Humour : les temps forts de la saison

SCENES | Une sélection à base de Professeur Rollin, de Vincent Dedienne, d'Alex Lutz et même de Fills Monkey. Aurélien Martinez et Benjamin Mialot

Aurélien Martinez | Dimanche 13 septembre 2015

Photo : Yann Renoard


Le Professeur Rollin

Oui, le Professeur Rollin a toujours quelque chose à dire. La preuve avec Le Professeur Rollin se rebiffe, nouveau seul-en-scène où l'humoriste lettré répond aux questions qu'on lui pose, sur tout un tas de sujets : les raisins noirs et blancs (baptisés ainsi par des daltoniens), les ouvrages sur les perdrix, le paprika ou encore l'islam et l'homosexualité non souhaitée d'un enfant.

C'est que le Professeur a, entre deux phrases proches de l'absurde et trois questions à l'intérêt discutable, décidé de dénoncer à sa façon la bien-pensance ambiante, en prenant soin tout de même de ne pas passer pour un vieux réac – l'allusion à Zemmour est bien trouvée.

C'est drôle, surprenant, limite parfois ; bref ça mérite d'en savoir plus avec une interview. Attention Professeur, on va nous aussi vous poser des questions. Si bien sûr vous acceptez de nous répondre !

AM

Vendredi 2 octobre à l'Heure bleue (Saint-Martin-d'Hères)


Le professeur Rollin se rebiffe

One-man-show de François Rollin
L'Heure Bleue Rue Jean Vilar Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Fills Monkey

Humour musical, ms Gilles Galliot, avec Seb Rambaud et Yann Coste
L'Ilyade 32 rue de la Fauconnière Seyssinet-Pariset
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


S'il se passe quelque chose

Seul-en-scène de Vincent Dedienne, à partir de 12 ans
Le Coléo Avenue Jean-François Champollion Pontcharra
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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L’amour à la machine féministe avec Sophia Aram

Humour | Peut-on s’amuser du sexisme et de ses conséquences tragiques ? L’humoriste engagée Sophia Aram répond avec un grand oui dans son nouveau spectacle "À nos amours". Son rire féministe et salvateur sera à retrouver début janvier à Villard-Bonnot et Sassenage.

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2020

L’amour à la machine féministe avec Sophia Aram

L’humour engagé est toujours clivant, forcément. Sophia Aram clive, donc, notamment avec ses chroniques sur France Inter que celles et ceux qui ont horreur de la bien-pensance (enfin, bien-pensance, façon de parler, cette expression n’ayant jamais le même sens selon qui l’emploie) semblent prendre plaisir à écouter pour se mettre tout colère dans la foulée. Après trois spectacles sur des sujets a priori pas très drôles (l’école, la religion et la montée de l’extrémisme), voilà qu’elle s’attaque à la question ô combien actuelle du féminisme. Notre société patriarcale qui étouffe (voire tue) les femmes la révolte et elle l’annonce directement, mais avec un humour moins dur qu’il n’y paraît. Car là où d’autres auraient pu partir tête baissée sur un rire accusateur (et pourquoi pas, tant on a parfois besoin d’être secoués), Sophia Aram, elle, choisit la voie de la dérision : cette situation est dingue, et on va en démonter les mécanismes ensemble afin de la rendre grotesque. Comme lorsqu’elle explique que si les hommes avaient leurs règles, on saurait tout, mais alors tout de leurs douleurs. Ou lorsqu’elle revient sur le traitement médiatique catastrophiqu

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"We will drum you" : Fills Monkey bien frappés

Humour musical | Critique du show que les deux batteurs-bateleurs présenteront vendredi 25 janvier au Summum.

Aurélien Martinez | Lundi 21 janvier 2019

Deux batteurs et des blagues (sans paroles) : voilà comment on peut sommairement décrire le phénomène Fills Monkey. Leur premier spectacle baptisé The incredible drum show, et présenté à l’époque comme un « show humorythmique », avait ainsi la fraîcheur de ces aventures inattendues – si Buster Keaton et Charlie Chaplin avaient été musiciens et s’étaient rencontrés sur scène, ça aurait pu donner ça comme on l’écrivait à l’époque. Et de ces aventures qui partent de pas grand-chose pour terminer en incroyable succès. Revoici aujourd’hui Sébastien Rambaud et Yann Coste, dix ans après leurs débuts, avec un très attendu nouveau spectacle (We will drum you) qui n’a plus rien d’artisanal. Et qui s’éloigne du concept de base (deux batteurs virtuoses se chamaillant gentiment avec leurs baguettes et tout un tas d’autres trucs) pour l’augmenter de différentes manières – notamment en virant les batteries de la scène pendant un moment. D’o

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"Ervart" en pleine confusion

Théâtre | En adaptant "Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche", texte abracadabrantesque de l’auteur contemporain Hervé Blutsch, le metteur en scène Laurent Fréchuret livre un spectacle poussif dans lequel la soi-disant loufoquerie vire à la caricature malgré des comédiens de haut-vol, Vincent Dedienne et Jean-Claude Bolle-Reddat en tête.

Nadja Pobel | Mardi 6 novembre 2018

Tout commence pourtant bien. Nous sommes, nous annoncent des projections de texte, à la fois à Turin entre 1888 et 1889 avec Nietzsche et à Paris en 2001, post 11-Septembre. Deux pôles, deux récits auxquels se cognent des comédiens anglophones de la deuxième situation comprenant vite qu'ils se sont trompés de pièce. Ce décalage immédiat avec l'objet théâtral est non seulement comique mais aussi jubilatoire : bienvenue dans les arcanes de la fabrication du spectacle ! Rideau de velours rouge, portes mobiles sur roulettes, humour noir sur des enfants traités comme des bêtes... Et, surtout, délire d'Ervart, le personnage principal qui, fou de jalousie, mitraille à tout-va. Il attaque un peuple dont l'absence physique sur scène est remarquée par une comédienne qui cherche du travail. Labiche et ses vaudevilles sont à peine entrevus que, déjà, la pièce les dépasse et fait la jonction avec notre époque – les attentats ne sont pas loin. Prometteur. Ervart ou la finesse au placard Problème : le rythme de cette création, née début octobre à la Comédie de Saint-Étienne et bientôt en place au Rond-Point à Paris, s'essouffle très rapidement dans des scènes su

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"Guy" : Guy (Alex) Lutz

ECRANS | de et avec Alex Lutz (Fr, 1h41) avec également Tom Dingler, Pascale Arbillot…

Vincent Raymond | Mardi 21 août 2018

Pour approcher Guy Jamet (Alex Lutz), vieille gloire de la musique depuis l’époque yéyé dont sa mère lui a révélé qu’il était son père, Gauthier (Tom Dingler) a entrepris de tourner un documentaire dans l’intimité du chanteur. Mais plus il filme, plus il repousse le moment de révéler son secret à la star déclinante… Pour sa deuxième réalisation, Alex Lutz s’est essayé au format toujours plaisant du documenteur, empruntant l’apparence du documentaire pour servir un propos totalement imaginaire. Filmé en caméra subjective (et à la manière de ces séries télé s’accrochant aux basques d’une célébrité pour en divulguer les jardins secrets), Guy est entrelardé de séquences "d’archives" forcément bidons retraçant un demi-siècle de sa carrière fictive. C’est sur ce point que Lutz se montre le plus efficace (sans doute sa pratique de la pastille-pastiche n’y est-elle pas étrangère) : ses contrefaçons de tubes années 1960, 1970 et 1980 avec mises en images à l’appui s’avèrent crédibles et drôles au premier degré. Nul besoin d’en rajouter quand les costumes ou les play-backs sont à la base approximatifs. Mais les prises de vues

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"La Fête des mères" : petite fête de stars

ECRANS | de Marie-Castille Mention-Schaar (Fr, 1h41) avec Audrey Fleurot, Clotilde Courau, Olivia Côte...

Margaux Rinaldi | Mardi 22 mai 2018

Une fleuriste, une nounou, une journaliste, une pédiatre… Et même une présidente de la République. Elles sont toutes égales devant le cycle de la vie ; d’enfants elles deviennent des mères, confrontées aux aléas de la vie, entre le travail, les mômes et leur propre génitrice dont elles doivent à leur tour s’occuper… Dans le prolongement de son précédent film Le Ciel attendra, Marie-Castille Mention-Schaar croise plusieurs histoires, chacune portée par une distribution mirobolante réunissant Audrey Fleurot, Nicole Garcia ou encore Vincent Dedienne dans son premier rôle au cinéma, s’émancipant ainsi du registre comique dans lequel on le réduit trop souvent. Si la réalisatrice respecte bien le cahier des charges d’un film choral, enrichi par quelques messages subliminaux sur le temps et l’amour dissimulés dans les décors, les rebondissements, quant à eux, auraient sans doute pu être peaufinés. Soit le dénouement est atte

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"Les Aventures de Spirou et Fantasio" : il leur manque des cases

ECRANS | de Alexandre Coffre (Fr., 1h29) avec Thomas Solivérès, Alex Lutz, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Lundi 19 février 2018

Un rat d’hôtel roux déguisé en groom et un journaliste frustré en quête de scoop partent à la recherche d’un inventeur de génie enlevé par un atrabilaire maléfique, désireux de dominer le "moooonde". Et voilà comment déboulent des bulles Spirou, Fantasio, Champignac et Zorglub… Réussir l’adaptation d’une BD au cinéma tient de l’exploit, surtout lorsqu’il s’agit de l’école franco-belge : seul Alain Chabat s’en était tiré sans trop de dégâts – et encore, au risque de défriser la doxa, avec Le Marsupilami et Mission Cléopâtre. Les raisons expliquant qu’Alexandre Coffre achoppe sont évidentes à la vision de ce film d’aventures bon marché. Par exemple, gratifier ses personnages principaux d’un air ahuri permanent et faire jouer à Alex Lutz (qui avait quelque chose à défendre physiquement en Fantasio) un faire-valoir façon Jar Jar Binks de théâtre de boulevard, c’est peut-être bon pour un public de 6 ans (et encore), mais destructeur pour le reste de l’assistance. Spielberg et Chabat (encore lui), eux, pensent toujours à combiner plusieurs niveaux de lecture parallèles, afin de ne frustrer personne. Si l’

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Vincent Dedienne : « Commencer à dire au revoir à mon spectacle »

Humour | Février 2014 : dans le cadre de l’anniversaire des 20 ans du "Petit Bulletin", nous programmions le seul-en-scène du jeune comédien Vincent Dedienne, habile croisement entre les mondes du théâtre et de l’humour. Trois ans et demi plus tard, après une longue tournée, quatre Olympia complets, un Molière en poche et plusieurs chroniques à succès dans les médias, voilà que Vincent Dedienne met un terme à la vie de "S'il se passe quelque chose" en s’offrant notamment une grosse exposition avec la diffusion du spectacle jeudi 12 octobre dans tous les cinémas Pathé de France. Ça méritait bien une interview sous forme de bilan.

Nadja Pobel | Samedi 7 octobre 2017

Vincent Dedienne : « Commencer à dire au revoir à mon spectacle »

Pourquoi avoir choisi de présenter votre spectacle S’il se passe quelque chose dans une salle de cinéma (en différé, la captation ayant été réalisée en juin) ? Vincent Dedienne : Parce que malgré les nombeuses dates de la tournée, il y a encore plein d’endroits dans lesquels je ne suis pas passé. C’est donc l’occasion que le spectacle soit vu dans des villes comme Montpellier, Strasbourg, Gap, Angoulême... C'est aussi l'occasion de faire la fête pour la 300e représentation tout en commençant à dire au revoir à ce spectacle qui s’arrêtera le 31 décembre à Paris. Pourquoi avoir pris la décision de l'arrêter, alors que son succès est indéniable (vous venez de remplir quatre Olympia) ? On pourrait continuer à faire des dates, notamment grâce à l’effet Molière [en mai dernier, il a obtenu le Molière de l'humour 2017 – NDLR], mais comme j’ai

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"Le Concours" : Il ne peut en rester que soixante

ECRANS | de Claire Simon (Fr., 1h59) documentaire avec Laetitia Masson, Sylvie Verheyde, Patricia Mazuy, Vincent Dedienne…

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Héritière de l’Institut des hautes études cinématographiques, la Femis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son), représente l’aristocratie des écoles de cinéma et peut se targuer d’avoir formé, entre autres, Emmanuel Mouret, François Ozon, Céline Sciamma, Alice Winocour ou Emmanuelle Bercot. Son drastique écrémage à l’entrée est si réputé - 1200 postulant(e)s pour 60 élu(e)s - qu’il a inspiré la cinéaste Claire Simon. Rien d’étonnant, connaissant son appétence pour les portraits de microcosmes, en fiction ou documentaire, que ce soit les cours d’écoles dans Récréations (1992), le planning familial dans Les Bureaux de Dieu (2008) ou le bois de Vincennes pour Le Bois dont les rêves sont faits (2016). Dans Le Concours, elle suit le processus de sélection, des épreuves de pré-admissibilité à la rentrée des élèves, en témoin muette des examens et des oraux, captant le réel sans jamais intervenir. Au-delà de son léger suspense (qui sera retenu et pourquoi ?), le projet est intéressant de par sa grande transparence, puisqu'on pénètre les coulisses d’une grande institution et qu'on assiste à des délibérations — le tabou

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Alex Lutz : haut les masques

SCENES | Chaque soir sur Canal +, Alex Lutz est Catherine, quadra maniérée et accroc à la presse people. Sur scène, il est un directeur de casting odieux, un régisseur au professionnalisme contestable ou un incroyable présentateur de JT. Des personnages plus vrais que nature qui peuplent un one-man-show épatant.

Benjamin Mialot | Mardi 5 avril 2016

Alex Lutz : haut les masques

Où se situe la frontière entre le traitement en réanimation et l'acharnement thérapeutique au sujet du fameux "esprit Canal" qui végète dans l'entre-soi grégaire depuis une bonne quinzaine d'années ? Personne ne le sait vraiment… Deux hommes, toutefois, incarnent encore le fameux mélange de décalage et d'impertinence qui fit les grandes heures de la chaîne cryptée dans les années 1980 et 1990. Ou plutôt deux femmes : Catherine et Liliane, les deux secrétaires de rédaction qui, chaque soir dans Le Petit journal de Yann Barthès, décortiquent l'actualité avec un bon sens involontaire mêlé d'idiotie pure. Derrière leurs maquillages "absolutely fabulous" se cachent Bruno Sanches, habitué des feuilletons policiers franchouillards, et Alex Lutz, qui n'a pas attendu le succès de sa vamp de l'open space pour mettre à profit ses prédispositions naturelles au transformisme et à l'observation d'énergumènes en milieu naturel. Une bande à lui tout seul Cela fait même plus de huit ans qu'il tourne,

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La bonne parole Sophia Aram

SCENES | L'humoriste engagée donnera deux représentations à guichets fermés de son nouveau one-woman-show que l'on a vu cet automne.

Aurélien Martinez | Mardi 26 janvier 2016

La bonne parole Sophia Aram

L’humour est un registre difficile, où l’efficacité et la recherche d’originalité ne vont pas toujours de pair – les blagues sur la vie quotidienne, même si elles ont été plus qu’usées, font toujours recette. Avec Sophia Aram, on est là aussi sur un registre déjà bien labouré, mais beaucoup plus ambitieux et casse-gueule que les blagounettes sur l’alcool et le sexe. Car celle qui officie une fois par semaine sur France Inter se place ouvertement du côté du rire engagé et, surtout, humaniste : une valeur qu’on pourrait penser consensuelle mais qui se fait finalement assez rare en ces temps où toutes les idées ont voix au chapitre, surtout les plus rances. Le titre de son spectacle (Le Fond de l’air effraie) annonce d’ailleurs la couleur d’emblée. Une ligne également clairement affichée sur scène, Sophia Aram naviguant entre un humour à la Bedos lorsqu’elle scrute notre société (le passage dans lequel elle analyse les deux grands succès littéraires de 2014 – Merci pour ce moment de Trierweiler et Le Suicide français de Zemmour) et des sketchs plus théâtraux mais là aussi assez politiques – mention spéciale à celui où elle incarne sa tante à l’accent hil

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Paris-Willouby

ECRANS | De Quentin Reynaud & Arthur Delaire (Fr., 1h23) avec Isabelle Carré, Stéphane De Groodt, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Paris-Willouby

Collectionner des talents sur une affiche n’a jamais été gage de réussite artistique : si grandes soient leurs qualités, ils ne parviennent jamais à masquer ni compenser les défauts d’un film, et surtout pas ceux d’un scénario cacochyme. Constat à nouveau opéré avec ce poussif décalque de Little Miss Sunshine, qui oublie cependant de s’inspirer du rythme et de la transgression du modèle. Au lieu de singer des comédies “indépendantes” étasuniennes formatées, les jeunes auteurs français devraient lorgner du côté du vétéran Rappeneau et son Belles Familles : ils gagneraient en causticité, finesse et profondeur…

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Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

ACTUS | À Noël, tout le monde pense à mettre sous le sapin le dernier gadget technologique à la mode ou la bonne et rassembleuse bouteille de vin. Et si on misait sur un spectacle ou un concert, comme ça, pour changer un peu ? Le PB s’est donc lancé dans une sélection thématique : si vous suivez bien nos recommandations, on parie sur un taux de satisfaction de 100%. Oui, on est optimistes. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

Ceux qui ne voient pas d’inconvénient à rire souvent Celui qui campe une Catherine hilarante dans la pastille quotidienne du Petit Journal Catherine et Liliane est également l’auteur et l’interprète d’un one-man-show épatant et très théâtral à placer tout en haut dans la vaste catégorie humour. Sur scène, Alex Lutz est une ado en crise, Karl Lagerfeld ou un directeur de casting odieux : des personnages plus vrais que nature pour un comédien remarquable. Alex Lutz, samedi 9 avril au Grand Angle (Voiron). De 31 à 37€. Ceux qui aiment autant la danse que le rire Tutu, c’est un petit ovni savoureux. Six danseurs jouent sur les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l’acrobatique…) en une vingtaine de tableaux pour un spectacle solidement construit et, surtout, très drôle. Car jamais les interprètes au physique d’Apollon (d’où un rendu très queer) ne se prennent au sérieux, au contraire – en même temps comment rester sérieux dans un costume de cygne ? Même si, paradoxalement, leur maîtrise technique est éclatante.

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Le Professeur Rollin : « Libérons la parole »

Humour | Le Professeur Rollin se rebiffe dans un nouveau spectacle savoureux où l’humoriste adepte de l’absurde élargit son champ d’action, quitte à déstabiliser ses plus grands fans (comme nous). Ça méritait bien une interview.

Aurélien Martinez | Mardi 29 septembre 2015

Le Professeur Rollin : « Libérons la parole »

Comme du temps de la fameuse série Palace, le Professeur Rollin a toujours quelque chose à dire. Sauf qu’aujourd’hui, il se confronte à d’autres sujets vu que « les temps changent » comme il l’écrit dans la note d’intention de son nouveau spectacle… François Rollin : Le Professeur Rollin vit avec son temps, depuis toujours. C’est très fort de sa part d’ailleurs. Comme le temps a un peu changé, on est devenus plus sérieux et lui aussi du coup. Il reste toujours aussi loufoque mais il s’intéresse à des choses plus "touchy" comme disent nos amis d’outre-Manche… Des choses plus "touchy" qui vont à l’encontre d’une certaine "bien-pensance" actuelle que le Professeur déplore… Oui, il n’aime pas trop cette idée de bien-pensance parce que c’est l’interdiction de penser en liberté, parce qu’on est constamment suspecté de mauvaises intentions par des gens qui, eux, se déclarent à l’abri de tout soupçon. Alors que quand on fouille, on s’aperçoit qu’ils ne sont pas si purs que ça et qu’on est peut-être même plus purs qu’eux

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François Rollin en octobre à l'Heure bleue

SCENES | Rendez-vous le vendredi 2 octobre à Saint-Martin-d'Hères.

Aurélien Martinez | Mardi 2 juin 2015

François Rollin en octobre à l'Heure bleue

Très bonne nouvelle, que l'on a trouvée sur le site de l'artiste : l'excellent Professeur Rollin sera de passage le vendredi 2 octobre à l'Heure bleue de Saint-Martin-d'Hères avec son nouveau spectacle baptisé Le Professeur Rollin se rebiffe. Et avec à la mise en scène l'humoriste Vincent Dedienne qui cartonne de plus en plus. « Fidèle à sa mission sacrée, le professeur Rollin répond consciencieusement aux questions qu’on lui pose, et plus consciencieusement encore à celles qu’on ne lui pose pas. Mais les temps changent : ceux qui s’interrogeaient il y a dix ans sur l’accord du participe ou la cuisson du gibier d’eau questionnent désormais le professeur sur la mondialisation, la question d’identité, la fin du romantisme, les flux migratoires, la bien-­pensance ou les logiques de profit. Ces questions lourdes éclipseront-­elles le débat de fond s

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Vincent Dedienne devient chroniqueur au Supplément de Canal +

ACTUS | Le jeune comédien, que le Petit Bulletin Grenoble avait programmé dans le cadre des 20 ans du journal, vient de décrocher une chronique dans l'émission de Maïtena Biraben, en remplacement de Stéphane De Groodt. Présentation

Aurélien Martinez | Dimanche 14 septembre 2014

Vincent Dedienne devient chroniqueur au Supplément de Canal +

En février 2014, le Petit Bulletin Grenoble fêtait ses 20 ans avec un jeune artiste dont le premier seul-en-scène (S'il se passe quelque chose, repris à Bourgoin-Jallieu le 7 octobre) avait été encore peu vu. Depuis, Vincent Dedienne a signé pour trois mois non-stop à Paris dès octobre, et vient de se lancer dans une carrière de chroniqueur sur Canal +, dans le Supplément du dimanche midi (il remplace l'excellent Stéphane De Groodt).

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He’s back

SCENES | Depuis sa création il y a un an à Paris, S’il se passe quelque chose, le seul-en-scène du jeune comédien Vincent Dedienne, fait beaucoup parler de lui – en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

He’s back

Depuis sa création il y a un an à Paris, S’il se passe quelque chose, le seul-en-scène du jeune comédien Vincent Dedienne, fait beaucoup parler de lui – en bien, cela va sans dire. Du coup, Laurent Ruquier (qui ne s'occupe que de Gaspard Proust et Michael Gregorio) l'a récemment signé, avec à la clé trois mois non-stop à Paris à la rentrée, au Petit Hébertot. Un début de carrière en fanfare pour un comédien qui, logiquement, se trouve de plus en plus sollicité – il multiplie les projets, comme par exemple mettre en scène le prochain projet de François Rollin. Classe. En attendant, après la date sold out du Théâtre 145 en février organisée par nos soins, son spectacle mariant habilement humour et théâtre repassera par Grenoble les jeudi 12 et vendredi 13 juin à 21

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Fills Monkey : batteries rechargées à bloc

Humour musical | Deux batteurs talentueux pour un concert théâtralisé à l’énergie débordante : voilà comment l’on peut résumer en une phrase l’Incredible Drum Show des tout aussi (...)

Aurélien Martinez | Mardi 25 mars 2014

Fills Monkey : batteries rechargées à bloc

Deux batteurs talentueux pour un concert théâtralisé à l’énergie débordante : voilà comment l’on peut résumer en une phrase l’Incredible Drum Show des tout aussi incroyables Fills Monkey. Un « show humorythmique » comme ils l’expliquent eux-mêmes, où la rigueur musicale se mêle à l’humour le plus libre. Pour faire simple : si Buster Keaton et Charlie Chaplin avaient été musiciens et s’étaient rencontrés sur scène, ça aurait pu donner ça. De la musique donc, mais aussi du jonglage avec des baguettes, du clown survolté ou encore du mime (aucune parole n’est prononcée sur scène). L’histoire raconte que Yann Coste et Sébastien Rambaud, croisés chez Anaïs ou No One Is Innocent pour le premier et JMPZ pour le second, se seraient trouvés dans une master class un brin guindée. Et auraient connu un petit succès via leur duo comique improvisé, qu’ils décidèrent alors de faire grandir dans un véritable spectacle. Une réussite enthousiasmante qui connaît un succès dingue depuis sa création en 2011. Faut dire que les deux sales gosses en culottes courtes ont mis en place une alch

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Vincent Dedienne : profession amuseur

SCENES | Et si l’humour et le théâtre se réconciliaient ? C’est ce que propose le jeune comédien Vincent Dedienne avec son spectacle "S’il se passe quelque chose" : un seul-en-scène alternant sketchs savoureux et textes plus personnels. Un véritable bijou, accessible et excellemment bien écrit, que l’on vous invite à découvrir dans le cadre des 20 ans du "Petit Bulletin" – oui, le journal se la joue programmateur ! Mais au fait Vincent, qui êtes-vous ?

Aurélien Martinez | Mardi 18 février 2014

Vincent Dedienne : profession amuseur

Comment un comédien de formation classique, après avoir joué divers grands auteurs (Hugo, Molière, Duras...), se retrouve à faire un spectacle d’humour ? Vincent Dedienne : Parce que j’en rêve depuis que j’ai découvert le théâtre par ce biais. Muriel Robin, Pierre Palmade... : ce sont eux qui m’ont donné envie de faire le métier de comédien. L’idée d’être seul en scène m’a toujours excité. Avant de connaître Shakespeare, Claudel ou je ne sais qui, je pensais que le théâtre c’était ça : uniquement des gens qui écrivent leurs propres textes et qui les disent seuls en scène. J’y suis donc revenu quand j’ai eu un peu moins de travail, pour voir comment ça pouvait se réconcilier avec une formation classique. Avec l’idée d’être mieux armé grâce à cette formation (à l’école de la Comédie de Saint-Étienne) ? Ce n’est pas tant d’être armé... Dans une école supérieure d’art dramatique, quand tu fais justement de l’art dramatique, il y a l’idée que c’est honteux d’avoir l’ambition d’être un am

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20 ans de PB avec Vincent Dedienne

SCENES | Vincent Dedienne viendra à Grenoble le lundi 24 février dans le cadre des 20 ans du Petit Bulletin.

Aurélien Martinez | Lundi 3 février 2014

20 ans de PB avec Vincent Dedienne

C’est le spectacle le plus drôle que l’on ait vu depuis longtemps, à l’humour intelligent et accessible. Surtout, il donne un sacré coup de fouet à une scène comique qui a tendance à tourner en rond autour des mêmes thèmes (l’amour, les nouvelles technologies, l’alcool...), en se servant simplement des bases du métier : le théâtre, et la création de personnages. Le S’il se passe quelque chose du jeune Vincent Dedienne, programmé le lundi 24 février à 20h au Théâtre 145 dans le cadre des 20 ans du journal, est donc immanquable. Pour pouvoir dire, une fois qu’il sera connu (il vient de signer avec un très gros producteur), "je l’ai vu à ses débuts"! Réservations sur www.digitick.com ou au 04 76 84 79 30.

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"S’il se passe quelque chose" : drôlerie extrême

Théâtre | "Le Petit Bulletin" a vingt ans, et les fête en grandes pompes. Notamment en programmant un spectacle au Théâtre 145, en coréalisation avec le Tricycle. Notre choix s’est porté sur le "S’il se passe quelque chose" du jeune Vincent Dedienne : une création théâtrale à l’humour mitraillette conçue par un auteur-interprète bluffant, tant dans l’écriture que dans le jeu. Tout simplement immanquable.

Aurélien Martinez | Vendredi 24 janvier 2014

Formé à l’École de la Comédie de Saint-Étienne, Vincent Dedienne est ce que l’on appelle communément un comédien. Du Hugo, du Molière, mais aussi du Guibert : il a un CV qui produit son petit effet. Qu’un artiste au parcours classique se lance dans le one-man-show a quelque chose de surprenant. Et, dans ce cas précis, de captivant. Car il y a beaucoup de théâtre dans ce S’il se passe quelque chose. Un supplément d’âme (et de culture) qui se diffuse d’emblée sur le plateau, dès les premiers mots prononcés – ceux de Marguerite Duras. D’où l’idée que Vincent Dedienne ne fasse pas un one-man-show (terme sans doute trop connoté à ses yeux), mais un seul-en-scène (c’est même marqué sur l’affiche). Un glissement sémantique très Télérama comme dirait Gaspard Proust, qui devient une évidence ici. Oui, S’il se passe quelque chose est bien une pièce de théâtre, et Vincent Dedienne en est l’auteur-i

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Notre sélection de Noël

ACTUS | Pour Noël, plusieurs choix de cadeaux culturels sont possibles. Les palpables (bouquins, DVD, CD...) comme les immatériels. Nous avons privilégié les seconds, en vous concoctant une sélection de concerts et spectacles (dont il reste des places) à voir dans la région. Une sélection très ironiquement thématisée ! La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2013

Notre sélection de Noël

Pour les teufeurs proprets Nuits sonores (le festival électro de Lyon, cette année du 28 mai au 1er juin) et Musilac (à Aix-les-Bains du 11 au 13 juillet) sont des festivals sympathiques : ils lâchent avant Noël des places à des tarifs avantageux. Pour Nuits sonores, on peut réserver un pass 3 nuits à 77 €, sans néanmoins connaître la prog (qui est toujours de haut niveau). Pour Musilac, où sont déjà annoncés Motörhead, Stromae, Shaka Ponk ou encore –M–, 10 000 pass 3 jours sont en vente au prix de 89, 90 € (au lieu de 119, 90 €). À noter que comme la date du 17 avril au Summum est complète (ainsi que celle de Lyon la semaine d’après), pour voir le phénomène Stromae dans la région, ce sera forcément à Aix-les-Bains.www.nuits-sonores.comwww.musilac.com

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Avignon, notre bilan

SCENES | Ça y est : après deux semaines intenses (avec quatre à six spectacles par jour), l’équipe du Petit Bulletin a quitté Avignon. Dans nos valises, une trentaine (...)

Aurélien Martinez | Lundi 22 juillet 2013

Avignon, notre bilan

Ça y est : après deux semaines intenses (avec quatre à six spectacles par jour), l’équipe du Petit Bulletin a quitté Avignon. Dans nos valises, une trentaine de spectacles vus par nos soins qui passeront ensuite dans la région. Si vous pourrez lire nos critiques au fur et à mesure dans les différents numéros du PB, voici déjà nos principaux coups de cœur : Italie – Brésil 3 à 2, de Davide Enia, à voir le 14 novembre au Centre culturel Jean-Jacques Rousseau de Seyssinet-Pariset (près de Grenoble).Soit un match mémorable (un quart de final entre l’Italie et le Brésil lors du mondial de foot de 1982) vécu du point de vue d'un des enfants d’une famille italienne férue de foot et fidèle supportrice de l’équipe nationale – qui d’ailleurs, cette année-là, remportera carrément le mondial. Un spectacle entraînant et exaltant, dépassant le cadre sportif pour évoquer la magie des grands rassemblements populaires, les légendes vivantes et l'histoire avec un grand H. Regards de Séverine Fontaine, du 1er au 4 octobre à l’Espace Albert Camus de Bron (p

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Doux Tsamère

SCENES | Depuis des années, Arnaud Tsamère promène son spectacle "Chose promise" sur les routes de France, mais un coup de projecteur télévisuel lui permet maintenant de jouer dans la cour des grands. Comme cette semaine au Summum, en co-plateau avec Baptiste Lecaplain et Jérémy Ferrari. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Jeudi 10 janvier 2013

Doux Tsamère

D’Arnaud Tsamère, on ne savait pas grand-chose avant de le voir dans Chose promise. On l’avait aperçu dans la série Hero Corp, on nous avait causé de sa collaboration avec François Rollin, peut-être avait-on aussi entendu parler de son passé d’improvisateur… Mais c’était à peu près tout. Et pendant longtemps, ce fut le cas des spectateurs. Depuis plus de quatre ans, Tsamère tournait son one-man-show dans des petites salles, jusqu’à ce que le miracle télévisuel puis celui d’internet ne le propulsent sur le devant de la scène. Grâce à l’émission de radio filmée de Laurent Ruquier, véritable sésame du succès pour les humoristes, Tsamère a enfin conquis le grand public. Ce n’est que justice : Chose promise est un spectacle génial, d’autant plus remarquable qu’il ne cède à aucune des facilités actuelles du one-man-show comique. Pas de vulgarité, pas de réflexion sur les hommes, les femmes et le sexe, pas de quête d’une identification sociologisante et sondagière ; juste un texte parfait (co-écrit avec Rollin et Arnaud Joyet) et un comédien extrêmement talentueux. L’humour à mort Il arrive sur scène en s’adressant au public. Il se p

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Pourquoi c’est drôle

SCENES | Dans Colères, reprise d’un spectacle créé en 1996, le grand François Rollin campe Jacques Martineau, preneur d’otage soupe au lait du public d’un spectacle comique. L’occasion inespérée de causer humour avec le fameux auteur/interprète. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Jeudi 22 décembre 2011

Pourquoi c’est drôle

Comment est né à l’origine ce personnage ?François Rollin : D’une envie de travailler sur ce sentiment. Je pense que ça vient de mon observation de gens en colère, avec l’idée que c’est rarement autrement que ridicule, la colère. Ridicule ou pathétique, mais en tout cas beaucoup moins impressionnant que celui qui se met en colère ne le croit. Il y a dix ans, la création passait pour un brillant exercice de style, mais aujourd’hui, on a plus l’impression d’un inquiétant portrait de l’époque…Pourtant le texte n’a pas beaucoup changé... Mais de toute façon dans les deux cas, c’est une peinture de caractère un peu inquiétante, et ça dénonce un comportement simplificateur qui est assez violent et assez dangereux. Traditionnellement, les spectateurs qui ont des sympathies pour le Front national se sentent visés. Ce qui n’est pas anormal, puisqu’on a là quelqu’un qui a beaucoup de points communs avec le Front national. Jacques Martineau n’est pas frontiste, ce n’est pas aussi simple que ça. Mais il n’est pas bien, il tente des remèdes simplistes, il enrage que ça ne marche pas. Il n’a pas saisi que le monde est comp

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"Fou de moi"

SCENES | Jeune comédien que l’on a pu croiser dans plusieurs pièces d’auteurs décédés depuis bien longtemps (notamment Le Roi s’amuse de Victor Hugo par François (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 20 octobre 2011

Jeune comédien que l’on a pu croiser dans plusieurs pièces d’auteurs décédés depuis bien longtemps (notamment Le Roi s’amuse de Victor Hugo par François Rancillac – à l’Hexagone la saison passée), Vincent Dedienne se mettra seul en scène vendredi 28 octobre à 20h30 au Fitzcarraldo, le nouveau lieu culturel grenoblois fraîchement inauguré. Annoncé comme un « spectacle hystérico-sentimental », ce Fou de moi s’intéressera à « une galerie de personnages ordinaires […], avec juste ce qu’il faut de théâtre pour sonder le fond de leur âme et révéler ce qu’ils ont de remarquable ». Bon, certes, on ne sait pas réellement à quoi s’attendre, mais connaissant le talent dramatique de l’artiste et son univers tendrement caustique et franchement drôle, on subodore un rendu surprenant.

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