Faces

MUSIQUES | Il est dans l’aventure Johnny Staccato depuis ses prémices, et en scande les compos de sa maîtrise de flûtiste aguerri. Rencontre avec Sergio Zamparo, le plus syncopé des Barbarins. Propos recueillis par FC

Christophe Chabert | Mercredi 24 janvier 2007

Quelle est l'idée maîtresse derrière les représentations éparses du Johnny Staccato Band ?
Sergio Zamparo : Une sorte d'ironie sur l'image qu'on a tous de l'Amérique, ses super héros, ses mythes, des USA avant l'arrivée du libéralisme. C'est bien évidemment un grand hommage à John Cassavetes, pour le vent de liberté et de réalité qui anime son état d'esprit cinématographique. Et pour le côté épars, c'est vrai qu'on joue à une régularité assez misérable, mais en même temps ça reste dans le concept d'un vrai groupe alternatif. Une idée qu'on a eu il y a dix ans, qui a connu des changements, des évolutions, un petit bijou précieux dans lequel on aime se retrouver, où on se sent ouverts.

Vos dernières prestations étaient des shows à part entière, avec notamment beaucoup de jeux de lumières et de vidéo. Quel est votre parti pris pour les trois concerts au 145 ?
On a appelé ça le Syncopated Club. Le principe est de plonger dans une situation paradoxale et intemporelle, en recréant une sorte de jazz-club à l'américaine, où l'entrée se fera par la porte de service, il y aura un espace de bar où les gens pourront faire des allers-retours avec la scène, on sera à deux mètres du public… Ce sera peut-être moins carré mais ce sera plus humain. On voulait retrouver une certaine intimité trop absente des lieux où l'on va maintenant pour écouter du jazz ou de la musique classique. Les petits clubs de jazz sont en train de disparaître, l'interdiction de fumer dans les bars va tomber, bientôt on ne pourra même plus y boire… On revient malgré nous, avec notre vision du “Smuggling Jazz“, à un jazz des origines lié au gangstérisme…

Vous faites un peu les Al Capone locaux, vous fournissez aux Grenoblois ce dont ils ont envie…
J'en sais rien, j'espère… Cette idée est due aussi à l'urgence dans laquelle on en vient à bosser, en utilisant les moyens du bord. Mais le plaisir, l'envie de s'exprimer l'emporte, et l'échange plus fort avec le public aussi.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

En attendant le public... (épisode 2)

SCENES | L'équipe du Petit Bulletin est repartie à la rencontre des compagnies de théâtre et de danse pour recueillir leurs impressions sur la crise sanitaire et l'évolution de leur travail au quotidien. Cinq d'entre elles nous ont répondu pour témoigner de leurs incertitudes persistantes, mais aussi, parfois, d'un relatif optimisme.

La rédaction | Vendredi 5 février 2021

En attendant le public... (épisode 2)

Yoann Bourgeois – Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) « C’est difficile car cette crise a touché le cœur de nos activités. Mais c’est aussi difficile pour moi de dire que c’est difficile parce que je sais que beaucoup d’autres sont plus impactés que nous au CCN2, qui sommes une institution assez solide économiquement. Même si, bien sûr, notre économie repose beaucoup sur la diffusion – on tournait énormément –, presque totalement à l’arrêt depuis un an. » Pour Yoann Bourgeois, codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (en binôme avec Rachid Ouramdane), cette crise sanitaire a chamboulé énormément de choses, notamment au niveau artistique puisque trois de ses créations sont en suspens : Hurricane, pour le ballet de l’Opéra de Göteborg en Suède, répétée entre janvier et mars 2020 mais qui n’a pu pour l’instant être jouée que le soir de la première en mars (on devrait cependant la voir la saison prochaine à la MC2) ; I wonder where the dreams I don't remember go, pour la fameuse

Continuer à lire

L’Italie qui tremble

ECRANS | Evénement / Enfin débarrassée de la sinistre clique gouvernementale berlusconienne, la scène artistique italienne va-t-elle sortir du marasme dans lequel on (...)

François Cau | Lundi 14 novembre 2011

L’Italie qui tremble

Evénement / Enfin débarrassée de la sinistre clique gouvernementale berlusconienne, la scène artistique italienne va-t-elle sortir du marasme dans lequel on l’a laissé pourrir ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que le cinéma italien continue d’exister, même marginalisé. Et ses Rencontres grenobloises nous en défrichent annuellement les plus récents et pertinents représentants. Si cette édition revêt une nouvelle ambition dans sa forme, elle reste dans la même ligne éditoriale : (re)mise en avant de films sacrifiés par une distribution française (ou locale !) peu amène, quête de petits bijoux dans divers festivals, partenariat avec différentes structures pour faire émerger du patrimoine peu connu, suivi d’auteurs… autant d’éléments qui s’ajoutent bien évidemment à une part de subjectivité dans les goûts des programmateurs, sans orienter le regard ou privilégier tels mouvements, mais avec la volonté d’offrir un panorama éclectique de la création contemporaine. Pour ce faire, le public peut se partager entre une compétition composée de films inédits, des œuvres jeune public, des rétrospectives focalisées cette année sur les cinémas du Sud et sur deux acteurs immenses, incarnat

Continuer à lire

Ils voulaient jouer cabaret

MUSIQUES | Et revoilà le Johnny Staccato Band ! Le temps de quatre soirées très différentes, le Théâtre 145 va redevenir le "Syncopated Club", avec aux manettes l’émanation (...)

François Cau | Vendredi 5 février 2010

Ils voulaient jouer cabaret

Et revoilà le Johnny Staccato Band ! Le temps de quatre soirées très différentes, le Théâtre 145 va redevenir le "Syncopated Club", avec aux manettes l’émanation la plus jazzy des Barbarins Fourchus. Flash-back : il y a une bonne quinzaine d’années, à l’époque où Mitterrand finissait tout juste ses affaires avant de les laisser à Chirac, Grenoble voyait débouler le Johnny Staccato Band : une formation de sbires pas tous jazzmen, mais tous emplis d’une liberté créatrice loin des codes d’un jazz classique trop figé à leur goût. Depuis, la scène locale n’est plus la même, et ce ne serait pas pour nous déplaire (en témoigne le nombre pléthorique d’articles que nous leur avons consacrés dans ces colonnes – à consulter sur notre site internet si vous voulez connaître leur bio sur le bout des doigts). Leur musique sonne comme un coup de pied dans la fourmilière, avec une fâcheuse tendance à mélanger les genres, et à se plonger dans un passé pas si lointain où le jazz se jouait dans des vieux clubs qu’on aurait pu croire inventés pour servir de décor au cinéma. Niveau actu, les musiciens viennent tout juste de sortir un six titres intitulé Smuggling time, enregistré en 2008 à Tijuana :

Continuer à lire

Le retour du gang

MUSIQUES | Cela fait bientôt douze ans que le Johnny Staccato Band est en maraude, et on n’est toujours pas près de se lasser des déambulations jazz du collectif. Parce (...)

| Mercredi 16 janvier 2008

Le retour du gang

Cela fait bientôt douze ans que le Johnny Staccato Band est en maraude, et on n’est toujours pas près de se lasser des déambulations jazz du collectif. Parce qu’il ne cesse de renaître à chaque nouvelle création, apportant à chaque fois son lot de compositions (et d’improvisations) novatrices, qu’il propose une ouverture d’esprit musicale trop rare à l’heure actuelle, flirtant avec élégance avec les styles et les écoles sans jamais perdre son âme, et avant tout parce qu’il est composé de sacrément bons musiciens, dont l’alchimie sonore fonctionne tout simplement à la perfection. Mais ce qui rend les concerts du groupe si particuliers est à chercher encore ailleurs, dans son refus d’appréhender le jazz de façon purement intellectuelle, détachée, pragmatique, trop conscient que ce dernier est avant tout une histoire d’hommes, d’atmosphères, de rues, et de bars. Il ne suffit pas de restituer les rythmes, il faut restituer les émotions, les sentiments, et le Johnny Staccato Band s’y emploie en joignant à la musique son contexte (le théâtre 145 transformé en club de jazz à l’ancienne, exception fait de l’atmosphère enfumée, parce que bon, hein, c’est la loi…), et en marquant ses fili

Continuer à lire

Jazz de contrebande

MUSIQUES | Pour leur nouvelle apparition sur les planches du Théâtre 145, les membres du gang plus connu sous le nom de Johnny Staccato Band s’apprêtent à transformer le lieu en tripot le temps de trois soirées. Retour sur leur carrière éclatée. FC

Christophe Chabert | Mercredi 24 janvier 2007

Jazz de contrebande

La genèse exacte du projet se perd en conjectures. On la situera donc quelque part dans l’année 1995 : la compagnie des Barbarins Fourchus s’embarque alors dans une tournée nationale intitulée le Moderne Voyage. Sous un chapiteau itinérant, les musiciens s’allient aux toulousains ascendants circassiens d’Okupa Mobil pour livrer un spectacle en dix tableaux, qu’ils promèneront de Chalon à Poitiers, en passant bien sûr par Grenoble (à l’Esplanade, précisément). C’est au cœur de ce projet artistique que naît le concept Johnny Staccato Band : des Barbarins, mais aussi tous les invités possibles et imaginables, participent de la façon la plus free possible à un simili big band jazz. Une variation musicale et ludique au sein de la compagnie, qui fournit un plaisir sans cesse renouvelé à ses instigateurs. Après un remarqué détour par le Festival de Jazz de Grenoble en 1997, le Johnny Staccato Band revêt les atours d’un side-project à la récurrence éclatée. Mais l’état d’esprit qui anime ses musiciens est beaucoup trop synchrone avec celui des Barbarins Fourchus pour qu’il reste lettre morte. Inquiétude sur le libéralisme galopant, sur l’omniprésence états-unienne, sur les nouv

Continuer à lire