au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à cœur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis
Cinéma Rex 9 boulevard Lachèze Montbrison
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Jamel Debbouze : « C’est une expérience sensorielle incroyable »

Le Roi Lion | Acquises à la cause de Simba depuis leur plus tendre enfance, les voix françaises de la nouvelle version (Jamel Debbouze, Anne Sila et Rayane Bensetti) ne cachent pas leur fascination pour le film original et son remake. Propos rapportés d’une rencontre enjouée.

Vincent Raymond | Jeudi 18 juillet 2019

Jamel Debbouze : « C’est une expérience sensorielle incroyable »

Avez-vous un souvenir de votre première vision du Roi Lion de 1994 ? Anne Sila : Je ne me souviens pas de la première fois, mais je l’ai vu un millier de fois, je le connais par cœur ! Il fait partie des histoires qui, bizarrement, touchent tout le monde, quoi qu’on ait vécu : il touche à l’enfance, et on retrouve notre petit cœur de bébé (sourire) Jamel Debbouze : J’ai tout fait pour le voir, c’était un événement tellement incroyable, tout le monde en parlait, on ne pouvait pas passer à côté ! Je me rappelle avoir resquillé tellement j’avais envie de le voir : un ami à Trappes avait payé sa place au cinéma Le Grenier à Sel et avait ouvert la porte de secours…(rires) Je me souviens encore très bien de toutes les sensations, j’étais passé par tous les états : la joie, de la peine, et re-de la joie… C’est un film incroyable. On a tous vu des images du nouveau film, et même si on a tous été au cinéma souvent, c’est incroyable : j’ai rarement vu un truc pareil, ça défie les lois de la pesanteur ! On voit des animaux parler,

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"Let’s Dance" : Pointes courtes

ECRANS | De Ladislas Chollat (Fr., 1h47) avec Rayane Bensetti, Alexia Giordano, Guillaume De Tonquédec…

Vincent Raymond | Mercredi 27 mars 2019

Joseph, Emma et Karim rêvent de remporter un concours de hip-hop. Retenus dans le crew de Youri, ils s’embrouillent avec lui et provoquent son départ ainsi que celui d’Emma. Pour triompher malgré tout, ils auront besoin de l’aide d’un prof de danse classique, Rémi, et de ses élèves… Première réalisation cinématographique d’un homme de spectacle reconnu pour avoir notamment mis en scène la comédie musicale Résiste, ce film de danse mise sur la fusion entre hip-hop et ballet sur fond de trame romantique standard — Roméo & Juliette, on sait que ça fonctionne ; le seul problème, c’est que c’est aussi neuf qu’une pièce de cent sous. L’extrême minceur de l’argument n’est pas compensée par la concrétisation du projet de réunion des deux styles chorégraphiques : Chollat montrant dans son finale une sorte de juxtaposition entre street-danse et arabesques. Dommage également qu’il préfère à de grands plans-séquences célébrant l’ensemble des numéros dansés un montage cut qui les hache, au nom du “rythme“. Malgré tout, si l’on considère ce film comme un bout d’essai, on devine un potentiel qui demandera approfondi.

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"Alad'2" : Pareil, et en moins bien

$uit€ | de Lionel Steketee (Fr., 1h38) avec Kev Adams, Jamel Debbouze, Vanessa Guide…

Vincent Raymond | Mercredi 26 septembre 2018

Sofia a quitté Sam. Dans l’avion pour la rejoindre, Sam imagine la suite des aventures d’Aladdin, chassé de Bagdad par le cruel Shah Zaman qui, de surcroît veut épouser la princesse Shalila. Aidé par son génie, le rusé voleur repart en conquête de sa promise et de Bagdad… La coutume veut que la suite d’un succès cherche à le superlativer — en y parvenant rarement, d’ailleurs — grâce à une histoire plus époustouflante, la montée en gamme de la réalisation et une distribution de prestige. C’est visiblement ce troisième point qui a été privilégié avec le recrutement de Jamel Debbouze comme co-star (par ailleurs intercesseur idéal pour qui souhaite tourner au Maroc, semble-t-il. Mais associer les deux humoristes revient à mélanger de l’eau et de l’huile (ou l’inverse) ; de fait, chacun déroule son one man show à sa sauce dans son segment de film sans qu’il y ait réellement de rencontre. On suit donc en alternance des sketches où Kev, aventurier aux adbos souriants, croise pléthore de stars venues faire des caméos, et d’autres où Djamel, en félon, bredouille ses répliques façon de Funès oriental. Notons

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"Coco" : Os secours des ancêtres

Animation | Un petit Mexicain parcourt le Royaume des Morts pour déjouer une malédiction familiale et obtenir une bénédiction en retour. Coutumier des quêtes en milieu hostile (Monstre & Cie, Le Monde de Nemo), Lee Unkrich pousse plus loin le curseur et emporte les cœurs. Signé Pixar.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Depuis qu’une aïeule a été abandonnée par son guitariste d’époux, la famille de Miguel a banni toute musique de sa vie. C’est donc un drame quand le garçonnet avoue, le Jour des Morts en plus, se destiner lui aussi à la guitare. Miguel espère trouver du soutien auprès de ses ancêtres… S’il faut aux sceptiques une preuve supplémentaire de l’existence d’un particularisme artistique des studios Pixar au sein de l’empire Disney, Coco tombe à pic : il constitue même une manière de manifeste. Là où les productions issues de la maison-mère misent sur un arsenal codifié d’éléments rassurants pour fédérer leurs publics — schématisons : la quête d’une princesse entrelardée par des torrents de chansons —, la branche spécialisée dans les images de synthèse s’aventure dans territoires insolites, plus stupéfiantes encore du point de vue narratif que technique. Une “originalité” artistique autorisée parce qu’elle s’avère globalement payante… notamment du côté du tiroir-caisse. Notes en sourdine Même si la musique est ici le moteur

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Lee Unkrich & Darla K. Anderson : « Montrer Frida Kahlo dans la mort, c’est de la pure imagination »

"Coco" | Piller de Pixar, le réalisateur de "Monstres & Cie", du "Monde de Nemo" ou de "Toy Story 2 & 3" Lee Unkrich est à nouveau à la manœuvre pour "Coco", qu’il évoque avec sa productrice Darla K. Anderson…

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Lee Unkrich & Darla K. Anderson : « Montrer Frida Kahlo dans la mort, c’est de la pure imagination »

Quel est le point de départ de Coco ? LU : L’inspiration est tout simplement venue du Mexique, dont j’appréciais depuis toujours le Día de muertos — le Jour des morts. Quand j’ai commencé à écrire sur ce sujet, je me suis rendu compte qu’il n’y avait aucune histoire sur cette fête, c’était une idée assez unique. Au fur et à mesure de mes recherches, j’ai découvert combien l’idée du souvenir de sa famille y était important. Il y avait là le potentiel pour une histoire universelle, drôle, dramatique, visuellement très belle et avec un vrai cœur. Ça m’a touché. Avez-vous conçu le Pays des morts comme un miroir à celui des vivants, puisqu’on y boit, mange, dort ? LU : Non, on n’a pas pensé à cette notion de miroir, mais on a fait beaucoup de recherches pour la préparation, ce qui nous a aidés pour concevoir Santa-Cecilia, la ville du monde des vivants où vit Miguel. Évidemment, on ne pouvait pas faire de recherches pour le monde des ancêtres, alors on a fait appel à l’imagination. On aura

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Rogue One : A Star Wars Story

Pas encore vu... | Dans l’Univers étendu de Star Wars™, George Lucas® a trouvé le moyen de rentabiliser les interstices entre chaque épisode de chacune de ses trilogies© : en (...)

Vincent Raymond | Mercredi 14 décembre 2016

Rogue One : A Star Wars Story

Dans l’Univers étendu de Star Wars™, George Lucas® a trouvé le moyen de rentabiliser les interstices entre chaque épisode de chacune de ses trilogies© : en autorisant la création de spin-off, c’est-à-dire d’extensions de l’histoire originelle autour de nouveaux personnages. Si grâce à ce subterfuge, les fans hardcore trépignent à l’idée de retrouver à tous les Noëls ou presque un nouveau film (avec sa cargaison de produits dérivés), ils ne mesurent pas le potentiel migraineux de l’ensemble de ces opus : la multiplication des arcs narratifs ne peut en effet que provoquer des conflits dans la continuité générale. Certains exégètes trouveront le moyen de s’en réjouir, passant de fait quelques dizaines d’heures de plus sur les forums dédiés afin d’expliquer en quoi les incohérences apparentes n’en sont pas, et relèvent même d’un haut degré de génie intersidéral. Sinon, comme nous n’avons pas vu le film — mais l’aurions-nous vu que nous aurions été astreints à un embargo —, nous pouvons seulement révéler ce que tout le monde sait déjà : Rogue One se déroule entre la seconde trilogie et la première, donc entre la “prélogie“ et la vraie trilogie, so

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John Musker & Ron Clements : « Notre défi majeur : que Vaiana soit vraiment l’héroïne »

3 questions à... | Sur un canevas parsemé de fils clairs, les deux vétérans du plus puissant studio au monde ont brodé quelques points baroques. Ils s’en expliquent…

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

John Musker & Ron Clements : « Notre défi majeur : que Vaiana soit vraiment l’héroïne »

Vaiana précise qu’elle n’est pas “princesse, mais fille de chef” ; Maui redoute qu’elle se mette à chanter… Avez-vous voulu transgresser les codes Disney ? John Musker & Ron Clements : Pour nous, Vaiana n’était pas une princesse comme les autres : elle est moderne, différente de celles que nous avons créées auparavant comme Ariel dans La Petite Sirène. Notre défi majeur, c’était qu’elle soit vraiment l’héroïne, et non pas que Maui porte le film. Elle est là pour sauver le monde. Ce film est avant tout un rite de passage à l’âge adulte, il n’y a pas d’histoire d’amour. Mais sinon, on adore la musique et les chansons ! L’animation stylisée permet par convention aux personnages de montrer leurs passions, leurs sentiments, et tout ce qu’ils éprouvent par le chant. Qu’est-ce qui a changé dans la narration et l’animation depuis vos débuts ? John Musker : Beaucoup de choses ont changé depuis 43 ans que je suis chez Disney. Je n’ai pas connu Disney personnellement, mais j’ai travaillé avec des artistes qui avaient eu cette chance et connu ses points de vue, ses techniques. En un sens, beauco

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"Vaiana, la légende du bout du monde" : l’atoll est aux petits soins

Le Disney de Noël | Un film de John Musker & Ron Clements (E-U, 1h43) avec les voix (V.F.) de Cerise Calixte, Anthony Kavanagh, Mareva Galanter…( V.O.) Dwayne Johnson, Auli'i Cravalho, Alan Tudyk…

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Mue d’une irrésistible envie de naviguer depuis son enfance, malgré le refus de son chef de père, Vaiana a été choisie par l’océan pour aider un demi-dieu vantard à briser une malédiction condamnant son peuple. Elle embarque donc vers l’aventure… Après la parenthèse Zootopia, retour à une formule plus “classique” de parcours initiatique pour une héroïne nantie d’un faire-valoir costaud mais benêt. Une structure éprouvée signée par les auteurs de La Princesse et La Grenouille ou La Petite Sirène, où Maui le demi-dieu affiches les sempiternelles mimiques d’ado imbu de lui-même ; où l’on subit des chansons aiguës parlant de développement personnel, et où la finesse transparente de l’image nous en met plein la vue. La vraie nouveauté, c’est l’ouverture sur un corpus légendaire océanien (l’Europe, l’Asie, l’Amérique et l’Orient ayant été précédemment essorés) dont le graphisme du film tire parti : les personnages ont ainsi des physionomies “australes” crédibles ; quant aux tatouages tribaux, d’ordinaire si galvaudés, ils reprennent ici leur véritable dessein en étant… animés.

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La force ne se réveillera pas partout

ECRANS | Le cinéma Le Méliès refait parler de lui cette semaine. On vous a déjà causé de l'opération "Cinéma suspendu" ici. Mais aujourd'hui, c'est une nouvelle un peu moins (...)

Nicolas Bros | Lundi 2 novembre 2015

La force ne se réveillera pas partout

Le cinéma Le Méliès refait parler de lui cette semaine. On vous a déjà causé de l'opération "Cinéma suspendu" ici. Mais aujourd'hui, c'est une nouvelle un peu moins positive qui est annoncée par les équipes des cinémas de Jean Jaurès et de Saint-François. En effet, l'établissement s'est vu refuser par les équipes de Disney, distributrice du prochain film Star Wars - Le Réveil de la Force, la diffusion de ce dernier. Selon le cinéma d'Art & Essai, « The Walt Disney Company France a décidé de boycotter les salles classées Art & Essai des grandes villes au profit des multiplexes ou salles de grand circuit (UGC, Pathé, Gaumont, etc…) De nombreuses salles classées Art & Essai aux quatre coins de France, souhaitent programmer le film et protestent contre cette exclusion incompréhensible. » Les équipes du cinéma ont également créé une pétition nationale pour faire entendre la voix de celles et ceux qui souhaitent voir la diffusion du dernier volet de Star Wars dans leur cinéma d'Art & Essai. Cette pétition est disponible

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Né quelque part

ECRANS | De Mohamed Hamidi (Fr, 1h27) avec Tewfik Jallab, Jamel Debbouze…

Christophe Chabert | Mardi 18 juin 2013

Né quelque part

La mort annoncée du père, le retour sur des terres "d’origine" où pourtant on n’a jamais mis les pieds, la découverte d’une culture dont on se revendique sans en connaître ni les bons, ni les mauvais côtés… À travers le périple de Farid, qui "retourne" dans une Algérie inconnue pour y négocier un terrain familial, Mohamed Hamidi, metteur en scène des one-man-shows de Jamel, tient un bel angle, habile et nuancé, sur la question de l’identité. Finalement, ce n’est pas tellement par son scénario que dans sa manière de faire se rencontrer plusieurs registres de cinéma que Né quelque part le développe avec le plus de pertinence. Entre le "banlieue film" bien français qui lui sert de cadre et l’irruption d’une comédie à l’algérienne — pas éloignée de sa cousine italienne — lors des très réussies séquences dans le village, Hamidi crée à son tour un joyeux métissage qu’illumine la présence de Debbouze, toujours passionnant. Trop sans doute pour que sa disparition en cours de récit ne laisse pas un vide béant à l’écran. Quant à la mise en scène, très appliquée, elle ne

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