Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

MUSIQUES | Leur venue n'est peut-être pas aussi exceptionnelle que celles de Kraftwerk et de ses plus glorieux descendants, mais leurs prestations compteront sans doute parmi les highlights du festival : coup d’œil sur dix valeurs sûres de Nuits Sonores 2014. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Photo : Discodeine - DR


Garnier B2B MCDE (Nuit 1 / Halle 2)

Dans le coin gauche, le tôlier, revenu cette année au sommet (mais l'avait-il seulement quitté ?) avec cinq maxis conçus comme autant de défis – à chacun son label et, par conséquent, son esthétique. Dans le coin droit, Motor City Drum Ensemble, LA relève (allemande) de la house à la mode de Chicago. Inutile de vous faire un dessin.

 

Black Lips (Nuit 1 / Halle 3)

Tenancier d'un garage rock d'époque, les Black Lips appartiennent à cette catégorie de groupes qui parvient à faire avancer le schmilblick en roulant à contre-sens et en marche arrière sur la grande autoroute du rock. Leurs références sont quasiment toutes à chercher du côté des 60's des Kinks ou de 13th Floor Elevators, à la conquête d'un concept qu'ils ont baptisées « Flower punk ». manière de résumer le paradoxe vivant qu'est le groupe d'Atlanta.

 

Nina Kraviz (NS Days jeudi / Scène 1)

Nina Kraviz a une fâcheuse tendance à se dépoiler pour un oui ou pour un non. Mais ce n'est pas pour ça que nous apprécions cette jeune et jolie russe (même si on jalouse un peu son boyfriend, l'implacable Ben Klock). C'est pour sa house, étrangement diaphane et racoleuse juste ce qu'il faut.

 

Holograms (Circuit / Punx are playing at my house)

A force de louer les bienfaits de la Suède, on a tendance à zapper les oubliés du grand rêve social-démocrate scandinave. Holograms, quatuor issu de la classe ouvrière, est là pour nous le rappeler à grands renforts de pastilles particulièrement amères et bien frappées au coin du post-punk à guitares et synthés. Si efficace que Brooklyn, Mecque du rock indé, leur a immédiatement déroulé un tapis rouge taillé dans une vieille bannière contestataire.

 

Discodeine (Circuit / Communion)

Vous voyez Double Face, le procureur devenu criminel à la faveur d'une défiguration à l'acide ? Eh bien Discodeine, duo composé des vétérans Pentile et Pilooski, en est le pendant musical. Côté face, ça expérimente et ça maugrée. Côté pile, ça cogne et ça divague. Et c'est à chaque fois aussi cool et impressionnant que le mot-valise dans lequel voyage (parfois très haut) le tout.

 

Earl Sweatshirt (Circuit / L'Apéro)

On s'est bien foutu de la bobine d'Earl Sweatshirt quand sa maman, jugeant ses fréquentations problématiques, l'a envoyé en centre de rééducation. Trois ans plus tard, le premier album de ce jeune rappeur à la voix de daron nous l'a coupée : âpre et désenchanté, Doris est un beau disque de rue, et le plus crédible dont le crew Odd Future peut se prévaloir.

 

Dixon (NS Days vendredi / Salle 1930)

Quand il a débuté sa carrière à Berlin, Dixon était un peu l'idiot du village : alors que ses concitoyens ne juraient que par la techno la plus chargée en amiante, lui s'échinait à produire une deep house tout ce qu'il y a de plus charnelle. Il s'est depuis imposé, notamment par l'entremise du label Innervisions, dont il est le co-fondateur, comme l'un des tastemakers les influents de la planète. Comme quoi.

 

Jacques Greene (NS Days samedi / Salle 1930)

Canadien de naissance, il vit à New York et est adossé à un label écossais : Jacques Greene est un garçon de son temps. N'était la relation de défiance qu'il entretient lie aux nouvelles technologies – et qui irrigue son dernier EP, Phantom Vibrate, du nom de ces vibrations imaginaires qu'un possesseur de téléphone portable ressent à un moment ou un autre. Ce qui ne l'empêche pas de produire des tubes de house chaleureuse et chatoyante au kilomètre.

 

Wooden Shjips (NS Days samedi / Salle 1930)

San Franciscan jusqu'au bout du médiator, Wooden Shjips est un digne héritier des San Francisco Nuggets psychédéliques de la deuxième moitié des 60's, et plus proche de nous, de l'école Brian Jonestown. Rock groggy fait de guitares envapées et de rythmiques inébranlables, emballées dans un mur du son aussi épais que le proverbial brouillard nord-californien, la recette Wooden Shjips, s'accompagne toujours, comme ses illustres aînés, d'une sauce mélodique qui a fait de leur Back to land, l'un des albums de 2013.

 

Actress (Nuit 4 / Halle 3)

Entre le football et la musique, c'est une histoire d'amour qui finit systématiquement mal. Le Londonien Actress est l'exception qui confirme la règle : cet ancien joueur de Premier League produit une musique des plus exigeantes, à la croisée de l'electronica papillonnante de Flying Lotus et de la techno abstraite d'Autechre.


Nuit 1

Halle 1 21h : De la montagne - Live 22h15 : ODEI - Live 23h45 : Darkside - Live 01h : KOSME - DJ set 02h30 : Marcel Dettmann - Dj set Halle 2 : Red Bull music academy présente B2B stage 21h : Benjamin Damage B2B DOC Daneeka - DJ set 22h : Jackma Ster B2B Jasper James - DJ set 00h : Roman Flügel B2B Axel Boman - DJ set 02h : Garnier B2B MCDE – DJ set Halle 3 : 21h15 : Black Luna - Live 22h30 : The Julie Ruin - Live 23h45 : Man or Astro-man ? - Live 01h : Black Lips - Live 02h15 : Halfricain - Live 03h15 : Legowelt - Live
Ancien Marché de gros Rue Vuillerme Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Nuit 3

Halle 1 – Resident advisor stage Black is black 21h : Æther - Live 23h15 : Oneohtrix Point never - Live 00h45 : Fuck buttons 02h : Robert Hood - Live 03h : Shed - Live 04h : CLFT Militia - DJ set Halle 2 : Nerds experiment house 21h : Fubar - DJ set 22h : Huercos - Live 23h30 : Floating Points - DJ set 01h30 : Four tet - Live 04h : Rustie - Live Halle 3 : 21h15 : In Æternam vale - Live 22h30 : Violence conjugale - Live 23h45 : La Colonie de vacances - Live 02h : Fulgeance - Live 03h : Lunice - Live 04h : Labelle - Live
Ancien Marché de gros Rue Vuillerme Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Nuit 4

Halle 1 21h15 : Föllak Zoid - Live 22h30 : The Ex - Live 23h45 : The Brian Jonestown Massacre - Live 01h : Trentemøller - Live 02h30 : Suuns - Live 03h30 : Brandt Brauer Frick - Dj set Halle 2 : Resident advisor stage 21h : DJ Sentiments - Dj set 22h15 : Valentin Stip - Dj set 23h45 : Efdemin - DJ set 01h30 : Agoria - DJ set 03h15 : RØDHÅD - Dj set Halle 3 : 21h : Marvin & Guy - Dj set 00h : Vakula - Dj set 02h : Actress - Live 03h : Funkineven - Live
Ancien Marché de gros Rue Vuillerme Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

Clubbing | DJ emblématique de la scène techno, attaché à Lyon, Laurent Garnier sera le premier à rejouer au Sucre lorsque les clubs seront autorisés à ouvrir de nouveau.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

On ne sait pas quand. Mais on sait qui : Laurent Garnier sera le tout premier DJ à rejouer au Sucre, le club du quai Rambaud, lorsque la réouverture des spots nocturnes sera autorisée. Bien sûr, ce sera dans de longs mois. Mais la présence du maître absolu des platines, du DJ historique de la scène techno, augure d'ores et déjà d'une reprise mythique. Et il faudra bien cela après des mois de fermeture et d'interdiction totale de danser. « Pour poser le premier disque, et le second, et le troisième, après une telle absence, il fallait quelqu'un en qui nous avons une totale confiance car ce ne sera pas facile ; et en Laurent, j'ai une totale confiance » nous a confié Vincent Carry, le directeur de Arty Farty, qui précise qu'un soin tout particulier sera accordé à la programmation de la première semaine de réouverture. Une programmation à laquelle Laurent Garnier devrait

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Jacques Greene pour les cinq ans de Rinse France

Clubbing | Rinse France fête cinq années d'existence au Petit Salon en compagnie du crew Artjacking : attraction.

Sébastien Broquet | Mardi 19 mars 2019

Jacques Greene pour les cinq ans de Rinse France

Rinse FM, en Angleterre, c'est une référence : créée en 1994 par DJ Geeneus et Slimzee, c'est au départ une pirate surfant sur la vague jungle puis la drum&bass et le UK garage (ce style malheureusement trop sous-estimé en France...), soit tout ce qui fait alors vibrer les nuits underground de Londres et le meilleur moyen de découvrir et les nouveaux DJ's, et les futurs sons qui vont faire dégoupiller sur les dancefloors - jusqu'au dubstep et au grime, avant la répression, en 2005. Cinq années plus tard, Rinse obtient l'autorisation d'émettre sur la FM. Et quatre ans après, lance sa déclinaison parisienne, en Web-only, sous l'impulsion de Manaré. Une première : jusque-là, la radio qui a propulsé sur le devant de la scène nombre de figures de la bass music se contentait d'émissions éphémères à Ibiza, mais pas de station à plein temps à l'étranger. Rinse France s'est vite développée, tout en restant libre et indépendante de ses aînés londoniens, mais en gardant le même principe : éclectisme total (il y a même du rock) et flair impeccable pour dénicher et les tendances, et les artistes de demain. C'est là que G'Boï de La Chinerie fai

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Insomniaque : 3 soirées pour ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Insomniaque : 3 soirées pour ce week-end

16.06.17 > LE SUCRE LAURENT GARNIER OK, c'est déjà sold-out. Comme à chaque passage de Garnier en ville. Le maître de la techno en France perpétue son histoire d'amour avec le public lyonnais en inaugurant ce nouveau cycle estival du Sucre, L'Amicale, l'occasion d'une rencontre avec les deux jeunes pousses qui faisaient notre Une il y a peu, G'Boï & Jean-Mi, diggers fureteurs et instigateurs de La Chinerie, en pleine ascension. Copains. 16.06.17 > TRANSBORDEUR PLANETARY ASSAULT SYSTEMS Un live de Luke Slater sous son alias Planetary Assault Systems, c'est en général l'assurance de galoper dans une dimension parallèle deux heures durant : l'Anglais est un pilier solide et massif de la scène techno et il n'a pas pour habitude de faire dans la dentelle lorsqu'il s'incarne sous ce nom... Placée sous le double patronnage de Encore & Jacob, la nuit sera aussi celle de DVS1 et Milenà. Hacker.

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Air et Laurent Garnier à Nuits sonores

Festival | Deux nouveaux noms et pas des moindres s'ajoutent à la programmation du festival : Air et Laurent Garnier.

Sébastien Broquet | Jeudi 16 mars 2017

Air et Laurent Garnier à Nuits sonores

Pour ses 15 ans, le festival Nuits sonores a visiblement la ferme intention de marquer les esprits et ajoute à sa programmation déjà dense deux nouveaux noms : Air et Laurent Garnier, selon France Inter qui a révélé l'information dans son émission Boomerang le jeudi 16 mars au matin et que Nuits Sonores nous a confirmé. Le duo versaillais se produira à l'Auditorium le mardi 23 mai, en ouverture du festival. Ce sera la première fois que le groupe de pop électro fondé en 1995 par Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin sera présent au festival. Les places pour ce "concert spécial" seront mises en vente le 28 mars. Concernant Laurent Garnier, c'est la pou

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Laurent Garnier : "Lil Louis, c'est le patron"

Nuits Sonores | Douze ans que Laurent Garnier se pointe à chaque édition de Nuits Sonores, renouvelant sans cesse sa participation, d'un closing d'anthologie à un set pour les enfants, marquant de son empreinte l'histoire du festival. Cette année, le voilà curateur de trois scènes en une journée forcément à l'image de ce maître absolu de la techno en France : éclatée, pointue, festive, diverse. De Chassol à Jackmaster, la palette est aussi large que la curiosité de l'ancien résident de l'Hacienda. Suivez le guide.

Sébastien Broquet | Mercredi 4 mai 2016

Laurent Garnier :

#Afrique On sait d’où vient la musique électronique, et plus précisément la techno : ses racines, si l’on n'évoque pas l’Afrique... on oublie beaucoup de choses. On attendait un mouvement de ce continent depuis ces dix dernières années, avec des gens comme Buraka Som Sistema, comme Frédéric Galliano. Toute cette mouvance kuduro, ça a commencé à gratter les oreilles des gens ici. Depuis cinq ans, l'échange est beaucoup plus important : forcément, des choses reviennent à nos oreilles. C’est le bon moment. Et c’est tout à fait logique : ça fait longtemps que l’on se dit que c’est là-bas que ça va se passer, qu’il faut regarder. C’est à la fois un retour aux sources et une avancée. On a été tellement loin dans le côté extrêmement synthétique, très Blanc, qu'il faut revenir à un truc beaucoup plus Black. Je trouve ça très sain. #Chassol Je l’ai fait jouer en concert privé pour la soirée de mes 50 ans. On était 100, uniquement mes proches venus passer deux jours pour fêter ce moment forcément important pour moi. J’avais envie de leur offrir quelque chose : quel est le groupe qui va mettre tout le monde d’accord ? L’idée de Cha

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Nuits sonores : Garnier invite Chassol et Jackmaster

MUSIQUES | Un nouveau pan du soyeux tissu qui recouvre encore Nuits sonores s’est évaporé ce matin, laissant entrevoir les choix musclés opérés par Laurent Garnier pour (...)

Sébastien Broquet | Samedi 23 janvier 2016

Nuits sonores : Garnier invite Chassol et Jackmaster

Un nouveau pan du soyeux tissu qui recouvre encore Nuits sonores s’est évaporé ce matin, laissant entrevoir les choix musclés opérés par Laurent Garnier pour son Day : Chassol, vu il y a quelques jours au centre culturel Charlie Chaplin, sera de retour dans nos contrées pour ce vendredi 6 mai résolument placé sous le signe de l’exigence et de la diversité musicale. Valeurs défendues par la très cotée Radio Meuh, que nous ne sommes pas surpris de retrouver ici puisque le maître a relancé sa mythique émission It is what it is sur cette web radio et l’a déjà conviée à faire vibrer le sound-system de son Yeah festival, l’an dernier. Sur cette Esplanade confiée aux diggers, outre Radio Meuh, le collectif de Brighton Mr Bongo partagera ses perles de rare groove dénichées de par le monde et parfois rééditées sur leur label. Le brésilien Ivan Conti, habituellement batteur du groupe funk & samba Azymuth, complétera l’affiche aux platines. Versant concerts, pour tenir chaud à Chassol au Sucre, Garnier invite le duo Frontières composé de Arnaud Rebotini et Ch

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Nuits Sonores 2016 : les premiers noms

MUSIQUES | Retard à l'allumage ou temporisation stratégique, on ne saurait dire, toujours est-il que la première conférence de presse de Nuits Sonores fut chiche en (...)

Benjamin Mialot | Mardi 12 janvier 2016

Nuits Sonores 2016 : les premiers noms

Retard à l'allumage ou temporisation stratégique, on ne saurait dire, toujours est-il que la première conférence de presse de Nuits Sonores fut chiche en annonces : là où, traditionnellement, elle voyait ses organisateurs révéler l'ensemble de la programmation de jour, il aura fallu cette fois se contenter du nom des trois commissaires de ces Days, à savoir le taulier Laurent Garnier, son quasi-protégé Motor City Drum Ensemble et le génial allumé Seth Troxler – qui succèdent à la triplette Jamie XX, Ben Klock et John Talabot, sur le papier nettement plus inattendue. Les trois scènes qu'ils superviseront seront caractérisées selon une logique désormais bien connue : une orientée dancefloor, une dédiée au live et la dernière consacrée au digging, le tout à la Sucrière, le festival investissant pour la troisième année consécutive la Confluence. Outre des invitations aux festivals Elevate (Graz, Autriche) et c/o pop (Cologne, Allemagne), membres du réseau We Are Europe récemment tissé par Arty Farty, la surprise, pour le moment, vient une fois n'est pas coutume d

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Les soirées du 25 novembre au 1er décembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Ben UFO au Sucre, Foreign Beggars et le showcase Innervisions au Transbordeur.

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

Les soirées du 25 novembre au 1er décembre

27.11 Weekend #12 Planqué dans un recoin industrialo-ferroviaire de Friedrichshain, ://about blank est l'archétype du club berlinois, un ramassis de recoins sombres et écaillés aussi interlope qu'accueillant – car bordé d'un vaste jardin de sable fin. Avec sa terrasse et ses murs vierges d'autographes, Le Sucre en est un cousin chic et policé. Il s’encanaillera cette semaine en recevant un résident dudit ://about blank, Resom, mais aussi et surtout l'un de ses illustres habitués, le pur DJ londonien Ben UFO – aux sens où il se "contente" de mixer et s'avère en la matière un des tous meilleurs.

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Quelque chose en eux de Düsseldorf

MUSIQUES | LUCA, acronyme de Last Universal Common Ancestor, soit "dernier ancêtre commun universel", est l'organisme, inconnu à ce jour, dont descendraient tous les êtres vivants actuels. Kraftwerk est son équivalent pour la musique électronique : tous les DJs programmés à Nuits Sonores ont une dette envers lui. Ces dix-là l'ont payée avec les intérêts. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Quelque chose en eux de Düsseldorf

Darkside L'un, Nicolas Jaar, producteur dont la nonchalance n'a d'égal que le raffinement, est à la house ce que la Nouvelle Vague fut au cinéma. L'autre, Dave Harrington, multi-instrumentiste, était jusqu’ici unsideman sans histoire. Ensemble, ils forment Darkside, nom choisi en hommage à Pink Floyd (dont les membres revendiquaient l'influence de leurs amis de Kraftwerk) mais qui aurait tout autant pu l'être en clin d’œil à la Force – voir Daftside, remix bête, méchant et in fine assez jouissif du dernier album de Daft Punk. Psychic, leur premier album, est lui, avec ses licks bluesy et ses artefacts lynchiens, un petit chef-d’œuvre d'electronica à la dérive. Nuit 1 – Halle 1 A l'Ancien marché de gros, mercredi 28 mai (23h45/00h45)

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Poupées de son

MUSIQUES | Nuits Sonores reçoit enfin le groupe par lequel tout a commencé : Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Retour sur quarante ans d'une carrière visionnaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Poupées de son

Dans Adieu au langage, Jean-Luc Godard (voir en page 6), équipé d'un dispositif stéréoscopique de son invention, nous fait redécouvrir le monde comme on ne sait plus le regarder. Autre bricoleur de génie, Ralf Hütter s'apprête lui à nous montrer celui de demain comme on ne l'a jamais vu, du fond d'un tout autre type de salle obscure : une halle de l'ancien Marché de gros, où il donnera ce dimanche avec Kraftwerk un concert en 3D, à la fois conclusion de Nuits Sonores 2014 et synthèse de quatre décennies d'incubation des musiques que le festival défend. Retour vers le futur Synthétiser justement, composer, donner matière à ce qui n'en a pas, est une obsession qu'a cultivée ce claviériste dès le conservatoire. Celui de Düsseldorf, où il rencontre au tournant des années 70 le flûtiste Florian Schneider dans un cours d'improvisation, pratique alors considérée comme un vecteur d'affranchissement de la pop anglo-saxonne par toute une génération de musiciens teutons – ironie du sort, c'est la presse musicale britannique qui baptisera ces expérimentations germanocentrées "krautrock

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C'est extra-fou

MUSIQUES | On aurait tort de ne voir dans les projets Extra! que des lots de consolation pour les tricards du cœur de Nuits Sonores. Si certains d'entre eux font (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

C'est extra-fou

On aurait tort de ne voir dans les projets Extra! que des lots de consolation pour les tricards du cœur de Nuits Sonores. Si certains d'entre eux font effectivement figure de passe-temps pour hipsters désœuvrés, d'autres promettent de jolis pas de côtés sensoriels, à l'image du rassemblement de cantines ambulantes "All we need is trucks", du décrochage des photographies qu'expose en ce moment le Goethe Institut (voir page 8), du clin d’œil à la scène raï qui émergea de la Guillotière dans les années 80 "Arabic Tapes made in Lyon" ou de l'explicite "Bike Block Party". Mais s'il ne devait en rester qu'un, comme on dit dans les Highlands (voir ci-contre), ce serait la troisième "Balade offshore" proposée par le webzine Ocean of Noise, au cours de laquelle se produira samedi 31, au Périscope et milieu de bouteilles de vins, la Dream Team du rock garage à la française, La Secte du futur. Ou plutôt la Nightmare Team : rassemblant sous une même bannière figurant la Faucheuse à cheval un Catholic Spray, un JC Satan, un Black Bug et un Skate Gang, son deuxième album, Greetings from Youth, est si contagieux et ex

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Good evening Scotland

MUSIQUES | Après Manchester en 2005 et Londres en 2009, Nuits Sonores remet le cap vers le Royaume-Uni, direction Glasgow. Une juste reconnaissance pour cette (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Good evening Scotland

Après Manchester en 2005 et Londres en 2009, Nuits Sonores remet le cap vers le Royaume-Uni, direction Glasgow. Une juste reconnaissance pour cette ville où naquit au début des années 80 The Pastels, groupe qui est à l'indie pop ce que Bret Hart était au catch américain : «the best there is, the best there was and the best there ever will be». Mais aussi Mogwai, Primal Scream, The Jesus & Mary Chain... Bref, pas mal de jeunes gens autrement plus cultes que les exhibitionnistes peinturlurés de Braveheart. Aucun d'eux ne sera de cette Carte blanche à la Maison de la Confluence. Brilleront en revanche par leur présence le duo Optimo (jeudi 29), qui fut au tournant du siècle le principal ambassadeur de la house scottish, et Kode9 (le lendemain), le pilote d'Hyperdub, vaisseau-amiral de la frange la plus atmosphérique et séditieuse du dubstep – dont Burial est la figure de proue. Côté guitares, le tiercé dans l'ordre est le suivant : The Amazing Snakeheads, dont les prêches électriques changent l'eau en bourbe aussi sûrement que celles de The Birthday Party en son temps, leur âme sœur da

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Gare au gorille

ARTS | Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Gare au gorille

Carrure d'ours mal léché, tenue d'aristocrate d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, barbe et chevelure cendrées, deux anneaux à la lèvre qui scintillent tels des crocs sous une Lune blême, des barbelés d'encre sur le cou et la joue gauche.. Sven Marquardt a tout ce qu'il faut là où il faut pour tenir un rôle de shérif vampire dans la série True Blood. C'est pourtant à une toute autre figure mythologique qu'on l'associe communément : le Cerbère, en sa qualité de physionomiste du Berghain, le havre de décadence électronique que le monde envie à Berlin. Quand il n'y passe pas ses week-ends à refouler tel ou tel EasyJet-setter pour des motifs connus de lui seul, Sven Marquardt prend des photos – ce qui, connaissant la politique pour le moins intransigeante de son club vis-à-vis de cette pratique, ne manque pas d'ironie. De grands et beaux portraits en noir et blanc d'anonymes aux regards noirs et aux corps bohèmes dont les contrastes gothiques se superposent aux contours de la contre-culture allemande (qu'il documente depuis la chute du Mur), exposés pour la première fois en France au Goethe Institut jusqu'au jeudi 2

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Des paroles et des acts

CONNAITRE | Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Des paroles et des acts

Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le festival, sorte d'écho numérique et citoyen au Mode d'emploi de la Villa Gillet visant à «donner la parole à une nouvelle génération d’acteurs européens pour réinventer les modèles culturels de demain». Ce vaste programme, Arty Farty le déclinera principalement à l'Hôtel de région en conférences à géométrie variable (et en apéros et soirées au Sucre, on ne se refait pas) dont les sujets, des mécanismes de starification au potentiel d'innovation des friches en passant par le rôle de la culture dans l'agencement de l'espace urbain, ne manquent sur le papier pas d'intérêt. L’aréopage de journalistes, élus, universitaires, entrepreneurs, artistes (le cinéaste-bidouilleur Michel Gondry, l'auteur de science-fiction Alain Damasio, dont le visionnaire et polyphonique La Zone du dehors mériterait un cycle d'exégèse à lui seul) et autres figures du milieu musical (Matt Black, moitié de Coldcut et co-fondateur du label Ninja Tunes, Dan

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Insomniaque – Semaine du 28 mai au 3 juin

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Grandmaster Flash au DV1, NHK'Koyxen au Sonic et Moritz Von Oswald au garage Citroën. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Insomniaque – Semaine du 28 mai au 3 juin

29.05 I'm Grandmaster Flash Pour Nuits Sonores, le DV1 sort de sa zone de confort et remonte aux sources du hip hop. Celles, croupissantes et mêlées de sang, du Bronx, dans lesquelles aurait pu s'embourber le jeune Joseph Saddler s'il n'avait passé son temps libre le nez dans la collection de vinyles de son père et les yeux rivés sur les platines des pionniers du DJing. Des super-héros naissent de ce genre d’obsession : lui deviendra Grandmaster Flash, one-hit wonder du rap politique (The Message, 1982) et DJ à la virtuosité surhumaine (il mixe de dos, avec ses pieds...) dont l'influence traverse encore les âges. After Dark Kouhei Matsunaga n'a pas attendu que Kraftwerk entre dans la troisième dimension pour arborer de très seyantes lunettes stéréoscopiques. Les vôtres ne vous seront d'aucune utilité lorsque ce passionné d'architecture et bruitiste patenté – originaire d'Osaka, il a très tôt c

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La griffe des Nuits

MUSIQUES | Faire d'un quartier-étendard en plein développement une plateforme festivalière cohérente : tel est le pari que s'est lancé Arty Farty pour l'édition 2014 de Nuits Sonores en investissant la Confluence. Au-delà de l'enjeu politique, force est d'admettre, à la découverte de la teneur de de sa programmation, que l'affaire est en bonne voie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 26 février 2014

La griffe des Nuits

Depuis l'annonce de son déménagement à la Confluence, on se demandait bien, sorti de quelques évidences, quels lieux allait concrètement investir Nuits Sonores. On sait désormais que le Lab se répartira entre l'Hôtel de région et l'Hôtel de ville, tandis que la partie purement musicale du festival se déroulera sous les halles du Marché de Gros (qui avaient déjà accueilli les éditions 2009, 2010 et 2011), à la Sucrière (NS Days et Mini sonore), à la Maison de la Confluence (pour la traditionnelle carte blanche) et au Parc des Berges (pour le "Sunday Park", un événement de clôture présenté comme un clin d’œil convivial à l'extension de Nuits Sonores à Tanger). En attendant de voir comment le Sucre s’intégrera dans ce circuit et comment les collectifs Superscript² et Looking for Architectures l'habilleront, on remarquera que la programmation des Days, scindée en trois scènes (dont une extérieure), poursuit les efforts de thématisation et de brassage démographique produits l'an passé, mais cette fois avec un vrai souci d'équilibre. Comprenez par-là qu'aucune tête d'affiche ne devrait s'accaparer le public de la Carte blanche comme Laurent Garnier et Carl Cox l'ont fait en 20

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Meilleur premier rôle

MUSIQUES | Entre le football et la musique, c'est une histoire d'amour qui finit systématiquement mal. Le Londonien Darren Cunningham est l'exception qui confirme la règle : cet ancien joueur de Premier League produit l'une des musiques (électroniques) les plus passionnantes de l'époque. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 13 septembre 2013

Meilleur premier rôle

Depuis qu'un certain Pierre Corneille a fait de l'impossibilité de choisir entre le devoir et l'amour le fondement de ses pièces, on qualifie de cornélien tout dilemme de cette nature et, plus largement, toute indécision un peu critique. Un sentiment que les amateurs de musiques électroniques vont éprouver plus souvent qu'à leur tour cette saison : rien qu'en se limitant aux clubs stricto sensu, on dénombre chaque week-end pas moins d'une quinzaine de soirées. De mémoire de compteur de bpm, on n'avait jamais connu sur Lyon une offre aussi foisonnante, aussi variée et, dans l'ensemble, aussi relevée. Revers de la médaille : tout se vaut plus ou moins. Sauf cette semaine. Car rien ne vaut Actress.   Merci Cunningham Il faut dire que Darren Cunningham, le Londonien au regard d'acier qui se cache derrière ce pseudonyme depuis 2004, n'est pas le premier agitateur de popotins venu, même s'il excelle d

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Insomniaque - Semaine du 4 au 10 septembre

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine : Al'Tarba et Lord Lhus au Kafé, Dubfire au Kao et le Start Festival du Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 26 août 2013

Insomniaque - Semaine du 4 au 10 septembre

06.09 Ninja Session #01Entre le hip hop et les arts martiaux, c'est une longue histoire d'amour, écrite aussi bien dans la langue du Wu-Tang Clan que dans celle de IAM. Le label Mutant Ninja, où sont domiciliés deux des MC lyonnais les plus doués du moment, Liqid et Andy Kayes, y ajoute un chapitre avec les Ninja Sessions. La première se tiendra cette semaine Ninkasi Kafé en présence du brillant beatmaker toulousain Al'Tarba et du rappeur ricain Lord Lhus, auteurs l'hiver dernier d'un album méchamment

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Insomniaque - Semaine du 10 au 16 juillet

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 5 juillet 2013

Insomniaque - Semaine du 10 au 16 juillet

12.07 Le Bal !Au bal masqué, on danse on danse on danse et on ne peut pas s'arrêter, ohé ohé. Au bal du Transbordeur, on fait du hula hoop, on s'adonne à des jeux vidéo au format architectural, on mate les portraits sonores du graphiste lyonnais Francis le Gaucher, on déguste des burgers et on se tord les cervicales au son du rock'n'roll vénéneux et malpropre de Jack of Heart (l'une des figures de proue du renouveau garage made in France, à l'instar de JC Satan et Catholic Spray) et du surf punk cinoque des Cannibal Mosquitos

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Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

MUSIQUES | 28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, (...)

Benjamin Mialot | Lundi 24 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, devient pérenne. Et ce à compter de cette fin de semaine, date non pas de son inauguration (programmée pour septembre), mais de sa pré-ouverture, qui se poursuivra tout l'été via une bonne quinzaine de soirées. Vu la tronche de la première, en forme de launch party du nouvel album du Berlinois Siriusmo, dauphin surdoué d'Aphex Twin et petit frère bizarroïde de Modeselektor, on est bons pour une dérégulation glycémique. 29.06 Cruel Summer OpeningSi sa direction artistique

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Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté. Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché. Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvr

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Nuits Sonores 2013 - Jour 1

MUSIQUES | Après un warm up aussi vert et bon enfant qu'une réunion de fruits Oasis et une inauguration moins guindée que celle de l'an passé, Nuits Sonores 2013 est entré hier dans le vif du sujet. Retour sur une première journée qui, bien que déséquilibrée, n'a pas été avare en torgnoles soniques. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 9 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 1

La tentation était trop grande, y céder n'a pas été sans conséquences : programmés sur la scène principale des Subsistances, l'illustre Carl Cox (qui se produisait pour la première fois au festival) et le fidèle Laurent Garnier ont vampirisé la quasi totalité du public du premier NS Days, jusqu'à imposer au personnel de sécurité l'improvisation, à l'entrée d'une verrière rapidement devenue impraticable, d'un système de file d'attente. On pourrait le déplorer. On pourrait si ces deux "dinosaures" n'avaient pas d'ores et déjà assuré deux des prestations les plus mémorables de Nuits Sonores 2013, le premier dans le registre fédérateur et bouncy qui a fait sa réputation, le second avec l’œcuménisme et la passion qu'on lui connaît depuis maintenant neuf éditions. On pourrait si ce monopole avait empêché les Bordelais de J.C.Satàn, chefs de file du renouveau garage, de livrer un concert survolté et poisseux, et les Strasbourgeois de Electric Electric de prouver qu'avec ou sans Colonie de vacances, ils comptent parmi les faiseurs de bruit les plus excitants du pays.

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Ensemble, tout devient audible

MUSIQUES | Certains prétendent être une bande de jeunes à eux tout seul. Danilo Plessow, plus connu des flibustiers de l'interweb sous le pseudonyme de Motor City Drum (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 avril 2013

Ensemble, tout devient audible

Certains prétendent être une bande de jeunes à eux tout seul. Danilo Plessow, plus connu des flibustiers de l'interweb sous le pseudonyme de Motor City Drum Ensemble, semble pour sa part se croire aussi sonore et aussi carré qu'une section de percussions – tous nos vœux de rétablissement aux festivaliers qui s'attendaient à ce qu'un véritable orchestre de timbaliers et joueurs de grosse caisse viennent sonner les cloches de Pantha du Prince. Sauf que c'est un peu plus compliqué que ça. La ville motorisée dont il est question ici, c'est Stuttgart, dont sont originaires le fameux Danilo et Karl Benz, l'inventeur de l'automobile. C'est aussi et surtout Detroit, industrieuse cité américaine dans laquelle furent noircies les pages les plus sauvages de l'histoire du rock'n'roll, qui vit naître la techno et où fut fondée l'institution soul Motown. Quant au Drum Ensemble, il fait référence à la collection de boîtes à rythmes que détient ce batteur de formation aux faux airs de Louis Garrel. La suite coule de source, Danilo produisant, à coups de samples vintages et de

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Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

MUSIQUES | Au moment de lever le voile sur le volet diurne de Nuits Sonores 2013, les équipes d'Arty Farty étaient si ric-rac que c'est avec des valises oculaires éligibles à une "franchise bagages supplémentaires" qu'elles ont animé la conférence de presse correspondante. Cette fois, elles étaient en avance : censée tomber jeudi 21 février, la programmation nocturne de la onzième édition du festival a été révélée la veille, le teint frais et le sourire franc. La voici.

Benjamin Mialot | Mercredi 20 février 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

Editorialisation. Tel est, plus encore que pour les éditions précédentes, le maître-mot de cette onzième édition de Nuits Sonores. On a pu le vérifier avec les NS Days et leurs scènes labellisées (une portant l'emblème de la bible en ligne Resident Advisor, une sponsorisée par la Red Bull Music Academy et une consacrée à la carte blanche à Bruxelles), c'est au tour des Nuits, sises comme l'an passé (mais pour la dernière fois) aux anciennes usines Brossette et organisées, toujours comme l'an passé, en trois scènes aux dimensions décroissantes, de se faire l'écho de ce souci de cohérence. Qui par le biais d'un partenariat avec un festival, qui via un regroupement géographique, qui à la faveur d'une délégation d'une partie de la fonction de curateur à un artiste. Au-delà de ce qu'elle induit en termes de mise en réseau et d'image, la démarche aboutit sur un net renouvellement de la proposition artistique formulée par Arty Farty : cette année, les big names se comptent sur les doigts de la main, la programmation s'équilibrant entre pointures discrètes et nouveaux venus en pleine bourre.A cette aune, on attend beauco

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Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

MUSIQUES | «Nuits Sonores n'est pas un festival de blockbusters». La phrase est de Vincent Carry, le directeur de Nuits Sonores et elle a rarement été aussi appropriée que pour l'édition 2013 du festival, l'équipe d'Arty Farty ayant choisi de rester stable sur ses fondamentaux plutôt que de se lancer dans la course à la surenchère que laissait entrevoir le très solennel dixième anniversaire de l'événement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 24 janvier 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'édition du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir à l'accueil des séminaux New Order en passant par la conclusion de sa programmation nocturne sur un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. A tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans verser dans l'excès. Arty Farty nous a ouvert les yeux ce matin : l'édition 2013 de l'événement ne sera ni plus maousse ni plus timide que les précédentes, elle sera dans leur droite lignée, c'est-à-dire urbaine, sélective, éclectique et réflexive. A ceci près qu'elle durera six jours, mitoyenneté calendaire du 8 mai et de l'Ascension oblige.Pour le reste donc, les habitués du festival seront en terrain connu, en tout cas pour ce qui concerne la partie diurne des

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Syndrome de Stockholm

MUSIQUES | Vous voulez vous convaincre que la vie en Suède n'est qu'une lente, froide et sombre agonie baptisée "ennui", un interminable magasin Ikea dépourvu des (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 janvier 2013

Syndrome de Stockholm

Vous voulez vous convaincre que la vie en Suède n'est qu'une lente, froide et sombre agonie baptisée "ennui", un interminable magasin Ikea dépourvu des passages secrets qui permettent de s'en échapper pour aller profiter de son attaque de panique sur le parking sans passer par le rayon literie ? Avec Holograms – qui rime vaguement avec "hooligans" – vous en aurez pour vos couronnes – là-bas, point d'euros. Parce que la Suède, le groupe de Stockholm, issu de la classe ouvrière, la taille en pièces. Et en biseau bien coupant avec ça. La social-démocratie, le modèle scandinave ? Une illusion, des Holograms. Du bullshit sauce gravlax. Bien sûr, comme ils sont jeunes on pourrait croire qu'ils exagèrent un tantinet. Sans doute parce qu'il est plus compliqué de s'inventer une rébellion dans la paisible Suède que sous l'Angleterre de Thatcher ou à Téhéran. Toujours est-il que comme la littérature noire suédoise le laisse entendre – de Millenium à tant d'autres – il semblerait qu'il y ait un lièvre à lever et qu'il ait un goût de malaise. C'est ce malaise que l'on ressent à l'écoute du punk tordu d'Holograms, où les synthés viennent troubler une

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Hardi Françoise !

MUSIQUES | Voici bientôt cinquante ans, Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier fédéral allemand, apposaient leur signature (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 décembre 2012

Hardi Françoise !

Voici bientôt cinquante ans, Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier fédéral allemand, apposaient leur signature au bas du Traité de l’Élysée, scellant ainsi la réconciliation de leurs pays respectifs. Depuis, l'entente a tenu bon, en tout cas assez pour que soit décrétée au printemps dernier la tenue d'une année de festivités commémoratives. A Lyon, après la Fête des Lumières - dont l'une des installations était le fruit d'une collaboration entre étudiants d'ici et de là-bas -, c'est au tour du Goethe-Institut et d'Arty Farty d'y prendre part. Ceci avec Ich liebe dich, Françoise !, mini-festival visuel et sonore dont le point d'orgue sera la terminaison par l'érudit et imaginatif Laurent Garnier de L.B.S., dispositif semi-live et collaboratif qu'il avait inauguré à Nuits Sonores en 2010. Manque de bol, la soirée affiche complet. Celle du jeudi 20 décembre, programmée au DV1, accessible gratuitement en échange d'un e-mail à ichliebedich@nuits-sonores

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Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

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Nuits Sonores 2012 - Ten years secret stage - Nos pronos

MUSIQUES | À quelques heures du coup d'envoi du premier bouquet final de la dixième édition de Nuits Sonore (le second étant, comme vous le savez, le highly anticipated concert de New Order), prenons quelques minutes pour faire le point.

Benjamin Mialot | Samedi 19 mai 2012

Nuits Sonores 2012 - Ten years secret stage - Nos pronos

Des rumeurs plus ou moins folles voire carrément démentes circulent quant à l'identité des mystérieux Dj's qui auront l'honneur/la lourde tâche de tenir la grande scène de Brossette samedi soir pour la Ten years secret stage. Agoria Co-fondateur du festival et poster boy de la musique électronique d'ici, Sébastien Devaud ne peut pas ne pas être du lot. Probabilité : 100% Laurent Garnier Un habitué des lieux qu'on ne présente plus. Il se murmure qu'il mixera en compagnie de son collègue du dessus. En tout cas, il sera forcément là : il n'a plus de place dans son calendrier, sauf, comme par hasard, le 19 mai. Probabilité : 100% Clara Moto L'Autrichienne a droit à un portrait dans le journal frappé du sceau Red Bull qui circule sur le festival... alors qu'elle n'est pas programmée. Coïncidence ? On ne pense pas. Probabilité : 80% Daft Punk Le ouï-dire le plus invraisemblable, à tel point qu'il a depuis sa diffusion été

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Panier Garnier

MUSIQUES | Voilà, c'est fini. Quand retentira la dernière note du set de quatre heures que donnera Laurent Garnier ce mercredi 21 décembre à la Plateforme, les Échos (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 16 décembre 2011

Panier Garnier

Voilà, c'est fini. Quand retentira la dernière note du set de quatre heures que donnera Laurent Garnier ce mercredi 21 décembre à la Plateforme, les Échos Sonores ne seront plus. Faudra-t-il les pleurer ? Non. Car pour une fois, l'argent et la municipalité ne sont pour rien dans cette affaire. Après sept années passées à faire éclore les fines fleurs de la culture électronique (impossible de toutes les citer, il y en a près de 250) aux quatre coins de l'agglomération et au vu de la saine concurrence apparue depuis sur ce créneau (comme les soirées Destructuré et Fantasy du collectif Elektrosystem, ), Arty Farty a estimé qu'il était temps de passer à autre chose. En l'occurrence à des rendez-vous mettant l'accent sur la création numérique, dont on reparlera en temps et en heure. Pour l'heure, quoi de plus censé que de laisser le soin de poser le point final à celui par qui tout a commencé ? Bien sûr, tout a déjà été dit sur Laurent Garnier : sur ses débuts de Dj à la mythique Hacienda de Londres à la fin des années 80, sur sa stature d'ambassadeur de la techno et des rave parties, sur ses qualités sans cesse renouvelées de passeur... Bien sûr, toutes les blagues capillaires ont d

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Au bord des lèvres

MUSIQUES | Avec ses qualités et ses défauts, Arabia Mountain (autre titre possible : Grand n'importe quoi !), le dernier album des Black Lips, enregistré par «Monsieur (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 2 décembre 2011

Au bord des lèvres

Avec ses qualités et ses défauts, Arabia Mountain (autre titre possible : Grand n'importe quoi !), le dernier album des Black Lips, enregistré par «Monsieur Mark Ronson producteur de génie», nous donne à entendre une évidence : que les sons arabisants (pour ce qu'il y en a) sont taillés pour les riffs garage et le jingle-jangle. Et que, même, on les entendait déjà à l'œuvre depuis au moins les compilations Nuggets et surtout, surtout, les disques des Seeds. Bon, en dehors de cette découverte qui revient à dénicher les manuscrits de la mer Morte sous une caisse de bière, les Black Lips, même avec «Monsieur Mark Ronson producteur de génie™» aux manettes, restent les Black Lips. Une sympathique machine à tubes cradasses moins bas du front qu'elle n'en a l'air – même s'il faut bien avouer que plus bas du front que ça, on appelle ça un cochon truffier. Alors certes, ils n'ont peut-être pas lu (tout) Lamartine mais les Black Lips ont pour eux d'avoir écumé les scènes rock et les routes à peu près autant que Cousteau n'a raclé le fond de la mer (ils ont même enregistré

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Échos au crépuscule

ACTUS | Insomniaque / C’est bientôt la fin pour les Échos sonores : arrivés à leur centième rendez-vous, ils couperont définitivement le son… Une dernière salve qui est aussi, pour Arty farty, un moyen de préparer un avenir chargé. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Dimanche 13 novembre 2011

Échos au crépuscule

Créés dans la foulée de la deuxième édition de Nuits Sonores, les Échos sonores ont permis à Lyon de se replacer sur la carte de l’électro et du clubbing hype, et pas seulement le temps d’une semaine de festival. Pensés comme un pendant régulier de ce grand raout annuel, mais aussi comme sa vitrine auprès du public lyonnais, les Échos sonores ont beaucoup navigué durant ces sept années ; si La Plateforme a accueilli la majorité de leurs escales, ils se sont aussi amarrés du côté de Jazz à Vienne, du DV1, de l’Épicerie Moderne à Feyzin, des Subsistances et du Transbordeur, notamment depuis le changement de sa direction. Quant aux artistes invités, ils représentent une histoire fidèle de ce qui s’est passé en matière de musique électronique depuis 2003 : de la déferlante Justice au culte Squarepusher, du phénomène Birdy Nam Nam au vétéran Kevin Saunderson, toutes les esthétiques, des plus fashion aux plus alternatives, sont passées par les Échos. Comme un drôle de présage, un des habitués du rendez-vous, Dj Medhi, n’a pas pu honorer la cinquième date qu’il devait faire à Lyon sous ce label pour cause de chute mortelle, et ce l’année où les Échos sonores ont décidé de baisser le ri

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Sons et Lumière

MUSIQUES | Festival / Pour sa 5e édition, Nuits Sonores poursuit son travail d'appropriation urbaine sur fond de guérilla musicale. Parmi les lieux les plus (...)

| Mercredi 14 mars 2007

Sons et Lumière

Festival / Pour sa 5e édition, Nuits Sonores poursuit son travail d'appropriation urbaine sur fond de guérilla musicale. Parmi les lieux les plus improbables investis cette année, en plus de ses fiefs traditionnels, par le festival des cultures (et non plus seulement des musiques) électroniques : le garage Citroën ou l'Institut Lumière qui accueillera l'inauguration de l'événement avec un cinémix de l'inamovible Laurent Garnier. Si Nuits Sonores livre encore une fois une programmation des plus pointues, les grands noms ne s'en bousculeront pas moins au portillon électronique : James Holden, Joakim, Stereo Total, Luke Vibert, pour ne citer qu'eux. On y verra également s'affronter (ou copiner) deux toquées des platines, Ellen Allien et Miss Kittin, et le premier véritable live, en exclusivité interplanétaire, du nouveau roi de Lyon, Agoria… Après Manchester, l'an dernier, la carte blanche 2007 échoit à New-York avec DFA Records (The Juan Maclean entre autres), Little Louie Vega ou le screenplay du musicien-plasticien Christian Marclay, dans un lieu aussi savoureux qu'improbable : la Chapelle de la Trinité. Mais pas de Nuits Sonores sans son plateau rock toujours prompt à rameuter que

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