Enfin l'ouverture officielle de Grrrnd Zero

Nouveau Spot | Enfin. Après près de quatre années de travaux et de vie cachée, Grrrnd Zero, squatt autorisé désormais localisé dans le quartier de La Soie, peut ouvrir grand ses portes officiellement, ayant recueilli toutes les autorisations nécessaires. L'occasion de revenir sur l'histoire de ce spot dédié aux cultures underground par la voix du collectif, aussi anonyme que pluriel.

Sébastien Broquet | Mardi 24 septembre 2019

Photo : © Grrrnd Zero


#Start

Grrrnd Zero : C'est le troisième lieu que l'on investit, il y en a eu deux autres avant. Deux et demi, si l'on compte notre incursion au Rail Théâtre. Notre collectif existe depuis 2004, monté à Lyon par des gens d'ici pour ouvrir un spot où accueillir des musiques alternatives. Le Pezner de Villeurbanne était fermé depuis un petit moment, le Kafé Myzik qui accueillait les musiques de traviole venait de fermer aussi ; la mairie s'était engagée à les reloger, en vain.

Au sein de notre collectif, certains venait du Kafé Myzik, d'autres du milieu squatt d'autres villes. Ou n'avaient pas encore participé à des projets, mais voulaient s'investir. Tous se connaissaient très peu avant d'ouvrir le lieu. La solution du squatt n'a pas été envisagé de suite : on a cherché pendant un moment des locaux à occuper par un conventionnement, voire même loué. On s'est rendu compte assez rapidement que ce serait difficile…

On a trouvé un lieu vide dans le 7e arrondissement, que l'on a essayé d'avoir légalement. Enfin, plus exactement on s'est fait passer pour Arty Farty (NdlR : qui organise Nuits sonores) et on a demandé si on pouvait s'installer (rires). Les services à l'urbanisme nous ont répondu que le lieu serait utilisé deux mois plus tard. C'était faux. Donc on l'a investi ! Ce n'était pas encore la mode de l'urbanisme transitoire, transversal, tout ce truc devenu bien à la mode depuis.

#Squatt

Dès le début, on a squatté. Mais plusieurs d'entre nous venant de ce milieu ne voulaient pas répéter les mêmes erreurs. On trouve l'existence des squatts cruciale et nécessaire, mais ce n'est pas un lieu éphémère que l'on voulait créer. L'idée était dès le départ de faire un lieu qui dure ! On squattait parce qu'on nous obligeait à le faire, mais dès le début on a annoncé que l'on était prêt à négocier avec les pouvoirs publics. On considérait, et on considère toujours, qu'il y a un intérêt public à faire ce que l'on fait. Vu le nombre de locaux vides appartenant à la collectivité, l'un d'eux pouvait être mis à disposition. Les services culturels de la Ville sont devenus notre interface.

On a ouvert ce premier lieu qui a tout de suite très bien fonctionné : beaucoup de soutien du public, des médias, d'acteurs légitimants, de gens impliqués dans d'autres structures approuvant ce besoin d'un tel lieu à Lyon.

Assez vite, au moment où l'on devait quitter cet espace, la mairie s'est engagée à nous reloger. On s'est alors retrouvé au second endroit, à Gerland, dans les anciennes usines Brossette.

Un local où théoriquement l'on pouvait faire tous les concerts là-bas. Juste avant que l'on rentre dedans, on nous a interdit de faire des travaux pour les concerts.

#Gérard

La mairie nous a proposé un deal avec le Rail Théâtre, une salle de concerts à Vaise qui avait demandé des subventions à la Ville, laquelle leur demandait en échange de nous accueillir pour plusieurs dates. Ça a bien fonctionné sur certains concerts. Mais l'activité de la salle était bien trop dense pour que l'on puisse faire tous ceux que l'on voulait. On a donc commencé à en faire à Gerland dans l'illégalité la plus totale. On faisait entre les deux salles de 100 à 120 concerts par an. Ça a duré pas mal d'années. Au début, on nous avait donné deux ans, on est resté presque huit ans.

Au moment de partir de Gerland, on a négocié un lieu pas loin d'un arrêt de métro et au moins aussi grand. Ils nous ont trouvé cet endroit à Vaulx-en-Velin, près de La Soie. Un bâtiment de bureaux complètement délabré de 500m2 et un hangar complètement vide. Une ancienne papeterie. C'était fin 2013, la convention a été signée en juin 2014. Ça faisait un an et demi que l'on savait que l'on allait avoir cet endroit, ça traînait pour la signature, donc on a profité de Nuits sonores pour aller coller des affiches partout avec la tête de notre bon Gérard. Le lendemain, il y avait un article dans Libération, le surlendemain on signait. Mais l'article n'avait rien à voir : ils avaient déjà prévu de nous faire signer.

#Élus

On a eu très peu de contacts avec les élus. Avant, on voyait régulièrement Samuel Bosc, du cabinet de l'adjoint à la Culture, Georges Képénékian. Et d'autres personnes qui ont des postes administratifs à la DRAC. Le premier que l'on ait vu qui a l'air de s'intéresser de façon candide et réelle à notre projet, faut dire ce qui est, c'est Loïc Graber. Le deal avait déjà été fait avant lui, mais c'est le seul qui soit venu sur place et qui a posé des questions longuement, s'est intéressé à l'atelier de sérigraphie.

#Maçonnerie

Quatre ans de travaux. Deux pour le bâtiment de bureaux, où la rénovation a pris bien plus longtemps que prévu. Deux pour le hangar, qui est allé plus vite – c'est trois fois plus grand, mais on l'a fait en moins de temps. Ça a été faisable grâce à une poignée de gens héroïques qui en mode bénévoles ont consacré tout leur temps pour que ce lieu existe. Près de 800 personnes sont venues aider. Certains venaient à douze de Toulouse, d'autres d'Australie. Entièrement fait par nous : c'est le truc un peu fou, car il n'y avait plus rien du tout. Les travaux que l'on a accompli ont été évalué à 1, 6 millions d'euros.

On l'a fait avec les 300 000 euros : une subvention de la Ville. Faut pas cracher dessus : c'est une belle somme par rapport au budget et à la réalité de la politique culturelle de Lyon. C'est pas rien.

Après à Dijon, une ville plus petite, ils ont donné 800 000 euros aux Tanneries, un squatt anarchiste, pour avoir un nouvel endroit – et les mises aux normes ont été faites par la ville...

On a pu ouvrir par surprise en juin dernier, car on a eu la visite des pompiers, on s'attendait tous à devoir faire des modifications, on était sur le cul quand ils nous on dit à la fin de la visite que l'avis était positif pour l'ERP (établissement recevant du public) : rien à changer.

#Programmation

Grrrnd Zero est la scène d'accueil, mais n'est pas nécessairement organisateur et programmateur des concerts. Il y a souvent confusion. Pour jouer, ce n'est pas à nous qu'il faut s'adresser, mais à des organisateurs qui sont en lien avec nous.

Au premier Grrrnd Zero, la programmation était faite collectivement par nos soins. Mais on s'en est rendu compte dès le second endroit qu'il y avait une myriade d'associations à Lyon qui avaient besoin de lieux. L'an dernier, près de 25 assos différentes ont organisé des concerts ici.

On traite toutes les propositions d'organisateurs lors de nos réunions hebdomadaires des membres de Grrrnd Zero, on en débat et à la fin s'il n'y a pas consensus, on vote. Sur les critères artistique et musical, car nous ne sommes pas une MJC : on a une exigence, tout en restant éclectique dans les styles. On fait jouer des groupes un peu gros de la scène, avec qui on a des liens, et des choses inédites. On ne veut pas se reposer sur le copinage ou bien uniquement sur la scène locale.

Une fois qu'une date est acceptée collectivement, on désigne une ou plusieurs personnes chargées d'encadrer la soirée, que l'on nomme "référents". Qui en amont briefent les organisateurs sur le partage des frais et des bénéfices, le nombre des bénévoles, les prix – toujours indicatifs, car on laisse entrer même ceux qui n'ont pas les moyens. On donne des conditions assez cool aux organisateurs (100% des entrées + la moitié du bar), en échange on leur demande de laisser le public venir avec leur propre boisson, avec la somme qu'ils ont même s'ils n'ont pas assez pour le prix du ticket. Cordiaux !

Au niveau des tarifs, le prix libre est bienvenu et encouragé, mais on sait que ce n'est pas viable sur toutes les soirées. Nos prix sont alors entre 5 et 10€.

#Partenaires

Il n'y a pas de règles. Ce sont souvent des collectifs un peu informels, voire des gens seuls, sans structure, qui veulent faire un concert. Des assos punk pur & dur, de la musique expérimentale, ou Groovedge pour la musique électronique. 1.2.3.4. ou des gens qui font partie de La Luttine et qui répètent ici.

Les plus fréquents, ce sont des gens avec qui nous sommes liés depuis un moment. Et des novices, des nouveaux, régulièrement. Le lieu suscite beaucoup de demandes et d'envie.

Même si les conditions sont les plus cordiales et bienveillantes de Lyon, c'est quand même beaucoup de logistique et de travail. Le ménage, les lessives, la vaisselle, il faut le faire. C'est potentiellement excluant pour certaines assos intéressées qui ont compris que ce n'était pas dans leurs cordes : c'est pas comme dans certains lieux où il suffit de s'installer avec un préposé aux entrées. Ici, tout le monde est bénévole, donc l'asso qui organise doit s'impliquer sur plein de choses. C'est le grand principe du DIY. C'est contraignant, mais ça permet d'échanger, de rencontrer, d'acquérir des connaissances et des savoir-faire.

Les années précédentes on était hors-les-murs, on a fait des concerts dans d'autres squatts, des appartements. Des lieux légaux, même. Là, on va avoir une existence légale : ça va faire revenir d'autres types d'orgas, comme Jarring Effects avec qui on avait travaillé au Rail Théâtre sur plusieurs dates. Au mois de novembre, on a une co-production avec une organisation proche de GZ et avec le Marché-Gare.

#Investis

GZ a toujours cherché à faire venir les curieux, pas seulement les convaincus. On a une propagande assez forte, on colle des affiches de partout. On veut un public qui vienne découvrir.

On n'a pas de contrainte financière, de salaire à sortir chaque mois : on peut donc programmer ce que l'on aime, on n'a pas à se forcer à faire venir un gros truc de rock commercial juste pour équilibrer un budget.

On devrait être autour de 100 dates dans l'année. Le volume d'activité que l'on peut faire à GZ dépend du nombre de personnes qui s'y investissent, c'est tout. La prog' de Grrrnd Zero, chaque personne qui aime la musique à Lyon peut avoir une part dedans. La majeure partie des gens ici sont venus en tant que public avant de s'investir.

#Équipe

Question piège. Il y a plusieurs cercles, c'est assez nébuleux. Pas de carte de membre ! La barrière entre public et asso est poreuse. Il y a la réunion hebdomadaire, avec entre 8 et 30 personnes selon l'importance de l'ordre du jour et la période de l'année. Et une cinquantaine de personnes différentes qui peuvent y venir. Le noyau dur, ceux qui toutes les semaines donnent de leur temps, c'est une bonne quinzaine. Et une cinquantaine qui donnent des coups de main réguliers. Plus d'une centaine pour le cercle des occasionnels. Aucun salarié. Et nous n'avons pas un forme associative classique avec un président, mais un collège assez large.

#Quartier

On veut faire beaucoup plus de trucs hors musique à l'avenir : conférences, films, théâtre, etc. Plus qu'avant. Et aussi avec le quartier : s'ouvrir aux gens proches. On en a fait une ébauche l'an dernier sur des ateliers avec des personnes handicapées mentales, en lien avec une asso de Villeurbanne. On voudrait faire aussi des ateliers avec les enfants, avec les habitants. On ne veut pas être un lieu hermétique. Ce super espace, le quartier doit en bénéficier aussi.

On avait raté ça au GZ précédent. Des gens venaient de partout en Europe, Pitchfork parlait de nous, mais le voisin d'à côté ne savait pas qui on était. Ce qui est un peu honteux. Ici, dans l'équipe actuelle, beaucoup de gens veulent faire des choses avec le quartier. L'an dernier on a fait une brocante qui a hyper bien marché avec les gens du coin.

#Lieu de vie

Grrrnd Zero, ce n'est pas qu'une salle de concert. Ce n'est pas qu'un lieu qui accueille du public. Le concert, c'est l'activité la plus prégnante, la plus connue. Mais il y a toujours eu autour des activités de création, des locaux de répétition, des ateliers d'art graphique et plastique, des bureaux d'associations, de petits éditeurs…

Ici, dans le premier bâtiment, il y a un atelier de couture, deux ateliers d'impression. Toner Toner, qui est un atelier de risographie monté il y a un an et demi par un groupe de filles : c'est une usine à gaz, tout le monde dans le milieu alternatif, musical et politique vient imprimer là. En dessous, il y a un atelier de sérigraphie. Il y a le bureau d'un label. Et un fab-lab : réparation et récupération de matériels électroniques. Une presse à vinyles va arriver aussi. En fait, ici, un groupe peut répéter, jouer, enregistrer, faire ses pochettes et affiches, presser son disque…

Côté hangar, il y a sept locaux de répétition partagés entre plusieurs groupes : plus de 150 musiciens. Il y a un gros manque de locaux de répétions à Lyon ! Un studio d'enregistrement et de mixage. Un terrain de badminton et un atelier bois et métal.

Et une salle d'exposition, pas encore utilisée. On ne sait pas comment on va régir ce truc-là : comme la salle de concerts, on décide ensemble, ou avoir un groupe d'artistes qui programme et le prenne en main. On n'a pas décidé.

Il y a le Bistrot Zéro qui est devenu en un an l'institution bimensuelle de GZ, le dimanche après-midi : un repas préparé sur place à prix libre, avec DJs.

#Intérêt public

Oui, on le pense. Nous ne sommes pas le seul lieu alternatif à l'être. Tous les squatts illégaux qui ouvrent juste pour quelques mois le sont aussi. Tous les gens qui font de la culture non marchande et qui font vivre une ville, qui sont souvent diabolisés par les pouvoirs publics, mis en procès, subissent des descentes de flics, devraient être remerciés : ils font gratuitement de la culture. Il y a tout un milieu qui fait des choses extraordinaires, avec une énergie folle, sans logique marchande : oui, ça fait partie de l'intérêt public.

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