Deux jours en or

Benjamin Mialot | Dimanche 3 novembre 2013

Une cinquantaine de dessinateurs, scénaristes et coloristes en dédicace, une exposition de planches et crayonnés de Lincoln, l'excellent western métaphysico-burlesque des frères Jouvray (dont le huitième tome vient de paraître), des impromptus théâtraux, la réalisation en direct d'une fresque par les artistes de la galerie Le Bocal, une remise de prix... Ce n'est pas le programme de la prochaine édition de Lyon BD, mais celui d'un festival du neuvième art autrement plus modeste : le festival de la Bulle d'or, un doyen dans son genre, puisque c'est sa vingt-quatrième édition qui se tiendra les 9 et 10 novembre à Brignais.

Au-delà des têtes connues (Kieran, Marie Jaffredo, la fratrie susmentionnée...), il est un auteur en particulier dont la présence sur place justifie le déplacement : Renaud Dillies, petit maître de l'anthropomorphisme auquel on doit au moins deux chefs-d'œuvre, le terrassant Abélard (sur un doux rêveur qui se met en tête de décrocher la Lune pour sa bien-aimée) et, plus récemment, le déroutant Saveur coco, où il raconte en de magnifiques aquarelles d'inspiration mexicaine l'errance désertique de deux compères à la recherche d'un marteau.

 

Benjamin Mialot


25e Festival de la Bulle d'Or

Festival de la BD et du livre illustré avec Amoretti, Efa, Jouvray, Ming, Mara, Pourquié, Rodriguez...
Complexe Minssieux Brignais
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Noir, c'est noir

Bande Dessinée | Lincoln, toujours aussi grincheux et susceptible de plonger dans les pires embrouilles, revient dans un tome 9 aux saveurs anarchistes savamment ficelé par la famille Jouvray.

Sébastien Broquet | Mercredi 17 janvier 2018

Noir, c'est noir

Les Jouvray, c'est une histoire de famille qui trouve sa source à Oyonnax, au cœur de la plastics vallée, où deux frères et la compagne de l'un d'eux se sont mis en tête de montrer qu'il y avait là-bas une voie permettant d'échapper à l'industrie du plastique et au rugby. Pour Olivier, le scénariste, il aura fallu quelques bifurcations - de la photographie à l'organisation de raids automobiles - avant qu'il ne trouve sa route en créant la série Lincoln, en famille : lui sera scénariste, Jérôme dessinateur et Anne-Claire coloriste. Nous sommes alors en 2002 et c'est le début d'une aventure qui se poursuit aujourd'hui avec la parution d'un neuvième tome. Succès immédiat, jamais démenti et qu'Olivier continuera de nourrir malgré ses multiples projets, allant de sa participation à la création de La Revue Dessinée à ses cours à l'école Émile Cohl. Lincoln est un vagabond rebelle et subtil, grande gueule et chafouin, orphelin élevé par les dames d'un bordel à la fin du 19e siècle, qui devient plus ou moins pote avec Dieu - ce dernier le rendant immortel en lui pariant qu'il trouvera un jour le bonheur. Dans ce nouvel opus, Lincoln crois

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Téléactivité au Comœdia en présence de Jérôme Jouvray

Avant-Première | Prévu pour être diffusé sur Arte le 20 septembre à 20h30, le documentaire de Myriam Tonelotto [Thorium] La face gâchée du nucléaire possède l’originalité d’intégrer des (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 septembre 2016

 Téléactivité au Comœdia en présence de Jérôme Jouvray

Prévu pour être diffusé sur Arte le 20 septembre à 20h30, le documentaire de Myriam Tonelotto [Thorium] La face gâchée du nucléaire possède l’originalité d’intégrer des séquences animées signées par l’illustrateur Jérôme Jouvray et une équipe d’étudiants (Émile-Cohl, Bellecour École d’Art, EMCA). La réalisatrice et l’animateur se déplaçant pour une projection publique en avant-première au Comœdia, vous pourrez découvrir avant tout le monde le destin avorté des réacteurs à sels fondus, ce qui vous permettra de briller (dans le noir) en société. Ou de vous faire dédicacer votre programme télé… Au Comœdia le samedi 10 septembre à 11h

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Vendanges graphiques : c’est à voir, à voir, à voir !

CONNAITRE | Il va y avoir des bulles dans le condrieu ! Ce qui ressemble à une hérésie pour l’œnologue moyen résonne comme un cri de joie chez l’amateur de bandes (...)

Vincent Raymond | Jeudi 10 mars 2016

Vendanges graphiques : c’est à voir, à voir, à voir !

Il va y avoir des bulles dans le condrieu ! Ce qui ressemble à une hérésie pour l’œnologue moyen résonne comme un cri de joie chez l’amateur de bandes dessinées. Chaque année depuis 2013, la fin de l’hiver (ordinairement réservée à la taille des ceps) est illuminée par une récolte supplémentaire : Vendanges graphiques. Une manifestation qui, si elle réjouit les chais, convertit également les abstinents aux charmes condriots en réunissant la quintessence des illustrateurs amateurs de bonnes choses. Ce quatrième millésime s’annonce particulièrement gouleyant, avec la participation de Baudoin (monument vivant, auteur notamment de Tu ne mourras pas) ou celle de Marion Montaigne alias Professeur Moustache (qui signe la série Tu mourras moins bête… mais tu mourras quand même). Fred Campoy (sa Vie avec Alexandra David-Néel vient de paraître), EFA (Kia Ora, Alter Ego…), les incontournables frères Jouvray (l’immarcesible et immortel Lincoln), Émile Bravo (à qui l’on doit Le Journal d’un ingénu, tome essentiel des aventures de Spirou) seront également du voyage. Une

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Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

CONNAITRE | Baru, Loisel, Peeters, Schuiten, Trondheim... Nous avons, au fil des saisons, déjà largement commenté l’œuvre des invités les plus illustres de Lyon BD 2015. Profitons plutôt des dix ans du festival pour louer autant d'auteurs qui comptent ou vont compter dans le paysage lyonnais (parmi les 150 recensés à ce jour !). Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

Jean-Christophe Deveney Jean-Christophe Deveney coordonne deux des projets les plus révélateurs des préoccupations supra-événementielles de Lyon BD. D'un côté Webtrip, un feuilleton qui voit collaborer à distance auteurs du cru et invités internationaux (cette année exclusivement des Catalans). De l'autre Héroin(es), une expo (et désormais un livre) qui fait subir aux grands héros du neuvième art un changement de sexe, manière ludique de pointer certains automatismes phallocrates que le milieu peine à désapprendre. Il est surtout un excellent scénariste, le seul de cette sélection, notamment de Mangetrouille (Le Lombard), un croquignolet triptyque jeunesse sur les craintes enfantines, et de Bang ! (Akileos), un polar russophile particulièrement sombre et pétaradant. Héro(ïne)s Jusqu'au 27 juin à la Maison du Livre, de l'Image et du Son Retour sur Webtrip

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Olivier Jouvray : «Le livre est un objet sacré»

CONNAITRE | Scénariste, président du collectif L’Épicerie Séquentielle, co-fondateur de La Revue dessinée, membre actif du Syndicat des auteurs de BD et professeur à Émile Cohl, Olivier Jouvray est un peu le parrain du 9e art à la Lyonnaise. A Lyon BD, il crée l'événement en lançant le journal "Les Rues de Lyon", soit la ville racontée par ceux qui tentent d'y vivre de leur dessin. Propos recueillis par Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Olivier Jouvray : «Le livre est un objet sacré»

Raconter la ville en bande dessinée. Où êtes-vous allé chercher cette idée ? Olivier Jouvray : En festival, j'ai rencontré de gens qui auto-éditaient des BD sur le patrimoine. Ce n'était pas toujours de bonne qualité, mais ils gagnaient deux à trois fois mieux leur vie que moi (rires). Plus sérieusement, j'ai trouvé étonnant que la BD de proximité soit totalement abandonnée à ceux qui n'ont pas les capacités techniques pour être publiés par des éditeurs. Les institutions ont du mal à trouver des relais locaux quand elles veulent travailler ce médium, et quand elles en trouvent, ils ne sont pas forcément formés à ce type de BD, qui demande une expérience qui s'approche de celle de documentariste ou de journaliste. L'autre élément, qui est plus de l'ordre du militantisme, c'est que cela fait six ans que les ventes de BD baissent, que les prix augmentent pour compenser la baisse du chiffre d'affaires, que la surproduction est galopante... Le milieu ne va pas bien. Certains éditeurs ont même déclaré que nous devions trouver un deuxième métier pour survivre... Ça m'a un petit peu mis les abeilles (rires). Je me suis dit :«D'accord, on v

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Cases départ

CONNAITRE | L'an passé, la rentrée BD nous était apparue tristement routinière. Cette saison, c'est tout le contraire : de dédicaces majeures en initiatives éditoriales de niches, il y a d'ores et déjà de quoi légitimer pas mal de RTT. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 26 septembre 2013

Cases départ

Après un démarrage sur les chapeaux de roue avec Eric Powell et Julie Maroh, la rentrée BD se tasse un peu. Pour une raison toute bête : les libraires élaborent leur calendrier quasiment au jour le jour. Difficile, en conséquence, d'avoir une visibilité au-delà du mois d'octobre, sauf chez La BD, où se profilent deux événements : une masterclass au cours de laquelle Denis Bajram présentera la suite d'Universal War One, le magistral space opera qui l'a fait connaître au tournant du siècle (le 29 novembre) ; une rencontre avec Philippe Geluck (le 11 décembre), dont on ne peut que saluer la longévité artistique (les premiers gags du Chat datent de 1983), quand bien même il

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Revue effective

CONNAITRE | L'essor du numérique, le neuvième art n'y coupe pas. Au contraire, les créateurs et éditeurs de bulles furent parmi les premiers à explorer cette éternelle terra (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 6 juin 2013

Revue effective

L'essor du numérique, le neuvième art n'y coupe pas. Au contraire, les créateurs et éditeurs de bulles furent parmi les premiers à explorer cette éternelle terra incognita qu'est Internet et à tenter de répondre aux questions techniques (quel standard de diffusion adopter ?), économiques (comment monétiser une œuvre dématérialisée ?) et artistiques (quels modes de narration sont les plus adaptés aux nouvelles habitudes de lecture ?) qui y résonnent. Le problème, c'est que sorti de l'épiphénomène des blogs BD, elle l'a fait du bout des lèvres. Mais depuis quelques mois, de l'impertinente Mauvais Esprit à l'expérimentale Professeur Cyclope, les publications d'avenir se multiplient. La plus prometteuse est La Revue dessinée, un trimestriel de reportages (à la XXI) distribué à la fois en librairie et sur tablette, financé via des investissements privés (Gallimard en est) et des souscriptions – une première levée, sur le site de financement participatif Ulule, a fait rentrer dans les caisses 36 000€ pour un objectif de 5 000. En attendant son lancement en septembre

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Faut pas dire du mal de Johnny

CONNAITRE | Qui, de Michael Phelps ou de Ian Thorpe, serait le plus à même de succéder à Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan ? En voilà une bonne question. On ne sait si (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 2 juin 2013

Faut pas dire du mal de Johnny

Qui, de Michael Phelps ou de Ian Thorpe, serait le plus à même de succéder à Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan ? En voilà une bonne question. On ne sait si Jean-Christophe Deveney, Jérôme Jouvray et Anne-Claire Jouvray, respectivement scénariste, dessinateur et coloriste de Johnny Jungle, répondront à cette question lors de la soirée organisée par le Comoedia jeudi 6 juin (dans le cadre du "off" du festival Lyon BD) autour de cette icône plus ou moins oubliée de la culture populaire. Ce dont on a la certitude en revanche, c'est que cette biographie fantasmée – Johnny y est dépeint comme un enfant sauvage progressivement broyé par l'entertainment – et rocambolesque du quintuple champion olympique de natation devenu acteur de cinéma est l'une des bandes dessinées les plus distrayantes de l'année en cours. Et que sa mise en perspective le temps d'une projection, d'une discussion, d'une gribouille en direct et d'une séance de dédicace avec Tarzan, l'homme-singe, classique octogénaire de W. S. Van Dyke et premier volet de la série de douze adaptations des écrits de Edgar Rice Burrough

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Les raisins du phylactère

CONNAITRE | Qui trop embrasse mal étreint. Exemple : les smartphones et leurs médiocres fonctions non-téléphoniques, qui n'ont d'intelligent que leur conception par (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 7 avril 2013

Les raisins du phylactère

Qui trop embrasse mal étreint. Exemple : les smartphones et leurs médiocres fonctions non-téléphoniques, qui n'ont d'intelligent que leur conception par renversement darwinien – de «la fonction crée l'organe» à «l'organe crée la fonction». La règle a bien sûr ses exceptions et le festival Vendanges Graphiques, qui entend promouvoir d'un même élan la BD et la production viticole de Condrieu, devrait en être une. C'est en tout cas ce que laisse supposer la liste des auteurs invités, plutôt sexy pour une première édition. Outre des talents régionaux qu'on ne présente plus, à l'image du clan Jouvray, qui présentera Johnny Jungle, habile variation hollywoodienne sur le thème de l'enfant sauvage, l'événement s'est en effet assuré les présences de Matthias Picard, dessinateur de Jim Curious, une virtuose fantasmagorie sous-marine se lisant avec des lunettes 3D, de Jean-Christophe Chauzy, auteur estampillé Fluide Glacial passé avec succès au thriller avec Revanche,

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Spielberg et les autres

ECRANS | Qu'est-ce qui peut hanter Spielberg pour revenir plusieurs fois sur l'esclavage ? Bien avant Lincoln, La Couleur pourpre puis Amistad annonçaient déjà un (...)

Jerôme Dittmar | Vendredi 25 janvier 2013

Spielberg et les autres

Qu'est-ce qui peut hanter Spielberg pour revenir plusieurs fois sur l'esclavage ? Bien avant Lincoln, La Couleur pourpre puis Amistad annonçaient déjà un sujet qui en dit long sur son auteur. Sur deux fronts, l'un la condition féminine des afro-américaines au début du XXe siècle, l'autre le procès des esclaves qui mena à la guerre de Sécession, Spielberg s'est évertué à filmer son pays et le peuple noir américain. Avec une telle vigueur volontariste que les deux films figurent parmi les plus décriés de sa filmographie. En cause une représentation épineuse qui, entre le mélo biblique Oprah Winfreyisé - La Couleur pourpre, mal reçu par la communauté noire à sa sortie - et l'exercice de pénitence vantant les valeurs de la Constitution américaine - Amistad, tourné pour corriger la réception critique du premier, chaque film fait de cet Autre, l'esclave, le noir, une drôle de figure. On s'explique : en se penchant sur l'esclavage ou la ségrégation, Spielberg vante moins les vertus des Droits de l'homme qu'il traite de sa plus grande angoisse, la perte identitaire. Au fond, peu importe qu'il s'agisse des noirs, des femmes, d'un na

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Lincoln

ECRANS | On pouvait craindre un film hagiographique sur un Président mythique ou une œuvre pleine de bonne conscience sur un grand sujet, mais le «Lincoln» de Spielberg est beaucoup plus surprenant et enthousiasmant, tant il pose un regard vif, mordant et humain sur les arcanes de la démocratie américaine. Une merveille, qui conclut une (inégale) trilogie spielbergienne sur l’esclavage. Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 23 janvier 2013

Lincoln

Ce n'est peut-être qu’un hasard… Toujours est-il que ce film sur Abraham Lincoln au début de son second mandat de Président des États-Unis est sorti au moment où Barack Obama, qui n’a jamais caché son admiration pour Lincoln, était lui-même réélu Président. Hasard aussi, Lincoln affronte sur les écrans (et aux Oscars) Django unchained, Spielberg et Tarantino se disputant ainsi un même sujet : celui de l’esclavage. Tarantino n’a pas caché au cours de ses interviews avoir souhaité faire avec Django un anti-Amistad, c’est-à-dire un film où les Noirs ont vraiment la parole et n’ont pas besoin de porte-voix blancs pour plaider leur cause. De fait, Spielberg, à l’époque un peu écartelé entre ses grands films sérieux, sa franchise jurassique et ses productions télé, était passé à côté de son affaire. Lincoln pourrait tomber exactement sous le coup de la même critique : un film qui se dissimule derrière la vérité historique — car, scoop, ce sont bien des blancs qui ont mis fin à l’esclavage — pour mieux réduire au silence sur l’écran les princi

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Ça va cogner !

ECRANS | Ceux qui, dans un moment de distraction, n’auraient pas suivi le principe de la programmation cinéma de Quais du Polar à l’Institut Lumière cette année, (...)

Christophe Chabert | Vendredi 23 mars 2012

Ça va cogner !

Ceux qui, dans un moment de distraction, n’auraient pas suivi le principe de la programmation cinéma de Quais du Polar à l’Institut Lumière cette année, risquent d’être surpris d’y trouver Docteur Folamour et Fight club. Il est vrai que ces deux films n’ont pas grand-chose (sinon rien) à voir avec le genre policier, même pris dans son sens le plus large. Éclaircissement nécessaire : les invités littéraires ont eu cette année carte blanche pour présenter un film de leur choix, polar ou pas, et c’est ainsi que les chefs-d’œuvre de Kubrick et Fincher seront commentés par, respectivement, Dan Fante et S. J. Watson le samedi 31 mars. Un amusant raccourci pourrait d’ailleurs les réunir, la charge explosive et brutale contre la société de consommation signée David Fincher trouvant quelques échos dans la satire mordante de la guerre froide orchestrée, trente-cinq ans avant, par Stanley Kubrick, ne serait-ce que dans leur peinture au vitriole d’une Amérique où la folie destructrice se loge au cœur du système (démocratique chez Kubrick, nerveux chez Fincher). Les autres chapitres de cette programmation verront Michael Connelly présenter

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La vie en jaune poussin

CONNAITRE | Bédé / La lecture du diptyque "Abélard", publié par Dargaud cet été, invite à enfoncer une porte ouverte : entre la bande-dessinée et l'anthropomorphisme, c'est (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 2 septembre 2011

La vie en jaune poussin

Bédé / La lecture du diptyque "Abélard", publié par Dargaud cet été, invite à enfoncer une porte ouverte : entre la bande-dessinée et l'anthropomorphisme, c'est une grande histoire d'amour. Une histoire débutée par le Daily Express, quotidien britannique dont les pages accueillirent dès 1920 l'infantile ours Rupert, popularisée une décennie plus tard par Disney avec le succès que l'on sait, et légitimée par le résistant Calvo avec La Bête est morte, séminale satire militaire publiée sous l'Occupation. Depuis, le neuvième art s'est fait le plus fervent avocat de ce procédé synonyme de caractérisation bien trempée et de sous-texte social, engendrant dans la foulée quantité de personnages inoubliables. Le détective palmé de Benoit Sokal, Fritz, le matou queutard de Robert Crumb, Usagi Yojimbo, lapin samouraï imaginé par Stan Sakaï, etc., sont de ceux-là. Et on est prêt à parier qu'Abélard, candide poussin parti décrocher la Lune pour l'accrocher au cœur d'une jolie bohémienne, grossira prochainement leurs rangs. Car ce n'est pas d'une simple fable morale que ce sont fendus Régis Hautière et Renaud Dilliès, quand bien même la patte graphique de ce dernier à plus à voir avec l'illustrat

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La Défense Lincoln

ECRANS | De Brad Furman (ÉU, 1h58) avec Matthew McConaughey, Marisa Tomei…

Dorotée Aznar | Jeudi 19 mai 2011

La Défense Lincoln

Cette adaptation du roman de Michael Connelly est plutôt une bonne surprise. Le réalisateur parvient à capter le stress urbain sans abuser d’affèteries esthétisantes et en creusant l’isolement de son héros. À ce titre, il convient de souligner l’excellente performance de Matthew McConaughey (décidément à son aise dans les rôles d’avocat), et la bonne tenue globale de l’ensemble du casting. Sur une trame des moins originales (c’est là où le bât blesse), Brad Furman a compris, à l’inverse de bon nombre de ses petits camarades hollywoodiens, que l’une des plus pertinentes façons de contrer l’efficacité télévisuelle en matière de drame policier est de jouer sur l’atmosphère ou la caractérisation des personnages. Ce qui fait de La Défense Lincoln un divertissement carrément honorable. FC

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Petite musique de (boîte de) nuit

MUSIQUES | Cela faisait un bail que l'on attendait la visite lyonnaise de Four Tet, alias Kieran Hebden, prodige de la miniature électro mélodique et poétique. Ce sera fait le 14 décembre à Grnd Zéro. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 20 décembre 2006

Petite musique de (boîte de) nuit

Vous avez forcément déjà croisé le nom de Four Tet quelque part, même si vous n'avez pas ses disques sur les rayons indie-pop ou électronique cérébrale de votre CDthèque... En effet, l'homme derrière ce faux groupe, Kieran Hebden, est un des plus fameux auteurs de remixes en activité, proposant ses services pour des pointures populaires comme Radiohead, Bloc Party ou Aphex Twin. Cela posé, on a dit deux gros mots en ouverture concernant Four Tet : indie-pop et électro-cérébrale. Vilaines facilités journalistique pour une musique infiniment complexe, qui charrie autant d'énergie que d'émotion, et sur laquelle on ferait mieux d'accoler l'étiquette de «poésie musicale» ou d'«onirisme sonore». Car Kieran Hebden aime sculpter avec ses machines des paysages qui ressemblent à des rêves éveillés, suite de visions parfois cotonneuses, parfois furieuses, en tout cas aux avants-postes de ce que l'électro et la pop produisent généralement. Le tour du monde en 80 minutes Le rêve d'Hebden commence avec son premier groupe, Fridge, à la fin des années 90. L'utopie d'un rock instrumental et abstrait qui ferait passer cette musique de l'adolescence à l'âge adulte est sur le poin

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