Et le Petit 38 devint le Midi / Minuit

ACTUS | En mars 2017, la metteuse en scène Chantal Morel a quitté le Petit 38 qu’elle avait fondé vingt ans plus tôt quartier Saint-Laurent. Et en a confié les clés au jeune collectif grenoblois Midi / Minuit, qui a du coup rebaptisé le lieu histoire que tout soit bien clair. On a rencontré l’un de ses membres pour en savoir plus.

Alice Colmart | Lundi 15 janvier 2018

Depuis presque un an, le bail du Petit 38, minuscule théâtre situé rue Saint-Laurent, a été repris par Midi / Minuit, collectif de quatre bénévoles porté par les comédiens et metteurs en scène Florent Barret-Boisbertrand et Élisa Bernard (à droite sur la photo), tous deux issus du Conservatoire de Grenoble. Précédemment occupé par la metteuse en scène Chantal Morel et sa troupe, cet ancien café-restaurant de 89 m² va donc évoluer. « Le Petit 38, c'est avant tout un lieu de vie, de rencontre, de réflexion. Chantal Morel a fait perdurer cette idée depuis 1997. Ce n'est pas parce que le lieu devient le Midi / Minuit que l'on marque une rupture avec ce qu'elle voulait » nous assure Florent Barret-Boisbertrand.

Car l'âme du lieu vient avant tout de son architecture : le hall d'entrée, le bar ou encore l'arrière-petite salle peuvent faire office d'endroits pour répéter ou se produire. « Ici, les artistes sont en contact direct avec leur public. C'est une dimension importante pour nous. On souhaite d'ailleurs renforcer cette proximité, comme avec le projet pour un spectateur baptisé Cry me a river : écrit et mis en scène par Élisa, il sera visible depuis les toilettes ! »

« C'est compliqué financièrement »

Niveau programmation, Midi / Minuit voit grand et varié. « On fonctionne un peu comme les théâtres berlinois. En l'espace d'une semaine, on peut voir une conférence, une exposition, une projection, une pièce de théâtre… Pour les prochains mois, on a ainsi prévu un concert de rock signé Pelouse, des lectures érotiques par Fabienne Courvoisier ou encore du clown avec Émilie Geymond. On a également pour projet d'organiser des soirées jeux de société le lundi soir et des spectacles jeune public le mercredi après-midi. »

Avec ce changement de nom, l'équipe de bénévoles qui gère le théâtre sans subvention (« Pour nous, c'est compliqué financièrement. On a un système de micro-mécenat. N'importe qui peut nous aider à hauteur de quatre euros par mois au minimum, sur douze mois. ») souhaite donc faire savoir au public que le Petit 38 n'est plus lié à Chantal Morel, partie vivre des aventures artistiques ailleurs. Et que des nouvelles choses vont s'y passer. Pour, évidemment, attirer un nouveau public.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

En attendant le public... (épisode 2)

SCENES | L'équipe du Petit Bulletin est repartie à la rencontre des compagnies de théâtre et de danse pour recueillir leurs impressions sur la crise sanitaire et l'évolution de leur travail au quotidien. Cinq d'entre elles nous ont répondu pour témoigner de leurs incertitudes persistantes, mais aussi, parfois, d'un relatif optimisme.

La rédaction | Vendredi 5 février 2021

En attendant le public... (épisode 2)

Yoann Bourgeois – Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) « C’est difficile car cette crise a touché le cœur de nos activités. Mais c’est aussi difficile pour moi de dire que c’est difficile parce que je sais que beaucoup d’autres sont plus impactés que nous au CCN2, qui sommes une institution assez solide économiquement. Même si, bien sûr, notre économie repose beaucoup sur la diffusion – on tournait énormément –, presque totalement à l’arrêt depuis un an. » Pour Yoann Bourgeois, codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (en binôme avec Rachid Ouramdane), cette crise sanitaire a chamboulé énormément de choses, notamment au niveau artistique puisque trois de ses créations sont en suspens : Hurricane, pour le ballet de l’Opéra de Göteborg en Suède, répétée entre janvier et mars 2020 mais qui n’a pu pour l’instant être jouée que le soir de la première en mars (on devrait cependant la voir la saison prochaine à la MC2) ; I wonder where the dreams I don't remember go, pour la fameuse

Continuer à lire

Sarah Kane : l’amour et la violence

Lecture | Mercredi 13 février à l'Amphidice, on aura droit à une lecture de la pièce "L’Amour de Phèdre" de la mythique dramaturge anglaise. On vous en dit plus.

Nathalie Gresset | Mardi 5 février 2019

Sarah Kane : l’amour et la violence

Mercredi 13 février, pour la cinquième année consécutive, le collectif grenoblois Troisième bureau et l’Université Grenoble Alpes célèbreront le théâtre contemporain avec une soirée de lecture autour de Sarah Kane, dramaturge britannique morte il y a vingt ans à l’âge de 28 ans. Pour l’occasion, Florent Barret-Boisbertrand, metteur en scène et comédien grenoblois, mettra en voix L’Amour de Phèdre, œuvre inspirée du mythe de l’amour de Phèdre pour Hippolyte magnifié notamment par Racine au XVIIe siècle. « Je m’intéresse aux réécritures contemporaines des mythes et c’est ce que Sarah Kane nous propose ici, avec un parti pris assez singulier, assez noir qui me plaît beaucoup. » Pour lui, l’œuvre de Sarah Kane est « fulgurante » : la dramaturge anglaise a ainsi écrit cinq pièces, qui « sont toujours autant montées aujourd’hui et pourtant difficiles à mettre en scène car Sarah Kane dépeint des rapports d’une extrême tension, brutalité, surtout dans L’Amour de Phèdre. Il règne un certain mystère autour de son écriture et la dimension de violence qui émane de son théâtre m’interroge bea

Continuer à lire

"Cry me a river" : face à face théâtral au Midi / Minuit

Théâtre | Rendez-vous samedi 23 et dimanche 24 juin pour découvrir ce drôle de spectacle pour un spectateur.

Aurélien Martinez | Mardi 19 juin 2018

Au Midi / Minuit, petit théâtre grenoblois de la rue Saint-Laurent anciennement connu sous le nom de Petit 38, il se passe pas mal de choses depuis que le jeune collectif du même nom a repris le bail auparavant détenu par la metteuse en scène Chantal Morel. Beaucoup de choses variées (du théâtre, de la musique, du cinéma, des rencontres…), avec l’idée de proposer un véritable lieu de vie ouvert à tous et le plus longtemps possible en journée (d’où le nom du collectif). Une volonté et une originalité d’approche matérialisées dans la pièce Cry me a river qu’ils jouent depuis plusieurs semaines et qu’ils redonneront samedi 23 et dimanche 24 juin en continu de 12h à 23h30, à raison d’une représentation par demi-heure. Soit un « spectacle pour un.e spectateur.rice et un.e interprète » sur un texte écrit par la metteuse en scène et comédienne Élisa Bernard, membre du collectif, que l’on reçoit derrière une vitre, le nez collé à l’interprète qui nous le délivre. Une expérience sensorielle étrang

Continuer à lire

Le Petit 38 voit plus grand avec le collectif Midi/Minuit

ACTUS | Ça s’active du côté du Petit 38 : le lieu tenu par la metteuse en scène Chantal Morel va ainsi être ouvert continuellement pendant les six prochains mois, avec des spectacles presque tous les soirs. La faute à Midi / Minuit, jeune collectif qui en veut. On fait les présentations. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 11 janvier 2016

Le Petit 38 voit plus grand avec le collectif Midi/Minuit

Le Petit 38, c’est un lieu à part à Grenoble, situé rue Saint-Laurent. Un local qui aurait dû être un restaurant, mais que la metteuse en scène Chantal Morel et son équipe ont finalement transformé en 1997 en place culturelle. Un petit espace avec une antichambre d’accueil à l’entrée et une salle d’une trentaine de places au fond. Depuis presque vingt ans, le Petit 38 accueille divers spectacles programmés par Chantal Morel, dont parfois les siens. Aujourd’hui, elle souhaite « le partager ». Le collectif Midi / Minuit a du coup vu le jour, porté par deux jeunes comédiens et metteurs en scène issus du Conservatoire de Grenoble : Élisa Bernard et Florent Barret-Boisbertrand. Pour lancer une nouvelle dynamique, comme nous l’a expliqué Florent Barret-Boisbertrand. « C’est venu de discussions avec Chantal. À la base, j’avais voulu la rencontrer pour voir s’il y avait la possibilité de faire un spectacle au Petit 38, un lieu que j’aime énormément. Elle m’a alors expliqué que, pour diverses raisons, c’était plutôt compliqué en ce moment au Petit 38, qu

Continuer à lire

Chantal Morel, l'exigeante

Théâtre | À l’occasion de la reprise de son "Pauvre fou !" au Théâtre Prémol, on a rencontré la metteuse en scène Chantal Morel, figure emblématique de la scène théâtrale grenobloise, pour l’interroger sur quelques dates fortes de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 16 septembre 2013

Chantal Morel, l'exigeante

1997 : ouverture du Petit 38, quartier Saint-Laurent En quittant le Centre dramatique national fin 1989, à cause d’un étouffement, d’un manque de compréhension, on a repris la compagnie jusqu’en 1994. On tournait beaucoup, et il y avait alors une vraie fatigue de tout le monde. Je pense qu’on était arrivés au bout de ce système : venir dans un lieu, jouer, se casser. Une des personnes qui travaillait avec nous avant qu’on aille au CDNA avait pris cet endroit rue Saint-Laurent pour en faire un resto, mais ça n’a jamais marché. On est donc venus là, pour réfléchir. On s’est mis autour de la table, on a lu des textes, on a échangé. Un jour, je me suis mise à côté d’un comédien qui lisait un texte, et ça a été un véritable choc de le voir de si près… C’est hallucinant [l’architecture du lieu fait que l’on est à quelques mètres (voire centimètres) des comédiens – NDLR]. 2005 : Fermeture du Rio, couvent Sainte-Cécile C’était un relai exceptionnel. Le théâtre n’avait que comme souci d’avoir une dame devant un agenda pour nous donner les périodes disponibles. Du coup, on était renvoyés à comment l’on se débrouille chacun

Continuer à lire

Au théâtre ce soir

SCENES | Jusqu’au samedi 10 février se jouera au (Petit) 38 la pièce La Mort de Tintagiles, mise en scène par Jérémy Marchand d’après un texte de Maurice Maeterlinck. Si (...)

| Mercredi 24 janvier 2007

Au théâtre ce soir

Jusqu’au samedi 10 février se jouera au (Petit) 38 la pièce La Mort de Tintagiles, mise en scène par Jérémy Marchand d’après un texte de Maurice Maeterlinck. Si ce dernier s’avère loin d’être inintéressant, on n’a en revanche pas été convaincu (du tout) par la mise en scène, très austère et au rythme languissant. Que cela ne vous empêche pas pour autant de vous faire votre propre jugement, on n’est, après tout, jamais mieux servi que par soi-même…

Continuer à lire