Trois films de rebelles

Reprises | Indépendance / Un point commun entre Romain Duris, Brad Pitt et Kirk Douglas ? Ce n'est pas évident. Mais un même trait de caractère va unir leurs personnages sur l'écran du cinéma Juliet-Berto prochainement.

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Photo : ©Splendor Films


Comme un vent de résistance qui soufflerait à travers les rues de GrenobleI et plus particulièrement, ses salles de cinéma… Trois films illustrant une forme d'indépendance absolue, débarrassée des contingences sociales ; trois parcours de mavericks aux antipodes de l'Histoire et animés de mobiles fort dissemblables. Trois représentations inoubliables que le hasard des programmations met en présence à quelques jours d'intervalle. C'est d'abord à la Cinémathèque que cela se passe avec la chronique nostalgique de Cédric Klapisch, Le Péril Jeune (1994) centrée autour du souvenir d'un lycéen excentrique et réfractaire à l'autorité prématurément disparu, Tomasi, incarné par le jeune Romain Duris (11 octobre). Avec la reprise du cycle Ciné-Folie, on plonge ensuite dans la psyché complexe de Tyler Durden, le nouvel ami du très timoré protagoniste. En leur compagnie, on s'initiera aux subtilités du combat de rue ainsi qu'aux mille et une transgressions (re)commandées par l'appartenance au très mystérieux Fight Club (1996) de David Fincher, un film dont on ne dira rien de plus, sinon qu'il faut aller le voir sans en parler le 12 octobre à la salle Juliet-Berto. Enfin, ultime insoumis à se présenter, le fier cow-boy campé par Kirk Douglas dans Seuls sont les indomptés (1962) proposé par le Ciné-club mercredi 14 à 20h. Outre le fait qu'il permet de saluer la mémoire du vétéran hollywoodien disparu en février dernier à travers une œuvre qu'il affectionnait, ce western écrit par Dalton Trumbo (lui-même persécuté pendant le maccarthysme pour ses convictions) exalte la figure de l'Homme libre et droit dans ses bottes, plus enclin à suivre la morale que les lois iniques du monde moderne, dût-il tout sacrifier. Respect.

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"Fight Club" : les enfants du siècle dernier

ECRANS | Jeudi 30 novembre, on pourra (re)découvrir sur grand écran le film culte de David Fincher sorti en 1999.

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Iriez-vous voir les yeux fermés un film dont l’un des héros est un projectionniste ? Formulée ainsi, la proposition confine au non-sens ou au piège grossier. Non, il ne s’agit pas ici d’une séance de Cinema Paradisio ou de quelque autre douceur empreinte de nostalgie, mais de la reprise d’un film mythique de David Fincher : Fight Club (1999). Dans cette adaptation du roman de Chuck Palahniuk, Tyler Durden (joué par Brad Pitt) pratique en effet l’art de la projection de manière occasionnelle et surtout personnelle. C’est bien le moindre des particularismes de ce charismatique et décomplexé VRP spécialisé dans la savonnette qui va libérer, délivrer, un agent d’assurances neurasthénique (campé par Edward Norton) de sa sinistrose coutumière. Sa méthode ? La fréquention du Fight Club, que tous deux vont créer. Mais qu’est-ce que le Fight Club ? C’est là que le bât blesse : la première des règles du Fight Club consistant à ne pas parler du Fight, même au prix d’une prétérition digne d’un casuiste septième dan, vous n’en saurez pas davantage. Sauf en allant (re)voir ce film, qui mé

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