Potards carrés

Musique / À Saint-Étienne, on vient de fêter les 30 ans de Radio Dio, mythique radio libre stéphanoise. Signal de départ d'une saison musicale bien carrée, comme les fameux poteaux. Stéphane Duchêne

Comme on a pu le voir lors de l'exposition Design et Foot, les Stéphanois n'en auront jamais fini jamais avec cette histoire de poteaux carrés qui nous a pourri la finale de la Coupe d'Europe 1976. Une attraction-installation permettait même d'en conjurer le sort sur un but dont les poteaux étaient pour moitié carrés et pour l'autre ronds, avec des ballons triangulaires ou ovoïdes, histoire de se compliquer la vie.

Ils sont fous ces Verts. Même quand il s'agit de musique, la thématique reste bien ancrée. Orthographe et sens différents mais allusion évidente, avec le festival Potos Carrés (du 23 septembre au 2 octobre), événement à dominante hip-hop qui, sous l'égide de DJ DRK, un type qui n'aime pas les voyelles, s'offrira le luxe d'éditer une compilation des meilleurs DJ de Saint-Étienne. Pour le reste, c'est hip-hop sous toutes les coutures, comme cela se fait maintenant, graf, rap, beatbox et tutti quanti. Et une soirée « Je mettrai ma ville sur la carte de France du rap », le 29 septembre, avec toujours en maître d'œuvre DJ DRK. Consonne.

En marge du festival, et toujours côté hip-hop, Saint-Étienne confirmera qu'elle est déjà sur la carte de France du rap puisque s'y rendent, la plupart du temps au Fil, des artistes grands publics comme la Fouine, le 8 décembre, quand tout le monde sera à Lyon à reluquer des loupiotes. Mais aussi des rappeurs aussi branchés que Blitz the Ambassador, nouveau prince (ou ambassadeur donc) du hip-hop (2 décembre). Ou encore, avant cela, Pigeon John, le 27 octobre, plutôt dans une veine mélange des genres sans frontières. Peut-être pas autant que So Called, l'homme qui eut un jour l'idée de génie de mélanger le hip-hop et la musique klezmer. Pas farouche, il se produira le 22 novembre à la Salle du Grand Marais (Riorges) avec les garagistes arizoniens de Love Me Nots. Et pourquoi pas ? La fête du livre organise bien un « Tribute to the Who ». Quand ? Le 14 octobre au Fil. Le lendemain on s'y mélangera pas mal également avec une soirée accueillant outre un concours d'Air Guitar, l'étrange Doctor Flake et les abrasifs lyonnais de Transgunner.

Àge tendre et gueule de bois

Le Fil, le Fil, Saint-Étienne donne parfois la fausse impression que la programmation musicale ne tient qu'à un Fil. À tel point qu'il faudrait rebaptiser la salle le Poteau (mais pas carré).

Comment expliquer alors que les excellents Cheveu ne se produisent pas au Fil mais à la Salle du Grand Marais le 6 décembre ? Parce qu'ils coupent la musique en quatre pardi. Bon, du rock il y en aura aussi, encore, du très chaud au... Fil ! avec Deportivo, le 8 octobre, ou l'attraction berlinoise Atari Teenage Riot, typique du groupe qui était mieux (en l'occurrence les années 90) mais reste une légende pour tout hardcoreux exigeant qui se respecte (3 novembre).

Culte également, mais légèrement plus branlant, les légendes du pub-rock, précurseur houblonnier du punk à base de blues, que sont Dr Feelgood et Eddie & the Hot Rods, auteur du mythique tube Teenage Depression, en tournée commune façon Age Tendre Gueule de bois (20 octobre). À base de blues et de soulitude également, salle du Grand Marais, le 4 octobre, la bibine de Black Joe Lewis, mais plutôt tendance «black'n'proud» école James Brown. C'est ça ou Ben l'Oncle Soul au Scarabée de Roanne le 23 novembre.
On dit ça...

11 novembre lituanien

Côté français si vous n'aimez pas Grégoire, le trinôme Renan Luce-Alexis HK-Benoît Dorémus ou même Julien Doré (injustement sous-côté du fait du parasitage d'une personnalité relou et d'une tête à gifles), consolez-vous donc avec l'excellent, allez, disons-le, sans ambages, le meilleur d'entre nous, enfin d'entre-eux, les chanteurs : Florent Marchet qui marchera sur le Pôle Festif (ça ne s'invente pas) de la Talaudière, le 1er octobre. Ou encore avec The Do, le 29 septembre au Fil (avec les super Concrete Knives), tout aussi branchés mais bien moins casse-bonbons que leurs confrères de Lilly Wood & Prick (même endroit le 25 novembre).

Oui, c'est vrai le créneau du duo pop-folk est un peu saturé ces temps-ci, ça nous étonnerait pas que la bulle éclate un de ces jours. Doit-on y voir un signe dans l'annulation des dates (et donc du concert Stéphanois) de Cocoon, pour «raisons personnelles» ? Surtout qu'en face il y a des clients : Moriarty ? Non, le groupe, présent au Fil le 24 novembre, s'est inexplicablement métamorphosé en ersatz de Pink Martini. Plutôt Piers Faccini. Le bel anglo-italien, installé dans le sud de la France, sort ces jours-ci un album de world-folk qui en laissera plus d'un(e) sur la jante. Une cliente également : la lituanienne Alina Orlova qui nous fera passer un 11 novembre bien feutré à l'Espace Albert Camus de Chambon-Feugerolles. Tout en nous démontrant que non, le Lituanien n'est pas que joueur de basket. Aucune importance, de toute façon, du côté de Saint-Étienne c'est bien connu on n'aime que le foot.

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