Fabrice Midal : « Être humain, c'est assumer une certaine forme de fragilité »

Grand entretien | Fabrice Midal est un spécialiste des violences du quotidien (burn out, manipulations, addictions numériques) mais également un des principaux professeurs de méditation que compte l’Hexagone. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages et fondateur de l’École occidentale de méditation. Il nous apporte un regard différent et posé sur la situation que nous traversons. Rencontre avec ce philosophe qui adore presque autant la couleur jaune que les peintures de Morris Louis*.

Nicolas Bros | Jeudi 2 avril 2020

Comment faire l'expérience de ce que nous vivons actuellement ?

J'aurais deux recommandations à formuler. La première, c'est déjà de prendre le temps d'entrer en rapport avec ce que l'on vit. La seconde, c'est de sortir une bonne fois pour toute de la pensée positive et de l'injonction à être zen. Concernant ce premier point, il est primordial d'aller dans la profondeur de notre expérience, dans sa singularité la plus grande. Que nous disent l'art, la poésie ou la littérature ? Que l'expérience humaine ne se réduit pas à des clichés. Le cliché obstrue l'entrée dans notre propre humanité. Aujourd'hui, nous sommes pris par la peur de ressentir et d'éprouver. Il faut absolument prendre le temps de s'arrêter. Paradoxalement, même si beaucoup de gens se trouvent désœuvrés dans le confinement, ce n'est pas la même chose de s'ennuyer que de prendre un temps précis pour explorer ce que l'on éprouve. Il existe de nombreuses manières de faire l'expérience de ce que l'on éprouve. Cela peut passer par la méditation au sens spécifique où je l'entends, mais cela peut être aussi de se mettre à écrire. Pas forcément un beau texte, mais surtout tenter de formuler quelque chose qui explique ce que l'on éprouve. Encore une fois, le principal est de sortir des clichés et de la peur car, au fond, ce sont les deux points qui nous paralysent. Il faut prendre du temps, ce qui peut aussi nécessiter de couper la tendance que l'on a à fuir la situation en regardant des séries TV dès que l'on a un moment de vide, ou de regarder des chaînes d'infos en continu nous annonçant le nombre de morts… Cela ne permet pas de penser la situation. À un moment donné, il faut sortir soit de la fuite, soit de la tétanie. On ressent souvent de la peur, du chagrin, de la colère, de l'inquiétude ou de l'effondrement, ce qui peut paraître négatif. On a l'impression qu'au fond, il vaut mieux être positif et ne pas sentir tout cela. Je crois que cela est catastrophique. Au contraire, il faut avoir le courage d'entrer dans le « péril ouvert ». C'est l'occasion de trouver une ouverture à la vie. C'est cela qui me semble le plus frappant aujourd'hui. Il faut apprendre à écouter ce que l'on sent. Dans l'art par exemple, il faut donner forme à ce que l'on sent. L'œuvre d'art est juste lorsqu'elle est suffisamment à l'écoute d'une expérience authentique. Il y a cette lettre d'Albert Camus à René Char du 26 octobre 1951, où il écrit ceci : « On parle de la douleur de vivre. Mais ce n'est pas vrai, c'est la douleur de ne pas vivre qu'il faut dire. Et comment vivre dans ce monde d'ombres ? » Je pense beaucoup à cette dernière phrase de Camus depuis quelques jours. Nous vivons bien dans un monde d'ombres, dans quelque chose qui entache la vie. Alors comment rester vivant dans cette situation ? C'est bien là la question principale.

On ne peut pas gérer son stress. Le terme de gestion s'adapte au compte en banque mais pas aux émotions.

Vous parlez de l'expérience de méditation. Comment peut-on pratiquer cela quand on n'en a jamais fait et que l'on ne sait pas trop ce que c'est ?

Déjà, il me paraît important de lever beaucoup d'idées reçues véhiculées par de nombreux médias, auteurs et industries à propos de la méditation. Ces derniers identifient la méditation avec le fait d'être zen, avec un outil de gestion du stress pour être plus performant jusqu'à ce que mort s'en suive. Au fond, on dit souvent cela : gérez votre stress, soyez calme, tout ira bien… Ce qui est profondément monstrueux par rapport à tout ce que j'ai dit avant. La méditation est devenue un outil de la barbarie qui voudrait aujourd'hui que tout soit positif. Mais on ne peut pas gérer son stress. Le terme de gestion s'adapte au compte en banque mais pas aux émotions. Quand nous commençons à vouloir gérer notre peur, nous nous coupons de notre propre humanité. C'est actuellement cela l'idée majeure véhiculée à propos de la méditation. Je n'ai pas de mot assez fort pour dénoncer cette approche qui me semble dangereuse voire perverse. La méditation que j'ai découverte il y a 30 ans, et que je défends aujourd'hui, est une méditation pour simplement écouter ce que l'on vit, sans aucun jugement, en acceptant de développer de l'intelligence et de la tendresse pour tout ce que l'on vit. C'est donc une ouverture, une écoute de ce qui est. La méditation est très aidante. Au lieu de chercher à faire le vide dans sa tête, elle nous apprend à prendre le temps d'apprivoiser ce qui est et ce qu'on voudrait souvent rejeter, comme nos peurs, notre inquiétude, nos larmes… Cela mène vers un apaisement car on a écouté, on a respecté et on a rencontré. Aujourd'hui, nous sommes pris dans un vertige aveugle de la volonté, pensant que par ce biais on pourrait juguler notre angoisse et notre chagrin. C'est monstrueux ! La meilleure manière de rendre les gens malheureux, c'est de leur dire : soyez positifs, soyez zen.

Cette injonction est donc très néfaste…

Oui car vous empêchez les gens de faire l'épreuve de ce qu'ils vivent. Ils se sentent alors encore davantage coupables d'être tristes et d'avoir du chagrin. Ils n'y arrivent pas. Vous leur dites, soyez zen, mais personne n'est zen. C'est un mensonge honteux ! Jamais personne n'a réussi à être zen. Ou alors vous êtes inhumain. Si devant la souffrance qui existe en ce moment, devant nos aînés qui meurent dans les EPHAD sans que l'on puisse leur dire au revoir, vous ne ressentez rien, vous n'êtes pas un être humain. De la même manière, je suis extrêmement choqué d'entendre le discours expliquant que les soignants sont des héros. Ils ne sont pas des héros. C'est extrêmement agressif, violent. On se demande ce qui se cache derrière cela. Les héros n'ont pas besoin de masque, de gel. Les héros peuvent se sacrifier mais les soignants sont des personnes qui sont pris par une éthique, une responsabilité et qui veulent faire leur travail du mieux possible. En disant qu'ils sont des héros, on leur enlève la possibilité de craquer, d'être bouleversés. J'entends également dans ce discours une manière de se dédouaner de la responsabilité morale, sociale et économique que nous avons envers les soignants. Quand on applaudit à 20h, c'est parce que l'on est bouleversé par l'exemple d'humanité qu'ils manifestent, non pas parce que ce seraient des héros indépendants de l'humanité. Être humain, c'est assumer une certaine forme de fragilité, accepter nos imperfections.

Il faut apprivoiser la solitude en apprenant à habiter le silence.

La vie a ralenti avec le confinement. Est-ce que le fait d'être dans un environnement avec des limites imposées, n'est-ce pas aussi un moyen d'aller vers l'essentiel et une vie paradoxalement plus riche ?

J'ai par exemple souvent effectué des retraites de méditation où je pars seul, pratiquer toute la journée. Mais ce n'est quand même pas la même chose que de le faire dans un temps où il y a tant de souffrance. Les soignants sont dans une détresse énorme, confrontés à de graves problèmes éthiques. Pour certaines personnes, la situation économique est effroyable… Cela est très prégnant. Mais ce que l'on peut répondre à votre question, c'est que nous avons, dans cette situation, à faire la paix avec la solitude. Nous sommes confrontés à l'expérience de la solitude, même lorsque nous sommes confinés en famille ou en couple. Dans notre culture, la solitude est vue comme négative, de manière très malheureuse. Elle est confondue avec l'isolement alors qu'elle constitue un espace où l'on trouve un rapport plus profond à soi, aux autres et au monde. C'est un thème central chez de nombreux penseurs. Il faut apprivoiser la solitude en apprenant à habiter le silence. Au début, cela parait effrayant mais, au fur et à mesure, on trouve un rapport plus profond, plus essentiel à la vie. Quand on est en couple ou avec des enfants, le confinement peut devenir très difficile. La solitude peut être très aidante. Un moment, même très court, où l'on peut se ressourcer pour ensuite être plus ouvert à l'autre. On découvre alors à quel point nous sommes d'autant plus ouverts à l'autre lorsque nous habitons notre solitude. Alors, nous assumons nos problèmes seul au lieu de demander à autrui de les régler.

Fabrice Midal propose tous les jours depuis le début du confinement un enseignement de méditation sur sa page Facebook et sa page YouTube.
Retrouvez également son dernier ouvrage, 3 minutes de philosophie pour redevenir humain (Flammarion), en version numérique mais également sur les plateformes de livres audio


* Fabrice Midal nous a expliqué qu'il adorerait pouvoir découvrir un jour les deux oeuvres de Morris Louis que le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne possède dans ses collections.

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Au Parc, une reprise en spectacle et en vidéos

Lieu | A Andrézieux, l’équipe du théâtre du Parc ne s’est jamais arrêtée de travailler. De rangements en nouveau projets, de bilan en nouvelle programmation, elle est plus que jamais sur le pont pour la réouverture qui s’annonce.

Cerise Rochet | Mardi 18 mai 2021

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La porte est fermée à clé, mais il y a de la lumière et du monde, à l’intérieur. Durant ces longs mois sans public, ils n’ont d’ailleurs jamais arrêté complètement de venir ici. Faire et défaire, parfois refaire la programmation, en fonction, ci, d’un couvre-feu, là, d’une fermeture, un peu plus loin, d’un projet de réouverture, finalement tombé à l’eau… Profiter de l’arrêt de l’activité pour faire tout ce qu’ils n’ont absolument pas le temps de faire en temps normal. Rangement, bilan, questionnements : une remise à niveau qui permet aujourd’hui à l’équipe du théâtre du Parc à Andrézieux d’aborder la reprise avec envie, confiance et bonnes perspectives. « Attention, on ne peut pas dire non plus que nous sommes contents des mois qui viennent de s’écouler, tempère Patrice Melka, directeur de la structure. En revanche, il est vrai que nous avons mis ce temps à profit, que nous sommes toujours restés en exercice, que nous avons décidé de faire de cet arrêt forcé une opportunité… Et que le fait d’avoir été présents, contrairement au premier confinement, nous a permis de nous demander quoi faire… Et de faire ». Des vidéos-tutos Comme

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À la Talaudière, le centre culturel Le Sou mise sur l’an prochain

Lieu | Désabusé et lassé des multiples reports et annulations des spectacles programmés depuis un an, Gaël Gaborit, le responsable du Sou, préfère regarder devant lui. A 15 jours d’une réouverture, lui s’impatiente surtout de la saison prochaine, qui s’annonce riche et bien fournie.

Cerise Rochet | Mardi 4 mai 2021

À la Talaudière, le centre culturel Le Sou mise sur l’an prochain

Fin avril, à la Talaudière, un soir de pluie. Désespérément seul dans son bureau, Gaël Gaborit, responsable du centre culturel Le Sou, se languit… Et ce ne sont pas les annonces du président Macron, quelques heures auparavant, qui semblent le consoler. Oui, la réouverture des salles de spectacles semble se dessiner. Mais trop d’inconnues restent encore à éclaircir. Quid des jauges, et de la territorialisation ? La Loire sera-t-elle réellement en capacité d’accueillir prochainement du public, compte tenu de sa situation sanitaire ? « Non, je ne suis pas rassuré, d’autant qu’en plus, on a eu l’habitude des revirements de dernière minute, donc rien n’est encore fait ! », souffle-t-il avec lassitude. Malgré tout, pas mal de choses sont d’ores et déjà arrêtées concernant la programmation du Sou pour ces prochains mois. Le dernier spectacle de la saison, qui devait se tenir fin mai, a finalement été annulé. La salle accueillera une date du festival des 7 Collines, le dimanche 4 juillet à 18 heures. « En fait, la réouverture concernera essentiellement le cinéma, peut-être sur le vendredi soir, samedi et dimanche, ainsi que pendant les vacances scolaires. On sera

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Eric Viou, photographe et directeur de la publication du magazine stéphanois STEMP, s'est lancé dans un projet photographique inédit pendant le confinement vécu de mars à mai dernier. Immortalisé « ce qui était impensable, inimaginable, iréel, devenait réalité. La France était confinée. » Le résultat de ce travail est d'abord un livre d'art, MAM (MarsAvrilMai2020) Saint-étienne confinée, condensé de 226 photos sur 196 pages sur lesquelles viennent s'ajouter les mots de plusieurs auteurs stéphanois : Martine Goubatian, Karine Guérit, Elsa Lorente, Caroline Puig Grenetier, Chloé Radix et Gilles Rossary-Lenglet. Une épreuve dans laquelle on peut découvrir l'oeil du graphiste et photographe sur la ville qui l'aime tant tout en percevant ici et là des références multiples à Richard Long, Buren, Villeglé ou encore les Beatles. Un livre donc, mais également une exposition à L'Art Demeure & J'ai 2 Amours visible jusqu'au 14 novembre. MAM (MarsAvrilMai2020) Saint-Etienne confinée par Eric Viou [STEMP éditions] livre en vente à la Librairie de Paris ou à commander sur : stempmagazine@icloud.com Exposition jusqu'au 14 novembre

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Le Verso rouvre ses portes

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Nicolas Bros | Lundi 22 juin 2020

Le Verso rouvre ses portes

Elle vous attend avec En vous attendant. L'équipe du théâtre stéphanois Le Verso relance la machine cette semaine pour deux spectacles-rencontres concoctés par le Théâtre de l'Incendie de Laurent Fréchuret. Après plusieurs mois de fermeture, c'est enfin le retour du théâtre à Saint-Étienne avec la pièce En vous attendant, un « solo d'acteur multiple dans l'absurde ludique et déconfiné. » Ca se passe avec l'acteur Sylvain Delcourt les mardi 23 et mercredi 24 juin à 20h au Théâtre le Verso. En vous attendant, mardi 23 et mercredi 24 juin à 20h au Théâtre Le Verso à Saint-Étienne Réservation obligatoire au 04 77 47 01 31 Vous serez rappelé pour avoir confirmation de votre réservation / Port du masque obligatoire.

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28 avril : les nouvelles annonces d’Édouard Philippe

Déconfinement | Dans un discours à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a détaillé le plan de déconfinement envisagé par le gouvernement à partir du 11 mai prochain. Il a fait quelques annonces importantes pour le secteur culturel.

La rédaction | Mardi 28 avril 2020

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La situation générale Devant la représentation nationale, le chef du gouvernement a visiblement pesé ses mots. Son discours a duré une heure et s’est d’abord appuyé sur le contexte général actuel : « Depuis le 17 mars dernier, notre pays vit confiné (…). Jamais il ne l'avait été comme il l’est aujourd’hui, et, de toute évidence, il ne peut l’être durablement ». La date du lundi 11 mai, annoncée par Emmanuel Macron comme celle du début du déconfinement progressif, reste pleinement d’actualité. Des objectifs sanitaires importants y sont étroitement associés. Les explications du Premier ministre maintiennent une part d’incertitude sur ce point précis : le déconfinement prévu pourrait en pas avoir lieu « si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous » ou, s’il est effectif, être mis en œuvre « plus strictement ». En complément des moyens sanitaires publics disponibles, Édouard Philippe parle de « discipline » et entend inciter « à lutter contre les signes de relâchement que nous sentons monter dans le pays ». Et d’ajouter : « Le risque d’une seconde vague, qui ruinerait les efforts et sacrifices con

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La Fête du livre chez soi

Littérature | La 35e Fête du livre de Saint-Étienne est encore loin (16 au 18 octobre 2020). Mais l'équipe d'organisation, confinée, a décidé de mener un joli projet pour (...)

Nicolas Bros | Mardi 21 avril 2020

La Fête du livre chez soi

La 35e Fête du livre de Saint-Étienne est encore loin (16 au 18 octobre 2020). Mais l'équipe d'organisation, confinée, a décidé de mener un joli projet pour faire vivre le livre même pendant cette période de crise. Pendant un mois - au moins -, l'opération "Ma Fête du livre à la maison", propose chaque semaine des chroniques, portraits, vidéos, entretiens sur le site de la Fête du livre stéphanoise. Pour la première semaine (jusqu'au 26 avril), la thématique principale de l'événement est "Les animaux dans la ville" avec pour parrain l'écrivain et architecte Nicolas Gilsoul qui a sorti en 2019, Bêtes de villes, Petit traité d’histoires naturelles au cœur des cités du monde, aux éditions Fayard. Un livre qui tombe à pic avec cette période si particulière ! Chaque semaine également, un jeu concours est organisé pour faire gagner des livres aux internautes. Ces derniers sont invités à créer chansons, poèmes ou BD... Plus d'infos sur le site de la Fête du livre.

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13 avril : ce qu'a dit Emmanuel Macron pour la culture

ACTUS | Un peu après 20h, le président de la République a annoncé que le confinement généralisé serait prolongé de quatre semaines, jusqu’au lundi 11 mai. Il a notamment fait quelques annonces importantes pour les acteurs du secteur culturel.

La rédaction | Mardi 14 avril 2020

13 avril : ce qu'a dit Emmanuel Macron pour la culture

État des lieux sanitaire et contexte général Le confinement « le plus strict » est prolongé jusqu’au 11 mai. En clair : les règles édictées jusqu’alors ne devraient donc pas être renforcées, mais pas non plus allégées. Du point de vue sanitaire, « l’espoir renaît », estime Emmanuel Macron. Le chef de l’État a toutefois indiqué que la tenue du nouveau délai « ne sera possible que si nous continuons d’être civiques, responsables, de respecter les règles, et que si la propagation du virus a effectivement continué à ralentir ». Le chef de l’Etat a en outre demandé « aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en condition de handicap sévère ou atteintes de maladies chroniques, de rester confinées, même après le 11 mai, tout au moins dans un premier temps ». Il a assuré que des masques « grand public » seraient disponibles pour tous les Français à partir du 11 mai. Emmanuel Macron a aussi parlé des tests de dépistage : ils seront « d’abord pratiqués sur nos aînés, nos soignants et les plus fragiles ». Le président de la République a assuré qu’après le 11 mai, « nous serons en capacité de

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Arnaud Meunier : "Ne mettre personne sur la paille"

Point de vue | Le confinement touche l'activité du spectacle vivant de plein fouet. Notamment l'activité théâtrale et les créations. Arnaud Meunier, directeur de La Comédie, nous explique comment il tente de gérer la situation.

Nicolas Bros | Jeudi 2 avril 2020

Arnaud Meunier :

Y-a-t-il encore un peu d’activité à La Comédie, malgré le confinement ? Les activités administrative et comptable se poursuivent de manière numérique et digitale. Concernant l’École, nous avons trouvé un programme pédagogique qui fonctionne par Skype et Internet, donc les élèves sont maintenus au travail. En revanche, le reste de l’activité du Centre dramatique national est à l’arrêt, tout ce qui était répétitions, spectacles… Pour une institution telle que La Comédie de Saint-Étienne, qu’est-ce que cette crise va changer ? Ce que j’espère, c’est qu’il y aura un avant et un après. Cette épreuve mondiale est inédite et elle nous amène à nous poser des questions sur ce qu’est une société et sur ce qui nous paraît essentiel et important. Par rapport à La Comédie, nous avons écrit une lettre aux spectateurs pour les tenir informés de ce qu’il se passait et nous avons eu de nombreux retours et c’est très émouvant. Il est beau de se rendre compte qu’un théâtre est un endroit où l’on se regroupe avant tout. Dans une période de mise à distance sociale, c’est vraiment ce qu’il nous manque finalement. Le théâtre a

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Hommage à Saint-Étienne

La Chronique du Chicandier #7 | Jeudi. Un bar-brasserie ordinaire nommé "La Dame aux 2 chicots". Il est 14h23. Nous sommes en avril 2019. Les gens ne travaillent pas (...)

Jason Chicandier | Jeudi 2 avril 2020

Hommage à Saint-Étienne

Jeudi. Un bar-brasserie ordinaire nommé "La Dame aux 2 chicots". Il est 14h23. Nous sommes en avril 2019. Les gens ne travaillent pas dans cette cité. À 14h23 ils sont encore accoudés au bar et rajoutent du Picon dans leur galopin. Ils ont la truffe violette, épaisse, des manteaux sans forme, difficile d'en décrire précisément la couleur, ils sont entre deux âges, ils sont entre deux vins. Les vrais punks ce sont eux car ils n'ont aucun code vestimentaire. Cela dit que porter avec une paire de pantoufles et une veste de pêche orange. Sont pas là pour fourrer les mecs ! L'un deux raconte ses embrouilles avec EDF qui a envoyé des lettres de relance via une société de recouvrement nommée Contentia. Personne ne semble l'écouter. Son acolyte fixant un "Banco perdant" depuis maintenant bien une demi-heure. Les regards sont vides, lointains. Univers somme toute masculin malgré la présence d'une avocate décatie qui caramélise son palais au Bourgogne-Aligoté légèrement vert. Elle se fait draguer mollement par une personne dont les franges retombent systématiquement sur la nuque... personne n'osant lui dire qu'il est chauve le Gégé. Ancienne ville de mineurs. Souvent caricatu

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#ColoreTonConfinement

CONNAITRE | Vous en avez marre d’avaler des kilomètres de séries à la télé ? Vos jeunes enfants tournent en rond dans votre appartement et vos ados n’entendent même pas (...)

Niko Rodamel | Vendredi 27 mars 2020

#ColoreTonConfinement

Vous en avez marre d’avaler des kilomètres de séries à la télé ? Vos jeunes enfants tournent en rond dans votre appartement et vos ados n’entendent même pas prendre le soleil à la fenêtre ? Dur-dur le confinement… Tiens, une idée : et si on coloriait ? Quel que soit l’âge, colorier apaise, permet de se recentrer et donc de mieux supporter les tensions familiales que peut engendrer cette situation inédite d’hyper-proximité familiale. Après avoir publié « 90 idées pour tromper l’ennui », nos amis d’Inside Lyon (le webzine pour Lyonnais curieux) s’illustrent par une nouvelle proposition pour le moins originale. Le lien https://www.inside-lyon.com/colore-ton-confinement-coloriage-gratuit/ permet de télécharger gratuitement, dans un volumineux fichier PDF, un recueil de 100 coloriages : 100 dessins originaux à imprimer librement chez vous, tout droit sortis de la plume de 43 créateurs de la région. Dans un véritable élan de tendresse et de solidarité, dessinateurs, illustrateurs, graphistes, street artists et autres créateurs ont répondu à l’appel d’Inside Lyon, se mobilisant

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Que faire pendant le confinement ? Nos idées du 18 mars

Confinement Covid19 / Idées culture | Que faire pendant le confinement ? Chaque jour, nous essaierons, dans la mesure du possible, de vous fournir quelques idées pour vous divertir, apprendre ou partager de bons moments dans cette période compliquée.

Nicolas Bros | Mercredi 18 mars 2020

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Vous retrouverez également sur notre page Facebook du contenu complémentaire. N'hésitez pas également à nous donner vos conseils culture sur cette même page Facebook : Le Petit Bulletin Saint-Étienne. Le challenge #KinoConfiné ! Vous connaissez peut-être déjà le concept des Kino. Non ? Ce mouvement, né au Québec à la fin des années 90, est un laboratoire de création de courts métrages sur une durée déterminée. Par exemple, on se réunit une semaine et on crée des films avec pas ou peu de budget, souvent sur un thème donné.. Tout le monde peut participer et créer des films. Le résultat est souvent étonnant, parfois décevant mais cela peut faire éclore de jolis pépites. À Saint-Étienne, une des cellules Kino s'appelle Kino3000 et le collectif vient de lancer un challenge pour cette période de confinement. Ca s'appelle #KinoConfiné. L'idée est donc de créer un film chez soi, en famille, seul(e), entre colocs, avec une mise en scène de « son mobilier, des légumes dans votre frigo, des montagnes de roule

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Que faire pendant le confinement ? Nos idées du 17 mars

Confinement Covid19 / Idées culture | Que faire pendant le confinement ? Chaque jour, nous essaierons, dans la mesure du possible, de vous fournir quelques idées pour vous divertir, apprendre ou partager de bons moments dans cette période compliquée.

Nicolas Bros | Mardi 17 mars 2020

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Vous retrouverez également sur notre page Facebook du contenu complémentaire. N'hésitez pas également à nous donner vos conseils culture sur cette même page Facebook : Le Petit Bulletin Saint-Étienne. Des films à profusion et pas seulement... Il existe de nombreuses plateformes payantes pour "streamer" de nombreux films ou séries ou encore lire romans, BD... Mais revenons un instant sur Open Culture, un site gratuit qui porte très bien son nom propose 1 150 films mis à disposition gratuitement. Une aubaine en cette période de restriction de déplacement et de confinement à la maison. Des longs, des courts, des films cultes, des moins vus, dessins animés, classiques... de nombreux choix sont disponibles sur cette plateforme "éducative" qui convient aussi bien aux cinéphiles qu'à celles et ceux qui souhaitent découvrir des images nouvelles. Educative, car ce site n'est pas seulement une énorme base de données de films car elle propose également des MOOC ou cours en ligne, des livres, des audio-livres...

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Fabienne Couvreur dans l'Oeil du Petit Bulletin #14

Bonne cause | Fabienne Couvreur, directrice du comité de la Loire de la Ligue contre le cancer, parle des activités de l'association et de la conférence "la méditation de (...)

Nicolas Bros | Mercredi 10 avril 2019

Fabienne Couvreur dans l'Oeil du Petit Bulletin #14

Fabienne Couvreur, directrice du comité de la Loire de la Ligue contre le cancer, parle des activités de l'association et de la conférence "la méditation de pleine conscience au coeur de la société" avec Olivier Raurich & Dat Phan Angevin le jeudi 28 mars 2019 au siège du groupe Casino à Saint-Etienne.

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Le plein de bonnes ondes

Conférence | « Le miracle de la vie n'est pas de marcher sur l'eau ou sur le feu mais de marcher sur Terre » explique Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste vietnamien. (...)

Nicolas Bros | Mercredi 27 mars 2019

Le plein de bonnes ondes

« Le miracle de la vie n'est pas de marcher sur l'eau ou sur le feu mais de marcher sur Terre » explique Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste vietnamien. C'est bien en cela que la méditation de pleine conscience peut nous aider. Cette pratique de plus en plus médiatique et en vogue vise à nous recentrer en nous invitant « à être » tout simplement. Ce jeudi 28 mars, Le Petit Bulletin est heureux de s'associer au comité Loire de la Ligue contre le cancer pour présenter une conférence dans les locaux du siège Casino à Saint-Étienne, en partenariat avec le Crédit Agricole Loire Haute-Loire. Intitulée La méditation de pleine conscience au cœur de la société, cette séance verra l'intervention d'une part d'Olivier Raurich, enseignant, conférencier et auteur, neuroscientifique de renom et de Dat Phan Angevin, formateur international dans le monde de l'entreprise ou de la santé depuis plus de 20 ans. Ce dernier dirige d'ailleurs les Cèdres Bleus à La Séauve sur Semène, un lieu unique pour se ressourcer. Cette soirée sera l'occasion de découvrir les origines de la méditation de pleine conscience, de revenir sur son côté laïque, ses évolutions, ses utilisations ma

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