Un Moi(s) de cinéma #4

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo

Christophe Chabert | Lundi 2 mars 2015

Au sommaire de ce quatrième numéro :

Inherent Vice de Paul Thomas Anderson
Selma de Ava DuVernay
The Voices de Marjane Satrapi
Hacker de Michael Mann
À trois on y va de Jérôme Bonnell

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Resident Advisor met le Positive Education Festival dans son top 5

Musiques électroniques | Le site anglais incontournable d'informations à propos des musiques électroniques, Resident Advisor, a sorti récemment son classement des dix festivals à ne (...)

Nicolas Bros | Mercredi 12 octobre 2016

Resident Advisor met le Positive Education Festival dans son top 5

Le site anglais incontournable d'informations à propos des musiques électroniques, Resident Advisor, a sorti récemment son classement des dix festivals à ne pas manquer en novembre et décembre 2016. Parmi les événements sélectionnés, on retrouve Club to Club à Turin, Strawberry Fields dans le Bush australien ou encore le Polaris Festival de Verbier (Suisse). Mais (et entre nous ce n'est finalement pas une si grande surprise), le Positive Education Festival #01 est placé en cinquième place de ce classement. Le site explique ainsi que l'équipe d'organisation du festival, l'association Possitive Education, a construit un casting solide de stars internationales (Surgeon, Cabaret Voltaire ou Kowton), tout en s'appuyant sur une force vive de talent nationaux (Bambounou, The Hacker, Zaltan ou Low Jack). Une belle reconnaissance pour un festival qui monte en puissance cette année. Positive Education Festival #1, du 9 au 13 novembre, dans divers lieux de Saint-Étienne

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À trois on y va

ECRANS | Entre vaudeville et étude des indécisions sentimentales, Jérôme Bonnell livre sa vision du triangle amoureux dans un film qui ne manque ni de charme, ni de sincérité, mais de rigueur dans sa mise en scène et son scénario. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

À trois on y va

Charlotte vit avec Micha, mais elle aime en secret Mélodie. Or, Mélodie va tomber amoureuse de Micha, tentant de dissimuler cette aventure à Charlotte. Le triangle amoureux est-il un triangle isocèle ou équilatéral, à partir du moment où se retrouvent abolies les barrières de sexe et de genre ? La réponse à cette équation est dans le dernier film de Jérôme Bonnell, qui pourtant n’a que faire des mathématiques. Son cinéma reste obstinément dans le viseur d’une tradition bien française héritée de la littérature et du théâtre, avec cette petite musique qui lui sert de style depuis Le Chignon d’Olga jusqu’au Temps de l’aventure. Il y aura donc des amant(e)s dans le placard — ou sur le rebord de la fenêtre — comme dans tout bon vaudeville qui se respecte ; et si le téléphone portable et les SMS font ici figure de portes qui claquent, cette mise à jour n’occulte pas les ressorts boulevardiers du scénario. Plus originale est la matière humaine que pétrit Bonnell : celle de ses jeunes acteurs, en particulier Anaïs Demoustier, qui

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Hacker

ECRANS | Ce devait être le grand retour de Michael Mann après le décevant "Public Enemies", mais ce cyber-thriller ne fait oublier un scénario aux enjeux dramatiques faibles et aux personnages superficiels que lors de ses scènes d’action époustouflantes et novatrices. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 18 mars 2015

Hacker

Pour son retour au cinéma après six ans de silence — et une série HBO avortée, Luck —, Michael Mann s’est fixé un défi à la hauteur de sa réputation : filmer les flux du cyberespace et la manière dont cette mondialisation des données affecte le monde réel. Hacker va donc défier David Fincher, l’autre grand cinéaste numérique du XXIe siècle, sur son terrain de prédilection, et il le fait d’abord en matérialisant les circuits informatiques qui relient un cyberpirate à une centrale nucléaire chinoise, provoquant une catastrophe aux conséquences géopolitiques inattendues. En effet, la police chinoise doit pactiser avec le FBI américain pour retrouver l’auteur de l’attaque, qui pourrait avoir des liens avec un ancien hacker purgeant une peine de prison, à qui l’on accorde donc une gracieuse liberté conditionnelle le temps de l’enquête. On sent que Mann se plaît à amener son cinéma vers de nouveaux territoires, que ce soit celui des effets spéciaux numériques ou celui de l’empire capitaliste chinois avec ses villes polluées et ultratechnologiques. En revanche, il ne trouve de moyen pour les faire se rejoindre qu’un action man bodybuildé e

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The Voices

ECRANS | Marjane Satrapi s’exile aux États-Unis pour s’approprier une commande de film d’horreur à petit budget qu’elle transforme en comédie sanglante et cinglante à l’esprit très 80’s. Sympathique même si l’affaire peine à tenir la longueur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

The Voices

Il faut imaginer ce que The Voices aurait pu être si Marjane Satrapi ne s’en était emparé pour lui faire subir une torsion toute personnelle : un de ces films d’horreur pour ados comme il s’en produit à la pelle, où l’esprit de sérieux n’est qu’une façade pour masquer le cynisme mercantile. Le film raconte comment un schizophrène tout juste sorti de l’asile, suivi de près par sa psychiatre et tenu en laisse par une puissante camisole chimique, finit par craquer son vernis de ravi de la crèche et retomber dans ses pulsions homicides. D’entrée, Satrapi repeint son univers aux couleurs irréelles d’un arc-en-ciel de bonheur, quand bien même celui-ci napperait un paysage d’usines et de banlieues branlantes ; l’effet Prozac contamine une mise en scène qui choisit l’option humour noir et transforme le minet Ryan Reynolds en une parodie de lui-même, sourire extatique figé perpétuellement sur son visage de puceau imberbe. Lorsqu’il rentre chez lui après une journée à bosser et à tenter de séduire la belle secrétaire de son entreprise — Gemma Arterton, parfaite incarnation du charme canaille de la girl next door british — plutôt que de nourrir son cha

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Selma

ECRANS | Avec cette évocation du combat de Martin Luther King pour la reconnaissance du droit de vote des noirs dans les états du sud américain, Ava DuVernay réalise un honnête film à Oscars, qui ménage la chèvre didactique et le chou romanesque avec un certain sens de la nuance. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

Selma

Dans l’offensive hivernale du cinéma inspiré d’une histoire vraie ou d’un personnage célèbre et destiné à récolter des (nominations aux) Oscars, Selma faisait figure d’outsider face aux brontosaures Imitation Game et Une merveilleuse histoire du temps. Pourtant, le film d’Ava DuVernay ne démérite pas et s’il s’avère plus linéaire que l’évocation d’Alan Turing, il est nettement moins académique que l’imbitable ménage à trois autour de Stephen Hawking… Tout est ici question d’angle : plutôt que de se lancer dans un biopic étouffe-chrétien du pasteur Martin Luther King, le film resserre sa focale autour d’un combat précis et symbolique de son engagement, celui de Selma, Alabama, ville représentative du déni de représentation fait aux noirs dans les états du sud, en particulier leur droit à voter lors des élections. Reconnu par la loi mais bloqué dans les faits par les autorités en place, il devient le cheval de bata

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Michael Mann et Tim Burton : des auteurs plus à la hauteur

ECRANS | Hasard du calendrier, le 18 mars sortent en même temps Hacker de Michael Mann et Big Eyes de Tim Burton. Deux films qui éclairent de manière passionnante la carrière de leurs auteurs, tout en laissant un goût de frustration. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Michael Mann et Tim Burton : des auteurs plus à la hauteur

Alors qu’ils régnaient sur le cinéma américain des années 80 et 90, cumulant reconnaissance critique et succès publics, Tim Burton et Michael Mann ont décroché au cours des années 2000, doublés par de jeunes cinéastes ayant fait des choix sans doute plus clairs entre l’indépendance farouche et l’ambition mainstream — Fincher, Nolan, Wes et P.T. Anderson, Spike Jonze. Il y avait donc une curiosité légitime à les voir tenter un come-back en cette année 2015, Mann avec le cyber-thriller Hacker et Burton avec Big Eyes, où il retrouve les deux scénaristes d’Ed Wood. Auto-parodies ou autocritiques ? Avec Michael Mann, son histoire de guerre entre pirates informatiques est, si on s’en tient à son scénario, pas loin du naufrage. Les personnages ont beau s’agiter dans tous les sens, parcourir la moitié de la planète et même ébaucher une histoire d’amour, l’intrigue est aussi passionnante que des lignes de code dans un ordinateur. Sans parler d’un Chris Hemsworth adepte de la gonflette et de la punchline, fantôme ringard du cinéma sous hormones des années 80. Mann recycle ses vieux thèmes et ses figures les

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Inherent vice

ECRANS | En adaptant "Vice caché" de l’immense Thomas Pynchon, Paul Thomas Anderson prouve, après "The Master", qu’il n’aime rien tant qu’aller à l’encontre de sa maîtrise, éprouvée et incontestable. De fait, ce polar pop, enfumé et digressif est un plaisir intense, où il est avant tout question de jeu, dans tous les sens du terme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Inherent vice

Quelque part dans les volutes de la Californie psychédélique au début des années 70, Doc Sportello semble sortir d’un rêve évaporé lorsqu’il voit surgir chez lui son ex-petite amie, Shasta Fay, qui lui annonce qu’elle est tombée amoureuse d’un richissime promoteur immobilier dont elle soupçonne qu’on ourdit un complot contre lui. Sportello, qui exerce la fonction de détective privé, décide d’enquêter moitié par amour envers cette fille qu’il n’arrive pas à s’enlever de la tête, moitié par curiosité professionnelle envers un monde bien éloigné de celui de la contre-culture beatnik, adepte de drogues et de nonchalance cool, dans lequel il baigne. Raconté comme ça, le point de départ d’Inherent vice rappelle les romans noirs de Raymond Chandler, ainsi que ses relectures iconoclastes par Robert Altman — Le Privé — ou les frères Coen — The Big Lebowski. Sauf que Paul Thomas Anderson n’adapte pas l’auteur du Grand Sommeil, mais un autre immense romancier américain, Thomas Pynchon. Et si Vice caché se nourrissait de cette mythologie propre à la littérature criminelle, il la cabossait par un réflexe hautement pop où une profusion de

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Rentrée ciné 2015 : l’Amérique au firmament…

ECRANS | Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas : de janvier à juin, c’est le retour des super auteurs du cinéma américain avec des films qu’on dira, par euphémisme, excitants. À l’ombre de ces mastodontes vrombissants, une poignée de cinéastes d’ici devraient leur donner le change. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

Rentrée ciné 2015 : l’Amérique au firmament…

Les Wachowski, Eastwood, Gonzalez Iñarritu, Paul Thomas Anderson, Michael Mann, Tim Burton, George Miller, à qui on ajouterait bien James Wan et Josh Whedon : le premier semestre 2015 se pose en miroir inversé du dernier semestre 2014. Fini le renouvellement générationnel, les cinéastes du monde entier qui arrivent à une forme de maturité créative, les francs-tireurs décidés à faire trembler le cinoche mainstream ou son frère jumeau, le world cinéma… Certes, il y en aura quelques-uns d’ici à fin mai ; mais ce sont bien les super-auteurs américains qui risquent de faire la pluie et le beau temps sur l’actualité cinématographique d’ici là. Après un mois de janvier en forme de tour de chauffe, ce sont donc Larry et Lana Wachowski qui ouvrent le bal avec leur Jupiter ascending le 4 février — que son distributeur français a, de manière particulièrement débile, rebaptisé Jupiter : le destin de l’univers. Après la fresque spatio-temporelle de Cloud Atlas, génial puzzle d’une ambition folle, les Wachowski s’envoient en l

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The Hacker : « En musique électronique, on est passé d'un extrême à l'autre »

MUSIQUES | Depuis 15 ans, The Hacker, en solo ou en collaboration avec Miss Kittin ou Gesaffelstein, prêche la bonne parole électronique dans le monde entier. Entretien franc et détendu avec « l'homme dans l'ombre » le plus affable de la techno hexagonale dont le prochain album sortira au début de l'année 2013. Propos recueillis par Guillaume Buisson-Descombes et Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 20 novembre 2012

The Hacker : « En musique électronique, on est passé d'un extrême à l'autre »

Comment définirais-tu ta musique en trois mots ?Techno, dark, électro. Quelle sera ton actu dans les mois qui viennent ?Sur notre label Zone, un maxi d'Arnaud Rebotini le 12 novembre, en février une tournée un peu partout en France dont Lyon et Grenoble, puis je vais sortir mon prochain album solo au printemps 2013. Je viens de le terminer ! Ce sera facilement identifiable, mais fait un peu différemment, varié... Avec des guests incroyables : Bernard Lavilliers, Maurane... (rires) Et aussi Hélène Ségara ?Physiquement je ne serais pas contre ! Je suis sûr qu'on pourrait faire des choses incroyables tous les deux... Elle est pas de Saint-Etienne, Hélène Ségara ? (rires) As-tu des disques à nous conseiller actuellement ?L'album de Yan Wagner produit par Rebotini que j'écoute tous les jours. Il sera invité sur mon disque. J'ai aussi été agréablement surpris en écoutant « The Messenger » de Jeff Mills. Et toujours quelques vieilleries que j'aime depuis mes 14 ans. J'attends impatiemment le nouveau Depeche Mode ! Prévois-tu un album avec

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