Jeunes, beaux et pianistes

Pascale Clavel | Jeudi 14 juin 2012

Photo : Clément Lefevbvre - DR


Le 21 juin, c'est la fête mais on peut y regarder à deux fois, c'est le jour où la musique classique se met entre parenthèse. Pour des raisons obscures et puis parce qu'il en va ainsi depuis l'origine, cette musique là n'est guère représentée le jour J.

Heureusement, Piano à Lyon résiste et son directeur artistique Jérôme Chabannes propose pour la Fête de la musique un bien beau moment généreux et gratuit, dans la cour de l'Hôtel de Ville.

Deux concerts savamment ficelés où de jeunes pianistes, élèves de Michel Dalberto et de Roger Muraro au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, offrent un programme tonique et vivifiant.

Le 21 juin donc, à 13 heures, un premier concert : le jeune Valentin Cotton s'y colle et, sous ses doigts, la très célèbre sonate «Les Adieux» de Beethoven, un monument de la musique romantique, un opus complexe et exaltant, un monolithe compact et d'une grande finesse. Cotton interprète également la Sonate Opus 1 d'Alban Berg ainsi que Kreisleriana de Schumann, œuvre lyrique aux contrastes saisissants.  

À 18 heures : un second concert imaginé par Yun-Ho Chen et Clément Lefebvre. Au programme, la Sonate en do mineur de Haydn, suivie d'Iberia d'Albeniz, d'une fantaisie, de préludes, d'une tarentelle de Chopin, pour finir par une sonate de Bartok.

Les jeunes instrumentistes n'ont peur de rien, leur passion de la musique transcende ce qu'ils touchent. Ces moments de musique pianistique pour tous sont rares, accourez et savourez.

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Deux fougueux sur un plateau

MUSIQUES | Piano à Lyon reçoit le très médiatique violoniste Renaud Capuçon et l’hypnotique pianiste géorgienne Buniatishvili. Deux magnifiques interprètes pour un programme (...)

Pascale Clavel | Jeudi 16 mai 2013

Deux fougueux sur un plateau

Piano à Lyon reçoit le très médiatique violoniste Renaud Capuçon et l’hypnotique pianiste géorgienne Buniatishvili. Deux magnifiques interprètes pour un programme finement ciselé de sonates pour piano et violon de Franck, Enesco et Bartok, ambassadeurs d'un post-romantisme assez méconnu. Redécouvrir, sous leurs doigts magiques, les couleurs un peu passées de ces musiques élégantes et aux harmonies d’une exceptionnelle richesse revient presque à atteindre un nouveau monde. Georges Enesco reste peut-être, à notre époque, le compositeur le plus confidentiel des trois. Une citation, recueillie par le critique Bernard Gavoty, pourrait le résumer : «La perfection qui passionne tant de gens ne m’intéresse pas. Ce qui importe, en art, c’est de vibrer soi-même et de faire vibrer les autres». L’œuvre d’Enesco est en effet faite pour chacun et touche jusqu’à la moelle. Sa sonate, pétrie des sonorités d’Europe centrale, offre des impressions d’immensité, impose un tempo toujours en mouvement, révèle des timbres évoquant une musique tzigane plaintive. Quant à Franck, Renaud Capuçon

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Fête de la musique Lyon 2012 : le mode d'emploi du Petit Bulletin

MUSIQUES | Perdu dans la programmation de la Fête de la musique à Lyon ? Le Petit Bulletin vous aide à vous y retrouver.

Dorotée Aznar | Jeudi 21 juin 2012

Fête de la musique Lyon 2012 : le mode d'emploi du Petit Bulletin

Une centaine de structures participeront à la Fête de la Musique 2012 à Lyon et plus de 60 projets ont le soutien de la Ville de Lyon. Les places, jardins, rues et stations de métro seront sans doute livrés à un vrai tumulte ! Vous pouvez également lire l'article de Stéphane Duchêne qui "taille dans le gras" d'une programmation riche et variée pour vous livrer une sélection qui vous permettra de ne pas trop vous éparpiller.La fête à la musique  Enfin, puisque cela ne suffira sans doute pas, nous vous invitons à retrouver l'ensemble des articles ainsi qu'une carte des points névralgiques de la manifestation (attention : cette carte ne vous donne pas les adresses des abris en cas de pluie)Dossier de la rédaction Fête de la musique Lyon 2012  Si avec ça on ne vous a pas aidé, nous vous invitons à vous munir du numéro

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L'électro sur son 31

MUSIQUES | Les musiques électroniques sont, dans bien des métropoles françaises, le parent pauvre de la Fête censée les célébrer. À Lyon, elles en sont plutôt l'enfant gâté. Benjamin Milaot

Benjamin Mialot | Jeudi 14 juin 2012

L'électro sur son 31

À Clermont-Ferrand, les musiques électroniques servent de jingles publicitaires à des patrons de bar plus sensibles au tintement de l'or nordique qu'au foisonnement de la scène britpop scandinave. À Grenoble, où l'on enflamme plus volontiers des bolas que des dancefloors, elles sont tout juste bonnes à raviver chez les étudiants le souvenir des soirées «désintégration» données un mois plus tôt. À Tulle, elles sont des beats de foires, qu'on fait parader au rythme trépidant d'un petit train touristique. Quid de Lyon ? Il en va tout autrement : ici, la house, la minimale et toutes leurs copines synthétiques sont autant de Grâces pour lesquelles aucun temple n'est trop beau. Cette année encore, la Ville a ainsi réquisitionné les environs du terrain de Tola Vologe, usuellement dévolu aux entrainements de l'Olympique Lyonnais, pour y installer six remorques sur et aux abords desquels se relaieront de la tombée de la nuit au petit jour des Dj's sélectionnés par des assos aussi notoires que Elektro System,

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La fête à la musique

MUSIQUES | C'est cruel, mais le 21 juin tombant le jour de l'été, il faut faire comme les magazines féminins avec leurs unes estivales, il faut tailler dans le gras. Même si ici il ne s'agit pas du nôtre, de gras, mais de celui de la programmation de la fête de la musique. Car comme disait Desproges, on ne peut pas être au four et au moulin. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Mercredi 13 juin 2012

La fête à la musique

La fête de la musique a ceci d'utile, outre de nous en mettre plein les ouilles durant toute une soirée dévolue aux neuf notes de la gamme de do (pour ceux qui la maîtrisent en entier), de présenter également une sorte de concours de patronyme de très haut niveau, qu'il s'agisse de se baptiser comme un anti-inflammatoire bien connu, Voltarene – qui serait sans doute très à l'aise en duo avec la Fanfare Pustule –, ou de rendre hommage d'un seul coup d'un seul à deux géants de la télévision, l'un directement, par homonymie, l'autre (Laurent Ruquier) indirectement, pour son art du calembour comme le fait le groupe Les Onze y trônent (lol, non ?). Ou encore de moquer une œuvre phare du répertoire classique : Les Blérots de Ravel qu'on ne pré

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Super Subs

MUSIQUES | C'est dans le cadre unique des Subsistances que cinq groupes triés sur le volet devraient offrir aux amateurs de musique de qualité une scène pas comme les autres. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Mercredi 13 juin 2012

Super Subs

C'est pas pour se la jouer – ce n'est pas le genre de la maison – ni parce que les groupes présents ont été choisis au terme d'une délibération digne d'un vote papal – avec pose de veto, scrutins à plusieurs tours et mauvaise foi portée en étendard – parmi près d'une centaine de candidats par les membres des Subsistances, de Radio Quenelle et du Petit Bulletin, mais le fait est que la Fête de la Musique aux Subs va valoir le détour par les Quais de Saône. Ne serait-ce que parce qu'elle oscillera entre découvertes et confirmations, en un habile mélange des genres complètement volontaire – après abandon de l'idée d'une esthétique entièrement dévolue au metal auvergnat ou au fado berrichon, jugée trop segmentante. On ne présente quasiment plus, par exemple la jeune folkeuse Tachka, aussi à l'aise au piano qu'à la guitare, dont les douces mélodies risquent de contraster subtilement avec le capharnaüm ambiant qui envahira pour un soir l'ensemble de la cité lyonnaise. Une transition toute trouvée vers la pop-rock teintée de blues de Venustre issu de l'impeccable écurie Echo Orange. Ensuite, on vous apportera la preuve en direct grâce à

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Les Subsistances & Le Petit Bulletin lancent un appel à projet pour la Fête de la Musique 2012

MUSIQUES | C’est l’été, faites monter encore un peu plus la température de la Verrière des Subsistances et repartez avec une vidéo de votre concert !

Dorotée Aznar | Vendredi 16 mars 2012

Les Subsistances & Le Petit Bulletin lancent un appel à projet pour la Fête de la Musique 2012

Venez participer avec votre groupe, en duo ou solo à la fête de la musique sous la grande Verrière des Subsistances. Tous les styles de musique sont acceptés, la seule contrainte : des compositions du 21e siècle ! Vous aurez la possibilité de produire vos œuvres qui sont des créations des 10 dernières années, devant un large public. La Verrière des Subsistances se transformera en scène musicale et festive toute la soirée. Les cinq groupes sélectionnés se succèderont le 21 juin 2012 entre 19h et 24h. Les concerts seront gratuits pour le public.   Pour vous : une captation de votre concert réalisée par un vidéaste professionnel. Les Subsistances et le Petit Bulletin se réuniront pour sélectionner les groupes début mai. Cahiers des charges : -          Concert de maximum 45 minutes -          Seuls les frais techniques seront pris en charge -          Vous recevrez un DVD de votre concert   Les dossiers comporteront : -         Une biographie des artistes -         Description du projet -         Fiche technique

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Aux Basques de Ravel

MUSIQUES | Katia et Marielle Labèque, les sœurs pianistes hors cadre, hors des sentiers battus, hors des chemins tracés, seront Salle Molière pour Piano à Lyon les 12 et (...)

Pascale Clavel | Jeudi 5 janvier 2012

Aux Basques de Ravel

Katia et Marielle Labèque, les sœurs pianistes hors cadre, hors des sentiers battus, hors des chemins tracés, seront Salle Molière pour Piano à Lyon les 12 et 13 janvier. Deux soirées exceptionnelles au contenu assez atypique. «Nous avons déjà éprouvé ce programme dans différentes salles en Europe. Debussy, Albéniz, Ravel, c’est un répertoire qui a toujours eu un écho favorable.» Elles vont donner le Boléro de Ravel dans sa version originale pour deux pianos mais l’ont agrémenté de percussions basques ; le culot, c’est un peu leur marque de fabrique. Cette adaptation étonnante provient simplement du fruit de leur rencontre avec un merveilleux trio de percussionnistes traditionnel basque, le Trio Kalakan. Le public ne le sait pas assez, Ravel était basque et son rapport au pays était réellement vécu et se sent dans toute sa musique. Katia Labèque confie : «Avec les musiciens basques, on se rend compte que le Boléro est une musique très tribale. Il s’agit en fait d’une musique répétitive avant l’heure des grands comme Steve Reich, Terry Riley.» Les soeurs Labèque n’ont jamais été prisonnières des carcans parfois très serrés de l’univers classiqu

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Vous avez dit classique ?

MUSIQUES | Classique & lyrique — Le cru 2012, toutes maisons confondues, reste savoureux, surprenant, audacieux et remarquablement de notre temps. De l’Auditorium à l’Opéra, en passant par le CNSMD tout en faisant un crochet par GRAME, tout est à découvrir avec gourmandise. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 23 décembre 2011

Vous avez dit classique ?

L’Auditorium a décidé de miser gros sur l’idée du festival et trois grands rendez-vous nous attendent. Le Festival French Kiss, qui rassemble les musiques françaises de tous les temps, tous répertoires mêlés. La première mouture ayant eu un certain succès, la seconde se déploie de janvier à février et offre un éventail d’œuvres et d’interprètes très étonnant. Les enfants ne sont pas en reste, pour eux, la maison a concocté un Festival "Le Loup". Durant une semaine, les petits pourront avoir peur, la bête revient, sort du bois pour se retrouver au beau milieu du plateau de l’Auditorium. Et puis, en fin de saison, le public va pouvoir danser à perdre haleine avec un Festival Valse assez réjouissant. Du côté de l’Opéra : un festival dont Serge Dorny a creusé le sillon de longue date. Des œuvres méconnues de Puccini se confrontent à de petits opéras allemands de la même époque. L’idée est de mettre en lien des pièces à l’esthétique presque opposée mais qui parlent d’une seule et même voix d’un début de XXe siècle fascinant et innovant. Une machinerie énorme, trois metteurs en scène, un seul chef d’orchestre, Lothar Koenigs, qui pendant trois semaines, portera tout à bout de baguette

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Un Talent, en Majuscule

MUSIQUES | Classique / Pour sa septième édition, Piano à Lyon a choisi de faire une belle place aux jeunes talents. Parmi eux, la jeune et remarquable pianiste (...)

Pascale Clavel | Jeudi 6 octobre 2011

Un Talent, en Majuscule

Classique / Pour sa septième édition, Piano à Lyon a choisi de faire une belle place aux jeunes talents. Parmi eux, la jeune et remarquable pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili ouvre la saison. Sa notoriété va déjà croissante. C’est à dire qu’à 23 ans, elle brille comme ses aînés et irradie comme personne. Ceux qui ont pu l’entendre parlent à voix basse d’un miracle musical, comme en secret, comme s’ils étaient trop éblouis. Sa maitrise technique, sa grande virtuosité, son élégance naturelle sont à couper le souffle. Quant à son lien avec le piano, il paraît d’une simplicité étonnante : «Pour moi, jouer est un plaisir physique, comme danser.» Elle vient à Lyon pour une soirée unique, et Jérôme Chabannes, le directeur artistique de l’événement, peut se féliciter d’avoir su programmer cette perle rare. Remarquée par la grande Martha Argerich, Khatia Buniatishvili a fait des débuts fulgurants avec l’orchestre de Philadelphie. Révélation du Festival de Verbier avec le périlleux Troisième Concerto de Rachmaninov, elle va interpréter Salle Molière la Sonate en si mineur et la Méphisto-Valse de Liszt, trois Scherzos de Chopin ainsi que trois mouvements de Petrouchka de Stravinsky.

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Tryptique musical

MUSIQUES | Petite balade dans trois lieux où la musique classique bouillonne, où l’innovation est un credo, où l’exigence artistique semble totale. Passez par (...)

Pascale Clavel | Jeudi 15 septembre 2011

Tryptique musical

Petite balade dans trois lieux où la musique classique bouillonne, où l’innovation est un credo, où l’exigence artistique semble totale. Passez par iciLe Festival de Musique Baroque ouvre sa 29e édition. Son directeur artistique, Eric Desnoues, peut se frotter les mains par avance. Il a su faire venir les baroqueux les plus audacieux, ceux qui savent prendre encore des risques, ceux qui osent faire quelques infidélités à la partition, ceux qui offrent généreusement des interprétations réjouissantes voire inattendues. Dès l’ouverture, grand frisson assuré avec l’Ode à Sainte Cécile de Purcell sous la baguette d’un Jean Tubéry qui impose toujours une lecture pleine de spiritualité et d’élégance aux œuvres qu’il touche. S’égrènent au fil de la saison des chefs-d’œuvres servis par des interprètes très inspirés. Un Messie de Haendel, une Fairy Queen de Purcell, une Passion selon Saint Jean de Bach. À côté de ces mastodontes, s’imposent de drôles de petits moments décalés et savoureux. Et par làDe la sérénité, de la fierté aussi pour Jérôme Chabannes, directeur artistique de Piano à Lyon. Une septième saison qui s’annonce exceptionnelle, un programme à rendre jalo

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La grande Martha

MUSIQUES | Fauve indomptable, pianiste hors paire, femme caractérielle, Martha Argerich est de retour. Piano à Lyon lui ouvre ses portes les 26 et 28 novembre, salle (...)

Pascale Clavel | Jeudi 19 novembre 2009

La grande Martha

Fauve indomptable, pianiste hors paire, femme caractérielle, Martha Argerich est de retour. Piano à Lyon lui ouvre ses portes les 26 et 28 novembre, salle Molière, pour deux concerts exceptionnels. À chacune de ses apparitions, le public est en transe, comme en extase devant une merveilleuse icône. En deux programmes sous forme de patchwork, elle abordera tous les styles avec la même puissance dramatique. De Mozart à Bartok en passant Schumann, Martha Argerich offre une musique d’une grande élégance.

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Martha Argerich et Akiko Ebi

MUSIQUES | Piano à Lyon, nouvelle saison. L’événement est attendu, le public se bouscule, les abonnés ne connaissent pas la crise et Jérôme Chabanne jubile. Il a bien (...)

Pascale Clavel | Jeudi 16 octobre 2008

Martha Argerich et Akiko Ebi

Piano à Lyon, nouvelle saison. L’événement est attendu, le public se bouscule, les abonnés ne connaissent pas la crise et Jérôme Chabanne jubile. Il a bien raison, lui qui mène une lutte acharnée pour que Piano à Lyon soit un rendez-vous international de grande qualité. En neuf concerts, c’est le gratin des pianistes qui se déplace et l’ouverture de saison va faire pâlir le monde musical tout entier : l’inclassable et mythique pianiste Martha Argerich sera à la salle Molière les 22 et 23 octobre. Elle sera accompagnée d’Akiko Ebi dans un programme étonnant, de Mozart à Ravel en passant par une très belle transcription pour deux pianos de Casse-Noisette de Tchaïkovsky.

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