Efix, le type à la typo

Bande Dessinée | Graphiste, illustrateur polyvalent, spécialiste en « petits mickeys et lettrages », mais aussi expert en battles dessinées, Efix a fêté il y peu vingt ans de BD… ce que sa juvénile silhouette ne laisse pas supposer. Un bonheur ne venant jamais seul, il va investir sous peu la ville de Givors à l’initiative du Lyon BD Festival pour une intervention qui a des airs de rétrospective…

Vincent Raymond | Vendredi 5 février 2021

Photo : © Efix


« Bonjour messieurs-dames… Oh ! Pardon messieurs ! » De sa voix douce, Efix s'empresse de rassurer la vieille dame confuse de sa méprise : « c'est pas grave, j'ai l'habitude… Et puis, avec le masque, hein… » Déambuler avec Efix et sa longue crinière au vent (…enfin, quand il y a du vent) vous permet de confirmer deux de ses traits de caractère soulignés par Mathieu Diez, le directeur du Lyon BD Festival : la bienveillance — « l'un des types les plus foncièrement gentils dans le sens le plus noble du terme que j'ai rencontrés en quinze ans » — et la volubilité — « chaque fois qu'il m'écrit, je dois bloquer une demi-heure car il ne sait pas faire un mail de moins de 2000 signes, même pour dire juste bonjour, mais je le fais avec plaisir parce qu'à chaque fois je me plonge avec ses mots dans son âme de poète et il me fait rire comme personne. »

Allons au-delà des qualités humaines. L'illustratrice Sandrine Deloffre voit en lui « le BG du 9e art ; une personne si talentueuse, si gentille et si cool que j'en ai des palpitations. » Son ancien voisin d'atelier chez KCS, B-Gnet, n'est pas moins élogieux : « à KCS, on l'appelait "la table traçante", à cause de sa précision. Sinon, j'aime parler avec lui, il a une grande qualité d'écoute (et de parole), sans jugement. » Une telle unanimité incite à aller plus avant, à remonter le fil de la prolifique carrière d'Efix. Non pour exhumer quelque secret honteux mais, histoire de rassembler les pièces d'un vaste puzzle artistique à la veille de son parcours “multi-médiatique“ (expos, interventions, spectacles etc.) à Givors en ce début février… D'autant que pour l'illustrateur, 2020 aura été ambivalente, aussi fructueuse que douloureuse. Efix a en effet subi au solstice d'été le deuil d'un ami de toujours, son quasi frère et coscénariste Cric.

L'année s'engageait pourtant bien, avec la parution chez Bamboo de Avec ou sans moustache ?, scénarisé par Courty. Si le confinement printanier qui a suivi a “bénéficié“ à son album suivant La Case vide (écrit par Blanche Lancezeur et publié chez Félès à la fin de l'été), la pandémie n'a pas été sans dommage, lui valant son plus gros impayé depuis qu'il est indépendant, « planté par un théâtre lui-même planté… ». Mais Efix relativise : il reçoit en ce moment pas mal de propositions d'interventions dessinées “en visio“ de boîtes de com' ou d'événementiel forcées de se réinventer, ce qu'il trouve stimulant. « Ça me rappelle mes débuts dans les années 1990 : à l'époque, on annonçait un pic de crise affolant, et c'est là qu'on a fait nos meilleures années… » Un fameux succès, même, qui a fait de lui le roi du pétrole à Grenoble, avant qu'il ose se consacrer à sa vraie passion : la BD.

Premier domicile connu

Les choses étaient pourtant mal engagées pour le petit François-Xavier. Lillois (de naissance), arrivé en Isère tout minot, il brille à l'école, mais par sa médiocrité de « cancre absolu ». Dans la cour de récré, son talent précoce pour le dessin lui vaut cependant une certaine aura. Ce bon camarade exècre en revanche l'ambiance des vestiaires de foot préfigurant le côté compétitif du monde dans lequel on vit. À 16 ans il quitte sa province à la Aznavour, bien décidé à empoigner la vie. Enfin, surtout, à apprendre un métier. Mais après trois ans à faire… un peu de tout et en temporaire (de l'isolation au montage de stands en passant par le défonçage de machines défectueuses à la masse — « mon préféré » —, il se replie sur Grenoble.

Coup de bol : avec deux copains, ils ont l'occasion de monter une boîte de création graphique autour d'un gros contrat inaugural pour une marque de peinture. L'aventure va durer dix années intenses et profitables, à coup de pubs institutionnelles et de catalogues commerciaux. La boîte grandit, comptera jusqu'à trois employés supplémentaires et déménage à Gières. Le créatif se frotte à l'ensemble de la chaîne d'édition, se rode à toutes les techniques… mais commence à ronger son frein. À l'aube de la trentaine, Efix lorgne d'autres univers et ne se voit plus faire des plaquettes pour du saucisson ou de chocolat. S'il lui est arrivé par le passé d'envoyer des planches à Fluide Glacial, les refus aimables de Gotlib et Jacques Diament étaient alors accompagnés d'une incitation à travailler davantage ; à présent qu'il sait bosser, pourquoi ne pas retenter sa chance ?

Comme un boomerang

En 1996, Efix se met donc à son compte — sans se fâcher avec ses comparses, évidemment — pour avoir du temps à consacrer à ses projets personnels et choisir ses commandes. Parmi celles-ci, refondre la maquette d'un jeune journal local en plein essor, Le Petit Bulletin, dont il dynamise notamment le logo. Vous étonnera-t-on si les dirigeants se souviennent d'un type « adorable, gentil etc. » ?

En parallèle, il attaque son premier opus BD, Mon amie la Poof, Tome 1 : Moorad. Un pavé en noir et blanc auto-édité en 1999, entre polar, parodie et chronique sociétale où l'on découvre les germes d'un style ample et rond, rappelant dans la forme le Dany de la grande époque, mais avec davantage d'audaces, ainsi qu'un sens de l'espace graphique bluffant. À l'occasion d'une exposition à Grenoble réunissant logiquement tout le cercle relationnel d'Efix — c'est-à-dire tout le gratin dauphinois — la presse locale (France 3, M6…) s'emballe. Des mamies pensant qu'il s'agit d'un auteur régionaliste se font dédicacer l'album — « elle n'ont pas dû acheter le tome 2 » — et Momie Folie écoule en quelques semaines les 1000 exemplaires. Cette librairie, cofondée par Christophe Salomon, alias Cric, sera un « pilier » pour Efix. Bientôt rejointe par Expérience à Lyon, où l'illustrateur migre en 2000 pour rejoindre sa belle. 2000, c'est aussi le nombre d'exemplaires qu'il fait réimprimer et qu'il diffuse en indépendant, à la façon des zicos : « ça plaisait bien aux libraires, un cinglé qui livrait avec sa 106 cinq albums à Lille et dont les frais d'autoroute coûtaient six fois ce qu'il en retirait. »

Encouragé, il s'attelle au tome 2 ; au même moment, son pote Cric (alias Flip) lui confie une histoire intime qui va déboucher sur le cathartique K, une jolie comète. Impressionné, le Grenoblois Alfred les met au pied du mur : « vous vous êtes fait du bien, mais ça doit vivre au point de vue éditorial ! » De fil en aiguille, l'histoire arrive entre les mains de l'éditeur Olivier Petit (de Petit à Petit) qui adhère et demande si Efix a autre chose. Mon amie la Poof, justement… Petit est emballé et fait la promesse solennelle de mener la série à son terme. « Il aura du mérite, car deux ans et demi vont séparer le quatrième du cinquième et dernier tome », souligne Efix.

Le deuxième souffle

Avec sa dimension artisanale et son patron défendant avec les dents ses auteurs, Petit à Petit est la “maison” idéale pour Efix. Son autre “maison” lyonnaise, c'est alors l'atelier KCS, un concentré de talents au mètre carré où (s')illustrent entre autres les Jouvray, Salsedo, B-Gnet, Sorrentino, Berquin, Ben LeBègue… C'est dans cette ambiance aussi studieuse que bon enfant qu'il va composer le titre qui va lui valoir sa première notoriété nationale, Putain d'usine, adaptation du roman Jean-Pierre Levaray, puis Les Fantômes du vieux bourg et Tue ton patron avec le même scénariste. La série va subir une valse éditoriale propulsant Efix au sein d'un groupe gigantesque, ce qui a pour effet de le noyer dans un catalogue aussi démesuré qu'illisible : « dans mon parcours, les lumières de résolution potentielle ont systématiquement été des murs » en rigole-t-il aujourd'hui.

Mais l'illustrateur ne cesse jamais de travailler : une bio de Obama (2008) très remarquée, des participations à des collectifs ; il s'investit également dans les débuts du Lyon BD Festival qui programme régulièrement des participations diverses (expos, spectacle tiré de Putain d'usine…) et conserve un pied (ou une main ?) dans la création graphique. Par nécessité vitale : « la monomanie de la BD, à chaque fois que je l'ai testée, elle m'a emmené dans des gouffres un peu profonds… » Efix signe ainsi régulièrement des affiches, des détournements dessinés pour des potes, des logos… À l'instar de Cocteau, il fait partie de ces rares artistes dont l'écriture manuscrite est immédiatement identifiable — comme sur la devanture de Momie, évidemment. Il y a une “typo Efix“, harmonieuse et indissociable de son trait. Et comme toute police, elle fait autorité. Étrangement, l'éditeur Olivier Sulpice de Bamboo trouve que c'est son handicap. Oserait-on dire qu'il est bien le seul ?

Mon ami le maître

Même si ses années d̶e̶ ̶c̶a̶n̶c̶r̶e̶ d'études ne lui ont pas forcément laissé de bons souvenirs, Efix a fini par rejoindre par la bande l'institution scolaire — le prodige aurait étonné le jeune François-Xavier. D'abord en enseignant pendant deux ans, avant de renoncer par peur de la routine et après avoir constaté « à quelle vitesse on prend les us et les coutumes » du métier. Il a donc troqué la casquette de prof contre celle d'intervenant depuis trois ans au Lycée Professionnel Tony-Garnier de Bron. Tout à commencé lorsque la documentaliste de l'établissement l'a approché lors de la remise du Prix des Lycéens et des Apprentis Auvergne-Rhône-Alpes 2017 — son album 12 Rue Royale était finaliste. Elle l'avait vu auparavant dessiner en live avec un danseur de hip-hop à Brignais et pressentait qu'Efix était la bonne personne pour l'aider à faire partager l'amour de la lecture à un public plutôt réticents.

Bonne pioche : ce dévoreur de bouquins est conquis par l'idée de dessiner les suggestions d'élèves inspirées par leurs lectures, mais aussi de voir leur dessins de néophytes. Année scolaire après année scolaire, malgré la pandémie et les masques, le projet s'étoffe, et davantage de classes y participent. Ces quelques heures dans l'année s'ajoutent à d'autres rendez-vous structurant la semaine de ce lève-tôt qui, tous les mardis après-midi, anime un autre atelier avec des patients du Vinatier. Là, c'est lui qui est au paperboard, répondant à une sorte de brainstorming aléatoire eu égard au contexte, les séances pouvant être « en dent de scie ».

« Je ne me gargarise pas de défis, à faire des cascades comme un cowboy dans des endroits les plus accidentés possibles… En fait, j'ai envie de me confronter au monde dans lequel je vis, au-delà de ce que m'en rapportent les informations. Par exemple, ces mômes dont on dit qu'ils sont toujours collés à leur portable, eh bien ils sont toujours amoureux, ils ont les mêmes embrouilles de cours d'école qu'à mon époque… » Reste qu'il faut arriver à leur faire admettre que ce n'est pas la honte de lire de la bande dessinée au-delà de 12 ans : « ça m'a mis sur le cul de retrouver dans la bouche de gars de 17 ans ce que disait mon grand-père né en 1896… ». Mais comme toujours, Efix demeure philosophe : « un jour que je reproduisais une œuvre de Rodin au Musée des Beaux-arts pour Lyon BD, une petite vieille m'a dit : “ah mais en fait vous dessinez presque aussi bien que ceux qui sont exposés ici…“ Il ne faut pas désespérer. » Ce cinéphile boulimique est même capable de revoir des vieux films français des années 1970 et 1980 pour redonner une chance à Michel Constantin de mieux jouer et à Alain Delon d'être moins macho, c'est dire…


EFIX à Givors

- Club BD du collège Paul-Vallon : de 12h45 à 14h les vendredi 5 février (présentation avec dessin en live sous caméra) et jeudi 4 mars (réalisation d'un strip).
- Ateliers BD à la médiathèque Max-Pol Fouchet : de 10h30 à 12h puis de 14h30 à 16h les mercredis 10 et 17 février et de 10h30 à 12h les samedis 13 et 20.
- Interventions au collège Paul-Vallo nautour du processus de création (recherche de perso, scénario, story-board puis réalisation d'au moins une page sur des thèmes choisis par les profs et les classes de 4e SEGPA) : de 15 à 17h les jeudi 25 février, mardi 2 (de 10h à midi — à confirmer), jeudis 11 et 18 mars, jeudis 1er, 8 et 29 avril et jeudis 6 et 13 mai.
- Demi-page de création graphique chaque mois dans le journal de la ville de février à juillet-août.
- Expo à la Mostra : du 6 juin à début juillet (avec le report de “Relire le monde” annulé en janvier).
- Putain d'usine, le spectacle de l'Improjection : deux représentations (dont une scolaire) le 26 mars au théâtre avec du “dessin en vie”.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Mercato | À la tête du festival Lyon BD depuis sa création en 2006, Mathieu Diez annonce son départ pour de nouveaux horizons… Il laisse une enviable place vacante pour une institution culturelle riche de projets, solidement amarrée dans le paysage lyonnais, contribuant à son rayonnement international et produisant un festival réputé, à l’édition 2021 prometteuse…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Nous sommes à trois mois de la prochaine édition du Lyon BD Festival. Alors que les annulations de manifestations pleuvent, le festival est-il bien maintenu ? Mathieu Diez : Il est maintenu et confirmé aux 11-12-13 juin pour le cœur de la manifestation. Tous les partenaires du festival sont à nos côtés parce qu'on pense qu’il y a un espace raisonnable et de bonnes chances. Bien sûr, cela tient à la réouverture des lieux culturels à la mi-juin (et donc de l’Hôtel de Ville, qui n'est pas vraiment un lieu culturel mais il faut qu'il puisse nous accueillir, de concert avec les institutions culturelles), ce qui est assez crédible. Et si elle s’accompagnait de contraintes fortes, on a montré qu'on savait faire lors de la Saison d’automne l’an dernier — notamment le concert Acid Arab. On saura faire, autant pour pour le week-end que durant tout le mois de juin. Parce que ce ne sera pas un “mini“ Lyon BD : on a quand même un programme important. Même si on doit supprimer les stands éditeurs, intenables pour des raisons sanitaires, le festival se tiendra sur 60 lieux dans la ville, ave

Continuer à lire

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Bande Dessinée | Parmi les futurs locataires du Collège Truffaut réhabilité figure Lyon BD Organisation, l’association à la tête du festival homonyme depuis quinze ans et à la manœuvre d’une foultitude d’événements en lien avec les univers graphiques tout au long de l’année. Son projet ? Le Collège Graphique.

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Un (presque) retour aux sources géographiques pour Lyon BD Organisation. À l’origine créée sur le plateau de la Croix-Rousse, où s’étaient tenues les premières édition du festival, l’association avait dévalé la colline pour trouver refuge sur les quais du Rhône. La manifestation initiale a depuis pris l’ampleur que l’on sait, travaillé avec tous les lieux culturels de la Métropole ou presque, coproduit des spectacles, des expositions ; édité des ouvrages, tendu des passerelles entre Lyon et le monde, en tissant des liens entre auteurs, autrices, lecteurs, lectrices… Actrice incontournable du paysage — de l’écosystème — BD lyonnais, Lyon BD Organisation se positionne également comme un partenaire économique de nombreux artistes et membres de la filière BD locale (scénaristes, coloristes, illustrateurs, éditeurs…), tout particulièrement auprès des talents émergents. L’équipe ne pouvait être qu’intéressée par le cahier des charges du Collège Truffaut.

Continuer à lire

D’autres vies que les nôtres

Bande Dessinée | La BD offre au lecteur la possibilité de déménager à chaque image, en le faisant changer de case. Et quand elle est biographique, elle lui permet aussi de changer de vie. Ça ne se refuse pas, en ce moment…

Vincent Raymond | Lundi 20 avril 2020

D’autres vies que les nôtres

Yolo. Vous frissonnez à la perspective de voire paraître à la rentrée des tombereaux de romans hermétiques interrogeant la problématique du moi physique confronté à une surface contrainte, mais ouvrant concomitamment à la verticalité abyssale de l’insondable cosmogonie existentielle ? Vous avez raison : la presse a vu éclore les premières feuilles de ces camuseries de comptoir sous les plumes soudainement bucoliques de citadins et citadines hors-sol, pressés de partager l’extraordinaire insolite de leur existence. Au moment où le pays — le monde entier — est censé partager le même quotidien reclus, d’aucuns s’empressent de nous faire comprendre que leur banalité n’a rien de commun avec la nôtre ; laissons-les à leur exceptionnelle… exception. À leurs autobiographies creuses ne cherchant même plus à se déguiser en autofictions, préférons celles et ceux qui sacrifient à l’exercice décidément plus humble de la biographie — même si, à travers leur sujet, il parlent toujours un peu d’eux-mêmes. Avec une mention spéciale pour les auteurs de BD. Parce qu’ils ont autant l’habitude de l’endurance solitaire que du travail en collaboration, cette école de modesti

Continuer à lire

Wonder Women

Lyon BD Festival | 250 autrices et auteurs invités pour plus de 170 évènements à travers 50 lieux. Par son histoire et son écosystème, Lyon s’impose comme l’une des capitales européennes de la bande-dessinée. Et sans doute comme la plus féministe.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 juin 2018

Wonder Women

« Cette année, plus de la moitié des projets sont réalisés par des autrices » indique Mathieu Diez, directeur du Lyon BD Festival. Une parité que l’on peut applaudir, d’autant plus qu’elle existe depuis le début, sans que l’organisation ne s’astreigne à des considérations genrées. Le festival est depuis toujours axé sur la jeune création, et la jeune génération compte beaucoup de femmes. Sandrine Deloffre, coordinatrice générale explique : « C’est une problématique à laquelle on fait attention, par exemple nous avons travaillé avec HF Rhône-Alpes sur la place des autrices dans la BD, nous avons aussi créé l’exposition Héro(ïne)s il y quatre ans avec JC Deveney, qui questionne la place de la femme dans les personnages de bande-dessinée en inversant les genres. » Les héros deviennent des héroïnes, les rôles et les situations s’inversent. Tintin devient Tintine, Gaston devient Gastonne, aux côtés de Supermeuf, la femme d’acier, Lucky Lucy qui se coltine un fiancé colla

Continuer à lire

Original Watts : des planches et des galettes

Disquaire & BD | Un disquaire ou un libraire ? Les deux mon capitaine ! Des vinyles et des bandes dessinées, ce sont les deux composants de Original Watts, cette boutique atypique et pourtant tellement évidente : quels sont les deux ingrédients d’un bon week-end de février ? Vous l’avez dans le mille.

Lisa Dumoulin | Mardi 6 février 2018

Original Watts : des planches et des galettes

On a failli passer devant sans la remarquer tant l’échoppe est discrète, sur quelques petits mètres de trottoir. Les platines devant la vitrine et les rayonnages de BD nous ont tapé dans l’oeil, le temps que l’information monte au cerveau, on fait quelques pas en arrière et on pousse la porte. Dans la boutique tout en longueur, sont alignés d’un côté des vinyles, de l’autre des bandes dessinées. Sur du mobilier en bois de palette et métal réalisé sur mesure par New old factory, un copain des proprios. On comprend vite que Original Watts, c’est une histoire de famille. C’est Xavier et David Barnier, deux frères. David a fondé la maison d’édition Original Watts il y a 6 ans. Grand fan de BD, il est aussi pompier professionnel dans la vie. A la même période, son frère Xavier commence son activité de disquaire sur les marchés de la ville de Lyon, en itinérant, le week-end “je présentais déjà un peu de BD, surtout du Comics”. C’est lui qui tient la boutique et David participe aux salons, comme Angoulême la semaine dernière.

Continuer à lire

Mathieu Diez : « œuvrer pour décloisonner la bande dessinée »

Lyon BD Festival | Déjà douze ans d'existence, et une influence sans cesse grandissante : le Lyon BD Festival initié par Mathieu Diez n'en finit plus d'aimanter le meilleur de la bande dessinée sous toutes ses formes, surtout celles qui innovent, vers notre ville. On en parle avec le directeur.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

Mathieu Diez : « œuvrer pour décloisonner la bande dessinée »

#Topo L'idée de ce nouveau prix réunissant Lyon BD, Le Monde et Sofia, c'était de remettre à plat notre système : il n'avait pas évolué, ne correspondait plus au festival. On voulait un prix qui nous ressemble, ouvert aux nouveaux modes d'expression, aux nouveaux terrains explorés. On s'est associé au Monde, qui a beaucoup d'initiatives allant dans le même sens que nous, comme récemment le blog de Lisa Mandel. C'est un prix pour un projet protéïforme, qui vient œuvrer pour décloisonner la bande dessinée : il va être remis cette année à la revue Topo. Les nommés sont à ce titre tout aussi intéressants que le primé. C'était dur de trancher, mais Topo, c'est un gros coup de cœur et ça répond à un enjeu important pour la BD : les enfants en lisent, les ados aussi, les adultes peuvent l'assumer, mais au lycée ça reste un peu caché, ce n'est pas encore admis, et Topo répond à ce public-là. #Allemagne Ça découle de l'invitation qui m'a été faite d'œuvrer à la représentation de la bande dessinée française lors de la prochaine Foire du Livre de Francfort : c'est une opportunit

Continuer à lire