Marion Gueydan de "Music'n'Gre" : « La scène locale est un berceau de créativité »

ACTUS | Depuis maintenant presque trois ans, le webzine Music’n’Gre fait tout pour encourager la scène musicale grenobloise, avec passion. Histoire de revenir sur le concept simple mais efficace, on a rencontré Marion Gueydan, spécialiste du web devenue rédactrice en chef… par hasard.

Alice Colmart | Mardi 6 novembre 2018

Comment vous êtes-vous retrouvée à suivre la scène locale ?

Marion Gueydan : J'ai mis un pied dedans par le biais de la photographie. En tant que photographe, il n'y a pas besoin d'accréditation pour les concerts dans les petites salles, c'est ce qu'il y a de plus simple. Je me suis donc retrouvée à participer à quelques événements de groupes locaux et c'est là que j'ai réalisé leur énorme potentiel !

Je me disais : c'est fou, ils sont très bons, ce sont des groupes de quatre ou cinq personnes, il y a toujours une réflexion derrière, ils s'investissent corps et âme dans leur projet, mais on met ça à cinq euros… Et ils n'ont pas de façon de se faire connaître.

D'où l'idée de lancer Music'n'Gre ?

À l'origine, ça ne devait pas être Music'n'Gre. J'avais monté en 2015 un blog sur lequel je postais mes photos de concert. Seuls mes amis connaissaient l'adresse et il ne devait pas être diffusé au grand public. Mais au fur et à mesure, lors des concerts, les groupes ont commencé à me repérer. Ils avaient besoin de visibilité, d'un relai. Et moi je voulais montrer aux gens qu'ils loupaient quelque chose, que la scène locale était un berceau de créativité.

Tout s'est alors bien profilé comme, à ce moment, je reprenais mes études dans le web. J'ai rencontré Auriane Poillet, qui est aujourd'hui journaliste. Elle a rejoint le projet en développement en rédigeant des articles. Et Diane Gaillard, une autre amie, qui est graphiste, troisième membre du CA, m'a proposé de créer l'univers visuel du webzine. Dès lors, on a fait de mon blog, déjà transformé en prémices d'un webzine, un véritable webzine

Et comment, aujourd'hui, fonctionne-t-il ?

On a commencé à deux, puis trois, et maintenant on est dix ! Nous ne sommes, pour le moment, que des bénévoles passionnés. Et si nos premiers contributeurs étaient étudiants, on a par exemple aujourd'hui un prof d'histoire musicien et même, bientôt, l'ex-administratrice de la super salle de concerts l'Épicerie Moderne, proche de Lyon.

Le but, c'est d'être une équipe la plus éclectique possible pour toucher le plus de personnes. Chacun avec ses spécialités – reggae, électro, transe, métal… – va couvrir une partie de l'actualité dans un genre musical qui lui est propre, mais toujours en évoquant seulement la scène locale. Et je dois dire qu'on n'est pas en manque d'idées à Grenoble, car toutes les salles contribuent à promouvoir la scène locale. Certaines plus que d'autres comme l'Ampérage, Eve, la Source, la Bobine mais aussi la Belle électrique qui, grâce à ses premières parties, fait connaître des groupes à un public venu à l'origine pour une tête d'affiche !

Alors certes, dans la scène locale, il y a à boire et à manger, des projets plus aboutis que d'autres. Parfois on est déçus par rapport à l'évolution d'un album pour lequel on était à l'origine enthousiastes par exemple. Mais on n'est pas là pour démolir le projet, notre ligne éditoriale est axée sur la valorisation des artistes.

Vous attendiez-vous à ce que le site prenne une telle ampleur ?

Pas du tout ! J'y suis allée à fond avec l'idée de bidouiller du site web, de bidouiller mes photos. Tout est allé très vite : ça fait trois ans que c'est un webzine, et presque un an et demi que c'est une asso. Et en trois mois, on est même passés de cinq à dix personnes dans l'équipe ! Côté projets, on va faire des appels à bénévoles bien plus ciblés. On recherche d'ailleurs une personne axée jazz. Et puis, on va toujours miser sur le web, en comptant sur la diversité des formats qu'il nous propose, créer des podcasts et continuer à faire de la vidéo – pour parler d'artistes, c'est vraiment ce qu'il y a de mieux.

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