À l'Élysée, atterrissage sous contrôle pour Olivier Maurin

Théâtre | Olivier Maurin et sa fidèle troupe déboulent à l'Élysée à bord d'un Ovni éclatant.

Nadja Pobel | Jeudi 8 octobre 2020

Photo : © DR


Il n'est pas question des hommes (soi-disant) verts dans cet OVNI, mais de ce que leur supposée rencontre provoque chez nos congénères humains. Neuf personnages pour six acteurs viennent tour à tour nous raconter par quelles émotions ils ont été traversés lors de ce de moment surnaturel. Le metteur en scène Olivier Maurin poursuit son chemin avec Ivan Viripaev. Le Lyonnais avait déjà délicatement adapté Illusions en 2016 du même auteur russe, sibérien et quadra.

En mars 2019, voici qu'il a repris sa troupe fidèle (Fanny Chiressi, Clémentine Allain, Mickael Pinelli…) pour porter avec simplicité et conviction ce texte (à La Mouche de Saint-Genis-Laval) et confier à chacun des monologues encadrés par les mots de l'auteur. L'un décrit l'ovni tel « un silence comme il n'en avait jamais entendu », un autre affirme que cela s'apparente à la sensation de « quelqu'un dans son dos quand on enlace un arbre », un troisième disserte sur ce qui n'existe pas. Car toute la dialectique de cette pièce a trait à la vérité.

Ce n'est pas éloigné du dernier spectacle en date de la compagnie, le pourtant beaucoup plus classique Dom Juan dans lequel le mensonge occupe une place centrale. Où est l'illusion ? Ce qui nous est énoncé est-il réel ou non ? Viripaev s'en amuse d'autant plus que ces recueils de témoignages devaient être l'objet d'un film qui ne verra jamais le jour faute de financement, comme il nous le précise, en entame, dans une lettre « dont les spectateurs doivent prendre connaissance ». En toute transparence.

OVNI
Au Théâtre de l'Élysée du mardi 6 au mardi 13 octobre (les mardi, mercredi et jeudi à 19h30)

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Dom Juan : la bonne intonation

Théâtre | En se débarrassant du carcan de l'époque et en ne tombant jamais dans l'outrance, le metteur en scène Olivier Maurin livre une version captivante de Dom Juan.

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C'est devenu son mantra et désormais sa force : le metteur en scène Olivier Maurin n'a besoin que de longues tables et de quelques chaises pour faire naître la langue d'Ivan Viripaev (Illusions, Ovni) ou Oriza Hirata (En courant, dormez) et qu’affleure la puissance du texte qu'il choisit. Pour sa première incursion dans les classiques, il n'a pas dérogé à cette simplicité. Les filles portent des robes évasées à fleurs et les garçons ne sont pas affublés de costumes datés du XVIIe siècle de la pièce. Les combats d'épées ? Évacués en coulisse. Trois bruitages font l'affaire car, pour le directeur de la compagnie lyonnaise Ostinato, l'essentiel ne se niche pas dans l'aspect spectaculaire dont il ne sait que faire. Molière

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Nadja Pobel | Mardi 19 mars 2019

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Son travail est un souffle, on en voit presque le cœur battre. Les mots sont tranchants, définitifs ou murmurés, évaporés. Parfois même ce sont des onomatopées. Avec Oriza Hirata puis Ivan Viripaev, Olivier Maurin a trouvé il y a déjà une dizaine d’années une écriture qui lui ressemble : discrète mais pas effacée. Une façon d’être au monde sans éclaboussure mais avec une place bien singulière. Avant cette « rencontre » – ce mot banal balise son parcours de façon déterminante et notre conversation – il a cheminé longuement en passant par l’Iris et la Renaissance, aux portes de Lyon où il naît en 1965 dans une famille sans artistes mais amatrice de danses de salon et curieuse. Grandissant ensuite à Villeurbanne, à deux pas du TNP, c’est presque par commodité qu’il y voit ses premiers spectacles, après la grande époque Chéreau mais avec les premiers Jérôme Deschamps, L’Oiseau vert de Benno Besson ou le Richard III de Lavaudant. Il fait suivre son bac scientifique par un DUT électrotechnique « qui ne [lui] servira jamais ». Trop d’ennui le conduit à un stage de théâtre puis au Conservatoire de Lyon. C

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Nadja Pobel | Mardi 7 juin 2016

Pour la deuxième fois de la saison, le quadra russe Ivan Viripaev est à l'affiche par ici. Le théâtre de l'Iris avait livré une version imbibée et très bien menée des Enivrés en mars ; une nouvelle occasion d’entendre cette langue tout en méandres est donnée à l'Elysée. De quoi nous parle Viripaev ? De l'effondrement des certitudes. Du fait que personne n'est vraiment celui qu'il incarne (une prostituée et un directeur de festival dans Les Enivrés : le moins sérieux des deux n'est pas forcément celui que sa fonction désigne comme tel). Et d'amour, le plus pur qui soit après cinquante ans de mariage (mais la longévité ne signifie en fait rien). Olivier Maurin voulait porter un texte pas trop à vif des éclats du monde ; il a peut-être trouvé plus cruel encore. Dennis a 84 ans et va mourir. Il fait alors une ultime déclaration d'amour fou et de reconnaissance à Sandra, sa conjointe indéfectible — cet amour n'existe que dans la réciprocité, nous dit-on. Quand elle s’apprête à son tour à trépasser, quelq

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Derrière l'étrange titre En courant, dormez se cache une pièce de Oriza Hirata typiquement japonaise, autrement dit lente et dépouillée. Le plateau construit par le metteur en scène Olivier Maurin est à cette image : composé de quelques éléments dont aucun n'est superflu et en long, ou plutôt en format "paysage", comme on le dit joliment dans le domaine de l'imprimerie. Un terme qui correspond parfaitement à ce spectacle inattendu dans lequel les comédiens utilisent non seulement tout l'espace visible, mais aussi les portes du Théatre de l'Elysée, nous laissant imaginer l'extérieur et l'horizon de ce pays encore très traditionnaliste. Le pitch, qui évoque le quotidien en 1923 de Osugi Sakae et Ito Noe, un couple d'anarchistes tokyoïtes, est au premier abord un peu décevant : il n'est question que d'une jeune femme enchaînant les grossesses et de son homme, attentif et calme qui, entre deux conversations sur la vie quotidienne, lisent et traduisent des ouvrages, disséminés ici et là comme de précieux éléments de leurs vies. Ils vont et viennent dans leur maison, s

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