« Aujourd'hui, nos théâtres sont de grandes gares où les trains restent à quai »

Crise du coronavirus | Lors de la conférence de presse du jeudi 14 janvier, le gouvernement, à travers la voix de la ministre de la culture Roselyne Bachelot, a expliqué que « la situation était trop instable pour évoquer une date de réouverture » des établissements culturels. Comment ce contexte lié à la crise du coronavirus est-il vécu par celles et ceux qui travaillent dans des théâtres de nouveau fermés au public depuis fin octobre ? Pour le savoir, nous avons interrogé Arnaud Meunier, tout frais directeur de la MC2, Cécile Guignard, directrice des relations avec le public et de la communication de l’Hexagone de Meylan, et Noémi Duez, directrice de l’Ilyade et responsable de la programmation culturelle des villes de Seyssinet-Pariset et Seyssins.

Aurélien Martinez | Vendredi 15 janvier 2021

« On a mis beaucoup d'espoir dans ce référé-liberté [en décembre, des professionnels de la culture ont demandé au Conseil d'État la réouverture des salles de spectacle fermées depuis fin octobre pour raisons sanitaires – NDLR], on espérait même que ça passerait. Mais ça n'a pas été le cas. Même si le Conseil d'État a clairement dit que cette fermeture était une atteinte à la liberté de créer et que, donc, nos établissements ne pourraient pas être fermés dans la durée. C'est déjà ça. Il ne reste plus qu'à savoir quelle sera la longueur de la durée ! Pour l'instant, on n'en sait rien. » Voilà ce qu'a répondu d'emblée Cécile Guignard, directrice de la communication et des relations avec le public de l'Hexagone de Meylan, à notre première question : comment ça va dans votre théâtre ?

Une situation pleine d'incertitudes qui pèse sur pas mal de professionnels du secteur culturel, à l'image d'Arnaud Meunier, nouveau directeur de la MC2 (voir ci-dessous). « On fonctionne au rythme gouvernemental, de quinze jours en quinze jours, c'est épuisant. Comme on n'a pas de perspectives, je vois des collègues dans d'autres villes qui prennent les devants et annulent bien au-delà de ce que nous demande le gouvernement – jusqu'à fin mars par exemple. Je comprends, même si je ne suis pas favorable à ce choix-là. » Lui préfère naviguer presque au jour le jour – « nous ne pourrons pas recevoir de public dans nos salles en janvier. Un nouveau point d'étape est prévu le 20 janvier [date donnée par le gouvernement] afin d'envisager les conditions d'une reprise de l'activité artistique, début février », est-il écrit sur le site internet de la MC2.

« Je pense qu'il ne faut pas abandonner, qu'il faut qu'on continue à fonctionner de la sorte, à défendre l'idée que nous sommes essentiels et pas seulement des vendeurs de billets, que le lien que nous créons entre les gens, pour les populations, pour la fabrique de l'imaginaire, est essentiel. Surtout qu'un choix idéologique clair a été fait par le gouvernement avec des centres commerciaux pleins mais des lieux de culture fermés. Moi qui suis néo-grenoblois, je donne le même exemple à tout le monde en ce moment : j'ai passé quatre heures un samedi après-midi chez Ikea pour m'installer, et c'était noir de monde aves des conditions sanitaires plus précaires que dans un théâtre où il y a un fauteuil entre chaque groupe de spectateurs, du gel hydroalcoolique, des protocoles stricts d'entrée et de sortie… Bienvenue en absurdie ! »

« Maintenir le lien avec les spectateurs »

Pourtant, si les théâtres sont bel et bien fermés au public, l'activité, elle, continue à l'intérieur. À l'Ilyade, salle municipale de Seyssinet-Pariset, la directrice Noémi Duez, « épuisée » elle aussi par cette situation qui semble sans fin (« en même temps, la fausse perspective de réouverture en décembre a été si difficile à vivre que c'est peut-être mieux comme ça »), organise depuis juillet dernier, en lien notamment avec TéléGrenoble, « des captations sans public de concerts de la scène régionale qu'on retransmet en direct sur les réseaux sociaux. Ça nous permet de faire travailler les artistes et les techniciens et de maintenir le lien avec les spectateurs. » Elle accueille également, comme de nombreuses autres salles, des artistes en résidence sur le plateau de l'Ilyade, histoire de permettre aux compagnies de continuer les répétitions.

Cécile Guignard, à l'Hexagone, est sur la même ligne : « On fait en sorte de toujours avoir de l'activité dans nos murs pour les artistes, les intermittents du spectacle, avec des résidences : on maintient celles qui étaient prévues, et on en rajoute quand on peut. On veut vraiment que notre théâtre, qui est toujours en ordre de marche, soit à disposition des artistes, pour qu'ils ne subissent pas trop cette crise économique. » Les actions culturelles hors les murs (avec les scolaires ou le secteur social « qui est très en demande – les centres d'hébergement d'urgence, les foyers, les établissements accueillant des personnes âgées… ») menées par son équipe sont elles aussi maintenues (mais adaptées quand le spectacle qui sert de base à l'intervention ne peut pas être montré), voire renforcées quand c'est possible.

« Réinterroger nos pratiques »

Ça vit donc toujours derrière les portes des théâtres fermés. Sauf que la question de la reprise de l'activité culturelle et de la vie des spectacles créés pour l'instant dans l'ombre va vite se poser comme le soulève Arnaud Meunier, qui lui aussi accueille en ce moment de nombreux artistes sur ses différents plateaux – dont des créations maison qui devaient être présentées au public en janvier (Harvey de Laurent Pelly notamment) et qui sont donc dévoilées uniquement devant l'équipe de la MC2 et quelques professionnels. « On est dans une situation un peu absurde où l'on continue à répéter des spectacles qui ne peuvent pas être joués. Ils sont mis au frigo comme on peut dire, en attendant des jours meilleurs. Sauf qu'on est en train de créer un embouteillage de productions qui transforme nos théâtres en grandes gares où les trains restent à quai. »

Noémi Duez explique, elle, avoir encore « des reports de la saison dernière, lors du premier confinement, qui sont toujours en cours comme ils n'ont pas pu tous jouer cet automne, moment où nous les avions initialement reprogrammés ». À voir quand ils pourront être donnés au public, voire même s'ils pourront l'être un jour : un véritable casse-tête pour celles et ceux en charge des programmations des théâtres.

En attendant, Noémi Duez profite de cette crise sanitaire et des conséquences bien visibles sur le monde culturel pour réfléchir sur son métier avec ses consœurs et confrères. « Ça permet de réinterroger nos pratiques. Par exemple, travailler en saison, quel est le sens aujourd'hui, avec des gens qui doivent anticiper des mois à l'avance leurs sorties au spectacle alors qu'on vit au jour le jour depuis mars ? C'est vraiment des questions que toute la profession se pose. »

Pour Cécile Guignard, que l'on a également interrogée sur sa vision de l'après, « on ne pourra pas tout reprendre comme avant, comme si de rien n'était. Surtout que je ne pense pas que tout s'arrêtera très rapidement, que la crainte du virus disparaitra d'un coup… Ça a de quoi nous faire beaucoup réfléchir sur notre relation au public, aux artistes. Je pense que ça ne sera plus jamais comme avant. Et il peut y avoir du positif dans tout ça. »



  • Du changement à la MC2

On l'avait rencontré en septembre dernier après avoir appris sa nomination. On a donc profité de cet article pour reprendre des nouvelles d'Arnaud Meunier, officiellement directeur de la MC2 depuis début janvier, à la suite de Jean-Paul Angot. Une arrivée (et un départ de la Comédie de Saint-Étienne qu'il dirigeait précédemment) en pleine pandémie, voilà qui est original. « Ce que Jean-Paul Angot a vécu ici [quitter une direction quand son théâtre est fermé – NDLR], je l'ai vécu à Saint-Étienne. Saint-Étienne, c'est dix ans de ma vie ; partir sans pouvoir célébrer ça avec l'équipe, les artistes et l'ensemble des partenaires, ça a été douloureux. »

Se sent-il alors pleinement installé dans son nouveau poste grenoblois, malgré la situation ? « Je me sens vraiment arrivé car, depuis dix jours, je fais des journées de 12 à 14 heures de boulot ! Après, le sens de notre activité n'est complet que quand on rencontre le public. Donc, pour l'instant, il y a une sensation de perte de sens qui est douloureuse. »

Il essaie pourtant de programmer une prochaine saison en tentant de sauver certains spectacles de la saison en cours, imaginée par Jean-Paul Angot, qui n'ont pu être donnés. « Je ne vais pas sacrifier des artistes parce que je suis un nouveau directeur qui veut faire sa saison. » Et il écrit au public, via une lettre publiée jeudi 14 janvier, juste avant les annonces gouvernementales. « Je forme le vœu que les conditions d'une réouverture publique puissent nous permettre de nous rencontrer et de nous retrouver très rapidement et vous souhaite à chacun.e le courage nécessaire pour traverser ces temps troublés et difficiles. » Merci.

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Aurélien Martinez | Mardi 7 novembre 2017

Valentine Brune (H/F) : « Il faut conditionner l’attribution de subventions à la parité »

En juin dernier, lors du dévoilement à la presse de sa nouvelle saison, le directeur de la MC2 Jean-Paul Angot s’est félicité de proposer autant de spectacles de théâtre et de danse montés par des hommes que par des femmes. Ce que la lecture de la plaquette de sa programmation 2017/2018 nous confirme – en danse par exemple, Jean-Claude Gallotta et Wim Vandekeybus côtoient Maguy Martin et Anne Teresa De Keersmaeker. On a donc retrouvé Jean-Paul Angot il y a quelques jours dans son bureau pour en savoir plus sur ce choix. « Quand on est à la tête d’une institution comme la MC2, on doit montrer l’exemple. Je m’impose quelque chose que tout le monde devrait normalement faire. On est en retard sur ces questions qui sont en train d’exploser, à savoir la place que l’on accorde à la moitié de l’humanité. » Une décision qui, il l’assure, n’élude pas la qualité artistique (« bien sûr, les projets sont choisis

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Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

ACTUS | « Si nous n’avions pas d’argent public, les places de spectacle de l’Hexagone qui sont à 12 ou 13€ en moyenne seraient à 40 ou 50€. C’est pour cela (...)

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

« Si nous n’avions pas d’argent public, les places de spectacle de l’Hexagone qui sont à 12 ou 13€ en moyenne seraient à 40 ou 50€. C’est pour cela que les prix des places dans les salles privées sont plus élevés que ceux des salles publiques. Car après tout, accueillir des spectacles génère des coûts. Il faut entretenir l’espace dont on dispose, accueillir les artistes et les équipes, mais aussi rémunérer correctement les personnes qui travaillent au sein de notre structure. » Mais encore ? « Il faut aussi savoir que le secteur public spectacle vivant travaille à la création contemporaine, pour permettre l’échange entre les chercheurs que sont les artistes et les spectateurs. Nous voulons permettre à ces derniers de découvrir des formes de spectacle qu’ils n’auraient pas l’occasion de voir si nous n’existions pas. » Plus d'infos sur l'Hexagone de Meylan : www.theatre-hexagone.eu

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Seyssins et Seyssinet-Pariset main dans la main

ACTUS | « C’est un projet innovant car c’est la première fois sur le département que deux villes proposent une programmation culturelle commune. » Voilà (...)

Aurélien Martinez | Mardi 27 juin 2017

Seyssins et Seyssinet-Pariset main dans la main

« C’est un projet innovant car c’est la première fois sur le département que deux villes proposent une programmation culturelle commune. » Voilà comment Délia Moroté, première adjointe au maire de Seyssins, a présenté la semaine dernière en conférence de presse le projet de rapprochement culturel entre Seyssins et Seyssinet-Pariset. Concrètement, dès la saison prochaine, les habitants des deux villes se verront soumettre une offre commune englobant tous les équipements culturels comme le Prisme à Seyssins et l’Ilyade à Seyssinet-Pariset. Une décision qui, bien sûr, permet de réaliser des économies, mais qui fait surtout sens – chaque petite ville peut-elle encore bosser toute seule dans son coin ? « C’est vraiment la volonté de nos deux maires de travailler ensemble en matière culturelle. On n’est qu’au début de l’aventure » renchérit Frédéric Battin, adjoint à la culture de Seyssinet-Pariset. Et la programmation dans tout ça ? « Finalement le contenu artistique, ça a été la chose la plus facile à faire » assure

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Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

ACTUS | « On avait de nombreux noms pour nos différentes activités entre la biennale Arts-Sciences, les Rencontres-i, Experimenta… Il nous a paru (...)

Aurélien Martinez | Mardi 28 mars 2017

Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

« On avait de nombreux noms pour nos différentes activités entre la biennale Arts-Sciences, les Rencontres-i, Experimenta… Il nous a paru important de nous recentrer en trouvant le format le plus immédiatement compréhensible à la fois pour le public de l’agglomération et pour nos partenaires extérieurs, notamment à l’étranger. » Voilà qui est clair comme nous l’a expliqué Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone de Meylan et de la biennale arts-sciences que ce même Hexagone organise : le nom du « salon arts, sciences et technologies » organisé chaque année à Minatec devient le nom de la biennale dans son ensemble, les Rencontres-imaginaires étant délaissées pour une appellation plus explicite. « Pour la petite histoire, quand on en a parlé avec des partenaires japonais, pour eux il n’y avait pas photo : Experimenta était le nom le plus évident. Ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire. » « On est sur du marketing territorial » Et quitte à changer le nom

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Atelier Arts Sciences : j'ai 10 ans

ACTUS | « Notre travail repose sur l’intégration des nouvelles technologies dans le monde de l’art » : voilà comment Eliane Sausse, directrice de (...)

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 31 janvier 2017

Atelier Arts Sciences : j'ai 10 ans

« Notre travail repose sur l’intégration des nouvelles technologies dans le monde de l’art » : voilà comment Eliane Sausse, directrice de l’Atelier Arts Sciences (et secrétaire générale de l’Hexagone de Meylan), résume les missions de ce laboratoire lancé en 2007. Grâce à l’Atelier, artistes et scientifiques se rencontrent, échangent et progressent pour aboutir à des projets communs. Comme, par exemple, celui d’EZ3kiel : en 2009, le groupe de musiciens, assoiffé d’innovation, avait pu travailler à Grenoble sur une installation interactive baptisée « les mécaniques poétiques ». « L’Atelier Arts Sciences a montré que les artistes réussissaient à bien anticiper les évolutions de la société » poursuit Eliane Sausse, qui annonce pour 2017 une réalisation du plasticien très branché nanoélectronique Lionel Palun. En octobre, la résidence de ce dernier prendra fin. Son œuvre, consacrée au "big data" (des milli

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La MC2 épinglée par la Chambre régionale des comptes

ACTUS | Mi-décembre 2016, la Chambre régionale des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes a rendu un rapport critique sur la gestion de la MC2, (grosse) scène nationale (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 6 janvier 2017

La MC2 épinglée par la Chambre régionale des comptes

Mi-décembre 2016, la Chambre régionale des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes a rendu un rapport critique sur la gestion de la MC2, (grosse) scène nationale grenobloise, déplorant « une gestion administrative peu rigoureuse en matière de ressources humaines et de commande publique » qui aurait conduit à « une insuffisance de fonds propres et une mauvaise estimation des frais de fonctionnement ». La chambre s’est par exemple penchée sur le cas du Centre dramatique national des Alpes qui « a fusionné début 2014 avec la MC2 dans des conditions critiquables, notamment en ce qui concerne les avantages financiers consentis à l’ancien directeur et à sa compagnie » (extraits de la synthèse). Le rapport, qui demande à ce que soient revues « les modalités de la contribution financière annuelle des membres de l’Établissement public de coopération culturelle de manière à garantir son autonomie financière », est consultable dans son entièreté

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Culture : la métropole grenobloise s’en mêle enfin

ACTUS | La métropole grenobloise commence à rajouter des cordes à son arc. Après sa création l’an dernier (elle a succédé à la communauté d'agglomération du même nom), elle vient (...)

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 15 novembre 2016

Culture : la métropole grenobloise s’en mêle enfin

La métropole grenobloise commence à rajouter des cordes à son arc. Après sa création l’an dernier (elle a succédé à la communauté d'agglomération du même nom), elle vient de s’adjoindre, en plus de ses six compétences actuelles, le domaine culturel et sportif. Même si, dans les faits, au 1er janvier 2017, il n’y aura pas de création de poste de vice-président à la culture, ni de service correspondant. Et, bien sûr, les adjoints à la culture des 49 équipes municipales ne disparaitront pas. Le président PS Christophe Ferrari et sa majorité préfèrent y aller doucement. « Le transfert des deux équipements à la Métropole que sont l’Hexagone de Meylan et la MC2 est la seule décision réelle prise pour le début d’année prochaine » résume Henri Touati, membre du Collectif métropolitain des acteurs artistiques et culturels qui a participé à la concertation autour de ce sujet. En 2017, les réflexions vont donc continuer, et ainsi valider (ou infirmer) les choix faits en ce début novembre. La culture conjuguée au conditionnel Utiliser le conditionnel est donc néces

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Culture sous haute surveillance politique

ACTUS | « On n’a pas très envie de revenir sur ce sujet. » Voilà ce qu’on nous répond à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset lorsqu'on cherche à joindre l’équipe pour (...)

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 31 octobre 2016

Culture sous haute surveillance politique

« On n’a pas très envie de revenir sur ce sujet. » Voilà ce qu’on nous répond à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset lorsqu'on cherche à joindre l’équipe pour évoquer les difficultés qu’elle rencontre avec la mairie (de droite) et l’adjoint à la culture Frédéric Battin. Retour en mars 2016. La directrice de la salle de spectacle, Noémi Duez, boucle sa programmation pour la prochaine saison. Mais juste avant le dévoilement de celle-ci, la mairie lui demande un changement : sur les 17 spectacles prévus, un va devoir disparaître de la plaquette. Ce sera Vous reprendrez bien une petite danse, pièce de danse contemporaine présentant des personnes âgées. Comme l’Ilyade est une salle municipale (ce qui est le cas de nombreuses autres dans l’agglo), l’élu à la culture dispose d’un droit de regard. « Je me dois de donner une couleur à la programmation. Il nous a semblé que ce spectacle était celui qui correspondait le moins à ce que nous voulions pour l’Ilyade. » La programmation est pourtant un travail en soi, confié à la directrice et son équipe. Alors pourquoi cette décision, justifiée entre autr

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Des vacances au théâtre avec le programme Vive les vacances

ACTUS | Et c’est parti pour la saison 4 de Vive les vacances, programme lancé en 2013 qui porte plutôt bien son nom. Soit plusieurs salles de l’agglomération (...)

Aurélien Martinez | Mardi 18 octobre 2016

Des vacances au théâtre avec le programme Vive les vacances

Et c’est parti pour la saison 4 de Vive les vacances, programme lancé en 2013 qui porte plutôt bien son nom. Soit plusieurs salles de l’agglomération grenobloise qui ont décidé de programmer des spectacles destinés au jeune public pendant les petites vacances scolaires, périodes où ces salles étaient habituellement fermées – oui, on l’a écrit (et regretté) de nombreuses fois dans ces pages, mais on ne comprend pas ce calendrier culturel construit autour d’une forte activité certains mois (mars et novembre par exemple) et de plus d’activité du tout à d’autres moments. Mais revenons-en à cette chouette initiative. Sur la saison 2016/2017, dix spectacles seront ainsi donnés dans huit salles de l’agglo. Pendant ces premières vacances de l’année, celles de Toussaint, on pourra se rendre à la MC2 pour découvrir Dormir 100 ans de l’auteure et metteuse en scène Pauline Bureau – une pièce qui, nous dit-on, « explore ce passage particulier de l’entrée dans l’adolescence ». À la Rampe, on aura plutôt droit à de la chanson (avec la souvent vue dans l’agglo Tartine Reverdy), a

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Jean-Paul Angot : « Un théâtre sans artistes est un astre mort »

ACTUS | Samedi 11 juin, la saison 15/16 de la MC2 s'est conclue avec la dernière représentation de À Ố Làng Phố, merveilleux spectacle circassien (...)

Jean-Paul Angot, directeur de la MC2 | Mardi 14 juin 2016

Jean-Paul Angot : « Un théâtre sans artistes est un astre mort »

Samedi 11 juin, la saison 15/16 de la MC2 s'est conclue avec la dernière représentation de À Ố Làng Phố, merveilleux spectacle circassien vietnamien. Tout au long de la saison, des spectateurs fidèles ou occasionnels sont venus sur le site de la rue Paul-Claudel ou chez nos partenaires du département, soit à nouveau plus de 100 000 entrées. Ils viennent attirés probablement par la diversité des propositions mais aussi par l'inlassable travail d'action culturelle que nous menons en direction du public. Ce public ne se constitue pas en un jour, il se renouvelle en permanence (35% chaque saison). Ce ne sont donc pas toujours les mêmes et nous nous en réjouissons car cela nous laisse un vaste travail que nous partageons d'ailleurs avec toutes les salles de notre Métropole. Tout au long de la saison, nous avons aussi permis que naissent ici des spectacles que nous produisons et qui ensuite sillonnent le territoire français et même au-delà. Des "créations" comme nous les désignons dans notre langage. Ce beau mot de création porte en lui à la fois espoir, audace et risque. C'est l'un des piliers de l'activité de notre Scène Nationale et c'est pour cela qu

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« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

ACTUS | Dans l’histoire de la décentralisation, la vie culturelle grenobloise est un creuset de la vie culturelle française. Aujourd’hui encore les artistes et (...)

Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone Scène Nationale Arts Sciences | Mardi 24 mai 2016

« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Dans l’histoire de la décentralisation, la vie culturelle grenobloise est un creuset de la vie culturelle française. Aujourd’hui encore les artistes et acteurs culturels grenoblois sont des références et irriguent nombre de réseaux à l’échelle européenne et internationale. Mon intention ici n’est pas de faire un inventaire exhaustif mais de faire prendre conscience de la chance que chaque habitant de l’agglomération a d’avoir la possibilité d’être au contact d’œuvres et d’artistes qui participent du mouvement mondial des idées, des émotions. L’importance de ce contact interdit toute politique de repli et engage à articuler action territoriale et ouverture internationale. Nous n’avons pas suffisamment conscience de cette chance, qui trop souvent est confondue avec une forme d’élitisme. Gageons que la formule de Jean Vilar « élitaire pour tous » soit toujours et plus que jamais d’actualité : offrir le meilleur au plus grand nombre. La culture, a contrario d’un bien matériel, ne s’épuise pas dans sa consommation mais se démultiplie dans le partage. « S’élever, d’urgence! » Le rapport à la création et à l’art en général est un moyen unique pour chaqu

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Florence Verney-Carron : « Marquer de façon visible l’action de la région »

ACTUS | En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire (...)

Sébastien Broquet | Mardi 3 mai 2016

Florence Verney-Carron : « Marquer de façon visible l’action de la région »

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? Florence Verney-Carron : C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler au budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan, ensuite encourager l’émergence – ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amenés à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire, et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Et comme nous arrivons au moment de la fusion des régions, il est aussi

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MC2 : la Ville de Grenoble baisse sa subvention de 6%

ACTUS | Depuis le mardi 12 avril, en mairie, c’est silence radio, malgré nos appels directs au cabinet du maire. Pareil à la MC2, où personne dans l’équipe de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 26 avril 2016

MC2 : la Ville de Grenoble baisse sa subvention de 6%

Depuis le mardi 12 avril, en mairie, c’est silence radio, malgré nos appels directs au cabinet du maire. Pareil à la MC2, où personne dans l’équipe de direction ne veut commenter pour l’instant cette décision. On souhaitait pourtant simplement recueillir des réactions à l’annonce faite par le maire de Grenoble Éric Piolle lors d’un conseil d’administration extraordinaire de la MC2 : la Ville va baisser la subvention de l’équipement de 104 286 €, soit 6% sur les 1 758 962 € alloués en 2015. Un chiffre rendu public par Jérôme Safar, élu socialiste d’opposition et accessoirement « administrateur élu de la MC2 » qui, du coup, monte au front sur ce dossier. Cette baisse, envisagée en mairie depuis quelques mois, va forcément impacter sur les prochaines saisons de l’établissement public de coopération culturelle (c’est son statut juridique), surtout que la région nouvellement présidée par Laurent Wauquiez va elle aussi diminuer sa contribution de 6%, contribution qui était de presque 500 000 € en 2015. Florence Verney-Carron, vice-présiden

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Seyssinet-Pariset : voici l’Ilyade

ACTUS | Le Centre culturel Jean-Jacques Rousseau n’est plus, vive l’Ilyade ! Pour célébrer la réouverture après travaux de sa salle de spectacle de 300 places, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 30 juin 2015

Seyssinet-Pariset : voici l’Ilyade

Le Centre culturel Jean-Jacques Rousseau n’est plus, vive l’Ilyade ! Pour célébrer la réouverture après travaux de sa salle de spectacle de 300 places, la municipalité de Seyssinet-Pariset a décidé de frapper fort en arrêtant avec l’ancien nom à rallonge. Et en "grenoblisant" le nouveau avec ce fameux Y qui n’a rien de mythologique. Niveau programmation, pas de changements par contre, on est toujours sur un pertinent croisement de formes. Pour débuter, on se réjouit que l’Incredible Drum Show des Fills Monkey (deux batteurs pour un show musical et théâtral explosif) soit repris après son succès dans ces mêmes murs en 2014. Sinon, en théâtre, l’auteur et metteur en scène Gilles Granouillet de la compagnie Travelling Théâtre dévoilera Abeilles, spectacle tout public su

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Du lourd l'an prochain à la MC2

ACTUS | Du côté du théâtre La scène nationale de Grenoble a toujours envoyé du lourd, voire du très lourd, niveau programmation théâtrale. La saison prochaine suivra (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 12 juin 2015

Du lourd l'an prochain à la MC2

Du côté du théâtre La scène nationale de Grenoble a toujours envoyé du lourd, voire du très lourd, niveau programmation théâtrale. La saison prochaine suivra donc la même ligne. L’un des gros événements de l’année sera la venue du sulfureux metteur en scène italien Romeo Castellucci, adepte des images fortes et des corps difformes, pour la reprise de son Orestie (une comédie organique ?), relecture de la trilogie d’Eschyle dévoilée en 1995 – la relecture (photo), pas la trilogie ! Niveau grands noms du théâtre, on retrouvera aussi le fascinant Joël Pommerat et son délicat théâtre en boîte noire avec une pièce très politique sur la Révolution française intitulée Ça ira (1) Fin de Louis. L’énergique metteur en scène et comédien Stanislas Nordey s’acoquinera avec Falk Richter, auteur associé à la Schaubühne à Berlin, pour un Je suis Fassbinder (le titre pose les intentions d’emblée) dans lequel on retrouvera la très star Emmanuelle Béart. On continue cette liste avec, en vrac, pas mal de grands

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L'Hexagone de Meylan, toujours aussi original

ACTUS | Comme chaque année, la scène nationale de Meylan présente une programmation riche et audacieuse avec certes quelques noms bien identifiés : Les (...)

Aurélien Martinez | Lundi 8 juin 2015

L'Hexagone de Meylan, toujours aussi original

Comme chaque année, la scène nationale de Meylan présente une programmation riche et audacieuse avec certes quelques noms bien identifiés : Les Tréteaux de France de Robin Renucci sur Le Faiseur de Balzac. Le jongleur et artiste numérique Adrien Mondot avec une nouvelle création baptisée Le Mouvement de l’air. Le chorégraphe Denis Plassard avec la reprise de son Rites vu il y a un an à la Rampe. Le jeune metteur en scène belge Fabrice Murgia, déjà passé par la MC2 aux commandes de l’excellent Chagrin des ogres, avec Notre peur d’en être, spectacle sur des êtres humains confr

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Les vents se lèvent à la MC2

MUSIQUES | Quel est le programme de cette journée Vents debout ? Antoine Pecqueur : Elle sera composée de concerts courts d’une heure maximum pour que (...)

Nathan Chaudet | Mardi 2 juin 2015

Les vents se lèvent à la MC2

Quel est le programme de cette journée Vents debout ? Antoine Pecqueur : Elle sera composée de concerts courts d’une heure maximum pour que le public puisse en faire plusieurs. Ils se tiendront à l’intérieur et sur le parvis de la MC2. Certains seront gratuits et d’autres payants – mais ils coûteront le prix d’une place de cinéma. L’accessibilité tarifaire est très importante pour nous. Pourquoi mettre en avant la famille des instruments à vent ? Nous avons choisi le thème des instruments à vent car c’est un style très convivial et festif qui réunit à la fois les bois et les cuivres. Ça nous permet de drainer un répertoire très large, de la musique baroque à la musique contemporaine en passant par les musiques du monde. À travers cette idée de diversité, nous pouvons toucher un public très large. Qui seront les musiciens présents ? Nous voulions rappeler que Grenoble était au cœur des Alpes et également au centre de cette notion d’Europe culturelle. On peut voir Grenoble comme un cul-de-sac ou comme la porte d’entrée des Alpes ! On a donc choisi les mus

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Awards 2014 théâtre

SCENES | L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 théâtre

L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création contemporaine locale, propose un cycle consacré au monologue. Parmi les trois propositions, on découvre celle de Grégory Faive autour du Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton, qui évoque avec humour tous les à-côtés de son art. Alors qu’on s’attendait à une petite forme bien sympathique à la durée de vie limitée, on assiste à l’éclosion d’une aventure théâtrale passionnante (baptisée Pourvu qu'il nous arrive quelque chose) qui grandira et s’épanouira au fil des mois dans des salles toujours plus grandes. Après quinze jours de représentation en mai dernier à la MC2 et un festival d’Avignon cet été, le spectacle continue encore sa tournée – il sera au Grand Angle et à la Faïencerie la saison prochaine. Un vérita

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MC2 : J’ai dix ans

ACTUS | 17 septembre 2004. Du côté de l’ancien Cargo, le long du tram A entre le parc Paul-Mistral et la Villeneuve, c'est l’effervescence. La rénovation de la (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 septembre 2014

MC2 : J’ai dix ans

17 septembre 2004. Du côté de l’ancien Cargo, le long du tram A entre le parc Paul-Mistral et la Villeneuve, c'est l’effervescence. La rénovation de la Maison de la Culture ouverte en 1968 (l'année des Jeux olympiques) par André Malraux et fermée depuis six ans est enfin achevée. Ne reste plus qu'à inaugurer cette fameuse Maison de la Culture 2, de façon grandiose s'il vous plaît. Avec, en plus des artistes locaux (le chorégraphe Jean-Claude Gallotta, ou encore Marc Minkowski, le chef d’orchestre des Musiciens du Louvre Grenoble), les classieux Alain Bashung et Christophe en concert : un lancement qui a de la gueule. Plus de 30 000 personnes se pressent rue Paul-Claudel pour découvrir « le must MC2 » comme le titra Libération. Allez, on y va, on monte quatre à quatre ces immenses escaliers et on oublie les derniers calamiteux rebondissements – même si le Cargo hors les murs avait plutôt bien fonctionné. « Bouger avec le monde » Car malgré la vétusté de l'ancien Cargo, sa réfection n'allait pas de soi pour tou

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C’est au programme

ACTUS | Samedi 20 septembre À 15h : flash danse au CHU de Grenoble. Quelque quarante élèves du conservatoire vont revisiter le répertoire de Jean-Claude (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 septembre 2014

C’est au programme

Samedi 20 septembre À 15h : flash danse au CHU de Grenoble. Quelque quarante élèves du conservatoire vont revisiter le répertoire de Jean-Claude Gallotta. À noter que cette action s’inscrit dans une politique culturelle forte du CHU, qui accueille à l’année de nombreux spectacles. À 18h30 : flash danse 2 + cours de danse géant sur le parvis de la MC2. L’immense parvis du bâtiment est souvent occupé par un groupe de danseurs urbains. Groupe que l’équipe des relations avec le public de la MC2 a logiquement souhaité associer aux festivités. À 19h30 : Ochtoussil au Grand-théâtre de la MC2. Gallotta toujours, qui cette fois-ci convoque une centaine d’amateurs pour « danser et pousser ensemble le cri de ralliement de la compagnie : ochtoussil ». À 21h30 : concert d’Olivia Ruiz dans la salle René Rizzardo de la MC2. La nouvelle meilleure amie de Jean-Paul Angot et Jean-Claude Gallotta (elle était l’an passé dans L’Amour sorcier co-mis en scène par c

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En route vers 2014 / 2015

ACTUS | Du côté du théâtre C’était la révélation du dernier Festival d’Avignon : Les Particules élémentaires du jeune Julien Gosselin. Une adaptation improbable et (...)

Aurélien Martinez | Lundi 16 juin 2014

En route vers 2014 / 2015

Du côté du théâtre C’était la révélation du dernier Festival d’Avignon : Les Particules élémentaires du jeune Julien Gosselin. Une adaptation improbable et inespérée du deuxième roman de Michel Houellebecq, qui contient tous les autres ; et le genre de spectacle qu'on aime voir avec une mise en scène au service d'un texte où l'énergie n'est pas le seul moteur. La création sera à l’affiche de la MC2 en mars pendant 15 jours. Autre proposition très attendue : celle de Sylvain Creuzvault et de son collectif D’Ores et déjà qui, après s’être brillamment confrontés en 2011 à la période révolutionnaire (Notre terreur, l’un de nos coups de cœur théâtre de toute la vie entière), ont choisi de travailler autou

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En route vers 2014 / 2015

ACTUS | L’Hexagone Détailler le programme d’une salle comme l’Hexagone est toujours un travail périlleux, tant son directeur Antoine Conjard essaie année après année (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 juin 2014

En route vers 2014 / 2015

L’Hexagone Détailler le programme d’une salle comme l’Hexagone est toujours un travail périlleux, tant son directeur Antoine Conjard essaie année après année de présenter une série de spectacles audacieux, atypiques et déroutants – même si, bien sûr, on a aussi le droit à quelques formes plus classiques. Cela venant sans nul doute du positionnement arts et sciences d’un théâtre qui, on le rappelle, organise tous les deux ans les Rencontres-i (rendez-vous en automne 2015). Niveau têtes connues et appréciées, la saison prochaine, nous retrouverons à Meylan le chorégraphe Aurélien Bory (l’un des plus talentueux de sa génération), avec deux propositions : Sans objet, pièce de 2009 pour deux interprètes et un robot de l’industrie automobile, et Plexus, solo pensé pour et avec la fascinante danseuse Kaori Ito. Le facétieux Roger Bernat sera

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La culture, c’est aussi la nuit !

ACTUS | Longtemps restée l’apanage d’une petite poignée de villes, la club culture semble enfin avoir trouvé un point d’ancrage à Grenoble. La club culture ? Une (...)

Damien Grimbert | Lundi 6 janvier 2014

La culture, c’est aussi la nuit !

Longtemps restée l’apanage d’une petite poignée de villes, la club culture semble enfin avoir trouvé un point d’ancrage à Grenoble. La club culture ? Une vision des soirées dansantes qui ne se limite pas au défoulement, à l’ivresse, à la drague et à l’ostentatoire, mais propose également une véritable dimension artistique, des moments d’échanges humains et de découverte ainsi qu’une vraie mixité sociale, avec comme centre névralgique une passion commune et partagée pour les musiques émergentes. En d’autres termes, un projet de vie nocturne ambitieux, généreux et innovant qui repose sur une alchimie subtile et bien moins évidente qu’il n’y paraît entre différents éléments : une grande diversité dans l’offre musicale, des lieux nocturnes nombreux, variés et accessibles, un public réactif, diversifié et ouvert musicalement, des associations nombreuses, complémentaires et exigeantes musicalement, et enfin l’existence de "soirées paliers" permettant à un public non spécialisé de s’initier aux différentes tendances musicales, aux DJs émergents de faire leurs premier pas, et aux organisateurs de proposer une programmation musicale plus ouverte et non soumise aux exigences du

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Awards 2013 théâtre

SCENES | L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 théâtre

L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et réunie autour du metteur en scène Aurélien Villard fait son nid dans le milieu grenoblois, toujours guidée par l’envie de proposer un théâtre généreux et non intimidant. On a souvent pu la croiser à l’Espace 600, qui la soutient depuis longtemps, mais aussi à l’Amphidice (sur la fac) ou au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye (Aurélien Villard vient de ce village isérois). Pourquoi un award maintenant du coup ? Parce que 2013 est véritablement l’année du décollage pour les Gentils, grâce à leur création La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui vient d’être produite par le Théâtre nouvelle génération de Lyon – et non par une structure grenobloise, mais bon ! Un acte de professionnalisation (avant, c’était en mode débrouille, alors que là, tout le monde est payé) qui ouvre de nouvelles voies à ces saltimbanques adeptes du théâtre chanté et,

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L'Hexagone et la Rampe se dévoilent

ACTUS | Un peu moins de spectacles, mais plus de dates pour la majorité d’entre eux : tel est le nouveau credo de l’Hexagone, et l’on ne peut que s’en réjouir, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 11 juin 2013

L'Hexagone et la Rampe se dévoilent

Un peu moins de spectacles, mais plus de dates pour la majorité d’entre eux : tel est le nouveau credo de l’Hexagone, et l’on ne peut que s’en réjouir, tant le théâtre a besoin de séries pour vivre (grâce notamment au bouche à oreille). La saison prochaine, sur la scène de Meylan, on retrouvera ainsi avec plaisir, sur trois soirs, Philippe Car et son Agence de voyages imaginaires. Le metteur en scène, adepte des relectures énergiques des classiques du répertoire (on se souvient d’un excellent Bourgeois Gentilhomme) s’attaquera cette fois-ici au Cid (photo) de Corneille. Au rayon des autres retours attendus, le truculent Oscar Gómez Mata (avec La Maison d’antan, d’après Stevenson) ou encore le Turak Théâtre de Michel Laubu (

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MC2 : en avant, marche!

ACTUS | Jean-Paul Angot, le nouveau directeur de la maison depuis janvier, nous l’avait annoncé : « c’est plutôt sur 2014/2015 que je pourrai vraiment m’exprimer (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 29 mai 2013

MC2 : en avant, marche!

Jean-Paul Angot, le nouveau directeur de la maison depuis janvier, nous l’avait annoncé : « c’est plutôt sur 2014/2015 que je pourrai vraiment m’exprimer sur des choix ». 2013/2014 sera donc une saison de transition, portant aussi bien la patte Angot qu’Orier (l'ancien directeur parti au ministère de la culture). Une saison dans la continuité des précédentes, même si l’on note la disparition judicieuse dans la plaquette de la rubrique Indisciplinés (les arts de la piste en gros), avalée par la rubrique... théâtre (alors qu’on l’aurait plutôt imaginé par la danse, mais bon, hein !). Notons aussi que lors de la conférence de presse, Angot a à plusieurs reprises salué la « compréhension » de Jacques Osinski sur l’histoire de la disparition du CDNA, signe que l’affaire semble bel et bien actée. Du côté du théâtre

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Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

ACTUS | Cette semaine, le metteur en scène Jacques Osinski, directeur du Centre dramatique national des Alpes depuis 2008, dévoilera, sur le plateau de la MC2, (...)

Aurélien Martinez | Lundi 4 mars 2013

Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

Cette semaine, le metteur en scène Jacques Osinski, directeur du Centre dramatique national des Alpes depuis 2008, dévoilera, sur le plateau de la MC2, son nouveau spectacle Orage, d’après le texte d’August Strinberg. Mais l’actualité de l’homme est ailleurs : le 15 février dernier, il a appris qu’il ne serait pas reconduit à la tête du CDNA (il postulait pour un troisième mandat de trois ans), ce dernier allant tout simplement disparaître, avalé par la MC2 qui l’héberge dans ses murs (avec le Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé par Jean-Claude Gallotta et les Musiciens du Louvre de Marc Minkowski). Une décision visiblement ancienne puisqu’actée en août dernier, par la ministre de la culture et le maire de Grenoble. Et une décision qui questionne beaucoup, à Paris comme à Grenoble. Issus des politiques de décentralisation menées depuis cinqua

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Jean-Paul Angot : « Ce n’est pas l’Annapurna ! »

ACTUS | Michel Orier parti cet été rejoindre le Ministère de la culture, c’est Jean-Paul Angot, ancien directeur de l’Espace Malraux de Chambéry, qui a été nommé cet (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 10 janvier 2013

Jean-Paul Angot : « Ce n’est pas l’Annapurna ! »

Michel Orier parti cet été rejoindre le Ministère de la culture, c’est Jean-Paul Angot, ancien directeur de l’Espace Malraux de Chambéry, qui a été nommé cet automne pour prendre les rênes de la MC2, la plus grande scène nationale de France. Une mission qu’il envisage on ne peut plus sereinement. « C’est un métier directeur de théâtre : que l’on soit là ou ailleurs, on aborde le sujet de la même manière. La MC2, ce n’est pas l’Annapurna ! Pour moi, ce poste n’est ni plus ni moins qu’un prolongement, même si c’est particulier puisque je connais la ville et le lieu, comme spectateur et comme professionnel. » Car Jean-Paul Angot a un lien fort avec Grenoble. « J’étais administrateur de Chantal Morel [metteuse en scène grenobloise incontournable, qui a notamment dirigé le Centre dramatique national des Alpes à la fin des années 1980 – ndrl] pendant dix ans, jusqu’en 1994. Puis j’ai été à la MC2 de 2002 à janvier 2006. J’ai participé à la réouverture, et je suis resté une saison ensuite, avant de rejoindre Chambéry. Cette maison, j’y suis donc très attaché. C’est là que j’ai vu mon premier spectacle étant môme. Quand on est directeur

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MC2 : le changement dans la continuité

ACTUS | Michel Orier, directeur de la MC2 depuis sa réouverture en 2004 (après avoir été le conseiller théâtre de la ministre de la culture Catherine Tasca de 2000 à (...)

Aurélien Martinez | Lundi 5 novembre 2012

MC2 : le changement dans la continuité

Michel Orier, directeur de la MC2 depuis sa réouverture en 2004 (après avoir été le conseiller théâtre de la ministre de la culture Catherine Tasca de 2000 à 2002, et géré le hors les murs du Cargo de 2002 à 2004), était pressenti pour rejoindre de nouveau le Ministère de la culture si la gauche accédait à la magistrature suprême. François Hollande à l’Élysée depuis mai 2012, le départ de Grenoble du directeur de la MC2 n’était plus qu’une question de semaines. En août dernier, il est officiellement devenu directeur général de la création artistique, auprès d’Aurélie Filippetti. Il a donc fallu lui trouver un remplaçant... Remplaçant qui a été nommé ce mercredi 31 octobre. À savoir Jean-Paul Angot, 57 ans, actuellement directeur de l’Espace Malraux de Chambéry. Un nom familier à Grenoble, puisque Jean-Paul Angot a travaillé pendant une dizaine d’années avec Chantal Morel (notamment en tant que secrétaire général du Centre dramatique national des Alpes quand il était dirigé par la metteuse en scène), et qu’il a surtout été directeur adjoint de la MC2 de 2000 à 2004. « Une ambition européenne » Une nomination sans surprise (tout le milieu théâtral semblait déjà a

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MC2 : Jean-Paul Angot succède à Michel Orier

SCENES | Le conseil d'administration de la MC2 a confirmé aujourd'hui ce que tout le monde préssentait : Jean-Paul Angot, actuellement directeur de l'Espace (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 31 octobre 2012

MC2 : Jean-Paul Angot succède à Michel Orier

Le conseil d'administration de la MC2 a confirmé aujourd'hui ce que tout le monde préssentait : Jean-Paul Angot, actuellement directeur de l'Espace Malraux de Chambéry, vient d'être nommé directeur de la MC2 Grenoble, la plus grande scène nationale de France. Un changement dans la continuité, Angot, 57 ans, ayant été directeur adjoint de la MC2 de 2000 à 2004. Plus d'infos dans notre numéro de mercredi prochain.

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Sorties pour tout le monde

ACTUS | Grenoble est deuxième ! Pas pour la qualité de son air, ni pour ses facilités de circulation. Mais elle est douée dans l’accessibilité des personnes à mobilité (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 10 octobre 2012

Sorties pour tout le monde

Grenoble est deuxième ! Pas pour la qualité de son air, ni pour ses facilités de circulation. Mais elle est douée dans l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. L’Association des paralysés de France l’a classée juste derrière Nantes, où l’on respire mieux d’ailleurs. Beaucoup d’efforts ont été réalisés sur les lieux culturels. Pour Hervé Buissier, responsable du service Déplacement-Accessibilité de la Ville, le point fort reste la MC2 : « En 2003, les travaux entrepris à la Maison de la culture ont permis de rendre plus accessible le site. » Ces aménagements ont même valu à la capitale de l’Isère le prix "vivons ensemble la cité". Au "paquebot", on sort donc vraiment ensemble. L’ambiance "chacun de son coté" a disparu, mettant fin à la frustration que pouvaient ressentir deux amis séparés lors d’un spectacle, par le simple fait que l’un marche et l’autre non. Du côté des concerts et des bibliothèques Que les mélomanes qui préfèrent bières et décors moins feutrés se rassurent, les salles de concerts de la Ville sont aussi très bien équipées. La Bobine dispose d’un accès à 100%. Toilettes comprises. Même un de leur studio d’enregistrement est acc

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Rendez-vous l’année prochaine

SCENES | Un mix entre de grands auteurs du répertoire – que ce répertoire soit classique ou plus  contemporain – et des créations d’artistes d’aujourd’hui : tel (...)

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2012

Rendez-vous l’année prochaine

Un mix entre de grands auteurs du répertoire – que ce répertoire soit classique ou plus  contemporain – et des créations d’artistes d’aujourd’hui : tel sera, comme à l’accoutumée,  le crédo de la MC2 pour la saison théâtrale qui s’annonce. Ainsi, sur les différentes scènes de la Maison de la culture, on croisera Edmond Rostand (et son fameux Cyrano, par Dominique Pitoiset), Harold Pinter (Le Retour, mise en scène Luc Bondy, nouveau directeur du Théâtre de l’Odéon à Paris, avec sur le plateau un casting haut de gamme – Bruno Ganz, Louis Garrel, Pascal Greggory, Emmanuelle Seigner...), Marivaux (La Fausse suivante, mise en scène Nadia Vonderheyden, une fidèle de Sivadier), ou encore Eugène Ionesco (Rhinocéros, par Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville de Paris). Mais au-delà de cet inventaire à la Prévert, on retient surtout les propositions plus originales qu’a choisies la MC2 : la nouvelle création de Julie Bérès, fabuleuse metteuse en scène déjà croisée à l’Hexagone et à la MC2 ; le dernier projet de Véronique Bell

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Science friction

SCENES | La science d’un côté, l’art de l’autre. Les deux se regardent en chien de faïence. « Pourquoi vient-il me sucrer une part de budget pour des bagatelles de (...)

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

Science friction

La science d’un côté, l’art de l’autre. Les deux se regardent en chien de faïence. « Pourquoi vient-il me sucrer une part de budget pour des bagatelles de bobos quand moi, je travaille pour l’avenir de l’humanité ? » s’exclame la première, sûre d’elle et de sa légitimité. « Espèce de technophile sans aucune humanité qui va nous mener droit dans le mur » lui rétorque le second, d’un ton dénigrant et méprisant. Le décor est planté : on pourrait avoir ici affaire à un western moderne où deux mondes qu’a priori tout oppose s’affronteraient dans une lutte sans merci. Mais rien de tout ça. Car l’on est à Grenoble, là où rien ne se passe jamais comme on l’attend. Grenoble : une terre d’asile pour les scientifiques les plus réputés, carrément surnommée la « Silicon Valley » à la française par les plus ambitieux du fait de son positionnement en recherche et développement. Un territoire riche en laboratoires, universités et entreprises, également généreusement pourvu niveau culturel, à la grâce de politiques passées volontaristes (on cite souvent le Conseil général dans ce cas-là, alors citons-le) et d’acteurs locaux extrêmement impliqués. Ce qui fait dire là aussi aux plus ambitieux que

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