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Elektra et le siège de l'opéra

Retour sur le festival Mémoires avec mon avis sur Elektra de Strauss, mis en scène par Ruth Berghaus.
Blog Divers publié le Mardi 11 avril 2017 par Justine Colombet

Cultura Lyon

par Justine Colombet

Etudiante en Lettres Modernes Universite Catholique de Lyon Chroniqueuse sur Unisphère webradio étudiante


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Peut-on penser Elektra comme figure du siège à l’opéra ?

Pour réfléchir à ceci il convient de penser le terme « siège » dans sa polysémie. Quelles acceptions ce mot peut-il prendre à l’opéra ? Tout d’abord, il peut renvoyer au fauteuil dans lequel se trouve les spectateurs. Il peut également donner à penser le lieu par excellence d’un personnage, d’une émotion, d’une cause, en bref un foyer. Toutefois, dans le même temps, il peut être le substantif rattaché au verbe assiéger et dans ce cas précis ce nom va être synonyme de l’acculement voire de l’enfermement. Alors qu’en est-il pour Elektra ?

Partons tout d’abord de l’idée du foyer, après tout Electre appartient à un groupe et toute l’intrigue se déroule dans cette sphère familiale. Après le meurtre de son père, Agamemnon, par Clytemnestre, sa mère, et son amant, Egisthe, Electre nourrit une haine sans pareille pour la femme adultère. La cause en est l’honneur familial, le désir de venger son père d’après les lois divines. Elle incarne donc cette volonté de rétablir la justice, soufflant un vent de rébellion et de révolte contre le nouveau pouvoir mis en place et symbolisé par la tyrannie matriarcale qu’elle subit. Le siège d’Electre réside donc dans sa famille, dans son engagement à défendre l’honneur de son père.

Mais au-delà de ces valeurs, Electre elle-même devient un siège puisqu’elle est l’espace dans lequel vont se jouer nombres de conflits. Il faut alors se souvenir que lorsque Strauss compose Elektra dans les années 1906-1908 la psychanalyse commence à prendre de l’importance. L’interprétation des rêves de Freud est publié entre 1899 et1900. Strauss est donc au fait de ces courants de pensées et de l’importance de l’inconscient dans la construction de l’individu. On peut donc penser ce personnage d’Electre à travers le prisme de la psychanalyse.

Electre incarne cette vierge qui se refuse aux hommes depuis son plus jeune âge, rejette le mariage et n’a de cesse de venger son père. Toutefois, Ruth Berghaus semble libérer ce personnage de ce carcan virginal pour en faire une guerrière certes, mais une guerrière en proie à de nombreuses pulsions qui étaient déjà présentes dans le livret d’opéra. On retrouve alors Electre, jouée avec brio par Elena Pankratova, en proie à des pulsions mêlées. Pulsions de vie, d’eros, dans un temps, avec cette volonté de survivre, de se venger, de prendre corps en tant que femme, posture que Clytemnestre accapare faisant d’Electre une esclave asexuée et de Chysotémis une poupée. Pulsions de mort dans l’autre, avec une oscillation constante accentuée par la mise en scène qui donne un effet de gouffre avec la planche qui fait penser à celles présentes sur les bateaux et qui permettaient aux traitres ou aux ennemis d’être jetés aux requins. Electre est souvent couchée sur cette planche dans une certaine lassitude, peut-être dans le dépit.

Mais, selon moi, le plus important des pulsions réside dans celles qui sont de l’ordre sexuelles et qui ont été, avec le temps, polies pour laisser place au personnage virginal et révolté qu’est Electre. Pourtant peut-on vraiment dire qu’Electre est pure et baignée d’innocence ? A ceci, je répondrais non. Electre est envahie de conflits sexuels : son incapacité à devenir femme la ronge. Et si elle a donné son nom à un complexe psychanalytique ce n’est pas pour rien. Refusant de trahir son père, elle ne semble s’orienter dans des jeux sexuels que vers les femmes. Dans la mise en scène, elle paraît comme sujette à un amour destructeur envers sa mère : elle attrape les voiles rouges de Clytemnestre, les serre, les sent avec douceur alors que ce sont avec ces mêmes drapés que la mère tentera de la tuer. De même, elle noue des jeux intimes avec sa sœur, la caresse, lui embrasse les bras. Jeux qui vont gêner Chrysotémis qui les fuira. Reste toutefois cet attrait charnel pour ses deux femmes de sa famille. Electre rejette les hommes mais pas les femmes. Elle peut être vue comme celle qui, pour ne pas être infidèle au père, non seulement reproduit ses goûts mais également repousse toute personne du même sexe qu’Agamemnon. Le stade supérieur à ce complexe sera le besoin de tuer Clytemnestre pour devenir femme. Ainsi, on peut dire qu’Electre est un personnage soumis à ses pulsions et dont l’âme est assiégé par son inconscient.

Au-delà de cette dimension psychologique, Electre fait figure d’exilée, de prisonnière dans un triple aspect. Elle est acculée par l’orchestre, contre qui elle doit sans cesse se battre pour faire entendre sa voix tandis que celui-ci est soutenu par les jeux de couleurs, couleurs qui permettent de mettre en avant certains leitmotive et qui contrastent avec l’absence de couleurs qu’elle porte. Vêtue de gris, elle est assiégée par les couleurs du fond, soutenues par les accords puissants des quelques cent quatorze musiciens présents sur scène, mais également par les personnages de l’opéra, tous vêtus de couleurs vives et lui donnant l’apparence d’une mendiante. Electre est un personnage enchaîné dans une structure horizontale qui n’est pas sans faire penser à une prison voire à un asile duquel elle ne peut s’échapper.

Et ce siège que subit Electre est partagé avec le spectateur. Ce dernier est enchaîné par la puissance de la voix durant tout l’acte, envahi par les émotions fortes véhiculées par la vigueur musicale mais également marqué par l’ingéniosité scénique et la peur qu’à tout instant le véritable drame sorte de la pièce pour envahir le réel : Electre peut-elle, doit-elle tomber de la planche à la fin de l’œuvre lors de sa danse macabre ? Je pense que cela sera mon seul reproche, Ruth aurait dû conserver la mise à mort finale qui est le choc ultime, la douleur abrupte qui doit marquer au plus profond le spectateur tout en lui donnant un nouveau souffle. Alors oui, cet opéra autant dans sa composition que dans sa mise en scène est un opéra du siège, siège d’Electre, de la voix, du spectateur et des pulsions mais c’est un siège inachevé dans le sens même que la catharsis n’est pas achevée puisqu’on n’a pas pu mourir avec Electre et ainsi faire le deuil de toutes ces pulsions qui nous aussi nous emprisonnent.

Un Oeil sur...

Alors qu'il entame une tournée de concerts pour son album Satingarona Part.1, paru ce printemps, nous sommes allés à la rencontre d'Etienne Sevet leader et créateur de The Bongo Hop, projet musical mûri entre Cali et Lyon et nourri d'influences afro-caribéennes.

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