Aimables ordinaires Hand Made

ARTS | A l'heure de la fonctionalité et de la rationalité budgétaire, le temps nous manque pour ré interroger notre rapport à la matière. Hic et ha ! Caresser les bords, frôler les parois et sentir les creux. L’Atelier du Coin invite à la poétique d’un voyage “fait main“ autour du quotidien. Il suffit de passer le pont...

Marc Chassaubene | Lundi 24 septembre 2012

Photo : Mellocoton et boule d'or et ombre-cerf de Sandra Baud


L'Atelier du Coin conserve le rythme de ses dialogues artistiques. Le premier s'ouvre sur les deux artistes Suisses, Sandra Baud et Chloé Peytermann et se poursuit sur la rencontre de Mellocoton et boule d'or.Jusqu'au 13 octobre, le cerne noir, l'aiguille et la gouge composent les mémoires pour en découdre avec les habitus. Le quotidien, la matière, pour se souvenir. Sandra Baud interprète une découpe assidue des coins de réalité, elle manie la technique à fond perdu de la linogravure, un exercice qui consiste à enlever les blancs du rendu final. Les sillons collectent les symboliques, tranches d'anatomie, objets particuliers, superpositions de tailles de membres, de sutures de meubles ou d'objets. Une recherche qui donne la réplique aux objets de porcelaine de Chloé Peytermann, dont le motif toujours renouvelé intègre le hasard. Petites œuvres d'art à vivre, objets poétiques, «bols à poils de lapin» ou «bols les animaux ont des ennuis» en hommage à Jacques Prévert. Chaque objet est à considérer comme un invité du quotidien. Les trous s'apprivoisent dans les bols, les animaux sont évidés de leur fourrure, la figure ruse et résiste. Chloé Peytermann et Sandra Baud relèvent le sens de nos objets quotidiens. Une question d'apport entre fonction et symboliques, l'objet usuel avec la particularité affective de l'objet unique. L'exposition "Inventaire du courant" est une installation de bribes graphiées, un recueil d'illustrations et de fragments de photographies en hommage à la poésie du quotidien. Une manufacture à quatre mains à mi-chemin entre l'écriture et les arts plastiques. Le mélange épuré de photos et de notes nous plonge à travers une stratification des territoires, typographies, stries et gribouillages se chevauchent. D'abord réunies par un consensus poétique et une amitié débordante, l'envie de partager leurs productions s'est vite imposée. La photographie pour lucile Vareilles et le graphisme pour Mahé Chémelle, Mellocoton et boule d'or est une plate-forme d'expérimentation, le fruit d'interactions de pratiques quotidiennes. Deux expositions qui jouent la trame des courbes narratives. Le relief est intelligent ! La matière rime, fuie, et nous conte ces pièces uniques. L'illustration redresse le regard sur nos automatismes, porte l'œil sur l'objet, réclame l'identité.

Sandra Baud et Chloé Peytermann à l'Atelier du Coin du 7 septembre au 13 octobre
Mellcoton et Boule d'or, vernissage le 19 octobre 

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Gaëlle Thomas : Hyperactive Miss Gawel

Portrait | Gestionnaire des costumes de l’Opéra de Saint-Étienne depuis quatre ans, le parcours et la curiosité naturelle de Gaëlle Thomas en font une femme pétillante, véritable touche-à-tout, active et engagée dans le paysage culturel stéphanois. Texte et photo : Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mardi 6 mars 2018

Gaëlle Thomas : Hyperactive Miss Gawel

Gaëlle est née à Saint-Étienne au milieu des années soixante-dix, alors que la ville était en pleine ébullition footballistique. La grande époque, comme l’on dit ici, depuis plus de quarante ans. Mais ce sera plutôt la fibre artistique qui fera grandir la petite fille qui passe son enfance sur les hauteurs de Saint-Héand, débutant l’apprentissage du chant et de la flûte traversière dès l’âge de six ans, à l’école de musique du village. L’adolescente poursuivra sa scolarité à l’Institution Saint-Paul, ponctuée par un voyage en Pologne, peu de temps avant la chute du mur de Berlin. « Je suis ensuite entrée à la fac d’Arts Plastiques sans avoir d’idée bien précise de ce que je voulais faire plus tard. J’étais vaguement attirée par la décoration… » L’étudiante découvre alors la danse africaine avec Hélène Closset puis se perfectionne avec l’association Kabanako. BAFA en poche, Gaëlle multiplie les expériences dans le monde de l’animation et s’intéresse de façon grandissante à la photographie. Avec une bande d’amis elle crée l’association Bao’bab, avec laquelle elle fait son premier voyage en Afrique. « Nous sommes partis en Côte d’Ivoire à la rencontre d’artist

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