"Le Labyrinthe du silence" : le passé allemand regardé en face

ECRANS | Mon Ciné, à Saint-Martin-d'Hères, organise ce mercredi un ciné-débat autour du film de Giulio Ricciarelli sorti en avril 2015. Soit, en 1958, l'histoire d'un jeune procureur qui met la main sur des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS...

Vincent Raymond | Lundi 13 juin 2016

Si le match France-Albanie de ce mercredi 15 juin ne suscite en vous qu'une curiosité modérée, préférez au petit écran l'immersion dans la grande Histoire proposée par Mon Ciné à l'occasion d'un ciné-débat autour du film Le Labyrinthe du silence (2015). Soit un retour aux temps du "Wirtschaftswunder", c'est-à-dire l'époque où l'économie de l'Allemagne de l'Ouest se relevait triomphalement, conduisant un pays pacifié malgré sa partition à sa réintégration dans le concert des nations. Un pays où, durant près de quinze ans après les procès de Nuremberg, le passé honteux et criminel du régime nazis avait été comme tu, permettant à des dignitaires SS reversés dans la haute administration ou le patronat de mener une carrière florissante sans être inquiétés. Jusqu'à ce qu'une troupe de magistrats opiniâtres ouvre une instruction en 1958, et mène devant les tribunaux des anciens tortionnaires d'Auschwitz.

Très proche du récent Fritz Bauer, un héros allemand, le film de Giulio Ricciarelli relate un moment crucial (et un trauma) dans la conscience collective outre-Rhin : la découverte du détail de la monstruosité nazie par la première génération n'ayant pas vécu consciemment la guerre, mais devant assumer les actes de ses aînés. Sa facture classique se prête au "grand sujet" et à la discussion, qui sera ici menée par l'historien Olivier Vallade, président de l'association des amis du musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère.

Le Labyrinthe du silence
À Mon Ciné (Saint-Martin-d'Hères) mercredi 15 juin à 20h


Le labyrinthe du silence

De Giulio Ricciarelli (All, 2h03) avec Alexander Fehling, Gert Voss... Allemagne 1958 : un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Mais il doit faire face à de nombreuses hostilités dans cette Allemagne d’après-guerre. Déterminé, il fera tout pour que les allemands ne fuient pas leur passé.
Mon Ciné 10 avenue Ambroise Croizat Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le Labyrinthe du silence

ECRANS | De Giulio Ricciarelli (All, 2h03) avec Alexander Fehling, André Szymanski…

Christophe Chabert | Mardi 28 avril 2015

Le Labyrinthe du silence

Alors que les spectateurs français ne manifestent pas une passion débordante pour l’Histoire contemporaine de leur propre pays, ils ont tendance à acclamer la moindre fiction évoquant celle de l’Allemagne. Le Labyrinthe du silence a déjà moissonné on ne sait combien de prix du public dans les festivals et s’apprête à faire le bonheur des enseignants lors des séances scolaires, le film étant taillé sur mesure pour être transformé en chair à débats et exposés. Niveau cinéma, en revanche, l’affaire est carrément discutable. Car s’il est bon de rappeler que l’Allemagne a mis près de vingt ans à instruire le procès des criminels SS qui, la guerre terminée, avaient tranquillement retrouvé une place dans l’establishment du pays, on aurait aimé que Giulio Ricciarelli empoigne le sujet avec autre chose qu’une reconstitution ripolinée, une mise en scène impersonnelle à l’Américaine et quelques bons gros clichés qui, c’est un comble, finissent par semer le doute sur la crédibilité de ce que l’on nous raconte. Il faut dire qu’à force de brushings impeccables (l’ambassadeur américain, proche de la parodie façon OSS 117), de musiques emphatiques et de grands élans

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