Nathalie Perrin-Gilbert : « la politique culturelle doit irriguer l'ensemble du projet municipal »

Élections Municipales 2020 | Rien n’est joué, concernant ces élections municipales, en particulier car le très fort taux d’abstention, le contexte particulier du premier tour et le jeu des alliances peuvent encore venir chambouler les pronostics. Reste que lors de ce premier round, Lyon a placé assez largement en tête la liste écologiste menée par Grégory Doucet. Lequel s’est allié depuis avec La Gauche Unie de Sandrine Runel et Lyon en Commun, mené par Nathalie Perrin-Gilbert. Comme dévoilé par Rue89Lyon, c’est la maire du 1er arrondissement qui deviendrait adjointe à la culture — et troisième adjointe — si Grégory Doucet l’emporte, comme elle nous le confirme officiellement pour la première fois, dévoilant ici les grands axes de son programme pour les six années à venir en cas de succès.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 juin 2020

Si Grégory Doucet est élu maire de Lyon, confirmez-vous que vous seriez son adjointe à la culture ?
Nathalie Perrin-Gilbert :
Oui, c'est officiel. Il a choisi de dévoiler dans Libération le nom de sa potentielle première adjointe, Audrey Henocque. Je suis ravie de ces éventuelles nouvelles fonctions — il faut parler au conditionnel, je me garde bien de penser que l'élection est gagnée d'avance. Ça fait partie des délégations qui me motivaient considérablement. Par goût personnel, pas forcément la meilleure des raisons, mais ce serait mieux d'avoir un ou une adjointe portée par son sujet. Mais aussi, par conviction. On parle d'un « monde d'après », c'est à la mode, et je pense qu'il va falloir refonder un contrat social et écologique pour la ville de Lyon. La culture va être un pilier de ce nouveau contrat. Je ne vois pas une politique culturelle et artistique qui soit isolée du reste. J'entends que cette politique soit transversale et irrigue l'ensemble du projet municipal. Ça fait partie des piliers de cette politique à venir.

Vous arrivez dans un contexte particulier : le monde de la culture, structurellement fragile, ce qui a été révélé au grand jour par la crise sanitaire, est sinistré. Quelles réponses allez-vous apporter ?
Déjà, on a une chance à Lyon, c'est l'Appel des Indépendants, qui est parti d'ici avant même le confinement. Il y avait déjà la conscience que la pandémie allait potentiellement mettre ce secteur culturel en crise et le confinement l'a confirmé : fermetures de salles, annulations de festivals… Cet appel a permis de regrouper un certain nombre de structures sur Lyon et dans la France entière. Ces indépendants ne seront pas mes seuls interlocuteurs, mais j'ai la chance d'avoir face à moi un secteur qui a commencé à réfléchir et à s'organiser. Je considère ça comme un vrai point d'appui pour la future élue que je serai peut-être. J'ai lu les textes, vu les ateliers prévus pendant l'été, les États Généraux en septembre.

Les élections ont lieu le 28 juin, sans perdre de temps il faudra instaurer un dialogue. Mais aussi parler avec l'ensemble des acteurs institutionnels et des acteurs moins représentés dans l'Appel, pour questionner sur les effets de la crise, immédiats — les licenciements — mais on sait aussi qu'il y aura des conséquences à moyen et long terme. L'année 2021 verra la suite de ces effets : avec les festivals annulés, des spectacles ne pourront pas se vendre et tourner l'an prochain. La crise du Covid-19 va nous poursuivre au-delà de la rentrée. L'idée : mettre à profit l'été pour rencontrer tout le secteur culturel. Et évidemment les indépendants, car vous n'êtes pas adossés à de grands groupes, et heureusement.

4M€ pour un plan d'urgence

C'est une des particularités lyonnaises : les grands groupes comme Live Nation sont absents du paysage.
C'est pour ça qu'il faut être vigilants, qu'ils n'arrivent pas pour imposer une forme de monopole. Ce dont le secteur indépendant est garant, et je suis particulièrement en accord avec ce que j'ai lu, c'est la diversité — des formes, culturelles, d'opinions. Et il ne faut pas que des acteurs arrivent et rachètent tout. On en parle pour la culture, mais c'est aussi le cas pour les médias indépendants. Il y a l'enjeu de soutenir le secteur pour ces diversités, mais aussi bien évidemment pour le second enjeu, qui est l'emploi. On s'est mis d'accord avec Grégory Doucet sur un plan d'urgence de la Ville de Lyon de 4M€, voté début septembre.

Et il faudrait aussi engager de suite un dialogue avec la Métropole pour voir comment elle s'organise, être en complémentarité. Ce que j'imaginerais peut-être c'est un fond d'urgence de la Ville en 2020, et un fond de soutien de la Métropole sur 2021 pour prendre le relais. Ce fond d'urgence a été validé, et c'est une première annonce que je peux vous faire si nous sommes élus. L'autre solution, c'est de voir comment par sa commande publique la Ville peut soutenir le secteur indépendant. Pendant l'été le festival Tout l'monde Dehors va se poursuivre. On va être sur une centaine de petites formes, avec des jauges à 200 personnes dans des lieux clos comme des jardins avec une entrée et une sortie — on doit pouvoir contrôler les flux. Peut-être que nous, je ne connais pas encore la marge de manœuvre, on pourra compléter la programmation selon ce qu'il est possible de faire cet été. On a aussi conscience qu'il nous faudra soutenir le secteur des médias indépendants. Et ensuite, il nous faudra être complètement acteurs ou partenaires des États Généraux en septembre. Non pas pour les récupérer, mais pour être facilitateurs.

Vous aviez annoncé lors du débat organisé par Le Petit Bulletin et Rue89Lyon
La sanctuarisation du budget culture.

Est-ce que malgré la crise économique, cette décision serait maintenue si vous étiez élus ?
Oui. Avant d'accepter cette délégation à la culture, et même si j'en avais très envie, on a vérifié avec Grégory Doucet certains points. Des points d'accord sur notre proposition politique, des complémentarités, mais aussi l'assurance d'engagements tenus. Et la sanctuarisation du budget m'a été confirmée par le candidat et j'espère maire demain. Actuellement, c'est culture et patrimoine. Moi, je n'aurais pas le patrimoine, Grégory réfléchit aux contours des délégations, ce n'est pas encore figé. Ça me va bien d'avoir une délégation resserrée sur la culture. Ça a été dit pendant le débat que vous avez organisé : il faut être extrêmement présent sur cette délégation. Je n'ai pas envie de m'éparpiller, je veux être 100% sur la culture. Le budget annuel pour la culture est de 120M€. Donc, sanctuarisation de ce montant.

Un audit pour l'Opéra

Vous arriverez avec des idées. Donc, il y aura redistribution des richesses. Vous avez déjà parlé de l'Opéra… Est-ce que des choix de coupe sont déjà arbitrés ?
On n'a pas encore abordé cette question. Mais oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. Je ne veux pas non plus rentrer dans une opposition entre un secteur institutionnel d'un côté et indépendant de l'autre. Je ne veux pas opposer les acteurs entre eux. Mais en effet, je veux voir comment mieux travailler ensemble dans les différentes filières. Et réintroduire un peu plus d'équité. Je regardais le budget alloué à l'émergence et à la création artistique : c'est 1, 8M€. C'est très faible. C'est 1% du budget culture. Il va falloir passer assez vite sur 5% du budget, monter à 3M€ puis 5M€.

Il ne s'agit pas de déséquilibrer les grandes institutions, on en a besoin, mais il s'agit d'être plus équitables dans la répartition de l'argent public. De se tourner plus vers la jeune création, l'émergence, créer de nouveaux équipements. Et peut-être arriver à terme à 10%. Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. Certaines questions ont défrayé la chronique, sur des notes de frais ou sur du personnel en souffrance. C'est une réalité et nous ne devons pas l'occulter. On va regarder ce qui se passe. Et, ce n'est pas moi qui le dit mais la Chambre Régionale des Comptes dans son rapport de 2019, elle pointe des anomalies qui sont assez importantes. On doit faire un audit sur la gestion de cet équipement et voir quelles décisions prendre.

Est-ce qu'il y a d'autres structures sur lesquelles un audit sera réalisé si vous êtes élue ?
Je ne veux pas stigmatiser tel ou tel équipement. Mon homologue aux finances le dira, mais si nous sommes élus, la Ville de Lyon va certainement se doter d'un œil extérieur pour avoir un regard neuf sur les finances de la Ville. Et dans ce cadre-là, peut-être que d'autres équipements culturels seront regardés.

La Fête des Lumières : sera-t-elle revue et corrigée ?
Concernant le contour des délégations, je ne sais pas encore comment ça va se trancher. Il y a une délégation aux grands événements. Je ne sais pas si la Fête des Lumières sera culture ou grands événements. De toute façon, là aussi il faudra travailler en lien car on ne peut pas nier la dimension artistique de la Fête des Lumières. Et il faut lui donner une ligne directrice artistique, c'est le premier point. « Rendre aux Lyonnais la Fête des Lumières » comme ça a été dit, ça fait très repli sur soi, ce n'est pas forcément souhaitable. Mais il y a un problème de dimensionnement et de surcharge de certains espaces. Nombreux Lyonnais et Lyonnaises se plaignent de ne plus pouvoir se promener dans leur ville et de ne pas pouvoir voir les spectacles, ou bien partent en louant leur appart sur Airbnb, donc ça montre quelque chose. Il faudra qu'on en parle avec les équipes artistiques.

Je pense qu'en décembre 2020, on aura peu de marge de manœuvre, les appels d'offre ont été lancés. Je ne ferais pas de grande annonce sans savoir sur quoi agir. Pour les années à venir, il faudra repenser le circuit. Avant même les attentats, il y avait déjà cette volonté de centraliser sur la Presqu'île pour que l'effet masse soit visible. On est toujours dans cette logique d'attractivité. Oui, il faut des lieux de rassemblement, où la foule est là, mais peut-être plusieurs dans la ville et repenser les circuits. Sans trop disperser, mais là, la centralisation est trop importante. L'on doit ouvrir aussi les appels d'offre : j'ai le sentiment d'un entre-soi. Être de nouveau plus audacieux dans les équipes choisies, pas seulement les gros mastodontes, laisser la place à la jeune création. On est trop actuellement sur une geste commerciale.

Vous avez prononcé le mot magique, attractivité, qui fût l'un des préceptes des précédentes mandatures de Gérard Collomb, en particulier pour accompagner la création de festivals. Certains comme Lyon BD Festival ou Nuits sonores ayant particulièrement bien fonctionné en créant par ailleurs un écosystème autour d'eux — il y a plus de 200 auteurs de BD installés vers Lyon. Comment voyez-vous ce lien entre événements, écosystème et attractivité ?
Je pense qu'il faut mailler les deux. La politique culturelle a besoin d'événements, de festivals, c'est indéniable. Nuits sonores est ancré dans la ville depuis longtemps. Le festival de bande dessinée prend de plus en plus son essor, je le trouve remarquable. Ce sont des temps forts que je trouve très intéressants. Mais il ne faut pas que la politique culturelle se résume à ça. Et que les événements soient une forme de vitrine trompeuse. Les festivals sont intéressants s'ils sont sous-tendus par une réalité sur le territoire et si ils renforcent cette réalité. On ne doit pas avoir une politique événementielle pour mieux cacher que l'on n'aurait pas de politique culturelle qui irrigue le territoire et favorise l'émergence. Et faire venir des pointures internationales sur des événements pour mieux masquer le désert lyonnais… Pareil : l'idée n'est pas d'opposer une politique d'événements à une politique de fond culturel. Mais je ne veux pas que les festivals soient l'arbre qui cache un vide. Lyon BD Festival va avoir des locaux dans le Collège Truffaut, ils vont organiser des actions à l'année : c'est très bien, car il y a là une permanence et des résidences sur du temps long, et un temps événementiel. Il faut ce lien.

Lors du débat, vous aviez annoncé quelques projets : par exemple, la création d'une maison de la photographie dans l'ancienne galerie des Terreaux. C'est toujours d'actualité ?
Je pense que sur la question de l'image, il y a un enjeu fondamental de politique publique culturelle. Évidemment, avec la question du cinéma : comment aujourd'hui on va continuer de travailler avec l'Institut Lumière, peut-être en l'ouvrant un peu plus sur le 8e arrondissement et la ville, et comment — peut-être avec la charte de coopération culturelle — l'Institut Lumière pourrait être en soutien d'une politique municipale sur la question du cinéma et de l'image. Il y a aussi le Comœdia, les cinémas indépendants et associatifs. Et il y a la question de la photographie : je connais bien les galeries du 1er, comme Le Réverbère. Il y a eu de très belles expositions aux Archives Municipales, le Collectif Item sur le photo-reportage est remarquable.

Je l'ai annoncé lors du débat oui, mais il faut qu'on affine cet axe avec les équipes de Grégory Doucet, je ne sais pas encore et je compte sur la concertation pour décider. Est-ce une maison de la photographie qui manque ? Ou plutôt une mise en réseau et une visibilité, des moments d'exposition communs, y compris de présence sur l'espace public ? Je pense que Lyon n'est pas suffisamment en pointe là-dessus. Si je suis élue, il me faudra travailler avec les différents acteurs pour apporter la bonne réponse. Il y a aussi les arts numériques. Et comment apprendre à décoder l'image aux jeunes générations : c'est un enjeu essentiel.

L'art dans l'espace public, justement : comment comptez-vous le développer ?
Les collectivités peuvent jouer un rôle contracyclique, par la commande publique, et favoriser le développement d'une économie. Quand je parle d'une économie locale, créatrice d'emploi, c'est ça aussi. Pour en avoir discuté avec Loïc Graber, l'actuel adjoint à la culture, durant la crise, ce qui a été décidé c'est une réorientation de la commande publique auprès des galeristes locaux sur les achats de tableaux. C'est une plainte que j'entendais souvent, qu'elle se faisait trop souvent au détriment des acteurs locaux. Et je trouve qu'il y a une initiative intéressante : en 2018 s'est créé le pôle muséal, associant le Musée des Beaux-Arts et le Musée d'Art Contemporain. C'est une bonne orientation. Quand je reprend les objectifs de ce pôle dirigé par Sylvie Ramond, il y avait cette idée de faire sortir l'art contemporain des musées. Moi je dis, allons-y jusqu'au bout. Je veux rencontrer la directrice et ses équipes et voir avec eux comment on sort l'art contemporain dans la rue. Comment on travaille avec les autres lieux comme les galeries, les écoles d'art, la jeune création. C'était une bonne mesure, maintenant il faut l'appliquer. Je compte m'appuyer sur ce pôle pour avoir une direction.

Ensuite, je vais rencontrer d'autres acteurs, je pense à la Mapraa, je n'oublie pas que les plasticiens sont particulièrement touchés par la crise car ils ne sont pas intermittents. Je vais les rencontrer avant les élections, non pas pour dire les élections sont gagnées, je respecte trop le vote des électeurs et électrices, mon souci est de dire : si nous gagnons, nous devons être prêts. Je pense qu'il faut mener de nouveau une politique que l'on a laissé à l'abandon, c'est celle des résidences culturelles, sur un territoire, pas seulement dans les quartiers dit sensibles. La politique de résidence culturelle doit irriguer tous les arrondissements. Peut-être que l'art dans la rue au fil du mandat doit aussi émerger de ce travail de résidence, en fonction de ce qui se crée avec les habitants, voir comment ça se pérennise. Tout ne doit pas être hors-sol, même s'il y aura des commandes.

Protéger la Halle Tony Garnier

La Halle Tony Garnier : Thierry Téodori, son directeur, part à la retraite. Il y a aussi un audit commandé par la Ville de Lyon, dont les conclusions nous restent inconnues à ce jour. Avez-vous un projet pour cette salle emblématique ?
C'est un outil essentiel : il faut le protéger. On parlait de l'arrivée de grands groupes, de tentations de monopole. Il faut mettre à l'abri cet équipement des appétits privés. Ça fait partie des sujets que j'ai pointé auprès de Grégory Doucet, c'est un des premiers qui nous attend demain si nous sommes élus. J'en ai déjà discuté avec Thierry Téodori, je vais m'appuyer sur son expertise. Je ne veux pas m'avancer sans arbitrage, mais je serais plutôt encline à le garder comme un équipement public. C'est bénéficiaire : il a été très bien géré. Il y a la question ensuite des travaux à réaliser, on découvrira l'audit, il faut lui donner les moyens d'être compétitif par rapport au secteur privé qui se met en place.

Je n'ai pas l'impression que l'économie des concerts soit extensible à l'infini, à force de construire des salles on va mettre en difficulté l'ensemble du réseau. Et ce qui manque à Lyon et sur la Métropole, c'est un discours et une orientation politique sur cette question. Si Gérard Collomb a toujours repoussé la question de la Halle Tony Garnier, c'est peut-être qu'il a déjà tranché : il veut laisser faire le privé. Voilà. Quand de nouvelles grandes salles seront installées, on dira que la Halle n'est plus rentable ou n'a plus le niveau d'équipement qui lui permet de rester compétitive. C'est ce qu'on a dit pour toutes les salles municipales : on n'y fait pas de travaux, on n'y fait rien, et un jour on se réveille en disant : ce n'est plus aux normes, donc on la cède en bail emphytéotique, ou bien on vend. Non. Et il est encore temps d'agir pour la Halle Tony Garnier. Par contre, il faut prendre une décision très rapide, en septembre. Quitte ensuite à redéfinir le projet. En faisant un audit des différentes salles.

La Salle 3000, c'est vraiment une concurrence déloyale faite à la Halle Tony Garnier, ça doit être un lieu de congrès, pas une salle de concerts. C'est à discuter avec Olivier Ginon, savoir ce que l'on met dans le cahier des charges, ce que l'on accepte ou pas. Je regrette que le politique ait abdiqué. Il ne s'agit pas de contraindre, mais de dire dans le dialogue ce que l'on veut ou pas. Et il y a cette concurrence, voire cette guerre entre le Transbordeur et le Radiant : à un moment donné, il faut peut-être mettre les choses à plat. Et il y a encore le secteur des SMAC, le Marché Gare, le Périscope, plus loin l'Épicerie Moderne à Feyzin et le Jack Jack à Bron. Peut-être qu'il nous manque un équipement sur Lyon. Ou qu'il faut réfléchir à l'échelle métropolitaine, et alors se pose la question des déplacements, des transports. On ne peut pas penser la Halle Tony Garnier sans penser l'ensemble du secteur des salles de la Métropole. Il faut jouer cette complémentarité et c'est pour ça qu'on a besoin d'équipements publics. Ce n'est pas le privé qui demain rendra service aux petits lieux.

Le théâtre : vous avez pointé des dysfonctionnements. Lesquels ?
Jean Lacornerie part du Théâtre de la Croix-Rousse : ce sera là aussi l'occasion de réfléchir à la ligne que l'on aimerait impulser. Jean Lacornerie a fait de très belles programmations et noué des liens entre théâtre et musique intéressants. Mais quand un acteur bouge, ça permet d'interroger le secteur. Ce que je peux constater — ça avait mis Claudia Stavisky très en colère lors du débat —, c'est que l'on a un théâtre qui est trop confiné sur lui-même. Je voudrais un théâtre qui interroge plus la société. Plus d'audace dans les programmations. Je regarde ce qui est fait par la nouvelle équipe du Point du Jour : ça m'intéresse. Ils ont un propos très militant, on se coltine les questions d'actualité.

Ce que fait aussi le festival Sens Interdits.
Exactement. J'avais pris soin de mettre le festival Sens Interdits à part de ma critique. Je pense qu'on a besoin de ce théâtre-là. Je parlais tout à l'heure de l'éducation à l'image, je crois que le théâtre a un rôle essentiel qui est de nous faire réfléchir sur notre société contemporaine. Je veux retrouver un théâtre plus militant que ces dernières années. Il faut aussi renouer un lien entre des résidences, de l'ancrage dans la ville et des programmations. Le Nouveau Théâtre du 8e le fait. Là aussi, ça va dans le bon sens. Je précise que le rôle d'un élu est de donner une orientation, mais jamais en aucun cas de faire une programmation culturelle à la place d'un directeur. Je ne me permettrais jamais de passer commande. Je fais la part des choses entre un propos politique et une programmation artistique qui ne doit pas être touchée par un élu. Je suis contre cette pratique.

Une autre filière importante à Lyon, c'est celle du livre. À la fois par les bibliothèques, qui sont un modèle de réussite
Tout à fait, je partage ce constat !

…et aussi beaucoup de festivals, de librairies. C'est un écosystème important.
Déjà, conforter ce qui est existant. Ce qui a été fait est remarquable. Il y a eu une politique de lecture publique et du livre sur Lyon et les communes environnantes de très belle qualité. Le travail fait dans les bibliothèques municipales est très réussi. La question est de savoir comment ces bibliothèques continuent de jouer pleinement leur rôle et vont plus loin sur l'accueil des publics, sur l'éducation au livre et à l'image, et il faudra presque les considérer, même si ce serait un peu abusif, comme des tiers-lieux. Qu'elles soient ouvertes à une pluridisciplinarité. C'est déjà le cas, mais comment on confirme cette direction ? Peut-être aussi, mais il faudra le faire en discutant, réfléchir au temps : pas à la Part-Dieu, mais une bibliothèque dans un quartier ça aurait du sens de l'ouvrir un dimanche matin. Ou sur certains quartiers des horaires plus tardifs, pour s'adapter au mode de vie des habitants. Je ne veux pas le faire contre les personnels. Il y a aussi la question de la lecture hors-les-murs. Je serais pour multiplier les temps où l'on fait sortir la lecture dans la rue, comme avec Chouette Alors.

Des festivals comme Quais du Polar ou les Assises du Roman sont à conforter. Je veux prendre attache avec la nouvelle direction de la Villa Gillet pour voir quelle complémentarités on pourrait renouer. Il faut penser aussi aux auteurs, comment les soutenir dans leurs revendications pour qu'ils soient mieux rémunérés, les auteurs de BD également, je pense à L'Epicerie Séquentielle : voir si des nouveaux modèles économiques et coopératifs peuvent émerger dans la culture. Si je suis élue, je veux m'atteler à ces modèles économiques, car je pense que la Ville de Lyon a son mot à dire au niveau national sur ces questions. Je compte beaucoup sur le dialogue entre secteur indépendant et collectivité pour faire éclore des modèles possibles, plus responsables. Ça demande aussi une éthique sur le mécénat et le sponsoring : c'est une discussion que je veux avoir avec les directeurs et directrices. Mais qu'une exposition du Musée des Beaux-Arts soit subventionnée par Total, moi ça me pose problème. J'avais voté contre au conseil municipal. On a besoin de sponsors privés, mais il faudrait attirer des partenariats privés respectant une certaine éthique. Là-dessus il faut qu'on soit très clair. Sans être sectaire. Comme pour l'achat de supports publicitaires par les institutions culturelles subventionnées : il faut aider les acteurs locaux et indépendants. Il y a un écosystème sur lequel il faut veiller, qu'il soit régulé.

L'ancienne ENSBA transformée en spot de culture

Sur la question des nouveaux modèles, il y a aussi les tiers-lieux qui seront des accélérateurs culturels dans les années à venir. Et l'urbanisme transitoire, qui est un axe fort de la campagne de l'un des candidats, David Kimelfeld. Avez-vous travaillé aussi sur ces sujets ?
On y a travaillé : il faut des tiers-lieux culturels dans la ville. Je suis pour l'urbanisme transitoire, j'étais l'une de celles qui ont pesté à la Métropole quand on a voté des budgets pour télésurveiller et gardienner des locaux vacants, 2M€ : c'est hallucinant. Occupons-les ces bâtiments ! Avec de l'hébergement d'urgence, des friches artisanales. Et évidemment, de l'artistique. Je mets une limite : par définition c'est transitoire, et je vois bien ce qui se passe avec la Friche Lamartine. Il ne faut pas ensuite mettre dans une nouvelle précarité le travail des collectifs par un nouveau lieu qui arriverait ou pas. C'est très bien, il vaut mieux occuper les locaux. Mais ce ne peut pas être la seule réponse à la création. Il faut des lieux permanents. L'autre bémol que je mets à l'urbanisme transitoire, on le voit dans d'autres villes qui ont fait ce choix : c'est un accélérateur de gentrification et de renchérissement du foncier. Je l'ai vu sur mon arrondissement, avec le Fort Saint-Laurent, occupé aujourd'hui par Superposition, qui sont très bien — mais ils ne sont pas du tout dupes qu'ils servent de caution au promoteur qui a racheté le fort. Comme il a du mal à boucler son projet, il met des artistes en attendant pour se donner une bonne image. Si on fait de l'urbanisme transitoire, ça veut dire que parallèlement on a des mesures fortes autour du foncier, on encadre les loyers.

Et parallèlement, on doit réfléchir aux lieux permanents. On a évidemment l'ancienne École des Beaux-Arts, rue Neyret, 6000m2. Ça appartient à la ville. En lien avec les élus du 1er, les habitants et des partenaires qui se sont montrés intéressés, il faut bâtir un projet autour de la culture. Avec de l'économie culturelle, des salles dédiées et des lieux de résidence avec des logements pour les artistes. Ce ne sera pas un projet uniforme mais la culture sera un axe transversal de ce lieu. Le site des Subsistances n'est pas totalement occupé : là aussi, on doit continuer à le développer et le rendre plus accessible encore, peut-être avec une navette fluviale.

Il y a aussi La Fouragère, lieu municipal. On a failli y installer la compagnie de Mathurin Bolze, je regrette que la ville n'ait pas suivi. On est très mauvais sur les arts circassiens à Lyon. Mathurin Bolze devrait s'installer à Saint-Genis-Laval, tant mieux qu'il reste sur la Métropole ! Mais je ne comprend pas que l'on ne garde pas une proposition artistique de cette qualité dans Lyon. Et il y a les grands sites, en lien avec la Métropole, comme Fagor-Brandt, où l'on pourrait installer une plateforme de producteurs de circuit court, et de la culture. Ce serait intéressant d'avoir une mixité d'usage entre tiers-lieux culturels et alimentation : deux façons de se nourrir. Ces gros sites que je viens de citer sont dans Lyon et peuvent devenir pérennes.

La pratique amateur vous tient à cœur, avez-vous déclaré. Comment la développer ?
Ce que j'entends des Lyonnais et des Lyonnaises, ce sont leurs difficultés à pratiquer en amateur. Pour trouver des lieux pour pratiquer mais aussi d'enseignement. En septembre, dès 4h du matin, des gens font la queue devant des MJC comme celle de Jean Macé pour essayer d'inscrire leurs enfants à une activité culturelle ou sportive. Et on n'est pas sûr d'avoir sa place ! Ce n'est pas possible dans une ville comme Lyon. Il faut revoir l'offre en matière d'enseignement artistique et de pratique amateur. Il faut s'appuyer sur le secteur des MJC mais aussi des tiers-lieux. On a des ressources au sein de la ville, mais aussi des associations.

Et aussi, je ne voudrais surtout pas faire du Macron bis en disant que l'on va sauver les artistes en les envoyant dans les écoles… Mais l'enseignement artistique au sein de l'école est essentiel. Dans le temps périscolaire, mais aussi dans le temps scolaire. Certains élèves reprennent pied dans l'école grâce au dessin ou au chant. C'est un moyen de redonner confiance à des enfants en difficulté dans leurs parcours scolaire. Et c'est une ouverture sur le monde : faire de ses élèves de futurs citoyens. Le rôle de l'enseignement artistique, c'est l'émancipation.


Pour réécouter le débat sur la culture organisé par Le Petit Bulletin et Rue89Lyon :

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Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

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Festivals d'été, faut pas rêver

Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

Sébastien Broquet | Mardi 2 mars 2021

Festivals d'été, faut pas rêver

C’est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d’ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n’était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser

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Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Bibliothèque | Dans nos colonnes, l’adjointe à la culture Nathalie Perrin-Gilbert, interpellée via une pétition des usagers du département Art vivants de la médiathèque de Vaise, affirmait le mois dernier qu’il n’était « pas question de démanteler ce pôle Arts vivants, bien au contraire ! ». Une partie du personnel doute de l’application de cette volonté.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Le pôle Arts vivants de Vaise est en réorganisation. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, a récemment présenté son projet pour sa refonte. Marc Fintzi, délégué syndical SUD, en est « très content » — mais il dit « craindre que l’administration ne bouge pas » et soit sourde aux paroles de l'élue, qui affirme notamment que le « même nombre de personnes dédiées au pôle » serait conservé, notamment en recrutant un bibliothécaire dédié suite au départ à la retraite de la personne qui occupait le poste précédemment. C’est là que le bât blesse pour le syndicaliste. La fiche de recrutement est selon lui trop vague : « c’est un poste qui s’occupe de coordination transversale et non de la création. Ce n’est pas tellement "arts vivants " ». Plus précisément, il est question d’assurer « la gestion, l’animation et le développement du pôle Arts vivants et Création — Ce pôle couvre les domaines suivants : Littérature

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Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Mercato | Pour succéder à l'historique Thierry Téodori, qui prendra sa retraite en juin prochain, c'est Thierry Pilat qui a été choisi par la nouvelle municipalité. Le Lyonnais, qui était jusqu'ici directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne —, fait son retour sur sa terre natale en prenant en main l'avenir de la Halle Tony Garnier, dans un contexte difficile nourrissant plusieurs questions.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 janvier 2021

Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Elle aura pris son temps, la nouvelle municipalité, pour acter le choix de son candidat. Ou du moins multiplié les étapes. Il faut dire que l'enjeu est de taille : cette Halle Tony Garnier est régulièrement revendiquée comme étant le naviral amiral de la flotte des salles de l'agglomération lyonnaise. Et, bonus, elle rapporte de l'argent à la Ville. Entre 200 000€ et 400 000€ par an, selon les années. Bon, bien sûr, beaucoup moins en 2020 : et cette crise sanitaire qui a plombé les finances et vidé la salle de ses concerts et salons divers, a en plus sérieusement questionné le modèle, déjà interrogé préalablement par l'évolution du secteur du divertissement (la précédente équipe municipale se posait presque les mêmes questions il y a deux ans) : quid de la concurrence de l'Arena ? Quand reprendront les grosses tourn

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Le pôle Arts vivants de la BM de Vaise ne sera pas démantelé

Lyon | Inquiets du devenir du département Arts vivants de la BM de Vaise, les usagers ont interpellé en ce début d'année, via une pétition, l'adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, qui leur répond.

Nadja Pobel | Lundi 18 janvier 2021

Le pôle Arts vivants de la BM de Vaise ne sera pas démantelé

Le 2 janvier dernier, des « usagers du département Art vivants — amateurs, professionnels du spectacle vivant, étudiants, éditeurs, intervenants, ou usagers "lambdas" — de la médiathèque de Vaise » se mobilisaient au sujet de la restructuration en cours de ce pôle, afin de le « sauvegarder ». Et lançaient une pétition à l’adresse de l’adjointe à la Culture de la Ville de Lyon en décriant notamment la nouvelle organisation du personnel car « la polyvalence sera de mise. C’est donc une accumulation de temps partiels qui va être attribuée à la thématique. En rassemblant ces morceaux, nous arrivons à la moitié du temps de travail initialement dévolue au fonctionnement de l’ancien département ». La pétition a obtenu 1972 signatures au lundi 18 janvier. L’objectif étant d’en récolter 2500. Contactée à ce su

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Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

Lyon | On pourrait vous la faire courte en recopiant trois phrases du communiqué de presse de la Métropole annonçant en quoi consiste la grande "rébellion" de Bruno Bernard contre la décision du gouvernement de laisser les lieux de culture fermés. On a préféré laisser un peu de suspens et vous conter dans le détail la surréaliste conférence de presse qui s'est déroulée mardi 16 décembre au musée Lugdunum.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 décembre 2020

Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

On allait voir. Le combat était annoncé et la potion magique bouillait déjà dans la marmite de la petite capitale provinciale. Après la tournée des médias pendant le week-end — Le Progrès à défaut d'Uderzo —, Bruno Bernard allait passer en mode Gaulois réfractaire. Et ouvrir le Musée des Confluences et Lugdunum dès samedi ? Engager la baston avec le centurion Jean Castex ? Oui. Enfin... pourquoi pas. Déjà, il fallait mettre les services — culturel et juridique, on imagine — au boulot lundi pour trouver comment, puisque comme l'a dit lui-même le président de la Métropole avant le conseil

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Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Lyon | Face à l'annonce brutale faite par Jean Castex jeudi 10 décembre, intimant aux lieux culturels de rester fermés alors que beaucoup avaient préparé activement leur réouverture pour ce mardi 15 décembre, les élus EELV de Lyon et socialiste de Villeurbanne, emmenés par le président de la Métropole Bruno Bernard, lancent la fronde. Ce dernier se dit même prêt à ouvrir sans accord gouvernemental le Musée des Confluences dès samedi. Bluff ?

Sébastien Broquet | Lundi 14 décembre 2020

Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Il y a une ironie certaine à découvrir Bruno Bernard se faire soudainement le champion de la "libération" des lieux de culture, quitte à prendre la tête d'une fronde locale et à vouloir ouvrir dès samedi deux musées dont sa collectivité a la charge — le Musée des Confluences et Lugdunum — sans l'autorisation de l'État. Verra-t-on un président de Métropole faire face à la police nationale et à la préfecture pour maintenir ses musées ouverts ? La question peut se poser : il faudra bien assumer le coup d'éclat médiatique du week-end. Et l'ironie, donc, veut que le meneur de la fronde soit celui qui s'est le plus totalement désintéressé des questions culturelles jusqu'ici. Bruno Bernard, alors candidat EELV, n'a pas eu un mot pour ce secteur durant sa campagne et n'avait pas de programme culturel à mettre en application. Une fois élu, il a nommé vice-président en charge de ce portefeuille son allié socialiste,

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Pendant le confinement, Grégory Doucet veut ouvrir les bibliothèques pour les étudiants

Covid-19 | Première conférence de presse de confinement pour Grégory Doucet. Le stationnement sera toujours payant et la bibliothèque pourrait peut-être être ouverte aux étudiants. La mairie en a fait la demande au Préfet. Détails.

La rédaction | Vendredi 30 octobre 2020

Pendant le confinement, Grégory Doucet veut ouvrir les bibliothèques pour les étudiants

Soumis aux injonctions gouvernementales, Grégory Doucet a précisé ce vendredi les mesures adaptées à la Ville de Lyon, mettant en avant les solidarités et la coopération. Concernant la culture, les lieux fermés au public seront bien ouverts aux artistes pour des répétitions, avec éventuellement des captations de leur pratique, pouvant être diffusées sur le Web. Les modalités restent à définir. La Bibliothèque Municipale fermée depuis ce vendredi 30 octobre pourrait faire l’objet d’une dérogation. « Avec d’autres maires de la Métropole, j’ai demandé au préfet une dérogation pour les ouvrir aux étudiants, car les universités sont désormais fermées et les bibliothèques universitaires ne sont pas ouvertes à toutes et tous, car leur fréquentation est sur rendez-vous pour respecter la distanciation physique » a déclaré Grégory Doucet. La réponse devrait être rendue dans quelques jours. Le stationnement ne sera pas rendu gratuit comme au printemps. Les mairies d’arrondissement seront ouvertes pour les services d’état civil et l'accès aux droits. Toutes seront fermées de 12h30 à 13h30. Les marchés couvert

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Nathalie Perrin-Gilbert : « les journalistes, les universitaires, les artistes sont les premiers menacés »

Politique | Lyon, ville refuge pour les artistes et intellectuels menacés dans leurs pays : c'est le projet acté par Nathalie Perrin-Gilbert et Grégory Doucet, qui vont faire de notre cité un membre du réseau international ICORN dans les prochaines semaines. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Nathalie Perrin-Gilbert : « les journalistes, les universitaires, les artistes sont les premiers menacés »

Vous avez pour projet de faire de Lyon une ville accueillant les artistes réfugiés en danger dans leur pays. Pouvez-nous nous expliquer en quoi ça consiste ? Nathalie Perrin-Gilbert : La Ville de Lyon va rejoindre le réseau ICORN, un réseau de villes refuges, prévu notamment pour les demandeurs d'asile, mais pas que. C'est un réseau anglo-saxon au départ, très actif pour la protection des artistes dans le monde. En France, seules Paris et Poitiers font partie de ce réseau. Avec le maire de Lyon, avec l'adjointe en charge des Relations Internationales Sonia Zdorovtzoff et moi-même, on a décidé de rejoindre ce réseau. Barcelone, par exemple, en fait partie : lors de mon voyage dans cette ville, j'avais rencontré la maire Ada Colau, et ce qui m'avait intéressé dans sa politique, c'était sa capacité à affirmer des valeurs et à mettre en adéquation valeurs et actes. Et sur ce sujet de l'accueil, elle l'a fait très vite. En tant qu'adjointe à la Culture, l'accueil des artistes menacés me concerne tout particulièrement. Ça rejoint un autre de mes combats anciens, celui pour les droit

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La Salle Rameau, revue et corrigée

Lyon | Le projet de nouvelle Salle Rameau a pris du retard, pour cause de crise sanitaire, mais son futur était aussi une question au vu des changements à la tête de la Ville : on fait le point.

Sébastien Broquet | Lundi 19 octobre 2020

La Salle Rameau, revue et corrigée

Dans la foulée de l'abandon des Ateliers de la Danse au Musée Guimet, ça aurait pu être l'un des dossiers chauds de la rentrée dans le monde culturel : le devenir de la Salle Rameau, projet désormais porté par le promoteur immobilier La Compagnie de Phalsbourg et pour la partie contenu par Scintillo, la société de Steven Hearn. On sait qu'alors maire du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert n'avait pas été tendre avec ce choix opéré par l'ancien exécutif. Certaines sources disant même que l'attitude du jury réuni en octobre 2018 avait été plutôt clémente pour ce dossier qui provisionnait une somme conséquente pour les travaux, beaucoup moins avec celui porté par le promoteur Carré d'Or et l'agence Urban Project de Damien Beaufils (le troisième projet, emmené par Les Chevaliers du Fiel, partait de bien

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Lyon : le retour de la piétonnisation ce week-end

Urbanisme | C'est le grand retour de la piétonnisation dans la Métropole de Lyon, déjà initiée par l'ancien président David Kimelfeld sur la Presqu'île lors de son mandat. (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 24 septembre 2020

Lyon : le retour de la piétonnisation ce week-end

C'est le grand retour de la piétonnisation dans la Métropole de Lyon, déjà initiée par l'ancien président David Kimelfeld sur la Presqu'île lors de son mandat. Malgré les dénégations de son successeur écologiste, Bruno Bernard, qui déclare à tort que « ça n'a rien à voir », il s'agit de toute évidence d'une suite logique s'appuyant sur les différentes études et bilans faits lors des précédentes éditions auprès des citoyens par les service de la Métropole. Résultat : deux jours (samedi 26 et dimanche 27 septembre) au lieu d'un, un périmètre élargi (principalement la Presqu'île jusqu'à Perrache, mais des petits tests dans les autres arrondissements et Villeurbanne en sus) et surtout, la bonne nouvelle : une volonté de pérenniser l'expérience.

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Cédric Van Styvendael : « Thierry Frémaux a un peu anticipé en annonçant d’ores et déjà les lauréats du prix Lumière »

Métropole de Lyon | Élu facilement maire de Villeurbanne avec 70, 37% des voix aux dernières élections municipales, investi par le PS, Cédric Van Styvendael a aussi été nommé vice-président à la Culture de la Métropole par Bruno Bernard, nouveau président EELV de cette collectivité qui n'a jusqu'ici jamais parlé du sujet culturel, ni pendant sa campagne, ni depuis son élection, nonobstant la crise actuelle. Rendez-vous fut donc pris et accepté par le nouvel édile de la cité où rayonne le TNP, en son bureau villeurbannais, pour un entretien enregistré le lundi 20 juillet, afin d'évoquer sa vision de la politique culturelle à l'échelle, cette fois, de l'agglomération. Magnéto.

Sébastien Broquet | Lundi 27 juillet 2020

Cédric Van Styvendael : « Thierry Frémaux a un peu anticipé en annonçant d’ores et déjà les lauréats du prix Lumière »

La culture a été la grande absente de la campagne électorale de Bruno Bernard pour la Métropole. Elle n’apparaît pas dans les dix priorités du nouveau président annoncées une fois l’élection gagnée. Est-ce que le secteur culturel doit s’inquiéter ? Cédric Van Styvendael : (Silence). La culture a été présente dans la campagne que j’ai menée pour la mairie de Villeurbanne. Ça devrait au moins rassurer les acteurs culturels de la Métropole : c’est une préoccupation forte pour moi. Deuxième point, effectivement, dans les dix priorités qui ont été pointées par le président de la Métropole liées à l’actualité de l’été, la culture, aujourd’hui, n’y apparaît pas. Ç’a été l’objet de ma première intervention dans ce que l’on appelle l’exécutif métropolitain, c’est à dire la réunion des 23 vice-présidents où j’ai pris la parole à ce sujet. Je dois rencontrer Bruno Bernard dans les jours qui viennent pour que nous abordions ensemble ce sujet, dans la mesure où j’ai une préoccupation majeure qui est l’accompagnement des acteurs culturels dans le c

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Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Élections Municipales 2020 | L'outsider. Ancien adjoint à la Culture de Gérard Collomb, maire durant le passage de ce dernier au ministère de l'Intérieur, Georges Képénékian est le troisième homme, dissident de LREM non accrédité, fâché avec l'ancien édile ami, marchant désormais en tandem avec David Kimelfeld à la Métropole. Arrivé quatrième au premier tour avec 11, 98 %, n'ayant noué aucune alliance, il compte sur un sursaut de participation et un retour au centre très lyonnais pour être, en somme, l'arbitre du second tour. Attablé au Café Bellecour en compagnie de Loïc Graber, candidat dans le 7e arrondissement et son référent culture durant la campagne, l'ancien chirurgien nous décortique son programme culturel.

Sébastien Broquet | Mardi 23 juin 2020

Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Avez-vous choisi votre adjoint ou adjointe à la Culture ? Georges Képénékian : Non. Vraiment, non. Ce n’est pas une bonne manière d’aborder une élection. Se préparer et avoir en tête comme je l’ai fait les cent premiers jours avec les grandes décisions à prendre, oui. Distribuer des postes tant que l’on n’est pas en place, ce n’est pas très bien vis-à-vis des électeurs. Je n’ai pas cette forme d’arrogance. On verra dimanche soir quels messages nous envoient les Lyonnais. Quelle composition sera pressentie pour ce conseil municipal. Quels seront les enjeux. Pour aucun des postes, je n’ai choisi ; et j’aime bien avoir cette liberté jusqu’au 28 juin au soir. Si vous êtes élu, vous allez arrivez au pouvoir face à un secteur culturel que vous connaissez très bien — puisque vous avez été vous-même adjoint à la Culture — et qui connaît une crise sans précédent. Vous avez annoncé un plan d'urgence de 10M€. GK : J’ai mené un travail que David Kimelfeld m'a commandé sur le déconfinement. On a fait un rapport en deux étapes : la première jusqu’à juin, et une seconde tranche que j’avais bien anticipé, qui couvrirait

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Yann Cucherat : « on prélèvera 4% des subventions accordées aux institutions pour les redistribuer aux petites structures »

Élections Municipales 2020 | Second volet de nos entretiens consacrés à la campagne pour les Municipales à Lyon, avec cette fois Yann Cucherat, l'actuel adjoint aux Sports et aux Grands Événements, qui nous détaille le programme culturel qu'il mettrait en application pour les six années à venir s'il était élu maire. Arrivé en troisième position avec 14, 92 % des voix au premier tour, le candidat s'est depuis vu retirer l'étiquette LREM pour cause d'alliance avec Les Républicains d'Étienne Blanc, négociée par son mentor Gérard Collomb.

Sébastien Broquet | Lundi 22 juin 2020

Yann Cucherat : « on prélèvera 4% des subventions accordées aux institutions pour les redistribuer aux petites structures »

Qui sera votre adjoint ou adjointe à la Culture si vous êtes élu ? Yann Cucherat : Ce n’est pas acté. On a un programme commun à partager, à diffuser aux Lyonnais et aux Lyonnaises, nous n'en sommes pas à réfléchir à qui sera dans l’exécutif, qui portera telle ou telle délégation. C’est important pour nous de ne pas distribuer les postes maintenant et d’être rassemblés autour d’un projet. Dans toutes les discussions que nous avons eues, on n’a jamais parlé de poste — mais uniquement de l’intérêt à porter ce projet ambitieux, en lien avec le contexte que l’on connaît actuellement. Ce qui peut s’entendre sur plusieurs délégations. Mais la culture est particulièrement en crise en ce moment : savoir qui sera l’adjoint couvrant ce secteur dans quelques jours est une décision très attendue par les acteurs culturels. Dans mes équipes, il y a des gens de grande qualité qui pourraient prendre cette responsabilité à bras le corps dès le lendemain des élections. Par respect pour le travail d’équipe actuellement mené, nous n’avons pas identifié une personne. Mais j’ai en tête plusieurs noms, qui pourraient être de très bons adjoints

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À Villeurbanne : la culture, point par point

Élections Municipales 2020 | Villeurbanne, second tour des municipales 2020. Deux listes en lice et deux visions pour la politique culturelle d'une Ville plus que jamais au sein de la Métropole. Deux candidats dévoilant leurs projets pour le mandat à venir : Cédric Van Styvendael et Loïc Chabrier…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juin 2020

À Villeurbanne : la culture, point par point

Cultivant sa singularité politique depuis plus d’un siècle dans l’agglomération — par comparaison à sa versatile voisine lyonnaise —, Villeurbanne ne fera pas mentir sa tradition le 28 juin prochain en opposant pour le second tour deux listes… se trouvant être des émanations plus ou moins directes de l’équipe sortante. L’actuel maire Jean-Paul Bret (PS, à la tête de la ville depuis 2001) ne se représentant pas, un nouvel exécutif s’installera dans le beffroi dominant les gratte-ciel de l’avenue Henri-Barbusse. D’un côté, la liste “Villeurbanne c’est vous !” menée par l’ancien premier adjoint aux finances Prosper Kabalo passé sous la bannière LaREM, où figure également en troisième position l’adjoint à la Culture sortant Loïc Chabrier, a réuni 14, 9% des voix au premier tour. De l’autre,

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Grégory Doucet sera le candidat des Verts à la mairie

Municipales | Chez EELV, on choisissait ce jeudi soir parmi trois prétendants celui qui irait concourir pour la mairie de Lyon. Et c'est Grégory Doucet qui l'a emporté, (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 12 septembre 2019

Grégory Doucet sera le candidat des Verts à la mairie

Chez EELV, on choisissait ce jeudi soir parmi trois prétendants celui qui irait concourir pour la mairie de Lyon. Et c'est Grégory Doucet qui l'a emporté, avec 61% des voix au premier tour, face à Étienne Tête (4%) et Bruno Charles, vice-président de la Métropole (35%). Il mènera la liste lors des Municipales en mars 2020. L'objectif pour les Verts est désormais de fédérer à gauche autour de cette candidature après avoir rompu avec l'allié de ces dernières années, Gérard Collomb : Yannick Jadot l'a rappelé ces derniers jours, même au second tour, il n'y aura pas d'alliance avec l'ancien ministre de l'Intérieur. Et ainsi de surfer sur le succès des Européennes.

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