Andrevon au pays du soleil vert

Christophe Chabert | Mercredi 30 octobre 2013

Il le dit lui-même : c'est un « monstre » dont il va accoucher, et comme souvent dans ces cas-là, l'accouchement n'est pas facile ! L'écrivain (mais pas que) isérois Jean-Pierre Andrevon s'apprête en effet à sortir aux éditions Rouge profond une somme de plus de 1000 pages retraçant cent années de cinéma fantastique et de science-fiction, et il devait fêter sa naissance ce 7 novembre à la Cinémathèque. Mais voilà, la sortie a pris du retard – mi-novembre, a priori ; la soirée est toutefois maintenue, et c'est tant mieux car Andrevon y présentera le formidable Soleil vert de Richard Fleischer.

Joyau du cinéma d'anticipation américain des années 70, Soleil vert raconte, dans un futur pas si lointain, comment un flic – Charlton Heston, pas encore icône de la NRA mais acteur-producteur dans des films plutôt progressistes – découvre en enquêtant sur un meurtre que le gouvernement règle le problème de la surpopulation en nourrissant les pauvres avec… leurs propres congénères, transformés en barres protéiniques. C'est le «soleil vert» du titre, même si en Anglais, le mensonge est plus explicite («Soylent», contraction de «Soja» et «Lentille»).

Fleischer et Heston prennent la mesure des dangers qui menacent l'humanité, et en tirent une fable désespérée, où l'euthanasie prend la forme d'une dernière séance de cinéma où l'on admire la beauté d'un monde disparu. Quant à Andrevon et son dictionnaire, on y reviendra avec son auteur courant décembre, au moment où vous chercherez le cadeau de Noël parfait pour votre cousin cinéphile…

Christophe Chabert

Soleil Vert
Jeudi 7 novembre à 20h, à la Cinémathèque


Soleil vert

De Richard Fleischer (EU, 1h37) avec Charlotte Heston, Edward G. Robinson, Leigh Taylor-Young... 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Seul le soleil vert, sorte de pastille, parvient à nourrir une population miséreuse qui ne sait pas comment créer de tels aliments. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l'ordre. Accompagné de son fidèle ami, un policier va découvrir, au péril de sa vie, l'effroyable réalité de cette société inhumaine.
Cinéma Juliet-Berto Passage de l'Ancien Palais de Justice Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La créature de Frankenstein qui orne la belle couverture cartonnée ne ment pas : 100 ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction est bien un ouvrage "monstre", une bible d’érudition agrémentée d’une iconographie tout aussi hallucinante, un véritable labyrinthe dont les entrées, aussi variées qu’innombrables, créent un grand jeu de piste à usage cinéphile. Jean-Pierre Andrevon, qui signe la majorité des textes – aidé par une poignée de collaborateurs, dont notre ancien rédacteur en chef François Cau, auteur de quelques brillantes notules – fait non seulement un tour quasi-exhaustif des films appartenant de près ou, plus rare, de loin au genre, mais propose surtout de nombreuses notices sur des cinéastes ayant dédié tout ou partie de leur œuvre au fantastique et à la SF. Les incontournables d’hier ou d’aujourd’hui sont tous là – de Jack Arnold à John Carpenter en passant par Roger Corman et George A. Romero – mais ce sont surtout les inconnus de la série B qui forment le tableau le plus original et excentrique de cette pro

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