Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

Danse | L'opposition a grincé après l'annonce de l'abandon du projet d'Ateliers de le Danse dans l'ancien Musée Guimet. Ateliers qui seront relocalisés dans le 8e, sur le site du groupe scolaire Kennedy, tout proche de la Maison de la Danse. Une décision qui impacte par ricochet l'avenir du Musée Guimet mais aussi de l'ancienne ENSBA.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Photo : © Mona Bonetto


L'annonce a bousculé et montré que les Verts et leurs alliés n'hésiteraient pas à aller à l'encontre des habitudes prises sous le règne Collomb et que les caciques de la culture lyonnaise devraient remettre leur trône en jeu : ainsi Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, maîtresse de cérémonie de la Biennale de la Danse, l'incontournable pivot de tout ce qui touche à l'art chorégraphique dans la cité — et ce, avec un talent indéniable. Mais la voici challengée, de nouveau : son projet de Maison de la Danse à Confluence avait déjà été retoqué — non pas par les politiques locaux emmenés alors par Georges Képénékian et Gérard Collomb, qui défendaient le projet, puisque c'est le Ministère de la Culture qui avait refusé de suivre financièrement comme nous l'avait expliqué en juin dernier Georges Képénékian pendant la campagne électorale : « on n'a pas fait la Maison de la Danse à 100M€ en 2014 — je me souviens d'un rendez-vous au ministère, avec le DRAC de l'époque et Dominique Hervieu, et on m'a regardé en me disant : "monsieur l'adjoint, est-ce que vous pensez vraiment qu'après la Philharmonie à Paris, qu'après le Musée des Confluences, on va encore lancer des projets à 100M€ ?". Fin de l'aventure. C'est là qu'on avait proposé la Fabrique, on pouvait le faire à 25M€, et l'Atelier de la Danse est un prolongement de ça ».

À quelques encablures de la Maison de la Danse

Mais ce sont désormais ces Ateliers de la Danse prévus dans les murs de l'ancien Musée Guimet, dont le permis de construire n'avait jamais été signé, qui sont abandonnés par le nouvel édile EELV, Grégory Doucet. Cinq ans de travail qui s'évanouissent, mais avec des arguments côté bourreau : le coût, déjà, qui a grimpé jusqu'à 40M€ et qui peut paraître énorme en pleine crise du secteur — car même au niveau de la Maison de la Danse, il va falloir compenser les pertes en billetterie dûes à la crise de la Covid-19. Des soucis d'acoustique, également, en ces lieux non prévus pour de la diffusion sonore amplifiée, comme l'a écrit Le Progrès. Cartes rebattues, donc. Mais pas de mise hors-jeu : si le projet initial porté par Dominique Hervieu et ses équipes a été jugé « déjà daté » par certains dans la nouvelle équipe, il reste pertinent sur le fond — le besoin d'un lieu de création pour les artistes et d'espace pour la pratique amateur restant criant. Il est donc toujours défendu par le maire Grégory Doucet et son adjointe à la Culture, Nathalie Perrin-Gilbert. Qui ont demandé à ce que ce dossier soit redimensionné. Et ont rapidement alloué un nouveau lieu : le foncier trouvé sera dans le 8e arrondissement, comme révélé par Le Petit Bulletin, et nous pouvons affirmer aujourd'hui que ce sera celui du groupe scolaire Kennedy, situé rue Jean Sarrazin, dans le 8e donc, à quelques encablures de la Maison de la Danse comme voulu désormais par la Ville. Ce groupe scolaire va être reconstruit — avec création d'un gymnase —, et à côté sera créé cet équipement dédié à la danse. C'est désormais une priorité de la PPI, la programmation pluriannuelle d'investissements de la Ville de Lyon, qui définit les grands projets du mandat et leur budget. Les services de la Ville ont commencé à travailler sur ce projet en attendant le vote prochain de la PPI, de manière à ce que tout soit prêt en amont côté études et administratif.

Pas contente

L'opposition a vertement réagit à l'annonce de cet abandon. Georges Képénékian, pour le groupe Progressistes & Républicains, appuie ainsi sur le manque de concertation et de dialogue de la nouvelle équipe municipale : « le groupe P&R exprime sa stupéfaction sur la méthode employée et son inquiétude sur les conséquences de cette décision. Cette annonce du maire de Lyon est faite sans aucune information aux élus municipaux et sans que l'on sache si toutes les parties prenantes ont été concertées. Ce sujet pourtant d'importance au vu du montant de l'investissement, n'a jamais été abordé par l'adjointe en charge de la Culture, ni lors de la commission culture ni lors du dernier Conseil Municipal. Alors que l'actuelle majorité avait fait sa priorité d'une gouvernance plus démocratique, plus ouverte au dialogue, les faits traduisent malheureusement l'inverse​. L'arrêt de la réhabilitation de l'ancien Musée Guimet risque de replonger ce bâtiment auquel les Lyonnais sont très attachés dans l'abandon et l'oubli au lieu de le valoriser en lui permettant d'accueillir des ateliers de danse et les bureaux, laboratoires et réserves du service municipal d'archéologie. »

Yann Cucherat et Gérard Collomb s'en sont également indignés : « le Groupe Pour Lyon manifeste son regret quant à cette décision hâtive, prise sans aucune concertation. Elle est en effet lourde de conséquences pour le secteur de la culture, déjà fortement impacté par la crise sanitaire. Si la Ville de Lyon est une métropole attractive, c'est notamment grâce à ses précieuses institutions culturelles : l'Opéra de Lyon, la Maison de la Danse, l'Orchestre National de Lyon, qui lui permettent un rayonnement international. C'est dans ce contexte que les Ateliers de la Danse devaient voir le jour, avec une ambition forte : élargir l'offre culturelle avec un nouvel espace de travail et de création moderne et faire de notre Ville, la Capitale Européenne de la danse ! Pour rappel, le budget de rénovation, passé de 26 à 31 millions d'euros, est pris en charge par l'État (DRAC) à hauteur de 4, 5M€ et par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, à hauteur d'1M€. Suite au besoin de débloquer 5M€ supplémentaires sur le projet, la DRAC s'est engagée à accompagner ses nouveaux travaux à hauteur de 1, 5M€. Si la mairie de Lyon a le droit d'abandonner un projet d'envergure elle se doit d'assumer ses choix. La directrice de la Maison de la Danse doit désormais trouver un autre bâtiment pour accueillir ses Ateliers. Ce bouleversement engendre nécessairement un premier coût. La mairie doit également reloger les services archéologiques dans un deuxième lieu adapté à ses besoins et trouver une destination pour l'ancien bâtiment de l'École des Beaux-Arts, dont la destruction en partie devait permettre de dégager l'église du Bon Pasteur, d'aménager une terrasse avec une vue magnifique sur l'amphithéâtre des Trois Gaules et sur la ville et de réaliser des logements en accession à la propriété et des logements sociaux. Cela ne se fera sans doute pas. Par ailleurs va se reposer la problématique de la rénovation du Musée Guimet et de sa destination future. En additionnant l'ensemble des financements nécessaires pour réaliser ces changements majeurs, on s'aperçoit que les coûts prévus pour la rénovation du Musée Guimet seront probablement dépassés. Nous aurons alors perdu l'occasion de faire émerger un projet artistique d'exception dans un bâtiment dont le nom est connu dans le monde entier. »

Quid du Musée Guimet et de l'ancienne ENSBA

Se pose donc aussi le devenir des services archéologiques de la Ville, qui devaient quitter l'ancienne ENSBA où ils occupent actuellement le rez-de-chaussée et les sous-sols, pour aller eux aussi sur un étage du Musée Guimet — ils ont besoin de 1500m2. Rien n'a encore été arbitré, mais leur maintien au sein de l'ancienne ENSBA, en lien avec l'amphithéâtre des Trois Gaules, est possible. Le devenir de ce spot emblématique de la culture lyonnaise, qui a formé nombre d'artistes et d'enseignants, n'a toujours pas été arbitré non plus — le bâtiment attise toutes les convoitises : 7000m2 en pleine Croix-Rousse, au cœur d'une crise jamais vue dans la culture, au vu de l'histoire du lieu... évidemment il paraitraît judicieux de le garder en lien direct avec cet univers pour faire sens, tout en le reconnectant avec les habitants des Pentes qui ont ardemment milité contre sa vente au privé. Ce qui correspond au discours public des nouveaux élus qui ont régulièrement pestés contre la grande braderie du patrimoine lyonnais opérée par Gérard Collomb ces dernières années.

La future destination du Musée Guimet n'est elle non plus pas encore définie, même si plusieurs idées parcourent les têtes des élus et élues. Mais il faudra déjà voir dans le cadre de la fameuse PPI quellle est l'ampleur des moyens restant qui pourraien être alloués à un futur projet pour ce lieu et à sa rénovation préalable — nécessaire, au vu de son état actuel après des années d'abandon.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

ACTUS | Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs (...)

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

Continuer à lire

Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

ACTUS | C'était l'un des projets phares lancés par la précédente mandature sous Gérard Collomb, et ce chantier ne verra jamais le jour dans sa forme initiale : (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

C'était l'un des projets phares lancés par la précédente mandature sous Gérard Collomb, et ce chantier ne verra jamais le jour dans sa forme initiale : les Ateliers de la Danse, imaginés par la directrice de la Maison de la Danse Dominique Hervieu au sein de l'ancien Musée Guimet (Lyon 6e), fermé depuis 2007, ont été retoqués par la nouvelle municipalité. En cause : le coût, principalement. Qui ne correspond pas aux chiffres annoncés en conseil municipal. Si le montant initial était envisagé autour de 5M€ en 2015, il a vite grimpé à 31M€ en 2020. Et Nathalie Perrin-Gilbert, la nouvelle adjointe à la Culture, a découvert à son arrivée en poste que ces Ateliers de la Danse coûteraient en réalité 40M€ à la collectivité. Pour un projet que certains dans les couloirs de la mairi

Continuer à lire

« Quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

ACTUS | Avez-vous choisi votre adjoint ou adjointe à la Culture ? Georges Képénékian : Non. Vraiment, non. Ce n’est pas une bonne manière d’aborder une élection. Se (...)

Sébastien Broquet | Mardi 23 juin 2020

« Quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Avez-vous choisi votre adjoint ou adjointe à la Culture ? Georges Képénékian : Non. Vraiment, non. Ce n’est pas une bonne manière d’aborder une élection. Se préparer et avoir en tête comme je l’ai fait les cent premiers jours avec les grandes décisions à prendre, oui. Distribuer des postes tant que l’on n’est pas en place, ce n’est pas très bien vis-à-vis des électeurs. Je n’ai pas cette forme d’arrogance. On verra dimanche soir quels messages nous envoient les Lyonnais. Quelle composition sera pressentie pour ce conseil municipal. Quels seront les enjeux. Pour aucun des postes, je n’ai choisi ; et j’aime bien avoir cette liberté jusqu’au 28 juin au soir. Si vous êtes élu, vous allez arrivez au pouvoir face à un secteur culturel que vous connaissez très bien — puisque vous avez été vous-même adjoint à la Culture — et qui connaît une crise sans précédent. Vous avez annoncé un plan d'urgence de 10M€. GK : J’ai mené un travail que David Kimelfeld m'a commandé sur le déconfinement. On a fait un rapport en deux étapes : la première jusqu’à juin, et une seconde tranche que j’avais bien anticipé, qui couvrirait

Continuer à lire

« On prélèvera 4% des subventions accordées aux institutions pour les redistribuer aux petites structures »

ACTUS | Qui sera votre adjoint ou adjointe à la Culture si vous êtes élu ? Yann Cucherat : Ce n’est pas acté. On a un programme commun à partager, à diffuser aux (...)

Sébastien Broquet | Lundi 22 juin 2020

« On prélèvera 4% des subventions accordées aux institutions pour les redistribuer aux petites structures »

Qui sera votre adjoint ou adjointe à la Culture si vous êtes élu ? Yann Cucherat : Ce n’est pas acté. On a un programme commun à partager, à diffuser aux Lyonnais et aux Lyonnaises, nous n'en sommes pas à réfléchir à qui sera dans l’exécutif, qui portera telle ou telle délégation. C’est important pour nous de ne pas distribuer les postes maintenant et d’être rassemblés autour d’un projet. Dans toutes les discussions que nous avons eues, on n’a jamais parlé de poste — mais uniquement de l’intérêt à porter ce projet ambitieux, en lien avec le contexte que l’on connaît actuellement. Ce qui peut s’entendre sur plusieurs délégations. Mais la culture est particulièrement en crise en ce moment : savoir qui sera l’adjoint couvrant ce secteur dans quelques jours est une décision très attendue par les acteurs culturels. Dans mes équipes, il y a des gens de grande qualité qui pourraient prendre cette responsabilité à bras le corps dès le lendemain des élections. Par respect pour le travail d’équipe actuellement mené, nous n’avons pas identifié une personne. Mais j’ai en tête plusieurs noms, qui pourraient être de très bons adjoints

Continuer à lire

Pas de bal pour le 14 juillet, mais probablement un feu d'artifice

ACTUS | Si la Préfecture du Rhône en valide l'autorisation, toujours en attente en ce jeudi 11 juin, il y aura bien un feu d'artifice le mardi 14 juillet à Lyon. (...)

Nadja Pobel | Jeudi 11 juin 2020

Pas de bal pour le 14 juillet, mais probablement un feu d'artifice

Si la Préfecture du Rhône en valide l'autorisation, toujours en attente en ce jeudi 11 juin, il y aura bien un feu d'artifice le mardi 14 juillet à Lyon. Mais « il ne devra pas réunir les gens en masse » a annoncé l'adjoint aux grands événements de la mairie, Yann Cucherat. Celui qui brigue le fauteuil de maire aux côtés des Républicains a annoncé qu'il serait tiré « plus en hauteur que d'habitude pour être vu de plus loin et qu'il serait plus court : ce sera un feu d'artifice symbolique ». Gérard Collomb a ensuite précisé qu'il n'y aurait pas des traditionnels bals, en particulier sur les quais, pour éviter les regroupements.

Continuer à lire

La fièvre chorégraphique lyonnaise

SCENES | Derrière la (trop ?) haute toque de la gastronomie, Lyon serait-elle en passe de devenir l'une des capitales internationales de la danse, voire La (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 septembre 2018

La fièvre chorégraphique lyonnaise

Derrière la (trop ?) haute toque de la gastronomie, Lyon serait-elle en passe de devenir l'une des capitales internationales de la danse, voire La capitale de la danse ? Qu'importe les emblèmes et les titres de gloire direz-vous, mais force est de constater, à chaque Biennale notamment, l'engouement particulier des Lyonnais pour la danse : qu'elle soit populaire avec le défilé qui reprendra cette année son circuit sur la Presqu'île, ou un peu plus "cultivée" dans les salles de spectacle. Bientôt, en 2021, un élément majeur viendra s'ajouter à l'édifice chorégraphique local : les Ateliers de la Danse, dans l'ancien Musée Guimet, qui accueillera des artistes en création sur des temps longs de résidence. C'est donc une véritable (et joyeuse) hydre à plusieurs têtes que dirigera alors Dominique Hervieu : la Maison de la Danse, les Ateliers, la Biennale, le Défilé... sans compter encore la Triennale de Yokohama au Japon (dont elle est directrice artistique, appliquant là-bas le modèle lyonnais) et l'exportation de la Biennale à Saint-Étienne et à Clermont-Ferrand cette année. Ou encore, petite biennale dans la Bie

Continuer à lire

Dominique Hervieu : « mon cheval de bataille, c'est la création »

SCENES | En tant que spectatrice, quel a été votre premier grand choc chorégraphique ? Dominique Hervieu : C'était la série de performances de Jan Fabre créée (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 12 septembre 2018

Dominique Hervieu : « mon cheval de bataille, c'est la création »

En tant que spectatrice, quel a été votre premier grand choc chorégraphique ? Dominique Hervieu : C'était la série de performances de Jan Fabre créée dans les années 1980, C'était du théâtre comme c'était à prévoir, présentée au Petit Théâtre de Bastille à Paris. Plus qu'un choc, ce fut même une révolution, pour moi danseuse classique à l'époque. Cette pièce m'a ouverte à la création contemporaine, et j'y ai été sensible aux glissements entre danse et théâtre, danse et arts plastiques. Il y avait dans cette œuvre de Jan Fabre une grande sensibilité, un engagement parfois au bord de l'hystérie, un mélange si singulier entre hyper sobriété et hyper théâtralité. Et le dernier en date ? Il y en a deux. D'abord un solo de Oona Doherty (Lazarus & the Birds of Paradise) où la jeune chorégraphe parvient à nouer ensemble les questions du sens, du corps et du mouvement. Il n'y a pas chez elle de messag

Continuer à lire

« Tant mieux si la danse s’empare de façon aussi directe des sujets actuels »

SCENES | Comment concevez-vous la programmation de Sens Dessus Dessous ? Dominique Hervieu : Ce qui m’importe ici, c’est de montrer d’autres aspects (...)

Anne Huguet | Mardi 20 février 2018

« Tant mieux si la danse s’empare de façon aussi directe des sujets actuels »

Comment concevez-vous la programmation de Sens Dessus Dessous ? Dominique Hervieu : Ce qui m’importe ici, c’est de montrer d’autres aspects de la danse. Des œuvres moins fédératrices, à voir sur des jauges réduites (de 300 à 400 places). Ma programmation est bien sûr liée à l’actualité de la création. C’est aussi fonction des artistes que je souhaite accompagner. Je pense à Oona Doherty ou Jann Gallois (artistes associées dans le cadre du Pôle Européen de Création). S’ajoutent à cela les vrais coups de cœur. Comme Nacera Belaza. Elle viendra au Musée des Confluences faire vivre aux visiteurs une expérience assez unique. Il y a dans sa démarche un rapport vraiment contemporain associé à une dimension répétitive, spirituelle et même ethnographique. Les femmes, au cœur de votre programmation ? J’ai souhaité mettre en avant cette nouvelle génération de jeunes femmes chorégraphes (Jann Gallois, Oona Doherty) qui incarne un vrai renouveau féminin dans la création artistique internationale. Souvent issues du mouvement hip-hop, elles s’en éloignent et s’en émanci

Continuer à lire

Loïc Graber à la culture

ACTUS | La décision était prise depuis jeudi dernier : c'est bien Loïc Graber qui est nommé adjoint à la culture de la Ville de Lyon, prenant ainsi la succession à ce (...)

Sébastien Broquet | Mardi 18 juillet 2017

Loïc Graber à la culture

La décision était prise depuis jeudi dernier : c'est bien Loïc Graber qui est nommé adjoint à la culture de la Ville de Lyon, prenant ainsi la succession à ce poste emblématique du tout nouveau maire fraîchement élu cette semaine, Georges Képénékian. Sa promotion dans le rang des adjoints (de 21e et bon dernier, à 7e) le laissait augurer dès lundi soir. Après avoir sondé plusieurs possibilités, dont celle de nommer un transfuge venu de la droite (Emmanuel Hamelin a été souvent cité, ce qui inquiétait le petit monde de la culture lyonnaise) ou le respecté Jean-Yves Sécheresse, c'est donc l'ancien adjoint à la démocratie participative, élu dans le 7e arrondissement, qui hérite de la fonction, un peu par surprise : il n'a que peu œuvré jusque-là dans ce domaine. Le 7e est décidément pourvoyeur d'élus à la culture : la maire Myriam Picot est elle-même en charge de la culture à la Métropole, et Romain Blachier reste l'adjoint à la culture de l'arrondissement.

Continuer à lire

Georges Képénékian dans un fauteuil

ACTUS | Lors du conseil municipal du lundi 17 juillet, Georges Képénékian a été élu maire de Lyon, prenant ainsi la suite de Gérard Collomb, nommé ministre d'État à (...)

Nadja Pobel | Lundi 17 juillet 2017

Georges Képénékian dans un fauteuil

Lors du conseil municipal du lundi 17 juillet, Georges Képénékian a été élu maire de Lyon, prenant ainsi la suite de Gérard Collomb, nommé ministre d'État à l'Intérieur, le 17 mai dernier suite à l'accession à la présidence de la République d'Emmanuel Macron. Si l'événement ne revêt aucune surprise – Georges Képénékian était le premier adjoint depuis le 3e mandat (2014), en charge de la culture et des grands événements, et déjà adjoint à la culture de 2008 à 2014, il n'en demeure pas moins que Lyon n'avait pas eu de nouvel édile depuis 2001. Ancien chirurgien urologue, Georges Képénékian est né le 9 août 1949. Quatre conseillers se sont portés candidats : Georges Képénékian, Denis Broliquier (UDI), Stéphane Guilland (LR) et Nathalie Perrin-Gilbert (Lyon citoyenne et solidaire). Georges Képénékian a été élu au premier tour de scrutin avec 49 voix. Sur les 72 bulletins dépouillés, 12 sont allés à Stéphane Guilland, 6 à Denis Broliquier, 3 à Nathalie Perrin-Gilbert. Après un discours de Gérard Collomb, Georges Képénékian, ceint du ruban bleu-blanc-rouge, cita celui qui lui laisse son fauteuil, qui

Continuer à lire

Le 6e Continent dans une impasse

ACTUS | C'est un lieu emblématique et fondamental pour la culture comme pour la diversité, dans le 7e arrondissement de Lyon, qui est actif depuis 2004 dans des (...)

Sébastien Broquet | Mardi 7 mars 2017

Le 6e Continent dans une impasse

C'est un lieu emblématique et fondamental pour la culture comme pour la diversité, dans le 7e arrondissement de Lyon, qui est actif depuis 2004 dans des locaux ayant autrefois hébergé le mythique collectif Frigo. C'est encore un festival depuis bientôt 19 ans et une première édition au Pez Ner à Villeurbanne, maintenant installé du côté de Gerland, depuis 2002. Mais l'association 6e Continent est aujourd'hui dans une impasse. Les comptes sont au plus bas : le budget de l'association autofinancée à 80% est dans le rouge, depuis que la Région mais aussi l'État se sont désengagés. Comme nous l'expliquions ici, la Région a retiré ses 15 000€ annuels, subvention versée pour le fonctionnement de la salle. Et a diminué son apport au festival de 5000€, accordant désormais 10 000€ à l'événement qui se tiendra du 1er au 3 juin, où sont d'ores et déjà programmés

Continuer à lire

L'âge des possibles

SCENES | Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse, Dominique Hervieu répète à l'envi et avec courage en ces temps de budgets culturels en (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

L'âge des possibles

Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse, Dominique Hervieu répète à l'envi et avec courage en ces temps de budgets culturels en berne, sa volonté d'accompagner et de stimuler la création chorégraphique. Un nouveau lieu est en cours d'élaboration et de réfection dans l'enceinte de l'ancien Musée Guimet... Reste qu'en jetant un regard rapide sur sa programmation et sur celles de ses confrères, on ne peut s'empêcher d'avoir un sentiment de déjà vu, voire de réchauffé. C'est par exemple "l'archipel" de la Maison de la Danse consacré à Angelin Preljocaj, qui depuis plusieurs années se consacre davantage à l'esthétisme clinquant qu'à l'innovation. C'est la compagnie japonaise Sankai Juku qui viendra fêter ses quarante d'ans d'existence à la Maison de la Danse, alors qu'elle n'est plus que l'ombre de l'ombre d'elle-même, et plombe ce genre fascinant qu'est le

Continuer à lire

Georges Képénékian : "On a besoin de donner une place à d’autres formes de musique"

ACTUS | Cette première SMAC de l’agglomération, réunissant Le Périscope, le Marché Gare, l’Épicerie Moderne et Bizarre : comment va-t-elle s’intégrer dans votre politique (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

Georges Képénékian :

Cette première SMAC de l’agglomération, réunissant Le Périscope, le Marché Gare, l’Épicerie Moderne et Bizarre : comment va-t-elle s’intégrer dans votre politique autour des musiques actuelles ? Il y avait déjà l’idée de faire un travail plus coopératif entre les différentes salles faisant vivre les musiques actuelles dans l’agglomération, venant renforcer ce que nous avions créé à Lyon, le programme « Scènes découvertes ». Dans ce dispositif, on trouve quatre salles dédiées à la musique, dont le Marché Gare et le Périscope, le Kraspek. Bref, il y avait l’idée de regrouper. Mais on ne trouvait pas le levier pour mettre tout ça en commun : ça fait huit ans que l’on tourne autour. On a accéléré quand la DRAC nous a demandé de mieux structurer, d’engager une réflexion. L’idée est de coordonner autour de ce premier noyau, autour duquel on pourra faire tourner tous les électrons. On s’est donné deux ans pour voir comment ça marche : chaque lieu doit garder sa ligne, son identité, son implantation sur un territoire. En terme de budget ? La ville a nettement augmenté sa participation : au Périscope avec 50 000 euros et au Marché

Continuer à lire

«Montrer qu'il reste de l'espoir» - Interview d'Abou Lagraa

SCENES | Vous ouvrez votre résidence et la saison de la Maison de la Danse avec Le Cantique des Cantiques, une création sous le signe du double — plus dans le sens (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2015

«Montrer qu'il reste de l'espoir» - Interview d'Abou Lagraa

Vous ouvrez votre résidence et la saison de la Maison de la Danse avec Le Cantique des Cantiques, une création sous le signe du double — plus dans le sens de "conjugaison"» que de "dualité"… Abou Lagraa : C’est vrai. D’autant que je suis en co-création avec Mikaël Serre. C’est d’ailleurs la première fois que je travaille avec un metteur en scène : je ne pouvais pas ne pas travailler avec des comédiens et un metteur en scène autour d’un si beau poème, vieux de 2300 ans. On est dans une union parfaite sur scène : une danse de sensualité, de fluidité — très esthétique parce que j’aime cela — et des comédiens, tous ensemble autour d’un fabuleux texte métaphorique. Car si l’on regarde derrière Le Cantique…, il est question de liberté, de féminité, de l’homme qui a peur de la femme, de l’amour, du couple… Nous avons poussé un peu plus loin en parlant de l’amour en général, pour construire quelque chose d’accessible, de non élitiste. Ce texte est une parade amoureuse et rythmée, qui porte en lui des mouvements. Était-il évident de déduire des phrases chorégraphiques de ses phrases poétiques ?

Continuer à lire

Affaires en cours

SCENES | Les salles de la Ville – qui consacre 20% de son budget à la culture – risquent bien de devoir modifier leur offre de programmation dans les mois (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Affaires en cours

Les salles de la Ville – qui consacre 20% de son budget à la culture – risquent bien de devoir modifier leur offre de programmation dans les mois et années à venir. Car le 15 juin dernier, lors de l’annonce des grandes orientations budgétaires pour la période 2016-2020, le milieu a tremblé : pour combler le désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales (moins 240 M€) et malgré un endettement calculé pour continuer à investir, deux domaines ont souffert plus que d’autres, le sport et la culture. Bilan pour cette dernière délégation : budget gelé pour l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, l’Opéra et les Célestins, baisse de 150 000€ pour le musée des Beaux-arts et le Musée d’Art Contemporain, et de 450 000€ pour les Subsistances. «Ce n’est pas un rabotage, nous avons voulu prendre des options qui font sens sans faire dérailler le train plutôt que d’appliquer systématiquement - 8% à tout le monde. On a plutôt fait contribuer les maisons les plus grosses à cet effort pour préserver l’émergence. Et faire en sorte que les budgets cré

Continuer à lire

Babel heureuse

SCENES | Dans la mythologie biblique, la tour de Babel était une construction des hommes dont le sommet devait atteindre les cieux. Un projet jugé trop vaniteux (...)

Valentine Martin | Mardi 26 mai 2015

Babel heureuse

Dans la mythologie biblique, la tour de Babel était une construction des hommes dont le sommet devait atteindre les cieux. Un projet jugé trop vaniteux par Dieu, qui décida alors de les punir en attribuant à chacun d'entre eux des langages différents. Ainsi les hommes se brouillèrent, avant de se disperser dans le monde. Aujourd'hui, la Maison de la danse tente une réunification, sous la forme d'un grand spectacle orchestré par sa directrice Dominique Hervieu, Babel 8.3, qui a vu 17 groupes d'habitants des 8e et 3e arrondissements apprendre un nouveau langage commun : celui du corps. Cet événement est né d'un désir : celui de mener un travail de proximité avec les habitants de quartiers dit sensibles. Des gens qui, pour certains, n'ont jamais mis les pieds dans cette institution du geste et sont en grande partie des amateurs. En tout, ce sont près de 250 volontaires qui se sont lancés dans cette aventure de longue haleine – débutée en septembre 2014, elle débouche cette semaine sur trois représentations – qui entend concilier haut niveau technique et respect de la diversité des cultures et individualités de chacun.

Continuer à lire

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, (...)

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

Continuer à lire

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

SCENES | En septembre, sur une période plus resserrée, la 15e Biennale de la danse proposera un panel large de «toutes» les danses : du hip-hop de la Cie Käfig ou de (...)

Christophe Chabert | Mardi 10 avril 2012

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

En septembre, sur une période plus resserrée, la 15e Biennale de la danse proposera un panel large de «toutes» les danses : du hip-hop de la Cie Käfig ou de Mortal Combat au néoclassicisme de Jiri Kylian (reprise de One of a kind par le Ballet de l'Opéra), en passant par le buto japonais (Ushio Amagatsu de la célèbre Cie Sankai Juku créera une nouvelle pièce à l'Opéra), les danses balinaises de la Troupe des artistes de Sebatu s'inspirant d'Antonin Artaud, les chorégraphies très plasticiennes de Rachid Ouramdane, la danse engagée et survitaminée de la sud-africaine Robyn Orlin, le flamenco puissant et radical du génial Israel Galvan, un spectacle du Ballet Preljocaj s'inspirant d'un écrit de Laurent Mauvignier, un solo concocté par le sulfureux Jan Fabre ou l'imagerie baroque de Philippe Decouflé... Comme à l'accoutumée et pour

Continuer à lire

Du mouvement dans la danse

SCENES | Belle leçon de déontologie : Maguy Marin a quitté le 1er août la direction du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape, après 13 ans de travail de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 1 septembre 2011

Du mouvement dans la danse

Belle leçon de déontologie : Maguy Marin a quitté le 1er août la direction du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape, après 13 ans de travail de fourmi dans cette banlieue défavorisée et sans s’y accrocher interminablement. A 60 ans, la chorégraphe se lance donc, avec sa compagnie, dans de nouvelles aventures, reste pour l’instant installée à Lyon, et se met en danger… Enfin pas trop cette année vu le succès critique (fort mérité) de sa dernière pièce Salves et la tournée impressionnante qui en découle cette saison (du 3 au 5 avril au Toboggan de Décines par exemple). Maguy Marin fera aussi un retour très attendu à l’Opéra pour la création d’une pièce avec l’ensemble du Ballet… Elle lègue à son successeur au CCN, Yuval Pick, un bel outil de création, de résidence et d’échanges. Le jeune quadragénaire d’origine israélienne a certes une aura artistique moindre que Maguy Marin et des engagements publics moins marqués, mais il compte sur sa fougue, son énergie, son univers plus sensible et intuitif que conceptuel, pour créer des liens et des étincelles artistiques à Rillieux-la-Pape. À suivre prochainement à travers les ouvertures publiques, les représentations et les ateli

Continuer à lire

«Je ne vais pas investir dans des opérations spectaculaires»

SCENES | Petit Bulletin : Que va devenir le Théâtre du Point du Jour après le départ annoncé de son directeur, Michel Raskine ? Georges Képénékian : Michel Raskine et André (...)

Dorotée Aznar | Lundi 29 août 2011

«Je ne vais pas investir dans des opérations spectaculaires»

Petit Bulletin : Que va devenir le Théâtre du Point du Jour après le départ annoncé de son directeur, Michel Raskine ? Georges Képénékian : Michel Raskine et André Guittier sont venus me voir à l’automne dernier pour m’annoncer qu’ils se retiraient fin 2011. Quelques mois plus tard, ils sont revenus me voir en me disant : «Finalement, Michel va partir, mais André, pas dans l’immédiat». Michel m’a parlé de sa volonté de «laisser la saison» au metteur en scène Gwénaël Morin, c’est-à-dire de lui donner carte blanche pendant un an. Gwénaël Morin est candidat à la reprise du théâtre ? J’ai rencontré Gwénaël et nous nous sommes bien mis d’accord sur le fait que cette année de transition n’est en aucun cas une espèce de «présélection naturelle» qui me conduirait à le désigner «en douce» à la tête de ce théâtre. Ni Gwénaël ni moi ne souhaitons que les choses se déroulent de cette manière. Au-delà de la question de la direction, la question du financement de ce théâtre va également se poser...La question se pose pour le financement du théâtre e

Continuer à lire

King, Valli, le grand écart

SCENES | Danse / La Maison de la danse programme en parallèle deux chorégraphes aux univers très contrastés que l'on peut voir le même soir, si l'on apprécie les grands (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 décembre 2010

King, Valli, le grand écart

Danse / La Maison de la danse programme en parallèle deux chorégraphes aux univers très contrastés que l'on peut voir le même soir, si l'on apprécie les grands écarts artistiques... Avec, à notre droite, Alonzo King considéré par William Forsythe comme l'un des grands maîtres de ballet de notre temps. L'Américain a créé sa compagnie à San Francisco en 1982 et insuffle depuis au vocabulaire classique une gestuelle des mains et des bras très personnelle, époustouflante de vitesse et de fluidité. Il reprend à Lyon sa "Shéhérazade" (2009) adaptée de la pièce originelle de Michel Fokine de 1910, et dévoile sa toute dernière création pour onze danseurs, sur des musiques lyriques (interprétées sur scène) de Brahms, Fauré, Haendel, Schubert... À notre gauche, la plus jeune et beaucoup moins connue Perrine Valli, née à Aix-en-Provence en 1980. Dans «Je pense comme une fille enlève sa robe», titre emprunté à Georges Bataille, la chorégraphe se lance dans d'étranges variations autour du thème de la prostitution. Passant de l'abstraction gestuelle la plus totale à des saynètes très imagées et érotiques, dont un strip-tease à l'envers ! Son duo est une petite merveille d'inventivité artistique,

Continuer à lire

«La Ville décide seule»

SCENES | Petit Bulletin : Vous n’avez pas lancé d’appel à projets pour la succession à Philippe Faure à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse. Cette absence de (...)

Dorotée Aznar | Lundi 29 novembre 2010

«La Ville décide seule»

Petit Bulletin : Vous n’avez pas lancé d’appel à projets pour la succession à Philippe Faure à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse. Cette absence de concertation ne risque-t-elle pas de poser problème ?Georges Képénékian : Tout se passera bien. La nomination du successeur de Philippe Faure est différente des autres procédures que nous avons pu connaître. Il n’y a pas de jury, pas de commissions ; la Ville décide seule. Bien sûr, nous discutons également avec nos partenaires, l’État, la Région et le département. Beaucoup de personnes qui se sont portées candidates se plaignent de n’avoir pas été reçues afin de pouvoir présenter leurs projets. Allez-vous les recevoir ?Non, nous n’allons pas recevoir tous les candidats. Au total, nous avons reçu 16 ou 17 dossiers, dont quelques-uns franchement inattendus. Nous les avons analysés, puis nous avons lancé une réflexion. Quel est votre projet pour le Théâtre de la Croix-Rousse, quel homme ou quelle femme voyez-vous à sa direction ?Nous ne voulons pas changer fondamentalement le lieu, il ne faut pas être en rupture avec ce que le public attend. Le futur directeur ou la future directrice sera un acteu

Continuer à lire

«Nous sommes un peu plus sereins»

ACTUS | Petit Bulletin : La saison dernière a été très agitée et vous avez dû faire face à de nombreux dossiers problématiques et à de nombreuses critiques. Quelles (...)

Dorotée Aznar | Samedi 4 septembre 2010

«Nous sommes un peu plus sereins»

Petit Bulletin : La saison dernière a été très agitée et vous avez dû faire face à de nombreux dossiers problématiques et à de nombreuses critiques. Quelles conclusions en tirez-vous ?Georges Képénékian : Que je n’ai pas dû savoir communiquer… Il est vrai que la saison dernière plusieurs sujets ont eu du mal à aboutir : le Transbordeur, le Musée Gadagne, l’Orchestre national de Lyon, la friche RVI… C’étaient des dossiers lourds. Je crois qu’aujourd’hui on peut dire que Gadagne c’est fait, le Transbo, c’est fait, l’ONL avance avec l’arrivée prochaine du chef Leonard Slatkin... Je pense que j’ai passé une mauvaise année 2010, qui va rester comme une année de tensions diverses, mais qu’aujourd’hui nous sommes un peu plus sereins. Pouvez-vous revenir sur la question de la friche RVI qui n’est pas encore réglée ? Les artistes doivent en théorie quitter l’avenue Lacassagne et s’installer rue Lamartine le 15 septembre…On savait que ce dossier serait compliqué. Pour plusieurs raisons. D’abord il y a plusieurs catégories de gens à la friche. Il y a des artistes qui sont déjà presque professionnels et qui ne relèvent plus form

Continuer à lire

30 ans de danse maison

SCENES | Danse / Le 17 juin 1980 s'ouvrait à la Croix-Rousse la première salle de spectacle française entièrement consacrée à la danse, avec à sa tête un jeune journaliste de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 juin 2010

30 ans de danse maison

Danse / Le 17 juin 1980 s'ouvrait à la Croix-Rousse la première salle de spectacle française entièrement consacrée à la danse, avec à sa tête un jeune journaliste de 33 ans, Guy Darmet. L'idée d'une maison de la danse avait été lancée trois ans auparavant par un enseignant, Lucien mars, et plusieurs chorégraphes lyonnais : Michel Hallet-Eghayan, Marie Zighera, Claude Decaillot et Hugo Verrechia. Depuis, l'institution s'est installée dans le Théâtre du 8e (en 1992) et, surtout, n'a cessé de voir s'accroître le nombre de ses abonnés (plus de 15 000 encore cette saison) et de spectateurs en général. Avec la Maison de la Danse, avec la Biennale, un public est né à Lyon pour la danse contemporaine, ce qui, après tout, n'était pas gagné d'avance. Ces trente ans d'existence seront fêté en deux temps et bien des mouvements, avec tout d'abord la reprise de Blue Lady de Carolyn Carlson. Cette pièce phare de la danse du XXe siècle, créée en 1983, a été transmise par la chorégraphe à son compatriote finlandais Tero Saarinen en 2008. C'est donc un homme qui reprend ce solo pourtant si féminin (et qui évoque jusqu'à l'enfantement), baigné de la musique allègre de René Aubry et enveloppé d

Continuer à lire

Une saison en enfer

SCENES | Danse / La saison 2010-2011 de la Maison de la Danse regorge de grands spectacles a priori bien ficelés et attrayants : un "Lac des Cygnes" par le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 mai 2010

Une saison en enfer

Danse / La saison 2010-2011 de la Maison de la Danse regorge de grands spectacles a priori bien ficelés et attrayants : un "Lac des Cygnes" par le Ballet de Perm, du cirque venu du Vietnam ou signé Aurélien Bory, la spectaculaire compagnie Momix... Mais cette saison a aussi une face plus sombre, plus érogène et plus osée qui, bien sûr, retient davantage notre attention... C'est notamment l'adaptation de "L'Homme à tête de chou" de Gainsbourg, interprété par Bashung juste avant sa disparition, et chorégraphié par le formidable Jean-Claude Gallotta, dont la gestuelle aux affects bruts et intenses n'hésite pas à s'aventurer jusqu'aux émois du sexe. C'est aussi la jeune chorégraphe Perrine Valli qui «pense comme une fille enlève sa robe» en hommage à Georges Bataille et en réflexion sur la prostitution, que l'on pourra découvrir dans la petite salle du Studio Jorge Donn (où l'on fait toujours d'intéressantes trouvailles). C'est encore la forte présence de l'école flamande avec la dernière création de l'inclassable et baroque Sidi Larbi Cherkaoui, un solo de Jan Fabre pour sa nouvelle égérie Artemis Stavridi à propos du suicide, un autre solo signé Lisbeth Gruwez (ex égérie de Jan Fabre

Continuer à lire

Coup de théâtre à la Maison de la Danse

CONNAITRE | La nomination de Dominique Hervieu, actuellement Directrice du Théâtre National de Chaillot, annoncée officiellement vendredi 5 mars, a de quoi (...)

Dorotée Aznar | Lundi 8 mars 2010

Coup de théâtre à la Maison de la Danse

La nomination de Dominique Hervieu, actuellement Directrice du Théâtre National de Chaillot, annoncée officiellement vendredi 5 mars, a de quoi surprendre, sachant que la chorégraphe ne s’était pas portée candidate à l’appel d’offre international lancé par la Maison de la Danse pour la succession à Guy Darmet. Le nom de la chorégraphe, également membre du Conseil de la création artistique institué et présidé par Nicolas Sarkozy, a en fait en effet été proposé par «la Ville de Lyon et le Grand Lyon, après concertation avec les collectivités territoriales concernées et avec Monsieur Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication», selon le communiqué officiel. Guy Darmet, qui a créé la Maison de la Danse il y a trente ans, s’est félicité du choix de cette chorégraphe qui saura garder un «esprit d’ouverture» et «rassembler le plus large public». En attendant l’arrivée de son successeur, l’actuel directeur restera en fonction, jusqu’au 31 décembre 2011. Dorotée Aznar

Continuer à lire

Danse et cirque jusqu'au tournis

SCENES | L'année chorégraphique 2010 commence fortissimo dès janvier ! Denis Plassard a la bonne idée de recréer sa pièce de 1998 inspirée du "Terrier" de Kafka (du 11 au 22 (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 21 décembre 2009

Danse et cirque jusqu'au tournis

L'année chorégraphique 2010 commence fortissimo dès janvier ! Denis Plassard a la bonne idée de recréer sa pièce de 1998 inspirée du "Terrier" de Kafka (du 11 au 22 janvier au Théâtre Le Point du Jour). La taupe de l'écrivain tchèque est ici remplacée par un couple vivant dans un bunker pour se protéger, en toute paranoïa, du monde extérieur... Blanca Li s'empare, elle, du «Jardin des délices» de Jérôme Bosch (le 15 janvier au Toboggan) dans une création mêlant danse et vidéo, affres de l'enfer et plaisirs du paradis. Elle pourrait y croiser Emio Greco qui joue à Lyon (à la Maison de la danse les 20 et 21 janvier) le second volet de son adaptation de l'œuvre de Dante : après "Hell", le chorégraphe entame un solo parmi les limbes du Purgatoire en compagnie de trente musiciens interprétant "La Passion selon Saint-Matthieu" de Bach... Enfin, point d'orgue, du mois : la compagnie Sankai Juku revient à Lyon pour la recréation de l'un des «tubes» de la danse butô, «Kinkan Shonen» (à la Maison de la danse du 27 janvier au 3 février). Soit une sorte de cérémonial d'une stupéfiante beauté plastique, avec des mouvements d'une incroyable lenteur (un des signes distinctifs du butô, né au Japon

Continuer à lire

Retraite à 62 ans

SCENES | En décembre 2010, Guy Darmet, 62 ans, quittera la direction de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse. Un appel à candidatures (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 4 septembre 2009

Retraite à 62 ans

En décembre 2010, Guy Darmet, 62 ans, quittera la direction de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse. Un appel à candidatures «international» a été lancé au mois de juin afin de recruter un remplaçant qui devra assumer la direction de la Maison de la Danse et de la Biennale.

Continuer à lire

Jeune ballet du CNSMD de Lyon

SCENES | C'est une tradition à la Maison de la Danse : en fin de saison (du 5 au 7 mai), la vénérable institution accueille les chorégraphes et danseurs de demain du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 30 avril 2009

Jeune ballet du CNSMD de Lyon

C'est une tradition à la Maison de la Danse : en fin de saison (du 5 au 7 mai), la vénérable institution accueille les chorégraphes et danseurs de demain du Conservatoire National Supérieur Musique et Danse (CNSMD). Le jeune ballet (constitué de 19 danseurs en fin de cursus) présente cette année pas moins de cinq pièces... Les reprises de New Sleep de William Forsythe (le Forsythe des années 1980) et du duo RH99 de Julien Ficely. Et trois créations : Du Songe de Théodore du très néoclassique Pierre Darde, et deux pièces beaucoup plus contemporaines signées Gaetano Battezzato et David Drouard.

Continuer à lire

Danse, un temps d'avance

SCENES | Du côté de l'opéra, la saison 2009-10 bredouille et se répète un peu avec la reprise de pièces déjà présentées plusieurs fois (et néanmoins très belles) : Beach Birds de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 24 avril 2009

Danse, un temps d'avance

Du côté de l'opéra, la saison 2009-10 bredouille et se répète un peu avec la reprise de pièces déjà présentées plusieurs fois (et néanmoins très belles) : Beach Birds de Cunningham, Set and Reset/Reset de Trisha Brown, Bella Figura ou One of a kind de Jiri Kylian, Giselle de Mats Ek... Heureusement, le ballet se lancera aussi dans des créations nettement plus osées avec des chorégraphes méconnus, tel Ralph Lemon, artiste américain né en 1952 et qui, contrairement à nombre de ses compatriotes, ne provient pas du courant de la post-modern danse mais de l'expressionnisme allemand ; ou encore avec les trois trentenaires anglosaxxons Jason Akira Somma, Otto Ramstad et Antony Hamilton... Par ailleurs, en novembre, les très grands interprètes Mikhaïl Baryshnikov et Ana Laguna (muse et épouse de Mats Ek) présenteront à l'opéra un programme somptueux (Mats Ek, Bejamin Millepied, etc.). Danse maisonLa Maison de la danse, quant à elle, fêtera ses 30 ans en juin 2010 et, d'ici là, proposera comme à l'accoutumée une saison bariolée et variée, allant du flamenco (Cie Antonio Gades notamment) au tango, en passant par quelques grosses comédies musicales, la reprise de l'ennuyeuse Blanc

Continuer à lire

Têtes d’affiche et têtes brûlées

SCENES | Dès la semaine prochaine, la programmation de la Maison de la Danse débute fortissimo avec la grande chorégraphe allemande Pina Bausch (du 15 au 17 (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 décembre 2008

Têtes d’affiche et têtes brûlées

Dès la semaine prochaine, la programmation de la Maison de la Danse débute fortissimo avec la grande chorégraphe allemande Pina Bausch (du 15 au 17 janvier). Elle présente à Lyon l’une de ses œuvres phares, Kontakthof (1978), transmise à 26 adolescents. Un théâtre dansé de la séduction, de l’érotisme et de la rencontre heureuse ou ratée, avec des mouvements tantôt linéaires et policés, tantôt délurés et incongrus. Incongru, Philippe Decouflé l’est sans doute lui-aussi. Mais dans Solo (du 28 janvier au 7 février), le chorégraphe se défait de ses frusques baroques et de son esprit de troupe pour se retrouver seul face à lui-même et à ses doubles projetés. Plus incongru encore, le créateur des Ballets C. de la B., Alain Platel crie Pitié ! (du 25 au 28 février) avec 10 danseurs, 4 chanteurs et 7 musiciens interprétant la Passion selon Saint Matthieu de Bach. Une création récente qui s’annonce aussi fêlée, éclopée et géniale que Vsprs présentée lors de la Biennale 2006. La Maison de la Danse programme encore trois grandes figures de la danse contemporaine : feu Maurice Béjart (à l’Amphithéâtre Cité Internationale du 11 au 18 mars), Alonzo King (du 19 au 28 mars) et, surtout, le japonai

Continuer à lire