Vers une saison de transition à l'Amphithéâtre

ACTUS | L’hiver dernier, l’équipe qui gère la salle de spectacle pontoise depuis cinq ans a été remerciée par la municipalité. Se pose du coup la question de l’avenir du lieu. Visiblement, on se dirige vers « une année de transition » avec la conservation des propositions jeune public déjà planifiées par l'ancienne directrice Emmanuelle Bibard.

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juillet 2015

Les derniers mois à Pont-de-Claix ont été compliqués côté culture, avec le débarquement de l'équipe aux commandes de l'Amphithéâtre par la municipalité socialiste qui trouvait la programmation trop élitiste – tout est résumé dans ce dossier. Alors qu'on pensait aller à la pêche aux infos à la rentrée pour en savoir plus sur le devenir de la salle, voilà que nous recevons en plein milieu de l'été un mail de l'Amphithéâtre qui, en plus de remercier ceux qui ont « soutenu et accompagné ce projet pendant cinq ans », évoque le « futur du projet culturel et de l'équipe ».

Voici le communiqué, visiblement de pacification, l'accompagnant : « La scène Rhône-Alpes / Amphithéâtre change de projet artistique au 1er septembre 2015. Après une mobilisation, depuis février, contre la perspective de disparition d'un lieu de diffusion exigeant pour le spectacle vivant, une phase de concertation s'établit aujourd'hui entre l'équipe de l'Amphithéâtre (8 salariés) et la ville du Pont-de-Claix. Le service culturel s'oriente vers une année de transition avec la programmation éventuelle de huit spectacles professionnels à vocation citoyenne et éducative. Les spectateurs, et tout particulièrement les jeunes, retrouveront quelques artistes fidèles de la programmation comme Anna Fascendini, créatrice pour la petite enfance, ou le metteur en scène Éric Massé. »

« Faciliter l'accès à la culture »

Le mail cite ensuite la Ville de Pont-de-Claix qui détaille ses nouvelles orientations : « La Ville a engagé une réflexion participative afin de définir son nouveau projet culturel dont les enjeux sont, entre autres, de faciliter l'accès à la culture à l'ensemble de la population pontoise et d'élargir l'offre culturelle. L'Amphithéâtre, qui est l'un des outils de la politique culturelle globale de la ville, s'inscrit pleinement dans cette démarche et continuera à accueillir des spectacles et le public dès la rentrée. Le service culturel vous donne rendez-vous le samedi 19 septembre pour la présentation de la prochaine saison culturelle de Pont-de-Claix. »

Avec, en contact, Laurent Ageron, ancien boss de Rocktambule, aujourd'hui chef de projet des Grands Moulins de Villancourt et coordinateur du programme science et culture de la ville. Ça va donc fortement bouger dans les années à venir à Pont-de-Claix, avec ce projet intrigant et séduisant de « cité-planétarium pour s'émerveiller de la terre, de l'univers et des arts ». Quant au devenir même de l'Amphi et son intégration (ou pas) au sein de cette grande aventure, on attend la rentrée pour en savoir plus, car ça reste encore flou pour nous aujourd'hui.

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Grenoble : zoom sur 8 œuvres du campus

ESCAPADES | Sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, on peut trouver des étudiants, des bâtiments en béton, et de nombreuses œuvres d’art signées de grands noms comme Alexander Calder ou François Morellet. En voici huit devant lesquelles nous passons parfois sans prêter attention, alors qu’elles méritent largement tout notre intérêt. Par Alice Colmart et Ismaël Bine

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Grenoble : zoom sur 8 œuvres du campus

Dans ses rues, dans ses jardins, sur ses murs, le campus de Saint-Martin-d'Hères regorge de joyaux de l'art contemporain. Des sculptures, des mosaïques ou encore des fresques dont on ne soupçonne parfois pas l’existence tant certaines sont discrètes. « Ces œuvres sont installées en permanence, les étudiants passent à côté tous les jours ou presque et ne s’en rendent pas forcément compte. Même les personnels, qui sont parfois là depuis 20 ans, ne voient pas nécessairement ce qu’il y a autour d’eux. Pour identifier les créations, il faut les montrer du doigt. » C’est de cette manière que pendant plus d’une heure, Lisa Pak, guide en charge de la valorisation du patrimoine pour Un Tramway nommé culture (le service culturel de la fac), nous a dévoilé huit œuvres plus ou moins bien cachées sur les 175 hectares du campus. Pour la plupart, elles sont nées d’une loi appelée « 1 % artistique ». « Lors de la construction d’un bâtiment public, une école, une université, une gendarmerie…, 1 % du budget hors fondation est réservé à l’achat ou la commande d’une œuvre contemporaine. L’objectif étant bien sûr de valoriser l’art contemporain.

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Culture sous haute surveillance politique

politique culturelle | Fini le temps où les politiques culturelles étaient construites main dans la main avec les artistes et les professionnels ? Aujourd’hui, les élus semblent de plus en plus vouloir se réapproprier ce secteur avec, parfois, des méthodes abruptes et des arguments spécieux – ah, le fameux mot élitisme mis à toutes les sauces. Retour sur les derniers faits en date, notamment à Seyssinet-Pariset.

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 31 octobre 2016

Culture sous haute surveillance politique

« On n’a pas très envie de revenir sur ce sujet. » Voilà ce qu’on nous répond à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset lorsqu'on cherche à joindre l’équipe pour évoquer les difficultés qu’elle rencontre avec la mairie (de droite) et l’adjoint à la culture Frédéric Battin. Retour en mars 2016. La directrice de la salle de spectacle, Noémi Duez, boucle sa programmation pour la prochaine saison. Mais juste avant le dévoilement de celle-ci, la mairie lui demande un changement : sur les 17 spectacles prévus, un va devoir disparaître de la plaquette. Ce sera Vous reprendrez bien une petite danse, pièce de danse contemporaine présentant des personnes âgées. Comme l’Ilyade est une salle municipale (ce qui est le cas de nombreuses autres dans l’agglo), l’élu à la culture dispose d’un droit de regard. « Je me dois de donner une couleur à la programmation. Il nous a semblé que ce spectacle était celui qui correspondait le moins à ce que nous voulions pour l’Ilyade. » La programmation est pourtant un travail en soi, confié à la directrice et son équipe. Alors pourquoi cette décision, justifiée entre autr

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Festival de marionnettes : ainsi fait, fait, fait Pont-de-Claix

Festival jeune public | La première édition du Festival de marionnettes est organisée du lundi 24 au vendredi 28 octobre à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix. Avec notamment l'excellente compagnie La Pendue.

Aurélien Martinez | Mardi 18 octobre 2016

Festival de marionnettes : ainsi fait, fait, fait Pont-de-Claix

En cette période où l’on est plutôt habitués à voir mourir les festivals, la naissance d’un nouveau à quelque chose de savoureux. Et d’inattendu, comme l’heureux événement arrive du côté de l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, salle de spectacle que la Ville avait reprise dans son giron en 2015, non sans fracas. Du coup, on a contacté Laurent Ageron, responsable de l’Amphi au sein du service culturel de la mairie, pour comprendre pourquoi il a décidé de lancer cet automne la première édition du Festival de marionnettes. « D’abord on voulait à nouveau positionner l’Amphithéâtre à l’échelle de l’agglomération. Ensuite, il y a une longue tradition du jeune public ici à l’Amphithéâtre, donc ça me semblait pertinent de continuer là-dessus. Et, enfin, il n’y a plus aujourd’hui de festival de marionnettes sur Grenoble, alors qu’il y a du public pour ça et qu’il y a sur l’agglomération des compagnies de marionnettes de première importance. » D’accord. Concrètement, lors de cette première édition organisée sur une semaine de vacances scolaires, on pourra découvrir quatre spectacles, dont la reprise de l’excellent Poli

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Grenoble ramène sa science

ACTUS | À l’occasion du festival Pint of Science organisé du 23 au 25 mai dans vingt villes françaises, on se demande où se pense la science à Grenoble. Echosciences, la Casemate, le projet des Grands Moulins de Villancourt… : on a trouvé plusieurs réponses prometteuses pour l’avenir.

Tiphaine Lachaise | Mardi 17 mai 2016

Grenoble ramène sa science

Au regard de l’agenda de la semaine, la culture scientifique ne saute pas forcément aux yeux à Grenoble et dans l’agglo, alors que la capitale des Alpes est réputée pour être à la pointe dans ce domaine. Un constat qui n’a pas effrayé Élise Delaforge, jeune docteure en biophysique qui a décidé d’importer l’événement Pint of Science à Grenoble : des rencontres avec des scientifiques autour de thèmes précis et dans un bar, pour désacraliser la chose. Le festival entame sa seconde édition grenobloise. « À Grenoble, les gens ont l’habitude d’être curieux » explique-t-elle. Un point de vue que partage Gilles Grand, des Cafés sciences et citoyens de l’agglomération grenobloise, même si selon lui il reste « une certaine défiance du public envers la science ». D’où son envie de « faire le lien entre les citoyens et les scientifiques ». Sur le même principe de rencontres, son association œuvre depuis 10 ans pour la vulgarisation et a su fédérer une communauté – « entre 40 et 80 personnes minimum à chacune de nos rencon

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Amphithéâtre : Christophe Ferrari s’exprime enfin

ACTUS | Alors qu’il y a tout juste cinq ans, la mairie de Pont-de-Claix décidait de changer totalement la ligne de son théâtre en l’axant sur la création très contemporaine, nouveau changement avec la reprise en main de l’équipement par cette même mairie. En cause, la programmation de la directrice jugée trop élitiste. Presque deux mois après la publication de l’information, le maire Christophe Ferrari s’exprime enfin sur le sujet. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 avril 2015

Amphithéâtre : Christophe Ferrari s’exprime enfin

Changement de position à la mairie de Pont-de-Claix au sujet de l’Amphithéâtre. Alors que Christophe Ferrari souhaitait visiblement rester loin, très loin, de la polémique entourant l’Amphithéâtre, demandant à son adjointe à la culture de justifier son choix de remercier la directrice de la structure culturelle, il fait machine arrière, sans doute au vu de la tournure que prennent les événements – beaucoup s’émeuvent de sa décision, parfois violemment comme l’ancien directeur de l’Amphithéâtre Michel Belletante dans une lettre ouverte au vitriol. Une prise de parole tardive de l’édile (plus d’un mois après les premiers papiers dans la presse) expliquée aujourd’hui par une volonté de ne pas interférer à l’époque sur les élections départementales qui se sont déroulées fin mars. « Rendre la culture accessible à tous » Jeudi 9 avril, une poignée de jo

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Amphithéâtre : Michel Belletante prend la parole

ACTUS | Le metteur en scène qui fut directeur de l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix de 1996 à 2010 nous a fait parvenir la lettre ouverte virulente qu'il a adressée à Christophe Ferrari, le maire de Pont-de-Claix. Et se positionne clairement contre la décision municipale concernant l'avenir de l'Amphithéâtre.

Aurélien Martinez | Jeudi 19 mars 2015

Amphithéâtre : Michel Belletante prend la parole

Alors qu’il y a tout juste cinq ans, la mairie de Pont-de-Claix décidait de changer totalement la ligne de son théâtre en l’axant sur la création très contemporaine, nouveau changement avec la reprise en main de l’équipement par cette même mairie. En cause, la programmation de la directrice jugée trop élitiste comme on l'évoquait ici. Voici la réaction du metteur en scène Michel Belletante. Lettre ouverte à Christophe Ferrari Maire de Pont-de-Claix, Président de la Métro Christophe, Alors ça y est, tu y es arrivé ! Arrivé à tuer l'indépendance et la (semi)liberté de l'Amphithéâtre. Cette parole, à côté de la tienne, de mon "temps" à la place de la tienne, que tu n'as jamais supportée car elle te dépassait, tu as fini par l'avoir et la faire taire pour un bon moment ! Oui, car elle

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Le Pont-de-Claix : l’avenir de l’Amphithéâtre en question

ACTUS | Alors qu’il y a tout juste cinq ans, la mairie du Pont-de-Claix décidait de changer totalement la ligne de son théâtre en l’axant sur la création très contemporaine, nouveau changement avec la reprise en main de l’équipement par cette même mairie. En cause, la programmation de la directrice jugée trop élitiste. On fait le point avec les acteurs concernés.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mars 2015

Le Pont-de-Claix : l’avenir de l’Amphithéâtre en question

« Un coup de théâtre tellement violent. » Forcément, Emmanuelle Bibard, directrice de l’Amphithéâtre depuis 2010, ne prend pas très bien la fin de la convention entre la mairie du Pont-de-Claix et Amphipédia, l’association qui gère l’Amphithéâtre, puisque cela signifie la non-reconduction de son projet. « C’est une décision politique arbitraire, un repli sur soi inquiétant par rapport à l'héritage des années 1980 » – les fameuses années Jack Lang. « On ne ferme pas une salle, on la reprend » assure pourtant Corinne Grillet, adjointe à la culture auprès du maire Christophe Ferrari depuis les dernières élections. Une décision motivée par un bilan jugé trop faible niveau « ancrage avec le territoire ». Corinne Grillet nous parle de « programmation élitiste », alors qu’elle en souhaiterait une plus à l’écoute des habitants de sa ville « qui ne vont même pas au cinéma ». Emmanuelle Bibard, elle, condamne ces « élus qui veulent de la rentabilité à court terme »,

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En route vers 2014 / 2015

ACTUS | Deuxième épisode (sur quatre) de notre série d’articles consacrés à ce que l’on découvrira la saison prochaine sur les différentes scènes de l’agglo. Avec cette semaine le Théâtre municipal de Grenoble, l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères et l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

En route vers 2014 / 2015

Le Théâtre municipal de Grenoble 2014 / 2015 sera une année dans la parfaite continuité des précédentes élaborées par la directrice Evelyne Augier-Serive, entre grands noms, humoristes stars, textes d’auteurs, vaudevilles et créations plus atypiques. Dans ce flot de propositions, côté rire, on retient la venue de l’efficace Troupe à Palmade avec le spectacle L’Entreprise, le retour de Marianne James sur scène avec un nouveau personnage baptisé Miss Carpenter, ou encore le rendez-vous avec le Dauphinois Serge Papagalli (La Santé par les plantes, sur les fameux Maudru). Côté répertoire, nous intriguent la mise en scène de La Tempête de Shakespeare par Christophe Lidon avec l’excellent Claude Rich, celle de L’Avare de Molière par Jean-Louis Martinelli avec Jacques Weber, et surtout Le Misanthrope (encore Molière) revu et corrigé par l’excellentissime Michel Fau, avec au casting Julie Depardieu et la trop rare Édith Scob.

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"Une plage au Pont-de-Claix" : sea, sex and sun

Spectacle | Un petit tour à la plage ? C’est ce que nous propose Catherine Contour, avec cette « expérience esthétique » créée in situ. Rencontre avec cette artiste atypique, aussi bien formée à la danse qu’aux arts décoratifs, pour en savoir plus sur cette curieuse et alléchante proposition.

Aurélien Martinez | Jeudi 24 mai 2012

Vous vous définissez comme une "artiste plagiste". C’est-à-dire ? Catherine Contour : J’ai une petite histoire à vous raconter. Depuis longtemps, je fais des propositions aux formes multiples et variées. On me demande souvent ce que c’est, si je suis plasticienne, chorégraphe, on voit que j’aime le son, le design, les jardins... Je suis en fait sur plusieurs domaines, de façon transversale, alors qu’en France, c’est plutôt sectorisé. Ça pose des questions. Pour ma part, j’aime beaucoup les passages de frontières, la porosité entre les différents genres... Pour un festival sur ces formes hybrides venues d’ailleurs, on m’avait incitée à définir mon travail, comme je ne fais pas vraiment de spectacle, ni de workshop, ni d’atelier... J’ai alors pris mon dictionnaire, je l’ai ouvert au hasard, et je suis tombée sur le mot plagiste. En lisant la définition, je me suis dit que c’était tout à fait ça ! Car je travaille sur les espaces, sur les gens qui viennent dans ces espaces, sur l’organisation du temps qui passe.... Donc si je suis plagiste, je peux dire que je fais des plages ! À partir de là, tout s’est un peu construit suivant

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Les gardes du corps

SCENES | Amphithéâtre 2 a en apparence tout d’un colloque lambda ; mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien un spectacle auquel nous assistons. Trois hommes, (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 16 mai 2012

Les gardes du corps

Amphithéâtre 2 a en apparence tout d’un colloque lambda ; mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien un spectacle auquel nous assistons. Trois hommes, derrière une grande table face public, se lancent dans une conférence autour « du corps dansant ». Mais le sérieux de ce genre de manifestationd est petit à petit troublé par le comportement des trois interprètes, danseurs et chorégraphes (Jérôme Andrieu, Herman Diephuis et Frédéric Seguette), très pince-sans-rire. Cet Amphithéâtre 2 (2, car il y a eu une première version féminine) a été élaboré par Stéphanie Aubin, chorégraphe formée à l’école américaine de Merce Cunningham et Trisha Brown, qui est maintenant à la tête du Manège, la scène nationale de Reims. Avec ce spectacle drôle et extrêmement bien construit dans son discours, elle questionne avec intelligence le monde de la danse et son rapport au corps. À découvrir jeudi 24 mai à 20h, à l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, dans le cadre du festival Concentré de danses. AM    

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Awards 2011 théâtre

SCENES | L’award du meilleur spectacle de l’année… voire plus : Notre terreur Car oui, des créations comme celle du collectif parisien D’ores et déjà, découvert (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 16 décembre 2011

Awards 2011 théâtre

L’award du meilleur spectacle de l’année… voire plus : Notre terreur Car oui, des créations comme celle du collectif parisien D’ores et déjà, découvert au printemps à la MC2, on n’en voit malheureusement pas tous les jours. Leur Notre terreur, relecture des derniers jours de Robespierre en s’axant sur l’exercice du pouvoir d’une poignée de révolutionnaires propulsée à la tête du Comité de salut public, fut un acte théâtral d’une très grande force, élaboré avec une méthode singulière nourrie d’improvisations. D’où, à l’époque, notre titre de Une on ne peut pluspéremptoire : « ça c’est du théâtre » ! L’award du lieu qui se cherche : Le Tricycle C’est l’idée qui avait occupé les théâtreux grenoblois pendant au moins un an : la volonté de la municipalité de co

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De fil en aiguille

SCENES | La saison dernière, on avait découvert la compagnie La Manœuvre à l’Amphithéâtre, avec Mue : une proposition de cirque basée sur la manipulation (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 8 décembre 2011

De fil en aiguille

La saison dernière, on avait découvert la compagnie La Manœuvre à l’Amphithéâtre, avec Mue : une proposition de cirque basée sur la manipulation d’"objets-corps" étranges, qui produisaient leurs effets visuels. Gaëlle Bisellach-Roig, lauréate en 2006 du prix Jeune Talent Cirque, revient à Pont-de-Claix, cette fois-ci avec Bobinette et Tricotine, création jeune public dont on a seulement pu découvrir quelques courts extraits en DVD. Des images qui semblent néanmoins confirmer la présence de qualités que l’on trouvait déjà dans Mue : notamment un sens de l’esthétisme soigné, grâce encore à l’utilisation de leurs "objets-corps" – ici un pied se dissocie de sa jambe ; là un troisième bras sort de nulle part… Porté par deux interprètes féminines (dont Gaëlle Bisellach-Roig elle-même), le spectacle évoque Tricotine, une couturière qui confectionne Bobinette, une poupée magique. Après avoir été choyée par sa conceptrice, cette dernière devient jalouse de la présence d’un nouveau mannequin : toute l’harmonie est donc à revoir, comme une métaphore des familles recomposées. À découvrir en famille, du mercredi 14 au vendredi 16 décembre. AM

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Cinéma, cinéma...

SCENES | Spectacle / Si vous tapez «Woo» dans Google, vous avez de grandes chances de tomber sur John Woo, et finalement de bien tomber, tant ce cinéaste (...)

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

Cinéma, cinéma...

Spectacle / Si vous tapez «Woo» dans Google, vous avez de grandes chances de tomber sur John Woo, et finalement de bien tomber, tant ce cinéaste s’adonne à la chorégraphie et à l'envol ralenti de colombes. Mais c'est à Frederico Fellini, autre réalisateur chorégraphe qui n’a pas son pareil pour enchevêtrer, éclater plusieurs histoires et plusieurs dimensions du récit, que l’on pense en regardant les spectacles des Woo. Pour EJ, leur nouvelle proportion visible mercredi 9 et jeudi 10 novembre à l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, ils ont mis en place une forme plus intimiste que sur La Storia (présentée en 2009 à la MC2). Soit un duo entre le danseur Ennio Sammarco, ancien interprète chez Maguy Marin, et le batteur Josselin Varengo, pour un spectacle hybride sur la rencontre entre deux êtres. On a pu en découvrir un bout lors d’une répétition publique : difficile d’émettre un quelconque jugement, mais force est de constater que leur univers évocateur (grâce notamment à une création lumière remarquable) embarque l’œil en moins de deux. JED & AM

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Les nouveaux horizons de l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix

ACTUS | En cette rentrée, Emmanuelle Bibard entame sa première saison à la tête de l’Amphithéâtre du Pont-de-Claix (parce qu’on dit Le Pont-de-Claix nous apprend-t-elle !). Avec la volonté d’en faire un lieu de création contemporaine ancré dans la cité. Propos recueillis par AM

Aurélien Martinez | Vendredi 24 septembre 2010

Les nouveaux horizons de l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix

Suite au départ forcé de Michel Belletante, vous avez été nommée à la tête de l’Amphithéâtre en janvier dernier. Pas un peu tard pour élaborer une saison ? Emmanuelle Bibard : Dès janvier, j’ai commencé à venir un peu de manière épisodique, comme je travaillais encore à la Biennale de la danse de Lyon. J’ai pris réellement mes fonctions au service culturel de la ville du Pont-de-Claix le 1er mars 2010, même si, effectivement, Michel Belletante était directeur de l’Amphithéâtre jusqu’au 31 août dernier. C’était vraiment un choix de la municipalité de prendre quelqu’un dès le mois de mars pour pouvoir préfigurer un nouveau projet, une nouvelle ambition, une nouvelle manière d’être en relation avec le public. Cette période de transition n’a pas été si simple que ça – il faut être honnête –, ni pour Michel, ni pour moi, puisqu’on était sur une configuration avec deux directeurs en même temps. Mais on a joué cartes sur table dès janvier, entre la municipalité, Michel et moi, pour se dire que Michel était dégagé de la programmation. On s’est simplement mis d’accord sur trois équipes artistiques avec lesquelles il s’était déjà engagé [la

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«Sans feu ni lieu»

SCENES | THÉÂTRE / C’est le dernier mois de Michel Belletante à la tête de l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix – Emmanuelle Bibard des Biennales de Lyon lui succédera en septembre prochain. L’occasion pour notre homme de théâtre de dresser un bilan autour d’une création mystère au nom évocateur : Surprise(s) ! Propos recueillies par Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 17 mai 2010

«Sans feu ni lieu»

Petit Bulletin : Votre ultime création en tant que directeur de l’Amphithéâtre se nomme Surprise(s)… C'est-à-dire ?!Michel Belletante : Je vais faire ça à l’image d’une présentation de saison. Mais au lieu qu’elle soit prospective, elle sera rétrospective, en revenant sur les treize ans de spectacle passés. Sera-t-elle vindicative, à l’image de cette dernière année [Michel Belletante a été remercié l’année dernière, d’où une saison très « rouge »] ?L’énervement, le deuil… tout ça, c’est un peu passé ! Ça peut évidemment faire du bien, notamment lorsqu’il s’agit de rappeler certains principes. Mais je ne me m’embarquerai pas dans l’attaque impulsive. Quel regard portez-vous sur vos années passées à l’Amphithéâtre, où vous avez fini par être l’un des rares artistes à la tête d’un théâtre dans l’agglo ?Ça a été les treize ans de la construction d’un projet, dont le public nous a témoigné l’apport : des gens venaient de loin parce qu’ils ne trouvaient pas ailleurs ce que l’on faisait à l’Amphi ! Du coup, l’intégralité de l’investissement mis dans ce lieu se justifie en quelques minu

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Mise au poing

SCENES | Alors que l’échéance de son mandat en tant que directeur de l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix se profile, Michel Belletante défend vaillamment sa dernière saison, à l’heure où la nouvelle municipalité entend prendre d’autres orientations en matière culturelle. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Lundi 12 octobre 2009

Mise au poing

Petit Bulletin : La ville de Pont-de-Claix a commandé un rapport à Michel Dibilio, rapport dont il ressort que les aspirations de la municipalité tendent à une désacralisation de la chose culturelle, à amener la culture au plus grand nombre notamment en investissant l’espace public. Tu te portes en faux par rapport à cette vision des choses...Michel Belletante : Dans la perception socialiste de la culture, Jack Lang est depuis longtemps la référence, l’arbre qui cache la forêt. Dans la mentalité des élus et même des militants socialistes – à part la Région qui a une vision différente -, la culture rime toujours avec social. Ce ne sont pas des gens qui emploient le terme de démocratisation culturelle, mais lui préfère celui de démocratie culturelle. En d’autres termes, ça signifie ouvrir le chemin le plus large possible. Mais on met du coup au même niveau des choses balbutiantes et des pratiques artistiques professionnelles – et ça me heurte profondément, parce que ça délaisse le terrain du sens pour entrer dans ce que j’appelle la culture du rassemblement. Et je crois qu’aujourd’hui, au moment où les gens sont surinformés, abreuvés de sond

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Je suis une légende

MUSIQUES | MUSIQUE / Si le rap français “de rue” a enfin pu relever la tête en 2006, c’est en grande partie grâce au premier album de Sefyu, “Qui suis-je ?”. Plus hardcore, plus talentueux, et plus original que 90% de la concurrence, ce dernier sera mercredi prochain au Foyer de la MJC de Pont-de-Claix. Damien Grimbert

| Mercredi 21 février 2007

Je suis une légende

Défendre le talent de Sefyu face à un public non-initié n’est pas chose facile. Avec son flow rocailleux / racailleux à faire passer Booba pour un jeune étudiant BCBG, et ses paroles brutales et crues, il n’est pas près de détrôner le surfait Abd Al Malik dans les conversations mondaines. Et pourtant, dès la première écoute, quelque chose accroche l’oreille. Une présence, une élocution travaillée qui semble pourtant spontanée, quelques astuces d’écriture captées à la va-vite… C’est une évidence : Sefyu rappe très bien. Les sonorités minimalistes, sombres, lancinantes, et les rythmiques tranchantes maltraitant sans concession mélodies orientales ou chants d’église, jouent parfaitement leur rôle. Et le propos surprend à plus d’une reprise. Comme dans La Légende, un des morceaux-phares de l’album, qui a amplement contribué à la création du buzz autour de ce jeune type d’Aulnay-sous-Bois. Vindicatif, sur un beat gras et rugueux, il y fait violemment s’entrechoquer les clichés des médias, de l’opinion publique, et ceux entretenus dans les cités. Histoire de renvoyer la balle à chacun, pour mieux conclure par un acide «La légende veut qu’on n’inverse pas les rôles / J’imagine pas Chirac

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