Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Élections Municipales 2020 | L'outsider. Ancien adjoint à la Culture de Gérard Collomb, maire durant le passage de ce dernier au ministère de l'Intérieur, Georges Képénékian est le troisième homme, dissident de LREM non accrédité, fâché avec l'ancien édile ami, marchant désormais en tandem avec David Kimelfeld à la Métropole. Arrivé quatrième au premier tour avec 11, 98 %, n'ayant noué aucune alliance, il compte sur un sursaut de participation et un retour au centre très lyonnais pour être, en somme, l'arbitre du second tour. Attablé au Café Bellecour en compagnie de Loïc Graber, candidat dans le 7e arrondissement et son référent culture durant la campagne, l'ancien chirurgien nous décortique son programme culturel.

Sébastien Broquet | Mardi 23 juin 2020

Avez-vous choisi votre adjoint ou adjointe à la Culture ?
Georges Képénékian :
Non. Vraiment, non. Ce n'est pas une bonne manière d'aborder une élection. Se préparer et avoir en tête comme je l'ai fait les cent premiers jours avec les grandes décisions à prendre, oui. Distribuer des postes tant que l'on n'est pas en place, ce n'est pas très bien vis-à-vis des électeurs. Je n'ai pas cette forme d'arrogance. On verra dimanche soir quels messages nous envoient les Lyonnais. Quelle composition sera pressentie pour ce conseil municipal. Quels seront les enjeux. Pour aucun des postes, je n'ai choisi ; et j'aime bien avoir cette liberté jusqu'au 28 juin au soir.

Si vous êtes élu, vous allez arrivez au pouvoir face à un secteur culturel que vous connaissez très bien — puisque vous avez été vous-même adjoint à la Culture — et qui connaît une crise sans précédent. Vous avez annoncé un plan d'urgence de 10M€.
GK : J'ai mené un travail que David Kimelfeld m'a commandé sur le déconfinement. On a fait un rapport en deux étapes : la première jusqu'à juin, et une seconde tranche que j'avais bien anticipé, qui couvrirait l'été et surtout l'automne. La question sanitaire reste d'actualité, même si les choses sont en train de se relâcher un peu. Le virus circule mais un peu moins et on peut avoir quelques éléments d'optimisme pour une reprise de vie complète. Mais la crise générée n'est pas que sanitaire, elle est économique : on le mesure. Les acteurs culturels sont impactés, donc il faut les soutenir, au même titre que d'autres entreprises, PME, restaurants ; de toute la vie sociale. Nous avons une crise violente.

C'est aussi une crise sociétale : ce confinement a généré des questions nouvelles. Sur l'organisation de notre société, sur la place de la mort dans notre vie. Je pense qu'un certain nombre d'acteurs culturels, avec qui j'ai pu échanger, se posent des questions. Sylvie Ramond avait fait une magnifique expo qui s'appelait Repartir à zéro. Sur les questions que se sont posées les artistes, les peintres, les plasticiens, après la Seconde guerre mondiale pour se dire : est-ce qu'après ce qui s'est passé, la peinture est la même qu'avant ? Je crois que confusément, cette question est en train de traverser de nouveau. Bon, et il y a l'économie. On a décidé dans notre programme d'injecter ces 10M€ pour aider et soutenir nos institutions, mais aussi tout le secteur culturel indépendant : on voit bien que des compagnies qui ne peuvent pas aller à Avignon présenter leur travail de l'année vont être très pénalisées. Nous l'avons imaginé avec Loïc — peux-tu présenter les modes de distribution ?

Loïc Graber : L'idée, c'est d'appuyer le secteur indépendant et le secteur institutionnel. Mais d'abord indépendant, car on voit bien que c'est le plus impacté. Et sans limite, c'est à dire que pour nous ça concerne aussi les médias indépendants, qui sont dans le champ culturel. C'est une richesse pour la ville. Et si demain, ces médias venaient à disparaître, ce serait une perte sèche à la fois en termes d'information, mais aussi de contenu culturel. On va jusque-là dans notre périmètre : c'est pour ça que nous sommes sur un montant conséquent. On veut flécher ces 10M€ sur du fonctionnement mais aussi sur de l'investissement et s'appuyer sur une articulation assez fine entre Ville et Métropole. L'articulation entre ces deux politiques culturelles est au cœur de notre projet.

On utilisera une partie de cette somme pour soutenir l'emploi, qui est durement mis à mal, que ce soit par l'intermédiaire de la Mission Insertion Culture de la Maison Lyon pour l'Emploi, par le soutien au fond pour le théâtre privé — dont la Comédie Odéon fait partie, ou encore l'adhésion au Gip Cafés-Culture, pour lequel j'avais déjà travaillé depuis plusieurs années, mais bon sans le feu vert du maire actuel de Lyon, c'était compliqué d'avancer.

Des fabriques de culture

Vous avez parlé dans votre programme de « fabriques de culture » pour permettre aux artistes d'avoir de nouveaux lieux pour travailler ?
GK :
On entre-là dans le dur du projet. Peut-être un mot avant : vous imaginez bien qu'ici, nous sommes convaincus de la place primordiale de la culture. Et si j'avais eu des doutes, mon travail sur le confinement me l'a confirmé. Il faut refaire société. La culture nous met en rapport au monde, nous permet de vivre des émotions en commun. C'est ce qui fait le lien social. Aujourd'hui, refaire une nouvelle société après le passage de cette terrible épreuve, ça passe par la culture. On vient d'une Histoire. La culture est cette Histoire, l'identité de cette ville, elle l'a profondément impactée depuis des décennies, même des siècles : il faut conforter ceci et le consolider.

Et pour aller plus loin, premièrement : il ne faut plus raisonner à l'échelle de la ville-centre seule. Lyon avec son budget de 120M€ émet une part majeure dans la culture. Mais on doit initier de nouveaux cycles, avec une idée de capillarisation : on a besoin de créer de nouveaux espaces, de nouveaux lieux. Avec de l'interdisciplinarité, vous êtes bien placé pour le savoir — on ne regarde pas une image on l'écoute, on n'écoute pas seulement la musique on regarde l'image qui va avec : on est dans un nouveau monde. Et la danse, la musique, les arts plastiques et numériques se combinent d'une manière nouvelle. Il faut à côté de nos grands piliers créer ces espaces où l'on permettra de faire arriver de nouveaux talents, de nouvelles générations d'artistes, qui voient notre monde différemment. Ce n'est pas abandonner le socle qui existe à Lyon, nos points forts. C'est imaginer de nouveaux lieux de création. Il faudra bien sûr très vite finir les Ateliers de la Danse, qui sont l'un de ces éléments. Mais on veut ouvrir, et on a des idées — à la SERNAM et dans plusieurs autres endroits — pour créer ces lieux où il y aurait plusieurs activités, pas seulement culturelles. Les discussions récentes ont montré que tous les acteurs culturels considèrent qu'ils ont une dimension économique. Et qu'ils participent à l'économie d'une cité : ça fait vivre des milliers de personnes, en direct ou indirectement. C'est bien de considérer que ce travail a aussi son versant de retombées économiques.

LG : Trois lieux sont déjà identifiés. Celui qui peut être mis en place tout de suite, ce sont les Halles Maillet à Gerland, un bâtiment au cœur de la ZAC des Girondins, qui démarre avec Plateau Urbain un projet de reconversion temporaire. En deux ans il va accueillir un certain nombre d'ateliers d'artistes. Le second, c'est le Pavillon des Rives de Saône, aujourd'hui désaffecté, qui pourrait être mis à disposition soit à cet endroit soit sur un autre lieu — mais on a la volonté que ce lieu serve aux artistes. Et le troisième, dans le cadre du grand projet Part-Dieu, c'est la relocalisation des ateliers de l'Adéra. C'est enclenché mais pas abouti, on appuiera avec un gros coup d'accélérateur si nous sommes aux responsabilités.

On parle-là de lieux pérennes ou transitoires ?
GK :
Pérennes.

LG : Il y aura les deux. On a des bâtiments, on les mets à disposition. Et après, il faudra travailler comme on l'a fait pour la Friche Lamartine, qui a vocation à durer dix voire quinze ans, mais on travaillera aussi sur des lieux définitifs. Aux Subsistances, on a un projet de réhabilitation de plateaux supplémentaires pour faire des résidences et des ateliers d'artistes dans le cadre d'un grand campus des arts associant l'ENSBA et les Subs.

Ceci s'articulant donc avec la politique de tiers-lieux et d'urbanisme transitoire portée par la Métropole et David Kimelfeld dans son programme ?
LG :
Exactement.

GK : Cet investissement de 10M€ doit se faire en parfaite synergie avec la Métropole. David Kimelfeld propose dans son programme de doubler le budget culture de la Métropole, de passer de 35 à 70M€. Dans cette manière de penser, non basée sur la ville-centre, c'est bien notre ambition : il faut avoir une politique en adéquation. Je rappelle qu'on a fait Grrrnd Zero à Vaulx-en-Velin, je me suis beaucoup battu pour qu'on le fasse, j'en suis très content. On doit être dans une vision multipolaire aujourd'hui. Les gens de la Métropole viennent à l'Auditorium, au théâtre à Lyon, comme les gens de Lyon vont à des activités dans des villes périphériques. Cette politique culturelle à l'échelle de la Métropole, je veux la porter avec David Kimelfeld, donc des lieux pourront aussi se créer pour permettre cette osmose entre tous les acteurs de notre territoire. Avec cette augmentation budgétaire, une part des projets pourra être portée aussi par la Métropole.

LG : La Halle SERNAM, c'est l'exemple typique d'un projet porté par la Ville et la Métropole. Nous, on amène une dimension culturelle à un projet métropolitain plutôt porté sur l'alimentation durable. On vient gonfler ce projet-là pour en faire un pôle global dédié au prendre-soin, à la qualité de vie, qu'elle soit dans l'alimentation ou dans le volet culturel. C'est vrai aussi pour la Cité du Cirque à Saint-Genis-Laval qui est un projet métropolitain sur lequel on viendra abonder aussi, parce qu'on a l'occasion d'avoir un vrai lieu dédié au cirque. C'est ce que l'on a engagé depuis quelques mois.

GK : On n'est plus pour la concurrence entre les villes. On est plutôt dans l'idée d'essayer de construire ensemble. Ce que l'on a fait pour la lecture publique, l'éducation artistique et les écoles de musique. Ce travail, on l'a initié grâce à Myriam Picot, l'étape suivante c'est vraiment une Métropole qui soit une capitale culturelle, avec Lyon qui avec toute sa force et tout ce qu'elle a investi, viendrait abonder. C'est le cœur du projet que nous portons.

Vous parlez du budget culture de la Métropole qui va doubler. Est-ce que le budget culture de la Ville de Lyon sera sanctuarisé malgré la crise économique ?
GK :
Il n'y a même pas de discussion. Le premier budget sacrifié très souvent quand il y a une crise d'un État ou d'une commune, c'est en allant taper dans la culture. D'autres l'ont fait dans d'autres villes, pas loin d'ici...

Grenoble ?
GK :
Par exemple. Ce n'est surtout pas notre projet. Pas parce que j'aurais une vision idolâtre ou iconique. Mais parce que, encore une fois : c'est une activité majeure. En 2012, je présente devant Gérard Collomb et tous les adjoints le projet culturel de la Ville. Et je termine mon propos en disant que la culture, ce n'est pas mon boulot à moi parce que je suis adjoint à la Culture, mais que ça concerne chacune des délégations. Je suggère que dans l'urbanisme, dans l'éducation, dans le tourisme, j'énumère chacune des délégations, et je dis alors que j'ai besoin d'un honorable correspondant dans chacune. La culture sortait de son cadre strict pour devenir un projet global. 2012. Je n'ai pas changé d'avis !

Je ne veux pas dire sanctuarisé, je n'aime pas ce terme. Le budget culture a toute sa place, de même qu'on ne va pas rogner le budget de l'éducation. À nous de trouver les moyens de consolider ce budget. Il faut que s'inventent de nouvelles formes : on sort de la verticalité de l'argent public. Je suis beaucoup allé au Québec, là-bas il n'y a pas 20% du budget pour la culture. Mais ça marche formidablement. Ce sont ces voies que l'on doit aussi développer avec les acteurs culturels.

Un sujet s'est invité dans la campagne au premier tour : la Fête des Lumières.
GK :
C'est devenu un lieu commun de dire que la Fête des Lumières ne répond plus aux codes des Lyonnais. Je suis désolé, quand deux millions de personnes viennent pendant quatre jours, ce ne sont pas deux millions de touristes, d'étrangers ! Ce sont essentiellement des Lyonnais et des Métropolitains. Premier point. J'entend bien pour autant que l'on puisse imaginer la faire évoluer. Deuxième point : c'est la seule fête des lumières dans le monde qui ait une véritable racine, une identité, qui est souchée sur une histoire intime de cette ville — je ne vais pas revenir là-dessus. Ce serait quand-même baroque au moment où plus d'une vingtaine de villes font des fêtes des lumières et viennent s'inspirer chez nous que l'on dise : on arrête.

Mais, pendant le temps où j'étais maire, avec les deux membres fondateurs que sont EDF et Mat'Electrique, nous avons commandé une étude pour revisiter notre Fête des Lumières. Voir quel pourrait être le temps suivant. Il n'y a rien de pire que, parce qu'on a trouvé un modèle, le perpétuer toujours de la même manière. On a besoin de la faire évoluer et j'en suis profondément conscient pour m'en être occupé pendant plusieurs années.

N'oubliez pas que si on a quitté les arrondissements, c'est pour des raisons de sécurité qui nous ont été imposées. Se réapproprier la Fête, c'est lui redonner son identité, que les Lyonnais s'y retrouvent et qu'ils n'aient pas l'impression comme souvent je l'ai entendu, que « oh oui c'est beau mais on l'a déjà vu l'année dernière ! ». D'accord. Mais non : aucun artiste et créateur venu de quelque horizon que ce soit n'a fait une deuxième fois la même œuvre. Mais la représentation que l'on a dans la tête, c'est ça : c'est agréable mais un peu reproductif. Donc il faut réinventer et la création, et son modèle. Et sa répartition dans les quartiers. Peut-être avec une temporalité différente, en créant des événements qui n'aient pas ce caractère de grande foule. Mais on va préserver ce rendez-vous au cœur de Lyon. Car il participe au rayonnement de notre ville. Il ne faut pas voir que les inconvénients : tout cela se tient. J'entendais encore aujourd'hui que deux universités, Lausanne et une autre, ont fait une étude montrant que 1€ investi dans un événement ramène au minimum le double en termes de retombées. Il y a une crise économique devant nous ! Tout ça doit être un écosystème complet. La lumière est une histoire lyonnaise. Il y a des chercheurs dans tous les domaines, des créateurs : nous devons renforcer tout ça et créer un nouvel écosystème.

Une ville qui se grandit est une ville qui est fidèle à son identité

Parlons-donc de ces liens entre culture, écosystème local et rayonnement : comment articuler une politique culturelle autour de ces axes ?
GK :
C'est quoi un écosystème ? Des acteurs bien identifiés. Qui ont une pratique, je pourrais parler de l'écosystème sanitaire ou de la recherche à Lyon, avec des piliers, des solides bien ancrés, et ce sont les liens que vous créez qui font écosystème. Le pouvoir politique est un facilitateur : rendre possible, impulser. Si les gens n'ont pas envie, ça ne marche pas.

L'écosystème, c'est quand on a créé ces liens, et je reviens à un mot-clef pour moi qui est interdisciplinarité, quand on a montré que l'on gagne à travailler, penser et créer ensemble — dans un labo de recherche scientifique il y a toujours des moments où les chercheurs se réunissent de manière transdisciplinaire, on comprend pas ce que tel chercheur va expliquer, mais on comprend suffisamment pour se dire tiens il y a une piste là qui va m'intéresser. C'est ça le modèle de l'écosystème : il a un effet démultiplicateur. Là où seul vous avez du mal à rayonner, à plusieurs vous pouvez. Mais ça ne veut pas seulement dire faire venir des gens pour regarder ce que l'on fait. C'est aussi envoyer nos talents ailleurs. Vous savez qu'avec l'Institut Français on a envoyé des artistes aux quatre coins du monde : c'est important. De l'autre côté, il faut aussi attirer des talents à Lyon. L'idée d'être the place to be est pour moi très importante. Le rayonnement, c'est une manière de porter l'identité de sa ville. Les villes se ressemblent de plus en plus : les quartiers d'affaire, si je vous met un bandeau et vous emmène à un endroit, vous ne saurez même pas dans quelle ville vous êtes. Saskia Sassen a beaucoup écrit sur ça : « une ville qui se grandit est une ville qui est fidèle à son identité ». Ce n'est pas juste de l'exportation d'un produit que l'on fait : c'est notre Histoire que l'on doit porter. C'est ça qui fait que les gens s'y intéressent. On ne fait pas un festival pour gagner des ronds, on le fait parce qu'on a quelque chose à dire, qui émerge de notre territoire. L'attractivité ne peut pas être pensée isolée ! Ces critiques pour dire que la Ville n'a pensé que son attractivité, mais c'est pas possible : vous ne pouvez pas créer de toute pièce si vous n'avez pas un terreau, des acteurs. C'est une manière de porter plus haut, plus loin, et d'attirer en retour. Et si ça a une retombée économique : bravo.

Dans votre programme du premier tour, vous annonciez vouloir créer un festival autour des cultures du numérique. Avez-vous identifié un écosystème ou un terreau à Lyon, classée ville numérique à l'UNESCO ?
GK :
J'avais deux idées. Créer un festival autour du numérique et une fête du savoir. Qui sont pour moi assez complémentaires. On a une capacité universitaire à Lyon, des recherches dans tous les domaines y compris celui du numérique, qui est colossale. Bizarrement on va plus écouter des intellectuels venus d'ailleurs que donner une tribune à ceux qui travaillent ici. Je suis toujours surpris de voir que des gens sont très bien reçus dans des universités européennes ou américaines, mais restent des illustres inconnus à Lyon.

Le numérique n'est pas une fin en soi : c'est un outil. Une manière de penser beaucoup plus transversale. Pour ce festival, on a beaucoup d'acteurs, de start-up, et se pose la question de les fédérer pour réussir à produire quelque chose. La notion d'un festival autour du numérique et des savoirs me paraît être un levier pour agréger et mettre en débat. Nous ferons très vite une concertation autour de ce thème — et je le dis entre parenthèse, on ne va pas faire de grands États Généraux comme le proposent certains de nos adversaires, autour de la culture auxquels je ne crois pas. C'est comme si je disais : je fais des États Généraux de toute l'industrie pharmaceutique. Ça fera rigoler chacune des entreprises, chacun vise à développer son histoire et c'est éminemment respectable. Cette concurrence, cette mise en compétition des uns avec les autres elle est saine. Il ne faut pas la détruire. Nous politiques, nous devons trouver ce qui fait le fond commun, ce qui va bénéficier avec l'argent public au maximum d'habitants. Personne ne doit être en dehors de ça : c'est quand la culture devient trop élitiste qu'elle se trompe. Nous avons ici la volonté de capillariser, d'aller jusqu'au plus loin — je suis en charge de la politique de la Ville à la Métropole, on a beaucoup travaillé ça, inutile de revenir sur la charte de coopération culturelle dont personne ne parle : je n'ai pas entendu les autres candidats l'évoquer. On l'a mise à l'échelle de la Métropole : 22 villes ont signé.

LG : Les acteurs culturels sont en danger, on ne peut pas se permettre d'attendre un an, de concerter tout le monde, pour se dire : qu'est-ce qu'on va faire ? Il faut agir tout de suite. D'où les 10M€. Surtout, on soutient complètement l'Appel des Indépendants. J'ai eu l'occasion de rencontrer un certain nombre de ces indépendants avant le premier tour et pendant le confinement. Donc, l'Appel des Indépendants, qui travaille à des propositions et à formuler un Livre Blanc, avec des ateliers cet été, une restitution à Lyon en septembre avec une dimension nationale et européenne — Lyon va devenir un carrefour à l'échelle européenne de focalisation culturelle : la Ville doit en être un des partenaires principaux. Et on s'inspirera complètement des propositions qui en sortiront. On en tirera les évolutions de notre politique à partir des recommandations qui nous seront faites par les acteurs culturels. Il n'y a rien de plus juste que des acteurs qui se prennent en main par eux-mêmes, qui définissent leurs besoins — et une collectivité qui irrigue, plutôt que de réinventer par elle-même de son côté une démarche qui va durer des mois alors qu'il y a urgence.

Thierry Frémaux dans Le Petit Bulletin il y a quinze jours disait que la Ville de Lyon ne soutenait pas assez le cinéma, pourtant né ici. Qu'il le regrettait et qu'il avait un projet de Cité Internationale du Cinéma. Je voulais vous demander si vous souteniez ce projet, mais David Kimelfeld s'est prononcé en sa faveur de la veille de notre entretien…
GK :
Je sais très bien pourquoi Thierry, dont je pense que je suis très proche, dit ceci. On a décidé au moment de sa création que le Festival Lumière serait porté par la Métropole. J'étais à ce déjeuner entre Thierry Frémaux et Gérard Collomb. Gérard a dit, ok on va le faire. Et Thierry lui a répondu que ce qu'il voulait surtout, c'était son musée, l'extension de l'Institut Lumière. Gérard lui a dit : commence par réussir le festival, et on verra. Effectivement, on a remis ça sur le tapis il y a quatre ans, j'ai suivi plusieurs réunions de travail avec l'architecte Renzo Piano, il a bien été dit que ce serait d'abord la Métropole qui porterait ce projet. Ce que veut donc dire Thierry, c'est qu'il pense que la puissance symbolique de la ville est bien plus importante que les appellations administratives. La Ville de Lyon en tant que telle doit porter le message. C'est ce que veut Thierry : la Métropole vue de Pékin ou Abu-Dhabi, personne ne sait ce que c'est. On connaît Lyon. Il veut un engagement plus clair dans la façon de s'impliquer de la Ville dans le Festival Lumière. Il n'y a aucune ambiguïté, vous savez que je suis extrêmement convaincu de l'importance de cette extension, d'un nouveau souffle que l'on doit donner à la place du cinéma dans notre ville, à son histoire : ça fait partie de son identité. C'est vrai, il attend que ce projet soit plus présent dans nos commentaires. Pas une feuille de papier à cigarette entre David Kimelfeld, Frémaux et moi sur ce projet : il faut le réaliser.

Quelle politique autour de la lecture et du livre : que peut-on faire de plus ? C'est encore un enjeu pour vous ?
GK :
Ah oui. Les bibliothèques, je rappelle que c'est le premier budget au sein de la culture. Quand on me cite les autres dont l'Opéra… Ça va ! On ne rigole pas avec ça ! La première part du budget : c'est la lecture publique. Le réseau de bibliothèques, en ratio de population, il est le premier en France. On a construit ces bibliothèques, on les a fait évoluer. Allez visiter la dernière que l'on a faite au Parc Zénith ! On va faire évoluer celle de la Part-Dieu avec des travaux qui vont commencer. L'État nous a soutenu sur ce plan.

J'en ai pris la mesure, si besoin était, en 2014 quand on a reçu le congrès mondial des bibliothécaires. 1000 bibliothécaires. L'année précédente, c'était à Singapour, je suis allé en visiter là-bas, j'ai vu ce que c'était ces nouvelles manières d'accueillir du monde, ce que l'on appelle les tiers-lieux. Ce n'est plus un endroit où l'on prête seulement des livres. C'est un vrai lieu de vie. Et à Montréal, il y a des bouquins en sept langues. Ce sont des lieux de formation, de participation. Avec entrée libre. Les bibliothèques nous imposent aujourd'hui des horaires étendus, je rappelle que c'est le projet de Macron. Je n'ai pas réussi à convaincre tout le monde de faire ça, alors qu'on était prêts avec Gilles Eboli à mener diverses expériences, car il faut le faire par palier. Mais c'est fondamental, l'extension des horaires d'ouverture de ce lieu où l'on trouve des réponses à toutes les questions.

LG : L'objectif numéro un c'est d'achever la rénovation de la bibliothèque de la Part-Dieu, avec un schéma directeur à 65M€, on a déjà engagé 20M€ sur ce mandat. On a fait le silo, il faut passer maintenant aux espaces publics. Les gens travaillent dans des conditions précaires, il faut qu'on enclenche la suite, avec un vrai projet d'architecture intérieure, dans l'esprit de ce que disait Georges sur la bibliothèque de Montréal. J'ai eu l'occasion de visiter celle de Helsinki, qui est un lieu de vie culturel à part entière et nous voulons transformer celle de la Part-Dieu ainsi : les collections restent importantes, mais où l'on peut proposer des multiples services en plein cœur d'un quartier en pleine mutation. On l'a vu pendant le confinement : ce qui manque le plus aux usagers des bibliothèques, certes c'est de pouvoir emprunter, mais c'est aussi de venir travailler, écouter de la musique, se retrouver.

Le second axe sur lequel on travaille, c'est de permettre des transversalités entre les acteurs du livre. Vous l'avez dit, on a beaucoup d'événements — Quais du Polar, les Assises Internationales du Roman, Lyon BD Festival —, les collaborations existent mais sans doute qu'elles pourraient être encore plus fortes. On a la Villa Gillet, avec une nouvelle direction : pourquoi on ne ferait pas de ce lieu un pôle destiné aux écritures, aux littératures ? On a encore des espaces disponibles à la Villa Gillet, terminons de les aménager — Quais du Polar cherche des locaux ! Essayons d'imaginer ce pôle. On a la capacité à créer cet écosystème et à mettre la bibliothèque beaucoup plus en lien avec ces événements. Dernier point : on a identifié un secteur sur lequel il manque peut-être un équipement, à voir sous quelle forme, c'est le 8e du côté États-Unis. Peut-être en mutualisant avec une école.

La Halle Tony-Garnier : quel projet voulez-vous mener autour de cette salle emblématique ?
GK :
On va être très clair, Sébastien. Pendant mon mandat de maire, Thierry Téodori le directeur posait déjà la question sur la suite à donner. Nous avons mis ça sur la table avec Gérard, pendant qu'il était à Beauvau. J'en ai discuté avec lui. On était entre garder la Halle à la Ville et la faire évoluer sur son modèle, ou alors voir avec une entreprise privée qui pourrait la remodeler. Il y a un certain nombre de travaux à faire, des investissements dans tous les cas — du son à améliorer. Il faut trouver avec la Métropole une solution : on ne peut pas quitter la Halle Tony-Garnier, c'est quand-même emblématique. Quand la guerre commence, il y a une expo internationale dedans, les Autrichiens et les Allemands, Herriot les fait partir lors de la déclaration de guerre. C'est là aussi l'histoire de Lyon. Nous avons en projet une nouvelle proposition juridique, pour gérer ce lieu.

LG : L'idée est de trouver une formule mixte qui permette d'investir, car on a chiffré entre 4 et 6M€ d'investissement sur les besoins en confort mais aussi de nouveaux services. Quand on voit ce que proposent aujourd'hui les grandes salles de concerts, la Halle est en-dessous. On a la concurrence directe qui va arriver de la salle de l'OL à Décines. Il nous faut une formule qui permette une réactivité et une capacité à concurrencer. Et travailler en bonne intelligence avec la Métropole mais aussi avec d'autres événements comme Nuits de Fourvière, qui mutualise déjà son bar avec la Halle. Il faut garder la propriété du lieu et son esprit, mais avec une formule juridique permettant une plus grande souplesse, comme la délégation partielle ou la société publique.

GK : Le monde a changé là-aussi. On doit garder cette salle pour accueillir des artistes qui ne viennent plus à Lyon. Mais on doit aussi le penser avec les autres lieux, le Transbordeur, etc. C'est essentiel. Ça demande pour le coup un vrai choix politique. Mais la Halle est un lieu mythique, et il ne faut pas détruire les lieux mythiques.

LG : On voit aussi que des salles appartenant à des groupes privés, avec la crise, sont aujourd'hui dans des situations critiques, comme certaines salles mythiques appartenant au groupe Lagardère, qui les met en vente. Si demain on a des gestionnaires privés qui n'arrivent pas à gérer les lieux et qui se retirent, ce serait catastrophique. La chance que l'on a, de part nos collectivités, c'est cette capacité à maintenir ce lieu et à affronter les difficultés.

Au buffet de la gare

La vie nocturne : quelle est votre vision ? Vous avez envisagé la création d'un poste de maire de la nuit ?
GK :
Oh vous savez, nous avions mis la création d'un poste de maire de la nuit dans notre programme de 2008… C'était sorti du Livre Blanc qu'on avait fait pour Lyon Devant, cette idée avait émergée, on en avait même nommé un dans le 3e arrondissement. Vous avez oublié, mais il y en a eu un. Je me méfie de ces fonctions : c'est compliqué. Ce qui était intéressant déjà en 2008, c'était sa transversalité. La vie nocturne, ce n'est pas que de la culture, c'est de l'économie, de la sécurité ou de l'insécurité qu'il faut gérer, mais c'est aussi le marqueur d'une ville. La question n'est pas de vouloir être Amsterdam ou Tokyo, c'est pas ça l'objectif. C'est qu'il y a aussi dans une société du plaisir à partager dans une vie nocturne, pourvu qu'elle ne vienne pas trop déborder sur ceux qui veulent dormir la nuit. On a une charte de la vie nocturne à Lyon, conduite par Jean-Yves Sécheresse. Elle pose aussi la question de la mobilité : tout le monde n'a pas une bagnole, ou ne vient pas en vélo la nuit. Se pose la question des horaires des transports en commun : avec le Sytral on a étendu des horaires à certains moments, et il faudra renforcer cela. Car l'insécurité ou les incivilités se passent souvent entre le moment où un lieu de vie nocturne ferme et la reprise du premier métro à l'aube. Il faut que l'on ait ça en tête. On pensait aussi faire des bons de retour à la maison pour les gens qui n'ont pas les moyens de rentrer chez eux. La vie nocturne, il faut en avoir une vision globale, elle est indispensable, et encore plus avec le changement de moyenne d'âge de notre ville… Quand j'étais étudiant, dans les années 70, si on voulait boire un coup la nuit il n'était pas rare de finir au buffet de la gare ! Il y a 150 000 étudiants à Lyon : il faut trouver des lieux pour la jeunesse, il faut l'organiser car le pire c'est quand elle s'organise de manière anarchique. Il faut la réguler, la maîtriser. Et le faire avec les acteurs.

Côté théâtre, on va changer de direction au Théâtre de la Croix-Rousse. Julien Poncet, directeur de la Comédie Odéon, porte de son côté un projet de festival venant compléter l'offre d'Avignon mais aussi l'idée d'un fond de soutien à la création abondé par les collectivités…
GK :
Lyon, ville de théâtre. Marcel Maréchal vient de nous quitter : il fait partie de ceux qui m'ont marqué beaucoup en d'autres temps. Je l'avais eu comme pion au collège… Ville de théâtre donc, avec la nécessité de recréer cette puissante histoire. Nos théâtres ont fonctionné avec leurs identités, les Célestins, le Théâtre de la Croix-Rousse, le Point du Jour retrouve lui une nouvelle histoire après Gwenael Morin qui a pour moi marqué son passage dans notre ville — les Sophocle à cinq heures du matin pendant Nuits de Fourvière, je peux vous le dire : je ne suis pas prêt d'oublier. Ça reste un moment extrêmement enthousiaste de découverte des textes d'une autre manière. Comment parler du théâtre à Lyon sans parler aussi du TNP à Villeurbanne ? On a essayé d'imaginer, et j'ai eu plusieurs rencontres avec Villeurbanne, comment on pourrait articuler le TNP et les Célestins par exemple, imaginer des passerelles, qu'ils se regardent plus dans les yeux que dos à dos. Joris Mathieu au TNG a des idées importantes aussi, autour de la place du théâtre dans nos sociétés. C'est quoi aujourd'hui le théâtre ? Tous ces artistes ont quelque chose à nous dire. À nous faire découvrir de ce monde post-crise. On attend des formes nouvelles. Le théâtre, oui, doit être une nouvelle ambition.

LG : On doit faire des travaux aussi, comme au TNG où l'on a un projet ambitieux avec Joris Mathieu. On a la chance d'avoir de très beaux équipements mais qui sont sous-utilisés. Arrivons à trouver des passerelles.

L'entrepreunariat privé, un acteur à part entière

La danse ?
GK :
C'est pas la danse pour la danse. C'est la manière dont Dominique Hervieu a abordé ça. Voyez, si on n'a pas des lieux de création, de résidence... On peut parler de l'influence qu'une ville peut avoir sur la création : l'attractivité ce n'est pas juste, venez-ici. C'est pourquoi je viens ? Je le redis : the place to be. Parce que là, j'aurais un outil pour ma résidence et les moyens de faire une création qui sera présentée ici et tournera ensuite dans le monde. Dominique par tout ce qu'elle est, tout ce qu'a été son engagement dans la danse, elle porte ça. On n'a pas fait la Maison de la Danse à 100M€ en 2014 — je me souviens d'un rendez-vous au ministère, avec le DRAC de l'époque et Dominique Hervieu, et on m'a regardé en me disant : « monsieur l'adjoint, est-ce que vous pensez vraiment qu'après la Philharmonie, qu'après le Musée des Confluences, on va encore lancer des projets à 100M€ ? ». Fin de l'aventure. C'est là qu'on avait proposé la Fabrique, on pouvait le faire à 25M€, et les Ateliers de la Danse sont un prolongement de ça. Mais il faut des hommes et des femmes pour ça. La danse est accessible à tout le monde, alors qu'aller écouter un texte au théâtre ne l'est pas toujours. Ce sont les corps qui parlent, c'est une émotion différente. Mais on n'a pas parlé des musées ? On a recombiné nos musées…

LG : Je voudrais dire un mot sur les pratiques amateur avant. Les Ateliers de la Danse contiennent un espace dédié. Dans notre projet, il y a une vraie volonté de mettre en avant ces pratiques, que ce soit en danse mais aussi en arts plastiques avec l'ENSBA, avec les acteurs de l'éducation populaire. On est au cœur de ce qui fait l'émergence d'un parcours artistique. Une culture individuelle. Et peut-être demain une continuité vers quelque chose de plus professionnel. Peut-être que ce qui nous a manqué, c'est qu'on a deux mondes qui se regardent, alors que les passerelles sont fondamentales. Et les Ateliers de la Danse sont une très belle réponse à ce problème. Les Subsistances demain seront aussi un lieu avec des pratiques amateur en parallèle, de la même façon.

Vous avez dit lors du débat du premier tour que le temps des musées monoculture était terminé.
GK :
Absolument. C'est fini. On ne va pas revenir sur le Musée des Tissus. Je vous garanti qu'à un moment ou à un autre, ce que l'on avait proposé reviendra — une triangulation de ce musée avec ces formidables collections, et s'il y en a un qui connaissait bien à l'époque ce qu'il y avait dedans, j'étais bien un de ceux-là. On ne fait pas un musée élitiste qui n'intéresse que quelques personnes. J'ai appris très vite au cours de ma vie que non, ce qui m'intéresse moi n'intéresse pas tout le monde.

Il y a quelques années plusieurs articles parus dans la grande presse, Le Monde, Le Figaro, disaient que la meilleure manière pour un maire de perdre une élection c'était de parler de culture. C'était encore vrai lors de la Municipale précédente. La culture a été bannie des débats de Présidentielle. Bannie des grands débats de notre politique. Ça m'a toujours sidéré. Je m'inscris radicalement en faux, par toute mon histoire, car la culture porte une identité. Toutes les formes d'expression culturelle doivent se retrouver dans une cité qui est nécessairement cosmopolite au bon sens du terme. Toute la difficulté, c'est comment mêler tout ça. Je me suis beaucoup investi dans L'Institut Français de Civilisation Musulmane. On a travaillé ces trois dernières années pour que ce lieu ne soit pas un lieu à part mais participe à la vie culturelle de la Ville, travaille avec les musées et les bibliothèques pour que des expositions puissent être décentrées là-bas. Voilà une conception de la culture engagée que l'on peut avoir dans une ville. Ce n'est pas parce que l'on ne va pas à l'Auditorium que l'on n'a pas envie de découvrir Mozart. Les Odyssées que Serge Dorny avait fait à l'Opéra l'ont montré.

Exigence, car c'est elle qui nous fait progresser, et proximité : la politique culturelle que je porterais a cette vision totale intégrée à l'ensemble du projet de cette municipalité. Parce qu'on a un héritage, et quand on en a un, on ne le dilapide pas. Notre ambition c'est de le faire fructifier. Ça demande des lignes de force, pas juste des aménagements rubrique par rubrique. Ça ne peut être que global.

LG : J'aimerais ajouter un mot sur l'entrepreunariat culturel : on a cette chance à Lyon d'avoir à la fois des institutions publiques, des acteurs associatifs et des acteurs privés, en mesure de monter des lieux ou des festivals. C'est la force de notre projet : créer un écosystème favorable où chacune de ces trois entités arrive à trouver sa place. Il y a cette volonté de laisser l'entrepreunariat privé être un acteur à part entière. Et je crois que nous sommes le seul projet à favoriser ce type d'écosystème le plus large possible où chacun a sa place.


Pour écouter le débat sur la culture organisé par Le Petit Bulletin et Rue89Lyon avant le premier tour :

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

Danse | L'opposition a grincé après l'annonce de l'abandon du projet d'Ateliers de le Danse dans l'ancien Musée Guimet. Ateliers qui seront relocalisés dans le 8e, sur le site du groupe scolaire Kennedy, tout proche de la Maison de la Danse. Une décision qui impacte par ricochet l'avenir du Musée Guimet mais aussi de l'ancienne ENSBA.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

L'annonce a bousculé et montré que les Verts et leurs alliés n'hésiteraient pas à aller à l'encontre des habitudes prises sous le règne Collomb et que les caciques de la culture lyonnaise devraient remettre leur trône en jeu : ainsi Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, maîtresse de cérémonie de la Biennale de la Danse, l'incontournable pivot de tout ce qui touche à l'art chorégraphique dans la cité — et ce, avec un talent indéniable. Mais la voici challengée, de nouveau : son projet de Maison de la Danse à Confluence avait déjà été retoqué — non pas par les politiques locaux emmenés alors par Georges Képénékian et Gérard Collomb, qui défendaient le projet, puisque c'est le Ministère de la Culture qui avait refusé de suivre financièrement comme nous l'avait expliqué en juin dernier Georges Képénékian pendant la campagne élector

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Cédric Van Styvendael : « Thierry Frémaux a un peu anticipé en annonçant d’ores et déjà les lauréats du prix Lumière »

Métropole de Lyon | Élu facilement maire de Villeurbanne avec 70, 37% des voix aux dernières élections municipales, investi par le PS, Cédric Van Styvendael a aussi été nommé vice-président à la Culture de la Métropole par Bruno Bernard, nouveau président EELV de cette collectivité qui n'a jusqu'ici jamais parlé du sujet culturel, ni pendant sa campagne, ni depuis son élection, nonobstant la crise actuelle. Rendez-vous fut donc pris et accepté par le nouvel édile de la cité où rayonne le TNP, en son bureau villeurbannais, pour un entretien enregistré le lundi 20 juillet, afin d'évoquer sa vision de la politique culturelle à l'échelle, cette fois, de l'agglomération. Magnéto.

Sébastien Broquet | Lundi 27 juillet 2020

Cédric Van Styvendael : « Thierry Frémaux a un peu anticipé en annonçant d’ores et déjà les lauréats du prix Lumière »

La culture a été la grande absente de la campagne électorale de Bruno Bernard pour la Métropole. Elle n’apparaît pas dans les dix priorités du nouveau président annoncées une fois l’élection gagnée. Est-ce que le secteur culturel doit s’inquiéter ? Cédric Van Styvendael : (Silence). La culture a été présente dans la campagne que j’ai menée pour la mairie de Villeurbanne. Ça devrait au moins rassurer les acteurs culturels de la Métropole : c’est une préoccupation forte pour moi. Deuxième point, effectivement, dans les dix priorités qui ont été pointées par le président de la Métropole liées à l’actualité de l’été, la culture, aujourd’hui, n’y apparaît pas. Ç’a été l’objet de ma première intervention dans ce que l’on appelle l’exécutif métropolitain, c’est à dire la réunion des 23 vice-présidents où j’ai pris la parole à ce sujet. Je dois rencontrer Bruno Bernard dans les jours qui viennent pour que nous abordions ensemble ce sujet, dans la mesure où j’ai une préoccupation majeure qui est l’accompagnement des acteurs culturels dans le c

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Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Covid-19 | Crash-test : la culture en PLS, en quelques jours, tel est le bilan immédiat de la crise induite par le Covid-19, virus pas très mélomane qui a mis a terre un pan entier de l’économie du pays — et pas n’importe lequel, celui qui donne du sens à nos existences tout en étant trop souvent pris pour partie négligeable, comme l’a montré sa gestion par un ministère de la Culture un brin largué. Du coup, on a questionné ici Florence Verney-Carron, vice-présidence à la Culture de la Région, et Loïc Graber, désormais ex-adjoint en charge du secteur à la Ville de Lyon. Pour savoir comment on réagit face à un tel uppercut quand on est aux commandes. Interview cut-up.

Sébastien Broquet | Mercredi 8 juillet 2020

Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Avant l’effondrement Loïc Graber : Quand j’ai pris mon mandat en 2017, je l’ai dit à plusieurs acteurs culturels : j’espère qu’on n’aura jamais à vivre un nouveau Bataclan. Je pensais alors à un attentat terroriste, susceptible d’entraîner une disparition du public des salles. Au quotidien, en tant qu’adjoint, on voit les budgets, les bilans des lieux : on sait ce qu’ils ont en réserve. Et je me disais, si jamais on doit surmonter quinze jours ou un mois de fermeture — je pensais ça à l’époque —, concrètement, ça va être très complexe. Les salles n’ont pas de réserve suffisante pour tenir plusieurs semaines sans public ! Impact dans… Florence Verney-Carron : Je prend conscience de la crise très tôt, puisque dès début mars on a les premières annulations — notamment Quais du Polar le 13 mars. On se rend compte avec Laurent Wauquiez qu’il faut fai

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Drive-in, drive out : retrait de permis en vue pour les séances en plein air ?

Cinéma | Situation ubuesque en France où, sur fond de pandémie, le principe du drive-in (voire du cinéma en plein air) se trouve menacé par la puissante Fédération Nationale des Cinémas Français. En Métropole lyonnaise, cette crise se donne même des airs de duel de western…

Vincent Raymond | Samedi 16 mai 2020

Drive-in, drive out : retrait de permis en vue pour les séances en plein air ?

C’est un bien étrange feuilleton qui se joue derrière les projecteurs. Alors que les spectateurs privés de séances se reportent depuis le début du confinement sur les offres de streaming, et que la réouverture des salles ne s’esquisse pas avant le début, voire la mi-juillet, selon les derniers échos du Ministère de la Culture et de l’ensemble de la profession, on commence à entendre parler ici ou là de drive-in. Il faut dire qu’ailleurs en Europe, ce recours à la voiture pour sortir tout en restant confiné fait florès : le Festival Art Parking de Prague a été un triomphe, quant au Danemark à l’Allemagne et à la Pologne, ils l’ont adopté pour des concerts… ou des messes. En quelques jours, les spectateurs lyonnais voient des propositions concurrentes éclore. Malheureusement, et c’est assez paradoxal, aucune ne risque de voir le jour. Indissociable du chromo nostalgique de l’Amérique des fifties — celle de l’après-guerre qui roule —, le drive-in n’est pourtant pas une nouveauté en terre lyonnaise, o

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Friche Lamartine, bientôt la lumière

Entretien | La Friche Lamartine, lieu de travail, de création, de résidence pour de nombreux artistes, attendait une solution de relogement depuis de longs mois. Tout s'est accéléré depuis l'été et deux sites seront finalement investis au printemps prochain, dont l'un pouvant désormais accueillir du public. Le point avec Loïc Graber, l'adjoint à la Culture de la Ville.

Sébastien Broquet | Mardi 4 décembre 2018

Friche Lamartine, bientôt la lumière

Quelle solution de relogement a été trouvée pour les artistes de la Friche Lamartine ? Loïc Graber : Historiquement, la Ville de Lyon a toujours eu un rapport particulier avec les artistes de la Friche RVI, puis celle de Lamartine. Quand ils se sont installés à Lamartine, ça a été compliqué car c’était un site plus petit et ça avait déjà donné lieu de leur part à un travail important de recomposition du noyau dur, de sélection des disciplines et des artistes accueillis sur le nouveau site. La Friche Lamartine avait été mise à disposition pour une durée provisoire, étant fléchée dès le départ pour une extension du stade Foé. Extension du stade qui devait avoir lieu il y a deux ans… C’est ça. Donc, nous avons pris l’engagement à ce moment-là de ne pas mettre les artistes à la rue, de par cette histoire remontant à RVI, mais encore fallait-il trouver une solution de relogement. Il s’avère que le patrimoine immobilier de Lyon est en train de se réduire comme peau de chagrin, en particulier sur les grands espaces un peu bruts de décoffrage. C’est à dire d’un espace qu’ils pourraient investir et transformer à leur guise : on en

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Les nuits raccourcies du Sonic

Politique Culturelle | Au Sonic, on ne navigue toujours pas en eaux calmes : l'autorisation d'ouverture tardive a été momentanément retirée au bateau rock. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 12 décembre 2017

Les nuits raccourcies du Sonic

Le Sonic a encore défrayé la chronique ces derniers jours. L'autorisation de nuit de la péniche la plus rock de la ville, à la programmation impeccable, lui a en effet été retirée suite à un avis défavorable des services de l'écologie urbaine de la Ville de Lyon. Coup dur : si les concerts en début de soirée attirent du monde, c'est surtout l'activité clubbing de nuit qui permet de faire tourner le lieu (représentant 65% de l'économie de la salle selon ses responsables). Comme de coutume, les réseaux sociaux ont été prompts à s'indigner. Et un concert de soutien est organisé ce vendredi 15 décembre, avec Abschaum et Pratos, fleurons de la scène locale. Stéphane Bony, le directeur du Sonic, nous confirme les faits : « Nous avons reçu un courrier des services de l'écologie urbaine : on nous reproche un non respect de la législation actuelle sur le niveau sonore des concerts. Nous devons aussi recalibrer notre limiteur, qui était devenu obsolète. C'est en cours. » Le limiteur en question enregistre à la fois le niveau sonore et l'amplitude horaire de l'activité. Il avait déjà été la cause de préc

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Loïc Graber : l'inconnu

Portrait | Nouvel adjoint en charge de la Culture de la Ville de Lyon, Loïc Graber est le nom que l'on n'attendait pas pour ce poste. Dans un milieu culturel qui ne le connaissait que peu, il commence à se faire un nom.

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

Loïc Graber : l'inconnu

Son nom a surgi à nos oreilles lors d'une soirée, le 13 juillet dernier : sa nomination venait d'être actée dans les salons de l'Hôtel de Ville, Loïc Graber serait le prochain adjoint à la Culture de Georges Képénékian, le nouvel édile de Lyon. Avant l'officialisation, nous avions tenté de sonder ceux qui font la culture ici : la plupart ne connaissaient pas son nom. Un directeur de festival nous chuchota que vu les autres idées qui circulaient, « ce serait plutôt une bonne chose. » Les jours suivants, une question se faufila dans les conversations : pourquoi lui, cet élu du 7e si discret, que personne ne semblait avoir croisé jusque-là dans une salle de spectacle ? Il faut dire que dans son arrondissement, pour émerger sur la culture, c'est le parcours du combattant : Myriam Picot, la maire, est elle-même en charge de cette délégation à la Métropole et fût pressentie pour le poste. Comme Jean-Yves Sécheresse, passionné, qui est resté à la Sécurité. Et Romain Blachier, qui a en charge la culture de l'arrondissement, est omniprésent sur les réseaux sociaux comme dans les salles de concerts. Mais c'est bien Loïc Graber qui s'est empar

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Loïc Graber à la culture

Mairie de Lyon | Loïc Graber est nommé adjoint à la culture de Georges Képénékian, en remplacement de ce dernier.

Sébastien Broquet | Mardi 18 juillet 2017

Loïc Graber à la culture

La décision était prise depuis jeudi dernier : c'est bien Loïc Graber qui est nommé adjoint à la culture de la Ville de Lyon, prenant ainsi la succession à ce poste emblématique du tout nouveau maire fraîchement élu cette semaine, Georges Képénékian. Sa promotion dans le rang des adjoints (de 21e et bon dernier, à 7e) le laissait augurer dès lundi soir. Après avoir sondé plusieurs possibilités, dont celle de nommer un transfuge venu de la droite (Emmanuel Hamelin a été souvent cité, ce qui inquiétait le petit monde de la culture lyonnaise) ou le respecté Jean-Yves Sécheresse, c'est donc l'ancien adjoint à la démocratie participative, élu dans le 7e arrondissement, qui hérite de la fonction, un peu par surprise : il n'a que peu œuvré jusque-là dans ce domaine. Le 7e est décidément pourvoyeur d'élus à la culture : la maire Myriam Picot est elle-même en charge de la culture à la Métropole, et Romain Blachier reste l'adjoint à la culture de l'arrondissement.

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Georges Képénékian dans un fauteuil

Élection du Maire de Lyon | C'est fait ! Après 16 ans de règne à la mairie de Lyon, Gérard Collomb a cédé sa place à Georges Képénékian. Et ce, jusqu'à la fin du mandat en 2020 - sauf si Gérard Collomb quitte le gouvernement et décide de reprendre son poste. Les délégations des adjoints seront attribuées dans les jours qui viennent.

Nadja Pobel | Lundi 17 juillet 2017

Georges Képénékian dans un fauteuil

Lors du conseil municipal du lundi 17 juillet, Georges Képénékian a été élu maire de Lyon, prenant ainsi la suite de Gérard Collomb, nommé ministre d'État à l'Intérieur, le 17 mai dernier suite à l'accession à la présidence de la République d'Emmanuel Macron. Si l'événement ne revêt aucune surprise – Georges Képénékian était le premier adjoint depuis le 3e mandat (2014), en charge de la culture et des grands événements, et déjà adjoint à la culture de 2008 à 2014, il n'en demeure pas moins que Lyon n'avait pas eu de nouvel édile depuis 2001. Ancien chirurgien urologue, Georges Képénékian est né le 9 août 1949. Quatre conseillers se sont portés candidats : Georges Képénékian, Denis Broliquier (UDI), Stéphane Guilland (LR) et Nathalie Perrin-Gilbert (Lyon citoyenne et solidaire). Georges Képénékian a été élu au premier tour de scrutin avec 49 voix. Sur les 72 bulletins dépouillés, 12 sont allés à Stéphane Guilland, 6 à Denis Broliquier, 3 à Nathalie Perrin-Gilbert. Après un discours de Gérard Collomb, Georges Képénékian, ceint du ruban bleu-blanc-rouge, cita celui qui lui laisse son fauteuil, qui

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Le 6e Continent dans une impasse

Politique Culturelle | Confrontée aux baisses de subventions, l'équipe de 6e Continent menée par son emblématique directeur Mohamed Sidrine tente de trouver des solutions. La mairie est à l'écoute, mais souhaite un projet revu et corrigé.

Sébastien Broquet | Mardi 7 mars 2017

Le 6e Continent dans une impasse

C'est un lieu emblématique et fondamental pour la culture comme pour la diversité, dans le 7e arrondissement de Lyon, qui est actif depuis 2004 dans des locaux ayant autrefois hébergé le mythique collectif Frigo. C'est encore un festival depuis bientôt 19 ans et une première édition au Pez Ner à Villeurbanne, maintenant installé du côté de Gerland, depuis 2002. Mais l'association 6e Continent est aujourd'hui dans une impasse. Les comptes sont au plus bas : le budget de l'association autofinancée à 80% est dans le rouge, depuis que la Région mais aussi l'État se sont désengagés. Comme nous l'expliquions ici, la Région a retiré ses 15 000€ annuels, subvention versée pour le fonctionnement de la salle. Et a diminué son apport au festival de 5000€, accordant désormais 10 000€ à l'événement qui se tiendra du 1er au 3 juin, où sont d'ores et déjà programmés

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Georges Képénékian : "On a besoin de donner une place à d’autres formes de musique"

ACTUS | Arrivée d’une nouvelle salle à Vénissieux dans les murs de l’ancien Truck, création d’une première SMAC regroupant quatre lieux associés pour l’occasion : l’actualité des salles de concerts de l’agglomération lyonnaise est riche pour la scène locale. Mais se pose toujours la question de l’offre pour le public : face à la sur-représentation du rock et de la pop, quelle place pour le hip hop et la sono mondiale ? Tour d’horizon avec George Képénékian, premier adjoint au maire de Lyon en charge de la culture.

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

Georges Képénékian :

Cette première SMAC de l’agglomération, réunissant Le Périscope, le Marché Gare, l’Épicerie Moderne et Bizarre : comment va-t-elle s’intégrer dans votre politique autour des musiques actuelles ? Il y avait déjà l’idée de faire un travail plus coopératif entre les différentes salles faisant vivre les musiques actuelles dans l’agglomération, venant renforcer ce que nous avions créé à Lyon, le programme « Scènes découvertes ». Dans ce dispositif, on trouve quatre salles dédiées à la musique, dont le Marché Gare et le Périscope, le Kraspek. Bref, il y avait l’idée de regrouper. Mais on ne trouvait pas le levier pour mettre tout ça en commun : ça fait huit ans que l’on tourne autour. On a accéléré quand la DRAC nous a demandé de mieux structurer, d’engager une réflexion. L’idée est de coordonner autour de ce premier noyau, autour duquel on pourra faire tourner tous les électrons. On s’est donné deux ans pour voir comment ça marche : chaque lieu doit garder sa ligne, son identité, son implantation sur un territoire. En terme de budget ? La ville a nettement augmenté sa participation : au Périscope avec 50 000 euros et au Marché

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Une saison revue à la baisse

SCENES | Si priorité est donnée dans ces colonnes aux spectacles et aux artistes, impossible de faire l’impasse sur les gels ou amputations de budgets culturels annoncés par la Ville en juin. Explications avec Georges Képénékian, 1er adjoint au maire délégué à la culture et réaction des Subsistances et des Célestins. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison revue à la baisse

Les salles de la Ville – qui consacre 20% de son budget à la culture – risquent bien de devoir modifier leur offre de programmation dans les mois et années à venir. Car le 15 juin dernier, lors de l’annonce des grandes orientations budgétaires pour la période 2016-2020, le milieu a tremblé : pour combler le désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales (moins 240 M€) et malgré un endettement calculé pour continuer à investir, deux domaines ont souffert plus que d’autres, le sport et la culture. Bilan pour cette dernière délégation : budget gelé pour l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, l’Opéra et les Célestins, baisse de 150 000€ pour le musée des Beaux-arts et le Musée d’Art Contemporain, et de 450 000€ pour les Subsistances. «Ce n’est pas un rabotage, nous avons voulu prendre des options qui font sens sans faire dérailler le train plutôt que d’appliquer systématiquement - 8% à tout le monde. On a plutôt fait contribuer les maisons les plus grosses à cet effort pour préserver l’émergence. Et faire en sorte que les budgets cré

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«Je ne vais pas investir dans des opérations spectaculaires»

SCENES | Entretien / Georges Képénékian, adjoint au maire de Lyon, délégué à la culture, au patrimoine et aux droits des citoyens, fait sa rentrée. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 29 août 2011

«Je ne vais pas investir dans des opérations spectaculaires»

Petit Bulletin : Que va devenir le Théâtre du Point du Jour après le départ annoncé de son directeur, Michel Raskine ? Georges Képénékian : Michel Raskine et André Guittier sont venus me voir à l’automne dernier pour m’annoncer qu’ils se retiraient fin 2011. Quelques mois plus tard, ils sont revenus me voir en me disant : «Finalement, Michel va partir, mais André, pas dans l’immédiat». Michel m’a parlé de sa volonté de «laisser la saison» au metteur en scène Gwénaël Morin, c’est-à-dire de lui donner carte blanche pendant un an. Gwénaël Morin est candidat à la reprise du théâtre ? J’ai rencontré Gwénaël et nous nous sommes bien mis d’accord sur le fait que cette année de transition n’est en aucun cas une espèce de «présélection naturelle» qui me conduirait à le désigner «en douce» à la tête de ce théâtre. Ni Gwénaël ni moi ne souhaitons que les choses se déroulent de cette manière. Au-delà de la question de la direction, la question du financement de ce théâtre va également se poser...La question se pose pour le financement du théâtre e

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«La Ville décide seule»

SCENES | Entretien / Georges Képénékian, adjoint au Maire de Lyon, délégué à la culture et au patrimoine revient sur la «procédure» de nomination du futur directeur du Théâtre de la Croix-Rousse. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 29 novembre 2010

«La Ville décide seule»

Petit Bulletin : Vous n’avez pas lancé d’appel à projets pour la succession à Philippe Faure à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse. Cette absence de concertation ne risque-t-elle pas de poser problème ?Georges Képénékian : Tout se passera bien. La nomination du successeur de Philippe Faure est différente des autres procédures que nous avons pu connaître. Il n’y a pas de jury, pas de commissions ; la Ville décide seule. Bien sûr, nous discutons également avec nos partenaires, l’État, la Région et le département. Beaucoup de personnes qui se sont portées candidates se plaignent de n’avoir pas été reçues afin de pouvoir présenter leurs projets. Allez-vous les recevoir ?Non, nous n’allons pas recevoir tous les candidats. Au total, nous avons reçu 16 ou 17 dossiers, dont quelques-uns franchement inattendus. Nous les avons analysés, puis nous avons lancé une réflexion. Quel est votre projet pour le Théâtre de la Croix-Rousse, quel homme ou quelle femme voyez-vous à sa direction ?Nous ne voulons pas changer fondamentalement le lieu, il ne faut pas être en rupture avec ce que le public attend. Le futur directeur ou la future directrice sera un acteu

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«Nous sommes un peu plus sereins»

ACTUS | Entretien / Georges Képénékian, adjoint à la Culture et au Patrimoine, dresse le bilan d’une saison épineuse et évoque les sujets qui vont animer la rentrée culturelle 2010. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Samedi 4 septembre 2010

«Nous sommes un peu plus sereins»

Petit Bulletin : La saison dernière a été très agitée et vous avez dû faire face à de nombreux dossiers problématiques et à de nombreuses critiques. Quelles conclusions en tirez-vous ?Georges Képénékian : Que je n’ai pas dû savoir communiquer… Il est vrai que la saison dernière plusieurs sujets ont eu du mal à aboutir : le Transbordeur, le Musée Gadagne, l’Orchestre national de Lyon, la friche RVI… C’étaient des dossiers lourds. Je crois qu’aujourd’hui on peut dire que Gadagne c’est fait, le Transbo, c’est fait, l’ONL avance avec l’arrivée prochaine du chef Leonard Slatkin... Je pense que j’ai passé une mauvaise année 2010, qui va rester comme une année de tensions diverses, mais qu’aujourd’hui nous sommes un peu plus sereins. Pouvez-vous revenir sur la question de la friche RVI qui n’est pas encore réglée ? Les artistes doivent en théorie quitter l’avenue Lacassagne et s’installer rue Lamartine le 15 septembre…On savait que ce dossier serait compliqué. Pour plusieurs raisons. D’abord il y a plusieurs catégories de gens à la friche. Il y a des artistes qui sont déjà presque professionnels et qui ne relèvent plus form

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