Pas de Foreztival en 2017

Nicolas Bros | Mardi 6 décembre 2016

Photo : Le groupe Deluxe faisait partie de la programmation du Foreztival édition 2016 © Boby


La (mauvaise) nouvelle est tombée ce matin par communiqué. Le Foreztival, festival de musiques actuelles se déroulant depuis 2005 au mois d'août à Trelins (à proximité de Boën-sur-Lignon) et réunissant plus de 20 000 spectateurs, ne connaîtra pas de 13e édition en 2017. Invoquant entres autres raisons des bilans compliqués lors des dernières éditions et « des problématiques financières (hausse de cachets des artistes, hausse des frais imposés de sécurité, baisse ou absence de financements publics) », l'équipe du festival a décidé de faire une pause. Expliquant également avoir « toujours souhaité participer au développement local et avoir jusqu'à présent toujours honoré leurs dus », les organisateurs assurent conserver une grande motivation et vouloir « se consolider et travailler sereinement sur l'avenir et un modèle économique stable ». Tout cela devrait passer par des propositions d'événements ponctuels en 2017, avant de se pencher sur une nouvelle édition du festival en 2018, qui se déroulera bien entendu toujours à Trelins.

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Le Tour du Forez jette l'éponge

ACTUS | C'est une immense déception. Alors que le festival Le Tour du Forez affichait il y a seulement quelques jours de très beaux résultats de fréquentation à (...)

Nicolas Bros | Jeudi 15 juillet 2021

Le Tour du Forez jette l'éponge

C'est une immense déception. Alors que le festival Le Tour du Forez affichait il y a seulement quelques jours de très beaux résultats de fréquentation à mi-parcours, le voilà contraint de stopper l'aventure. « Suite aux annonces d'Emmanuel Macron du lundi 12 juillet, nous sommes démunis, atterrés, épuisés, écœurés... explique par communiqué l'association FZL, organisatrice de l'événement. Ce lundi 12 juillet, on nous laisse 9 jours pour modifier toute la philosophie d'un projet que nous avons construit depuis 9 mois. On nous laisse 9 jours pour réussir l'impossible. Comment pouvons-nous imaginer qu'en 9 jours nous puissions réunir la force humaine, financière et logistique pour la mise en œuvre de ces conditions inadaptées et incohérentes... » L'équipe rappelle également que le festival est porté notamment grâce à un investissement en fonds propres de l'association à

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5 400 spectateurs à mi-parcours pour Le Tour du Forez

SCENES | L'équipe du Foreztival est ravie et pour cause. L'association est en passe de réussir son pari : faire du Tour du Forez un événement réussi avec ses 87 dates (...)

Nicolas Bros | Jeudi 8 juillet 2021

5 400 spectateurs à mi-parcours pour Le Tour du Forez

L'équipe du Foreztival est ravie et pour cause. L'association est en passe de réussir son pari : faire du Tour du Forez un événement réussi avec ses 87 dates dans les 87 communes de Loire Forez Agglomération. Avec, à mi-parcours, 5 400 spectateurs accueillis sur 48 événements, la machine est bien engagée. Pour les retardataires, il reste encore des spectacles afin de participer à la fête, qui tiennent à le rappeller les membres de l'association FZL, « n'est pas seulement le projet de l'association mais celui de tout un territoire. » Le Tour du Forez, jusqu'au 8 août, dans les 87 communes de Loire Forez agglomération. Plus d'infos et programmation complète sur

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87 fois plutôt qu’une

Festival ambulant | Pas de Foreztival en 2021, mais une virée dans chaque commune de Loire Forez agglomération ! Ça s’appelle Le Tour du Forez et c’est un projet unique avec 87 propositions culturelles gratuites, initié par l’équipe du fameux festival d’été de Trelins. On vous explique.

Nicolas Bros | Mercredi 9 juin 2021

87 fois plutôt qu’une

Après avoir dû annuler le Foreztival en 2020, puis avoir pris les devants en annonçant dès décembre 2020 que l’édition 2021 n’aurait pas lieu, les organisateurs du plus gros festival ligérien ne resteront pas pour autant dans l’ombre cet été. Bien au contraire, puisqu’ils se sont lancés dans un pari un peu fou, à l’instar de ce qu’a pu être le projet initial du Foreztival transformé depuis en véritable réussite locale. Cette année, l’équipe a décidé d’aller animer les 87 communes que compte Loire Forez agglomération en organisant pas moins de 87 événements du 2 juin au 8 août. « Nous sommes très attachés à notre territoire, annonce Laure Pardon, directrice de l’association FZL, organisatrice du Foreztival. Nous avons donc réfléchi à un projet afin d’amener les habitants à mieux connaître les communes de Loire Forez. » Mettant en avant la culture sous toutes ses formes, ce projet intitulé Le Tour du Forez proposera des concerts, des spectacles, des apéro-mix, des expos, des ateliers artistiques mais aussi des expériences plus ins

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Le Foreztival 2021 annulé

Mauvaise nouvelle | Le festival ligérien ne se tiendra pas en 2021. Une décision annoncée aujourd'hui par l'équipe organisatrice du festival.

Nicolas Bros | Lundi 14 décembre 2020

Le Foreztival 2021 annulé

« Nous préférons ne pas organiser le Foreztival en 2021 et être présents les 10 prochaines années. » Le message est clair et limpide. Pour préserver l'existence du plus grand festival musical ligérien qui se déroule chaque été du côté de Trelins, dans le Forez, l'équipe organisatrice du Foreztival a tranché. « Nous aurions pu organiser le festival comme nous le faisons depuis plus de 15 ans en espérant un retour à la normale. Nous espérons tous que nous pourrons avoir un été festif et retrouver nos libertés, cependant nous ne pouvons pas parier l’avenir de notre association sur cette possibilité au vu du contexte actuel. » Rappelant que l'association FZL, derrière cet événement, compte 7 salariés, et s'appuie sur 50 bénévoles à l'année et plus de 600 pendant le week-end de tenue du festival, il semblait plus raisonnable de ne pas trop s'avancer pour l'édition 2021. « En tant que festival indépendant, autofinancé à 95% nous ne pouvons pas nous permettre de jouer l’avenir de notre structure sur un coup de poker. » L'équipe explique également avoir pensé « proposer un Foreztival adapté (jauge réduite, masques, restructuration du site pour le respect d

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Le Foreztival annulé et reporté à son tour

Covid-19 | Voilà, ça y est, c'est officiel : la 16ème édition qui devait se tenir les 7, 8, 9 août 2020 se tiendra les 6, 7 et 8 août 2021. Par communiqué de presse, (...)

Nicolas Bros | Mardi 28 avril 2020

Le Foreztival annulé et reporté à son tour

Voilà, ça y est, c'est officiel : la 16ème édition qui devait se tenir les 7, 8, 9 août 2020 se tiendra les 6, 7 et 8 août 2021. Par communiqué de presse, l'équipe d'organisation explique qu' « en concertation avec les autorités locales et la préfecture, c'est avec le cœur immensément lourd que nous vous annonçons que le Foreztival n'aura pas lieu cette année. Nous sommes évidemment déçus. Cette édition, comme les 15 précédentes, a été construite avec passion pour que vivent la culture, la musique, la découverte et le partage sur notre territoire. » Rappelons que le Foreztival correspond au festival ligérien accueillant le plus de spectateurs chaque année. En 2019, ce sont 35 000 festivaliers qui s'étaient pressés à Trelins, dans le Forez.

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Foreztival, l'avalanche de noms continue

Festival | En plus d'avoir une des programmations les plus alléchantes des festivals de la Loire, l'équipe du Foreztival est joueuse et sait s'amuser avec les (...)

Nicolas Bros | Mercredi 26 février 2020

Foreztival, l'avalanche de noms continue

En plus d'avoir une des programmations les plus alléchantes des festivals de la Loire, l'équipe du Foreztival est joueuse et sait s'amuser avec les différents canaux de communication à sa disposition. La preuve avec la dernière "distillation" de sept nouveaux noms de l'édition 2020 exclusivement sur son compte... Instagram. Après avoir annoncé les présences d'IAM, Tryo, Skip The Use, Emir Kusturica ou encore Flavia Coelho et Meute, le festival de Trelins continue d'envoyer du lourd. Ce coup-ci, c'est « ce gennnnre...» de rappeur aka Lorenzo, l'électro déjantée de Vladimir Cauchemar, Mayra Andrade, l'Angolaise Pongo, le retour du duo ligérien The Architect et son Vj Befour, le ska de Dubozia Kolektiv et le reggae de Sara Lugo qui garnissent la programmation de ce festival qui confirme qu'il devient un véritable rendez-vous estival d'envergure ! Foreztival, du 7 au 9 août 202

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De nouveaux noms pour le Foreztival 2020

Festival | Par un post sur ses réseaux sociaux, le Foreztival poursuit ses annonces de programmation pour son édition 2020 (7, 8 et 9 août 2020). Après Tryo, Emir (...)

Nicolas Bros | Lundi 10 février 2020

De nouveaux noms pour le Foreztival 2020

Par un post sur ses réseaux sociaux, le Foreztival poursuit ses annonces de programmation pour son édition 2020 (7, 8 et 9 août 2020). Après Tryo, Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, Meute ou Skip The Use, ce sont six noms supplémentaires qui viennent d'être annoncés. Tout d'abord, le retour au festival du groupe de rap marseillais IAM qui marque les esprits. La formation était déjà venue en 2014 au Foreztival pour marquer les 10 ans de l'événement de Trelins. Le Jamaïcain Clinton Fearon, Flavia Coelho, Vandal, Danitsa et Dawa HiFi viennent compléter cette annonce. Foreztival, du 7 au 9 août à Trelins. Plus d'infos sur cette page.

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Les premiers noms du Foreztival 2020

Festival | 16e édition pour le Foreztival de Trelins qui se déroulera du 7 au 9 août 2020. À 200 jours de l'ouverture du festival, l'équipe a lâché sur son compte Facebook (...)

Nicolas Bros | Mardi 21 janvier 2020

Les premiers noms du Foreztival 2020

16e édition pour le Foreztival de Trelins qui se déroulera du 7 au 9 août 2020. À 200 jours de l'ouverture du festival, l'équipe a lâché sur son compte Facebook les cinq premiers noms de la programmation. Cette année, comme à l'accoutumée désormais, le festival forézien continue à voguer dans la cour des grands avec la venue d'Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, Meute la fanfare techno allemande que tout le monde s'arrache, la venue exclusive d'Hugo TSR (du TSR Crew) qui se fait rare en festival, le rock enlevé de Skip The Use et les indéboulonnables Tryo. Cinq premiers groupes et artistes qui annoncent la couleur... Foreztival #16, du 7 au 9 août à Trelins Plus d'infos et billetterie sur ce site

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Tiken Jah de retour à Sainté

Reggae | Vous l'avez loupé cet été pour son retour au Foreztival ? Pas de panique, Tiken Jah Fakoly sera de retour dans la région, à Saint-Étienne, pour réchauffer le début (...)

Nicolas Bros | Mardi 20 août 2019

Tiken Jah de retour à Sainté

Vous l'avez loupé cet été pour son retour au Foreztival ? Pas de panique, Tiken Jah Fakoly sera de retour dans la région, à Saint-Étienne, pour réchauffer le début du mois de décembre. Ce sera du côté du Fil, le jeudi 5 décembre que le chanteur africain viendra éveiller les consciences autour de l'inaction écologique avec son nouvel album, Le monde est chaud, qui replace le débat autour de l'urgence climatique. Tiken Jah Fakoly, jeudi 5 décembre au Fil

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Trelins s'envole

Foreztival | Trelins, petit village du Forez, accueille chaque été l'un des plus grands festivals régionaux de l'été. Son nom ? Le Foreztival. Pour sa (déjà) 15e édition, le rassemblement enchaîne les noms alléchants dans tout ce qui se fait de mieux actuellement en rap, rock, reggae, sono mondiale... Courte et cornélienne sélection. Nicolas Bros et Niko Rodamel

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Trelins s'envole

Tropique au compteur Au fil de ses pérégrinations (dont une longue pause de huit années à Cali), le trompettiste-producteur Etienne Sevet enchaîne les carnets de voyages sonores, pour lesquels il s'entoure à chaque fois de précieux musiciens et chanteurs. Les deux derniers albums du groupe (Satingarona pt. 1 et Satingarona pt. 2) tissent un suave mix afro-caribéen, baladant l'auditeur des déserts ouest-africains à la mangrove colombienne, en passant par les Antilles, Soweto, Port-au-Prince ou encore Douala. NR The Bongo Hop, vendredi 2 août à 20h35 Urgence climatique France-Afrique, pillage des richesses, oppression et corruption, les textes de Tiken Jah Fakoly n'épargnent personne. Prônant l'unité du peuple noir et défendant notamment l'idée d'Etats-Unis d'Afrique, il est devenu en vingt ans et une dizaine d'albums l'une des voix les plus influentes de son continent. Le reggae engagé de Tiken tente d'éveiller les consciences et son tout nouvel album, Le monde est chaud

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JoeyStarr & Cut Killer en clôture du Foreztival 2019

Festival | La programmation complète du 15e Foreztival a (enfin) été dévoilée avec plus d'une quarantaine d'artistes présents cette année du 2 au 4 août à Trelins. Après avoir (...)

Nicolas Bros | Dimanche 28 avril 2019

JoeyStarr & Cut Killer en clôture du Foreztival 2019

La programmation complète du 15e Foreztival a (enfin) été dévoilée avec plus d'une quarantaine d'artistes présents cette année du 2 au 4 août à Trelins. Après avoir déjà annoncé du très lourd avec, pêle-mêle, VALD, Thérapie Taxi, Goran Bregovic, Feu ! Chatterton ou bien Tiken Jah Fakoly, pour ne citer qu'eux, le plus gros festival forézien vient de lâcher ses derniers noms. Parmi ceux-ci on retrouve notamment le "Jaguarr" JoeyStarr et son acolyte Cut Killer en format sound system pour la clôture du festival, le dimanche soir. Une venue qui risque de marquer l'histoire du petit village de Trelins qui, chaque année, met la barre de plus en plus haut... Autres artistes annoncés lors de cette dernière salve : Tha Trickaz, Throes + The Shine, le rap sud-africain de Yugen Blackrok ou encore le groupe de reggae local Naksookhaw. Avec pour objectif d'attirer comme lors de l'année 2018, plus de 30 000 spectateurs, le Foreztival entend bien poursuivre sur sa lancée. Foreztival #15, du 2 au 4 août 2019 à Trelins Plus d'infos sur cette page

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Le Foreztival continue d'égrener les noms de son édition 2019

Festival | Et hop, l'équipe du Foreztival continue d'égréner les noms de sa prochaine édition qui se déroulera du 2 au 4 août 2019 du côté de Trelins, dans le (...)

Nicolas Bros | Vendredi 22 février 2019

Le Foreztival continue d'égrener les noms de son édition 2019

Et hop, l'équipe du Foreztival continue d'égréner les noms de sa prochaine édition qui se déroulera du 2 au 4 août 2019 du côté de Trelins, dans le Forez : après Calypso Rose, Taiwan MC ou encore Zoufris Maracas, Winston McAnuff et Fixi, c'est au tour de Tiken Jah Fakolyn, Demi Portion, Raggasonic, La fine Equipe en live, Nickodemus et Kumbia Boruka de rejoindre la liste. En résumé, le festival propose pour l'instant une belle ribambelle d'artistes : Vendredi 2 août : Vald + Raggasonic + L'Entourloop + La fine Equipe live + Al'Tarba x Senbeï + La P'tite fumée Samedi 3 août : Goran Bregovic + Tiken Jah Fakoly + Demi Portion + Thérapie Taxi + Taiwan MC + Zoufris Maracas Dimanche 4 août : Calypso Rose + Guts + Ska-P + Nickodemus + Winston McAnuff & Fixi + Kumbia Boruka Plus d'infos sur ce site.

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Bregovic, Guts et L'Entourloop au Foreztival 2019

Festival | C'est désormais un petit rituel, toutes les semaines de nouveaux noms du Foreztival sont droppés. Et pour le moment, rien à redire. Après Thérapie Taxi, Vald et (...)

Nicolas Bros | Vendredi 8 février 2019

Bregovic, Guts et L'Entourloop au Foreztival 2019

C'est désormais un petit rituel, toutes les semaines de nouveaux noms du Foreztival sont droppés. Et pour le moment, rien à redire. Après Thérapie Taxi, Vald et Ska-P, c'est au tour de L'Entourloop, Goran Bregovic et Guts de rejoindre le line-up du festival d'été de Trelins, dans le Forez. Rappelons que cette 15e édition du festival se déroulera les 2, 3 et 4 août 2019. Rappelons également que le festival met en place comme d'habitude différentes soirées warm-up. La prochaine se déroulera au Château du Rozier de Feurs le 26 avril avec la poésie urbaine de Chaton.

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Chauffe-toi les oreilles

Warm-Up Foreztival | Pour son 1er warm-up annonciateur de sa 15e édition les 2, 3 et 4 août 2019, l'équipe du Foreztival de Trelins invite du très bon au Fil ce 1er décembre, avec l'électro-punk de Salut C'est Cool, les très déjantés Biffty & DJ Weedim, la classe du beatmaker ProleteR ou encore la langoureuse électro-chantonnante de Myth Syzer.

Nicolas Bros | Jeudi 29 novembre 2018

Chauffe-toi les oreilles

Les années passent et le Foreztival fait de plus en plus figure de festival de tout premier plan au niveau national. Avec sa programmation aux petits oignons (Roméo Elvis, Matmatah, Caba & JeanJass, Chinese Man...), l'édition 2018 a fait battre les tympans et le coeur de 32 000 festivaliers, à Trelins, petit village forézien. Une belle histoire que ce festival monté par une bande de potes et qui va fêter en 2019 ses 15 ans d'existence. Déjà... Afin de faire patienter le public, notamment stéphanois, la team du festival remet le couvert dès ce début du mois de décembre avec un concert "warm-up" comme elle a désormais l'habitude d'en proposer en amont de l'été. Pour ce premier RDV post-festival 2018, la soirée s'annonce très chaude du côté du Fil avec un line-up qui regroupe un joli parterre allant du rap volontairement trash de Biffty & Dj Weedim, le swing hip-hop du Toulousain ProleteR, un Dj set du très "codé" Myth Syzer et l'électro DIY jouissante de

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Retour en force

Foreztival (Loire) | Le Foreztival revient en août 2018 après une année de pause. Proposant une programmation musclée, le festival ligérien le plus chaud de l'été est taillé comme les plus grands. Sélection de quatre bonnes raisons d'y faire un saut.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Retour en force

Ayo : joie communicative Si Ayo signifie "joie" en Yoruba, en voyant sur scène Joy Olasunmibo Ogunmakin, on comprend pourquoi ce surnom va si bien à cette chanteuse. Sourire aux lèvres, générosité sans pareille, Ayo est une artiste que l'on aime pour cet amour de la vie qu'elle partage si bien. On l'avait un peu perdue de vue jusqu'en 2017, année de la sortie de son nouvel album, simplement intitulé Ayọ. Si l'on doit avouer que cet opus ne nous a pas transcendé, on ne peut que se réjouir du retour sur scène de cette artiste si facile à apprécier. Préparez à recevoir de l'amour plein les oreilles. NB Le 3 août à Trelins Roméo Elvis : Bruxelles arrive Une voix rauque mais chantante, un rap mélodique posé sur les beats du producteur électro Le Motel, voilà la recette suave des deux derniers albums de Roméo Elvis, sobrement intitulés Morale et Morale 2. Rappeur éclectique, ce Bruxellois de 25 ans, fan de Jimi Hendrix, considère le rap comme de la «

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Ayo, The Limiñanas, Caballero & Jeanjass... au Foreztival 2018

Festival | Pour son retour, le Foreztival annonce du lourd. Après avoir égrené plusieurs noms de son line-up lors des derniers mois, l'équipe du festival vient de (...)

Nicolas Bros | Jeudi 17 mai 2018

Ayo, The Limiñanas, Caballero & Jeanjass... au Foreztival 2018

Pour son retour, le Foreztival annonce du lourd. Après avoir égrené plusieurs noms de son line-up lors des derniers mois, l'équipe du festival vient de dévoiler la programmation complète pour sa 14e édition, celle du retour de l'événement en grand. Et l'affiche proposée est loin d'être décevante. Parmi la multitude d'artistes, notons la présence de la chanteuse magique Ayo, des rappeurs belges délirants Caballero & Jeanjass, du Grupo Compay Segundo, du très bon garage catalan de The Limiñanas ou encore des locaux Terrenoire et

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La Route sauvage (Lean on Pete) : Sans pitié pour le cheval

ECRANS | Cavale épique d’un gamin s’étant piqué d’affection pour un canasson promis à la fin dévolue aux carnes hippiques, cette errance passant du hara qui rit au chaos corral est menée par le prometteur Charlie Plummer, Prix Marcello-Mastroianni du meilleur jeune espoir à la Mostra.

Vincent Raymond | Mercredi 25 avril 2018

La Route sauvage (Lean on Pete) : Sans pitié pour le cheval

Vivant seul avec un père instable, Charley, 15 ans, a su tôt se prendre en charge. À peine arrivé en Oregon, il découvre fasciné le monde hippique et est embauché par l’entraîneur grognon d'un vieux pur-sang, Lean on Pete. Quand il apprend que l’animal est menacé, Charley fugue avec lui. Rebaptisés en débarquant en France, les films étrangers sont souvent gratifiés d’une dénomination outrepassant la pure traduction. Si la mode est aux franglaisicismes approximatifs — The Hangover (La gueule de bois) de Todd Philips se soigne en Very Bad Trip — autrefois, on aimait embrouiller les spectateurs : connu comme La Cinquième Victime, While The City Sleeps (1956) de Fritz Lang pouvait difficilement être traduit par Quand la ville dort, déjà attribué à Asphalt Jungle (1950) de John Huston ! Parfois, les deux titres coexistent. Et se succèdent comme pour témoigner d’une variété de focalisations ou d’inflexions soudaines à venir

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Le Foreztival allonge la liste

Festival | Après Keny Arkana, Panda Dub Circle live, Matmatah et Roméo Elvis le Foreztival continue d'égrener la programmation de sa nouvelle édition qui se (...)

Nicolas Bros | Mardi 20 mars 2018

Le Foreztival allonge la liste

Après Keny Arkana, Panda Dub Circle live, Matmatah et Roméo Elvis le Foreztival continue d'égrener la programmation de sa nouvelle édition qui se déroulera les 3, 4 et 5 août 2018 à Trelins dans le Forez. C'est donc au tour de Danakil, groupe incontournable de la scène reggae française, Chinese Man feat. Youthstar & ASM, les chantres du hip-hop anglais Foreign Beggars, le projet techno minimal Hungry 5 de Worakls, N'to & Joachim Pastor mais également aux Africains de BCUC (Bantu Continua Uhuru Consciousness) et Kog & The Zongo Brigade d'allonger la liste des artistes présents dans le Forez cet été. Foreztival #14, les 3, 4 et 5 août 2018 à Trelins

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"9 doigts" : Ossang n’a pas perdu la main

Film du mois de mars 2018 | L’épisodique F. J. Ossang est de retour avec un nouvel objet manufacturé aux saveurs intemporelles, empruntant sa cosmogonie au polar comme au fantastique, et sa linéarité à la courbe d’une spirale. Meilleure réalisation à Locarno, forcément.

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Une gare, la nuit. Magloire se soustrait à un contrôle de police et court. Sa fuite le mène à un homme agonisant sur une plage, qui lui remet une liasse de billets. Un cadeau empoisonné lui valant d’être traqué par Kurtz et sa bande. Capturé, Magloire va être coopté par ces truands… 9 doigts raconte un peu mais invoque, évoque, provoque. Beaucoup de voix au service d’un film noir à la Aldrich que viendra insidieusement “polluer” une inclusion de radioactivité. Également d'une histoire de survivance paradoxale : celle d’un héros malgré lui, dépositaire d’un trésor qui n’est pas le sien, embarqué dans un rafiot vide au milieu d’escrocs rêvant d’un gros coup, échouant tous à le concrétiser. Une métaphore du cinéma, où pour durer il vaudrait mieux voyager léger, à l’écart des apprentis-sorciers, quitte à se retrouver isolé. Mais libre d’agir à sa guise, de créer un monde non orthodoxe, à gros grain et son saturé, avec des fermetures à l’iris, des ruptures de ton, des ellipses… Ossang ne saurait mentir Fidèle à sa ligne

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Roméo Elvis & Matmatah au Foreztival 2018

MUSIQUES | Après Panda Dub Circle live et Kény Arkana, les noms de la programmation du Foreztival 2018 se dévoilent peu à peu. Le rappeur belge Roméo Elvis et les rockeurs (...)

Nicolas Bros | Vendredi 16 février 2018

Roméo Elvis & Matmatah au Foreztival 2018

Après Panda Dub Circle live et Kény Arkana, les noms de la programmation du Foreztival 2018 se dévoilent peu à peu. Le rappeur belge Roméo Elvis et les rockeurs bretons de Matmatah viennent s'ajouter au line-up de cette 14e édition du festival d'été forézien. De plus, l'organisation vient également de dévoiler l'affiche officielle du festival réalisée par le duo de "Papiers Peintres" stéphanois : Ella & Pitr. À découvrir sur la page Facebook du festival. Des pass 3 jours au tarif "early" ont aussi été mis en vente sur cette page. Foreztival #14, du 3 au 5 août 2018 à Trelins (Loire)

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"Jusqu’à la garde" : entre la mère et le pire de famille

Film du mois | Drame familial anxiogène, au réalisme brut et à l’interprétation terrifiante de vérisme, le premier long métrage de Xavier Legrand offre à Denis Ménochet un rôle de monstre ordinaire le faisant voisiner avec le Nicholson de Shining au rayon des pères perturbés.

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

L’an dernier, il fallait en remontrer au jury de la Mostra pour se distinguer sur la Lagune : la sélection vénitienne était en effet aussi éclectique qu’éclatante, comptant notamment Three Billboards…, Mother!, The Shape of Water, Downsizing et L’Insulte. Face à une telle concurrence, qui aurait misé sur le premier long métrage de Xavier Legrand ? Qui aurait imaginé qu’il figurerait doublement au palmarès, meilleur réalisateur et meilleur premier film ? Au moins le public de son court métrage Avant que de tout perdre, prologue de ce film raisonnant aussi fort qu’un uppercut. Jusqu’à la garde s’ouvre dans l’intranquillité d’une audience de séparation entre les époux Besson. Elle, frêle, craintive mais décidée de s’éloigner de lui, massif, menaçant au regard lourd. Entre eux, la garde de leurs enfants. Une fille bientôt majeure et un fils, revendiqué par chacun… Legrand, comme son nom l’indique Xavier Legrand réussit à prolonger (et non adap

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"Hannah" : Seule avec le silence

ECRANS | de Andrea Pallaoro (Fr.-Bel.-It., 1h35) avec Charlotte Rampling, André Wilms, Jean-Michel Balthazar…

Vincent Raymond | Lundi 29 janvier 2018

L’histoire d’Hannah n’a que peu à voir avec celle de 45 ans sorti l’an dernier ; et la forme des deux films diffère. Pourtant, les deux semblent indissolublement liés par la présence de leur interprète féminine commune, Charlotte Rampling. Comme si la comédienne s’appliquait à réunir, dans sa maturité, une galerie de portraits de femmes éprouvées portant haut leur dignité. Des portraits tels quels avait pu esquisser chez Ozon, où elle offre sans fard la dignité de son délitement et qui lui valent aujourd’hui une razzia de prix : après l’Ours d’argent, elle a ici conquis la Coupe Volpi à Venise. Hannah voit ses repères basculer lorsque son époux est incarcéré pour une histoire dont on comprend peu à peu la sombre nature. Mais cette femme droite tente de faire bonne figure, et de ne rien laisser paraître aux yeux du monde… Peu de dialogue et un minimum d’action marquent cette œuvre d’ambiance “statique” — de photographe, pourrait-on dire, tant soignée est la composition visuelle avec ses pénombres et ses camaïeux de gris. De quoi

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"In the Fade" : Soudain, le vide

Drame | de Fatih Akın (All.-Fr., avec avertissement, 1h46) avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar…

Vincent Raymond | Jeudi 11 janvier 2018

Allemagne, de nos jours. Katja a épousé Nuri, un commerçant d’origine turque, jadis petit délinquant mais rangé des voitures depuis qu’ils ont eu leur fils Rocco. Leur bonheur familial est brusquement réduit à néant quand un attentat perpétré par des nazis tue Nuri et Rocco… Depuis Head On (2004), on sait qu’il faut compter avec Fatih Akin sur les épaules de qui pèsent la plupart des espoirs placés dans le renouveau du cinéma allemand, après le malheureux feu paille Florian Henckel von Donnersmark. Avec ce film complexe à l’indiscutable maîtrise (successivement une tragédie, un film de procès et un revenge movie), Akin embrasse sans barguigner la somme des réalités contemporaines d’outre-Rhin — notamment la résurgence d’activistes nazis décomplexés. Il signe en sus un bouleversant portrait de femme dans toutes les acceptions organiques du terme, offrant à Diane Kruger son premier réel grand rôle dans sa langue maternelle. Le fort signifiant politique de ce retour aux sources artistique — dûment distingué à Cannes — lui confère une étiquette de c

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"Vers la lumière" : Paroles, paroles

ECRANS | Dans la queue de la comète des films de Cannes 2017 (avec In the Fade de Fatih Akin, la semaine prochaine), ce conte de Naomi Kawase est un objet (...)

Vincent Raymond | Mercredi 10 janvier 2018

Dans la queue de la comète des films de Cannes 2017 (avec In the Fade de Fatih Akin, la semaine prochaine), ce conte de Naomi Kawase est un objet discret, où elle explore une fois encore la question de la perte et de la résilience. On y suit la rencontre entre Misako, audio-descriptrice pour le cinéma et Masaya, photographe rogue ayant perdu la vue, à l’occasion de projections tests d’un film. Deux êtres malheureux, en quête d’absolu et d’épure, dont les solitudes, peu à peu, finiront par s’accorder… Kawase perd en maniérisme ce qu’elle gagne en sentimentalité. Qu’importe l’origine de cet assouplissement de l’âme, puisqu’il bénéficie au public. Au-delà de la bluette amoureuse, ce film s’expose à un terrible paradoxe, puisqu’il a recours à de splendides compositions et lumières pour évoquer la compensation de la cécité par la parole. Par ailleurs, il se révèle particulièrement bavard, ce qui risque de limiter la possibilité de lui offrir une audio-description efficace. Vers la lumière s’adresse donc peu à ceux dont il parle,

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Le Foreztival 2018 dévoile ses premiers noms

Festival | Il est de retour en 2018. Le Foreztival vient de lâcher deux premiers noms de sa 14ème édition qui aura lieu les 3, 4 et 5 août 2018 à Trelins, dans le Forez. (...)

Nicolas Bros | Lundi 18 décembre 2017

Le Foreztival 2018 dévoile ses premiers noms

Il est de retour en 2018. Le Foreztival vient de lâcher deux premiers noms de sa 14ème édition qui aura lieu les 3, 4 et 5 août 2018 à Trelins, dans le Forez. Tout d'abord Panda Dub proposera son nouveau show Circle Live le vendredi 3 août. Le samedi 4, l'une des artistes les plus engagées du rap français prendra le micro dans le Forez : Keny Arkana. Plus d'infos et premiers pass en vente sur cette page.

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"La Villa" : Une calanque en hiver

ECRANS | Page arrachée à son journal intime collectif, le nouveau Robert Guédiguian capte les ultimes soubresauts de jeunesse de ses alter ego, chronique le monde tel qu’il est et croit encore à la poésie et à la fraternité, le tout du haut d’un balcon sur la Méditerranée. De l’utopie vraie.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Depuis un drame intime, Angèle n’était jamais revenue voir son père ni ses frères. Après l’AVC du patriarche, elle redescend pourtant un jour d’hiver dans la calanque familiale. Histoire de régler le présent, solder le passé et peut-être se reconstruire un futur. « J’ai l’impression de faire une espèce de feuilleton depuis trente ans. Sans personnage récurrent, mais avec des acteurs récurrents. Et je joue avec cette ambiguïté. » La confidence de Robert Guédiguian prend d’autant plus de sens ici où le cinéaste convoque un extrait de son film Ki Lo Sa (1985) pour illustrer un flash-back — procédé auquel il avait déjà eu recours dans La Ville est tranquille (2001), agrémenté d’un fragment de Dernier été (1981). « Je serais tenté de le faire souvent, mais ce serait une facilité. Là, par rapport au sujet, ça se prêtait bien », confirme le cinéaste. Bercée par la musique de Bob Dylan, cette réactivation d’une archive ensoleillée du lieu et des protagonistes confère à La Villa

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"La Lune de Jupiter" : On lévite ou on l’évite

ECRANS | de Kornél Mundruczó (Hon.-All., 2h03) avec Merab Ninidze, Zsombor Jéger, György Cserhalmi…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

La Hongrie, aux portes de l’Europe. Un migrant abattu alors qu’il franchissait la frontière développe un étrange pouvoir de lévitation qu’un médecin véreux et au bout du rouleau va tenter d’exploiter à son profit. Seulement, le “miraculé” suscite d’autres appétits… Comme Lanthimos, Mundruczó se veut moraliste ou prophète 2.0 : il malaxe de vieilles lunes, les amalgame à de l’actualité sensible sérieuse et les nappe de fantastique pour leur donner une aura métaphorique (et capter les amateurs de genre). Sauf que ça sonne creux. On sent le réalisateur sent bien fier de son effet ascensionnel/sensationnel — un Quickening façon transe lente, plutôt réussi la première fois ! L’ennui est qu’il ne manque pas une occasion de le resservir, chaque occurrence le vidant davantage de son caractère exceptionnel. Le soin minutieux apporté à cet effet, à une course-poursuite en voiture ou à tout ce qui a trait à la question technique, tranche violemment avec son apparent désinvestissement pour ce qui concerne le jeu — acteurs mal post-synchronisés, guère plus considérés que du matériel de tourna

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"Corps et Âme" : Cerf moi fort

ECRANS | Improbable comme la rencontre entre un homme au bras handicapé et une femme légèrement autiste dans un abattoir hongrois, cette romance nimbée d’onirique pleine de vie dans un lieu de mort touche au cœur par sa subtile poésie. Ours d’Or à la Berlinale 2017.

Vincent Raymond | Mercredi 25 octobre 2017

Contrôleuse qualité récemment arrivée dans l’abattoir que dirige Endre, Mária se distingue par sa distance impassible et sa froideur mécanique. Découvrant par hasard qu’ils effectuent chaque nuit le même rêve, ils tentent de se rapprocher l’un de l’autre les jours suivants. À pas feutrés… À mille lieues du cynisme dont l’époque se pourlèche, deux des plus grands festivals cinématographiques de la planète ont accordé cette année leur distinction suprême à des œuvres présentant une étrange gémellité, ainsi qu’une formidable audace : elles proposaient une authentique romance ; une histoire d’amour pure et simple entre deux être marginalisés par le reste du monde. Ainsi le Lion vénitien a-t-il rugi pour La Forme de l’eau de Guillermo del Toro — patience : il ne sera sur les écrans qu’en février —, et l’Ours berlinois hurlé pour cet apprivoisement délicat, cette union de deux solitudes glacées célébrée par une cinéaste aussi rare que résolue dans ses choix. De l’amour Car tourner une histoire sentimentale sans dérision g

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"Carré 35" : La vérité sur Christine

ECRANS | de et avec Éric Caravaca (Fr., 1h07) Documentaire

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Adulte, Éric Caravaca a découvert l’existence d’une sœur aînée, morte enfant, dont ses parents lui avaient caché l’existence. Intrigué par ce silence et surtout le secret entourant l’absente, le comédien part en quête de son histoire. Et d’une trace : aucune photo d’elle n’a été conservée… De sa blessure intime toute fraîche (bien qu’ancienne) Caravaca aurait pu faire l’exhibition obscène en fouillant les douleurs et les non-dits familiaux. C’est tout le contraire qu’il obtient dans ce documentaire miraculeux porté par la douceur de sa voix, où l’on perçoit son désir sincère d’offrir une postérité légitime à celle qu’on avait voulu oblitérer. Déjouant les mensonges pudiques ou honteux, les oublis et les refoulés, Caravaca recoupe les témoignages, élucide un à un les mystères : Christine était née “différente”, les circonstances de son décès particulières, tout comme le contexte algérien en ce début des années soixante. Peu à peu se dessinent au milieu de ces vérités exhumées deux portraits entremêlés : celui d’une époque, et le visage de cette sœur inconnue dont ce film devient l

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Jeune Femme : Sans toit, ni loi, mais avec un chat

ECRANS | de Léonor Serraille (Fr.-Bel., 1h37) avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye…

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Jeune Femme : Sans toit, ni loi, mais avec un chat

Paula vivait avec Joachim, un photographe, mais là c’est fini. Alors elle est à la rue, avec son chat et ses pauv’ affaires. Elle tente de se débrouiller en squattant ici ou là, accumulant solutions transitoires et abris de fortune. C’est drôlement chaud, parce que dehors, il fait sacrément froid… Léonor Serraille a eu une chance inouïe que son film concoure à la Caméra d’Or l’année où son jury se trouve présidé par Sandrine Kiberlain. Celle-ci ne pouvait qu’être sensible au charme décousu de sa réalisation, comme au parcours cabossé de son personnage, évoquant fantomatiquement ces silhouettes errantes que la comédienne endossait dans les premiers longs métrages de Lætitia Masson. Mais ce côté “truc d’il y a vingt ans” (voire de soixante, si l’on se réfère au Signe du Lion de Rohmer), c’est un peu le problème global de ce journal aigre-doux de la déchéance de Paula. Enchaînement un peu monotone d’épisodes, vaguement drolatique et social par fulgurances, Jeune Femme est sauvé par la grâce de quelques seconds rôles attachants (la gamine dont Paula “s’occupe”, Yuki sa fausse amie d’en

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"Mise à mort du cerf sacré" : Brame et Châtiment

ECRANS | de Yórgos Lánthimos (Gr.-G.-B., 2h01, int.-12 ans avec avert.) avec Nicole Kidman, Colin Farrell, Barry Keoghan…

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Steven forme avec Anne un couple huppé de médecins, parents de deux enfants éclatants de bonheur et de santé. Jusqu’à ce que Martin, un ado orphelin de père dont Steven s’est bizarrement entiché, ne vienne jeter l’anathème sur leur vie en imposant un odieux chantage… Cannes 2017, ou l’édition des épigones : pendant que Östlund lorgnait du côté de Haneke avec The Square, Lánthimos jetait d’obliques regards en direction de Lars von Trier avec cette tragédie talionnesque et grandiloquente, où un pécheur — en l’occurrence un médecin coupable d’avoir tué un patient par négligence — se voit condamné à subir une punition à la mesure de sa faute. Mais quand Lars von Trier cherche à soumettre ses personnages à une épreuve, son confrère semble davantage enclin à éprouver son public en usant de basse provocation. Lánthimos aime en effet donner dans le sacrificiel symbolique, ne rechignant pas au passage à un peu d’obscénité putassière : Martin se livre donc ici à une imprécation liminaire, annonçant l’agonie des enfants, afin qu’on “savoure” le plus longtemps possible leur mystéri

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"The Square" : Sans mobile apparent

ECRANS | de Ruben Östlund (Sue.-All.-Da.-Fr., 2h31) avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West…

Vincent Raymond | Jeudi 12 octobre 2017

Alors qu’il s’enorgueillit de présenter une exposition visant à tester l’humanisme des visiteurs et secouer les consciences, le directeur d’un musée d’art contemporain se livre à une série d’actes mesquins et pathétiques, révélateurs de son moi profond. La raison ? On lui a volé son portable… On savait depuis Snow Therapy (2015) que Ruben Östlund est du bois dont fait les moralistes, et le monde de l’art contemporain, parcouru de tartuffes de tous poils, propice à l’exploration de l’insondable vanité humaine ; la rencontre entre les deux pouvait (devait) nécessairement produire une “performance” remarquable. Remarquée, elle l’est certes (une Palme d’Or, fût-elle par défaut, ne se trouve pas sous le sabot griffu d’une statue équestre), mais se révèle par trop conforme à ce qu’on pouvait en attendre. The Square vitupère en effet de manière convenue les paradoxes et hypocrisies sociétaux à travers un milieu connu pour être caricatural ; il manque en outre d’homogénéité dans son approche : la satire oscille entre premier et second degrés : la comé

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3 jours de Fête et de lettres

Fête du livre 2017 | Trois journées bien remplies entre les dédicaces, les conférences-débats, la présence d'auteurs allemands, des master-class à l'université, les Mots en scène place (...)

Nicolas Bros | Lundi 9 octobre 2017

3 jours de Fête et de lettres

Trois journées bien remplies entre les dédicaces, les conférences-débats, la présence d'auteurs allemands, des master-class à l'université, les Mots en scène place Jean Jaurès qui ne désemplirent pas, une première des Mots en magie au Théâtre Métamorphosis, la place Dorian "végétale et gastronomique"... Bref, beaucoup d'animations et de rencontres pendant ce week-end. Avec plus de 270 auteurs présents pendant le week-end, la Fête du livre de Saint-Étienne cru 2017 a attiré la foule. L'organisation réussit depuis deux ans la prouesse de garder une grande quantité d'auteurs présents malgré les nouvelles conditions imposées par le Centre National du Livre (CNL). Ce dernier n'apporte son soutien seulement aux manifestations qui rémunèrent les auteurs invités à prendre la parole. De ce fait, le nombre de conférences a été diminué afin de rentrer "dans les clous". Désérable obtient le Grand Prix de la Ville de Saint-Étienne D'autre part, la Fête du livre est aussi l'occasion de découvrir de belles pépites de la (fameuse) rentrée littéraire. Cette année, parmi les 581 romans sortis pour cette période unique (dont 390 romans français), plusieurs auteurs é

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Encore en corps, mes très chairs !

ECRANS | Morte saison pour la nature, l’automne est au contraire celle d’une insolente éclosion de nouveautés dans les salles — avec le risque pour certaines de finir précocement au tapis. Une vigueur marquée par une étrange surreprésentation de corps exclus, usés ou en lambeaux…

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 1999

Encore en corps, mes très chairs !

On commence par le toujours aussi jovial Michael Haneke, convoquant dans Happy End (4 octobre) une pré-ado matricide et un grand-père traîne-la-patte désireux de se faire euthanasier pour éviter de choir dans le gâtisme, le tout au milieu d’une grande famille du Calaisis. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion. Hélas le film ressemble à du Haneke en kit : si les comédiens et thèmes moraux/dérangeants habituels sont là, manque un liant : la durée obstinée des plans. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichien, Happy End paraît superficiel et anecdotique. The Square de Ruben Östlund (18 octobre) a dû absorber la substance vitale hannekienne. Loin d’être d’une parfaite homogénéité ni une réussite indiscutable, la Palme d’Or 2017 (attribuée par défaut ?) recèle deux de ces séquences aptes à plonger le public dans une situation malaisante : les deux commencent par un sourire et s’achèven

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Encore en corps, mes très chairs !

Panorama ciné octobre | Morte saison pour la nature, l’automne est au contraire celle d’une insolente éclosion de nouveautés dans les salles — avec le risque pour certaines de finir précocement au tapis. Une vigueur marquée par une étrange surreprésentation de corps exclus, usés ou en lambeaux…

Vincent Raymond | Mardi 3 octobre 2017

Encore en corps, mes très chairs !

On commence par le toujours aussi jovial Michael Haneke, convoquant dans Happy End (4 octobre) une pré-ado matricide et un grand-père traîne-la-patte désireux de se faire euthanasier pour éviter de choir dans le gâtisme, le tout au milieu d’une grande famille du Calaisis. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion. Hélas le film ressemble à du Haneke en kit : si les comédiens et thèmes moraux/dérangeants habituels sont là, manque un liant : la durée obstinée des plans. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichien, Happy End paraît superficiel et anecdotique. The Square de Ruben Östlund (18 octobre) a dû absorber la substance vitale hannekienne. Loin d’être d’une parfaite homogénéité ni une réussite indiscutable, la Palme d’Or 2017 (attribuée par défaut ?) recèle deux de ces séquences aptes à plonger le public dans une situation malaisante : les deux commencent par un sourire et s’achèven

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Happy End : Point trop final

ECRANS | de Michael Haneke (Fr.-Aut.-All., 1h48) avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz…

Vincent Raymond | Mercredi 4 octobre 2017

Happy End : Point trop final

Après avoir causé la mort de sa mère dépressive par surdose d’anxiolytique, une pré-adolescente débarque chez son chirurgien de père, qui partage la demeure familiale calaisienne avec un patriarche réclamant l’euthanasie, une sœur entrepreneuse en plein tracas professionnels… Toujours aussi jovial, Michael Haneke convoque ici des figures et motifs bien connus pour une mise en pièce classique d’une caste déclinante, résonnant vaguement avec l’actualité grâce à l’irruption un tantinet artificielle de malheureux migrants. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion ; quant à Huppert, elle fronce le museau, écarquille les sourcils et incarne un bloc de béton congelé — quelle surprise ! Happy End ressemble hélas à du Haneke en kit : si tous les éléments habituels dérangeants sont là, manque un liant — comme la durée obstinée des plans, par exemple. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichie

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"Good Time" : Lose poursuite

ECRANS | de Ben & Joshua Safdie (E.-U.-Lux., 1h40) avec Robert Pattinson, Ben Safdie, Jennifer Jason Leigh…

Vincent Raymond | Jeudi 14 septembre 2017

Connie Nikas et son frère handicapé mental Nick braquent une banque. Dans la fuite, Nick est capturé. Alors Connie fait l’impossible au cours d’une nuit riche en rebondissements pour le libérer. Par les voies légales d’abord. Et puis les autres… Incroyable : Robert Pattinson peut afficher une gueule expressive et des nuances de jeu ! Merci aux frères Safdie pour cette révélation, ainsi que pour ce thriller nocturne haletant rappelant ces polars signés Hill, Carpenter, Scorsese et consorts qui éraflaient le New York crasseux des années soixante-dix. L’effet vintage et déréalisant se trouve conforté par la B.O. synthétique de Daniel Lopatin, alias Oneohtrix Point Never, ainsi que par le matraquage de visages hallucinés, cabossés, arrachés à la pénombre, systématiquement cadrés en gros — voire très gros — plan. Dans leur quête formelle, les Safdie n’empruntent pas le chemin de l’esthétique pure, à la différence de NWR. Et s’ils partagent sa soif d’urgence ou son aptitude à fabriquer des sensations organiques, ils le font sans recourir aux sempiternelles armes à feu. Encore

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Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Interview | Avant d’aller à Cannes à la Quinzaine de Réalisateurs, Carine Tardieu était passée aux Rencontres du Sud pour présenter son film tourné en Bretagne. Rencontre avec une voyageuse…

Vincent Raymond | Vendredi 8 septembre 2017

Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Vous abordez ici thème du secret de famille, très fécond au cinéma… CT : Au fur et à mesure de l’écriture de cette histoire, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de famille dans lesquelles il y avait des secrets — beaucoup autour de la paternité, car on sait qui est la mère d’un enfant. On en entend davantage parler depuis que les tests ADN existent. Des gens m’ont raconté leur histoire : certains ont eu envie de chercher leur père biologique, d’autres n’ont jamais voulu savoir… Paradoxalement, découvrir que son père n’est pas son père biologique permet à votre héros de mieux le connaître le premier… CT : Absolument. J’ai eu moi-même la sensation de rencontrer mon père assez tard, alors que mon père je le connais depuis toujours. Parfois, la rencontre se fait à un moment précis de la vie : quand on devient soi-même père ou mère, on se demande quel homme et quelle femme nos parents ont été. On projette des choses sur eux, qui sont juste une petite partie de leur réa

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Ôtez-moi d’un doute : Paire de pères et pères aperts

ECRANS | Un démineur breton se trouve confronté à de multiples “bombes” intimes, susceptibles de dynamiter (ou ressouder) sa famille déjà bien fragmentée. Autour de François Damiens, Carine Tardieu convoque une parentèle soufflante. Quinzaine des Réalisateurs 2017.

Vincent Raymond | Vendredi 8 septembre 2017

Ôtez-moi d’un doute : Paire de pères et pères aperts

Démineur de métier, Erwan a fort à faire dans sa vie privée : il vient d’apprendre que son père l’a adopté et que sa fille (qu’il a élevée seul) est enceinte. Alors qu’il enquête en cachette sur Joseph, son père biologique, Erwan rencontre Anna dont il s’éprend. Las ! C’est la fille de Joseph. Carine Tardieu a de la suite familiale dans les idées. Depuis ses débuts avec La Tête de Maman (2007) et Du vent dans mes mollets (2012), elle s’intéresse à cette sacro-sainte famille. Un microcosme à part, connu de chacun et cependant toujours singulier, ayant surtout la particularité d’être facilement chamboulé. Tant mieux pour qui veut raconter des histoires. Plateau de fruits de père(s) Pour Ôtez-moi d’un doute, la cinéaste conserve son approche favorite consistant à observer une petite tribu de l’intérieur et à hauteur d’enfant. L’enfant a ici quelque peu grandi, puisqu’il s’agit d’un — gigantesque — adulte, en situation de devenir grand-père de surcroît. Mais le scénario le replace justement dans la position d’un rejeto

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Hubert Charuel : « Une manière de dire au revoir à la ferme familiale »

LE RÉALISATEUR DE PETIT PAYSAN | Petit Paysan deviendra-t-il grand cinéaste ? C’est bien parti pour Hubert Charuel, qui signe un premier long métrage troublant. Entretien cartes sur étable.

Vincent Raymond | Jeudi 31 août 2017

Hubert Charuel : « Une manière de dire au revoir à la ferme familiale »

De quelle(s) épidémie(s) vous êtes-vous inspiré ? HC La maladie du film est fictive : elle présente plusieurs symptômes de maladies réelles, mais qui se soignent. J’ai grandi pendant la période de vaches folles et de fièvre aphteuse. On était dans cet esprit de paranoïa : l’angoisse de mes parents, de ma familles, des amis aux alentours était totale, personne ne comprenait ce qui se passait. Les vétérinaires ne savaient pas ce qu’était Creutzfeld-Jacob, n’avaient pas les résultats… Ça a vraiment choqué beaucoup de monde. Les abattages, c’est horrible : les gens arrivaient, on tuait tous les animaux, on creusait une fosse au milieu de la ferme, on brûlait les animaux sur place. Un traumatisme pour les éleveurs et les vétérinaires. Certains ne s’en sont pas remis de faire des abattages totaux à la chaîne. D’autres ne s’en pas remis financièrement. Quand on dit à l’éleveur qu’il va toucher des indemnités, c’est plus complexe que ça. Elles viennent parfois un an, deux ans après ou jamais. En attendant, il y a un crédit à rembourser, des emprunts pou

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"Petit Paysan" : De mal en pis

ECRANS | Un petit éleveur bovin tente de dissimuler l’épidémie qui a gagné son cheptel. Ce faisant, il s’enferre dans des combines et glisse peu à peu dans une autarcie paranoïaque et délirante. Une vacherie de bon premier film à voir d’une traite.

Vincent Raymond | Mardi 22 août 2017

Difficile d’être plus en phase avec l’actualité qu’Hubert Charuel. Au moment où l’on s’interroge sur la pérennité des aides à l’agriculture biologique, et où l’on peine à mesurer les premières conséquences du n-ième scandale agro-industriel, son film nous met le nez dans la bouse d’une réalité alternative : celle des petits paysans. Ceux qui n’ont pas encore succombé, rongés par l’ingratitude de leur métier et les marges arrières de la grande distribution, ni été aspirés par leurs voisins, gros propriétaires fonciers ou de fermes automatisées — on en voit ici. Sans foin ni loi Pierre est un petit paysan à la tête d’un domaine raisonnable — c’est-à-dire qu’il la gère tout seul, mais en lui consacrant tout son temps. Lorsqu'il détecte dans son troupeau des animaux malades d’une mystérieuse fièvre hémorragique, il redoute le pire : l’abattage de la totalité de ses bêtes. La dissimulation lui offre une illusion de répit, mais les conséquences ne font qu’aggraver le problème. Hubert Charuel signe un portrait “empathique” de ce prolétaire rural, a

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Lou et l’île aux sirènes : Plage musicale

ANIMATION JAPONAISE | de Masaaki Yuasa (Jap., 1h52) avec les voix de Shôta Shimoda, Kanon Tani, Akira Emoto…

Vincent Raymond | Jeudi 31 août 2017

Lou et l’île aux sirènes : Plage musicale

Ado taciturne vivant dans un village de pêcheurs, Kai aime se réfugier dans sa musique. Se laissant convaincre par deux amis de lycée, il forme avec eux un groupe qui séduit une incroyable fan : Lou, jeune sirène mélomane. Le groupe va tenter de la faire accepter par les villageois… Depuis Takahata et Miyazaki, on sait l’importance du commerce que les Japonais entretiennent avec la Nature, s’incarnant dans de multiples divinités protectrices et volontiers farceuses (voir Pompoko). Nouvel avatar de cette innocence joviale, Lou poursuit l’inscription de ce patrimoine traditionnel dans le monde moderne, luttant contre la voracité humaine pour y préserver leur place — il y aura au moins une morale à en retirer. Si le fond est connu, la forme innove. Au classique duo poétique/grotesque courant dans l’anime nippon, Masaaki Yuasa ajoute des éclats de ce néo-screwball héritier de Tex Avery qu’on rencontre dans Gumball ou Adventure Time pour quelques séquences débridées (ah, le frénétique générique !) ; mais aussi des moments plus abstraits, où le graph

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L’incompris

"Faute d’amour" | « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Deux parents obnubilés par leurs égoïstes bisbilles vont méditer sur Lamartine après que leur fils a disparu. Un (trop modeste) Prix du Jury à Cannes a salué ce film immense et implacable du puissant Zvyagintsev.

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

L’incompris

Moscou, de nos jours. Un couple se déchire dans la séparation, se querellant sur la vente de son appartement et se désintéressant du fruit de son union, Alyocha. Lorsque celui-ci disparaît subitement, ils prennent conscience de leur faute d’amour. Mais n’est-ce pas trop tard ? « Une bête, il faudrait être une bête pour ne pas être ému par la dernière scène de "Paris, Texas". » C’est par ces mots que Serge Daney débutait sa critique du film de Wim Wenders (1984) dans Libération, trahissant l’urgence de se délivrer (et de partager) l’absolue incandescence d’une séquence rejaillissant sur un film tout entier. Gageons que Daney aurait éprouvé un bouleversement jumeau devant Faute d’amour, et ce plan aussi admirable qu’atroce sur le visage défiguré par la douleur d’un garçon hurlant un cri muet, et dont le silence va résonner longtemps dans le crâne des spectateurs. Ce masque de désespoir flottant dans la pénombre, c’est l’effondrement en temps réel d’un enfant qui, témoin invisible d’une dispute entre ses parents, a compris qu’il était de trop.

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JLG, Portrait chinois

"Le Redoutable" | Une année à part dans la vie de Godard, quand les sentiments et la politique plongent un fer de lance de la Nouvelle Vague dans le vague à l’âme. Une évocation fidèle au personnage, à son style, à son esprit potache ou mesquin. Pas du cinéma juste ; juste du cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

JLG, Portrait chinois

1967. Au sommet de sa gloire, Jean-Luc n’est pas à une contradiction près : s’il provoque en public en professant des slogans marxistes ou égalitaristes, il aspire en privé à une union conformiste de petit-bourgeois jaloux avec la jeune Anne. Tiraillé entre son Mao et son Moi, le cinéaste passe de l’idéologie au hideux au logis. L’insuccès de La Chinoise ne va rien arranger… Toutes proportions gardées, la vision du Redoutable rappelle celle de AI (2001), cette étonnante symbiose entre les univers et manière de deux cinéastes (l’un inspirateur, l’autre réalisateur), où Spielberg n’était jamais étouffé par le spectre de Kubrick. L’enjeu est différent pour Hazanavicius, à qui il a fallu de la témérité pour se frotter à un Commandeur bien vivant — certes reclus et discret, mais toujours prompt à la sentence lapidaire ou la vacherie définitive. Hommage et dessert En savant théoricien-praticien de l’art du détournement, Hazanavicius a extrait du récit autobiographique d’Anne Wiazemsky Un an après une substance p

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Robin Campillo : « Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu »

120 BATTEMENTS PAR MINUTE | Auréolé du Grand Prix du Jury au Festival de Cannes, le scénariste et réalisateur de 120 battements par minute revient sur la genèse de ce film qui fouille dans sa mémoire de militant.

Vincent Raymond | Lundi 21 août 2017

Robin Campillo : « Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu »

Comment évite-t-on de tomber dans le piège du didactisme ? Robin Campillo : Ça fait longtemps que se pose pour moi le problème des scénarios qui prennent trop le spectateur par la main comme un enfant et qui expliquent absolument tout ce que vivent les personnages. La meilleure façon que j’aie trouvée, c’est de reprendre ce truc à Act Up Paris : il y avait un type qui fait l’accueil, qui expliquait très bien comment fonctionnait la prise de parole. Mais ensuite, quand on était dans le le groupe, on ne comprenait absolument plus rien à la manière dont fonctionnaient les gens : il y avait trop d’informations ! On s’apercevait que le sujet sida était éclaté en plein d’autre sujets, et on était perdus. J’ai donc voulu jeter le spectateur dans cette arène, comme dans une piscine pour qu’il apprenne à nager tout seul. Je voulais qu’il n’ait pas le temps de réagir à ce qui se produisait, aux discours ni aux actions, lui donner l’impression que les choses arrivaient sans qu’il ait le temps d’en prendre conscience. Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu, quand on ne sait pas ni où ni à quel moment on est. Et comme ce

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Le guide des festivals de l'été 2017

Festival | La saison des festivals est lancée ! Pour choisir où aller bronzer, écouter du bon son, sortir votre petit cousin ou étrenner vos nouvelles bottes en caoutchouc, nous vous avons concocté une frise chronologique consacrée aux festivals d’été en région Auvergne-Rhône-Alpes. Naviguez, faites vos choix !

La rédaction | Mercredi 5 juillet 2017

Le guide des festivals de l'été 2017

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120 battements par minute : Charge virale

120 battements par minute | de Robin Campillo (Fr., 2h20) avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel… (sortie le 23 août)

Vincent Raymond | Lundi 21 août 2017

120 battements par minute : Charge virale

Histoires de révoltes et de combats. Celles des militants d’Act Up Paris à l’orée des années 1990 pour sensibilisant à coup d’actions spectaculaires l’opinion publique sur les dangers du sida et l’immobilisme de l’État. Et puis la romance entre Nathan et Sean, brisée par la maladie… Grand Prix à Cannes, ce mixte d’une chronique politique et d’une histoire sentimentale est aussi une autobiographie divergée de Robin Campillo. Ancien membre d’Act Up, il a toute légitimité pour évoquer le sujet de l’intérieur, en assumant sa subjectivité, et tenant compte du temps écoulé. Le portrait collectif qu’il signe n’est ainsi ni un mausolée aux victimes, ni un panégyrique aux survivants, ni un documentaire de propagande : il s’inscrit dans un contexte historique, à l’instar d’un conflit armée. Campillo emprunte d’ailleurs sa construction aux films de guerre, chaque génération ayant les siennes — les AG étant les réunions d’état-major avant les actions et manifs ; le champ de bataille les lieux d’intervention. Sauf qu’il y a ici deux guerres à mener : l’une, visible, contre les institutions et les labos pharmaceutiques ; l’autre,

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Quoi de neuf dans les festivals ?

En bref | 1 - Un "absent" La nouvelle est tombée en décembre 2016 : pas de Foreztival en 2017 ! En apprenant cette information, nous avions (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 juillet 2017

Quoi de neuf dans les festivals ?

1 - Un "absent" La nouvelle est tombée en décembre 2016 : pas de Foreztival en 2017 ! En apprenant cette information, nous avions eu très peur de ne jamais revoir le festival de musique de Trelins sur pied. Mais très vite, nos inquiétudes ont été balayées par les organisateurs qui nous ont assuré avoir mis le festival en « jachère » cette année pour mieux revenir les 3, 4 et 5 août 2018 avec la 14e édition. En attendant, il y a de quoi se réjouir avec tout d'abord le festival de rue qui, pour sa part, est maintenu le 5 août prochain. Suivront deux soirées en forme de warm-up du Foreztival 2018. Tout d'abord, le 22 septembre au Château du Rozier de Feurs puis le 2 décembre au Fil de Saint-Etienne. Les "line-up" de ces soirées nous sont encore inconnus à l'heure où nous écrivons ces lignes. 2 - Une ville en ébullition Le Puy-en-Velay s'apprête à vivre un très "gros" mois de juillet ! Tout d'abord parce que la préfecture de la Haute-Loire sera pendant 3 jours accaparée par le Tour de France (les 16, 17 et 18 juillet 2017) en étant ville-étape et en héritanti d'un jour de repos. Mais ce n'est pas tout. Depuis maintenant 3 ans, la ca

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Tous dans la rue

"Foreztival" de rue (Loire) | Si l'annonce de la non-tenue du Foreztival cette année nous a attristés, la peine ne fut finalement que de courte durée. En plus d'avoir annoncé préparer une (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 juillet 2017

Tous dans la rue

Si l'annonce de la non-tenue du Foreztival cette année nous a attristés, la peine ne fut finalement que de courte durée. En plus d'avoir annoncé préparer une édition complète en 2018, l'équipe du festival de Trelins a décidé de maintenir cette année son festival de rue, devenu un incontournable depuis 2006. Fort d'une forte diversité artistique en mettant à l’honneur l’art de rue dans son ensemble, cet événement transforme la petite commune de 600 habitants en gigantesque terrain de jeux pour des compagnies locales et au-delà. Ainsi, cette année, se produiront les déambulateurs stéphanois de la Baroufada et de la compagnie Maintes et Une Fois mais également de la capoeira brésilienne avec Antiga Cultura Guerreira Auvergne. Les arts du cirque seront bien présents également grâce à la compagnie Mauvais Coton et Commun Accord. Enfin, notons que la musique est aussi de la partie avec notamment l'Ardéchois loufoque Auguste Wood. Festival de rue - Foreztival, le 5 août à Trelins (Loire)

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Ava : Jeune fille en fleur avant l’ombre

ECRANS | Dernier été pour les yeux d’Ava, ado condamnée à la cécité s’affranchissant des interdits ; premiers regards sur le cinéma de Léa Mysius (coscénariste des Fantômes d’Ismaël) avec ce film troublant et troublé, ivre de la séduction solaire de la jeune Noée Abita.

Vincent Raymond | Mercredi 28 juin 2017

Ava : Jeune fille en fleur avant l’ombre

Ava a treize ans, une mère célibataire fantasque, une petite sœur au biberon et une maladie qui va la rendre aveugle à la fin des grandes vacances. Loin de s’apitoyer sur son sort, l’ado profite de ce qui lui reste de vue pour longer les marges avec un jeune gitan qui la fascine… Bonne pioche pour la Semaine de la Critique que ce premier long métrage de Léa Mysius, tout à la fois empli de la vitalité rebelle de la jeunesse et confronté à l’inéluctable d’une disparition précoce. Un poème sensoriel débarrassé d’un ancrage forcené au réalisme, Ava qui s’octroie des parenthèses de folie douce lorsqu’il s’agit d’évoquer le ressenti de la liberté, le frisson de l’incertain. Une révolte métaphorique dans une fuite à la poursuite de la beauté, où la suggestion discrète l’emporte sur la pataude monstration. Garde à vue On sait combien un film peut se trouver transfiguré par son acteur·trice grâce à l’accord intime entre l’interprète et son personnage. Ce que livre ici la débutante Noée Abita tient de la vibration : à l’âge

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