Rachid Ouramdane en partance vers Chaillot

Danse | L’actuel codirecteur du CCN2, avec Yoann Bourgeois, vient d’être nommé à la tête du Théâtre national de la danse – Chaillot. Il prendra ses fonctions au début du mois d’avril prochain. Nous l’avons interrogé sur son bilan à Grenoble et la manière dont il envisage son nouveau poste.

Martin de Kerimel | Lundi 15 février 2021

Photo : (c) Géraldine Aresteanu


Comment traversez-vous cette période de crise sanitaire ?
Rachid Ouramdane : Cette période a fait naître une profonde réflexion sur comment agir artistiquement et à la tête d'une institution, pour aller à la rencontre du public et faire en sorte que les choses ne s'arrêtent pas. Cela a demandé une vigilance quotidienne pour tenter d'apporter des solutions. Subir aurait été la pire des choses. En tant que directeur, je me suis évidemment soucié de mon équipe : il a fallu agir avec les nouveaux protocoles et comprendre ces informations qui nous éclairaient au fur et à mesure sur le risque. Cela a conduit à réorganiser notre travail.

J'ai envie de continuer à me projeter sur le futur. Il faut croire en tout ce qui a été mis en place du point de vue sanitaire, en l'efficacité des vaccins, et espérer qu'à un moment donné, on pourra retrouver le public. Je pense qu'il faudra alors avoir la sagesse de s'appuyer sur ce qui a pu s'inventer pendant cette période particulière. Je pense à toutes les initiatives en lien avec le numérique, les petits formats, l'art en plein air. Des choses que l'on faisait déjà au CCN2, mais qui se sont accentuées par la force des choses.

Quand nous avons appris votre nomination à la direction du Théâtre national de Chaillot, il ne nous a pas été précisé si vous alliez vous tourner exclusivement vers ce nouveau poste ou si vous pourriez le cumuler avec vos fonctions au CCN2…
Être à Chaillot, c'est tout donner à Chaillot. Je ne pourrais pas être sur les deux établissements à la fois, mais il y aura d'abord une phase de tuilage. Je crois que c'est la première fois que quelqu'un quitte le CCN2 en cours de mandat – le mien arrivait à terme fin 2022. Le président Emmanuel Macron a souhaité me confier cette responsabilité à Chaillot. C'est aussi pour moi une reconnaissance de mon engagement depuis des années et en particulier de ce que nous avons pu réaliser ici, à Grenoble, pour défendre un art chorégraphique qui soit aussi une démarche d'innovation sociale. J'ai donc accepté de porter ce souci de la diversité à plus grande échelle.

Le théâtre national de Chaillot a aussi des missions nationales : l'une d'entre elles est d'accompagner les centres chorégraphiques nationaux. Je resterai donc en lien avec celui de Grenoble pour penser des partenariats. Je compte également développer des collaborations avec le réseau des scènes nationales. La MC2, nouvellement dirigé par Arnaud Meunier, sera évidemment le complice de plusieurs projets d'envergure nationale et internationale.

Enfin, à titre personnel, je me suis engagé sur la candidature de Grenoble capitale verte. C'est un projet sur lequel j'aimerais pouvoir continuer à m'engager. Il va falloir que je voie si les partenaires locaux, le souhaitent également. Je pars pour me consacrer à un autre établissement, mais je reste un artiste, à la tête d'une institution. La base du projet que j'ai défendu consiste à tisser des ponts avec des partenaires en France et à l'étranger.

Comment est-on nommé à la tête d'un établissement comme Chaillot ? Il faut postuler ? Passer un entretien ? Être mis en concurrence ?
Il n'y a pas de règle générale, mais on est nommé par décret. C'est donc l'Elysée qui opère le choix. Pour ma part, j'ai été reçu par Roselyne Bachelot et Emmanuel Macron m'a donné sa préférence, dans le sens de ce qu'elle lui avait conseillé. Au départ, il n'y a pas d'appel à candidature : on vous repère, vous êtes identifié par rapport à votre parcours et votre engagement. Je crois, ces dernières années, m'être beaucoup engagé pour l'art chorégraphique, pour que cette discipline puisse défendre des valeurs et s'inscrire esthétiquement, socialement, dans des projets de très grande ampleur. Mon engagement était connu. Par ailleurs, il y a ce que raconte mes œuvres : cela m'a amené à rencontrer des décideurs, avec qui j'ai échangé. On m'a demandé si le poste pouvait m'intéresser. Il y a énormément d'interlocuteurs, en fait. Au fur et à mesure des discussions, j'ai ainsi confirmé un intérêt que j'ai ensuite porté auprès du ministère de la Culture et de l'Elysée.

Que représente Chaillot pour vous ? On imagine votre fierté…
Je suis surtout content de pouvoir aller défendre des choses auxquelles je crois. Cela fait des années que je pense que nos lieux d'art et de culture doivent remettre en avant une notion d'hospitalité. J'ai pu le prouver ici, à Grenoble, sur le territoire de la Métropole, avec des partenaires locaux qui souhaitaient s'inscrire dans cette réflexion. Avant de réfléchir à une ligne esthétique et de programmation, il s'agit de penser nos établissements au travers de leur capacité à créer du lien entre les populations, en amenant aussi l'art là où ne l'attend pas. En s'assurant que les missions de service public profitent à tous et pas seulement aux initiés.

Après le théâtre populaire de Jean Vilar, après le théâtre élitaire pour tous d'Antoine Vitez, j'ai souhaité défendre un théâtre des diversités. Un théâtre défenseur des droits aussi, qui s'appuie sur un symbole : c'est au Palais de Chaillot qu'a été signée la Déclaration universelle des droits de l'homme, en 1948. Après toutes les crises que l'on vient de traverser, j'ai jugé important que l'on ait un projet ambitieux, qui tente de proposer des alternatives et, si ce n'est des solutions, trouve une façon de faire qui affirme le multiculturalisme français. Un théâtre qui ait envie de devenir un théâtre européen de la danse, résiste au repli identitaire et affiche son envie d'aller vers les autres, d'un point de vue international, mais aussi vers les territoires fragilisés, avec d'autres structures, sur l'ensemble du territoire national.

Comment on construit cette hospitalité que vous évoquez ?
D'abord, en pensant le bâtiment : il doit être exploité pleinement, et pas uniquement au travers de ses salles de spectacle. Je donne souvent l'exemple de la cour d'honneur d'Avignon : quand on y vient, ce n'est pas uniquement pour assister à un spectacle, mais aussi pour voir ce que de grands artistes en ont fait. Comment ils ont su transformer le lieu et lui donner une nouvelle identité. Je vois Chaillot dans son entier. Venir dans cette maison et découvrir l'histoire qui la construit, cela veut dire aussi élargir les grilles horaires, proposer des pratiques nouvelles, la vivre du matin au soir, prévoir des performances de foule, des ateliers parents-enfants, des conférences, des œuvres en réalité virtuelle…

Créer une hospitalité nouvelle, c'est aussi se tourner vers les alentours. Autour de Chaillot, il y a aujourd'hui un projet de rénovation écologique sur le Trocadéro, avec l'idée de construire des espaces de festivités en extérieur. Ce doit être le théâtre d'expressions de haut vol, d'artistes en plein air, qui s'adressent de manière spontanée aux populations venues sur place. C'est aussi l'idée de travailler avec l'ensemble des établissements voisins, le Palais de Tokyo, le Musée Guimet, la Maison de l'architecture, pour imaginer une sorte de cité des arts, où l'on pourrait venir passer un week-end.

Ce projet va s'appuyer sur d'autres équipes, elles-mêmes à la pointe sur les questions d'égalité hommes/femmes, de reconnaissance des diversités culturelles, et issues des disciplines variées. Un ensemble sera constitué avec Dorothée Munyaneza, Faustin Linyekula, Gisèle Vienne, Kerry James, François Chaignaud, Fanny de Chaillé, le collectif XY, Nacera Baleza et Aurélie Charron. La ligne de programmation continuera également à s'intéresser au grand ballet. C'est la responsabilité d'un théâtre comme Chaillot de gérer les écarts, de soutenir les artistes confirmés et d'être aussi dans le souci de l'émergence, avec toutes les danses. De répondre aux grands, petits et hors formats. L'ADN des Grands Rassemblements développés au CCN2 ou de la trilogie que nous avons constituée avec le Centre de développement chorégraphique de Grenoble et le Magasin des Horizons, c'est quelque chose que je vais amener à Chaillot avec moi.

Nous aurons aussi une « kids saison », c'est-à-dire, en parallèle de notre saison régulière, une saison conçue pour les enfants et leurs parents, ou simplement pour les enfants – cela reste à préciser. Un autre pilier de notre travail sera d'accompagner le tournant majeur de la danse vers le numérique. Nous sommes aujourd'hui face à une situation de crise et les réponses que la pratique chorégraphique a portées via le numérique ont été importantes. Ce ne sont pas que des solutions temporaires : ce lien entre l'art chorégraphique et sa façon digitale d'exister, je souhaite le développer à Chaillot, à l'endroit de la création, d'abord, mais aussi pour nourrir nos pratiques participatives, via les réseaux sociaux. Le digital ne soit pas servir à nous tenir à distance, mais au contraire à converger vers l'établissement. Nous souhaitons inventer un espace dédié aux formes digitales, autour d'œuvres interactives et immersives, ce qui permettrait par ailleurs de créer une forme de permanence. Des choses qui pourront se pratiquer ou se visiter tout au long de la journée. Chaillot est l'endroit rêvé pour créer ces formes nouvelles.

Revenons à l'actualité. Comment les choses vont-elles se passer pour vous d'ici début avril, date de votre prise de fonction à Chaillot ?
Sincèrement, la nouvelle de ma nomination étant tombée vendredi matin, j'ai depuis passé mon temps à répondre aux demandes d'interview, ainsi qu'aux signes envoyés par d'autres professionnels, artistes, directeurs de structures et partenaires internationaux. Je leur ai confirmé que nous allons pouvoir travailler ensemble. Maintenant, il va falloir structurer la passation avec Didier Deschamps, l'actuel directeur de Chaillot. Je ne vous cache pas qu'elle s'effectue dans un temps extrêmement court. Cela dit, Didier Deschamps m'a appelé, s'est dit ravi de ma nomination et se tient donc prêt à organiser la passation.

J'ai un double chantier : aller à Chaillot et, bien sûr, travailler à une sortie du CCN2. On est sur un projet particulier, ici, avec une codirection à la tête d'un centre transdisciplinaire. Il va très vite falloir se réunir, avec les services de l'Etat et des collectivités territoriales, pour déterminer comment chacun se positionne, comment l'établissement va continuer, quelles sont les attentes. Je crois savoir que les partenaires du CCN2 sont heureux du travail accompli. Il faut continuer à rêver ensemble à encore quelque chose d'innovant. Ce territoire doit continuer à faire preuve d'audace et de singularité. J'ai quelques idées sur ce sujet, mais j'aimerais d'abord les partager avec les intéressés : l'équipe actuelle du CCN2 et ses partenaires. Je ne voudrais pas que ce que je pourrais dire dans la presse soit vécue comme une pression pour aller dans un sens ou un autre. J'ai surtout envie d'entendre les autres et que l'on avance tous ensemble.

Se pose la question de votre binôme avec Yoann Bourgeois, qui ne partira pas à Chaillot avec vous. Va-t-il rester seul à la direction du CCN2 ? Serez-vous remplacé et un nouveau binôme sera-t-il ainsi constitué ?
C'est à inventer. Je ne peux pas avoir d'information sur ce sujet, dans la mesure où rien n'est décidé, dans un sens ou un autre. Vous émettez deux hypothèses. Moi, j'aurais quatre ou cinq alternatives à proposer. Ce que je défendrai, c'est que cet outil continue à être partagé. Cela a été une très grande réussite, voire, sans prétention, un modèle. Cela répond à un besoin. La vitalité chorégraphique française fait que les artistes sont extrêmement nombreux. Ils méritent d'accéder à ce type d'outils. On ne peut pas inventer de nouveaux centres chorégraphiques tous les jours, mais on doit pouvoir les partager. Au CCN2, on a fait la démonstration que c'était possible. Par la suite, l'État a inscrit dans les appels à candidatures aux postes de direction la possibilité de candidater à plusieurs. C'est ainsi qu'un collectif a été nommé au Centre chorégraphique de Rennes, un autre à Marseille… je suis convaincu qu'il faut continuer à aller vers ces notions de transdisciplinarité et de partage de l'outil. Statutairement, c'est impossible de prévoir une codirection à Chaillot, mais c'est aussi dans cette logique que j'ai proposé à neuf artistes d'entrer dans la maison avec moi.

Aujourd'hui, à Grenoble, la MC2, qui héberge le CCN2, semble également aller dans ce sens, avec les artistes associés par Arnaud Meunier, le nouveau directeur…
Exactement. Et Arnaud Meunier arrive lui-même en tant qu'artiste ! Sans corporatisme de ma part, je pense qu'il est important que, dans ces maisons, les artistes soient présents au long cours, et pas seulement pour de courtes résidences. Ce n'est pas le cas à Grenoble, mais, malheureusement, je me rends compte qu'il y a toujours un peu de suspicion à l'égard des artistes dans certains territoires. Comme une crainte qu'ils n'arrivent pas à embrasser les questions d'administration et de gestion. De ce point de vue, Chaillot est un formidable contre-exemple : un geste fort a été fait dans ce sens-là de la part de l'Elysée, car nous étions plusieurs artistes dans la course finale pour la direction. J'y vois une reconnaissance de la responsabilité des artistes pour agir dans la société d'aujourd'hui.

En ce sens, diriez-vous que vos années à Grenoble vous ont préparé à vos nouvelles fonctions ?
Évidemment ! Grenoble a été pour moi le laboratoire de ce que j'ai pu rêver pour Chaillot. La dynamique avec les partenaires locaux, les échanges, la mobilité territoriale dans laquelle on s'est inscrit, la confiance accordée par la Métropole et M. Piolle, tout ce que nous avons mené avec le Pôle Territoire sur certains territoires dits périphériques ou enclavés… Grenoble a été un vrai lieu d'expérimentation artistique et sociale. J'avais certes une expérience en arrivant ici. On sait bien que certaines choses qui marchent sur un territoire peuvent ne pas marcher sur un autre : tout n'est pas transposable. Mais ce que j'ai vécu ici m'a permis de prendre confiance, de découvrir et d'apprendre. Cette façon de rencontrer des gens et de réfléchir à la façon dont l'art peut agir dans des milieux donnés… c'est, je crois, ce pour quoi on m'a accordé cette nouvelle confiance. Oui, tout cela a construit le fait que j'aille à Chaillot.

Vous dites que vous ne tournez pas le dos à Grenoble et avez l'intention d'y revenir…
J'aimerais, oui. Au CCN2, tout s'est fait en équipe. Au-delà de la codirection, on parle de quatorze personnes. J'ai aussi appris par elles, avec elles, dans cette intelligence collective. J'ai aussi appris avec les collectivités territoriales et nos structures partenaires. Avant d'imaginer quoi que ce soit pour le futur, j'essayerai donc d'être convaincant pour défendre les idées que j'aimerais leur soumettre. Afin d'envisager comment on pourra continuer à avancer ensemble.

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"Summer time… Un été en mouvement" et covid-compatible grâce au CCN2

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Möbius : l'art de l'envol

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À quoi tient la magie d’un instant ? Comment expliquer qu’une heure durant, ce qui se passe sur une scène parvienne à nous faire oublier les soucis de notre quotidien et nous emmener ailleurs ? Quel phénomène étrange se joue lorsqu’un bon millier de personnes, adultes, adolescents, enfants, vibrent soudain à l’unisson, sensibles à une émotion partagée ? Il n’est pas indispensable de trouver une réponse à toutes ces questions pour profiter de Möbius. Il peut toutefois être difficile de résister à l’envie d’acclamer une performance artistique remarquable… et c’est pourtant ce qui nous a été demandé un soir de la semaine dernière, à Annecy, en prélude à une représentation du nouveau spectacle chorégraphié par Rachid Ouramdane. Talent et force poétique Passée la surprise, on comprend évidemment que cette œuvre – désormais programmée à la MC2, depuis mardi et jusqu’à vendredi – est si technique (et potentiellement dangereuse) qu’il faut absolument éviter de troubler l’intense concentration des exécutants. Pas question de s’appesantir sur le sujet : toute considération matérie

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Grand Rassemblement 5 : qui se rassemble s’enchante

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Sandy Plas | Mardi 29 novembre 2016

Rachid Ouramdane : « Construire une œuvre ensemble »

Le projet de "grands rassemblements" a germé il y a quelques temps dans l’esprit de Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, codirecteurs du Centre chorégraphique de Grenoble (CCN2) depuis cette année : créer un évènement où le public dépassera sa condition de spectateur pour se plonger au cœur de la pratique artistique. « Nous sommes de plus en plus convaincus que le public s’inscrit dans une nouvelle manière de pratiquer l’art, en étant spectateur mais pas seulement » nous explique Rachid Ouramdane, à la tête de cette première édition du Grand Rassemblement (il y en aura une deuxième fin mai pour cette saison). « On est aujourd’hui dans une recherche de temps partagés avec le public. » Concrétement, pendant deux jours, tous les espaces du CCN2 et de la MC2 (les deux structures sont dans les mêmes locaux) seront ainsi mis à contribution pour accueillir différents ateliers. Gratuits et accessibles à tous, ces derniers, conçus pour la plupart autour de l’art du geste, seront notamment anim

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"Tordre" de Rachid Ouramdane cette semaine à la MC2

SCENES | Codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis cette année, le chorégraphe Rachid Ouramdane présentera cette semaine, de mercredi à samedi, sa (...)

Aurélien Martinez | Mardi 4 octobre 2016

Codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis cette année, le chorégraphe Rachid Ouramdane présentera cette semaine, de mercredi à samedi, sa nouvelle pièce Tordre, qu’on n’a pas encore vue. Un « double portrait d’interprètes à la danse singulière » porté donc par deux danseuses à l’histoire forte comme le chorégraphe nous l’a lui-même expliqué. On parie que le résultat, comme toujours avec lui, sera empli de finesse.

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Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Saison 2016 / 2017 | De nouvelles têtes, des changements, un drôle de projet...

Aurélien Martinez | Mardi 13 septembre 2016

Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Des changements côté salles... De la danse en rassemblement à la MC2 Depuis le début d’année, le Centre chorégraphique national de Grenoble est dirigé par Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane (photo), qui ont ainsi pris la suite de l’emblématique Jean-Claude Gallotta. Un CCNG deuxième génération qui proposera cette saison deux événements atypiques à la MC2, un fin décembre et un autre fin mai : Le Grand Rassemblement. Des temps forts autour de la danse (mais pas que) qui sont en train d’être dessinés, et qui donnent très envie au vu des infos que l’on a pu glaner ici et là – pas mal d’invités, des spectacles phares… Deux nouvelles têtes Deux équipements culturels de l’agglo ont récemment changé de direction. À la Faïencerie de La Tronche, Céline Sabatier, venue du Coléo de Pontcharra, a remplacé Élisabeth Mathieu partie à la retraite. Au Pa

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Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

ACTUS | Alors qu’ils vont chacun présenter une pièce début mars dans l’agglo, on est partis à la rencontre de Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, les tout nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble qui succèdent ainsi à Jean-Claude Gallotta. Quel est leur projet commun vu que l’un vient des arts du cirque et l’autre de la danse contemporaine ? Réponses.

Aurélien Martinez | Mardi 23 février 2016

Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

Depuis le 1er janvier 2016, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG), précédemment dirigé pendant plus de trente ans par le ponte de la danse contemporaine Jean-Claude Gallotta, a deux directeurs à sa tête : Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Une configuration bicéphale inédite, d’autant plus que l’un des deux (Yoann Bourgeois) vient des arts du cirque : une petite révolution dans le paysage un brin figé des centres chorégraphique nationaux. « Notre duo est né étape par étape. Ça faisait quelques années qu’on se croisait, on était spectateur attentif du travail de l’autre. Et on s’est davantage rencontrés en tant que personne lors des réflexions autour d’un possible nouvel outil pour la danse à la MC2 » explique Yoann Bourgeois. Ce « nouvel outil », baptisé un temps hub, était très ambitieux, mais le Ministère de la culture a finalement fait machine arriè

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Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

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CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

ACTUS | D'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Résultat fin septembre.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2015

CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

Après plus de trente ans à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, logé au cœur de la MC2, le chorégraphe Jean-Claude Gallotta va devoir passer la main comme lui a demandé le ministère de la culture. On vient d'apprendre que le processus de sélection avançait puisque deux projets ont été retenus dans la "short list" pour prendre la suite, avec des noms loin d'être inconnus à Grenoble. Le premier dossier, présenté comme une codirection, est porté par Yoann Bourgeois (photo), artiste au langage circassien puissant associé à la MC2 depuis 2012, et le chorégraphe Rachid Ouramdane, souvent vu à la MC2. Le deuxième dossier est défendu par la chorégraphe Julie Desprairies (photo), qui travaille autour de la ville comme on a pu s'en rendre compte

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"Témoins ordinaires" : ceci est mon corps

SCENES | Pour symboliser l’atroce sur scène, il y a plusieurs manières : on peut par exemple y aller franco, façon Rodrigo Garcia lorsqu’il violente ses interprètes (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 4 décembre 2009

Pour symboliser l’atroce sur scène, il y a plusieurs manières : on peut par exemple y aller franco, façon Rodrigo Garcia lorsqu’il violente ses interprètes avec divers bains de ketchup et autres chorégraphies animalières ; ou, à l’opposé, décider seulement de suggérer l’horreur par les mots, les gestes, la scénographie… C’est la voie choisie par le chorégraphe Rachid Ouramdane qui, au fil de ses créations, se confronte à des sujets pas franchement funs (son dernier spectacle évoquait ainsi la guerre d’Indochine). Avec Des Témoins ordinaires, il s’attaque cette fois-ci à la question de la torture. Sur scène, des écrans diffusent des interviews brutes de ces témoins, anciennes victimes venues de Tchétchénie, du Rwanda, de Palestine, du Brésil ou encore du Chili. En ressortent des propos forts, qui forcément suscitent l’empathie chez le spectateur sans pour autant l’amener dans le tire-larmes gros sabots. À côté, la chorégraphie de Rachid Ouramdane se fait épurée, froide, segmentée, portée par des interprètes malléables, insaisissables, hypnotiques, en perpétuelle contorsion. Un moment glaçant parmi d’autres : celui où une danseuse se fait emporter, seule, dans u

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