Voyage au bout de la nuit

ARTS | EXPOSITION. C'est une expérience un peu particulière et très sensorielle que nous propose en ce moment Géo-Charles.

François Cau | Vendredi 3 juillet 2009

EXPOSITION. C'est une expérience un peu particulière et très sensorielle que nous propose en ce moment Géo-Charles. Les trois pièces du rez-de-chaussée du musée sont occupées par les installations architecturales et les peintures imposantes de Dominique de Beir, artiste plasticienne se définissant avant tout comme peintre. Depuis ses débuts, elle travaille la matière au corps, en la perforant, la grattant, dans le but d'amener un matériau à son point de rupture. Les outils deviennent donc des instruments de travail de prédilection de l'artiste (au style reconnaissable entre mille) ; instruments qu'elle expose retravaillés par ses soins, tel un artisan. Dans une des salles, on découvre une pièce gigantesque résumant bien à elle seule son travail : la Boite de nuit, au sens littéral du terme. En effet, Dominique de Beir a construit une immense caisse en carton, dont elle a perforé les parois intérieures et extérieures de petits trous. En se déplaçant en son sein, on devine ainsi des étoiles évoluant selon nos déplacements. Ce jeu avec la lumière se retrouve dans d'autres pièces : placé devant une fenêtre, un tableau noir troué laisse entrevoir du rouge en dessous. Dans une autre salle dont les murs ont été recouverts de cagettes, une grande boite sert d'écran de projection à un petit film illustrant de façon détournée la notion de perforation. Au final, cette exposition courte et bien construite présente avec pertinence le travail d'une artiste intéressante. Aurélien MartinezDOMINIQUE DE BEIR / LE NOIR EST-IL UN CHIFFRE ?
Jusqu'au 29 novembre, au musée Géo-Charles (Échirolles)

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Le souvenir des danseurs d'hier

Mémoire | Le Musée de la Résistance et de la Déportation, à Grenoble, se tient prêt à ouvrir sa nouvelle exposition, consacrée aux bals clandestins pendant la Seconde guerre mondiale. En attendant le feu vert, il poursuit sa collecte participative lancée fin janvier.

Martin de Kerimel | Vendredi 9 avril 2021

Le souvenir des danseurs d'hier

Alice Buffet, directrice de l’établissement de la rue Hébert, l’assure : c’est une coïncidence, si, à l’heure où les lieux de culture et de spectacle sont fermés partout en France, son équipe et elle espèrent bientôt montrer qu’entre mai 1940 et avril 1945, les Françaises et Français se sont vus interdire de danser. On se souviendra que, frustrés, certains décidèrent d’organiser ou de participer à des bals clandestins. Une expo sur ce thème devait débuter vendredi 9 avril : il faudra attendre que le Musée rouvre pour la voir – elle est programmée jusqu’au 3 janvier prochain. « Inédite, elle est le fruit d’un travail partagé avec des partenaires comme le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains de l’Université Paris 1 Sorbonne, l’INA et le Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne ». Alice Buffet explique que danser était très populaire avant-guerre, avec l’arrivée de nouveaux styles et un développement des danses de couple. « Elle sera ensuite jugée comme contraire à la morale et allant à l’encontre du redressement national ». Et punie comme telle. « Paperasserie » Alice Buffet annonce une exposition visuelle et so

Continuer à lire

Robin, créateur d'un jeu de société, a besoin d'aide

Loisirs | Animateur socioculturel, Robin Piarulli crée des jeux depuis qu’il est môme. Il a lancé sur Kickstarter la campagne de financement participatif de son premier jeu de société : Silbury. Une référence à la série Kaamelott ? Oui : son univers imprègne le jeu, avec druides, légendes, potions magiques et coups tordus.

Jérémy Tronc | Jeudi 8 avril 2021

Robin, créateur d'un jeu de société, a besoin d'aide

Que ce soit pour occuper sa petite sœur ou « pour faire marrer les copains », Robin Piarulli a commencé à créer des jeux dès l’âge de 5 ans. Animateur socio-culturel, sa vocation l’aide beaucoup dans le cadre de ses missions auprès des enfants dans les quartiers populaires. « J’ai continué à créer des jeux jusqu’à ce qu’on me dise qu’ils étaient vachement bien. Pour lancer Silbury, je suis simplement parti d’un jeu que j’ai imaginé il y a un peu plus de deux ans, fruit de mon imaginaire et de mes influences. » Entre l’idée et le lancement du financement sur Kickstarter, un peu plus de deux ans se sont écoulés. « Il y a eu beaucoup de versions pendant cette période. En fonction de l’avis des testeurs, j’ai dû procéder à de nombreux rééquilibrages et à des modifications du gameplay. Cela a abouti à une version bêta que l’on a de nouveau beaucoup modifiée quand on a finalement décidé d’éditer le jeu. En pensant aux futurs joueurs, j’ai encore retravaillé l’ergonomie du jeu pour le rendre plus accessible. » Souhaitant maîtriser l

Continuer à lire

Teddy Beat, troisième sexe

Bande dessinée | Troisième volet des aventures de l’ourson lubrique imaginé en 2011 par l’auteur grenoblois Morgan Navarro, Teddy Beat : Sex Change voit notre protagoniste changer de sexe dans le seul but d’expérimenter la jouissance féminine. Tout un programme… qu’on vous détaille avant la séance de dédicace de l’auteur ce jeudi 8 avril à la librairie Les Modernes.

Damien Grimbert | Mercredi 7 avril 2021

Teddy Beat, troisième sexe

C’est une période chargée pour Morgan Navarro : après les deux tomes de Ma vie de réac en 2016 et 2018, il sortait au printemps 2020 Stop Work (éditions Dargaud) en collaboration avec Jacky Schwartzmann qui posait un regard acerbe sur les mutations du monde de l’entreprise moderne, et Le Président (éditions Les Arènes) en collaboration avec Philippe Moreau-Chevrolet, dystopie politique qui imaginait l’accession à la Présidence de la République de Cyril Hanouna en 2022. Avec la sortie de Teddy Beat : Sex Change, on peut littéralement parler d’un triple retour : à son éditeur historique, Les Requins Marteaux, maison d’édition bordelaise spécialisée en bande dessinée alternative au sein de laquelle il avait fait ses premiers pas, à la géniale collection "érotico-comico-expérimentale

Continuer à lire

Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat » et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

Continuer à lire

Ukumatik, duo solidaire

Concert | Motivés par l’Hexagone et en partenariat avec l’association Cultures du Cœur, Florent Diara et Mathias Chanon-Varreau, alias Ukumatik, ont réalisé une mini-tournée solidaire dans l’agglo, juste avant la mise en place des nouvelles restrictions sanitaires. Une idée qu’on espère voir reprise (et amplifiée) dès que possible.

Martin de Kerimel | Mardi 6 avril 2021

Ukumatik, duo solidaire

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! » On n’est pas sûr que, dans l’imaginaire collectif, cette tirade chevaleresque issu du roman Le Bossu, ait encore toute sa place. Qu’importe : au Petit Bulletin, on trouve sympa que les artistes, quand ils ne se produisent pas sur scène, puissent aller au-devant des autres… et y compris de celles et ceux qui ne baignent pas dans un environnement culturel quotidien. Notre tout dernier coup de cœur va à une idée efficace pour dissiper un peu de la morosité ambiante : celle de l’Hexagone, à Meylan, qui a permis à Florent Diara et Mathias Chanon-Varreau, duo de musiciens ukulélé / percussions, de jouer devant des patients du service d’accueil de jour La Monta à Saint-Égrève, de jeunes allophones au lycée Mounier de Grenoble, et d’autres personnes logées au centre d’hébergement d’urgence Le Habert Saint-Paul ou à la structure Lits d’accueil médicalisées de la Villeneuve Grenoble, notamment. Le fruit aussi d’un partenariat avec l’association Cultures du Cœur. « Un peu d’amour » Six mini-concerts ont eu lieu en deux jours, les 1er et 2 avril. De vrais moments de plaisir partagé.

Continuer à lire

Le petit monde de Lilo

Street art | Ils fleurissent sur les murs de Grenoble depuis quelques mois, discrets et poétiques. Dans un monde qu'un virus force trop souvent à se replier sur lui-même, les collages de Lilo déploient un imaginaire et invitent au plaisir de la contemplation. Et si vous partiez à leur rencontre pendant ce long week-end ?

Martin de Kerimel | Vendredi 2 avril 2021

Le petit monde de Lilo

Il suffit parfois de peu de choses pour égayer une journée. C’est en se promenant au hasard des rues grenobloises que nous avons croisé le chemin du Petit peuple de l’ombre. Quelques-uns de ses membres nous attendaient sur un mur de la ville. Groupés, mais si petits qu’ils auraient bien pu passer inaperçus. Ils nous ont toutefois inspiré une forme de sympathie instantanée. Et, en s’approchant, on a remarqué une signature : elle nous a appris qu'ils se rassemblaient aussi sur une page Instagram ! Lilo, leur discrète créatrice, donne encore quelques cours de dessin, notamment à des enfants. Pour elle, cette nouvelle aventure a démarré en juin dernier. « J’ai toujours adoré le street art. J’ai pris des millions de photos sur ce sujet depuis des années et j’ai eu envie de faire quelque chose moi-même, sans savoir quoi. Le confinement de l’année dernière a été l’élément déclencheur : il m’a motivée à redessiner pour moi. » « Un message pour la planète » Peut-être avez-vous déjà déc

Continuer à lire

Musilac tombe à l’eau

Festival | La nouvelle est tombée vendredi 2 avril, à midi pile : l’édition 2021 du festival, censée se dérouler du 8 au 11 juillet, est complètement annulée. Un terrible coup d’arrêt pour un événement qui va connaître une seconde année blanche consécutive.

Martin de Kerimel | Vendredi 2 avril 2021

Musilac tombe à l’eau

Quel choc ! C’est officiel : il n’y aura donc pas de Musilac pour animer les soirées du début de l’été prochain. La longue incertitude qui planait sur l’événement a pris fin vendredi 2 avril, à l’heure du déjeuner. On savait évidemment que la jauge limitée à 5 000 personnes, assises et distanciées, compliquait sévèrement l’organisation du festival, de même que la probable impossibilité d’y proposer une offre de buvette et de restauration – la source habituelle d’une bonne partie des recettes utiles. Un sondage laissait entendre que le public restait solidaire avec l’équipe, mais réfractaire à une formule de ce type. C’est-à-dire prêt à accepter des contraintes, mais presque unanimement hostile à l’idée d’un festival assis. Une étude était cependant encore en cours pour valider (ou non) la tenue d’un événement sous une autre configuration. Désormais, c’est sûr : rien ne sera possible. « La situation intenable pour nous » Les organisateurs se sont expliqués par le biais d’un communiqué : « Comme il y a un an, trop de choses sont contre nous : la situation sanitaire, tout d’abord, qui reste l’essentiel et dont nous comprenons bien à quel point elle est dif

Continuer à lire

Le temps de l’essentiel, en numérique !

Événement | Grenoble présente, du 1er au 4 avril, la troisième édition de la Biennale des villes en transition. Le programme riche de 135 événements est construit selon quatre axes : les transitions démocratiques, sociales, économiques et environnementales. Une édition maintenue, malgré les incertitudes et les difficultés liées à la Covid, mais fortement "numérisée".

Jérémy Tronc | Jeudi 1 avril 2021

Le temps de l’essentiel, en numérique !

Avec cette troisième édition de la biennale des villes en transition, Grenoble veut se focaliser sur "l’essentiel", le fil rouge de la programmation. « Parce qu’on vit dans une période pleine d’incertitudes, que le chemin que l’on va parcourir n’est pas encore identifié, on s’est demandé ce que nous aimerions mettre d’essentiel dans un sac à dos pour partir sur ce chemin et construire la société de demain. Cela implique de se questionner sur ce que l’on peut laisser de côté, sur ce que l’on peut transformer et si l’on va dans la bonne direction », explique Maud Wadelec, conseillère municipale de Grenoble et déléguée aux réseaux des villes en transition. Ces quatre jours de rencontres, d’ateliers, de tables-rondes, de conférences et d’expositions mobilisent de nombreux partenaires et intervenants, issus en partie de la société civile. « C’est dans notre logique politique et nos convictions de se dire que chaque habitant est capable d’initier des transitions, d'être moteur et d'apporter sa pierre à l’édifice selon son expertise et ses centres d’intérêt. » Pour cette édition 2021, l’événement sollicite des personnalités reconnues et des parrains prestigi

Continuer à lire

Échanges dans l'orbite de Shangri-La

Découverte | Changement de programme. À défaut de pouvoir jouer son spectacle immersif tiré de la BD éponyme de Mathieu Bablet, Christelle Derré, directrice artistique du collectif poitevin Or Normes, est venue à l’Hexagone de Meylan lundi 29 et mardi 30 mars, à la rencontre d’étudiants. Des échanges fructueux dont elle nous a parlé dans la foulée.

Martin de Kerimel | Mercredi 31 mars 2021

Échanges dans l'orbite de Shangri-La

Souvenez-vous… ou fouillez nos archives : au Petit Bulletin, en octobre dernier, nous vous avions parlé de la nouvelle BD de Mathieu Bablet, Carbone et Silicium. Le jeune auteur nous avait alors expliqué qu’il avait dû prendre du recul après le succès de son précédent album, Shangri-La, en lice au Festival international d’Angoulême et vendu à plus de 100 000 exemplaires. On a vite fait le rapprochement quand le même titre est réapparu du côté de l’Hexagone, coproducteur et promoteur d’un concert visuel et immersif inspiré de l’ouvrage. L’univers SF de Mathieu Bablet est si puissant que l’on regrette que les dates prévues à Meylan aient été annulées cette année. Ce maudit coronavirus ! Une œuvre recomposée En attendant, c’est avec une sincère curiosité que l’on a discuté avec Christelle Derré, la directrice artistique d’Or Normes, le collectif à l’origine du spectacle. Faute de jouer, la jeune femme a rencontré des collég

Continuer à lire

Gabriela Trujillo : « La cinéphilie est une maladie contagieuse »

Rencontre | A l’occasion de son arrivée à la Cinémathèque de Grenoble, on s’est longuement entretenu avec sa nouvelle directrice, Gabriela Trujillo, pour discuter avec elle des orientations qu’elle souhaite donner au lieu. Valorisation des collections, cohérence de la programmation, nécessité d'exigence... On a passé tous les sujets au crible.

Damien Grimbert | Mardi 30 mars 2021

Gabriela Trujillo : « La cinéphilie est une maladie contagieuse »

On a connu des périodes plus faciles pour prendre la direction d’une cinémathèque : salles de cinéma fermées jusqu’à nouvel ordre, absence de visibilité sur leur réouverture... Ce qui n’empêche pas pour autant Gabriela Trujillo de faire preuve d’ambitions multiples quant à l’orientation de ce lieu bientôt soixantenaire. Au premier rang de ces ambitions, la défense de son patrimoine cinématographique accumulé au fil des années : « La Cinémathèque de Grenoble a bien sûr comme mission la programmation des films, que ce soit en salle Juliet Berto ou hors-les-murs. C’est, en quelque-sorte, la partie émergente de l’iceberg. Mais ce n’est pas la seule ! Elle possède également une collection de films, de livres et d’affiches d’une richesse unique que je souhaite continuer à valoriser, à renforcer et à présenter aux Grenoblois, afin de faire de ce lieu une étape obligée de la vie culturelle grenobloise. Bien sûr, la conservation de ce patrimoine nécessite des ressources, de la place, des moyens de stockage à des températures et niveaux d’humidité adéquats… dont on ne dispose pas. L’idée, c’est de trouver des moyens, y compris financiers, de valoriser les collections et d’attirer l’a

Continuer à lire

À la rencontre de l’autre

Danse | Danseuses et chorégraphes, Myriam Lefkowitz et Catalina Insignares viennent de passer trois semaines en résidence à Grenoble à l’invitation du Pacifique, centre de développement chorégraphique national. Elles ont travaillé avec des migrants autour de la Facultad, un ensemble de propositions artistiques qu’elles ont élaboré. Leur démarche : placer l’attention à l’autre au cœur de la création.

Martin de Kerimel | Lundi 29 mars 2021

À la rencontre de l’autre

Pour elles, la danse ne se limite pas à une pratique artistique sur scène. Myriam Lefkowitz s’interroge sur les questions d’attention et de perception et travaille notamment sur des dispositifs immersifs, pour favoriser la relation directe entre les spectateurs et les interprètes. Catalina Insignares, elle aussi, aime questionner la relation des artistes à la société. La permanence qu’elles viennent d’organiser dans un appartement du quartier de l’Abbaye, à Grenoble, les a placées en contact direct avec plusieurs dizaines de personnes exilées, ainsi qu’avec d’autres, issues du monde associatif, qui les accompagnent, les écoutent et les soutiennent. L’idée : expérimenter des pratiques qui, par nature, nécessitent la mise en place d’une relation à l’autre. Marches urbaines les yeux fermés, danse de mains, dialogues basés sur l’imaginaire et les ressentis… un ensemble de démarches mis au service de la rencontre, sans intention d’en tirer un spectacle. « Déségrégation » Cette résidence à Grenoble était également, pour les deux jeunes femmes, une expérience personnelle.

Continuer à lire

Un petit miracle télévisé

Danse | "Miracles", le très beau dernier spectacle de Bouba Landrille Tchouda, est un peu sorti de l’ombre, il y a deux grosses semaines, à l’occasion d’une représentation professionnelle à la MC2. Toujours coupés du public, le chorégraphe grenoblois et ses danseurs seront les invités d’un programme télévisé lundi 29 mars.

Martin de Kerimel | Samedi 27 mars 2021

Un petit miracle télévisé

« Nous avions réussi à créer Miracles après le deuxième confinement. Une série de représentations devait suivre. Tout est tombé à l’eau et, malgré un bon accueil de la presse nationale, nous nous retrouvons avec une pièce que personne n’a vue. Nous sommes privés de ce que j’aime : présenter nos spectacles au plus grand nombre. » Ainsi nous parlait Bouba Landrille Tchouda au début du mois de février dernier, frustré de devoir subir la crise sanitaire et renoncer à présenter son travail dans des conditions "normales". Bien que les choses n’aient pas évolué sur ce point, le chorégraphe grenoblois sera mis en avant lundi 29 mars, à la télévision. Avec sa compagnie, Malka, il sera l’un des invités de Culturebox l’émission, le programme de la chaîne éphémère, animé par Daphné Bürki et Raphäl Yem à partir de 20h10. D’après nos informations, cela permettra de montrer un extrait de Miracles. « Une danse sous influence » Cette pièce met

Continuer à lire

Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière, à Lyon, depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s'emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L'Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente – Bertrand Tavernier n'hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l'anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l'extraordinaire Laissez-Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix : il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence et le remportera à nouveau en 1997 pour

Continuer à lire

Une Nocturne en forme de jeu vidéo

Musée imaginaire des étudiants | Cette année, la Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble prend la forme d’un jeu vidéo immersif accessible pendant plusieurs soirées. Les projets artistiques sont mis en scène dans un espace muséographique inédit que le visiteur peut parcourir à loisir depuis son ordinateur.

Hugo Verit | Mardi 23 mars 2021

Une Nocturne en forme de jeu vidéo

Décidément, la Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble sait se réinventer en ces temps de pandémie. Après une édition 2020 numérique diffusée en streaming le 7 octobre dernier, les organisateurs creusent encore plus le concept de virtualité cette année en proposant, les 24, 25, 26 et 30 mars de 18h à 23h, le Musée imaginaire des étudiants (MIE). Le principe de la Nocturne reste le même : des étudiants grenoblois volontaires élaborent et présentent au public un projet artistique (danse, musique, théâtre, etc.) en lien avec une œuvre du Musée. En revanche, les spectacles s’intègrent cette fois-ci dans un jeu vidéo immersif inspiré de Second Life. Les équipes de la Nocturne travaillent depuis janvier avec l’entreprise Immersive CoLab qui met à leur disposition une plateforme virtuelle nommée Calypso 3D. « Cette société développe ce type d’outil collaboratif dans le domaine de l’éducation et de la formation. Ils n’avaient pas encore de projet artistique. Ils ont tout de suite été conquis par notre idée », raconte Alexis Chareyre, chargé de relation

Continuer à lire

Quel horizon pour le Magasin ?

Enquête | Toujours fermé à ce jour, le Magasin des Horizons fait l’objet de rumeurs alarmantes. Si ses tutelles publiques disent vouloir continuer à le soutenir, il est difficile de savoir de quoi son avenir sera fait. Une situation inquiétante que nous avons tenté de décrypter.

Martin de Kerimel | Lundi 22 mars 2021

Quel horizon pour le Magasin ?

La fermeture des musées du fait de la crise sanitaire a pu un temps nous laisser penser que le Magasin des Horizons, présenté comme un centre d’art, subissait le même triste sort. Des sources concordantes nous ont assuré que sa situation était plus complexe. De fait, après avoir demandé des informations à la Ville de Grenoble, nous avons appris que la directrice, Béatrice Josse, était désormais partie, au terme d’une fin de parcours chaotique : nommée en mars 2016, elle était absente depuis plus d'un an. Plusieurs membres de l’équipe ont également connu des périodes d’arrêt et/ou quitté leur poste après avoir été déclarés inaptes. Vendredi 19 mars, Anne-Marie Charbonneaux, présidente du conseil d’administration de l’association liée au Magasin, nous a assuré qu’il en restait quatre, au chômage partiel. Le tout contre neuf équivalents temps plein au départ, selon nos informations. Une première salariée avait pourtant alerté le conseil d’administration sur des difficultés dès novembre 2019, avant d’être relayée, notamment par un syndicat qui a adressé des courriers aux administrateurs en février et juin l’année dernière. Des délégués du personnel et un médecin du travail

Continuer à lire

Une colère sociale encore contenue ?

Printemps culturel | Samedi 20 mars au matin, au cinquième jour d’occupation de la MC2, un nouveau rassemblement a été organisé sur son parvis, dans le calme. On y a vérifié que le gouvernement était attendu sur la réouverture des lieux de spectacle, mais pas seulement. Nous sommes allés à la rencontre de ceux qui, acteurs du monde culturel, élus ou citoyens solidaires, se sont réunis, pour prendre le pouls du mouvement.

La rédaction | Samedi 20 mars 2021

Une colère sociale encore contenue ?

Compte-rendu : Martin de Kerimel Témoignages : Hugo Verit et Martin de Kerimel Ce qui s’est passé samedi… Descendus du tram, nous sommes arrivés à la MC2 un peu avant 11h, sous un vent glacial. Un rassemblement devait y démarrer à l’heure pile, à l’appel du Syndeac et de l’Association des Scènes nationales, mais il n’y avait alors pas grand-monde dehors. Encore peu de fleurs visibles, également, alors même qu’il avait été proposé aux participants d’en apporter pour défendre un « printemps inexorable », évoqué en son temps par le poète chilien Pablo Neruda. La MC2 étant occupée, ses portes étaient ouvertes. Il nous a suffi d’entrer pour constater que c’est là, dans un premier temps, que les personnes mobilisées avaient décidé de se réunir. La foule s’est progressivement densifiée. Avec le froid et les contraintes sanitaires, le nombre des présents nous est apparu encore modeste à l’échelle de l’agglo grenobloise… Vers 11h20, en ressortant de la MC2, on est entré dans le vif du sujet. Artistiquement, d’abord, avec une courte performance d’acrobates en équilibre les uns sur les autres, puis un

Continuer à lire

Festival du film italien de Voiron : Comencini, pour commencer

ECRANS | Temporairement privé de salle, le Festival du film italien de Voiron se réinvente en ligne en consacrant une mini-rétrospective à un grand maître transalpin, Luigi Comencini.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Festival du film italien de Voiron : Comencini, pour commencer

Comme nous vous l’annoncions le mois dernier, l’association Amitié Voiron Bassano planchait une parade numérique pour permettre à ses fidèles de célébrer, fût-ce à distance, un printemps italien cinéphile. Les conditions n’étant pas réunies pour que le traditionnel festival se déroule sur les écrans du cinéma PASSr’L, c’est donc de chez soi que chacune et chacun visionneront la programmation de ce rendez-vous concocté en partenariat avec le réseau des bibliothèques du Pays Voironnais : six films ont en effet été sélectionnés pour être consultables en ligne jusqu’au 15 avril — en attendant (espérant) une édition plus “normale“ et partagée en septembre. Six œuvres prélevés dans l’abondante filmographie du prolifique Luigi Comencini (1916-2007), et qui forment donc ici une manière d’hommage. Six fois Luigi Annonçons-le d’emblée : il ne s’agit pas d

Continuer à lire

Les Détours de Babel… autrement

Festival | Habituellement organisé au printemps, le festival grenoblois espère retrouver son public à l’automne. En attendant, jusqu’au 10 avril, il propose des Rendez-vous numériques via son site Internet. L’équipe du Petit Bulletin vous propose de cliquer sur quelques coups de cœur.

La rédaction | Jeudi 18 mars 2021

Les Détours de Babel… autrement

Les musiques cachées de nos quartiers Samedi 20 mars à partir de 19h Une belle occasion de mettre le focus sur les projets participatifs dont les Détours de Babel et la municipalité sont friands. En plus de quelques courts documentaires revenant sur certains projets portés par le Centre international des Musiques nomades (CIMN), une rencontre est prévue à 19h avec les participants du projet In Situ Alma Très Cloitres, mené par le collectif Mustradem et dont l’ambition est de valoriser le patrimoine immatériel de ce quartier historique du centre de Grenoble. La parole sera ainsi donnée aux habitants qui ont collaboré à ce projet. Vous pourrez vous faire pleinement une idée de son étonnante qualité, puisqu’à 20h est programmée la rediffusion du spectacle qui s’est tenu, à huis clos, le 19 décembre au théâtre Sainte-Marie d’en Bas. / BB No Tongues Vendredi 26 mars à partir de 19h30 Déjà i

Continuer à lire

Gabriela Trujillo, nouvelle directrice

Cinémathèque de Grenoble | La nouvelle est officielle : Gabriela Trujillo vient de s’installer aux commandes de l'institution. Avant d’entrer dans le vif du sujet, elle a accepté d’expliciter pour nous quelques éléments de son CV.

Martin de Kerimel | Jeudi 18 mars 2021

Gabriela Trujillo, nouvelle directrice

Une nouvelle tête à la Cinémathèque de Grenoble : Gabriela Trujillo remplace à la direction Anaïs Truant, l'administratrice qui assurait l’intérim depuis le départ de Peggy Zejgman-Lecarme, nommée quant à elle conseillère technique au cabinet d’Éric Piolle en fin d’année dernière. La nouvelle responsable a fait des études d’histoire de l’art et un doctorat en études cinématographiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Au cours de son parcours professionnel, elle s’est d’abord tournée vers la photo et a travaillé comme conférencière au Bal, un ancien cabaret devenu plateforme d’expositions du 18e arrondissement parisien, puis à la Maison européenne de la photographie, à Paris toujours. Son « expérience principale », selon ses mots, est liée au septième art et notamment à la valorisation du cinéma de patrimoine : elle a longtemps exercé à la Cinémathèque française et, avant sa récente arrivée à Grenoble, y était responsable de l’action culturelle, après avoir occupé des postes de conférencière trilingue et de bibliothécaire. Enseignante et essayiste Ce n’est pas tout : « J’ai aussi une longue expérience d’enseignement supérieur

Continuer à lire

Et maintenant, la MC2 !

Mobilisation | Douze jours après le Théâtre de l’Odéon, à Paris, la MC2 a rejoint, mardi 16 mars à la mi-journée, la liste des théâtres occupés en France. Le mouvement, qui associe des artistes, des techniciens et des étudiants, s’organise pour durer. Jusqu’à quand ? Sur place, personne n'a encore pu répondre à cette question.

Martin de Kerimel | Mardi 16 mars 2021

Et maintenant, la MC2 !

De la musique. Des gens assis sur les marches. En haut, des banderoles encore vierges de tout message et d'autres en cours de fabrication. Il y avait plusieurs dizaines de personnes mardi 16 mars, à 14h30, sur le parvis de la MC2, et au moins le même nombre dans le hall, à l’intérieur. « Vers midi, nous étions encore 300 ou 400 », nous a assuré une représentante syndicale sur place. Parmi ceux-là, des représentants des syndicats, donc, CGT, Syndeac, Synavi, mais aussi des artistes indépendants et des étudiants, tous déterminés, semble-t-il, à occuper les lieux de manière durable. Avec quel objectif ? « Celui de peser sur le gouvernement », nous a répondu un autre syndicaliste présent. Pour obtenir quoi ? À ce stade, il est difficile de donner une liste exhaustive des revendications, mais, évidemment, la plupart tournent autour de la situation des acteurs de la culture. Réouverture des salles de spectacle, mise en place de protocoles sanitaires adaptés, organisation d’assises au niveau régional, création de droits sociaux nouveaux et/ou prolongation

Continuer à lire

« On n’est pas un théâtre à l’arrêt ! »

Crise du coronavirus | Depuis le 30 octobre et le deuxième confinement, les lieux culturels français sont fermés au public, sans date de réouverture annoncée pour le moment. Mais derrière les portes closes, entre lassitude et optimisme, il se passe tout de même des choses. Alors que la MC2 est occupée, quatre responsables de théâtres de la région grenobloise nous ont raconté leur activité "chez eux".

Aurélien Martinez | Mercredi 17 mars 2021

« On n’est pas un théâtre à l’arrêt ! »

Au Grand Angle de Voiron « Nous allons bien, du moins aussi bien que nous le pouvons. » À Voiron, si l’immense salle de 1700 places assises qu’est le Grand Angle est fermée au public depuis fin octobre, en coulisse, ça s’active toujours comme nous l’a expliqué son directeur Vincent Villenave. En dehors des murs du théâtre notamment, avec des représentations dans les écoles (vu que le gouvernement le permet), mais également directement sur le plateau disponible faute de spectacles donnés, avec des résidences de création proposées aux artistes – la compagnie de danse Arcosm, la compagnie de magie nouvelle 32 Novembre… « Au commencement du deuxième confinement et les semaines suivantes, il y a eu un sentiment de désœuvrement, d’épuisement, avec cette insupportable politique du "stop and go" – on rouvre à telle date, non ce sera celle-

Continuer à lire

Les Noodles, version foraine

Initiative | Une grosse envie de créer… et de bouger : à Saint-Martin-d’Hères, la compagnie compte inventer de nouvelles formes à partir d’un petit camion. Un projet auquel tout le monde est invité à participer. On vous explique.

Martin de Kerimel | Lundi 15 mars 2021

Les Noodles, version foraine

L’idée est d’abord mesurable en espèces sonnantes et trébuchantes : les Noodles ont lancé une souscription sur la plateforme HelloAsso, en cours pour encore une douzaine de jours. Objectif : obtenir 11 500 euros pour leur projet TRIP – pour Théâtre Roulant d’Intérêt Public. C’est-à-dire ? « Notre compagnie est tout terrain, assure Yannick Barbe, l’un des comédiens. Ces derniers temps, on a fait des résidences dans les théâtres fermés pour améliorer nos spectacles et nous entretenir, aussi. On a également travaillé en rue à Grenoble, à Saint-Martin-d’Hères et dans le Trièves, dans les foyers et sur les marchés. On ne s’attendait pas à rencontrer un public aussi chaleureux ! Cela nous plaît de venir jouer près des gens ou chez eux. On s’est dit que ce serait bien d’avoir un outil pour ajouter à cela un peu de qualité scénographique. » D’où l’envie d’acheter et d’aménager un camion, du type Estafette Renault, pour sillonner les routes. « Avec nos spectacles de rue, nos impros et nos impostures, on a l’habi

Continuer à lire

Les fantômes du Congo

Photo | De 2014 à 2019, le photographe William Dupuy a arpenté les confins de la République démocratique du Congo à la rencontre des enfants soldats. Une plongée dans l’enfer des conflits inter-ethniques dont le regard hagard des protagonistes témoigne de la détresse, souvent inconsciente, qui les hante. Une exposition à découvrir au Studio Spiral.

Benjamin Bardinet | Vendredi 19 mars 2021

Les fantômes du Congo

Sous un ciel encombré de nuages teintés d’un gris électrique, une luxuriante végétation vert sombre recouvre le doux relief de collines dont les lignes sinueuses se perdent dans le lointain. L’ambiance singulière qui se dégage du paysage que dévoile le cliché introductif de l’exposition de William Dupuy a autant pour but de témoigner des caractéristiques géographiques du Nord Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo, que de nous plonger dans l’étrange atmosphère de cette contrée en proie à de multiples conflits. Une dimension fantasmatique que William Dupuy amplifie en re-baptisant ce territoire Neverland en référence à Peter Pan, car, tout comme la fameuse île issue de l’imaginaire de J.M. Barrie, cette région abrite un grand nombre "d’enfants perdus". En effet, embrigadés dès leur plus jeune âge, les enfants-soldats du Nord Kivu s’engagent dans de multiples micro-conflits qui les dépassent et dont ils ne savent généralement pas grand-chose, si ce n’est que s’ils ne tuent pas l’ennemi qui leur est désigné, c’est eux qui seront tués. Totalement désœuvrés et déscolarisés (les rares instituteur.trices encore en place expliquent généralement

Continuer à lire

Grenoble impressionne Edmond Baudoin

Rencontre | Reconnu comme l'un des pionniers de la bande dessinée contemporaine et autobiographique, Edmond Baudoin est en résidence à Grenoble depuis trois mois sur invitation du réseau de bibliothèques, dans le cadre du Printemps du livre. Avec son pinceau et sa bouteille d’encre de Chine, il parcourt les rues de la ville pour dessiner des portraits au hasard de ses rencontres. Ce projet, nommé "Grenoble en portrait(s)", fera l’objet d’une exposition et sans doute d’un livre. Nous avons pu le rencontrer, un peu trop rapidement, et lui poser quelques questions. Une parole parfois espiègle, toujours humble et pourtant si riche.

Jérémy Tronc | Vendredi 12 mars 2021

 Grenoble impressionne Edmond Baudoin

Comment vous y prenez-vous pour réaliser les portraits des habitants ? Il me suffit de me mettre devant les personnes, quand elles ont enlevé leur masque, et de dessiner. En même temps, je leur pose une question et je discute avec elles. Le portrait que je tire est ensuite échangé contre la réponse à ma question. Je ne le garde pas pour moi : je l’offre. Pas tout de suite : les bibliothèques ont l’intention de monter une exposition avec l’ensemble de mes dessins. Je m’applique le plus possible pour mes portraits mais j’en rate parfois. Les personnes ne m’en veulent pas. Comme pour Picasso, quand ce n’est pas exactement le visage de la personne, ce sera ce visage ! Vous êtes donc allé à la rencontre des personnes dans la rue ? Avec les cafés et les restaurants fermés, c’est difficile. D’habitude, je me mets dans un restaurant et je dessine la personne qui est en face, si elle accepte. C’est facile. Mais j’ai aussi fait des visites dans des endroits qui aident les gens, comme l’association Point d’eau pour les migrants, et là c’était simple d’enlever le masque. Des gens viennent chez moi quand je les invite ou c’est moi qui

Continuer à lire

Troisième Bureau entretient la flamme

Théâtre | Le comité de lecture du collectif artistique grenoblois a publié, fin février, la liste des textes qu’il a retenus pour cette année. L’occasion pour nous de solliciter Bernard Garnier, coordinateur artistique, afin de faire un point complet sur son fonctionnement et son actualité, en attendant les prochaines représentations publiques.

Martin de Kerimel | Vendredi 12 mars 2021

Troisième Bureau entretient la flamme

Quelle présentation feriez-vous de Troisième Bureau ? Bernard Garnier : Le collectif a été créé il y a une vingtaine d’années, autour principalement de professionnels du théâtre (comédiens, metteurs en scène, auteurs, scénographes… entre autres). Au départ, il y a un constat : les écritures théâtrales contemporaines restent peu représentées sur les scènes des théâtres subventionnés. Nous aimons jouer les classiques, mais disons que le théâtre contemporain a une manière d’interroger le monde autrement, avec une langue d’aujourd’hui. C’est son intérêt et sa force. Comment travaillez-vous ? Très modestement, notre idée est de mener un travail de groupe en parallèle des projets personnels de chacun, afin de pouvoir faire découvrir ces œuvres au milieu professionnel et de les partager avec le public. Avec Troisième Bureau, nous avons commencé à lire ensemble des pièces contemporaines et à nous réunir pour en discuter. Nous avons ensuite mis en place un certain nombre d’actions, la plus emblématique étant sans doute le festival Regards croisés, qui invite chaque année des auteurs et autrices pour des lectures, rencontres, ateli

Continuer à lire

La Casemate, Wikipédia et les femmes scientifiques

Événement | Jusqu’au 14 mars, la Casemate organise un nouvel éditathon ouvert à tous. Le but : enrichir les pages Wikipédia de biographies de femmes scientifiques. À vos ordinateurs : on vous explique tout !

Jérémy Tronc | Jeudi 11 mars 2021

La Casemate, Wikipédia et les femmes scientifiques

En 2016, Wikipédia en français comptait 450 000 biographies d’hommes, contre 75 000 de femmes (soit 14% de femmes). Cette proportion est encore inférieure quand il s’agit de femmes scientifiques (8 à 10%). Alors comment rééquilibrer le contenu ? Depuis cinq ans, la Casemate propose une solution en marge de la journée internationale pour le droit des femmes : un éditathon, c’est-à-dire une opération d’enrichissement des pages et de correction des biographies déjà en ligne. « Une session de formation à distance permet toujours d’apporter les prérequis et le mode opératoire aux volontaires débutants », explique Jeany Jean-Baptiste, directrice de la Casemate. Les participants contribuent ensuite sur l’encyclopédie en ligne selon le thème fixé. Ils peuvent créer un article, en traduire un depuis un Wikipédia étranger, en corriger ou enrichir un existant, ajouter des sources, légender des photos déjà en ligne, en trouver de nouvelles libres de droit. À Grenoble, le thème "Femmes des sciences de la terre" a été retenu. À Toulouse, les athlètes informatiques se penchent sur les "Femmes de l’intelligence artificielle". Une petite compétition entre les deux vi

Continuer à lire

« Comprendre les sciences, c’est comprendre le monde dans lequel on vit »

Sciences | L’association La Casemate, centre de culture scientifique fondé en 1979, s’est transformée en établissement public de coopération culturelle (EPCC). Elle intégrera le nouveau Centre de sciences de Pont-de-Claix l’année prochaine. Nous sommes allés interroger sa nouvelle présidente et sa directrice pour savoir ce qui allait changer et si l’indépendance serait toujours de mise sous une gouvernance très politique.

Jérémy Tronc | Jeudi 11 mars 2021

« Comprendre les sciences, c’est comprendre le monde dans lequel on vit »

Après cinq ans de gestation, l’établissement public de coopération culturelle La Casemate est officiellement né le 1er janvier dernier. Avec la MC2 Grenoble, c’est le deuxième EPCC sur le territoire et l’un des tous premiers en France à vocation scientifique. Le premier conseil d’administration de la nouvelle structure s’est tenu le 13 janvier, avec un duo féminin à sa tête. Sa présidente, Corine Lemariey, est adjointe au maire de Varces et conseillère métropolitaine déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations. Jeany Jean-Baptiste, en poste depuis trois ans, reste directrice de l’établissement, auquel sera rattaché le centre de sciences de Pont-de-Claix dont l’ouverture est prévue fin 2022. Qu’est-ce qui va changer pour la Casemate ? Quels sont les enjeux de cette nouvelle structure ? Comment va-t-elle fonctionner ? Réponses de la directrice et de la présidente. Corine Lemariey, qu’est-ce qui vous a amené à ces nouvelles fonctions ? C. L. : Je suis élue et adjointe au maire de Varces-Allières-et-Risset depuis un certain nombre d’années et je suis conseillère métro

Continuer à lire

Gwizdek, tout court

Concert | Le vendredi 12 mars, à 19h, Daniel Gwizdek dévoilera, en livestream depuis la scène de la Source, son tout nouveau projet en forme de petite révolution personnelle. Désormais, le jeune Grenoblois se tourne vers la pop, chante en français, joue en trio… et ça s’appelle Gwizdek, tout court.

Hugo Verit | Mercredi 10 mars 2021

Gwizdek, tout court

Il était évident, à le voir chanter tout seul (et timidement) derrière sa guitare sur les scènes les plus confidentielles de Grenoble, que Daniel Gwizdek avait besoin d’un peu s’entourer. Bien sûr, ses compositions électro-folk subtiles, sa voix surprenante qu’on ne présente plus et ses faux airs de vrai dandy ne manquaient pas de séduire. Bien sûr, l’album Sandbox, sorti en 2017, était une grande réussite et sonnait comme un véritable aboutissement pour cet autodidacte, un brin casanier, qui avait pris l’habitude de se claquemurer dans son appartement pour y écrire, composer, jouer, enregistrer, mixer et répéter des dizaines de chansons. Bien sûr, le talent de Daniel Gwizdek ne faisait aucun doute. Et pourtant, lui semblait en douter. Éprouvant les limites du travail solitaire, en proie au grabuge intérieur du bûcheur en solo. Retour en trio Il était évident, donc, de le retrouver quelques années plus tard dans une nouvelle formule trio, plus sobrement intitulée Gwizdek. Accompagné de Vadim Bernard (batterie) et de Quentin Faverger (synthé et sample), Daniel se réinvente complètement. Les morceaux s’annoncent plus pop, les tempo s’accélèrent et le

Continuer à lire

Au chevet de la tour Perret

Patrimoine | C’est une vieille dame fragile et, à ce titre, elle fait l’objet d’une surveillance constante. En fin d’année dernière, la tour Perret a "bougé" de manière inédite. Des travaux d’urgence y sont donc menés actuellement.

Martin de Kerimel | Mardi 9 mars 2021

Au chevet de la tour Perret

Les Grenoblois ont désormais pris l’habitude de voir la base de la tour Perret encerclée par une palissade colorée. Depuis le 25 décembre dernier, des barrières métalliques matérialisent un autre périmètre de sécurité, plus large, autour de l’édifice. Pas de panique : il ne risque pas de s’effondrer, car il est resté stable. Cependant, du fait de mouvements détectés au sommet, des chutes de matériaux peuvent subvenir. Afin de bien comprendre les causes de ce phénomène inédit, la tour a régulièrement été "auscultée" par François Botton, l’architecte en charge de sa restauration. C'est lui qui, début février, a constaté l’apparition d’un jour entre un pilier de la tour et ses claustras, dans une zone située entre 68 et 75 mètres d’altitude. Face à cette menace, il a été recommandé une intervention d'urgence pour conforter le bâtiment. Des contraintes spécifiques Ces travaux imprévus sont en cours, dans des conditions climatiques souvent difficiles : les ouvriers se mettent à la tâche tôt le matin et doivent s’interrompre dès que le vent est trop fort. Ils sont trois à travailler dans une petite nacelle et six en tout à se relayer. Jusqu’à présent, leur rythme

Continuer à lire

La Bibliothèque d’étude et du patrimoine dévoile ses collections

CONNAITRE | Trois mois après sa réouverture au public, l'établissement grenoblois accueille une première exposition consacrée à la diversité de ses collections patrimoniales. Un patchwork d’objets présentés à travers l’histoire de certaines architectures grenobloises.

Hugo Verit | Samedi 6 mars 2021

La Bibliothèque d’étude et du patrimoine dévoile ses collections

Simplicité et efficacité. Voilà qui résume bien l’exposition inaugurale de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine (BEP) tout juste rénovée, à découvrir dès samedi 6 mars et jusqu’au 31 juillet prochain. Son titre, De pierres & de papiers, bâtir nos patrimoines, n’a strictement rien de métaphorique : le parcours est une présentation « partielle et partiale » de la richesse et de la diversité des collections patrimoniales de la BEP – le papier donc – à travers l’histoire de plusieurs éléments architecturaux et urbains de Grenoble – la pierre, vous l’aurez compris. L’exposition se découpe en sept thématiques qui, il faut le reconnaître, ne surprendront pas les plus fins connaisseurs de l’histoire locale. Fortifications, ancien musée de peinture, Jardin de ville, Jardin des dauphins, Champollion, parlement… Que des grands classiques de la grenoblologie. Tableaux, cartes postales, livres... En revanche, les œuvres présentées suffisent, en elles-mêmes, à rendre le parcours très intéressant. Des tableaux, croquis, plans, cartes postales, affiches, l

Continuer à lire

De l’histoire à revendre

GUIDE URBAIN | Passionnée de brocante depuis ses 15 ans, Myriam a ouvert une boutique, quartier Saint-Bruno, remplie des trouvailles qui envahissaient sa maison. Des fragments d’histoire savamment sélectionnés qui se mêlent à des objets design contemporains à prix dégriffés.

Jérémy Tronc | Jeudi 4 mars 2021

De l’histoire à revendre

En passant la porte de la boutique, ouverte depuis le 26 février, la machine à remonter le temps s’enclenche : d’objets en objets, de brefs allers-retours des années 30 jusqu’aux années 80, la période préférée de Myriam pour y débusquer les trésors qui lui plaisent. « Pour moi, le prix de revente n’est pas un critère. Je fonctionne au coup de cœur et je ne pourrais pas vendre un objet qui ne me plaît pas », dit-elle en citant en exemple la porcelaine Vallauris. Recherchée certes, et chère, mais pas au goût de la brocanteuse qui veut proposer « une fourchette de prix accessible à tous » afin de rester proche de la clientèle populaire du quartier. Des rencontres déterminantes Avant de s’installer à son compte, Myriam a exercé dix ans dans le milieu de l’insertion professionnelle, notamment à la Brocante de Mamie, une ressourcerie grenobloise où elle a fait une rencontre déterminante. « Deux ans avant de quitter mes fonctions, j’ai fait passer un entretien à Herman, un immigré argentin tout juste arrivé en France. Il m’a dit qu’il était brocanteur professionnel. J’ai souri, cela l’a étonné. Je lui ai alors expliqué que j’étais moi-même pa

Continuer à lire

Ils ont crié pour être entendus

Manifestation | Une grosse centaine de personnes s’est réunie jeudi 4 mars, en fin de matinée, sur le parvis du Musée de Grenoble pour dire sa colère face aux difficultés que traverse le monde culturel. Non sans un clin d’œil ironique au dernier déplacement de Roselyne Bachelot dans la région.

Martin de Kerimel | Jeudi 4 mars 2021

Ils ont crié pour être entendus

Ils ont vu la ministre de la Culture aux Victoires de la Musique classique, organisées à Lyon la semaine précédente. Cela n’a visiblement pas suffi à les convaincre que Roselyne Bachelot était véritablement à l’écoute des artistes. C’est à l’invitation du collectif Culture en Lutte, regroupant notamment des représentants isérois de la CGT Spectacle et du Syndicat national des arts vivants, que des manifestants se sont réunis place de Lavalette, ce jeudi matin. Depuis le début de la crise sanitaire, il y a bientôt un an, c’était déjà la quatrième fois qu’un tel rassemblement était organisé à Grenoble. Très symboliquement, l’idée des organisateurs était d’inviter chacun… aux Victoires de la Colère. On a connu manif’ plus houleuse : le ton des orateurs est resté assez mesuré, même lorsqu’une bonne partie des personnes présentes a accepté de jouer le jeu pour pousser un cri retentissant à 13h tapantes. Des débats devaient suivre une partie de l’après-midi. « Ne pas crever » Avant cela, qu’a-t-on vu ? Surtout des messages écrits, sur de rares pancartes et quelques banderoles. « Pas de culture sans droits sociaux », « État d’urgence culturelle. Arts,

Continuer à lire

Réincarner les mythes

Exposition | Dix ans après sa première exposition au Vog, le peintre grenoblois Johann Rivat y revient pour nous dévoiler ses dernières réalisations. Une plongée dans un univers pictural singulier où les figures mythologiques côtoient les totems modernes que sont les panneaux publicitaires.

Benjamin Bardinet | Vendredi 5 mars 2021

Réincarner les mythes

« Ce qui me préoccupe, c’est l’attention portée aux choses. Pour la plupart de mes peintures, je réalise le châssis, tend et prépare la toile moi-même. Et naturellement, je n’expose pas mes toiles avant de les avoir parfaitement vernies ! » Il y a chez Johann Rivat un attachement aux savoir-faire et une indéniable attention portée à l’objet pictural. Si les figures centrales de ses grands formats sont souvent dessinées avec précision et font immédiatement image, le paysage dans lequel elles se situent se révèle une surface vibrante où le travail de la matière s’épanouit pleinement : jeux chromatiques, coulures, réserves, glacis… de savoureux effets picturaux qui invitent à une observation attentive et surtout qu’aucune reproduction, aussi technologique soit-elle, ne pourra jamais restituer. Pas de distanciel possible ici donc. Points incandescents Intitulée Prométhée aux Enfers, l’exposition de Johann Rivat au Vog se déroule selon un parcours tendu entre deux points incandescents. En introduction, c’est une flamme dérobée aux dieux de l’Olympe qu’un Prométhée moderne (et féminisé) tient dans sa main ; en fin de parcours, c’est le rouge fla

Continuer à lire

Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

MUSIQUES | Roselyne Bachelot a tranché : pour la ministre de la Culture, les festivals estivaux ne pourront accueillir que 5 000 personnes assises et distanciées, dans le respect des gestes barrières. Les organisateurs sauront-ils s’adapter ? Certains d’entre eux ont déjà renoncé. D'autres nous ont répondu et fait part de leurs difficultés.

La rédaction | Mercredi 3 mars 2021

Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

Magic Bus en format réduit En novembre dernier, l’association Retour de Scène se voulait optimiste (on ne sait plus trop, mais il y avait peut-être de quoi, à l’époque !) et annonçait des dates pour son prochain festival Magic Bus. La 20ème édition devait se tenir du 6 au 8 mai, avec une programmation presque bouclée. Aujourd’hui, l’équipe du festival est largement revenue sur ces projets initiaux, mais elle ne s’en démène pas moins pour maintenir un événement adapté aux contraintes sanitaires annoncées. Damien Arnaud, coordinateur de l’association grenobloise, nous explique tout : « On est en cours de réflexion pour proposer un format assis en jauge réduite (pas plus de 500 personnes) courant juin. Ce ne sera pas à l’Esplanade, mais on cherche tout de même un lieu en plein air. La programmation sera axée sur la découverte de la scène locale avec, tout de même, un ou deux artistes d’envergure nationale en tête d’affiche. Certaines esthétiques, comme l’électro, ne seront malheureusement pas représentées. Ce sera une autre approche, plus tranquille. Ce que je peux d’ores et déjà annoncer, c’est que le Student Groove Orchestra, en partenariat avec le Crous

Continuer à lire

Eptagon, à la croisée des genres

MUSIQUES | Collectif artistique grenoblois aux frontières d’une vaste gamme d’influences musicales (métal extrême, ambient, drone, musiques électroniques…), Eptagon dévoilera ce vendredi un imposant double album, "a.va.lon", ainsi qu’une série de performances inédites en streaming. L’occasion rêvée de mettre leur travail en lumière.

Damien Grimbert | Mercredi 3 mars 2021

Eptagon, à la croisée des genres

Fondé en 2016, le collectif Eptagon se crée à ses débuts dans un cadre assez informel, autour d’une petite demi-douzaine de groupes et de quelques artistes individuels. Leur point commun : un amour partagé pour le métal extrême, mais également une volonté de ne pas hésiter à s’en détacher occasionnellement pour explorer d’autres horizons musicaux. Une singularité qui va s’accentuer encore lorsque fin 2018, le collectif accède à une résidence de longue durée au Ciel, qui lui permet de bénéficier d’un espace de création partagé au sein de la structure. Un véritable coup d’accélérateur pour Eptagon, qui voit ses rangs s’agrandir (ce sont désormais pas moins de 25 personnes et plus d’une douzaine de projets stables qui gravitent au sein du collectif) mais également se diversifier avec l’arrivée de vidéastes et d’artistes numériques. Aux côtés de formations musicales déjà bien établies (Maïeutiste, Epitaphe, Barus, Demenseed…) se greffent ainsi de nouveaux projets artistiques (Orcae, Jonas François, Nicolas Gaillardon…) qui vont permettre aux membres du collectif d’explorer d’autres gammes esthétiques, aussi différentes que complémentaires de leur style de prédilection : am

Continuer à lire

Morandi en (future) prolongation

Exposition | Le Musée de Grenoble l’a confirmé : sa grande exposition consacrée au peintre italien, qui devait ouvrir en décembre dernier et reste actuellement portes closes, verra sa date de clôture reportée.

Martin de Kerimel | Mardi 2 mars 2021

Morandi en (future) prolongation

Cela fera bientôt trois mois que le Petit Bulletin a, comme d’autres médias, eu la chance de découvrir le nouvel accrochage du Musée de Grenoble. Cette mise à l’honneur de Giorgio Morandi, maître italien méconnu et spécialiste des natures mortes, nous avait emballés. On imagine volontiers le désarroi de l’équipe du Musée face à l’impossibilité de la présenter au grand public, crise sanitaire oblige, et alors même que l’ouverture officielle de l’événement était prévue le 12 décembre dernier. On est donc ravi d’apprendre que la date de clôture a pu être reportée : alors que tout devait s’achever le 14 mars, c’est finalement jusqu’au 4 juillet que le Musée pourra jouer les prolongations. Un rappel : c’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs que l’exposition entend proposer une introduction intimiste à l’univers de l’artiste bolonais. Aux cinquante pièces prêtées par la Fondation italienne Magnani-Rocca s’en ajoutent d’autres conservées en France. Reste en suspens la question du premier jour d’ouverture. C’est aussi parce que l’événement est double – et propose une section Italia Moderna, autour de la présentation d’une soixantaine d’œuvres de la co

Continuer à lire

Petits écrans et hautes montagnes

Télé | L’automne dernier, on aurait à coup sûr aimé découvrir les films des Rencontres CinéMontagne autrement que lors d’un rendez-vous digitalisé ! En attendant l’annonce de l’édition 2021, on pourra toujours voir quelques films de montagne sur TéléGrenoble au cours de la soirée du dimanche 28 février.

Martin de Kerimel | Dimanche 28 février 2021

Petits écrans et hautes montagnes

Au mois de novembre dernier, leurs organisateurs espéraient pouvoir accueillir quelque 20 000 curieux au Palais des Sports de Grenoble et dans toute une série de salles partenaires. Patatras ! La faute encore à ce maudit coronavirus, il n’en a rien été : les 22e Rencontres CinéMontagne, elles aussi, ont dû se contenter d’une édition virtuelle – sans la moindre petite rencontre « en présentiel ». Vous avez tout raté et vous auriez envie de rattraper le coup ? Un bon tuyau : TéléGrenoble diffuse plusieurs films de montagne, regroupés sous le titre Libre comme l’air, dimanche 28 février, à 21h. On y découvrira Aconcagua (notre photo), le récit d’un homme parti traverser la Cordillère des Andes… en parapente et bivouac ! Sous d’autres latitudes, on fera également connaissance avec Aziz Elmssaid, un jeune pêcheur marocain devenu l’un des meilleurs pilotes de vol de proximité, le long des falaises d’Aglou, ainsi qu’avec des enfants malgaches, eux aussi parapentistes, et qui pourraient avoir trouvé dans la pratique de ce sport extrême une manière de créer leur propre emploi ! Enfin, le programme se complètera avec It’s a bird thing, un fi

Continuer à lire

Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

ACTUS | Début février, le circassien et chorégraphe Yoann Bourgeois, codirecteur depuis 2016 du centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), a été mis en cause dans une vidéo anonyme laissant entendre qu’il aurait pu plagier d’autres artistes. On a cherché à en savoir plus en contactant les principaux intéressés, qui appellent pour la plupart à une remise en question profonde du milieu des arts de cirque. Quant à Yoann Bourgeois, après avoir longuement hésité, il a finalement décliné notre proposition d’interview.

Aurélien Martinez | Vendredi 26 février 2021

Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

Revenons dans le passé pour commencer. Depuis une dizaine d’années à Grenoble (c’est là qu’il a implanté sa compagnie en 2010), on suit avec délectation et fascination l’éclosion artistique de Yoann Bourgeois, homme de cirque (il est passé par le prestigieux Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne) et de danse (il a notamment collaboré plusieurs années avec la chorégraphe Maguy Marin) devenu, au fil des ans et des créations, l’une des figures phares du nouveau cirque français. On se souvient ainsi, une fin de journée de l’été 2010, être monté à la Bastille, fort militaire surplombant Grenoble, pour découvrir son impressionnant Cavale dans lequel, en compagnie de l’acrobate Lucien Reynès, il défiait magnifiquement la gravité avec un escalier, un trampoline et le panorama urbain en toile de fond (des extraits sont disponibles en ligne). « Dans le cirque, je suis intéressé par le fait de rendre perceptibles

Continuer à lire

Un musée vu de l'intérieur

ARTS | Si le public devra encore attendre quelques mois pour y être convié, le Musée Champollion rythme la vie de nombreuses personnes depuis déjà un bon moment ! Nous avons rencontré deux des parties prenantes d'un chantier plein de surprises, impatientes, elles aussi, de voir l'établissement ouvrir enfin.

Martin de Kerimel | Vendredi 26 février 2021

Un musée vu de l'intérieur

Caroline Dugand, conservatrice du Musée Champollion : « Nous allons passer à une phase concrète » L’équipe du Musée Champollion va désormais s’installer en ses murs. Comment cela va-t-il se passer ? Cela va représenter un grand changement pour nous ! Jusqu’à présent, nous préparions le projet scientifique et culturel, autour des demandes de prêt d’œuvres et de la restauration de certaines d’entre elles, ainsi que l’installation de la muséographie. Nous allons désormais passer à une phase concrète, en nous installant dans nos bureaux. Il faut faire revenir sur site le fonds Champollion, actuellement dans des réserves externalisées, sortir les œuvres des conditionnements où elles attendent depuis plusieurs années pour les préparer à l’accrochage dans le musée. Il faut également accueillir les dépôts des autres musées, en coordonnant l’arrivée des œuvres et en organisant un planning des taches pour leur installation. Un travail à mener dans une maison qui ne sera pas strictement identique à celle que les frères Champollion ont connue… En effet. Le bâtiment est ici classé au titre des monuments historiques. Il a f

Continuer à lire

Ouverture programmée chez Champollion !

Musée | Du neuf au sujet du Musée Champollion de Vif : toujours en chantier, l’établissement a reçu la visite d’élus conduits par Jean-Pierre Barbier, président du Conseil départemental de l’Isère, venu annoncer une ouverture possible le 29 mai prochain. Nous étions là aussi pour en savoir plus.

Martin de Kerimel | Vendredi 26 février 2021

Ouverture programmée chez Champollion !

Impossible d’y échapper : à l’entrée du vaste domaine qui accueillera bientôt le Musée Champollion, une pancarte signalait encore, jeudi 25 février, une livraison du bâtiment… au printemps 2020 ! La crise sanitaire est passée par là et a retardé le chantier de ce qui sera prochainement le onzième Musée du Département de l’Isère. Vous êtes impatients de le visiter et de mieux connaître le parcours de Jean-François Champollion, qui déchiffra les hiéroglyphes de l’Égypte antique en 1822 ? Ce devrait être possible dans un peu plus de trois mois. En fixant au 29 mai la date d’ouverture au public, le président du Conseil départemental de l’Isère est resté prudent derrière son masque et a aussitôt précisé que cette échéance serait tenue si les conditions sanitaires le permettaient. En réponse à l’une de nos consœurs, il s’est fait une joie de préciser que l’accès au Musée serait gratuit pour tout le monde, que ce soit pour l’exposition permanente ou les expositions temporaires qui rythmeront la vie de ce nouvel établissement. Une longue histoire à raconter Pour l’heure, le chantier est encore en cours, mais le plus gros du travail est achevé. Au total, pas moins d

Continuer à lire

Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

GUIDE URBAIN | Le marché des bières artisanales n’est plus ce qu’il fut depuis que le coronavirus dicte ses périodes d’ouverture aux bars et aux restaurants. Les micro-brasseurs locaux, touchés mais pas coulés, préfèrent voir le verre à moitié plein et fondent leurs espoirs sur une évolution positive de la situation sanitaire et le beau temps qui annonce de nouvelles soirées mousse. En attendant, la vente à emporter les aide à passer cette période compliquée. Après notre épisode 1 au Ptit Labo, on vous donne d’autres bons tuyaux.

Jérémy Tronc | Jeudi 25 février 2021

Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

Chez Docteur D : le malade boosté par Vitamine C À la fois brasseur et bar, comme le Ptit Labo, Docteur D écoulait l’intégralité de sa production dans la vente de bière à la pression. La fermeture de son établissement l’a obligé à trouver un système D pour liquider ses brassins et faire face aux charges de son commerce. Damien Veau, le gérant, a investi dans une unité d’encanettage afin de pouvoir proposer de la vente à emporter. « Les canettes conservent mieux les propriétés organoleptiques de la bière et le bilan écologique est meilleur que le verre, même recyclé », assure Damien, qui s’est associé au studio graphique grenoblois Vitamine C pour créer les étiquettes correspondant aux différentes recettes. La vente à emporter lui permet de maintenir une toute petite partie de son activité. « J’ai brassé seulement deux fois depuis le deuxième confinement. Cela correspond à une chute de 90% de ma production habituelle ». Heureusement, les habitués du bar sont restés fidèles à l’enseigne. « Certains clients viennent clairement pour me soutenir. C’est un achat solidaire mais ils sont aussi contents de pouvoir faire déguster mes bières à des non-habi

Continuer à lire

Trente sur trente

ARTS | À l’occasion de ses trente ans d’existence, l’équipe de l’espace Vallès, à Saint-Martin-d’Hères, nous invite à découvrir une exposition qui réunit trente artistes accueillis depuis la création de l'établissement, en 1990. Un accrochage rétrospective qui trouve le juste équilibre entre diversité et cohérence.

Benjamin Bardinet | Lundi 1 mars 2021

Trente sur trente

2020 était l’année des 30 ans de l’espace Vallès. Évidemment, tout ne s’est pas tout à fait passé comme prévu ! Du coup, en ce début 2021, l’espace inaugure l’exposition qui devait clôturer son programme anniversaire – à savoir un accrochage qui réunit trente artistes qui ont déjà été présentés au centre. Bien qu’essentiellement murales, les œuvres exposées témoignent de la grande variété des approches plastiques défendues par le centre pendant toutes ces années. Afin de compenser l’écueil qu’aurait pu constituer cette diversité, l’équipe a pris le parti de présenter des œuvres toutes de format carré (50 x 50 cm) et de procéder à un accrochage thématico-stylistique relativement ouvert, parfois assez instinctif, qui permet de donner à l’ensemble du parcours d’exposition une cohérence dans laquelle il est tout à fait plaisant de déambuler… Ensembles et séries On découvre ainsi dès l’entrée plusieurs séries d’œuvres qui tendent vers une forme d’abstraction minimale, voire radicale, d’où surgissent parfois des empreintes d’élément typographiques fantomatiques ; un ensemble qui témoigne d’une saisissante sensibilité pour les matériaux et les textures. À l’étage,

Continuer à lire

Une boutique de bon augure

GUIDE URBAIN | Le magasin Bon augure, 3 rue Auguste-Gaché, à Grenoble, ne sélectionne que des marques françaises à l’éthique affirmée. L’enseigne entend mettre la mode tricolore et éco-responsable à la portée de tous les portefeuilles.

Jérémy Tronc | Mercredi 24 février 2021

Une boutique de bon augure

« Dans notre boutique, tout n’est pas Made in France. » Alors que nous abordons les valeurs de l’enseigne Bon Augure, Léa Lacoste, co-gérante du magasin avec Antoine Marin, veut être transparente et se justifie : « Le marquage Made in France est autorisé quand seulement 45% de la valeur ajoutée a été réalisée en France. De notre côté, nous préférons privilégier la qualité des produits et des coupes, ainsi que l’engagement durable des marques. » La jeune femme cite en exemple la marque Faguo : « Sa collection est travaillée pour durer plus longtemps au long de l’année, avec des habits adaptés à plusieurs saisons. La marque produit en Asie dans des ateliers certifiés, mais elle est engagée dans une relocalisation française de sa production. Cependant, tout ne peut pas se faire d’un claquement de doigt ! » Cosmétiques, jouets et vêtements enfants, bijoux, objets décoratifs, sacs à vélo, vêtements femme et homme : la sélection de produits et de marques suit le même fil rouge. Léa et Antoine s’assurent de leurs engagements éco-responsables, sociaux et humains : production transparente, matériaux recyclés, impacts environnementaux, qualité des pro

Continuer à lire

Émergences "recrute" encore

SCENES | La Ville de Grenoble en appelle à la jeunesse : jusqu’au 26 février, les jeunes de l’agglo, âgés de 15 à 25 ans, peuvent s’inscrire pour participer à la septième édition d’Émergences, qui doit les conduire sur la scène de la MC2. Explications.

Martin de Kerimel | Mardi 23 février 2021

Émergences

Et de sept ! Après deux éditions 2020, la première 100% confinée en mai, la seconde achevée en octobre au Théâtre Prémol, Émergences fait son retour dans le calendrier événementiel grenoblois. Non sans un certain lyrisme, un communiqué de la Ville évoque « le début d’une aventure pour tout jeune qui souhaite prendre la parole sur les thématiques des villes en transition et le contexte sanitaire actuel. Émergences les invite à s’exprimer, à oser, à se révéler et à user de la liberté de parole. » Comment cela fonctionne-t-il ? D’abord en s’inscrivant en ligne, sur la page dédiée. Ensuite, en mars, des master class leur seront proposées en visioconférence, à raison d’environ deux heures par semaine. Ils pourront ainsi s’initier à différentes techniques d’expression orale et d’éloquence (discours, plaidoirie, débat, chant, slam, rap et poésie). Une fois cette étape numérique franchie, plusieurs autres rendez-vous sont prévus, avec notamment une première restitution des mas

Continuer à lire

Des étudiants à l’écoute

Solidarité | Ils n’ont pas voulu rester les bras croisés face au mal-être de certains de leurs camarades : des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes ont lancé Alpaline, une ligne téléphonique d’écoute. Avec l’ambition qu’elle demeure active au-delà même du terme de la crise sanitaire. Explications.

Martin de Kerimel | Vendredi 19 février 2021

Des étudiants à l’écoute

Flashback : à la fin du mois d’octobre dernier, plusieurs associations présentes sur le campus grenoblois se réunissent et discutent du mal-être étudiant. Leur constat : les conséquences de la pandémie de coronavirus viennent accroître ce phénomène, déjà vivace du fait de la précarité sociale, de l’isolement physique, de la situation familiale ou de la rupture numérique subie par certains de leurs camarades. « Après avoir réfléchi à divers supports possibles, nous avons l’idée d’une ligne d’écoute », indique Alexis Fayolle, président d’Interasso Grenoble Alpes et trésorier d’Alpaline, l’association qui gère ce nouvel outil d’entraide. Comment fonctionne-t-il ? Très simplement : les vendredis, samedis, dimanches et lundis, de 20h à 23h, tout étudiant(e) peut appeler le 04 65 84 44 24 pour être accueilli par un(e) autre, avec bienveillance : « Nous ne souhaitons stigmatiser, ni juger personne. Notre but est que celui ou celle qui appelle puisse parler sans tabou, avec quelqu’un qui peut comprendre ses galères et répondre à ses questions. Cet accompagnement est gratuit. Il

Continuer à lire

Dans la marmite du Bouillon

Initiative | Les travaux continuent à la Capsule de l’association Cap Berriat, rue Boucher de Perthes. Un café-resto devrait y être installé : le Bouillon, engagé notamment dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. On est allé rencontrer Adrien Cougnon et Arnaud Deshayes, à l’initiative du projet.

Martin de Kerimel | Jeudi 18 février 2021

Dans la marmite du Bouillon

« On s’est rencontré… autour d’une bouffe ! » Clin d’œil du destin ou pas, Adrien se marre franchement à l’évocation de ce souvenir. Cette simple phrase suffit pour convaincre qu’Arnaud et lui ont un point commun décisif pour leur projet : ils apprécient la bonne chair ! Les deux trentenaires se sont connus fin 2019 et sont voisins de palier dans une grande maison de Meylan, divisée en appartements et dotée d’un jardin partagé. Après avoir sympathisé, ils se sont rendu compte que leurs ressemblances dépassaient le goût culinaire : l’un et l’autre souhaitaient donner une nouvelle orientation à leur vie professionnelle, plus proche de leurs valeurs. « C’est marrant, parce qu’on a connu des parcours parallèles, raconte Arnaud. On a fait des études, lui comme ingénieur, moi un peu plus dans le design. Et, après des expériences courtes et pas forcément désagréables, on n’a pas eu envie de poursuivre dans ces domaines. Du coup, on a voyagé, lui en Australie, moi en Nouvelle-Zélande. C’est là que, personnellement, je me suis demandé comment je pourrais allier ma passion pour la cuisine, ma fibre sociale et mes convictions environnementales. »

Continuer à lire

La Source s'écoule toujours

Spectacles en ligne | Depuis quelque mois, malgré la situation sanitaire, la Source continue de proposer résidences et événements (pour la plupart en livestream), pour combler un tant soit peu notre irréductible besoin de consolation. Et voici que la dernière salve en date s'avance pour les prochaines semaines !

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

La Source s'écoule toujours

ÀÀ vos agendas : le programme débute très vite, dès ce jeudi 18 février, à 18h30, avec la sortie de résidence des P'tits Maux des Mômes, un spectacle jeune public de la Cie Poêle à Gratter. Une résidence durant laquelle la compagnie a proposé des ateliers musicaux à destination des enfants du Centre de loisirs de Fontaine. Sur scène, et donc à travers le filtre du livestream, on retrouve trois musiciens pour un spectacle participatif né de leurs expériences dans le milieu scolaire et de la petite enfance. Les mardi 23 et mercredi 14 février, à 19h, sonnera l'heure des auditions régionales des iNOUïS du printemps de Bourges, un événement réservé aux professionnels de la profession (il s'agit comme indiqué d'auditions) mais retransmis sur Sol FM, qui proposera également des interviews des artistes. Les huit artistes régionaux présélectionnés par l'antenne régionale des iNOUïS seront comme d'usage répartis en deux groupes sur les deux soirs : le rappeur Richi, la protée lyonnaise Thaïs Lona, le Brésilien d'origine Joao Selva et la magnifique gouaille gone de

Continuer à lire

Cinq minutes en attendant

Danse | Le Pacifique, le Centre de développement chorégraphique de Grenoble, propose à toute personne intéressée de retrouver son équipe en extérieur, chaque jour ouvrable à 12h30, pour un court instant de danse collective. C’est parti pour durer tant que les salles de spectacle n’auront pas rouvert !

Martin de Kerimel | Mercredi 17 février 2021

Cinq minutes en attendant

Les femmes n’avaient pas toutes la souplesse de Karen Lynn Gorney, ni les hommes le déhanché de John Travolta. Pas sûr d’ailleurs que tout ce petit monde ait vu La fièvre du samedi soir. C’est pourtant sur Stayin’ alive, le classique des Bee Gees au titre explicite, qu’une vingtaine de personnes (masquées) est venue danser lundi 15 février, en face des locaux du Pacifique, chemin des Alpins, à Grenoble. Derrière cette initiative, l’envie est d’apporter de la joie en cette période privée de spectacles culturels (chorégraphiques et musicaux, notamment) en intérieur. De quoi oublier les quelques imperfections techniques – celles des autres et les siennes, tant qu’à faire – pour se dégourdir les jambes et, du même coup, les neurones. Sous le soleil, exactement ? Lors de ce premier mini-rassemblement inattendu, le Pacifique a pu compter sur une météo impeccable. L’opération est partie pour avoir lieu par tous les temps, chaque jour du lundi au vendredi, toujours à 12h30, tant que les salles de spectacle resteront portes closes. Le Centre de développement chorégraphique espère convai

Continuer à lire

ÃLUCIa : l’art de la lumière

GUIDE URBAIN | Plusieurs fois intrigué par ce qui se passait à l’intérieur, on a fini par pousser la porte de ce petit atelier du quartier Saint-Bruno, à Grenoble. Et on a alors fait la connaissance d'une amoureuse des vieux objets, qui fabrique des lampes pas comme les autres. On vous raconte.

Martin de Kerimel | Mardi 16 février 2021

ÃLUCIa : l’art de la lumière

Malgré sa vitrine, l’endroit est si petit que l’on pourrait passer devant plusieurs fois… sans le remarquer. Ce serait vraiment dommage : au 44 de la rue d’Alembert, l’atelier d’Alexia Guiserix propose bon nombre de petites merveilles et, à tout le moins, incite volontiers à la contemplation. Dans ces quelques mètres carrés bien équipés, la propriétaire des lieux passe beaucoup de son temps et fabrique des lampes originales, à partir de vieux objets et de luminaires anciens. « J’ai commencé chez moi il y a trois ans et, progressivement, cela a pris de plus en plus de place dans mon appartement et ma vie, raconte Alexia. J’ai eu jusqu’à 25 lampes chez moi : ce n’était plus vivable ! Encouragée par des amis prêts à m’en acheter, j’ai fini par me dire : pourquoi pas ? » Des créations souvent uniques Sans quitter son autre travail à côté, c’est donc à Saint-Bruno qu’Alexia a trouvé un local où s’installer pour donner libre cours à sa passion. Certains objets faciles à dénicher lui permettent parfois de créer de toutes petites séries, mais ses lampes sont le plus souvent uniques. La jeune femme accepte également de réparer celles qui ne fonctio

Continuer à lire

Des nouvelles de la nuit grenobloise

Enquête | Près d’un an après le début de la pandémie (et leur fermeture consécutive), on est allé prendre quelques nouvelles de deux acteurs majeurs de la nuit grenobloise, l’Ampérage et le Drak-Art, qui animent d’ordinaire le quartier Chorier-Berriat.

Hugo Verit | Mardi 16 février 2021

Des nouvelles de la nuit grenobloise

L’Ampérage s’ouvre aux résidences L’Ampérage, qui accueille soirées et concerts organisés par de nombreuses associations, vient de passer une année blanche, sans l’ombre d’un événement. Néanmoins, l’équipe garde le moral et communique beaucoup sur les réseaux sociaux, à travers plusieurs séries de vidéos : "Allo les orgas ?" (interviews des différentes structures qui produisent à l’Ampérage), "Première scène" (puisque c’est souvent sur cette scène que les musiciens de la cuvette font leurs premiers pas) et "Ampélove" (évocation par les artistes, les organisateurs et le public des meilleurs moments passés à l’Ampérage). Depuis peu, quelques notes de musique résonnent à nouveau dans les lieux : « Nous mettons actuellement notre plateau à la disposition des résidences artistiques et formations, toujours dans le respect des contraintes, détaille Antoine Nemoz, chargé de communication. Nous gardons aussi la perspective de reprendre une activité de diffusion en jauge réduite et assise, celle-ci étant soumise à deux conditions indissociables : l’obtention des aides allouées aux jauges réduites et l’autorisation de réouverture des salles de spectacle p

Continuer à lire