Stoker

ECRANS | Après avoir croisé "Thérèse Raquin" et un film de vampires dans "Thirst", Park Chan Wook se délocalise en Australie pour passer "L’Ombre d’un doute" au filtre de l’horreur gothique. Le résultat, ultra stylisé et plutôt distrayant, se présente comme une récréation dans son œuvre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 mai 2013

Une veuve éplorée, un oncle bellâtre prénommé Charlie revenu d'un long voyage à l'étranger et une adolescente introvertie nommé India à l'imaginaire macabre : voici les ingrédients de Stoker, drôle de film longtemps attendu qui marque les premiers pas de Park Chan Wook hors de sa Corée du Sud natale. Pas exactement aux États-Unis, mais sous la bannière australienne, avec deux actrices principales du cru — Mia Wasikowska, épatante, et Nicole Kidman, par ailleurs co-productrice, dont la carrière se risque de plus en plus vers des rivages troubles qui lui vont plutôt bien.

Plus exotique encore, le scénario est signé Wentworth Miller, le beau gosse de la série Prison break. On aimerait bien jeter un œil à son script tant celui-ci reprend — sans le citer, et c'est sans doute un tort — L'Ombre d'un doute d'Hitchcock. Dans son précédent Thirst, Park Chan Wook s'amusait déjà à relire l'intrigue du Thérèse Raquin de Zola dans l'univers contemporain et fantastique du film de vampires. C'est à une greffe du même ordre qu'il s'adonne ici, en déversant à l'écran une esthétique de conte gothique et horrifique pour redoubler l'inquiétante étrangeté qui s'empare de la famille Stoker.

Gothique pas toc

De fait, Stoker vaut surtout pour les trésors stylistiques déployés par la mise en scène, où chaque plan est prétexte à une invention graphique. L'histoire, elle, suit à peu près fidèlement le film d'Hitchcock, levant quelques sous-entendus sexuels tabous à l'époque et transformant India en une descendante à peine masquée des héroïnes de Stephenie Meyer.

On peut juger tout cela passablement désincarné et reprocher à Park Chan Wook de se reposer sur ses talents d'illustrateur virtuose. On peut aussi trouver que ce divertissement bizarre ne fait que prolonger en mode mineur les expérimentations menées dans son film précédent : en effet, Stoker montre que le cinéaste pense que les récits ont tous été déjà racontés, et que seule une sidération visuelle permanente et un certain sens de l'hybridation peuvent leur redonner de l'allant.

On prend donc un certain plaisir face à cette farce joyeusement amorale, quand bien même on a toujours un train d'avance sur le scénario, comme un nouveau genre de film pop-corn où le metteur en scène aurait repris ses droits.


Stoker

De Park Chan-wook (ÉU-Ang, 1h40) avec Mia Wasikowska, Nicole Kidman...

De Park Chan-wook (ÉU-Ang, 1h40) avec Mia Wasikowska, Nicole Kidman...

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A la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, assiste au retour de son oncle, un homme mystérieux dont elle ignorait l’existence, et qui s’installe avec elle et sa mère.


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“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : Île en faut peu pour être Fårö

Cannes 2021 | Une réalisatrice sur l’île d’un réalisateur autofictionne sa relation avec un autre réalisateur et signe un film faisant penser à un autre réalisateur. On préfère le cinéma de Mia Hansen-Løve quand il s’intéresse aux histoires des autres qu’aux récits à peine transformés de sa propre existence.

Vincent Raymond | Lundi 6 septembre 2021

“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : Île en faut peu pour être Fårö

Chris et Tony, un couple de cinéastes, débarque sur Fårö, l’île où vécut Ingmar Bergman (et où demeure son empreinte) pour écrire, chacun s’attelant à son projet personnel. Entre les obligations liée à la résidence artistique de l’un, le désir (ou la nécessité) d’explorer l’univers bergmanien, les impasses narratives de l’autre, le couple perd un peu de son harmonie et la fiction contamine le réel… Un vent de déjà-vu traverse ce bien sage ego-fan-trip où Mia Hansen-Løve ne se donne pas vraiment la peine de dissimuler les visages derrières les personnages : Tony, c’est Assayas et Chris… eh bien c’est elle. Deux artistes ensemble, unis par le métier et une enfant, mais dissociés par l’impossibilité de construire conjointement une famille équilibrée et chacun leur œuvre. Une incapacité qui les rapproche de Bergman, ou du moins que Fårö semble révéler à Chris : quand Tony avance dans son écriture et est célébré par les insulaires, elle se trouve en proie aux doutes, aux atermoiements, son stylo tombant régulièrement (et symboliquement) en panne sèche… Resnais suédé

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"Scandale" : Télégénie du mâle

ECRANS | De Jay Roach (É.-U., 1h48) avec Charlize Theron, Nicole Kidman, Margot Robbie…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Patron de la très conservatrice chaîne d’infos Fox News, Roger Ailes impose à ses collaboratrices ses exigences et privautés, ainsi qu’une impitoyable loi du silence. Jusqu’à 2016, où la journaliste Gretchen Carlson, mise sur la touche, révèle ses pratiques. Peu à peu, les langues vont se délier… L’an passé, un familier du registre comique avait signé avec Vice un portrait aussi documenté que vitriolé de l’ancien vice-président républicain Dick Cheney. Rebelote aujourd'hui avec Jay Loach, dont on se souvient qu’il fut révélé par ses séries potacho-burlesques (Austin Powers, Mon beau-père et moi…) avant de se reconvertir dans le biopic politique. Dans Scandale, le cinéaste — qui ne peut cacher ses sympathies démocrates — monte au front pour épingler les travers de la frange la plus conservatrice de la société américaine à travers la bouche d’égout qui lui sert d’organe quasi-officiel. Au moment où le scandale éclate, nous sommes à la fois à la veille de #MeToo mais aussi (et surtout) en plein dans la campagne présidentielle qui vit Trump gag

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"Boy Erased" : Au “non“ du père

ECRANS | De Joel Edgerton (É.-U., 1h55) avec Lucas Hedges, Nicole Kidman, Russell Crowe…

Vincent Raymond | Mercredi 27 mars 2019

Victime d’un viol à l’université, Jared se trouve contraint de dévoiler son homosexualité à sa famille. Pasteur de leur petite communauté, son père l’oblige à suivre un stage visant à le “guérir“ de son orientation sous la houlette de Victor Sykes, un illuminé religieux pervers et nocif… On se souvient que Desiree Akhavan avait l’an passé dans Come As You Are abordé ce même sujet des pseudo thérapies de conversion, colonies sectaires où les familles à la limite de l’intégrisme placent leur enfant gay dans l’espoir que des gourous vomissant des versets de la Bible (tout en usant de tortures psychologiques et/ou physiques) les transforment en bons petits hétéronormés. Résultat ? Un taux de suicide hors norme. Le comédien-cinéaste Joel Edgerton reprend cette trame — et cette dénonciation — en lui donnant fatalement plus de lumière : d’une part parce qu’il adapte un fait divers (ne manquez pas à ce titre le carton de fin, d’un rare tragi-comique) ; de l’autre en conférant à des camarade oscarisés les second rôle. Russell Crowe et son gros ventre parfaits en

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"JSA - Joint Security Area" : Le jeune Park

Thriller politique | de Park Chan-wook (Cor. du S., 1h50) avec Lee Byung-hun, Song Kang-ho, Lee Young-ae…

Vincent Raymond | Lundi 2 juillet 2018

Un incident a éclaté à un poste frontière entre les deux Corées : on compte des morts chez les soldats du Nord, des blessés côté Sud. Pour éviter un envenimement diplomatique, une mission neutre est chargée d’instruire l’affaire. L’Helvète Sophie Jean, d’origine coréenne, enquête… Bonheur sans nom que de découvrir sur grand écran — et en version restaurée, merci La Rabbia — ce film inédit en salle de Park Chan-wook, dont le cinéma n’a été diffusé en France qu’à partir de Sympathy for Mr Vengeance (2003) ! La providence, toujours facétieuse, fait coïncider cette résurrection avec une actualité géopolitique des plus brûlantes : le rapprochement entre Pyongyang et Séoul, indépendamment d’un certain trublion semblant désireux d’allumer une autre mèche que celle ornant son chef orangé. Car JSA s’avère tout autant un manifeste de l’art virtuose de Park qu’un acte fort — visionnaire, même, puisqu’il date de 2000 ! — dans la démarche de normalisation entre le nord et le sud du 38e parallèle : il raconte la complicité de soldats issus de ce deux pays officielleme

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"Mise à mort du cerf sacré" : Brame et Châtiment

ECRANS | de Yórgos Lánthimos (Gr.-G.-B., 2h01, int.-12 ans avec avert.) avec Nicole Kidman, Colin Farrell, Barry Keoghan…

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Steven forme avec Anne un couple huppé de médecins, parents de deux enfants éclatants de bonheur et de santé. Jusqu’à ce que Martin, un ado orphelin de père dont Steven s’est bizarrement entiché, ne vienne jeter l’anathème sur leur vie en imposant un odieux chantage… Cannes 2017, ou l’édition des épigones : pendant que Östlund lorgnait du côté de Haneke avec The Square, Lánthimos jetait d’obliques regards en direction de Lars von Trier avec cette tragédie talionnesque et grandiloquente, où un pécheur — en l’occurrence un médecin coupable d’avoir tué un patient par négligence — se voit condamné à subir une punition à la mesure de sa faute. Mais quand Lars von Trier cherche à soumettre ses personnages à une épreuve, son confrère semble davantage enclin à éprouver son public en usant de basse provocation. Lánthimos aime en effet donner dans le sacrificiel symbolique, ne rechignant pas au passage à un peu d’obscénité putassière : Martin se livre donc ici à une imprécation liminaire, annonçant l’agonie des enfants, afin qu’on “savoure” le plus longtemps possible leur mystéri

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Lettre de Cannes #4

Festival de Cannes 2017 | Ou comment on fête un anniversaire, et comment Nicole Kidman est devenue notre copine de festival

Christophe Chabert | Jeudi 25 mai 2017

Lettre de Cannes #4

Cher PB, hier soir, le festival de Cannes fêtait son soixante-dixième anniversaire, dans une cérémonie qui faisait des ponts entre passé, présent et je ne sais pas quoi, avec des palmés passés – dont David Lynch, prêt à présenter les premiers épisodes de la nouvelle saison de Twin Peaks que tu as déjà dû voir, petit coquinou, en streaming sur je ne sais quelle plateforme de mauvaise vie –, des palmés futurs – Sorrentino et Park Chan-wook, cette année préposés à la remise de palme au sein du jury – et des presque palmés – Pedro Almodovar, dans le rôle du cinéaste cocu mais bon joueur au milieu des ex-vainqueurs. On notait quelques absences de poids : Terrence Malick, qui pourtant n’a plus peur de montrer sa trogne en public ; les frères Dardenne, pourtant grands potes de Therry Frémaux ; Steven Soderbergh, sans doute un peu vexé que son dernier Logan Lucky est atterri piteusement au Marché du film cette année ; les frères Coen, Nuri Bilge Ceylan ou encore Lars Von Trier, dont on ne sait trop s’il est encore persona non grata au festival, ou simplement retenu par le montage de son dernier film, ou si son camping car est au garage pour réparation – va lire le d

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Mademoiselle : Telle est éprise qui croyait prendre

ECRANS | Expert ès dispositifs raffinés, Park Chan-wook emboîte ici combines et jeux de séduction dans un brasillant thriller esthético-érotique, où les retournements et rebondissement prolongent le plaisir comme le désir. D’une sensualité perverse aussi délicate que délicieuse. Hmmm…

Vincent Raymond | Vendredi 4 novembre 2016

Mademoiselle : Telle est éprise qui croyait prendre

Mademoiselle est de ces films qui déploient leur luxuriance opératique dans un mouvement à l’élégance ininterrompu. Si l’idée saugrenue venait de lui associer un végétal, ce ne serait pourtant ni la fougère arborescente balayée par les vents, ni la venimeuse digitale pourpre, mais un simple oignon. Un de ces bulbes lisses à la rotondité douce frôlant la perfection, composé de maintes couches concentriques que la curiosité brûle d’ôter une à une… jusqu’à ce que l’on se retrouve contraint de se rincer l’œil. Une fois encore, Park Chan-wook a bien mené son jeu — en l’occurrence, un jeu de la chatte et de la souris, ou de dupes dupé(e)s. L’histoire débute dans les années 1930 avec l’infiltration d’une jeune Coréenne au service d’une richissime Japonaise vivant recluse chez son oncle. Complice d’un soi-disant comte nippon ayant des vues sur la magot de la seconde, la première est chargée de chanter les louanges du bellâtre pour favoriser l’union. Mais rien, évidemment, ne se déroulera comme prévu… Narratio interrupta & multiplicatur coitus Depuis qu’il nous a dessillés avec Old Boy (2003) — claque légitime affirmant au monde entier

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Aux yeux de tous

ECRANS | Critique du film Aux yeux de tous de Billy Ray (É-U, 1h51) avec Julia Roberts, Chiwetel Ejiofor, Nicole Kidman…

Vincent Raymond | Mercredi 23 mars 2016

Aux yeux de tous

Hollywood, usine à remakes… En signant celui de El secreto de sus ojos (2009), Billy Ray n’a cependant pas la main trop malheureuse. Car si Juan José Campanella intégrait son film dans un contexte politique rarement exploré (les prémices de la dictature argentine), son thriller manquait de substance, de rythme. Quitte à choir dans la caricature, Aux yeux de tous peut essuyer des reproches opposés : l’efficacité prime sur l’ancrage historique — la période consécutive à l’attentat contre le World Trade Center. On perd en originalité ce que l’on gagne en sensations pures — mais l’on conserve une très correcte séquence dans un stade ! Aux yeux de tous permet également d’opérer un constat : en plaçant côte à côte Julia Roberts et Nicole Kidman, on voit très clairement laquelle des deux ne mise pas tout sur son apparence et livre une réelle composition. VR

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Maps to the stars

ECRANS | David Cronenberg signe une farce noire et drôle sur les turpitudes incestueuses d’Hollywood et la décadence d’un Los Angeles rutilant et obscène. Un choc ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 mai 2014

Maps to the stars

La «carte des stars» du titre fait référence à ces dépliants indiquant l’emplacement des villas appartenant aux célébrités hollywoodiennes à Los Angeles ; la carte du dernier film de David Cronenberg se résume en revanche à un cercle d’une demi-douzaine de personnages portant des prénoms impossibles, gravitant dans l’univers du cinéma et unis par des liens scénaristiques mais aussi par de tortueux liens du sang. Il y a un jeune acteur de treize ans arrogant et cynique, star d’une franchise ridicule (Bad babysitter) et déjà passé par la case réhab', son père moitié gourou, moitié thérapeute new age, une comédienne vieillissante obsédée par le fantôme de sa mère morte dans un incendie, un chauffeur de limousine qui se rêve scénariste et acteur… Et, surtout, une fille mystérieuse qui s’incruste dans leur vie, un peu folle et portant sur son corps les stigmates de graves brûlures. Film choral ? Pas vraiment, car Maps to the stars tisse assez vite une toile réjouissante où chacun va illustrer la décadence dans laquelle s’enfonce un Los Angeles corrompu au dernier degré, réplique vulgaire et morbide de celui décrit par John Schlesinger dans s

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Only lovers left alive

ECRANS | Retour en grande forme de Jim Jarmusch avec ce film à la force tranquille qui imagine des vampires dandy, rock’n’roll, amoureux et dépressifs, gardiens d’une culture mise en péril par la révolution numérique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Only lovers left alive

Adam et Eve ne sont ni le premier homme, ni la première femme de la création, mais les derniers amants-vampires sur terre ; c’est le premier scoop du nouveau film de Jim Jarmusch, joliment ironique. Eve s’est retiré à Tanger, où elle fréquente rien moins que Christopher Marlowe — qui, en plus d’avoir écrit les pièces de Shakespeare, est lui aussi une créature de la nuit, éternelle quoique mal en point ; Adam vit à Détroit au milieu de sa collection de guitares et de son studio analogique, reclus et phobique face aux «zombies» qui l’entourent — on ne saura pas si le terme qualifie péjorativement le commun des mortels ou si effectivement l’humanité est désormais divisée en deux catégories de morts-vivants. Les liens qui les unissent relèvent autant d’un héritage romantique que d’une réalité qui passe par les moyens de communication contemporains : Eve et son IPhone en Facetime, Adam avec un bricolage mêlant câbles, télé et caméra. C’est en fait surtout la mise en scène de Jarmusch qui les réunit, comme lors de ses travellings en spirale enchaînés et fondus avec le mouvement d’un antique 33 tours. Son scénario aussi va les obliger à se retrouver : alors qu’Adam, tr

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Cinéma Cannes wait…

ECRANS | Les films événements de mai sont-ils tous à Cannes ? Presque ! Heureusement, il y a quelques pépites qui s’intercaleront avant la déferlante festivalière… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Cinéma Cannes wait…

Il est à peu près sûr que le 15 mai, vous vous précipiterez voir Gatsby le magnifique version Baz Luhrman / Di Caprio (en 3D, s’il vous plaît). Puis dans les jours qui suivront, vous ne raterez pas le premier film en français du réalisateur d’Une séparation (Le Passé d’Asghar Farhadi), le nouveau Winding Refn, toujours avec Ryan Gosling (Only god forgives) et même le dernier Paolo Sorrentino (La Grande beauté, 2h30 de dolce vita contemporaine à Rome). On pourra donc dire que votre mois de mai se fera au rythme des films cannois. Nous les découvrirons à peu près en même temps que vous, donc autant vous vendre de suite notre compte-rendu quotidien du festival, du 15 au 27 mai sur www.petit-bulletin.fr/saint-etienne. Mais avant Cannes, ce n’est pas encore Cannes, ou si peu. Depuis la présentation au festival de Thirst, son étonnant film de vampires adapté du Thérèse Raquin de Zola, on avait perdu de vue le brillant Park Chan-wook. En fait, il avait quitté ses terres sud-coréennes pour all

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Paperboy

ECRANS | De Lee Daniels (ÉU, 1h48) avec Nicole Kidman, Zac Efron, Matthew McConaughey…

Christophe Chabert | Mercredi 17 octobre 2012

Paperboy

Le mirage continue autour de Lee Daniels : après les louanges déversées sur ce navet putassier et obscène qu’était Precious, le voilà sélectionné à Cannes pour un film encore pire, Paperboy. Daniels a désormais un style : en tant qu’auteur, il raconte à peu près n’importe comment ses histoires, passant d’un point de vue à un autre, ne choisissant jamais un angle pour traiter les sujets qu’il brasse, en général plein de bonne conscience (ici : racisme, peine de mort, identité sexuelle). En tant que cinéaste, c’est la fête puisque l’image, déjà enlaidie par l’utilisation de filtres glauques pour faire vintage, est triturée avec d’incompréhensibles surimpressions, ralentis et anamorphoses, avant d’être baignée dans de la musique rétro. En tant qu’homme, Daniels aimerait provoquer (il faut voir Nicole Kidman se livrer à de pathétiques simagrées sexuelles pour mesurer l’étendue des dégâts), émouvoir (on n’a jamais vu mort d’un personnage aussi peu touchante à l’écran) et pousser à l’indignation. Mais le seul souvenir que laisse Paperboy, c’est celle d’un type qui réalise son fantasme absolu : filmer longuement Zac Efron en slip. Une télé-réalité sur MTV aur

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