Épisode #2 : Brain Damage à la rencontre de la voix du nyabinghi

MUSIQUES | Voici le second épisode de Walk the Walk, la Web série réalisée par Wasaru, filant sur les traces de Brain Damage en Jamaïque. Après Horace Andy, place pour ce second épisode à une autre légende : Ras Michael.

Sébastien Broquet | Mercredi 1 juin 2016

Photo : © DR


Le reggae, le roots, c'est aussi le rastafarisme. Quel est ton rapport à la spiritualité en général et à la philosophie rasta en particulier ? Comment sont perçus les musiciens de reggae européens, non sensibles à cette philosophie, par les rastas, est-ce que vous en parlez ?
Martin Nathan : Je suis un sceptique. Plutôt sur une ligne "ni Jah ni maître". Mais j'avoue avoir été plus que séduit par ce qu'il se dégage artistiquement des convictions de ces chanteurs avec lesquels j'ai pu travailler à Kingston.
Je redis que je peux admirer un temple sans pour autant prier, ou encore apprécier la forme d'une publicité sans acheter le produit qu'elle vante.
Nous n'avons pas eu le temps d'aborder sérieusement ces sujets ensemble, cela demanderait de se connaître davantage et je ne voudrais pas donner le sentiment d'un manque de respect de leurs convictions. Ce terrain est miné, et j'ai moi-même tendance à m'emporter sur le sujet, alors, prudence...

Ras Michael, c'est aussi le nyabinghi. Est-ce que cette musique, découverte en France grâce à Mystic Revelation, t'a marqué autant que le reggae et le dub ? Comment perçois-tu ce rythme ?
Non, cette musique ne m'a pas marqué autant que ce qui en a découlé : ska, rocksteady, reggae, dub, etc... Néanmoins je la respecte infiniment. C'est une base traditionnelle, ancestrale. Pas de reggae, sans le nyabinghi. Pas de rock'n'roll, sans le blues. Je remarque que toutes les musiques, ou presque, qui ont pu me faire vibrer, ont de près ou de loin des origines africaines...

Comment s'est passé le lien avec Ras Michael, as-tu une anecdote à nous raconter sur votre rencontre ?
Si, tout en l'appréciant et en le respectant, le nyabinghi n'est pas ce qui m'a le plus marqué dans l'histoire de la musique jamaïcaine, le fait de travailler avec un personnage de la trempe de Ras Michael est un immense privilège. Mais, pour être honnête, je ne savais absolument pas à quoi m'attendre. Les éventuels doutes ont été rapidement dissipés, après quelques minutes de prises au studio Harry J. Le spoken word, que l'on retrouve sur le morceau Love makes the world go round, est juste incroyable, tout comme l'interview qui a suivi.
J'ai le sentiment d'avoir reçu un immense cadeau de sa part. Il faut savoir que c'est la première fois qu'il se prête à ce genre d'exercice : après 50 ans de carrière il n'avait jamais réalisé d'apparition vocale enregistrée, hors de son propre projet, The Son of Negus.

Pour revoir les autres épisodes...
Walk the Walk #1 : Horace Andy

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Combo Congo

Sono mondiale | Nos amis lyonnais du label Jarring Effects glissent sous le sapin le magnifique album Les Mamans du Congo & RROBIN. Fruit de la (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 décembre 2020

Combo Congo

Nos amis lyonnais du label Jarring Effects glissent sous le sapin le magnifique album Les Mamans du Congo & RROBIN. Fruit de la rencontre entre la chanteuse-percussionniste Gladys Samba et de l’artiste RROBIN, explorateur de musiques électroniques et de hip-hop, le projet afroféministe Les Mamans du Congo fait revivre les berceuses bantou ancestrales du Congo Brazzaville. Considérés comme un véritable matrimoine culturel, les chants sont ici boostés par le flow percutant de Maman Gladys, sur des productions explosives de mister RROBIN. Fourchettes, assiettes, paniers, pilons et matériel de récupération accompagnent brillamment les voix des cinq Mamans du Congo. Jouissif. Les Mamans du Congo & RROBIN, Ngaminke, chez Jarring Effects

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Brain Damage dans l'Oeil du Petit Bulletin #12

Dub | L'artiste stéphanois Brain Damage s'est plié à l'exercice de l'interview vidéo pour parler de ses vingt ans de carrière, marqués par une tournée inédite mais (...)

Nicolas Bros | Mardi 26 mars 2019

Brain Damage dans l'Oeil du Petit Bulletin #12

L'artiste stéphanois Brain Damage s'est plié à l'exercice de l'interview vidéo pour parler de ses vingt ans de carrière, marqués par une tournée inédite mais également par la sortie d'un album inédit : Combat Dub 4 / Revisited.

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In dub we trust

20 ans de Dub stéphanois | Le musicien stéphanois Martin Nathan marque d’une pierre blanche les vingt ans du projet Brain Damage : une alléchante soirée live avec une belle brochettes d’invités accompagnera la sortie d’un album revisitant tout le parcours du serial dubber.

Niko Rodamel | Mardi 5 mars 2019

In dub we trust

Putain, vingt ans ! Peu d’artistes ligériens peuvent s’enorgueillir d’une telle longévité, combinant régularité et renouvellement, tout en conservant son ancrage territorial. Exit le gringo mytho à l’oreille percée qui chantait Saint-Étienne avant de se perdre dans mille vies fantasmées, on the road again mais loin des terrils de son enfance… Presque effacé le souvenir des concerts de ouf donnés par les Babylon Fighters… Mutique notre cher Mickaël Furnon, leader-ermite du regretté combo Mickey 3D… Non, vraiment, seuls la Dub Inc et Brain Damage semblent tenir le cap, rayonnant aussi bien dans l’Hexagone qu’à l’international, sans renier leurs origines stéphanoises. Rapprochant de façon visionnaire les univers du sound system et du live en créant l’un des premiers live-machine du genre à la veille de l’an 2000, Brian Damage est considéré depuis comme l’un des fondateurs de la scène dub en France. Follow the bass Avec quatorze albums au compteur et plus de sept cent concerts, Martin Nathan fête donc aujourd’h

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Brain is in the kitchen

Sono mondiale | Brain Damage invite Harrison Stafford à bousculer les codes du dub et du reggae roots sur un album commun, avec à la clé, une série de concerts très attendus. Ça barde !

Niko Rodamel | Mardi 3 octobre 2017

Brain is in the kitchen

Après les belles réussites que furent ses rencontres successives avec High Tone (album High Damage en 2012) puis Vibronics (Empire Soldiers en 2013), Martin Nathan alias Brain Damage entame une nouvelle collaboration avec Harrison Stafford, fondateur du groupe Groundation. Pour ce nouveau projet, notre serial dubber stéphanois et le charismatique "Professor" ont gravé l’album Liberation Time, alignant dix titres empreints de messages philosophiques et bienveillants. Riche de nombreuses collaborations à travers le monde et avec au compteur une douzaine d’albums plutôt généreux en featurings, Brain Damage ne cesse de défricher de nouvelles pistes musicales. Ici les deux complices rapprochent leurs univers respectifs, le gros son du Français portant solidement la voix si particulière du plus jamaïcain des Californiens. Comme à son habitude, Nathan sort de derrière les fagots des mélodies imparables truffés d’effets dub inspirés. Harrison délivre quant à lui un message fédérateur centré autour de l’auto-émancipation par la musique, exposant encore et encore sa vision universaliste de la foi rastafarienne. La Jamaïque c’est fantastique

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Rencontre

Panorama Sono Mondiale 17/18 | Décidément assoiffé d’expérimentations musicales inédites, Martin Nathan entame une nouvelle collaboration dans l’esprit de celles vécues (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Rencontre

Décidément assoiffé d’expérimentations musicales inédites, Martin Nathan entame une nouvelle collaboration dans l’esprit de celles vécues précédemment avec High Tone et Vibronics. Pour le tout nouveau projet de Brain Damage, l’artiste stéphanois invite Harrison Stafford (charismatique "Professor" de Groundation) sur un album commun, Liberation Time. Les deux musiciens y bousculent ensemble et avec intelligence les codes du dub et du reggae roots. Brain Damage meets Harrison Stafford, samedi 21 octobre à 20h30 au Clapier

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Éric Pétrotto, l'ubiquité incarnée

MUSIQUES | Il dirige la destinée de plusieurs structures, est impliqué dans le tissus associatif local, fut musicien du groupe B.R.OAD.WAY... Eric Pétrotto est un homme au parcours loin d'être une croisière pour jeunes retraités. Explications.

Nicolas Bros | Mercredi 2 novembre 2016

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Existe-t-il un point commun entre la musique en streaming, le groupe B.R.OAD.WAY et les Pompes Funèbres ? A priori, pas vraiment. Mais si vous regardez de plus près, il y en a bien un. Son nom : Éric Pétrotto. Ce Couramiaud de naissance est un homme à part dans le paysage économique et culturel ligérien. Véritable touche-à-tout, il est un chef d'orchestre, un instigateur de projets et surtout un infatigable. Un poil "speed" mais disponible, Éric Pétrotto est un boulimique de travail. Il suffit qu'il ouvre son Mac portable pour que fleurissent les fenêtres de tableurs et autres logiciels connectés. Toujours à cheval entre la musique et l'entrepreneuriat, il a très vite su avancer avec ses deux cordes à son arc. Après son DUT GEA obtenu à l'IUT de la Métare en 1995 à Saint-Étienne, il fait objecteur de conscience et entre dans une troupe indépendante de théâtre stéphanoise : Acte Contact d'André Tardy. Il traite alors pour cette compagnie sa comptabilité, discipline qui est un peu le fil rouge de sa carrière, et un peu de création. Puis, il s'oriente vers l'entrepreneuriat d'une manière assez originale. « Tout de suite après l'armée, j'ai racheté une entreprise indépendante de

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Épisode #5 : Brain Damage meets Winston McAnuff

MUSIQUES | Cinquième épisode de Walk the Walk, la Web-série consacrée au voyage en Jamaïque de Brain Damage qui cette fois se frotte à Winston McAnuff.

Sébastien Broquet | Lundi 13 juin 2016

Épisode #5 : Brain Damage meets Winston McAnuff

Cet épisode conte l’enregistrement avec Winston McAnuff, que l’on connaît bien en France puisqu’il multiplie les collaborations par ici. C’est aussi l’occasion d’évoquer ces problèmes de droits récurrents autour des auteurs en Jamaïque, dont beaucoup d’artistes ont été spoliés. En as-tu parlé avec eux, avais-tu conscience de ça avant ce voyage ? Est-ce un sujet de méfiance préalable de la part d’artistes des années 70 qui ont été le plus victime de ça ? Martin Nathan : C'est tout le problème, et les limites du sampling... J'ai toujours essayé de ne pas dépasser les bornes les rares fois ou j'ai pu avoir recours à cette technique. Bon nombre d'artistes ont fait leur succès en s'appropriant de longs passages de musiques dites "ethniques", ou évidemment des voix en provenance de Jamaïque, directement piochées dans leurs disques de chevet, sans le moindre crédit, la moindre autorisation, la moindre rémunération. J'ai eu maintes fois cette conversation avec les jamaïcains que j'ai croisé à Kingston : ils sont exaspérés. Ils en ont marre. Depuis de nombreuses années, je privilégie les vraies collaborations et les séances studio qui me pe

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Épisode #4 : Brain Damage meets Willi Williams

MUSIQUES | Quatrième épisode de notre virée en Jamaïque sur les traces de Brain Damage, qui se confronte à une nouvelle légende : l'immense Willi Williams.

Sébastien Broquet | Lundi 13 juin 2016

Épisode #4 : Brain Damage meets Willi Williams

Willi Williams, c’est le single extrait de cet album, c’est aussi l’artiste qui t’a accompagné sur scène à la sortie du disque : qu’est-ce qu’il y a eu de plus entre vous, lors de cette rencontre ? Martin Nathan : Le choix du single n'a pas été simple. J'aurais pu choisir en effet quasiment n'importe quel titre de l'album, tant j'étais satisfait des prestations des différents intervenants. Par contre, quand il a fallu choisir qui j'allais inviter à venir me rejoindre pour tourner en Europe, je n'ai pas hésité. Wiili m'a instantanément convaincu par sa simplicité, sa disponibilité, son efficacité en studio, sa voix, son aura. De plus, le fait que son hit Armagideon Time, qui l'a promu au statut de légende, ait été repris par The Clash en 1980, est fondateur pour moi. C'est l'un des marqueurs de la collision qu'il y a eu à l'époque entre certains jamaïcains et punk rockers anglais, soit l'un des métissages sociaux-culturels les plus intéressants de ses dernières années. Imaginez le plaisir et la fierté qui furent les miens au moment de rep

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Épisode #3 : Brain Damage, rockers style

MUSIQUES | Troisième épisode : cette fois-ci, c'est l'une des figures du film Rockers, le rare Kiddus I, qui se frotte en studio avec le Stéphanois Brain Damage. Deux époques, mais un même lieu : Harry J.

Sébastien Broquet | Mercredi 1 juin 2016

Épisode #3 : Brain Damage, rockers style

Kiddus I, c’est une apparition dans le mythique film Rockers : est-ce là que tu l’as découvert la première fois ? Que représente pour toi ce chanteur ? Martin Nathan : Je n'ai pas la prétention de dire que je suis un spécialiste du reggae ni de tout ce qui concerne la Jamaïque de manière générale. Lorsque Sam Clayton Jr m'a évoqué la possibilité de travailler avec Kiddus, je lui ai immédiatement avoué ne pas le connaître. Je n'avais en fait pas associé son nom à son inégalable apparition dans Rockers, l'un des moments forts de ce film, qui m'avait pourtant marqué. Ironie de l'histoire, cette scène mythique fût également tournée au studio Harry J... Que représente pour toi ce chanteur ? Il est pour moi une belle représentation de ce qu'a pu être l'exploitation de bon nombre d'artistes de cette époque-là par certains producteurs. Kiddus I, c'est une voix, un personnage, un charisme, et enfin... une carrière gâchée. Si son apparition dans Rockers a soudainement propulsé sa notoriété à l'international, son parcours reste un ensemble de projets avortés, de bandes master égarées ou de productions conf

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Épisode #1 : Brain Damage à la conquête de la Jamaïque

MUSIQUES | Durant huit épisodes, Brain Damage nous convie à le suivre lors de sa virée en Jamaïque : Walk the walk, réalisée par Wasaru, conte pas à pas l'enregistrement de l'album éponyme, au mythique Harry J Studio, en compagnie de Sam Clayton Jr. Premier épisode ici.

Sébastien Broquet | Mardi 31 mai 2016

Épisode #1 : Brain Damage à la conquête de la Jamaïque

Plusieurs voix mythiques sont venues à la rencontre de Brain Damage sur cet album sorti le 16 octobre 2015 sur Jarring Effects : de Horace Andy à Ras Michael, en passant par Kiddus I, Willi Williams (qui l'accompagne aujourd'hui sur scène) et Winston McAnuff. Tous se sont prêtés au jeu : écrire un texte concernant l'éducation, la jeunesse, leur enfance. On s'est demandés, du coup, comment cette volonté de transmission était venue au maître d'œuvre, Martin, l'âme de Brain Damage. Choisir de demander aux artistes d’écrire sur leur enfance, sur la jeunesse, c’est aussi faire œuvre de transmission, devenir passeur : qu’est-ce qui t’a amené vers ce thème, cette envie ? Le besoin de transmission vers les jeunes générations s’est-il imposé après 15 ans de carrière ? Martin Nathan : J'ai l'impression que la transmission s'est effectuée d'elle même sans que je n'y prête attention ! Il y a aujourd'hui toute une génération de jeunes artistes en France me confiant régulièrement directement découler de mon héritage. Ils constituent aujourd'hui une vraie scène, pleine de vitalité, c'est troublant. La volonté d'en savoir plus sur les je

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Brain storming

MUSIQUES | La seconde édition du Sainté Dub Club enfonce le clou et propose une belle brochette de quatre formations ouvrant en grand les portes du genre, avec, en figure de proue stéphanoise, le projet Brain Damage. Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mardi 2 février 2016

Brain storming

Demandé aux quatre coins de la planète pour ses mixes époustouflants, Martin Nathan alias Brain Damage a connu une grosse année 2015 avec un nouvel EP et un album live, cinq sessions studio en Jamaïque et pas moins de trente-sept shows dans neuf pays différents, avec Vibronics, Willi Williams ou en solo ! Il faut dire que depuis le premier maxi (Bipolar Disorder en 1999) des torrents ont coulé sous les ponts de cette formation aujourd’hui citée parmi les fondateurs incontestés de la scène dub hexagonale. Le duo (devenu solo en 2011) jouit désormais d’un réel rayonnement international, brouillant pourtant les pistes à chaque album (déjà onze au compteur). Brain Damage trace sa route dans le foisonnant paysage dub mondial, osant les changements de direction au gré des collaborations avec des artistes comme Zion Train, Alpha and Omega, The Disciples, Mohammed El Amraoui, Vuneni ou Black Sifichi. Seul à bord suite au départ du bassiste Raphaël Talis, Martin Nathan opérait un retour aux influences anglo-jamaïcaines sur l’excellent What you gonna do ? (avec High Tone en 2012), récidivant sur le double album Empire Soldiers (avec Vibronics en

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