Dofus - Livre 1 : Julith

ECRANS | De Anthony Roux & Jean-Jacques Denis (Fr, 1h47) avec les voix de Sauvane Delanoe, Emmanuel Gradi, Laetitia Lefebvre…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Exception notable dans la constellation des jeux de rôle en ligne ET des mangas, Dofus est une création 100% tricolore — cela ne lui décerne pas d'office un brevet d'excellence, mais mérite que l'on s'intéresse à son cas. Déjà décliné avec succès dans une série animée télévisée, son univers heroic fantasy, aux arcs narratifs entre Star Wars (pour le côté orphelin à pouvoirs héritier de puissances maléfiques) et Dragon Ball (pour l'aspect quête en meute baroque et les acolytes grotesques dragueurs) passe au tableau supérieur en s'offrant le grand écran grâce à Gebeka.

Sans rivaliser avec ces vis sans fin (ont-elles d'ailleurs jamais eu un commencement ?) que sont Naruto ou One Piece, ce qui s'annonce comme un premier opus trouve sa place et son rythme ; il peut même se gagner un public plus adulte que la cible de base, ravi d'y trouver un second niveau de lecture. Un brin coquin, comme le veut la tradition, mais plus goguenard qu'égrillard… VR


Dofus - Livre : Julith

D'Anthony Roux et Jean-Jacques Denis (Fr, 1h47) avec Sauvane Delanoe, Emmanuel Gradi... Dans la majestueuse cité de Bonta, Joris coule des jours heureux, aux côtés de Kerubim Crépin, son papycha adoptif. Mais tout bascule lorsque Joris, bravant l’interdiction de papycha, tente d’approcher son idole de toujours, la mégastar du Boufbowl, Khan Karkass.
Pathé Cordeliers 20 rue Thomassin Lyon 2e
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Mon ninja et moi

ECRANS | La toute neuve société de distribution Alba Films tient sa première authentique pépite avec ce long-métrage danois méritant d’être le succès d’animation de l’été (...)

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

Mon ninja et moi

La toute neuve société de distribution Alba Films tient sa première authentique pépite avec ce long-métrage danois méritant d’être le succès d’animation de l’été 2020. Mon ninja et moi marque en effet une réjouissante révolution dans l’univers plutôt corseté et policé des productions destinées au “jeune public” — vocable flou qui rassemble bambins jusqu’aux ados. À présent que tous les studios d’animation ont globalement atteint une excellence technique comparable à celui développé par Blue Sky, Dreamworks ou Pixar et uniformisé leur style graphique, le récit (et son traitement) est devenu l’ultime refuge de la singularité. Un retour aux fondamentaux pour spectateurs blasés des prouesses visuelles asymptotiques. Auteur et coréalisateur de Mon ninja et moi, Anders Matthesen donne le ton dès le début en montrant des enfants exploités dans une usine thaïlandaise, clairement maltraités pour fabriquer les jouets des petits Occidentaux : la mondialisation expliquée par une relation de cause à effet, sans parabole émolliente. De la même manière seront ab

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Fête du cinéma d’animation

ECRANS | C’est une discrétion un peu affligeante qui accompagne la Fête du Cinéma d’Animation. Il faut dire qu’elle manque un poil de lisibilité : elle se déroule durant (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Fête du cinéma d’animation

C’est une discrétion un peu affligeante qui accompagne la Fête du Cinéma d’Animation. Il faut dire qu’elle manque un poil de lisibilité : elle se déroule durant tout le mois d’octobre non pas dans toutes les salles de cinéma, mais celles qui le souhaitent ainsi que dans des lieux partenaires. Le Festival Lumière mobilise beaucoup d’écrans, rares sont ceux de la Métropole s’associant à cette manifestation célébrant la vivacité d’un genre fécond se réinventant sans cesse — on le verra dans les prochaines semaines avec le film de Jérémy Clapin, J’ai perdu mon corps. En attendant, il vous reste la MLIS pour un ciné-goûter en compagnie d’un classique de l’anime, le tendre Panda petit panda du maître Isao Takahata. Fête du Cinéma d’Animation À la Maison du Livre, de l’Image et du Son (Villeurbanne) ​le mercredi 16 octobre à 14h30

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Oiseaux de bon augure : "Le Mystère des pingouins"

ECRANS | Garçonnet éveillé mais réservé, Aoyama prend d’incessantes notes sur son entourage. Lorsque des manchots surgissent et s’évanouissent aussi vite qu’ils sont (...)

Vincent Raymond | Samedi 17 août 2019

Oiseaux de bon augure :

Garçonnet éveillé mais réservé, Aoyama prend d’incessantes notes sur son entourage. Lorsque des manchots surgissent et s’évanouissent aussi vite qu’ils sont apparus dans sa ville, il cherche à comprendre en compagnie de quelques amis. Et de l’assistante dentaire dont il est (très) épris… Ne vous arrêtez à l’extrême platitude du titre, évoquant un film à destination exclusive du très jeune public ! C’est d’ailleurs un peu la malédiction de nombreux anime, où personnages humains et animaux se côtoient volontiers quant ils ne s’hybrident pas les uns avec les autres ; où des figures divines protectrices de la Nature s’incarnent volontiers dans des créatures réelles ou imaginaires (Pompoko, Porco Rosso, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro, Les Enfants Loups, Ame & Yuki…) Un florilège de situations reléguées aux contes pour enfants en occident, quand elles constituent l’essence de contes à résonance morale ou philosophique au Japon — dont Takahata, Miyazaki ou Hosoda. Dans un autre registre, la problématique du titre trompeur se posera bientôt avec le très beau Je veux mange

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P'tites histoires au Clair de lune

KIDS | Destiné aux tout-petits dès trois ans, ce programme compile quatre films courts très inégaux et/ou un peu usés ayant en commun l’astre des nuits. Bonne idée (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

P'tites histoires au Clair de lune

Destiné aux tout-petits dès trois ans, ce programme compile quatre films courts très inégaux et/ou un peu usés ayant en commun l’astre des nuits. Bonne idée sur le papier, qui commence pas trop mal avec Où est la lune ?, sorte de berceuse aux allures de comédie musicale condensée — il s’agit en fait d’un fragment de ciné-concert — accompagnant une élégante partie de cache-cache marine et aérienne à la fois. Les choses se finissent plutôt bien avec P’tit Loup, histoire enlevée de saute-moutons, au graphisme simple mais efficace. C’est entre les deux que cela se gâte : le conte iranien Ma lune, notre lune pourrait revendiquer un prix de médiocrité, s’il n’y avait l’épouvantable Il était une fois… la lune et le renard. Le fait que son auteur Babak Nazari ait quasiment tout fait seul à une époque où l’animation assistée par ordinateur était moins… accessible (2005) n’excuse ni la maladresse poussive du récit, ni la laideur caractérisée de l’ensemble digne des pire jeux vidéos du XXe siècle.

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Retour vers le futur : "Happiness Road"

ECRANS | De son enfance taïwanaise, Tchi avait conservé des images diffuses, emportées aux États-Unis où elle a construit une existence bancale. De retour au pays (...)

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Retour vers le futur :

De son enfance taïwanaise, Tchi avait conservé des images diffuses, emportées aux États-Unis où elle a construit une existence bancale. De retour au pays pour les obsèques de sa grand-mère, Tchi renoue avec ses souvenirs, des amis et envisage un autre futur : en profitant du présent. Grand conte introspectif contemporain empreint d’une douce mélancolie s’apprivoisant progressivement pour se transmuer en nostalgie raisonnée, Happiness Road possède l’immensité d’une saga épique… alors qu’il conte le parcours d’une petite fille normale. Mais de cette normalité, Sung Hsin-Yin exhale tous les insondables mystères ; il embrasse le réel et l’onirique dans un même mouvement graphique d’une subtile élégance — qui n’est pas sans rappeler la grâce du regretté Isao Takahata. Et quand la majorité des romans d’apprentissage s’adresse à des enfants ou des adolescents, celui-ci se destine aux (jeunes) adultes, leur révélant qu’il n’est jamais trop tard pour mettre sa vie en harmonie avec ses aspirations profondes. Jouant de manière inattendue sur les époques, le surnatu

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Voiles et toile : "Capitaine Morten et la Reine des araignées"

ECRANS | En pension chez la cruelle Annabelle, Morten espère le retour du bateau de son père, La Salamandre, dont le fourbe Stinger veut s’emparer. Las, un (...)

Vincent Raymond | Lundi 13 août 2018

Voiles et toile :

En pension chez la cruelle Annabelle, Morten espère le retour du bateau de son père, La Salamandre, dont le fourbe Stinger veut s’emparer. Las, un apprenti magicien rapetisse Morten et le propulse au royaume des insectes. Petit par la taille, le garçon reste immensément courageux… Héritiers d’une grande tradition du stop motion, les studios estoniens Nukufilm signent avec Capitaine Morten leur grande entrée dans le circuit des longs-métrages. Sans renoncer à l’inspiration ni l’esprit caractéristiques de l’animation des anciens pays “frères“ : comme chez maîtres tchèques ou russes, et même si l’histoire emprunte des sentiers fantaisistes, la marionnette conserve une certaine austérité dans sa forme — austérité que l’on retrouve dans certaines aspérités du récit : ici, Annabelle est cruelle et l’araignée (son double miniature) mange en beignets ses victimes. À une époque encourageant les histoires émollientes, il est peu banal de voir un conte osant réactualiser la figure de l’ogre et de la marâtre ! Qu’on se rassure cependant : cela se termine bien pour les gentils, évidemment.

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Carlos Saldanha : « Si l’on trouve l’émotion juste, on oublie que ce sont des animaux à l’écran »

ECRANS | Qu’est-ce qui vous convaincu de signer cette nouvelle adaptation animée de l’histoire de Ferdinand le taureau ? Votre lecture du livre ? Carlos (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Carlos Saldanha : « Si l’on trouve l’émotion juste, on oublie que ce sont des animaux à l’écran »

Qu’est-ce qui vous convaincu de signer cette nouvelle adaptation animée de l’histoire de Ferdinand le taureau ? Votre lecture du livre ? Carlos Saldanha : Au Brésil, le livre de 1936 était moins connu qu’aux États-Unis. La première fois que j’ai entendu parler de l’histoire de Ferdinand, c’est à travers le court-métrage de 1938. Je l’ai vu à la télévision, sur les chaînes pour enfants. Quand je suis arrivé aux États-Unis, mes enfants ont lu cette histoire à l’école. Leurs copains de classe l’avaient déjà lue avec leurs parents, lesquels l’avaient lues avec leurs propres parents quand ils étaient petits. Plusieurs générations connaissaient donc cette histoire. Alors, le jour où la Fox m’a dit avoir acquis les droits du livre et m’a demandé si en faire un film d’animation m’intéressait, j’ai été emballé par l’idée — en mesurant le défi immense d’adapter un classique. Comme c’était la première fois que j’adaptais un livre — mes films précédents (L’Âge de glace, Robots, Rio) étaient basés sur des idées originales — j’étais un peu sceptique. J’ai donc voulu rencontrer les

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Ferdinand

ECRANS | Depuis sa naissance, le taureau Ferdinand sait qu’il est destiné à combattre dans une arène. Mais à la différence de ses congénères, le jeune bovin préfère les (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Ferdinand

Depuis sa naissance, le taureau Ferdinand sait qu’il est destiné à combattre dans une arène. Mais à la différence de ses congénères, le jeune bovin préfère les fleurs à la violence. Alors il s’enfuit et grandit auprès d’une petite fille. Jusqu’au jour tragique où on le renvoie à son étable d’origine… Imaginé en 1936 par Munro Leaf, adapté par Dick Rickard en format court pour les studios Disney en 1938, ce petit conte a pris du volume entre les mains de l’auteur de Rio qui, sans en changer l’esprit, l’a accommodé à l’air du temps. Il assume en effet d’y présenter la corrida comme un spectacle barbare ; quant au matador, il en prend davantage pour son grade que dans la chanson de Cabrel. Certes, cette version dilatée a recours à quelques facilités, notamment du côté des comparses du héros, tous déjà vus ailleurs sous des formes diverses : la gentille gamine qui l’adopte est d’un modèle standard, la vieille bique qui le coache évoque un mixte de Maître Yoda et d’Abraham Simpson ; enfin le trio de

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Ernest et Célestine en hiver

ECRANS | Quatre nouvelles aventures de l’ours musicien et de sa copine-colocataire la souris, glanées avant l’hibernation d’Ernest. L’occasion de rencontrer Bibi (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Ernest et Célestine en hiver

Quatre nouvelles aventures de l’ours musicien et de sa copine-colocataire la souris, glanées avant l’hibernation d’Ernest. L’occasion de rencontrer Bibi l’oie sauvage qu’ils ont élevée, la Souris verte dérobant les objets abandonnés ou Madame Tulipe, voisine du tandem aimant danser… L’ambition de ce programme de courts-métrages est plus modeste que le long-métrage ayant donné vie cinématographique aux personnages de Gabrielle Vincent : on est ici dans le bout-à-bout d’épisodes formatés pour une diffusion télévisuelle. D’où la question : en dépit de leur qualité formelle tout à fait comparable au film de Benjamin Renner, Aubier & Patar, que font-ils sur grand écran sans “plus-value”, sans liant ? On tolère de perdre une partie de l’univers des personnages et de la noirceur ayant fait d’Ernest & Célestine un objet à la poésie complexe ; pas vraiment d’assister à une sorte de projection de DVD grand format.

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Wallace & Gromit - Cœurs à modeler

ECRANS | Têtes de gondole de la maison Aardman, Wallace et Gromit reviennent ces derniers mois sur les écrans à la faveur de rééditions aussi agréables à revoir que (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Wallace & Gromit - Cœurs à modeler

Têtes de gondole de la maison Aardman, Wallace et Gromit reviennent ces derniers mois sur les écrans à la faveur de rééditions aussi agréables à revoir que frustrantes : depuis Le Mystère du Lapin-Garou (2005), les deux comparses semblaient avoir été délaissés au profit d’un personnage plus mignon ou plus lucratif puisqu’il est devenu le héros d’une série autonome, Shaun le mouton. Composé de deux courts-métrages, Cœurs à modeler accentue ce double sentiment puisqu’il réunit A Close Shave (1995) — une fantaisie fantastique entre Delicatessen et Terminator, marquant d’ailleurs la “naissance” du jeune ovidé Shaun — et A Matter of Loaf and Death (2008), un inédit où Wallace, reconverti dans la boulange, tombe sous le charme d’une femme fatale aux allures d’ogresse jetant son dévolu sur tous les mitrons. Heureusement que l’enfariné benêt pourra compter sur la clairvoyance muette de Gromit pour le tirer de ce fichu pétrin… Bourrée d’astuces visuelles virtuoses et rythmée par un sens du gag irrési

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Marc Bonny : « Il y aura des films en plus au Comœdia »

ACTUS | Mi-octobre, le Comœdia ouvre trois salles de plus. Après beaucoup de rebondissements… Marc Bonny : Au départ, je m’étais intéressé à l’Odéon, mais sans (...)

Vincent Raymond | Vendredi 25 août 2017

Marc Bonny : « Il y aura des films en plus au Comœdia »

Mi-octobre, le Comœdia ouvre trois salles de plus. Après beaucoup de rebondissements… Marc Bonny : Au départ, je m’étais intéressé à l’Odéon, mais sans solutions architecturales pour les sorties de secours, ni possibilité de faire plusieurs salles, j’avais laissé tomber. Ce projet d’extension est alors arrivé en 2011. Il était initialement plus ambitieux en terme de fauteuils, avec deux salles en bas et une grande en haut. L’annonce de la reprise de la Fourmi et des CNP par l’Institut Lumière a alors été faite ; je savais qu’ils seraient positionnés sur le même créneau que nous. Cette nouvelle concurrence étant une grosse inconnue, j’ai revu la capacité à la baisse avec trois salles plus petites, sur un même niveau, pour baisser le coût de l’opération, à environ 2 millions d’euros. Il faut savoir que pour ce type d’investissements, les salles Art et Essai bénéficient d’aides fortes du CNC et de la Région. Le risque est donc balisé. Avec neuf écrans, y aura-t-il une inflexion dans la programmation ? MB : Non : on va continuer à faire ce pourquoi on a repris le Comœdia i

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Sortie de piste pour Pixar : "Cars 3" de Brian Fee

ECRANS | Flash McQueen se fait vieux : la nouvelle génération relègue sa génération aux stands, voire à la casse. Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Sortie de piste pour Pixar :

Flash McQueen se fait vieux : la nouvelle génération relègue sa génération aux stands, voire à la casse. Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, l’ancien élève de Doc Hudson tente de remettre les gaz aidé par Cruz Ramirez — une coach qui aurait aimé être pilote… Oublié, le deuxième volet à base d’essence d’espionnage frelatée ; retour ici aux fondamentaux : la course, la gomme brûlée et la fascination puérile pour la vitesse — en se livrant à un peu de psychanalyse de comptoir, on tirerait sûrement des choses rigolotes de cette vénération pour les objets polis, aérodynamiques et écarlates majoritairement masculins. À l’instar d’un Rocky Balboa moyen, McQueen doit accepter son déclin et de transmettre le flambeau. Mais de continuer à en remontrer à une bleusaille arrogante. Cette leçon vaut bien un rodage, sans doute, mais elle n’ajoute rien à la gloire de Pixar, dont on espère avec Coco (en novembre sur les écrans) enfin un digne successeur au merveilleux Vice-Versa

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Molly Monster

ECRANS | Molly trépigne de joie : elle va bientôt être grande sœur ! Mais ses parents sont partis sur l’île aux œufs en oubliant d’emporter le bonnet qu’elle a tricoté (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Molly Monster

Molly trépigne de joie : elle va bientôt être grande sœur ! Mais ses parents sont partis sur l’île aux œufs en oubliant d’emporter le bonnet qu’elle a tricoté pour son·sa puîné·e… Alors Molly ne fait ni une, ni deux et s’en va à leurs trousses… Destiné aux tout-petits dès 3 ans, ce film d’animation en forme de parcours initiatique sous-entend qu’être l’aîné·e d’une fratrie se mérite comme un beau cadeau. Et qu’il faut être prêt·e à triompher de plein d’épreuves dans des ambiances bariolées, plus psychédéliques encore qu’un épisode des Teletubbies passé à la centrifugeuse ou qu’une escapade de Moomins dans l’univers de George Dunning. S’il ne s’avère pas d’un grand secours pour expliquer comment l’on fait les bébés, Molly Monster se révèle en revanche aussi audacieux visuellement que les programmes télévisés en couleur des années 1970.

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L’École des lapins

ECRANS | Lapin urbain, Max rêve d’intégrer un gang trop cool. Mais un coup du sort l’expédie dans la légendaire école où ses congénères s’exercent pour devenir lapins de (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

L’École des lapins

Lapin urbain, Max rêve d’intégrer un gang trop cool. Mais un coup du sort l’expédie dans la légendaire école où ses congénères s’exercent pour devenir lapins de Pâques en protégeant l’œuf d’or sacré convoité par de fourbes renards… Voici un joli conte de saison, remettant au goût du jour la tradition germanique du lapin pascal (censé distribuer des œufs à la place des cloches ou des poules), et démontrant les vertus de la rigueur et de l’entraide, bien supérieures aux illusions promises par une vie de plaisirs égoïste — un fond certes bien moral ; mais c’est le propre du conte. L’animation fluide, la tonalité lumineuse de la palette choisie et le caractère primesautier des personnages, rendent le film particulièrement attachant. Visible dès 7 ans, s’il n’abêtit pas le jeune public, il ne cherche pas non plus à gagner les grands ados à sa cause en instillant d’artificiels niveaux de lecture parallèles. Pas de méprise toutefois : cette réussite ne nous dissuadera pas de croquer avec gourmandise des lapins en chocolat.

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La Jeune Fille sans mains

ECRANS | Un pauvre meunier se fait circonvenir par le Diable et lui cède sa fille en échange d’une fortune. Mais la belle étant trop pure pour être corrompue, le démon (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

La Jeune Fille sans mains

Un pauvre meunier se fait circonvenir par le Diable et lui cède sa fille en échange d’une fortune. Mais la belle étant trop pure pour être corrompue, le démon ne peut la toucher. Le père a beau couper les mains de sa fille, rien n’y fait… Cette adaptation animée de Grimm tranche littéralement avec le tout-venant, d’emblée par l’originalité de sa technique : toutes signées Sébastien Laudenbach, les illustrations la composant sont davantage des évocations, des esquisses à l’encre émaillées de masses colorées vibrantes que des images sagement bouclées. Il en ressort une intensité fiévreuse, une intranquillité en parfaite adéquation avec un sujet ne s’embarrassant pas de précautions inutiles — un conte étant un tissu de cruautés, un chapelet d’événements brutaux dont il faut tirer une morale, en adoucir les contours par crainte de choquer les jeunes esprits, frise toujours le contresens ! Triomphant sans hargne de toutes les injustices de la vie avec opiniâtreté, classe et optimisme, l’héroïne de La Jeune Fille sans les mains est une él

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John Musker & Ron Clements

ECRANS | Vaiana précise qu’elle n’est pas “princesse, mais fille de chef” ; Maui redoute qu’elle se mette à chanter… Avez-vous voulu transgresser les codes Disney (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

John Musker & Ron Clements

Vaiana précise qu’elle n’est pas “princesse, mais fille de chef” ; Maui redoute qu’elle se mette à chanter… Avez-vous voulu transgresser les codes Disney ? John Musker & Ron Clements : Pour nous, Vaiana n’était pas une princesse comme les autres : elle est moderne, différente de celles que nous avons créées auparavant comme Ariel dans La Petite Sirène. Notre défi majeur, c’était qu’elle soit vraiment l’héroïne, et non pas que Maui porte le film. Elle est là pour sauver le monde. Ce film est avant tout un rite de passage à l’âge adulte, il n’y a pas d’histoire d’amour. Mais sinon, on adore la musique et les chansons ! L’animation stylisée permet par convention aux personnages de montrer leurs passions, leurs sentiments, et tout ce qu’ils éprouvent par le chant. Qu’est-ce qui a changé dans la narration et l’animation depuis vos débuts ? John Musker : Beaucoup de choses ont changé depuis 43 ans que je suis chez Disney. Je n’ai pas connu Disney personnellement, mais j’ai travaillé avec des artistes qui avaient eu cette chance et connu ses points de vue, ses techniques. En un sens, beauco

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Vaiana, la légende du bout du monde

ECRANS | Mue d’une irrésistible envie de naviguer depuis son enfance, malgré le refus de son chef de père, Vaiana a été choisie par l’océan pour aider un demi-dieu (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

 Vaiana, la légende du bout du monde

Mue d’une irrésistible envie de naviguer depuis son enfance, malgré le refus de son chef de père, Vaiana a été choisie par l’océan pour aider un demi-dieu vantard à briser une malédiction condamnant son peuple. Elle embarque donc vers l’aventure… Après la parenthèse Zootopia, retour à une formule plus “classique” de parcours initiatique pour une héroïne nantie d’un faire-valoir costaud mais benêt. Une structure éprouvée signée par les auteurs de La Princesse et La Grenouille ou La Petite Sirène, où Maui le demi-dieu affiches les sempiternelles mimiques d’ado imbu de lui-même ; où l’on subit des chansons aiguës parlant de développement personnel, et où la finesse transparente de l’image nous en met plein la vue. La vraie nouveauté, c’est l’ouverture sur un corpus légendaire océanien (l’Europe, l’Asie, l’Amérique et l’Orient ayant été précédemment essorés) dont le graphisme du film tire parti : les personnages ont ainsi des physionomies “australes” crédibles ; quant aux tatouages tribaux, d’ordinaire si galvaudés, ils reprennent ici leur véritable dessein en étant… animés.

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Louise en hiver

ECRANS | Vacancière âgée dans une station balnéaire, Louise a manqué le dernier train de retour de la saison. La voilà prise au piège dans sa maison de villégiature pour (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Louise en hiver

Vacancière âgée dans une station balnéaire, Louise a manqué le dernier train de retour de la saison. La voilà prise au piège dans sa maison de villégiature pour l’hiver, avec pour seule compagnie la mer, ses souvenirs et un chien… Langueur de sieste et tonalité pastel portent ce film au ralenti, comme des vaguelettes bercent un bateau amarré à quai. Bien sûr, la technique artisanale est superbe, et la maestria de Jean-François Laguionie (Le Tableau) toujours intacte, mais le format court-métrage eût été suffisant pour venir à bout des vacances involontaires de cette Madame Hulotte en retraite. Sans doute le voyage intérieur que Louise accomplit dans sa nostalgie fera-t-il écho auprès des têtes argentées ; encore faut-il que ces spectateurs consentent à aller voir un film d’animation sans bambin pour escorte — ce qui n’est pas, hélas, toujours gagné. Demeure un étonnement : pourquoi avoir attribué à Louise le timbre râpeux de Dominique Frot, alors que sa silhouette et son minois semblent avoir été calq

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La Grande course au fromage

ECRANS | L’impulsivité de Solan le canard lui joue bien des tours ! La preuve avec un dernier “exploit” : parier une maison (qui n’est pas la sienne) contre une (...)

Vincent Raymond | Mercredi 9 novembre 2016

La Grande course au fromage

L’impulsivité de Solan le canard lui joue bien des tours ! La preuve avec un dernier “exploit” : parier une maison (qui n’est pas la sienne) contre une usine de fromages (norvégiens, en plus). Pour sauver la bicoque engagée, le volatile et ses amis doivent convoyer une meule géante à travers la montagne. Ils vont s’en payer une bonne tranche… Quelle substance, psychotrope ou non, faut-il avoir ingérée pour imaginer un titre et un synopsis aussi improbables ? Du brunost hors d’âge ? Les arcanes des auteurs de films à destination des jeunes publics demeurent en tout désespérément insondables pour les profanes que nous sommes. L’invraisemblance d’un sujet n’ayant jamais défrisé la moindre tête blonde, brune ou rousse, les tout-petits spectateurs lambda suivront avec gourmandise les déambulations pataudes des personnages de ce stop motion long comme un jour sans pain, pendant que leurs accompagnateurs s’abandonneront à une bienheureuse sieste. Même si l’animation est correcte, l’exotisme nordique ne suffit pas à captiver outre mesure. Bref, c’est râpé.

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"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

ECRANS | Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre ; elle vous ouvrira (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Ma vie de courgette est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public, sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. « Tout est affaire de décor » écrivait Aragon en d’autres circonstances, ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentaux, des maltraitances enfantines, d’énurésie, d’éveil à l’amour et à la sexualité… un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, attaquées de front sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés.

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La Chouette entre veille et sommeil

ECRANS | Une chouette affable s’en vient conter cinq historiettes ; cinq brèves amusettes inspirées de légendes d’ici ou de traditions de là, à écouter avant de faire (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

La Chouette entre veille et sommeil

Une chouette affable s’en vient conter cinq historiettes ; cinq brèves amusettes inspirées de légendes d’ici ou de traditions de là, à écouter avant de faire dodo… Programme d’animation destiné au plus jeune des publics (dès 3 ans), cet assemblage de courts-métrages réalisé sous le patronage d’Arnaud Demuynck fait se succéder des talents aux parti-pris graphiques très variés : on peut apprécier chaque film pour des raisons différentes. La relecture de La Soupe au caillou installe un sympathique bestiaire bariolé dans une ambiance de fête de quartier, celle de La Moufle joue sur la quiétude de la neige et du rêve ; quant à La Galette court toujours, elle reprend le Bonhomme de pain d’épice. Parents et enfants partageront sûrement quelques regards complices pendant Une autre paire de manche illustrant habilement tous les impérieux contretemps empêchant le jeune Arthur de se préparer le matin pour aller à l’école — on sent le vécu. Et n’invoqueront certes plus d’ovin pour trouver le sommeil après avoir ri aux éclats devant Compte les mou

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Les Nouvelles aventures de Pat et Mat

ECRANS | Aussi prompts à recourir à leur boîte à outils qu’inaptes à s’en servir à bon escient, les héros de cette nouvelle fournée de courts-métrages mériteraient de s’appeler (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 septembre 2016

Les Nouvelles aventures de Pat et Mat

Aussi prompts à recourir à leur boîte à outils qu’inaptes à s’en servir à bon escient, les héros de cette nouvelle fournée de courts-métrages mériteraient de s’appeler Bricolo et Fiasco — leurs interventions se traduisant invariablement par une aggravation de la situation initiale ! Oh, ils ne manquent pas d’inventivité ; seuls le bon sens et l’adresse leur font défaut : ces deux partisans du moindre effort seraient en effet prêts à imaginer (et construire) une machine à peler les bananes plutôt qu’être contraints de les éplucher, dussent-ils pour cela brûler une bananeraie — pourquoi faire simple lorsque l’on peut complexifier à outrance ? Rythmées par une entraînante fanfare synthétique, les cinq aventures de ces bricoleurs du dimanche — 7 jours sur 7 — au sourire impassible semblent provenir du burlesque muet. Il y a du Buster Keaton dans l’absurdité et le bric-à-brac des gags ; un art de résoudre les problèmes de la pire façon, certes, mais aussi la plus poétique. Héritière de la tradition tchèque, cette “ost-animation” peut paraître rigide de prime abord

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La Tortue rouge

ECRANS | Le Néerlandais Michael Dudok de Wit aura pris tout son temps avant de franchir le pas du long-métrage. Pourtant, il devait se douter que, loin de (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

La Tortue rouge

Le Néerlandais Michael Dudok de Wit aura pris tout son temps avant de franchir le pas du long-métrage. Pourtant, il devait se douter que, loin de l’attendre au tournant, le public ayant découvert — et apprécié — ses films courts multi-primés Le Moine et le Poisson (1994) ou Père et Fille (2000) avait grand hâte de voir sa poésie muette empreinte de tendresse se déployer dans la durée. Étonnamment, c’est du côté des studios nippons Ghibli que l’ancien résident de Folimage aura trouvé asile — il s’agit au passage d’une belle ouverture pour la maison fondée par Takahata et Miyazaki, qui n’avait jusqu’alors jamais accueilli d’auteur non-asiatique. Une collaboration somme toute logique : Dudok de Wit se trouve en parfaite communion philosophique et spirituelle avec ses aînés, chantres comme lui d’une relation pacifiée, d’une osmose retrouvée entre l’Homme et son envir

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Hana et Alice mènent l’enquête : le renouveau de l'anime nippon

ECRANS | Inconnues pour la plupart des spectateurs occidentaux, Hana et Alice ont pourtant vu le jour sur les écrans il y a une dizaine d’années au Japon en chair, (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 mai 2016

Hana et Alice mènent l’enquête : le renouveau de l'anime nippon

Inconnues pour la plupart des spectateurs occidentaux, Hana et Alice ont pourtant vu le jour sur les écrans il y a une dizaine d’années au Japon en chair, en os et en uniforme. Créées par Shunji Iwai pour agrémenter des spots à la gloire d’une barre chocolatée portionnable bien connue, ces lycéennes s’en sont (presque) affranchies en devenant en 2004 les héroïnes d’un long-métrage éponyme narrant leurs complicité ainsi que leurs aventures sentimentales. Le temps a passé, mais Iwai n’en avait pas pour autant fini avec elles. Et c’est par la voie de l’animation qu’il a choisi d’offrir un prolongement en forme de préquelle à leur exploits. À partir de cette pierre dessinée avec grand talent, le cinéaste effectue un nombre impressionnant de ricochets : il se révèle à une plus large audience en France (où curieusement, ses films n’ont jamais beaucoup été relayés) et s’affirme comme un excellent réalisateur de film d’animation, investissant le segment “réaliste”— celui de l’imaginaire étant déjà largement quadrillé par les héritiers de Takahata et Miyazaki, tels que Hosoda ou la foule des auteurs de nekketsu. Précis et sans hentaï Shunji Iwai s

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Robinson Crusoe

ECRANS | Le plus célèbre naufragé du monde refait surface, sous forme animée et en 3D. Mais était-ce bien nécessaire ? Pour “justifier” cette adaptation de Defoe à (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Robinson Crusoe

Le plus célèbre naufragé du monde refait surface, sous forme animée et en 3D. Mais était-ce bien nécessaire ? Pour “justifier” cette adaptation de Defoe à destination d’un jeune public, on a gratifié le marin perdu d’animaux parlants, de chats maléfiques, de couleurs saturées et de péripéties moisies. Ajoutons un registre d’expressions faciales limitées et des textures peu travaillées pour faire bonne mesure. Heureusement qu’une séquence durant une poursuite sur un aqueduc offre quelques sensations fortes : pendant quelques secondes, on est proprement désorienté, n’ayant plus conscience du haut ni du bas ! S’échouant sur nos écrans à Pâques (les vacances, pas l’île), ce film encore plus malade que Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout (2012) constitue la meilleure incitation à lire la prose du regretté Michel Tournier.

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Cartoon plein dans les salles

ECRANS | Vous appréciez le cinéma d’animation, mais refusez par principe de vous infliger en famille les dernières émanations des gros studios ? Saisissez-vous du (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Cartoon plein dans les salles

Vous appréciez le cinéma d’animation, mais refusez par principe de vous infliger en famille les dernières émanations des gros studios ? Saisissez-vous du prétexte des congés scolaires pour convoyer vos ouailles dans les salles du réseau Grac de la Métropole ! 28 sites s’associent une fois encore en amont de la convention annuelle des professionnels européens de l’animation à Lyon (le Cartoon Movie) pour proposer un florilège de la production continentale récente — soit 16 programmes longs ou courts. L’occasion pour tous les publics de rattraper leur retard avec des œuvres singulières. Les courts-métrages de Neige et les arbres magiques conviendront aux bambins dès 3 ans, tandis que les plus grands auront l’embarras du choix entre le très réussi Avril et le Monde truqué (qui mérite d’aplatir l’infâme Petit Prince aux César), Phantom Boy,

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Les Espiègles

ECRANS | Visible dès 3 ans, cette nouvelle récolte de courts métrages animés issus des studios lettons AB, signés par l’auteur de SOS Brigade de secours !, est très axée (...)

Vincent Raymond | Mercredi 10 février 2016

Les Espiègles

Visible dès 3 ans, cette nouvelle récolte de courts métrages animés issus des studios lettons AB, signés par l’auteur de SOS Brigade de secours !, est très axée sur les questions de nature — l’espièglerie étant l’arme pacifique dont les animaux se servent pour se prémunir des attaques ou de la désinvolture humaine. Réalisés en stop motion à partir de pâte à modeler et de poupées dont les fibres diverses hurlent leur origine synthétique et les colorants non biologiques, ces petits films bariolés se révèlent toujours aussi plaisants à découvrir. VR

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Tout en haut du monde

ECRANS | Le renouveau de l’animation viendrait-il de la diversité européenne ? Même si l'on trouve mille qualités à Vice-Versa, à Dragons voire à L’Âge de glace, l’honnêteté (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Tout en haut du monde

Le renouveau de l’animation viendrait-il de la diversité européenne ? Même si l'on trouve mille qualités à Vice-Versa, à Dragons voire à L’Âge de glace, l’honnêteté oblige à admettre que ces films souffrent d’un regrettable conformisme esthétique — quand ils ne succombent pas à certains gimmicks narratifs. Comme si la créativité de leurs auteurs ne pouvait s’exprimer qu’à l’intérieur d’un champ clos produisant des fruits ronds, colorés et sucrés, à la saveur prévisible. De notre côté de l’Atlantique, les cinéastes ont une autre approche : ils ne cherchent pas à rivaliser dans la restitution de la réalité — cette course à l’échalote technique servant d’argument aux films ayant les scénarios les plus pauvres —, ils investissent l’écriture en traitant de sujets plus segmentants, moins glamour ; et réfléchissent à la dimension plastique de leurs œuvres. Découvrir Tout en haut du monde, c’est avoir le regard ébloui par une bourrasque de pureté et de clarté. Rémi Chayé propose un traitement visuel allant à l’essentiel, très flat design, qui change les perspectives

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Où sont les fans ?

CONNAITRE | Comme toute industrie digne de ce nom, celle du jeu vidéo a ses conventions, au sens événementiel du terme : l'E3 à Los Angeles, la Gamescom à Cologne et le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 11 mai 2012

Où sont les fans ?

Comme toute industrie digne de ce nom, celle du jeu vidéo a ses conventions, au sens événementiel du terme : l'E3 à Los Angeles, la Gamescom à Cologne et le Tokyo Game Show, pour ne citer que les plus courues. De vastes raouts où, au milieu d'un aréopage de babes pressées d'en finir et de cosplayers en chasse de produits dérivés, la plupart des acteurs du secteur rivalisent d'effets d'annonce autour de leurs futurs produits. La plupart, car quelques petits malins conscients de l'extrême dévotion dont peuvent faire montre les gamers préfèrent réserver la primeur de leurs nouveautés à leurs fans, le temps de festives auto-célébrations. C'est par exemple le cas du géant californien Blizzard, propriétaire de World of Warcraft, le jeu de rôle en ligne aux dix millions d'abonnés, avec sa Blizzcon. En France, la démarche a été adoptée par Ankama, simple agence web devenue en l'espace de dix ans le plus convaincant adepte du crossmedia (le développement synergique d'une même création sur différents supports), son Monde des Quatorze, univers médiéval-fantastique d'une pétillance graphique et linguistique d'habitude exclusive a

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Vacances au musée

CONNAITRE | Super marioLe Musée Gadagne, musée d'histoire de Lyon mais aussi musée international de la marionnette, accueille la comédienne et marionnettiste Danielle (...)

Nadja Pobel | Jeudi 22 octobre 2009

Vacances au musée

Super marioLe Musée Gadagne, musée d'histoire de Lyon mais aussi musée international de la marionnette, accueille la comédienne et marionnettiste Danielle Charotte de la Compagnie Il sera une fois pour un stage long. Les enfants de 8 ans et plus pourront apprendre durant trois après-midi (du 28 au 30 octobre) à confectionner une «murotte», un mélange de «muppet» (marionnette à la bouche amovible) et de «marotte» (manipulée par le bas à l'aide d'une tige). Le but étant que les apprentis artisans puissent imaginer leur personnage, le dessiner puis le créer. Pour les enfants moins assidus, il est possible de suivre un atelier d'une seule séance, comme celle consacrée aux théâtre d'ombres, le 4 novembre.www.gadagne.musees.lyon.fr Halloween en tissuVisiter un musée plongé dans le noir, éclairé par une simple lampe torche : voilà la belle idée du Musée des tissus pour la soirée d'Halloween. Les enfants de 3 à 12 ans sont invités à venir écouter des contes de fantôme distillés en arpentant les collections et à participer à une chasse aux bonbons. Plus tôt dans la journée, ils auront pu confectionner

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Evangelion : 1.0 You are (not) alone

ECRANS | Petit rappel historique : au beau milieu des années 90, une série animée traumatisa une génération de spectateurs. Evangelion, sous ses apparences de récit (...)

Christophe Chabert | Lundi 2 mars 2009

Evangelion : 1.0 You are (not) alone

Petit rappel historique : au beau milieu des années 90, une série animée traumatisa une génération de spectateurs. Evangelion, sous ses apparences de récit ultra-codifié (dans un futur post-apocalyptique, des adolescents sont formés pour piloter des «méchas» géants afin de lutter contre des menaces extraterrestres), traitait d’une façon pour le moins crue des tourments du passage à l’âge adulte, le tout sous une approche mystique foutrement originale. En un pied de nez magistral mais suicidaire à ses fans comme à ses bailleurs de fonds, qui exigeaient des réponses sur les finalités de cet univers à part, Hideaki Anno déclencha avec l’incroyablement glauque End of Evangelion une polémique monstrueuse et se fit désavouer par les cohortes de geeks qui l’avait adulé. On devine, avec ce projet de remake de la série originale, le dessein à l’œuvre : redorer le blason d’une franchise qui fut l’une des plus lucratives de son temps. Les moyens ont été mis, l’ajout de la 3D se fait sans grande trahison du matériau de base et rajoute une puissance visuelle insoupçonnée. Le caractère parfois elliptique de la narration contribue à l’abstraction chère au cœur d’Anno, les scènes emblématiques de

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Volt, star malgré lui

ECRANS | Une curiosité légitime poussait à attendre quelque chose de Volt : pour la première fois, un des pionniers de Pixar, John Lasseter, travaillait comme (...)

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2009

Volt, star malgré lui

Une curiosité légitime poussait à attendre quelque chose de Volt : pour la première fois, un des pionniers de Pixar, John Lasseter, travaillait comme producteur exécutif sur un film de la maison-mère Disney. L’entrée en matière percutante de Volt laisse penser que la greffe va prendre : une impressionnante scène de poursuite avec un chien doté de super-pouvoirs, puis une mise en abime du «tournage» de la séquence où l’on découvre que ledit clébard est un acteur à qui l’on cache son statut de star de cinéma. L’animation virtuelle qui donne des leçons au réel ? C’était déjà le sujet passionnant de Toy Story. Mais là où Lasseter poussait le bouchon jusqu’à donner vie et pensée à des créatures inanimées, Volt se contente de reproduire le vieil anthropomorphisme disneyen, avec tous ses poncifs narratifs (seconds rôles truculents, séquence émotion à la fin et chanson sirupeuse au milieu). Le constat est implacable : à l’heure où Pixar créait le révolutionnaire Wall-E, Disney pataugeait avec ce faussement moderne Volt. CC

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