Placebo la vie : " Euforia"

Mélo | De Valeria Golino (It, 1h55) avec Riccardo Scamarcio, Valerio Mastandrea, Isabella Ferrari…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Photo : © Andrea Pirrello


Entrepreneur fortuné évoluant dans le milieu de l'art, Matteo mène une existence de plaisirs loin de son village d'origine. Lorsqu'il apprend que son frère est condamné par la maladie, il le fait venir chez lui et lui fait croire à un traitement miracle. Mais pour adoucir le moral de qui ?

Préparez vos mouchoirs : voici un mélodrame d'amour. Mais d'un genre inhabituel, puisque le lien unissant les protagonistes est fraternel, au sens propre — au reste dans un mélo, il y a toujours un regard empli de désir émanant du ou de la cinéaste sur ses interprètes ; il suffit de se remémorer Sirk et Hudson.

À l'instar de son premier long-métrage Miele, Valeria Golino se saisit de la maladie et de la mort pour, en creux, exalter l'intensité de la vie ; ses films agissent un peu comme des vanités, à l'envers ou à l'endroit. Ici, le personnage de Matteo va prendre conscience de son égoïsme de jouisseur en considérant ceux qu'il perd et auxquels il survit. Il faudra que son frère meure pour qu'il apprenne à vivre. Douloureuse leçon de philosophie, un peu trop démonstrative par instants.

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Vincent Lindon : « on fait ce métier pour s’oublier »

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Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Vincent Lindon : « on fait ce métier pour s’oublier »

Comment avez-vous convaincu Benoît Jacquot, avec qui vous avez une longue complicité, de vous confier ce rôle de Casanova ? Vincent Lindon : Au départ, je venais le chercher pour déjeuner, il était dans son bureau et il parlait de son prochain film avec ses producteurs. Il m’a annoncé : « je vais faire Casanova ». Et j’ai aussitôt répondu : « Non, c’est moi qui vais faire Casanova. — Non, il a 26 ans, c’est l’histoire d’un jeune Casanova avec une dame plus âgée. — Ben, c’est plus ça. Il y a bien un moment où il est vieux ? — Tu plaisantes ? — Non, non, je suis très sérieux. — Fais attention, Vincent : si je te prends au mot, tu vas être bien embêté — Pas du tout : prends-moi au mot ! — Il y a bien un épisode avec la Charpillon… » Et ils ont bifurqué sur cette histoire. Qu’est-ce qui vous a séduit à ce point dans ce personnage ? Casanova, quand même ! Il n’y a pas beaucoup de personnages de cette dimension. J’ai fait Rodin, le professeur Charcot. Si demain on me demande de jouer Enzo Ferrari je vais

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Dernier Amour

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Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Dernier Amour

Au soir de sa vie, Casanova évoque à une confidente un épisode de sa vie aventureuse se déroulant à Londres, où il vivait alors en exil ; un souvenir douloureux lié à une femme dont il s’est épris, qui jamais n’a cédé à sa cour : la Charpillon, une courtisane au corps et à l’esprit bien faits… Comment diable éprouver de l’empathie pour la personne de Casanova, l’aventurier qui épousa le XVIIIe siècle en triomphant des geôles, des duels et des revers de fortune ; l’infaillible séducteur que sa réputation en tout lieux précédait et qui, de surcroît taquina la muse pour composer en sus de ses mémoires, quelques ouvrages réputés ? En le dépeignant dépourvu de ses talents et mérites, chevalier à la triste figure confronté au doute, à l’échec et à la déchéance. En rendant, en fait, à ce héros hors normes sa qualité d’humain. Le Casanova façonné par Benoît Jacquot pour Vincent Lindon (et réciproquement) apparaît ainsi comme une montagne de fragilité et de doute, au moment où la certitude de son prestige commence à s’effiloche

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Valeria Bruni Tedeschi : « on est tous plein de blessures et de chagrins »

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Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Valeria Bruni Tedeschi : « on est tous plein de blessures et de chagrins »

Avez-vous eu les mêmes difficultés à convaincre la Commission d’avance sur recettes de financer votre film que votre personnage au début des Estivants ? Valeria Bruni Tedeschi : Elle n’a pas beaucoup de mal à monter son film, puisqu’elle le tourne à la fin — c’est génial avec une scène aussi catastrophique. En tout cas, je trouve que je n’ai pas trop de mal. Je fais des films avec pas trop d’argent : celui-là a coûté trois millions d’euros, avec des acteurs peu payés, et très peu de jours de tournage, sept semaines. Je ne suis pas contre le fait que ça soit un peu difficile de faire le film ; après ça serait bien d’avoir un tout petit peu plus de moyens… Dans cette séquence, les membres de la commission parlent des similitudes entre vos films. Les ressentez-vous ? VBT : (rires) J’ai l’impression que je conte toujours un peu la même chose, mais ce n’est pas grave ! J’aime bien donner la parole aux gens qui me critiquent en me disant que c’est toujours la même chose ; à ceux qui me disent des choses un peu désagréables ; du coup ça devient drôle. Mais on travail

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Les Estivants

ECRANS | Son compagnon venant de la quitter, Anna se trouve fragilisée. Pas les meilleures dispositions pour écrire son nouveau film, ni pour passer des vacances (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

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Son compagnon venant de la quitter, Anna se trouve fragilisée. Pas les meilleures dispositions pour écrire son nouveau film, ni pour passer des vacances dans la villa de sa richissime famille, entre souvenirs, fantômes et vieux différends. Et si du chaos naissait pourtant un nouvel ordre ? Sur le papier, ce film cumule les handicaps : quel intérêt pourrait-on éprouver à suivre, après Il est plus facile pour un chameau et Un château en Italie, une énième variation sur les désarrois intimes et les relations compliquées de la cinéaste avec sa fameuse sœur et le non moins célèbre époux de celle-ci, de surcroît dans leur lieu de villégiature ? Ne nous permettrait-elle pas là de satisfaire un trivial goût pour l’indiscrétion, comme si l’on feuilletait une version respectable (et autorisée) d’un magazine people ? Et cependant, on est vite gagné par cet effet de dédoublement et de distance qu’elle s’impose. Par l’emboitement des mises en abyme et des échos rebondissant de film en film, également, d’une grande complexité théoriq

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The Place

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Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

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Perpétuellement vissé à la banquette du café The Place, un homme accueille celles et ceux qui recherchent conseils ou services particuliers. Consultant son grand agenda, il leur assigne alors d’étranges missions qui, miraculeusement règlent tous leurs soucis. Mais quid des siens ? Décor unique, personnage énigmatique dont on ne sait s’il est un mafieux, l’incarnation du fatum, ou un bienfaiteur pervers ; mises à l’épreuve générale, cas de consciences et réconciliations… The Place tient de la pièce métaphysique. Le problème, c’est que le concept itératif tourne hélas rapidement à vide, Genovese ne parvenant pas à transcender ni son argument théâtral, ni son huis clos en tournant le tout comme une suite d’épilogues de série télé. Dommage, car il avait de la matière et une fort jolie distribution. Dommage également pour lui de manquer son rendez-vous avec le public français, qui connaît indirectement le travail de cette star transalpine sans avoir vu sur les écrans jusqu’à présent la moindre de ses réalisations — c’était son Perfetti s

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Silvio et les autres

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Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Silvio et les autres

Sergio, petit escroc provincial cherche à s’attirer les faveurs de Berlusconi afin de monter en gamme dans le bizness. S’il dispose des atouts nécessaires (des jeunes femmes), il lui faut trouver la connexion idoine. Au même moment, dans sa villa, l’ex Cavaliere se prépare à revenir au pouvoir. La première séquence montre un agneau innocent entrant par mégarde dans la demeure de Berlusconi. Fatale erreur : fasciné par la télévision diffusant un jeu quelconque, il s’écroule raide, traîtreusement pétrifié par la climatisation glaciale, aussi sûrement que par une œillade de Méduse. Malheur à tous ces Icare et Sémélé ayant désiré approcher leur divinité : leur chute sera à la hauteur de leur orgueil. Cette ouverture en forme de parabole résume tellement bien le propos du film qu’on se demande, un peu inquiet, si ce qui suit peut être du même niveau. Même si Sorrentino fait une proposition intéressante en abordant Berlusconi par une périphérie canaille et envieuse, en retardant son apparition au deuxième voir troisième acte à la façon du Tartuffe

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Ma fille

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Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Ma fille

Fillette sarde de 10 ans, Vittoria découvre Angelica et sa vie dépenaillée, à mille lieues de l’existence modeste mais rangée dans laquelle Tina, sa mère, veut l’élever. Sauf que la délurée Angelica est sa génitrice biologique. Vittoria va se rapprocher d’elle, au grand dam de Tina… Valeria Golino semble s’être fait une spécialité des emplois de mère courage, usant sa plénitude quadragénaire et son regard triste dans des histoires de familles à problèmes majuscules avec une grâce jamais entamée ; Ma fille le prouve à nouveau, même si la comédienne occupe ici, à égalité avec Alba Rohrwacher (dans le rôle de la serpillère, mère du sang mais pas de cœur) un rôle secondaire. Car la réalisatrice Laura Bispuri place réellement l’enfant au centre du récit, adoptant le plus souvent son point de vue afin que l’on perçoive son dilemme, ses (dés)espoirs, ses chagrins. Cela, sans un mot de sa part ou presque. Pour rendre compte de cet écartèlement permanent, qui se retrouve dans la rousseur de Vittoria, entre la bru

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Dalida

ECRANS | Une bonne décennie après la mini-série télévisée de Joyce Buñuel, pourquoi diable entreprendre un nouveau biopic sur Dalida ? Si grâce à son producteur de frère la (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

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Une bonne décennie après la mini-série télévisée de Joyce Buñuel, pourquoi diable entreprendre un nouveau biopic sur Dalida ? Si grâce à son producteur de frère la discographie de feue Iolanda Gigliotti s’est enrichie d’une vingtaine de titres — performance remarquable pour une artiste décédée en 1987 —, force est de reconnaître que Lisa Azuelos n’a rien à nous apprendre de nouveau. Entre deux séquences clipées hachant son ascension, la réalisatrice se borne à dévider l’existence malheureuse de la chanteuse en suivant un double-fil pas vraiment cachemire : c’était une collectionneuse de relations autodestructrices, mais aussi une femme de tête en quête de stimulations intellectuelles… Wow… Entonnant volontiers le couplet de la star adulée échouant de naufrage sentimental en fiasco amoureux, le film transforme Dalida en une sorte de Pierre Richard tragique, accumulant avec brio les amants suicidés sous l’œil noir d’un Orlando plus vrai que nature — Riccardo Scamarcio est, avec Vincent Perez en Barclay et Timsit en Coquatrix, l’un des seuls attraits du f

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Fais de beaux rêves

ECRANS | En charge de la cession de l’appartement familial, Massimo, un journaliste, replonge dans son passé et notamment un événement le hantant depuis l’enfance (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Fais de beaux rêves

En charge de la cession de l’appartement familial, Massimo, un journaliste, replonge dans son passé et notamment un événement le hantant depuis l’enfance : cette nuit fatale où sa mère mourut subitement, sans l’avoir bordé… Tout à la fois portrait psychologique empli de subtile délicatesse et traversée dans l’Italie des quarante dernières années, cette nouvelle réalisation de Marco Bellocchio témoigne de sa virtuosité tranquille comme de l’importance de ce mémorialiste discret. Si l’Histoire est une toile de fond (en plus d’être la “matière première” dont se nourrit le héros au quotidien), elle n’a rien d’une surface lisse : on y lit les soubresauts d’un État chahuté, marqué par les crises et les collusions entre sport, affaires, criminalité — est-ce d’ailleurs un hasard si un ancien Président du Conseil a brillé dans les trois catégories ? Alternant les séquences de passé(s) et de présent dans une construction “en lasagne”, Fais de beaux rêves accouche d’une vérité évidente pour tout spectateur, mais aussi sans doute pour Massimo : sa révélation tient de la délivrance. C’est contre ce silence qu’il a bâti son existe

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Par Amour

ECRANS | Il faut apprécier le zigzag pour suivre la trajectoire artistique de Valeria Golino : en France, les cinéastes la cantonnent dans des emplois de sex (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Par Amour

Il faut apprécier le zigzag pour suivre la trajectoire artistique de Valeria Golino : en France, les cinéastes la cantonnent dans des emplois de sex symbols surgis du passé ou d’un écran — de préférence dans des comédies. Quant aux cinéastes italiens, ils ne songent qu’à la voir interpréter des personnages confrontés à des situations über-dramatiques. Par amour, histoire napolitaine, ne fait pas exception à cette règle. Mais il lui permet d’obtenir un rôle intense à la Anna Magnani (façon mère courage dans un quotidien oppressant face à un conjoint violent et vaguement mafieux) au sein d’une œuvre aux inflexions baroques, lorgnant parfois vers le fantastique, scandée de surcroît par des intermèdes chantés et colorés. Le final onirique, complètement barré, oscille entre le Mocky époque Litan et la publicité pour parfum, à moins qu’il ne s’agisse d’un rituel sacrificiel exhumé de l’Atlantide. Une hétérogénéité qui rend le film bancal, mais terriblement aimable du fait de ses fragilités.

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Miele

ECRANS | L’entrée en matière de Miele est intrigante et réussie : on suit une jeune femme fébrile et sur la brèche, entre l’Italie, l’Amérique et le Mexique, accrochée à ses (...)

Christophe Chabert | Lundi 23 septembre 2013

Miele

L’entrée en matière de Miele est intrigante et réussie : on suit une jeune femme fébrile et sur la brèche, entre l’Italie, l’Amérique et le Mexique, accrochée à ses écouteurs, sans savoir exactement ce qu’elle cherche. Junkie ? Dealeuse ? La révélation est plus inattendue : sous le pseudonyme de Miele, Irène pratique illégalement des suicides assistés. La scène où on découvre son activité est forte, décrivant avec précision ce protocole qui doit prendre en compte les victimes tout en dissimulant les preuves de ce qui reste un délit. Jasmine Trinca est d’ailleurs au diapason de ce mélange de froideur et d’empathie, vraiment formidable. Mais Valeria Golino choisit ensuite de centrer son film autour de la relation entre Miele et un homme misanthrope et blasé qui décide de mourir par affliction. La cinéaste s’embourbe alors dans une ode au retour à la vie qui confond sensibilité et sensiblerie, mais surtout vient entériner sans le vouloir l’idée que le suicide assisté n’est pas forcément légitime médicalement. Cela reste latent, car Golino insiste surtout sur la métamorphose de Miele, qui à son tour

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Une nouvelle invitée au Cinéma Lumière

ECRANS | L'information vient de tomber sur nos prompteurs (façon de parler, évidemment) : Valeria Golino viendra présenter en avant-première, le dimanche 22 septembre à (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 13 septembre 2013

Une nouvelle invitée au Cinéma Lumière

L'information vient de tomber sur nos prompteurs (façon de parler, évidemment) : Valeria Golino viendra présenter en avant-première, le dimanche 22 septembre à 21h, son premier film en tant que réalisatrice,  Miele, un portrait de femme au générique duquel figurent Jasmine Trinca et Carlo Cecchi, et dont voici le synopsis : Irène vit seule dans une maison au bord de la mer non loin de Rome. Son père et son amant la croient étudiante. En réalité, sous le nom de code MIELE, elle aide clandestinement des personnes en phase terminale à mourir dignement en leur administrant un barbiturique puissant. Un jour elle procure une de ces doses mortelles à un nouveau "client", Monsieur Grimaldi. Elle découvre cependant quʼil est en parfaite santé mais quʼil veut mettre fin à ses jours, ayant perdu goût à la vie. Bien décidée à ne pas être responsable de ce suicide, elle va tout faire pour l’en empêcher. Présenté à Cannes cette année dans la sélection Un certain regard, Miele sortira en salles le 25 nove

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Gibraltar

ECRANS | Avec à son passif un film de SF épouvantable (Chrysalis) et un tract de propagande pour le GIGN (L’Assaut), il y avait de quoi redouter le troisième (...)

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Gibraltar

Avec à son passif un film de SF épouvantable (Chrysalis) et un tract de propagande pour le GIGN (L’Assaut), il y avait de quoi redouter le troisième long-métrage de Julien Leclercq. D’autant plus qu’il s’est associé avec Abdel Raouf Dafri, scénariste surcoté de Mesrine et de la saison 2 de Braquo. La (relativement) bonne surprise de Gibraltar, c’est que tous deux optent pour un traitement sobre et rigoureux de leur sujet : la descente aux enfers d’un patron de bar criblé de dettes qui accepte de jouer les indics pour les douanes françaises sur le rocher de Gibraltar, plaque tournante du trafic de drogue. Pas d’"enculé" à toutes les répliques, ni de découpage frénétique de l’action, mais un film-dossier qui tente de raconter simplement cette histoire vraie et de dénoncer au passage l’hypocrisie et la lâcheté du pouvoir. On se croirait face à un vieil Yve

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La Prima Cosa Bella

ECRANS | Sous la coupe d’un mari aussi violent que jaloux, Anna quitte le foyer familial avec pertes, fracas et ses deux gosses. Ces derniers, trente ans plus (...)

Dorotée Aznar | Lundi 27 juin 2011

La Prima Cosa Bella

Sous la coupe d’un mari aussi violent que jaloux, Anna quitte le foyer familial avec pertes, fracas et ses deux gosses. Ces derniers, trente ans plus tard, ont beaucoup à gérer psychologiquement au moment où leur mère se meurt avec un surprenant aplomb… Sur une base plutôt préoccupante d’un point de vue psychanalytique (dans la moitié seventies du film, le rôle de la mère est tenu par la femme du réalisateur, lequel affirme avoir mis beaucoup de lui-même dans le scénario), La Prima Cosa Bella jongle élégamment entre les deux époques et cerne les tourments de ses personnages sans forcer le trait. Le mélange entre drame et comédie s’avère très bien dosé, et soutenu avec grâce par l’ensemble du casting, le placide Valério Mastandrea et la toujours rayonnante Stefania Sandrelli en tête. La légèreté du film, dans sa réalisation aérienne, ses partis pris artistiques gentiment foutraques (une scène de crise cardiaque rythmé par Born to be alive, vous en rêviez, la voilà) et sa tendresse à fleur de peau, est à même de séduire – mais lui garantit également son caractère plutôt anecdotique. FC

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Le Premier qui l’a dit

ECRANS | Ferzan Ozpetek est un peu le François Ozon italien ; assumant joyeusement de faire un cinéma gay tout en cherchant à l’inscrire dans la tradition nationale (...)

Christophe Chabert | Jeudi 8 juillet 2010

Le Premier qui l’a dit

Ferzan Ozpetek est un peu le François Ozon italien ; assumant joyeusement de faire un cinéma gay tout en cherchant à l’inscrire dans la tradition nationale (ici, la comédie de mœurs à l’italienne). Pendant une heure, "Le Premier qui l’a dit" réussit assez bien ce programme : un beau garçon revient de Rome dans sa riche famille d’industriels des Pouilles pour faire son coming out. Mais au moment du dîner, son frangin, qui s’apprêtait à reprendre le business de pâtes familiales, lui grille la politesse et claque la porte de l’entreprise. Il doit donc ajouter une autre imposture à ce mensonge en se transformant en patron… Enlevée, bien écrite, rythmée, cette première partie est franchement plaisante. La suite l’est moins, notamment quand Oztepek fait débarquer dans la demeure familiale les quatre potes follasses du héros, le film utilisant d’un coup les stéréotypes et les clichés qu’il avait évités jusqu’ici. Du coup, même la fin, volontariste dans la mélancolie, sent le fabriqué. CC

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La Prima Linea

ECRANS | Pour évoquer les "années de plomb", période sanglante de l’histoire italienne, le réalisateur Renato De Maria choisit de s’intéresser au destin de Sergio Segio, (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 9 avril 2010

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Pour évoquer les "années de plomb", période sanglante de l’histoire italienne, le réalisateur Renato De Maria choisit de s’intéresser au destin de Sergio Segio, l’un des initiateurs de Prima Linea (groupe armé d'extrême gauche fondé en 1976). Il situe l’action en 1982, quand Segio fut arrêté par la police. Face caméra, mine grave, l’acteur interprétant l’ancien terroriste raconte la naissance du mouvement, le passage à des actions meurtrières ; et surtout sa rencontre avec Susanna, une autre militante qu’il aima follement. Par le biais de cette reconstitution fidèle et crédible de l’époque (vieilles bagnoles, costumes cheap, coupes de cheveux so 70’s), De Maria livre un véritable témoignage… néanmoins sans aucun recul. Fondé sur l’autobiographie de Sergio Segio, le film se transforme rapidement en sorte de repentance cinématographique morale malsaine ; le plus fort arrivant à la fin lorsqu’une petite phrase de justification nous informe que Segio et ses amis, tous libérés, travaillent maintenant comme bénévoles. Comme si l’on avait affaire ici à la rédemption suprême. AM

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Caos calmo

ECRANS | Commençons par nous faire des ennemis : le roman originel de Sandro Veronesi, chronique singulièrement chaleureuse d’un veuvage refoulé, ne méritait pas (...)

Christophe Chabert | Vendredi 5 décembre 2008

Caos calmo

Commençons par nous faire des ennemis : le roman originel de Sandro Veronesi, chronique singulièrement chaleureuse d’un veuvage refoulé, ne méritait pas forcément le flot de dithyrambes qui a accueilli son édition française. Antonello Grimaldi et Nanni Moretti (qui officie également en tant que scénariste) ont cependant réussi à en extraire l’essentiel, élaguant le récit, au risque de recourir à des ellipses parfois un peu grossières. La mise en scène de Grimaldi cède de temps à autre à un fâcheux laisser-aller (voir la séquence tournant autour du caméo prestigieux, bâclée n’importe comment), enrobe quelques-unes de ses scènes clés comme des clips pompiers sur de la musique tendance (Rufus Wainwright, Radiohead), mais la performance exceptionnelle de Moretti finit par avoir raison de ces réserves : pour qui goûte l’art délicat du mélo, Caos Calmo est en définitive une friandise pas trop bourrative. FC

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