Le Jour des corneilles

ECRANS | De Jean-Christophe Dessaint (Fr, 1h36) animation

Christophe Chabert | Jeudi 18 octobre 2012

Étrange production que ce Jour des corneilles, qui a trop vouloir embrasser étreint particulièrement mal. Cela démarre sur un conte mythologique avec de vagues échos disneyens — un gamin abandonné recueilli par un homme des bois et élevé tel un enfant sauvage jusqu'à la mort de son mentor — avant que le film ne se pique d'une inscription historique durant la Première Guerre mondiale, sans en développer de point de vue pour autant. Au milieu se promène l'influence, beaucoup trop lourde pour lui, de Miyazaki, avec sa forêt peuplée d'esprits-animaux, vision panthéiste que le film rétrécit à la hauteur d'un discours écolo très contemporain — mais pas moins ringard pour autant.

Ce drôle de rafistolage se retrouve dans les partis pris graphiques : le gamin est dessiné avec un trait proche de la BD, comme un lointain cousin de Titoff, mais les autres personnages ont droit à une approche réaliste. L'ensemble n'a ni le charme de l'animation à l'ancienne — là encore, la comparaison avec l'animé japonais n'est pas glorieuse pour Le Jour des corneilles — ni l'efficacité des produits 3D actuels. Quant au casting vocal, il faut tout de même se farcir Lorant Deutsch et Jean Reno en voix principales avant d'éprouver la seule vraie émotion du film : entendre une dernière fois Claude Chabrol sur un écran, deux ans après sa mort, à travers le doublage du médecin humaniste. Tout le reste ne procure que de l'ennui.

Christophe Chabert

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