À la vie, à la mort

Laetitia Giry | Vendredi 5 juillet 2013

Marionnettes / La Providence selon l'artiste Nicolas Darrot s'apparente à une série de marionnettes s'animant au gré de programmes informatiques dissimulés au public, créant un ballet impressionnant dans les grottes du Centre d'art Bastille. Les premières, amusantes et petites comme des poupées d'enfants, évoquent la création artistique, l'interaction entre les travaux de différents artistes, le partage. Elles interrogent avec humour, étonnent, virevoltent comme autant de Pinocchio dans un brouhaha de cliquetis afférent aux machines qu'elles sont.

Dans l'étape suivante, l'exposition se fait plus immersive en conviant le spectateur au sein même d'une œuvre à taille humaine ; une créature rappelant un monstre de la forêt, couverte de mousse ou autres branches, s'adonne à une danse chamanique sous un ballon transparent. Ce ballon représente une sorte d'arbre de vie respirant à la cadence de la danse, vibrant d'une pulsation calquée sur le rythme du rite en place. L'ultime étape se fait dans une pièce noire, la dernière marionnette s'y élève dans les airs, brille du doré-argenté d'une couverture de survie et apparaît ironiquement comme la grande faucheuse, celle qui conclut tout parcours de vie : la mort. De questionnements sur l'acte de créer à des angoisses existentielles, le parcours bondit ainsi du comique au tragique avec une maestria des plus louables.

Providence, jusqu'au 15 septembre au Centre d'Art Bastille (Cab)

Laetitia Giry


Nicolas Darrot

Passionné par les relations du vivant et de la machine, Nicolas Darrot s’apparente à un artiste sorcier. Il transforme les insectes en chimères, donne le pouvoir de parole aux trophées de chasse, conçoit des automates qui s’animent à l’approche du visiteur. L’univers de Nicolas Darrot convoque notre imaginaire, tant celui que travaillent les contes ou les mythes, que celui tout aussi vaste que provoquent les avancées technologiques et scientifiques.
Centre d'Art Bastille Site sommital de la Bastille Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Le Centre d'art Bastille se fait une place au soleil

ARTS | Poursuivant la célébration de sa dixième année d’existence, le Centre d’art Bastille accueille tout l'été l'exposition collective "Sous le soleil exactement, coucher de soleil et lever de rideau" où la question du paysage est mise en exergue. Une déambulation (ir)réelle se dessine alors entre couchers de soleil et banquises éternelles. Visite guidée, en images.

Charline Corubolo | Lundi 25 juillet 2016

Le Centre d'art Bastille se fait une place au soleil

Surplombant la ville, le Centre d’art Bastille s’invite dans le décor montagneux de Grenoble tout en laissant le paysage s’immiscer entre ses murs. Avec la proposition Sous le soleil exactement, coucher de soleil et lever de rideau, c’est ainsi une double dialectique qui s’installe dans laquelle les œuvres présentées offrent un nouveau paysage tout en répondant à l’environnement spatio-temporel du lieu. L’exposition collective, seule contrainte émise par la direction du Cab, tend alors à interroger la notion de paysage à travers plusieurs pièces et à mettre en avant le travail de commissaire. Confiée à Eloïse Guénard, l’élaboration du projet joue sur la dualité des deux composantes du paysage, entre réalité et imaginaire. Nature de l’illusion L’imaginaire de la nature devient représentation théâtralisée avec Bertrand Lamarche qui joue, grâce à un réflec

Continuer à lire