Côté cour

Florence Barnola | Mardi 3 novembre 2015

Photo : DR


L'actualité met les avocats sous les feux des projecteurs. La profession proteste contre la réforme de Christiane Taubira concernant l'aide juridictionnelle, un dispositif qui permet aux plus démunis d'avoir accès à un défenseur. Maitre Léopold Sully-Darmon, héros de la nouvelle série BD L'avocat, aime défendre les causes désespérées. C'est l'avocat le plus célèbre du barreau de Paris, il est un invité récurrent des médias, pourtant il ne gagne pas grand chose avec le type d'affaires pour lesquelles il se passionne. Son altruisme se voile légèrement d'un passé qui pourrait être obscur. L'homme de loi visite une mystérieuse femme voilée à qui il a l'air très lié. Quant à sa dispendieuse mère, elle paraît accro à la roulette et on comprend que son père, policier camerounais, a dû être un tortionnaire. Dans ce premier tome, Maitre Sully-Darmon défend une femme, ex-officier dans l'armée de Saddam Hussein, accusée de crimes contre l'humanité. Est-elle innocente ou coupable ? Le célèbre avocat va enquêter jusqu'en Irak en étant intimement persuadé que sa cliente n'a rien commis. Après l'avoir fait brillamment acquitter, la vérité semblera bien différente… Et on a hâte de savoir la suite. Le scénario très bien ficelé de cette série est signé par un duo de choc Frank Giroud (Le Décalogue, XIII) et Laurent Galandon, les dessins sont de Frédéric Volante. Les scénaristes se sont librement inspirés de la vie de Jacques Vergès, surnommé " l'avocat des diables ", célèbre pour avoir défendu " des monstres " notamment Klaus Barbie ou encore le terroriste Carlos. FB

L'Avocat, tome 1 « Jeux de loi », de Franck Giroud, Laurent Galandon et Frédéric Volante aux éditions Le Lombard, 56 p. en couleurs

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Laurent Deloire : « L’éducation peut faire bouger les lignes »

Entretien | Laurent Deloire est un caricaturiste ligérien, originaire de Saint-Chamond. Avec lui, nous sommes revenus sur son parcours, sur l'évolution de son métier, du dessin de presse et de la caricature, dans une société qui a bien changé au fil des années.

Nicolas Bros | Mardi 8 décembre 2020

Laurent Deloire : « L’éducation peut faire bouger les lignes »

Comment êtes-vous tombé dans le dessin ? Un peu comme la plupart de mes camarades. On tombe dedans insidieusement. J’étais plutôt l’élève du fond de la classe, près du radiateur, avec la fenêtre pas trop loin. Et puis, tu commences à crobarder parce que tu t’ennuies. Tu dessines les profs, les camarades et cela devient une espèce de fonction sociale, en tout cas à l’époque. En fait, nous étions des élèves qui restions quand même dans le coup. J’avais en quelque sorte la fonction de faire rigoler, pas tant par mon extraversion mais plutôt par mes dessins. Le fait d’avoir une utilité de ce point de vue-là, le regard des autres sur ce que tu fais, ça te fait prendre conscience que tu as quelque chose à transmettre avec ça. Sur quels supports avez-vous travaillé au début ? Mon premier dessin distribué "à grande échelle", c’était lors d'une campagne électorale à Saint-Chamond, pour un candidat un peu loufoque, Paul Privat. Il représentait les écologistes et il était parti en guerre contre le maire socialiste de l’époque, Jacques Badet. J’avais alors dessiné Jacques Badet détruisant avec une grosse masse une maison import

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Souviens-toi

BD | C’est l’histoire d’un papi, qui, tout seul dans son EHPAD, va tenter de remonter le chemin de sa mémoire. La photo d’un jeune couple. Quelques mots, (...)

Cerise Rochet | Lundi 14 décembre 2020

Souviens-toi

C’est l’histoire d’un papi, qui, tout seul dans son EHPAD, va tenter de remonter le chemin de sa mémoire. La photo d’un jeune couple. Quelques mots, « souviens-toi de nous », inscrits au dos. Un prénom : Flavie… Point de départ d’une quête que, peut-être, il aurait mieux valu ne pas entamer. Avec ce roman graphique paru aux éditions Tartamudo, Ulric et Mikaël Mignet explorent les thèmes de la nostalgie et de l’amnésie, racontant avec tendresse la dernière bataille de leur personnage. Derrière la Colline, par Ulric et Mikaël Mignet, aux éditions Tartamudo

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Un Stéphanois dans la shortlist pour la direction du théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | La candidature du Stéphanois Abdelwaheb Sefsaf fait partie des cinq retenues pour la succession de Jean Lacornerie à la tête du Théâtre de la (...)

Nicolas Bros | Mercredi 19 août 2020

Un Stéphanois dans la shortlist pour la direction du théâtre de la Croix-Rousse

La candidature du Stéphanois Abdelwaheb Sefsaf fait partie des cinq retenues pour la succession de Jean Lacornerie à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon. Metteur en scène, comédien, chanteur, Abdel Sefsaf a fondé la compagnie Anonyme, dirige la compagnie Nomade in France, a participé à l'ascension des groupes Dezoriental et Aligator mais a aussi dirigé le Théâtre de Roanne de 2012 à 2014. Il est en compétition pour ce poste lyonnais avec quatre autres candidatures : celle du duo Camille Rocailleux/A. Favre, celle d'un autre duo formé par Lorraine de Sagazan et Nadja Pobel (journaliste au Petit Bulletin Lyon), celle de l'ancien directeur adjoint de la Comédie de Valence Christophe Floderer et enfin, celle de Courtney Geraghty, actuellement responsable de programmation au French Institute Alliance Française de New York. Ces finalistes ont jusqu'au 7 septembre pour affiner leur projet, qui sera ensuite auditionné par le jury le 21 septemb

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"The Perfect Candidate" : Votez pour elle !

ECRANS | de Haifaa Al Mansour (All.-Ar. Saou., 1h45) avec Mila Alzahrani, Nourah Al Awad, Khalid Abdulrhim…

Vincent Raymond | Mardi 25 août 2020

Médecin dans une petite clinique locale d’Arabie saoudite, Maryam veut exercer à Riyad. Hélas, faute d’autorisation paternelle, elle ne peut pendre l’avion pour aller présenter sa candidature. Cette ultime vexation sexiste la convainc de se porter candidate aux élections municipales… Qu’on ne vienne plus jamais prétendre que les artistes, romanciers ou cinéastes, ne captent rien de l’air du temps ; qu’elles et ils vivent déconnecté·es des préoccupations de ce bas monde. Voyez Haifaa Al Mansour, qui parvient en un film de traiter à la fois de la situation calamiteuse des hôpitaux, du sexisme systémique dans certaines sociétés (ou entreprises, le propos peut s’élargir) et des minables combinaziones minant le jeu prétendument démocratique des élections. Qui aurait imaginé que le royaume wahhabite était à ce point proche de nous ? Après une parenthèse anglo-saxonne ne l’ayant pas privée de poursuivre son questionnement l’état de la condition féminine, la réalisatrice de Wadjda renoue donc ici avec son Arabie saoudite natale dont elle expose le parad

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Farid Bouabdellah, sans complexe

Portrait | Ancien directeur de la MJC Beaulieu, actuel programmateur du festival des Arts Burlesques et meneur de multitudes de projets, Farid Bouabdellah est un engagé sans rage, un cultureux sans costume, un homme sans entrave. Itinéraire de cet enfant de la République qui jamais, ne s’arrête de réfléchir.

Cerise Rochet | Mercredi 5 février 2020

Farid Bouabdellah, sans complexe

Il nous aura fallu 2h30 découpées en deux rendez-vous avec Farid Bouabdellah, pour balayer son parcours. Trouver un créneau dans son agenda bien rempli, puis l’écouter chercher les mots exacts, leur donner le bon sens, digresser, revenir, repartir… Éloquent, l’homme est du genre à se laisser aller à la discussion avec voracité, quittant bien volontiers le terrain de sa propre histoire pour grimper à hauteur d’idées, de mise en perspective et de théories. Né à Firminy en 1972, Farid a trempé dans la culture dès son plus jeune âge, faisant le grand écart entre ce qu’il regardait à la télé et le Concert des potes, l’institutionnalisé et le bouillonnement populaire. Curieux, attentif, il observe le monde, le pense et tente de le comprendre, forme sa conscience grâce à ce qu’il voit et à ce qu’il entend. « J’ai eu la chance d’avoir des grands frères avec lesquels je regardais La Dernière séance, L’Heure de Vérité, ce genre de programmes. Ils m’ont permis de m’éveiller, ils m’ont rendu curieux. Et puis, il y a eu ces premiers concerts de SOS Racisme, avec lesquels la culture pouvait être un vecteur de solidarité et d’égalité. À partir de ce mom

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Coup de grisou littéraire

Polars | Après une première édition couronnée de succès (sept auteurs présents, deux tables rondes organisées et une soixantaine de visiteurs), le rendez-vous du polar (...)

Nicolas Bros | Lundi 18 novembre 2019

Coup de grisou littéraire

Après une première édition couronnée de succès (sept auteurs présents, deux tables rondes organisées et une soixantaine de visiteurs), le rendez-vous du polar de la Librairie de Paris, Les Gueules Noires du Polar, reviennent vendredi 22 et samedi 23 novembre. « La formule reste la même que l'année dernière avec le parti-pris d'avoir un événement convivial, dans un format plus restreint qu'un salon littéraire classique, tout en ayant une programmation de qualité, explique Anne-Laure Billon, libraire du rayon polar à la Librairie de Paris. Cette année, ce sont huit auteurs qui seront présents pour des rencontres et tables rondes. » Pour cette seconde édition, la librairie peut compter sur la présence de Deloupy, Céline Denjean, Pascale Dietrich, Sylvain Forge, Nicolas Lebel, Eric Plamondon, Romain Strajnic et Niko Tackian. Trois tables rondes sont programmées avec différentes thématiques abordées, toutes modérées par un professionnel. D'autres animations sont proposées, comme un apéro-dédicace le vendredi 22 novembre en partenariat avec le Lycée hôtelier Le Renouveau ou encore des jeux pour les ados pendant les tables rondes (sur inscription à lesgueulesnoiresdup

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Catel dans l'Oeil du Petit Bulletin #38

BD | L'auteure de BD Catel Muller est une habituée de la Fêtedulivre de la Ville de Saint-Étienne. Après avoir été marraine des Mots en scène (...)

Nicolas Bros | Vendredi 15 novembre 2019

Catel dans l'Oeil du Petit Bulletin #38

L'auteure de BD Catel Muller est une habituée de la Fêtedulivre de la Ville de Saint-Étienne. Après avoir été marraine des Mots en scène en 2016, elle revient pour nous présenter "Le Roman des Goscinny" chez Editions Grasset et Fasquelle et le tome 4 de "Le Monde de Lucrèce" avec Anne Goscinny, publié chez Gallimard Jeunesse.

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"Noura rêve" : Divorce à la tunisienne

ECRANS | De Hinde Boujemaa (Tun.-Bel.-Fr, 1h30) avec Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi…

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Son époux incarcéré, Noura a refait sa vie avec Lassad et attend avec impatience que son divorce soit prononcé. Son mari étant libéré plus tôt que prévu, Noura doit faire profil bas pour ne pas risquer 5 ans de réclusion pour adultère, ni perdre ses enfants et son travail… De la condition féminine dans les pays du Maghreb post Révolution de Jasmin ? Oui et non. Car si l’histoire de Noura s’inscrit dans le sillage des réalisations tunisiennes rendant compte de la difficile situation des femmes dans une société conditionnée par l‘emprise patriarcale — à l’instar de l’exemplaire La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania —, elle pourrait tout aussi bien (ou mal) se dérouler en France, où rappelons-le puisque cela ne semble pas beaucoup émouvoir en haut lieu, 129 femmes ont été tuées par leurs compagnons (ou ex-) depuis le début 2019. Il n

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"Le Mariage de Verida" : Gavissime

ECRANS | de Michela Occhipinti (It., 1h34) avec Sidi Mohamed Chinghaly, Verida Beitta Ahmed Deiche, Aichetou Abdallahi Najim…

Vincent Raymond | Mercredi 4 septembre 2019

Mauritanie, de nos jours. L’existence de Verida tourne autour du salon de beauté de sa grand-mère et de ses deux amies. Ses parents ayant décidé de la marier, elle entame non sans renâcler un rite prénuptial destiné à la faire grossir : le gavage. Une coutume entre torture et hypocrisie… Il n’est pas rare de voir des fictions à destination quasi exclusive du public des pays occidentaux vitupérer telle ou telle survivance d’une coutume archaïque, affirmant généralement la mainmise du patriarcat sur la population féminine : excision, obligation de se couvrir dès l’adolescence, mariages forcés etc. Misant beaucoup sur leur valeur documentaire, elles reproduisent en général la forme du film-dossier en respectant des standards cinématographiques schématiques. Cette catégorie de films pointe évidemment l’odieuse différence de traitements entre hommes et femmes, mais aussi les petits arrangements avec la tradition ou la religion permettant d’accomplir toutes les entorses aux règles que l’on désire… tant qu’elles demeurent à l’abri des regards. Ici, les femmes ont souffert de leur “régime“, mais le perpétuent sur leurs filles sans fin, se f

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"Tel Aviv on Fire" : Soap qui peut !

Film du mois d'avril 2019 | Un apprenti scénariste palestinien peu imaginatif se fait dicter les rebondissements de la série politico-sentimentale sur laquelle il trime par un gradé israélien. Sameh Zorabi répond à l’absurdité ambiante par une comédie qui ne l’est pas moins… À hurler de réalisme et rire.

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Trentenaire velléitaire, Salam vient de trouver un job sur la série de propagande Tel Aviv on fire que produit son oncle. Comme il réside à Jérusalem et que le tournage s’effectue à Ramallah, il doit chaque jour passer par un check-point dirigé par Assi, un officier israélien qui devient conseiller occulte de la série, avant de tenter d’en infléchir la direction… Quand les larmes sont inopérantes et la colère inaudible, alors il reste l’humour. La dérision s’avère sans doute l’arme la plus efficace lorsqu’il s’agit d’aborder une situation politique verrouillée depuis des lustres, voire des siècles. À condition, évidemment de la manier avec intelligence et sans esprit partisan ; c’est-à-dire en pointant les comportements irréfléchis de chacun afin de renvoyer tous les protagonistes dos à dos plutôt que face à face, en les faisant rire ensemble de leurs travers mutuels et non les uns contre les autres — comme dans Les Aventures de Rabbi Jacob. Sameh Zoabi montre que la bêtise ne peut se prévaloir d’aucun passeport : elle adopte seulement des modulations différentes en fonction des ca

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Farid Bouabdellah dans L'Oeil du Petit Bulletin #05

Humour | Farid Bouabdellah, directeur artistique du festival des Arts Burlesques, est entré dans l'Oeil du Petit Bulletin. Il nous parle de la 16e édition du (...)

Nicolas Bros | Vendredi 15 février 2019

Farid Bouabdellah dans L'Oeil du Petit Bulletin #05

Farid Bouabdellah, directeur artistique du festival des Arts Burlesques, est entré dans l'Oeil du Petit Bulletin. Il nous parle de la 16e édition du festival qui se déroule du 22 février au 02 mars 2019 à Saint-Étienne et alentours.

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La distance n’est rien

Théâtre/Musique | Si loin, si proche, c’est l’histoire d’une famille d’immigrés algériens et de leurs enfants installée à Saint-Étienne, qui embarque à bord d’une (...)

Cerise Rochet | Mardi 8 janvier 2019

La distance n’est rien

Si loin, si proche, c’est l’histoire d’une famille d’immigrés algériens et de leurs enfants installée à Saint-Étienne, qui embarque à bord d’une fourgonnette en bout de course pour rejoindre son pays d’origine à l’occasion d’un mariage. Textes, poèmes, chansons en français, en arabe et en kabyle, Abdelwaheb Sefsaf ouvre ici au public les portes de son histoire familiale. Si loin, si proche, les 7 et 8 février à 20h30 à l’Espace Albert Camus du Chambon-Feugerolles

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Alchimie

Symphonie poétique | Depuis la création de sa compagnie Nomade in France, Abdel Sefsaf ne cesse de donner naissance à des spectacles alliant brillamment musiques métissées, (...)

Niko Rodamel | Mercredi 31 octobre 2018

Alchimie

Depuis la création de sa compagnie Nomade in France, Abdel Sefsaf ne cesse de donner naissance à des spectacles alliant brillamment musiques métissées, formes théâtrales et profonde réflexion sur un monde où les peuples s’échinent à trouver leur place par-delà les frontières ou les murs qui se dressent entre eux. En attendant sa prochaine création à l'automne 2019, la compagnie fait tourner des pièces qui ont déjà connu un vrai succès auprès de publics nombreux, comme Si loin si proche ou Médina Mérika. Pour Symbiose, Abdel s’est associé à l’Orchestre Symphonique Ose ! que dirige Daniel Kawka depuis 2013. Ce spectacle poético-symphonique pour voix et orchestres mêle la parole de grands poètes de la Méditerranée aux musiques plurielles de compositeurs des deux rives, avec pas moins de cinquante musiciens sur scène et la participation du oudiste Grégory Dargent. Symbiose nous embarque dans un périple entre Orient et Occident, véritable plongée dans cette mer intérieure où sont nées nos identités culturelles. La poésie crée ici le lien entre les différentes pièces qui constituent ensemble un univers global. Symbiose, v

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Damien et Emeric Chazal, génération Nippon

Portrait / Manga forézien | Les deux créateurs montbrisonnais du manga Head Trick sortiront le onzième tome de la saga, le 11 novembre prochain. Entre enthousiasme, anecdotes, parcours jalonné de surprises et sacré grain de folie, les frères Chazal ne seraient-ils pas eux-mêmes tout aussi aventuriers que les personnages qu’ils façonnent ?

Cerise Rochet | Mardi 2 octobre 2018

Damien et Emeric Chazal, génération Nippon

Montbrison, un soir de semaine. Dans leurs locaux, les frères Chazal sont débordés. Des centaines de cartons, de grosses machines, des étagères, des figurines, des mangas… Et, au milieu de l’apparente pagaille - en réalité très organisée -, un petit bureau où Damien, le plus grand des frères, griffonne quelques notes sur un petit cahier. « Comme toujours, on est bien occupés en ce moment », s’excuse Emeric, son cadet. Depuis sept ans qu’Head Trick existe, les deux créateurs du célèbre manga ‘’made in Le Forez’’ n’ont jamais trouvé le temps de prendre ne serait-ce qu’une semaine de vacances. « Mais ce qu’on fait nous passionne tellement qu’on ne vient jamais ici en traînant les pieds » lancent-ils, l’œil pétillant. Cet œil, c’est celui de deux adultes qui se sont construit un véritable rêve de gosse, au talent et au culot. Avec bonheur et enthousiasme, ils racontent leur histoire complètement dingue, en détails. Comme si, par moment, ils devaient encore se pincer pour réaliser que ce qui leur arrive est bien réel. Imagination débordante Pour Damien et Emeric, la grande aventure démarre il y a 25 ans. Encore gamins, les deux frères

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Marc-Antoine Mathieu : « L'occasion de montrer que la BD n'est pas que du comics, du manga et du mainstream »

Fête du Livre 2018 | Marc-Antoine Mathieu est un créateur et un explorateur de formes qu’elles soient narratives ou plastiques. Auteur notamment de la série Julius Corentin Acquefacques, il sera présent pour la 33e Fête du Livre de Saint-Étienne en tant que parrain des Mots en Scène. Il présentera également son nouvel ouvrage Trois rêveries de manière inédite ainsi qu'une exposition très complète.

La rédaction | Vendredi 7 septembre 2018

Marc-Antoine Mathieu : « L'occasion de montrer que la BD n'est pas que du comics, du manga et du mainstream »

Vous avez déclaré que « votre dessin est au service de votre écriture ». Comment doit-on vous qualifier ? Bédéiste, graphiste, auteur... ? "Bédéiste" est un terme qui n'est pas faux puisqu'il y a dedans une certaine défense d'une certaine bande dessinée. Mais j'aime dire aussi que je fais de la "littérature graphique". Je me sens plus plasticien ou chercheur plutôt qu'uniquement auteur de bande dessinée. J'aime explorer de nouvelles formes, aller sur des chemins un peu différents. En gros, tout ce qui peut faire que je ne vais pas m'ennuyer. Lors de votre venue à la 33e Fête du livre de Saint-Étienne, quel ouvrage allez-vous présenter ? En novembre sortira en librairie un nouveau livre-objet, un coffret intitulé Trois Rêveries. Il inclura trois récits graphiques muets, en noir et blanc. Il se trouve que ces trois récit auront des formes différentes des livres classiques, en étant également non reliés : un leporello, un rouleau et des cartes/pages volantes. Trois récits distincts mais parlant tous trois de la condition humaine. Homo Faber traite de la réalisation de choses, le "faire". Homo Temporis, la n

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Les héros débarquent à Saint-Étienne

Manga, Cosplay, Comics & co | Né à Marseille en 2014, le HeroFestival est un concept de salon dédié aux "cultures de l'imaginaire" allant des Comics aux films en passant par les mangas, (...)

Nicolas Bros | Jeudi 8 mars 2018

Les héros débarquent à Saint-Étienne

Né à Marseille en 2014, le HeroFestival est un concept de salon dédié aux "cultures de l'imaginaire" allant des Comics aux films en passant par les mangas, les BD, les jeux de rôles ou les jeux vidéo. Accueillant chaque année des professionnels et des amateurs, collectionneurs ou, artistes ou simples visiteurs, la recette de l'événement a réuni plus de 44 000 personnes lors de sa dernière édition phocéenne en novembre 2017. Cette même année, une version grenobloise a vu le jour. En juin 2018, ce sera au tour du Parc Expo de Saint-Étienne de voir débarquer le foisonnant univers de ce festival. Au programme, plus de 8 000 m² intérieurs et 2 000 m² extérieurs dédiés à 4 univers : Krypton (univers Amérique), Brocéliande (univers Europe), Konoha (univers Asie) et Ludopolis (espace jeux video et nouvelles technologies). Au programme, des démos, des conférences, des ateliers, concours de cosplay, rencontres et dédicaces avec des auteurs, illustrateurs, YouTubeurs, comédiens de doublage, champions e-sport... HeroFestival Saint-Étienne Chapitre 1, les 2 et 3 juin au Parc Expo à Saint-Etienne Plus d'infos sur c

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"Razzia" : Casa, avant le chaos ?

ECRANS | Après Much Loved, Nabil Ayouch poursuit son auscultation des fractures du Maroc contemporain. Derniers instants avant le cataclysme dans un Casablanca qui n’a plus rien à voir avec l’image idéalisée par Curtiz.

Vincent Raymond | Mercredi 14 mars 2018

Maroc, entre les montagnes de l’Atlas et Casablanca, en 1982 et 2015. Portraits croisés de plusieurs personnages en proie au durcissement du régime et des mœurs, aux préjugés, alors que le religieux gagne du terrain et que les différences sociales mènent à un inévitable chaos… Cette manière de brasser les époques et les protagonistes autour d’une communauté de destins (et de cet événement final annoncé par le titre, cristallisant les tensions, rancœurs et humiliations accumulées) rappelle le “cinéma-choral” à la Iñarritu ou le Magnolia de Paul Thomas Anderson. Mais Ayouch ne le fait pas glisser vers ce pan-humanisme lyrique à la mode il y a une dizaine d’années. Les temps ont changé ; un voile de désenchantement s’est abattu sur le monde, douchant les espérances. Y compris celles suscitées par les Printemps arabes. Empire chérifien, fais-moi peur Jadis apprécié à Rabat pour l’aura internationale dont ses œuvres bénéficiaient, Nabil Ayouch est passablement tombé en disgrâce avec Much Loved (2015), intrans

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Marion Montaigne : « Et en plus, Thomas Pesquet a de l'humour »

BD | L’autrice de la désopilante et néanmoins érudite série "Tu mourras moins bête" a collé aux basques du charismatique astronaute Thomas Pesquet durant son entraînement. Encore un peu et elle partait en orbite avec lui…

Vincent Raymond | Lundi 18 décembre 2017

Marion Montaigne : « Et en plus, Thomas Pesquet a de l'humour »

Vous voici donc devenue une spécialiste de la vulgarisation scientifique… Marion Montaigne : (rires) On m’a demandé un jour si j’avais décidé de prendre ce créneau parce qu’il y avait un vide… Je suis incapable de faire une étude de marché ! Je fais ce qui me botte, et je constate qu’il y a une curiosité en retour. Avant d’entreprendre cet album sur Thomas Pesquet, j’ai été tentée de me “mettre un peu en danger” et de m’essayer à la fiction. Mais quand un boulanger sait bien faire la baguette, il ne se lance pas dans la charcuterie (rires). Et puis, pouvoir rencontrer un astronaute, c’est le fruit de huit ans d’évolutions. Cela ne serait pas arrivé au bout d’un an de blog. Peut-être que je m’améliore… Comment expliquer l’engouement inédit pour Thomas Pesquet ? C’est vrai qu’on n’a pas autant parlé de Claudie Haigneré en 1996 ni de Léopold Eyharts en 2008. Là, ce sont les réseaux sociaux qui ont fait le gros du travail. Et le fait qu’une coupole soit arrivée en 2008 dans la station spatiale permettant de faire des photos hallucinantes a énormément apporté — avant, ils n’avaient que des

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"C’est tout pour moi" : Joyeuse Nawell !

ECRANS | de Nawell Madani & Ludovic Colbeau-Justin (Fr., 1h43) avec Nawell Madani, François Berléand, Mimoun Benabderrahmane…

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Encore un self-biopic ?! Et d’une stand-upeuse en plus, qui malgré son jeune âge prétend nous narrer son incroyable parcours contrarié vers le succès ? En effet. Mais défiez-vous des a priori : en dépit d’un argument cousu de fil blanc et d’un charmant égocentrisme bien canalisé, Nawell signe une très agréable comédie “auto-centrée“, avec la dose de distance, de dérision et de griffures pour éviter le prospectus ou le mélo, qui de surcroît tient sur la longueur. Combien “d’épopée” d’artistes s’essoufflent après vingt minutes ayant duré sept heures ? Nawell Madani s’est certes nourrie d’épisodes réels pour construire son film. Mais la part de vécu authentique comme le contexte de la découverte de sa vis comica importent peu : l’essentiel étant que le personnage qu’elle interprète à l’écran ait une cohérence dramatique solide. Singulièrement, ce n’est pas la battante, la performeuse efficace ni la belle plante qui ressort de ce portrait, mais la candide ; la jeune femme sincère dont une meute de vautours aux aguets (escrocs et/ou confrères de la scène) profitent sans complexe.

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Serge Prud’homme alias Deloupy

Portrait BD | Co-fondateur des Editions Jarjille, Serge Prud’homme (aka Deloupy) est un illustrateur heureux. L’album Love story à l’iranienne sorti aux éditions Delcourt en 2016 (d’après une enquête de Jane Deuxard) a reçu plusieurs prix très encourageants, ouvrant au dessinateur de nouveaux horizons à la lumière d’une reconnaissance amplement méritée. Rencontre, dans son atelier du centre-ville de Saint-Étienne, avec un homme curieux de tout et humainement attachant.

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Serge Prud’homme alias Deloupy

Gamin, Serge lit et relit mille fois les BD familiales, les classiques Tintin, Astérix et Gaston… « Je ne dessinais ni plus ni mieux qu’un enfant ordinaire. » En revanche, sa rencontre avec Michel Jacquet (qui deviendra plus tard son complice Alep) a sans doute été décisive. Les deux garçons se sont connus vers l’âge de huit ans, dans le voisinage de la maison de campagne familiale, entourés de toute une bande de gosses. Pendant des années, les deux copains vont partager leurs lectures mais ils commencent aussi à échanger sur la BD. Il faudra attendre quelques années avant que l’adolescent, optant pour un Bac A3, prenne conscience que le dessin pourrait bien prendre une place grandissante dans son champ des possibles. Après une année infructueuse aux Beaux-arts de Saint-Étienne puis une année sabbatique aux Pays-Bas, Serge s’inscrit presque sur un coup de tête aux Beaux-arts d’Angoulême, capitale nationale autoproclamée de la bande-dessinée. « J’ai passé là-bas trois années très riches dans l’atelier BD où j’ai pu beaucoup mieux cerner les finalités du métier, grâce à de nombreuses rencontres avec des pros, des auteurs ou des éditeurs. » Serge Prud’homme débute

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Les derniers jours d'une ville : Le Caire, traits confidentiels

ECRANS | de Tamer El Said (Fr., 1h19) Khalid Abdalla, Hanan Youssef, Bassem Fayad…

Vincent Raymond | Mercredi 28 juin 2017

Les derniers jours d'une ville : Le Caire, traits confidentiels

Khalid est cairote, cinéaste, séparé de sa copine et en recherche d’un appartement. Chacune de ces caractéristiques correspond à une petite apocalypse en cette année fatidique 2009, dans une ville qui commence à mugir, puis rugir contre le pouvoir en place. Drôle d’objet que cette chronique dont on ne saurait dire s’il s’agit d’un documentaire arrangé ou d’une pure fiction, parce qu’il donne à percevoir avec acuité et naturel plusieurs visages du quotidien du Caire. Elle a l’incommensurable atout d’être signée par un amoureux fou de sa ville autant que Woody Allen peut l’être de New York ou Moretti de Rome. Pour autant, Khalid n’est pas un autarcique : à son journal intime, il greffe des pages empruntées à ses confrères moyen-orientaux ou arabes vivant dans leur pays des frémissements comparables ou de pires soubresauts. Ce mélange entre insignifiant, semi-impudique, personnel et collectif, scandé par des tranches d’Histoire dramatique confère une incroyable tonalité réaliste. Et fait que le film “prend” — aux tripes, et comme du ciment peut prendre. À compléter la semaine procha

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Je suis Charlie, l'expo virtuelle

ARTS | Les archives municipales de la ville de Saint-Étienne ont lancé une exposition virtuelle destinée à présenter les messages laissés par les Stéphanois sur la place (...)

Nicolas Bros | Lundi 11 janvier 2016

Je suis Charlie, l'expo virtuelle

Les archives municipales de la ville de Saint-Étienne ont lancé une exposition virtuelle destinée à présenter les messages laissés par les Stéphanois sur la place de l'Hôtel de Ville après les attentats de janvier 2015 à Paris. Cette exposition inédite (seules deux autres villes françaises - Toulouse et Rennes - ont mené une telle initiative) est visible à cette adresse.

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Littérature : Notre sélection de la rentrée

CONNAITRE | Aux frontières du réel L'auteure du sublime Rien ne s'oppose à la nuit récidive. D’après une histoire vraie est une réussite bien que le sujet prête moins à (...)

Florence Barnola | Mardi 1 septembre 2015

Littérature : Notre sélection de la rentrée

Aux frontières du réel L'auteure du sublime Rien ne s'oppose à la nuit récidive. D’après une histoire vraie est une réussite bien que le sujet prête moins à l’émotion que le précédent roman dans lequel elle parvenait à tisser son travail d’écrivain confronté au deuil de sa mère dont des pans de vie refaisaient surface. Delphine de Vigan se nourrit toujours du réel. Ou pourrait-on dire, elle le distord. Elle s’amuse avec les codes du roman et promène le lecteur qui ne sait plus le vrai du faux. Nous basculons subrepticement dans un thriller écrit comme du Yourcenar. Florence Barnola D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan, Editions JC Lattès, 479p. C’était un fameux trois mats… Le navire de guerre aux "26 canons", appelé également "La Frégate de la liberté", L’Hermione a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois. La BD de Jean-Yves Delitte (La Bounty, Black Crow), retrace la construction de la célèbre frégate du XVIIIe avec en toile de fond un complot ourdi par le Perfide Albion. Le dessein et les couleurs sont

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Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai

ECRANS | De Nina et Denis Robert (Fr, 1h30) documentaire

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai

Ce film sur (François) Cavanna commence par la toute fin : les funérailles de l’écrivain, début février 2014, où des lecteurs anonymes et des camarades célèbres viennent lui rendre hommage. Drôle de sensation pour le spectateur : celui d’assister à une répétition générale de ce qui se produira onze mois plus tard avec l’enterrement des dessinateurs de Charlie Hebdo. Cavanna en fut le fondateur avec le Professeur Choron, en prolongement de l’aventure Hara Kiri qui défia les bonnes mœurs et la censure dans les années 60 et 70. Si ce documentaire à deux têtes (le journaliste Denis Robert et sa fille Nina), il a aussi deux faces : d’un côté, un hommage au Cavanna écrivain insatiable, auteur de 50 romans dont quelques best-sellers (Les Ritals, Les Ruskoffs, Bête et méchant) ; de l’autre, l’évocation de cet âge d’or où tout semblait permis car rien n’était autorisé. Denis Robert va à la rencontre d’un Cavanna affaibli et fatigué, tandis que Nina tisse un montage où se télescopent archives, citations et témoignages (Willem, Delfeil de Ton, Siné…) souvent passionnants qui convergent vers un même sentiment de crépuscule.

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Née indomptable

CONNAITRE | La saga d’aventures illustrée par Francis Vallès, Rani revient pour un cinquième opus dénommé "Sauvage" avec toujours sa belle héroïne Jolanne. Un cocktail de paysages de rêves, de sensualité, de mystères et un zeste de sauvagerie. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 2 juin 2015

Née indomptable

Que l’on ne s’y trompe pas l’héroïne de Rani s’appelle Jolanne. Sorte d’Angélique, «Marquise des Anges». Pourquoi Rani alors ? En Français cela veut dire «femme d’un rajah»… L’histoire se déroule au XVIIIème siècle, principalement aux Indes. Mais d’abord en France, Jolanne est la «batarde» que Charles de Valcourt a eu avec l’une de ses gouvernantes. Mourant, il déshérite en partie son fils Charles (pas très sympathique) au bénéfice de sa fille. Ce qui ne va pas plaire au frère bileux vous vous en doutez… Cet accès de haine et excès de zèle portent les aventures heureuses et malheureuses, sensuelles et violentes, de la belle (elle l’est vraiment beaucoup) depuis le Massif Central où elle sera accusée à tort de parricide et de trahison jusqu’à travers les Indes d’alors avec ses comptoirs portugais, français et anglais. De bâtarde, elle deviendra brigande, esclave, maîtresse et sauvage... Cinq tomes déjà et l’histoire n’est pas encore finie à l’issue du dernier opus (Jolanne a perdu la mémoire mais semble la recouvrer approchant de la fin). Bizarrement, on ne se lasse pas, bien au contraire on en redemande. Pourquoi cette addiction ? Dans ces albums, on retrouve la même

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Quand le hip-hop se met au vert

SCENES | Dirigée par Abdou N’Gom, la Compagnie Stylistik tire son nom de l’ouvrage de Raymond Queneau, Exercices de style, dans lequel l’écrivain raconte 99 fois (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 mai 2015

Quand le hip-hop se met au vert

Dirigée par Abdou N’Gom, la Compagnie Stylistik tire son nom de l’ouvrage de Raymond Queneau, Exercices de style, dans lequel l’écrivain raconte 99 fois la même histoire de 99 façons différentes. Ce principe créatif, la compagnie l'applique à la danse hip-hop. Abdou N’Gom qui a déjà travaillé à deux reprises à Saint-Étienne, revient à la conquête de la ville verte dans le cadre du festival Des Arts//Des Cinés où il présentera le 27 mai, le duo hip-hop Fair corps. Si le mot hip-hop éveille l’idée de performance, il serait réducteur de le limiter à ça. «Cette énergie brute peut être autre chose que de la performance» assure le chorégraphe Kader Attou, directeur du CCN de la Rochelle. Le hip-hop a évolué, grandi, mûri, s’est enrichi en se frottant à d’autres formes d’art et d'écritures chorégraphiques. «Explorer, expérimenter, se questionner, tester des horizons nouveaux, découvrir de nouveaux possibles sont les objectifs qui m’animent au quotidien, expose Abdou N’Gom. Duo de corps et d’âmes Le titre est un jeu de mots entre le mot anglais «fair» qui signifie : bien, bon, juste et «faire corps» : chercher la connexion, établ

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Qu’Allah bénisse la France

ECRANS | D’Abd Al Malik (Fr, 1h35) avec Marc Zinga, Sabrina Ouazani…

Christophe Chabert | Mercredi 10 décembre 2014

Qu’Allah bénisse la France

C’est peut-être un peu cruel, vu que le film n’est pas forcément détestable, mais c’est bien ce Qu’Allah bénisse la France qui donne envie de tirer la sonnette d’alarme concernant l’état du cinéma français. Depuis plusieurs mois, la course à l’histoire vraie — autofiction, bio filmée ou faits-divers — connaît une spectaculaire accélération, d’autant plus inquiétante quand elle est mise entre les mains de cinéastes dont ce n’est pas encore tout à fait le métier. Ainsi d’Abd Al Malik, qui adapte ici son roman autobiographique avec une maladresse d’abord touchante, car elle lui permet d’empoigner la forme cinématographique sans forcément chercher à livrer un produit bien fait, mais graduellement gênante quand le film s’engage dans une escalade narrativo-politique pas franchement maîtrisée — c’est un euphémisme. Qu’Allah bénisse la France n’a aucune échine dramatique et relève d’un empilement de situations qui accompagnent les diverses vicissitudes de son protagoniste — petit voleur à la tire dans les rues de Strasbourg, lycéen doué en lettres, vendeur de shit, repenti musulman prêchant en banlieue, chanteur de rap repéré par les majors… Pensant que sa vie

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Timbuktu

ECRANS | Après Bamako, Abderrahmane Sissako continue d’explorer les souffrances politiques du Mali, non pas en instruisant le procès du FMI, mais en offrant une vision tragi-comique de la terreur djihadiste. Une approche pertinente de la question, qui ne fait pas oublier une forme auteurisante un peu datée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 décembre 2014

Timbuktu

La sortie de Timbuktu va donc se dérouler au moment où les yeux de la planète sont braqués vers l’État Islamique, tandis que le spectre d’une résurgence djihadiste au Mali est encore vivace. Autrement dit : en plein dans le mille de l’actu, ce qui est un avantage — médiatique — et un inconvénient — puisque le film se retrouve malgré lui à avoir quelque chose à dire sur le sujet. Or, le nouveau film d’Abderrahmane Sissako, même s’il parle d’un petit groupe d’islamistes qui mettent en coupe réglée un village mauritanien en voulant y instaurer la char’îa, n’a aucun discours rassurant à délivrer à un Occident angoissé. Déjà, son génial Bamako intentait un procès réparateur mais fictif au FMI ; aujourd’hui, Timbuktu choisit de rire d’une autre tragédie. Ses djihadistes sont regardés comme une cohorte d’individus empêtrés dans leurs contradictions, mais qui puisent leur force du groupe qu’ils ont constitué. Et c’est en brisant la communauté à laquelle ils s’attaquent, créant des schismes selon le sexe, l’âge ou les origines des autochtones, qu’ils installent la terreur. Dans sa première partie, le film montre cette emprise comme un petit théâ

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La Vie d’Adèle chapitres 1 & 2

ECRANS | Pendant solaire de son précédent Vénus Noire, La Vie d’Adèle est pour Abdellatif Kechiche l’opportunité de faire se rencontrer son sens du naturalisme avec un matériau romanesque qui emmène son cinéma vers de nouveaux horizons poétiques. Ce torrent émotionnel n’a pas volé sa Palme d’or. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 7 octobre 2013

La Vie d’Adèle chapitres 1 & 2

Ce serait l’histoire d’une fille de maintenant qui s’appellerait Adèle, qui irait au lycée, qui aimerait la littérature, qui vivrait chez des parents modestes, qui perdrait sa virginité avec un garçon de son âge, puis qui rencontrerait une autre fille plus âgée et plus cultivée qui s’appellerait Emma, avec qui elle vivrait une passion au long cours. Ce serait donc un film très français, un territoire que l’on connaît par cœur : celui du récit d’apprentissage et des émois sentimentaux. Mais La Vie d’Adèle, tout en suivant pas à pas ce programme, le déborde sans cesse et nous fait redécouvrir un genre comme si jamais on ne s’y était aventuré auparavant. Par quelle magie Abdellatif Kechiche y parvient-il ? D’abord grâce à une vertu qui, depuis trois films, est devenue cardinale dans son cinéma : la patience. Patience nécessaire pour voir surgir une vérité à l’écran, faire oublier que l’on regarde de la fiction et se sentir de plain-pied avec des personnages qui n’en sont plus à nos yeux. Cassavetes, Pialat, Stévenin y sont parvenus avant lui, mais Kechiche semble vouloir les dépasser en cherchant des espaces figuratifs que ceux-là n’ont pas osés — par pudeur ou par

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Les Chevaux de Dieu

ECRANS | De Nabil Ayouch (Maroc-Fr-Bel, 1h55) avec Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid, Hamza Souideq...

Jerôme Dittmar | Lundi 18 février 2013

Les Chevaux de Dieu

Il y a un an sortait La Désintégration, récit distancié sur l'embrigadement des jeunes de banlieue dans le terrorisme. Là où le film de Philippe Faucon était aride, quasi factuel, Les Chevaux de Dieu s'impose comme son pendant lyrique. Partant peu ou prou du même sujet dans un autre contexte : comment des jeunes d'un bidonville de Casablanca rejoignent des radicaux islamistes pour devenir des martyrs, Nabil Ayouch dresse un constat similaire. À l'origine des dérives, il y a toujours des raisons sociales, de la frustration, mais aussi des histoires de famille, de frère, d'amis, un tissu large à la fois complexe et au matérialisme banalement universel. Toute la différence entre les films tient au traitement, ample chez Ayouch, presque scorsesien, l'auteur laissant virevolter sa caméra au-dessus du bidonville dans des plans stylés. Dommage seulement que cette ambition formelle aux airs de Cité de Dieu ne serve au final qu'à suivre un récit aux conclusions trop balisées. Jérôme Dittmar

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Wadjda

ECRANS | Vu d'ici, Wadjda est une pré-ado comme les autres. Converse aux pieds, elle écoute du rock anglo-saxon et cultive son esprit rebelle. Un peu garçon manqué, (...)

Jerôme Dittmar | Mardi 5 février 2013

Wadjda

Vu d'ici, Wadjda est une pré-ado comme les autres. Converse aux pieds, elle écoute du rock anglo-saxon et cultive son esprit rebelle. Un peu garçon manqué, elle rêve d'un vélo pour faire la course avec son meilleur copain. Seul hic, elle habite Riyadh, et la question est intraitable, pas de bicyclette pour les fillettes. Pour se payer l'objet du désir, elle entreprend alors de gagner le concours de la meilleure élève coranique de son école. Premier film saoudien tourné au Royaume, Wadjda a non seulement le culot d'être dirigé par une femme et d'affirmer son féminisme sur une terre dont on connait, un peu, les traditions, mais en plus d'être une réussite. L'effort aurait pourtant pu finir en film du mois du magazine Elle. Heureusement la finesse du regard fait ici la différence. Naviguant sur un triple récit à la fois familial, individuel et collectif, Wadjda livre un portrait de société clairvoyant. En nuances et sensibilité, Haifaa al-Mansour ouvre les portes de la famille bigame, montrant la vie quotidienne entre mère et fille ; les règles parfois absurdes auxquelles elles doivent se soumettre ; ou comment on gagne son indépendance par l'intel

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