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Festival drôle, drôle de contexte

Le Festival des Arts Burlesques revient du 19 au 25 février. Bien loin d’être mort de rire, son directeur Michel Maziotta s’inquiète souvent de ses finances et le dit à travers un message qu’il essaye de faire passer chaque année aux financeurs publics. Cependant, malgré ces inquiétudes, il semble que le festival ne perde rien de sa capacité à révéler des talents et qu’il remplisse parfaitement sa mission de médiation.

Pas facile de faire le tri, entre une MJC qui programme un festival complet d’humour, des stars du rire programmées dans des petites salles et qui pourraient largement remplir un Zénith, des ateliers pour les enfants, un défilé burlesques, et des finances qui manquent, mais pour quoi faire ? Michel Maziotta se propose aujourd’hui d’éclaircir le message et la finalité de son projet. Premier point, et pas des moindre : «On n’est pas une MJC, on n’est pas seulement une maison d’activité». Le directeur du festival défend par cette déclaration un changement de statut de l’ancienne MJC Beaulieu, devenue «Nouveau Théâtre Beaulieu» il y a quelques mois. Pour lui rien n’est plus clair que la démarche d’une structure devenue centre culturel à part entière. «Nous révélons les artistes de demain», voilà le leitmotiv de ce Nouveau Théâtre. Pour y parvenir, Michel Maziotta défend la nécessité d’utiliser le soutien de marraines et parrains comme Anne Roumanoff qui suit le festival depuis des années, et qui profite de ses spectacles pour jouer les mentors et présenter ses «chéris». Des têtes d’affiche donc, qui servent une cause juste, celle qui consiste à mettre en avant des humoristes émergents, et surtout des artistes burlesques qui n’auraient pas leur place dans une programmation humoristique habituelle. «Notre priorité c’est évidemment les révélations burlesques, nous avons plus de mille demandes par an, il faut bien prendre conscience que nous restons fidèle à notre objectif.» Deuxième axe important pour Michel Maziotta : le défilé burlesque, en lien avec la ville et le carnaval. L’objectif est d’imprégner la ville d’un esprit burlesque aujourd’hui disparu. Pour l’expliquer, Michel Maziotta aime citer Claude Lelouch : «Aujourd’hui on ne pleure plus, on pleurniche. On ne rit plus, on ricane». Cette tiédeur est pour le directeur un fléau que seul les artistes burlesques savent combattre. 

Pas tous égaux ?

Si le festival est cependant en danger selon lui, c’est à cause des disparités de financement, qui peuvent varier de manière surprenante selon les festivals en ce qui concerne les soutiens de la région, ou de Saint-Étienne métropole. Pour Michel Maziotta, il semblerait que le rôle du festival et son impact sur la région de Saint-Étienne sont minimisés aux yeux des financeurs. Pour lui, même si le Nouveau Théâtre Beaulieu parvient à tenir son festival debout depuis neuf éditions, un problème de motivation risque de plomber l’équipe organisatrice à long terme. «Nous ne sommes pas financés du tout pour notre mission culturelle, uniquement pour notre mission de médiation. Nous choisissons de programmer des artistes qui ont décidé de respecter leur public, et de ne pas éxiger des cachets de 20.000 euros. Cette démarche n’est pas reconnue et c’est difficilement compréhensible. Nous avons choisi de refuser de gaspiller l’argent public en programmant des artistes qui ne souhaitent se produire qu’au Zénith, comme Florence Foresti, simplement parce que ça ne correspond pas à l’esprit du festival.» Michel Maziotta annonce un autofinancement de 35% tout en précisant qu’il pourrait facilement augmenter le nombre d’entrées, mais au détriment de la qualité du spectacle et du rapport du public avec l’artiste. La question soulevée peut surprendre mais a le mérite d’être franche : «Est-ce qu’on est dix fois plus mauvais que le Rhino Jazz(s) ? Certains financement ne correspondent à aucune réalité». La réponse se trouve selon lui dans un problème de perception et d’image du festival.

Vive les bénévoles et les artistes

L’inquiétude réside donc dans l’érosion possible du tissu de bénévoles qui enveloppe le festival. C’est peut-être un problème de reconnaissance qui transparaît à travers ces inquiétudes financières. Le directeur a largement insisté cette année sur l’importance de l’implication bénévole qui porte le festival, et qui pourtant est souvent confrontée à des barrières de législation. On n’essayera de ne pas en oublier pour autant les artistes, puisque de belles découvertes seront à faire au cours de cette semaine de rire, avec notamment Pascal Rousseau, qui mêle théâtre et cirque moderne. À ne pas manquer également Milo et Olivia dans leurs acrobaties, Krissie Illing, Biyouna et Thomas & Lorenzo.

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