Simon Dybbroe Møller

(Art contemporain et numérique)

Originaire du Danemark, Simon Dybbroe Møller examine l’interaction entre les expériences sensorielles fondamentales et le détachement croissant des médias de représentation. Dans ses expositions, il tente de repousser les limites de la perception, du temps et de la représentation artistique en regroupant des objets du quotidien subtilement modifiés, qu'il juxtapose de vidéos et de photographies mettant en scène un ou plusieurs sujets.

Notre avis : Dans les images et les installations de Dybbroe Møller la vision vacille, prise dans un réseau de signes qui excède toute maîtrise. Les regards surexposés des Retinal Rift, arrachés à leur contexte, fonctionnent comme des seuils : une confrontation où l'intime devient territoire partagé et instable. L'exposition installe une zone où la perception se dédouble, prise entre présence physique, voilage aveuglant et reflet spéculaire. Ce qui surgit n'est ni confession ni spectacle, mais une dérive du sensible, un lieu où la subjectivité se recompose, troublée par ses propres médiations.

SuperBal

(Peinture & Dessin)

Pour débuter l'année, le centre d'art Madeleine-Lambert de Vénissieux accueille une exposition collective des diplômé·e·s de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Lyon. Au programme : les œuvres de 17 jeunes artistes, entre vidéo, peinture, sculpture, textile, photographie, poésie, création sonore et performance.

Notre avis : Accueillant jusqu'à la mi-février les œuvres de dix-huit artistes au sortir de l'Ensba, l'ancienne salle de bal de la Maison du Peuple de Vénissieux retrouve sa dimension festive et collective. Le large spectre de médiums employés dessine un parcours d'expériences esthétiques singulières partageant une attention commune aux matériaux ordinaires et au détournement des usages. Dans une mise en abyme captivante, la visite se poursuit dans les salles du MuMi, musée miniature conçu par Le gentil garçon en 2017, exceptionnellement intégré au parcours, et offrant un redoublement du plaisir scopique.

Drawing Matter

(Peinture & Dessin)

Exposition collective rassemblant les œuvres de Nicolas Daubanes, Gloria Friedmann, Rémy Jacquier, Tania Mouraud, Orlan et Lionel Sabatté, des artistes convoquant la grammaire et les procédures du dessin hors des usages traditionnels en proposant un dessin plasticien élargissant les champs du médium.

Notre avis : L'exposition métamorphose l'acte de dessiner en une éruption de matières vivantes ou inertes où sang, terre, poussière, limaille, deviennent agents plastiques. Les œuvres convoquent une organicité brute engendrant des visages et des corps, mais également des symboles ou des édifices, tous marqués par l'incandescence ou le fantomatique. Dans ce flux, le dessin échappe à sa linéarité pour se faire texture, déchet réinventé, trace vivante : il se creuse et se prolonge, fragile et viscéral, jusqu'à interroger nos sens.

William Bouguereau et les lyonnais

(Peinture & Dessin)

À l’occasion du bicentenaire de sa naissance, la Tomaselli Collection rend hommage à William Bouguereau à travers une exposition qui explorera ses relations avec les artistes lyonnais. Grâce à de nombreux prêts, l’exposition dévoilera des études peintes, des dessins préparatoires et des esquisses inédites retraçant l’ensemble de sa carrière, oubliée du grand public.

Notre avis : Défini par Charles Vendryes comme « l'un des plus renommés et des plus habiles représentants de l'école idéaliste », William Bouguereau incarne cette figure d'artiste célébré de son vivant, mais tombé dans l'ombre après sa disparition. Si près de 90 % de son œuvre a gagné les États-Unis, sa redécouverte tardive a nourri bien des regrets, partiellement apaisés par l'ouverture d'une salle au musée d'Orsay en 2010. L'exposition offre l'occasion d'explorer des pièces méconnues, des études préparatoires rarement montrées, et de mesurer son écho dans la production lyonnaise de ses contemporains.

Étretat, par-delà les falaises. Courbet, Monet, Matisse

(Peinture & Dessin)

Découvert dans les années 1820 par les artistes romantiques, la côte d'Étretat, avec ses falaises et ses portes taillées dans la craie, a été la source d'inspiration de nombreux peintres comme Claude Monet, Henri Matisse ou Gustave Courbet. Aujourd'hui fragilisé à cause du surtourisme, ce site est mis à l'honneur dans la nouvelle exposition du Musée des Beaux-Arts.

Notre avis : Retraçant la construction du mythe d'Étretat, village de pêcheurs de la côte d'Albâtre devenu au XIXᵉ siècle un haut lieu artistique, l'exposition conçue en collaboration avec le Städel Museum de Francfort-sur-le-Main, s'annonce comme un des événements majeurs de la fin de l'année. Les falaises se dressant face à la mer incarnent non pas un motif, mais l'aiguillon d'une réflexion picturale, photographique et littéraire où la lutte avec le visible se renouvelle et se dramatise.

Charles Malle

(Peinture & Dessin)

Pour commencer l'année en beauté, la galerie Estades propose la plus grande exposition des toiles de l'artiste depuis sa disparition en 2023, l'occasion de (re)découvrir ses huiles et pastels représentant des paysages parisiens et normands transcendant ses propres souvenirs d’enfance pour offrir une vision du monde empreinte de douceur et de poésie.

Notre avis : La galerie Estades rend un hommage à Charles Malle, disparu en 2023, à travers une exposition couvrant les trois dernières décennies de son travail. Dépourvues d'une vaine nostalgie, ses toiles opèrent un léger décalage : ce qui se donne à voir n'est jamais la simple restitution d'un passé, mais la recréation d'un souvenir en mouvement. Une peinture qui résiste à l'appropriation immédiate et tire précisément de cette distance sa fascination.

Double jeu

(Art contemporain et numérique)

Vernissage le 5 février à 18h. Dans le cadre d'un échange avec l'espace Interface à Dijon, la BF15 accueillera les artistes Sabine Leclercq et Guilaume Perez pour une exposition collective de leurs travaux, explorant le portrait, l'archive, les formes et la couleur.

Notre avis : Deux lieux associatifs, Interface à Dijon et la BF15 à Lyon, proposent des expositions croisées qui permettront tour à tour de découvrir deux artistes lyonnais (Sabine Leclerq et Guillaume Perez) puis deux artistes dijonnais (Mathilde Besson et Johan Côte Gayffier). Leurs œuvres se confrontent et s'adaptent aux espaces d'expositions pour des accrochages toujours singuliers. On attend beaucoup notamment des créations de Guillaume Pérez, que l'on avait pu découvrir à l'URDLA dernièrement, et pour qui la peinture doit se déployer au-delà de la toile et de la surface.

Steph Cop

(Art contemporain et numérique)

Inspiré par le massif du Morvan, là où il a installé son atelier, Steph Cop donne vie à des sculptures en bois réalisées à partir d'arbres déjà tombés pour leur donner une seconde vie, tantôt sous forme anthropomorphique, tantôt sous des formes plus abstraites.

Notre avis : Steph Cop a installé son atelier au cœur des Noires Montagnes dans le Morvan, un environnement qui inspire la vitalité de ses sculptures sur bois (réalisées à partir d'arbres tombés). Elles donnent comme une seconde vie aux arbres, parfois à travers des formes abstraites, parfois à travers des figures plus anthropomorphes. De petite ou de grande taille, ses œuvres recèlent une puissance poétique et formelle qui nous émeut beaucoup.

Violaine Barioz

(Peinture & Dessin)

Lectrice assidue, Violaine Barioz crée des séries d'œuvres inspirées de son quotidien en choisissant une thématique qu'elle décline en une multitudes de dessins et peintures, en jonglant avec une palette qui s'étend du figuratif à l'abstraction.

Notre avis : S'articulant dans un rapport de proximité sensible - qu'il s'agisse du lieu, de la bibliothèque de l'enfance de l'artiste, des objets-livres ou du sentiment amoureux - cette exposition redéfinit les coordonnées du corridor reliant deux salles du palais Saint-Jean. Celui-ci adopte ainsi les traits d'un carnet d'images, proche de notes d'un voyage mené dans la nature ou autour de la chambre. Les dessins et les peintures inondent l'espace, tout en demeurant enveloppés d'un silence serein, ce qui suggère une narration faite de fragments suspendus.

Hommage à Francis Bacon

(Peinture & Dessin)

Peintre de la tension, de la couleur et de la figure, Francis Bacon a marqué l’histoire de l’art par une œuvre intense, où les corps semblent mis à l’épreuve de l’espace et du regard. Plus de trente ans après sa disparition, la galerie Autour de l'image invite les artistes Edoardo Boccanfuso, Bastien Bürcher, Olivier Devignaud, Mathieu Iquel, Jérôme Moreau, Suan Muller, Léopold Poyet et Dorothée Richard pour lui rendre hommage à travers leur propre langage plastique, entre peinture, dessin et gravure.

Notre avis : Huit artistes mettent en tension des dialogues faits de résonances, fragments et sensations avec l'un des artistes les plus fascinants du XXᵉ siècle. Installées sur une frise évoquant les grands aplats de Bacon, les œuvres exposées, sans se limiter à répéter fidèlement les formes de son travail, se révèlent traversées par des mouvements magmatiques de défiguration, générant des déformations formelles et tonales qui auraient certainement plu à celui que Gilles Deleuze a défini dans sa Logique de la sensation, à juste titre, « l'un des plus grands coloristes depuis Van Gogh et Gauguin ».

Susanne Kriemann

(Photographie)

Vernissage le 8 janvier à 18h30. À travers un concept élargi du document photographique, Susanne Kriemann explore les paysages comme des systèmes d'enregistrement analogiques des processus causés par l'homme. Conçue spécialement pour le Goethe Institut Lyon, l'exposition présente des affiches grand format et des soieries traitant des conséquences de l'exploitation minière de l'uranium.

Notre avis : Susanne Kriemann aborde le paysage comme une mémoire sensible, un espace où s'inscrivent durablement les transformations causées par l'activité humaine. Dans le Limousin, ancien territoire de l'extraction de l'uranium, l'artiste s'attarde sur les plantes qui ont investi les sols irradiés, non comme signes de réparation, mais comme surfaces d'enregistrement. Par le biais de photogrammes et de soieries grand format, lupins, fougères et genêts apparaissent tels des vestiges vivants. Une radiographie poétique et inquiète d'un monde postnucléaire, où la nature conserve autant qu'elle révèle.

Jean Couty

(Peinture & Dessin)

La galerie l'Antiquaille accueille une trentaine d’œuvres représentant l'attachement de l’artiste lyonnais Jean Couty, représentant de la peinture figurative du XXe siècle, à la ville de Lyon, avec au cœur de cette exposition Le Bénédicité (2, 26 m x 3, 60m), une toile monumentale de 2, 26 mètres sur 3, 60 datant de 1941.

Notre avis : S'inscrivant dans l'atmosphère recueillie d'un lieu propice à la contemplation, la nouvelle exposition monographique consacrée à l'artiste lyonnais prend vie dans les salles de l'ancien couvent de la Visitation de l'Antiquaille. Articulé en trois temps, le parcours s'ouvre sur les vues d'un Lyon bordé d'eau, avant de mettre à l'honneur le lieu tant aimé auquel l'artiste demeura attaché toute sa vie : le berceau paisible de l'île Barbe. La chapelle accueille enfin les vues d'églises romanes, réalisées dans une tension entre élan vital et rigueur constructiviste.

Jeu double

(Art contemporain et numérique)

Vernissage le 2 avril à 18h. Dans le cadre d'un échange avec l'espace Interface à Dijon, la BF15 accueillera les artistes Mathilde Besson et Johan Côte Gayffier pour une exposition collective de leurs travaux explorant le tissu, le passage du temps et le cycle de la vie.

Notre avis : Deux lieux associatifs, Interface à Dijon et la BF15 à Lyon, proposent des expositions croisées qui permettront tour à tour de découvrir deux artistes lyonnais (Sabine Leclerq et Guillaume Perez) puis deux artistes dijonnais (Mathilde Besson et Johan Côte Gayffier). Leurs œuvres se confrontent et s'adaptent aux espaces d'expositions pour des accrochages toujours singuliers. On attend beaucoup notamment des créations de Guillaume Pérez, que l'on avait pu découvrir à l'URDLA dernièrement, et pour qui la peinture doit se déployer au-delà de la toile et de la surface.

Sarah Jérôme

(Peinture & Dessin)

Vernissage le 29 janvier à 18h30. Pour sa rentrée 2026, la fondation Bullukian accueillera l'artiste Sarah Jérôme, qui investira le centre d’art avec l’exposition Le Mur invisible, réunissant un corpus d’œuvres inédites inspirées du roman éponyme de Marlen Haushofer.

Notre avis : Née en 1979 à Rennes, Sarah Jérôme a une double formation dans des structures prestigieuses : diplômée à la fois du Conservatoire national de danse de Paris et de l'École des Beaux-Arts de la même ville. À l'intersection de la danse et des arts plastiques, la jeune femme déploie une œuvre des plus singulières entre dessin, sculpture, peinture, installation et performance... Pour son exposition monographique à Lyon, Le mur invisible, Sarah Jérôme réunira un corpus d'œuvres inédites réalisées lors de sa résidence et inspirées du roman éponyme de Marlen Haushofer.

Aux frontières du réel : La quête ésotérique de l'invisible

(Sciences et Histoire)

Pendant plus de trois mois, la bibliothèque de la Part-Dieu accueillera une exposition retraçant l'histoire des pratiques ésotériques, de l'astrologie au magnétisme en passant par le spiritisme et les arts divinatoires en explorant la transmission et l’exercice de ces pratiques, les figures et histoires lyonnaises qui ont marqué leur développement, ainsi que la place souvent singulière des femmes dans ce domaine.

Notre avis : Dans la ville de Willermoz, Kardec et Nizier Philippe, la constellation d'objets hétérogènes de la Bibliothèque municipale composent une grammaire du destin. L'image, se manifestant par l'entremise de gestes figés, de signes hérités et d'affects transmis, agit ici comme une survivance. Du cosmos miniaturisé aux jeux imprimés, des corps féminins médiateurs aux diagrammes savants, le parcours condense, sans rupture avec la raison, une tentative de négociation avec l'incertain, cherchant à ordonner l'angoisse du temps à venir.

Encore lui ! Jean-Claude Guillaumon

(Art contemporain et numérique)

Avec sa nouvelle exposition, le Musée d'art contemporain de Lyon propose une rétrospective dédiée à l'artiste lyonnais Jean-Claude Guillaumon, qui s'est illustré pendant près de soixante ans à la peinture, puis à l'happening et à l'art environnemental avant de se consacrer à la photographie, le tout avec malice et engagement.

Notre avis : Avec cette rétrospective, le MAC exhume une œuvre qui fait du doute une méthode et du jeu un principe critique. Obstinément rétif aux catégories, Jean-Claude Guillaumon utilise l'image comme un terrain d'essai, non pour s'affirmer, mais pour se dédoubler, se contredire, jusqu'à atteindre le point de dissolution. Entre apparition et effacement, ses expérimentations photographiques interrogent avec ironie la condition même de l'artiste, pris dans le flux ordinaire du monde.

Frédéric Cordier

(Art graphique)

Formé à Lausanne, le Montréalais Frédéric Cordier viendra exposer ses toiles à l'URDLA fin avril pour les faire découvrir au public lyonnais,  entre paysages urbains, industriels, naturels et abstraits.

Notre avis : Né en 1985, Frédéric Cordier a créé de nombreuses estampes à l'URDLA, déployant sur de grands, voire de très grands formats, ses paysages industriels imaginaires, ses usines figées, ses paysages urbains nocturnes éclairés de quelque feux d'artifice... C'est par petits points, par petits traits ou par petites formes géométriques que Cordier compose ses paysages, leur insufflant une fragilité à l'image de nos sociétés industrielles et urbaines contemporaines. On attend avec impatience de découvrir ses nouvelles œuvres à l'URDLA qui lui consacrera une exposition monographique ce printemps.

Zombis, aux origines

(Sciences et Histoire)

Connus sous leur forme développée par le cinéma et la pop-culture, les zombies (ou zombis) tiennent leurs origines de la culture vaudou d'Haïti, où ils sont des criminels non repentis jugés à une fin pire que la mort. Cette exposition vise à retracer l'évolution des zombies jusqu'à aujourd'hui.

Notre avis : Au musée des Confluences, le zombi réacquiert son épaisseur historique. Né dans le contexte de la traite et du marronnage, il dit la dépossession du corps, la servitude imposée, mais aussi la résistance des imaginaires. L'exposition instaure une dialectique entre objets rituels, récits haïtiens et images contemporaines, montrant la circulation de cette figure entre croyance, folklore et pop culture mondialisée. Ce détour par Haïti et ses héritages permet un déplacement de notre regard : ce que l'on croyait n'être qu'un monstre de série B révèle une mémoire politique et spirituelle.

Au Mali, quand les animaux dansent

(Sciences et Histoire)

À travers différents objets, masques animaux et grandes figures de bois, mais aussi par le biais d’audiovisuels, le Musée des Confluences propose de découvrir la pratique du sogobò, des fêtes organisées par plusieurs ethnies du Mali, aujourd'hui inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco.

Notre avis : L'exposition révèle un corpus récemment offert au musée, constitué par une centaine de masques et marionnettes qui, irréductibles à leur simple présence matérielle et à ce qu'ils représentent, opèrent comme des dispositifs d'activation. Issus des traditions festives du sogo bò, ces figures animales ou hybrides activent un théâtre rituel mêlant satire, mythe et régulation sociale. Collectées par Sonia et Albert Loeb, elles témoignent d'un art profondément relationnel et d'une pensée visuelle indissociable du geste, de la musique et de la parole.