Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore Vincent Dedienne (à Bourgoin le 7 octobre) et, même s'ils trichent, Yann Stotz et Cécile Giroud (à l'Espace Gerson, les 27 et 28 novembre). Côté poilade en bande organisée, Jocelyn Flipo peaufinera Couic (d'octobre à décembre au Boui Boui) et sa romcom gay-friendly Sans Valentin (même période, mais à la Comédie-Odéon), tandis que Jacques Chambon proposera son mètre-étalon Ta Gueule (en novembre à Gerson), Troubles de l'élection (en décembre au Complexe), et, plus inédit, la comédie footbalistique Carton rouge (jusqu'au 27 septembre, toujours au Complexe).

Drôles d'oiseaux

Rares, donc, seront les énergumènes qui se risqueront à présenter un nouveau spectacle Ce sera toutefois le cas, entre autres, d'Olivier Maille, moitié du désopilant duo Maille & Chanfray, avec Fuis moi... je te suis ! (d'octobre à décembre au Boui Boui), exploration conflictuelle des rapports amoureux dans la lignée de Si je t'attrape je te mort (repris à la Comédie-Odéon sur la même période), et des recordmen de feu On n'demande qu'à en rire Garnier et Sentou (en novembre au Complexe).

Sinon, hormis quelques dates bien ciblées (comme celles de l'ex-avocate Caroline Vigneaux, à l'Odéon le 13 avril, et d'Olivier Sauton pour son étonnant seul-en-scène-avec-Fabrice Lucchini, en novembre à Gerson), c'est comme l'an passé au Smile Comedy Club (un lundi par mois, à l'Odéon) et au festival de l'Espace Gerson que se presseront les nouvelles têtes (du 1er au 4 octobre).

Enfin, signalons au Radiant un bel aréopage de stars qu'on ne présente plus : Muriel Robin (au Radiant le 3 décembre), Alex Lutz (alias Catherine, la seule bonne raison de regarder le Petit Journal, le 14 janvier) et Patrick Timsit (le 12 mars). Faute de grives, on mangera donc des merles. Et un charognard, Pierre-Emmanuel Barré, notre «sale con» préféré, qui racontera des horreurs à la salle Rameau le 21 mars.


Pierre-Emmanuel Barré


Salle Rameau 29 rue de la Martinière Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Alex Ramirès fait sa crise!


Le Boui Boui 7 rue Mourguet Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Carton rouge

De et par Jacques Chambon, 1h30. Comédie footballistique
Le Complexe café-théâtre 7 rue des Capucins Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Luchini est là tout le temps, sans être là, au point qu'il a fallu modifier l'affiche pour ne pas prêter à confusion : "Olivier Sauton dans Fabrice Luchini et moi". Tout est dit. La vedette rohmérienne, après avoir été troublée et séduite par ce one-man-show créé en 2014, fut plus tatillonne sur cette production quand la bise (tempête) fut venue. Et pour cause : Olivier Sauton a vu réapparaître il y a tout juste un an, quand il semblait promis à un Molière du seul-en-scène, des tweets antisémites qu'il reconnaît avoir écrit et qu'il considère sans se forcer comme nauséabonds. Il a, fut un temps, frayé le même chemin que Dieudonné. Temps révolu, dit-il sur scène en regardant son public. Et « le petit con attardé » qu'il évoque à propos de cette époque est finalement le même que celui qu'il met en scène dans ce spectacle et dont on voit l'appétit à se cultiver et à s'élever au-dessus de la bêtise crasse. Tenant solidement en main son spectacle, en grande partie grâce à un talent d'imitation incontestable, il fait apparaître Luchini, croisé au hasard d'une nuit (c'est véridique) qui devient son maître (c'est fictif). L'apprenti v

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Une soirée pour découvrir le parcours de huit personnes réfugiées mais avant tout pleines de projets. Rwandais, syriens, bangladais, français, gabonais, et afghan, ils ont décidé de monter leur association, leur entreprise, de reprendre leurs études... Sur le format d'une conférence TED, ils présenteront leurs parcours atypiques. L'humoriste Karim Duval animera la soirée.

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Tuiles en cascades pour la quinquagénaire Marie-Francine : son mari la quitte pour une jeunesse, elle perd son boulot de chercheuse puis doit retourner vivre chez ses parents (et supporter leurs manies hors d’âge). Une éclaircie tempère ce chaos : sa rencontre avec Miguel, un cuisinier attentionné traversant peu ou prou les mêmes galères qu’elle. Et si le bonheur était à venir ? On avait laissé, pour ne pas dire abandonné, Valérie Lemercier seule face à la Bérézina que constituait 100% Cachemire (2013), film trahissant un essoufflement ultime dans sa mécanique de comédie. Comme une fin de cycle en triste capilotade. Changement de ton et de registre ici, avec ce qui pourrait bien être la plus belle réussite de la cinéaste : sous l’impulsion de sa coscénariste Sabine Haudepin, Valérie Lemercier sort en effet de sa zone de confiance, au-delà de l’aimable charge contre les bourgeois — plus prévisible que corrosive chez elle. Certes, elle s’octroie le (petit) rôle de la jumelle snobinarde de Marie-Francine, clone des emplois qu’elle a mille fois tenus, mais ce d

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Milady en sous-sol Alors qu'Alexandre Astier et Jean-Christophe Hembert viennent d'achever la tournée de l'Exo Conférence, d'autres acteurs de la série Kaamelott investiront le Boui Boui le soir du réveillon avec une pièce délirante. Avec Jacques Chambon (Merlin dans Kaamelott) aux commandes, Milady en sous-sol revisite La Belle au bois dormant. Sauf que cette fois-ci, le prince charmant se fait laminer par le dragon, laissant la princesse, jouée par Chrystel Rochas, seule dans son donjon. Jusqu'à l'arrivée d'Eddie, le prince de la lose, interprété par Aurélien Portehaut (Gauvin dans Kaamelott). S'en suit une myriade de dialogues absurdes entre deux personnages qui n'ont rien à faire ensemble. Portée par deux acteurs talentueux et un texte juste, Milady en sous-sol revisite un conte vieux comme le monde. Jouissif. Au Boui Boui à 17h15 Sois parfaite et t'es toi ! Si le café-théâtre permet avant tout de rire et de passer un bon moment, il est aussi un art qui permet de véhiculer un message. Avec Sois parfaite

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Elle porte toujours un jean, un t-shirt noir un peu ample et des baskets qu’elle « use jusqu’à la semelle ». Elle a une voix qui porte, un débit kalachnikov (mais ultra-limpide) et un charme qui opère très vite. Dès les premières minutes, les spectateurs ont les yeux braqués sur cette petite boule d’énergie de 24 ans qui enchaîne avec dérision des scènes de galères du quotidien. Le ton est vif, les répliques piquantes et l’humour décapant. Thaïs prend des cuites, s’essaie aux sites de rencontre – mais refuse de mettre une photo duckface –, s’extirpe du lit d’un mec (moche) rencontré la veille et dont elle ne se rappelle même plus le prénom, n’aime pas aller chez sa gynéco et a déjà affronté le regard moralisateur de la pharmacienne – et des jeunes mamans en pénurie de lait maternel – à 6 heures du matin lorsqu’elle demande discrètement la pilule du lendemain. Elle alterne avec une facilité déconcertante voix suave (dans le métro face au contrôleur) et criarde (quand elle campe Gisèle, une mère célibataire de sept enfants qui témoigne de son quotidien dans Confessions Intimes). Chaque geste est précis, chaque parole est maîtr

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La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris et la méfiance, et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche” lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes — ce que l’ouvrage dans sa forme théâtrale incite à faire et que l’amorce du film laisse croi

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«Succès ! Prolongations !» qu'ils disent sur les affiches dans le métro parisien. Même discours du côté du Boui Boui, où Aurélien Portehaut et Chrys Tel reprendront dès le 9 janvier Milady en sous-sol, leur relecture au vitriol de La Belle au bois dormant (sur un texte de Jacques Chambon, dont la comédie avec ballon rond Carton rouge reprend au Complexe du Rire le 20), et du côté du Rideau Rouge où, à partir de la même date, Jocelyn Flipo peaufinera encore un peu sa dernière comédie sous-culturelle Le Mariage de mon super pote. Tandis que le second ouvre sa programmation à l'effeuillage burlesque (dès la fin du mois), la cave du premier verra aussi les débuts du nouveau one-man-show phallo-centré de David Pagliaroli (9 janvier encore) et le retour de la boîte à sons humaine Jibé (dès le 23). Le non moins cartoonesque Max Bird sera lui à Gerson du 27 au 30. Nombre de valeurs sûres le suivront : Aymeric Lompret (10 au 13 février), l'énorme Greg Romano (17 au

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Milady au sous-sol Quelle tête en l'air ce Jacques Chambon ! Alors que Cendrillon faisait un matériau de nouvel an tout trouvé, c'est La Belle au bois dormant qu'il choisi de détourner, prolongeant le sommeil de la princesse jusqu'au XXIe siècle. Ça va que le résultat, romance anachronique pleine de pep's et de tendresse (grâce, notamment, à l'interprétation du couple Chrystel Rochas/Aurélien Portehaut, d'une complicité contagieuse), est à la hauteur de ses meilleurs travaux – tous fondés sur un même postulat réconciliateur. En tête le huis clos maritime Plein phare, d'ailleurs visible à la Comédie Odéon à 16h. Au Boui Boui à 17h30

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À l'épreuve du temps

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Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce n'est pas sous l'emprise de la fascination, mais pour se soustraire à son ennuyeuse condition de princesse. Le souci, c'est que le preux chevalier censé la réveiller a vécu heureux et eu beaucoup d'enfants avec une autre – ou succombé aux embûches menant à sa ronflante promise. Du coup, c'est Eddie, un naze de la cambriole, qui va s'y coller 536 ans plus tard. À partir de là, Jacques Chambon, auteur de ce Milady en sous-sol, reprend ses droits – l'auguste et le clown blanc, la dichotomie freudienne, vous connaissez la chanson de geste. Car tout sépare Eddie et Berthe, y compris des siècles d'évolution des mœurs et des droits : elle est cash et pragmatique, lui est hypersensible et philosophe, et Chambon n'aurait pu leur trouver meilleurs interprètes que le couple Chrystel Rochas / Aurélien Portehaut. Non seulement parce que les bouilles polissonnes de la première et le timing de star du muet du second font tout le sel de quiproquos plus ou moins attendus – le cinéma ayant déjà pas mal exploré

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En temps normal, il est presque inconvenant de parler d'une "rentrée" en matière de café-théâtre, les lieux homonymes ne connaissant de pauses que celles qui précèdent les punchlines de leurs invités. Cette saison 2015/2016 n'a cependant rien d'habituel ; pour preuve, elle s'ouvrira, passée la traditionnelle Semaine de l'humour (10€ dans les lieux participants, du 16 au 27 septembre) sur deux festivals. À gauche l'arlésienne Juste pour Lyon, émanation à crinière du célèbre raout canadien Juste pour rire qui, du 28 septembre au 7 octobre, investira en off la plupart des salles de musculation des zygomatiques de la ville. La programmation officielle sera elle délocalisée au casino Le Lyon Vert et verra se succéder les solitaires-en-scène les plus prometteurs du moment : la soundbank humaine Jibé (qui commence à faire son trou chez nos cousins d'Amérique), le chic type survitaminé Vérino (pour une édition spéciale de son inglorious comedy club, en présence notamment du couple star de Bref), la team Jocelyn Flipo (Alex Ramirès, Yann Guillarme, Gérémy Crédeville.

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Pas de trêve de plaisanterie

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Benjamin Mialot | Mardi 7 juillet 2015

Pas de trêve de plaisanterie

Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre empestant la canicule ? Vous avez tout l'été pour vous forger une opinion, à vos risques et périls, surtout si vous le faites à la Comédie-Odéon, où Jocelyn Flipo reprend Couic, un huis clos en trompe-l’œil aussi divertissant qu'anxiogène. Non, en vrai, la plupart des lieux sont équipés d'une climatisation, à l'instar de l'Espace Gerson, qui en fait l'un des principaux arguments en faveur du retour entre ses murs de Victor Rossi, alors que ses grinçantes chroniques de l'absurdité du monde se suffisent à elles-mêmes – et prépareront le terrain pour Camille et Aurel, qui réhabilitent avec une énergie communicative la forme trop délaissée du duo burlesque. Du côté des Tontons Flingueurs aussi, on prend le même et on recommence, à savoir le one-man-show follement chic et intimiste de Jefferey Jordan, tandis qu'on pourra (re)découvrir au Complexe du Rire le faux bellâtre et vrai performer Gérémy Crédeville et la décomplexée Naho. Pour des nouvelles têtes, à moins de vouloir essuyer

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Benjamin Mialot | Mercredi 1 juillet 2015

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L'accès anticipé. C'est un modèle en vogue dans le secteur du jeu vidéo : vous pré-achetez un titre en chantier et contribuez à son amélioration, en espérant qu'il arrivera au terme de son développement et tiendra ses promesses. Le café-théâtre repose sur le même principe ultra-libéral (et, osons le dire, ultra-paresseux) du «ça va se roder avec le temps». Et du temps, il va en falloir dans le cas de Zack & Stan, deux frangins illusionnistes qui, avec l'appui de l'omniprésent Jocelyn Flipo, ont décidé de jouer la carte de l'humour. Car même avec la meilleure volonté du monde (et ces deux-là en ont, c'est certain), on ne s'improvise pas comédien du jour au lendemain. En l'état (i.e. après trois semaines de représentations au Rideau Rouge), le semblant de rivalité qui sert de fil conducteur à leurs tours paraît de fait bien superflu, dans son écriture comme dans son interprétation – et souffre de la comparaison avec les recherches plastiques de la compagnie 32 Novembre ou les préoccupations narratives de François Martine

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Benjamin Mialot | Mardi 10 mars 2015

C'est du propre

Ça commence comme Couic, la précédente pièce de Jocelyn Flipo. Dans une cave. Celle de Jean-Jacques Serzac, écrivain hypocondriaque qui, comme dans la chanson de Marcel & son orchestre, se retrouve le mental en vrac au premier petit couac. Un mal de tête ? Sans doute une rupture d'anévrisme. Un point de côté ? C'est une tumeur qui lui comprime le poumon. Une poussée de stress ? La crise cardiaque n'est pas loin. Pour ne pas courir de risques infectieux supplémentaires, il a choisi de vivre reclus, dans une panic room crasseuse et totalement déconnectée du monde où il tente tant bien que mal d'entretenir sa légende. Car Jean-Jacques (Yann Guillarme, dans un des numéros moliéresques dont il a le secret) est l'auteur des aventures de Tom Morgan, qui sont à la littérature érotique ce que sont, de l'autre côté du quatrième mur, celles d'Harry Potter au roman pour ado. Seulement Jean-Jacques a de l'arthrite, il lui faut un nègre. Ce sera Léo, un jeune éphèbe qui connaît par cœur la saga (Léo Tasserit, comme échappé d'une aventure super-héroïque en milieu lycéen, mettons le trop méconnu Kaboom de Jeph Loeb et Jeff Matsuda).

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De Jacques Chambon, on connaît surtout son talent pour renouveler les figures de l'auguste et du clown blanc dans des comédies de mœurs – au sens où elles disent en creux quelque chose des déséquilibres sociaux de l'époque – à la mécanique plus huilée que le corps d'un adepte du massage Nuru. Sa prochaine création (le 6 février au Karavan, puis les 27 et 28 à la MJC Monplaisir), mise en scène par Patricia Thévenet, sera l'occasion de le découvrir sous un jour plus grave – ou de le redécouvrir, pour qui s'était laissé imprégné par la mélancolie de Plein phare. Inspirée par les pires scissions communautaires du XXe siècle (mur de Berlin, guerres de Yougoslavie, barre de séparation israélienne...), Les Sentinelles se veut en effet «une tragédie burlesque sur l'incapacité des hommes à se reconnaître d

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L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

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Fabien Olicard L'humour, comme le rap hardcore, est une question de contexte – à votre prochain rendez-vous galant, claquez un petit «J'vais me tatouer LOVE sur les phalanges pour te frapper avec amour», vous verrez. Dans celui d'un réveillon, nous n'avons aucun doute sur l'efficacité du spectacle de ce one-man-mentalist, quand bien même nous l'avions un peu égratigné fin octobre, désappointé que nous étions qu'il mette le supercalculateur qui lui sert de cerveau au service d'un "simple" exercice de manipulation, aussi bluffant et écrit soit-il. Oui, il nous arrive de pratiquer le coït anal avec des mouches. A la salle Rameau à 19h30   Trash Puisqu'on parle de coït, saluons la reprise pour un soir de ce qui reste à ce jour la pièce la plus couillue de Jocelyn Flipo. Dans tous les sens du terme, puisque cette romcom musicale au casting en forme de who's who du rire à crinièr

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Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même clinique psychiatrique. Débute alors un huis clos verbal dont les deux protagonistes ne sortiront pas intacts. Tel est le pitch de Ta gueule !, pièce écrite, mise en scène et à moitié interprétée par Jacques Chambon en 2009 et reprise du 5 au 15 novembre à L'Espace Gerson. Une comédie des contraires comme lui seul sait en trousser, et qui a ceci de particulier qu'elle est sa plus aboutie, alors même qu'elle est totalement exempte des sous-textes mélancoliques et sociaux qui font par ailleurs la particularité de son écriture – et l'intérêt de Plein phare, son plus bel accomplissement en tant qu'auteur. Sans doute, justement, parce qu'

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Souriez, c'est l'été

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Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des papes, les pauvres drilles du café-théâtre, eux, assurent le service minimum. Le service strict minimum, même, la quasi-totalité des humoristes de France et de Navarre étant eux-mêmes bien occupés à brader leur amour-propre aux abords dudit Palais. Ce n'est pas le cas de Jefferey Jordan, qui passera toute la saison à affiner son déjà très solide one-man-show à triple malus – il est auvergnat, gay et violoniste – à l'Espace Gerson (jusqu'au 26 juillet) puis aux Tontons Flingueurs (du 13 au 31 août), ni celui de Mathieu Cohin qui, en attendant le retour du sémillant Alex Ramirès (à partir du 2 septembre) et que les corrosifs Antoine Demor et Victor Rossi récidivent au Repaire (du 1er au 29 août pour l'un, du 2 au 30 pour l'autre), présente au Boui-Boui (jusqu'au 26 juillet) un mignonnet seul-en-scène-avec-une-guitare-et-un-accordéon. Côté boulevard, deux auteurs feront tourner la boutique. D'un côté l'expert en disputes Pier

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Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec une ribaude ? Hypothéqué le château pour couvrir les frais médicaux de son beau-papa de suzerain ? Donné une leçon au gang de fils de palefreniers qui rackettait son petit dernier ? Le café-théâtreux à tout faire Jacques Chambon (Le Phare, Troubles de l'élection, Fin de race...) a sans doute les réponses à ces questions.

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Benjamin Mialot | Mardi 8 avril 2014

A couteaux tirés

L'an passé, dans les recoins les plus interlopes du programme de Quais du Polar, figurait une pièce écrite et mise en scène par Christophe Chabert, notre irréductible critique cinéma – nous ne vous en avions jusqu'à présent dit mot par pur zèle déontologique. Intitulée Effraction, elle racontait sous la forme d'un huis clos aussi tendu que grinçant le cas de conscience de deux hommes de main découvrant au cours d'une banale collecte de dette une jeune femme prisonnière d'une cage, déblayant au passage un chemin de traverse théâtral assez inédit.   Cette saison, à la même période mais sans le soutien du fameux festival (dommage), c'est au tour du prolifique Jocelyn Flipo (promis, après, on ne vous parle plus de lui jusqu'à l'été) de s'aventurer dans ces eaux troubles sur lesquelles planent l'ombre de Bertrand Blier – en particulier celui de Buffet froid – avecCouic. Un registre où on l'attendait encore moins que celui, bariolé et hyper-sexué, qu'il explore dansTrash, mais où ses dialogues au cordeau et sa mise en scène cinégénique font à nouveau mouche. Tueur niais

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Le rêveur Duval

SCENES | «Ma mère est chinoise, mon père est japonais. Et moi je suis mal foutu». Le spectacle de Karim Duval démarre peu ou prou sur le même ton que cette blague (...)

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Le rêveur Duval

«Ma mère est chinoise, mon père est japonais. Et moi je suis mal foutu». Le spectacle de Karim Duval démarre peu ou prou sur le même ton que cette blague d’écolier. Encore un de ces stand-uppers communautaires tels que le Jamel Comedy Club en usine à la douzaine chaque semaine ? C'est ce que l'on se demande pendant cinq minutes. Pas plus. Le temps de se rendre compte que chez cet ex-ingénieur à l'arbre généalogique plus ramifié qu'un Dragonnier de Socotra la question des origines, bien qu'abordée dans le respect de la plupart des canons du genre - imitation d'accents, répertoriage de particularismes, sous-texte réconciliateur - ne se résout pas via un humour de repli (mal) camouflé en autocritique, mais avec un sens du récit, une rigueur d'écriture et un souci d'équilibre entre spontanéité et mordant tels qu'ils paraissent inscrits dans son ADN.  La guitare qui le démange Ils le sont peut-être en partie. Car Karim Duval est né au Maroc d'une mère sino-tahitienne et d'un père franco-berbère. Une publicité Benetton à lui tout seul, comme il l'affirme en préambule de Melting Pot', le one-man-show en question. Là

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Trash ? Yeah yeah !

SCENES | Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn (...)

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Trash ? Yeah yeah !

Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn Flipo a son comédien fétiche. En l'occurrence Alex Ramirès, pour lequel il a imaginé, après le rêveur avenant de Dans ta bulle et le minet qui se découvre un don pour la peinture de Loving Out, un troisième rôle à la mesure de son élasticité et de son hypersensibilité : celui d'un pornographe amateur bien décidé à faire vaciller l'empire d'un magnat du cinéma pour adultes, personnage que le Serial lover devenu «grand garçon» interprète avec un aplomb écrasant. Ce qui, compte tenu du prestige et de l'harmonie du reste du casting, d'un Yann Guillarme irrésistible de bagou en producteur passif-agressif obnubilé par la rentabilité de ses films – au point d'ignorer le manque d'affection que cachent les provocations de sa fille, interprétée par la prometteuse Delphine Leputh – à une Ségolène Stock confondante de vraisemblance en hardeuse en bout de course, n'est pas peu dire. Il n'y a pas de rapport sexuel Ce n'est toutefois pas l'amour que Flipo porte à ses comédiens qui est au cœur de

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Un soupçon de magie

SCENES | La magie, comme l’ostéopathie, est affaire de doigté. François Martinez menait une vie confortable grâce à la seconde, il a tout plaqué pour assouvir sa passion (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 mars 2014

Un soupçon de magie

La magie, comme l’ostéopathie, est affaire de doigté. François Martinez menait une vie confortable grâce à la seconde, il a tout plaqué pour assouvir sa passion de la première, non sans se faire rétamer par sa femme sur le terrain de l'escamotage – tandis qu'il s’entraînait à faire disparaître des foulards, elle s'évanouissait avec son fils. C'est en tout cas ce qu'il raconte sous la plume de l'ubiquiste Jocelyn Flipo dans Copperfield, Harry Potter et Moi, one-man-show vaguement autobiographique où les tours de passe-passe sont autant linguistiques que manuels. Comme chez Éric Antoine ? Plus ou moins, mais sans la coupe "nid de chenilles processionnaires" caractéristique du géant du Val d'Oise. Et sans son assurance. Martinez est en effet encore jeune dans le métier, et cela se sent : bien qu'assez inédit dans le genre (certains appellent ça "l'humorillusionisme" et Maître Capello en fait des triple lutz dans son cercueil) de par sa construction narrative et techniquement bluffant – ingestion de lames de rasoir, mentalisme, recollage d'un canard déchiré, il sait à peu près tout faire –, son spectacle manque pour l'heure de punch, d'équilibre et de naturel, mais

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Tous aux abris !

SCENES | Le mois passé, au Boui-Boui, le sémillant Alex Ramirès présentait Alex Ramirès est un grand garçon, one-man-show dans lequel il conjure les angoisses inhérentes au (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 9 janvier 2014

Tous aux abris !

Le mois passé, au Boui-Boui, le sémillant Alex Ramirès présentait Alex Ramirès est un grand garçon, one-man-show dans lequel il conjure les angoisses inhérentes au passage à l'âge adulte avec un peu de mauvaise foi, pas mal d'excentricité et beaucoup de tendresse. Jusqu'à la mi-février, au même endroit, Yann Guillarme présente On n'est pas à l'abri d'un succès, one-man-show dans lequel l'ex-Loose Brother (c'est désormais Jonathan Chiche qui donne la réplique à Aurélien Portehaut) et animateur du Smile Comedy Club conjure les angoisses inhérentes à la paternité avec un peu de tendresse (échographie à l'appui), pas mal de mauvaise foi et beaucoup d'excentricité. Coïncidence ? Non, mon capitaine. Parce que la vie est ainsi faite que chaque gain de maturité s'accompagne d'une perte de moral, bien sûr, mais surtout parce que Guillarme et Ramirès ont un temps partagé les mêmes scènes, le premier ouvrant pour le second. D'où émulation. 

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Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Duo au sommet

SCENES | Elle, c'est Cécile Giroud. Lui, c'est Yann Stotz. Elle est Lyonnaise, lui est né à Metz. Elle a les poumons d'une chanteuse lyrique et des allures de (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 19 décembre 2013

Duo au sommet

Elle, c'est Cécile Giroud. Lui, c'est Yann Stotz. Elle est Lyonnaise, lui est né à Metz. Elle a les poumons d'une chanteuse lyrique et des allures de nymphomane, lui un timbre de crooner et une attitude de mythomane. Elle joue très bien du piano, lui sait mimer avec beaucoup de doigté un mec jouant très bien du piano. Figure de l'improvisation (elle a longtemps dirigé la LILY), elle a fait ses débuts au sein du trio qui a sorti l'humour au féminin de son ornière nunuche, Les Taupes Models (avec Florence Foresti et Céline Iannucci), avant de s'émanciper dans Ça y est je suis grande !, un one-woman-show aussi espiègle que caustique. Lui s'est fait un nom dans l'ombre d'amuseurs télévisuels (Patrick Sébastien, Cyril Hanouna) et s'est affirmé avec son spectacle Something Stupid comme un digne ambassadeur de l'humour à l'anglo-saxonne (i.e. lunaire et néanmoins vachard).  Ensemble ils c

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Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

SCENES | La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 12 décembre 2013

Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie douce-amère du Kids de MGMT, et au son desquelles il salue le public au terme de son nouveau one-man-show, Alex Ramirès est un grand garçon. Un lucide et décoiffant autoportrait du comédien en "fuyard en avant" dont la genèse remonte justement à l'enfance. Nous sommes en 1998 à Roussillon, en Isère. Alex n'a que 9 ans, mais assez d'énergie et de volubilité pour que sa mère juge opportun de l'inscrire au cours d'improvisation théâtrale du centre social du coin. Il va y faire sa première rencontre déterminante : celle du conteur Olivier Ponsot, avec lequel il va apprendre à matérialiser une histoire en deux temps trois mouvements. Au sens propre, l'endroit disposant pour seul matériel de deux paravents, qui font office de coulisses. Galvanisé à l'idée de pouvoir être, au gré de ce qui le traverse le jour, qui il veut le soir à l'instar, d'une certaine façon, des super-héros masqués dont il goûte alors les exploits, il suivra cet atelier toute une décennie. Dix ans pendants lesquels ce tchatcheur né, qui con

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Minuit, l'heure du rire

SCENES | Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce (...)

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Minuit, l'heure du rire

Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce sont pas moins de seize spectacles qui s’enchaîneront du milieu d'après-midi aux derniers coups de minuit. Dans le lot, pas mal de comédies un peu lourdingues, de celles qu'on promeut au Festival d'Avignon au volant d'une rosalie, mais aussi de belles occasions de (re)découvrir certains de nos coups de cœur. A la Comédie-Odéon par exemple, si vous n'avez toujours pas cédé à notre prosélytisme pro-Jocelyn Flippo, vous aurez la chance de le faire face à ce qui est pour l'instant son chef-d’œuvre, la désarmante romcom sur fond de crise d'identité sexuelle Loving Out. Le Rideau Rouge, lui, se lèvera notamment sur Les Loose Brothers, énergique et doux-amer "two-men-show" dans lequel Aurélien Portehaut et Yann Guillarme composent un savoureux duo d'artistes ratés jouant le tout pour le tout. Yann Guillarme qui

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Portier de nuit

SCENES | «La comédie des contraires, c'est du pur Jacques Chambon, et ça marche à tous les coups». Ainsi débutaient, dans notre agenda, les quelques lignes (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 29 novembre 2013

Portier de nuit

«La comédie des contraires, c'est du pur Jacques Chambon, et ça marche à tous les coups». Ainsi débutaient, dans notre agenda, les quelques lignes recommandant Plein phare. Ainsi pourraient débuter tous les papiers consacrés à une pièce basée sur un texte du stakhanoviste Jacques Chambon. Surtout quand il en assure lui-même la mise en scène et/ou l'interprétation, comme c'est le cas avec Troubles de l'élection, programmé à La Maison de Guignol jusqu'au 28 décembre. Soit la rencontre de Bertrand Ballandard (Chambon, qui use et abuse de son irrésistible air hébété), favori à l'élection présidentielle tout juste rescapé d'un attentat, et de Francis (Laurent Lacroix), réceptionniste d'un hôtel limousin miteux. 

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Baroque & Plus si affinités

MUSIQUES | Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 13 novembre 2013

Baroque & Plus si affinités

Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux les biscuits Bahlsen ? Eh bien Franck-Emmanuel Conte est un peu le Monsieur Plus du baroque : avec Le Concert de l'Hostel Dieu, l'ensemble qu'il a fondé voilà deux décennies, il n'a de cesse de le sortir de sa zone de confort, soit en se penchant sur des répertoires méconnus, soit en le confrontant à d'autres disciplines – on ne lui souhaite toutefois pas de finir, comme le croqueur de tuiles, noyé dans la Seine dans l'indifférence générale. Une démarche qu'il pousse un cran plus loin cette saison avec la création de Baroque & Plus, un festival tout entier dédié au dépoussiérage de cette musique ornementale et contrastée.  Au programme de sa première édition : du théâtre avec l'immense Jacque

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Une classe folle

SCENES | Samedi 28 septembre, sur la scène de la salle Rameau, en clôture du festival de l'Espace Gerson et du tremplin qui en a constitué le fil rouge, furent décernés (...)

Benjamin Mialot | Lundi 28 octobre 2013

Une classe folle

Samedi 28 septembre, sur la scène de la salle Rameau, en clôture du festival de l'Espace Gerson et du tremplin qui en a constitué le fil rouge, furent décernés trois prix. Un prix du public, un prix des professionnels, et un prix de la presse. Le premier est allé à Daniel Camus, grand gaillard qui compense un criant manque d'inspiration par une générosité scénique de tous les instants. Le deuxième aussi. Quant à celui de la presse, il a été attribué, à notre sens (et pour cause : Le Petit Bulletin a eu son mot à dire), à un comique beaucoup plus prometteur : Jefferey Jordan. Aucun rapport avec le fils d'un célèbre basketteur si ce n'est que, comme lui, ce jeune Lyonnais ne manque pas d'air. Il ne manque pas non plus d'esprit, d'affabilité et d'ambition, entre autres qualités sur lesquelles rassure Jefferey Jordan s'affole !, le spectacle qu'il présente en ce moment aux Tontons Flingueurs.   Plus d'une corde à son archet Rassure ? Oui, rassure. Nous n''avions en effet q

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L'île aux grands enfants

SCENES | Avec deux reprises et une nouvelle création (Smart Faune, que nous vous recommandons à l'aveuglette) au Complexe du Rire et une résidence au Karavan (pour (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 13 septembre 2013

L'île aux grands enfants

Avec deux reprises et une nouvelle création (Smart Faune, que nous vous recommandons à l'aveuglette) au Complexe du Rire et une résidence au Karavan (pour une comédie footballistique intitulée Carton rouge), le prolifique Jacques Chambon est l'un des hommes forts de la rentrée café-théâtrale. Nous vous le sous-entendions la semaine passée, nous vous le confirmons maintenant que nous l'avons vu à l’œuvre dans Fin de race, délirant huis clos post-apocalyptique que Gilles Graveleau met en scène et co-interprète avec lui à Gerson jusqu'à la fin du mois. Car Chambon y est, avec sa voix de doubleur de séries d'animation japonaises et son physique de gamin tombé dans une fontaine de sénescence, tout simplement désopilant en last man on Earth amnésique et régressif prêt à tout pour se taper avant le mythomane qui lui sert de compagnon d'infortune (Graveleau, impeccable mais plus timoré) une belle blonde chargée de perpétuer la race humaine (Alexandra Bialy, qui aurait pour le coup mérité un rôle un peu moins bateau). Sa performance n'empêche pas Fin de race d'être perfectible e

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Le café-théâtre veille au grain

SCENES | L'an passé, à cette période, le milieu du café-théâtre était en passe d'être bousculé par l'ouverture de la Comédie-Odéon. Cette rentrée, plus calme, est l'occasion d'en (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 8 septembre 2013

Le café-théâtre veille au grain

L'an passé, à cette période, le milieu du café-théâtre était en passe d'être bousculé par l'ouverture de la Comédie-Odéon. Cette rentrée, plus calme, est l'occasion d'en tirer un premier bilan. Il fait d'état d'une seule victime : le Complexe du Rire qui, à une poignée de lointaines reprises près (comme le solo sportif de Yoann Metay, du 19 mars au 5 avril), ne propose quasiment plus que de l'impro et des comédies mineures dont on doute que la Semaine de l'humour (du 5 au 20 octobre), ce dispositif visant, un peu comme Balises, à promouvoir et éclaircir les nombreuses programmations du secteur, suffira à nous les rendre amusantes. D'autant que l'Espace Gerson s'en est désolidarisé pour mieux «faire son festival» (du 26 au 28 septembre à la salle Rameau, où se produiront d'ailleurs le toujours frondeur Christophe Alevêque le 10 octobre et la pétillante Bérengère Krief le 21 décembre). On en reparlera le moment venu, pas seulement parce

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Le point G.

SCENES | Gérémy Credeville a tout pour lui : un visage de jeune premier du twist, genre Johnny Hallyday avant sa période cuir et bandana, une chevelure de (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 29 août 2013

Le point G.

Gérémy Credeville a tout pour lui : un visage de jeune premier du twist, genre Johnny Hallyday avant sa période cuir et bandana, une chevelure de mannequin Vivelle Dop, un indice de masse grasse d'ailier du Top 14 et une croyance en ses qualités physiques quasi-pathologique. Mais cela ne l'empêche pas d'être un loser patenté. En tout cas dans G., parfait et modeste, son premier one-man-show, qu'il présente jusqu'à la fin du mois au Boui-Boui après une prestation de semonce à l'Espace Gerson la saison passée. Car lorsqu'il cesse de tourner en dérision ses mésaventures intimes et professionnelles et repasse de l'autre côté du quatrième mur, ce jeune Lillois qui, il y a à peine deux ans de cela, gagnait (bien) s

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Molière Comedy Club

SCENES | Pour Molière, la comédie n’est pas un vain mot ou un sous-genre, telle qu'on la considère dans les années 1660 quand il crée L’Avare (1668). Le dramaturge s’y (...)

Nadja Pobel | Dimanche 21 avril 2013

Molière Comedy Club

Pour Molière, la comédie n’est pas un vain mot ou un sous-genre, telle qu'on la considère dans les années 1660 quand il crée L’Avare (1668). Le dramaturge s’y essaie à la prose quand l’alexandrin et la versification sont plébiscités par le public. Comme comédien, il aime s’enfariner le visage et faire des grimaces. C’est dire si avec cette pièce qui dénonce le pouvoir de l’argent et met au jour la puissance ravageuse du mensonge (toute ressemblance avec des faits ayant existé n’est que pure coïncidence), il s'autorise toutes les extravagances. La troupe de l’Acting Studio, plus habituée au café-théâtre (Mathieu Coniglio vu dans Loving Out, Aurélien Portehaut et son complice Yann Guillarme dans les Loose Brothers) qu’aux grands classiques du théâtre, trouve là une formidable matière à jouer. Porhehaut (remplacé cette semaine par Jo Goundoul) peut s'amuser à l’envi du handicap de son personnage de valet tandis que Guillarme, dans le rôle titre, laisse e

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Une chanson pour ma mère

ECRANS | Survivant d'une époque plus lointaine mais qui ne fait pas plus rêver que celle de l'affreux Stars 80, Dave avait su résister jusqu'ici à la réhabilitation par (...)

Jerôme Dittmar | Jeudi 21 mars 2013

Une chanson pour ma mère

Survivant d'une époque plus lointaine mais qui ne fait pas plus rêver que celle de l'affreux Stars 80, Dave avait su résister jusqu'ici à la réhabilitation par voie cinématographique ; sa présence sur les canaux télé et son aura plus mineure justifiant sans doute l'absence de nécessité. Son nom au générique d'Une chanson pour ma mère, comédie à l'anglaise réunissant une famille de bras cassés kidnappant le fameux chanteur pour faire plaisir à leur maman malade et en sursis, avait de quoi faire peur. Si le film ne fait pas de miracles, s'évertuant à enchaîner des situations un peu trop improbables et pataudes aux moyens de personnages commodément stupides, Dave se révèle de loin le meilleur acteur du casting et une vraie surprise. Sans trop sombrer dans la complaisance kitsch, Joël Franka observe avec une réelle tendresse un Dave attachant qui, transformé malgré lui en levier d'une grande réconciliation familiale, devient un joli héros ordinaire. Jérôme Dittmar

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Et les sentiments bordel ?

SCENES | Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Et les sentiments bordel ?

Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les contours, quitte à voir des courants, des mouvements et des scènes là où ne poussent que les fruits du hasard. Nous ne sommes pas exempt de ce défaut. Aussi, en découvrant Jocelyn Flipo et son romantisme, assez inédit dans le milieu très unidimensionnel de l'humour, nous sommes-nous empressés de nous demander s'il était le seul à faire vibrer d'un même élan fibres comiques et cordes sensibles. Mais plutôt que de lui prêter des affinités conjecturales, nous lui avons directement posé la question : «Je n'appartiens pas à une confrérie d'auteurs, mais j'ai effectivement l'impression que les gens travaillent de plus en plus à transmettre des émotions aux spectateurs, qui eux-mêmes sont de plus en plus demandeurs. On est en période de crise, on est forcément plus réceptif à tout ce qui met en avant l'humanité des gens. On a besoin de sentir que l'autre est meilleur que ce l'on croit». Sur Lyon, deux noms lui semblent valider cette théorie : celui de Jacques Chambon, le Merlin de Kaamelott, pour Plein phare

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Ça bulle pour lui

SCENES | «Je suis quelqu'un qui travaille dans l'ombre. J'aime faire briller les autres». Ce sont, à quelques balbutiements près, les premiers mots qu'a prononcés (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Ça bulle pour lui

«Je suis quelqu'un qui travaille dans l'ombre. J'aime faire briller les autres». Ce sont, à quelques balbutiements près, les premiers mots qu'a prononcés Jocelyn Flipo lorsque nous lui avons fait part de notre volonté de lui consacrer la Une de ce numéro. Des mots d'excuse à peine déguisés, ceux d'un homme gêné à l'idée de tirer à lui une couverture dont ces «autres» lui paraissent plus dignes. Cet embarras ne l'a cependant pas empêché de se démener pour nous fournir un portrait photo digne d'une publicité Lacoste – ce doit être la première fois qu'un artiste organise un shooting rien que pour nous. L'anecdote peut sembler anodine. Elle en dit pourtant long sur la personnalité de ce jeune auteur et metteur en scène lyonnais, dont le travail injecte de la nuance au communément très criard milieu du café-théâtre. Un pro de l'impro La carrière de Jocelyn Flipo débute il y a cinq ans lorsque, en parallèle d'une vie salariale le voyant assumer successivement des postes d'éducateur sportif, de conseiller juridique et de responsable RH, il chope le virus de l'improvisation après s'être amusé de la prestation d'un ami : «Ce qui est génial

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Loving Out is all you need

SCENES | Le fleurissement d'affiches promouvant la prochaine date lyonnaise des Lascars Gays nous le rappelle depuis quelques jours encore plus sûrement que (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 13 janvier 2013

Loving Out is all you need

Le fleurissement d'affiches promouvant la prochaine date lyonnaise des Lascars Gays nous le rappelle depuis quelques jours encore plus sûrement que les happenings des manifestants contre le mariage pour tous : lorsque l'homosexualité s'invite dans une mise en scène à vocation humoristique, elle le fait presque systématiquement avec balourdise et/ou paresse. Loving Out, la dernière création de Jocelyn Flipo et son complice Léon Vitale, qui avec Dans ta bulle nous avaient fait prendre conscience que le café-théâtre pouvait remuer les tripes autant que le diaphragme, est une très heureuse exception à cette règle. Principalement parce que l'homosexualité n'y est qu'un thème secondaire. Le vrai sujet de la pièce, c'est l'amour, en l'occurrence celui que se découvre Romain, galeriste hétéro dans la trentaine, tardivement dépucelé et depuis célibataire, pour Léo, adonis d'à peine vingt ans qui n'aime rien tant que faire la bringue en toge avec ses colocs. Un synopsis qui ne paye pas de mine dont les metteurs en scène tirent, par le truchement d'astucieux emprunts au cinéma, juste ce qu'il faut

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Les pitres et jeunes acteurs

SCENES | Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 janvier 2013

Les pitres et jeunes acteurs

Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, celui qui débute ces jours fait la part belle aux concepts inédits et aux futurs grands. Au Comédie-Odéon par exemple, deux rendez-vous réguliers peuvent valoir le détour. D'un côté La Revue de presse, sorte de Petit rapporteur

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Un drôle de réveillon

SCENES | On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions (...)

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

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Monde perdu

SCENES | Pétri de films de science-fiction, Aurélien Portehaut (ici auteur, metteur en scène et acteur) a souhaité transporter cet univers sur scène : un homme dépressif (...)

Nadja Pobel | Lundi 29 octobre 2012

Monde perdu

Pétri de films de science-fiction, Aurélien Portehaut (ici auteur, metteur en scène et acteur) a souhaité transporter cet univers sur scène : un homme dépressif tente de se suicider les mains dans un grille-pain quand il est dérangé par sa sœur totalement cinglée, puis par un extra-terrestre échoué par hasard dans son jardin. Avec ce sujet on ne peut plus casse-gueule, Portehaut s’en sort a priori pas mal, préférant à un costume vert ridicule caricaturant un alien la nudité intégrale parcourant la scène en long et en large, ne s’habillant que d’un tablier de cuisine traînant par là. Excellent acteur, se distribuant les meilleures répliques (ah, l’exercice de prononciation du puzzle !), il abandonne assez rapidement ses partenaires, à commencer par Marie-Laure Rongier portant le fardeau de la sœur illuminée, ouvertement qualifiée d’imbécile et qui, de surcroît, braille sans interruption. Quant à Yann Guillarme, qui a récemment tenu l’affiche des Loose Brothers en duo précisément avec Portehaut, il incarne un personnage qui repose entièrement sur l’entente (parfaite au plateau) avec son complice. Mais son rôle manque de corps, faute d’un récit qui

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Stars 80

ECRANS | Si tant est qu’on aime le cinéma et la musique, il n’y a aucun espoir au moment où l’on franchit les portes de Stars 80 : ce sera affreux, il ne peut (...)

Christophe Chabert | Lundi 22 octobre 2012

Stars 80

Si tant est qu’on aime le cinéma et la musique, il n’y a aucun espoir au moment où l’on franchit les portes de Stars 80 : ce sera affreux, il ne peut pas en être autrement. Imaginer Thomas Langmann aux commandes d’une fiction retraçant l’histoire vraie de deux producteurs qui décident de monter un show avec les vedettes du Top 50 dans les années 80 (quelques noms, juste pour mesurer l’enfer : Début de soirée, Jeanne Mas, Sabrina, Émile et images…), c’est déjà une sorte de cauchemar. Et pourtant, à la vision du film, quelque chose d’étrange se produit : Stars 80 n’est pas bon, nos yeux piquent et nos oreilles saignent à de nombreuses reprises durant ses 110 minutes, mais on se dit qu’on passe toujours à deux doigts d’une improbable réussite. Il suffit pour cela de se rappeler qu’il y a deux mois sortait Magic Mike ; sur le papier, l’idée est proche : raconter le passé de strip-teaseur de Channing Tatum, et dresser la chronique d’un groupe humain soudé par un métier alimentaire qu’ils exercent pourtant avec professionnalisme et dignité. Scéna

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La vie est bulle

SCENES | Il y a longtemps, en Amérique, un romancier nommé Raymond Carver racontait, sous forme de nouvelles, des histoires a priori anecdotiques mais qui, mises (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 2 février 2012

La vie est bulle

Il y a longtemps, en Amérique, un romancier nommé Raymond Carver racontait, sous forme de nouvelles, des histoires a priori anecdotiques mais qui, mises bout à bout, parlaient de leur époque, des gens qui en formaient l’ordinaire, et savait les rendre extraordinaires et universelles. Aujourd’hui, en France, Domas, un dessinateur marseillais croque à son tour les anecdotes d’une vie et nous parle, sans identification forcée ou sociologie encombrante, de nous. Il s’est forgé un alter-ego, Max. Il vit en colocation avec Pierrot, lunaire et largué, ne pense qu’à faire le premier pas vers les autres et rêve de tomber amoureux. Domas découpe sa vie en planches, équivalents dessinés de la nouvelle, et les transforme en comédie humaine vibrante d’émotions où les petits riens se font grandes questions. De la planche aux planches Prolonger sur scène un tel matériau était ambitieux, surtout quand on a jusque-là fait ses armes dans le one-man-show comique et l’improvisation. Jocelyn Flipo, qui s’affirme ici comme un metteur en scène important, a donc bousculé les lignes, dans tous les sens du terme. D’abord en donnant à Max une incarnation fidèle : c’est

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Le Blues du businessman

SCENES | Prémisse A : soit un énergumène généralement à l’ouest de son époque, gentiment benêt et donc profondément attachant. Exemple : un gardien de nuit qui occupe ses (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 6 janvier 2012

Le Blues du businessman

Prémisse A : soit un énergumène généralement à l’ouest de son époque, gentiment benêt et donc profondément attachant. Exemple : un gardien de nuit qui occupe ses heures de travail à répéter un show musical où il (ré)incarne Elvis Presley. Prémisse B : soit un spécimen typiquement contemporain et du coup représentatif d’un siècle matérialiste, individualiste et gouverné par l’avoir et le pognon. Exemple : un cadre stressé marié à une femme dépensière et récemment viré par un supérieur encore plus beauf que lui. Axiome A : réunissez-les dans un lieu d’où ils ne peuvent sortir ni l’un, ni l’autre — au besoin, inventer tous les prétextes possibles pour les retenir à l’intérieur. Axiome B : débrouillez-vous pour qu’ils se mettent sur la gueule avec un maximum de dialogues percutants et de vannes grinçantes. Axiome C : révélez que l’idiot n’est pas forcément celui que l’on croit, que le bon sens n’est pas obligatoirement du côté de l’idéologie dominante, et que répéter quelques vérités essentielles (on n’a qu’une vie, autant ne pas la dépenser en essayant de la gagner) n’a jamais fait de mal à personne. En gros, vous obtenez une bonne comédie de Jacques Chambon, et c’est ce qu’est

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L’humour sur son 31

SCENES | Près de quarante spectacles programmés, une cinquantaine de représentations au total : le 31 décembre à Lyon, c’est la fête de l’humour. Il est vrai qu’en matière (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 8 décembre 2011

L’humour sur son 31

Près de quarante spectacles programmés, une cinquantaine de représentations au total : le 31 décembre à Lyon, c’est la fête de l’humour. Il est vrai qu’en matière de théâtre, on n’a pas encore trouvé un programmateur suffisamment suicidaire pour proposer au public un Shakespeare de 3 heures ou un Sarah Kane par Claude Régy. Donc place à la comédie, même si heureusement, les spectacles à l’affiche ne font pas que dans le gros comique qui tâche (le vin rouge s’en chargera bien assez ce soir-là) et la rigolade façon otarie bourrée (le champagne s’occupera pour sa part de cette mission peu périlleuse). C’est plutôt un best of de la saison qui envahit les salles, ce qui permet aussi de constater que celle-ci a été riche et variée, avec des découvertes et des confirmations, des one man shows originaux et des pièces de qualité. Best of 2011 Honneur à notre découverte maison : le trublion Alex Ramirès et son one dans l’univers des séries (aux Tontons flingueurs à 18h). Comédien à l’élasticité proche d’un Jim Carrey évoluant dans un monde fait de références geeks habilement digérées, Ramirès fait partie des jeunes acteurs lyonnais sur lesquels il faut désormais compter.

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Série Sexy à Suivre

SCENES | L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 25 novembre 2011

Série Sexy à Suivre

L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible incendie. C’est son frère aîné, plutôt coincé, et sa femme, plutôt pincée, qui doivent reprendre le lieu après travaux, tout en essayant de calmer les ardeurs pubères de leur grand ado. Pour cela, ils décident de l’envoyer dans le lycée catho de l’autre côté de la rue, tenu par un directeur rigide et manifestement névrosé. Ledit directeur refuse par ailleurs d’accorder une augmentation à une de ses enseignantes, ce qui conduit la pauvre à aller postuler comme strip-teaseuse dans le fameux sex-shop, où un geek survolté et impuissant fabrique en douce une machine énigmatique… Ce ne sont que quelques fils de S, la nouvelle série semi improvisée de La Scène Déménage, qui s’installe le premier mardi de chaque mois en bas du Complexe du rire. Manifestement inspiré par Six feet under, Jocelyn Flipo trouve ici un nouveau terrain de jeu après une saison de Plasma et trois saisons de Désordre(s), à travers lesquelles il avait forgé ce concept novateur. Chaque comédien incarne un personnage unique dont il conna

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La revanche des losers

SCENES | Ils arrivent sur scène avec des marionnettes qu’ils manipulent comme des manches, un son et lumière pourri et un look grotesque de saltimbanques du siècle (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 18 novembre 2011

La revanche des losers

Ils arrivent sur scène avec des marionnettes qu’ils manipulent comme des manches, un son et lumière pourri et un look grotesque de saltimbanques du siècle dernier, pantalon rouge flashy et petite moustache trop bien taillée. Ils s’appellent Pipo et Molo. Dans le jargon populaire des artistes, deux noms synonymes de bras cassés, d’escrocs, de ratés. C’est d’ailleurs ce qu’ils sont : des gars qui, depuis vingt ans, écument les rues piétonnes et les cabarets pour faire des tours de magie éculés, des numéros de transformismes foireux, de la ventriloquie minable et des imitations pathétiques. Mais Pipo et Molo, c’est aussi André Pipolin et Serge Molocci ; derrière les artistes de rue à la ramasse, des comédiens qui ont quand même envie d’arriver à quelque chose quelque part (aller à Hollywood et manger des côtés de bœuf, pour leur cas). Dans un geste de la dernière chance, Pipo et Molo vont donc sortir de leur mouise congénitale et essayer de vendre, ne serait-ce qu’une fois, du rêve à leur public. Ce qu’ils parviendront à faire : chanter du jazz (Sinatra et Dean Martin), refaire un blockbuster d’action américain (Pipovitch contre Mologan) et révéler un don, un vrai : Molo a des tale

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