Le riffs du Neal

Blues | Le blues sera prochainement célébré d'une bien belle manière au Château du Rozier, avec un double programme qui combine cinéma documentaire et musique live sous les riffs de l'Américain Neil Black.

Niko Rodamel | Mardi 5 février 2019

Photo : Neal Black © DR


Depuis l'invention des Frères Lumières, cinéma et musique ont tissé un lien étroit, l'image et le son se mariant le plus souvent pour le meilleur. Des bandes originales aux documentaires musicaux et autres biopics, en passant par les scopitones puis les clips, le septième art a visiblement toujours su se nourrir de la puissance évocatrice du cinéma. De la même manière, les musiciens ont à leur tour rapidement compris et utilisé la puissance de l'image pour packager leurs compositions dans les médias audiovisuels, quels qu'ils soient. Et lorsque des cinéastes se penchent plus précisément sur l'histoire d'un courant musical, la chose prend alors une tournure encore plus particulière. En matière de blues, on pense bien sûr l'excellente série de sept films produite par Martin Scorsese en 2003, The blues, faisant appel à quelques grands réalisateurs comme Wim Wenders ou Clint Eastwood. Faut-il le rappeler, remonter aux sources du blues c'est aussi retracer le cours de l'Histoire, depuis l'Afrique jusqu'aux USA, celle d'un peuple noir déporté puis exploité, trouvant refuge dans les accords plaintifs d'une musique qui enfantera sans péridurale le jazz et le rock.

Black is back

Avec la même passion pour le blues, trois Stéphanois, Thibaud Degraeuwe, Vincent Hugo et Sébastien Lagrevol créaient en 2015 la société Ti and Bo puis partaient à travers le monde à la rencontre des femmes et des hommes qui font vivre cette musique, tournant ainsi la première série documentaire française du genre, Born to be a bluesman. Au fil de ses pérégrinations, l'équipe croise notamment la route du chanteur et guitariste texan Neal Black, un des artistes américains les plus importants de la scène blues actuelle. Neal s'initie à la guitare dès l'âge de raison, baignant dans la country music avant de devenir accro à la note bleue. Il se professionnalisera très tôt, accompagnera tout d'abord une foultitude de musiciens pour ensuite monter ses propres formations, des Dogmen à son nouveau combo, Neal Black & The Healers. Sa voix est à elle seule un voyage le long de la frontière mexico-étatsunienne et sa musique, entre un Texas blues plutôt roots et un heavy rock aux relents de seventies, demeure cependant assez libre. Le Château du Rozier propose de réunir tous ces dingues de blues pour une soirée qui débutera par la projection de quatre épisodes de Born to be a bluesman (au cinéma de Feurs à 20h30), puis se prolongera par un concert de Neal Black et son groupe (à 22h au château).

Neal Black & the Healers + ciné-blues, samedi 2 mars dès 20h30, cinéma de Feurs + Château du Rozier


Neal Black & The Healers

Ciné-blues concert
Château du Rozier 1, rue d'Assier Feurs
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Gainsbarre

Jazz | Près de 30 ans après la disparition de l’artiste, le répertoire de Serge Gainsbourg n’en finit pas d’inspirer les générations de musiciens qui lui succèdent. (...)

Niko Rodamel | Mardi 8 décembre 2020

Gainsbarre

Près de 30 ans après la disparition de l’artiste, le répertoire de Serge Gainsbourg n’en finit pas d’inspirer les générations de musiciens qui lui succèdent. Avec Comme un boomerang, le duo Sheebam revisite quelques-uns des hits de l’homme à la gitane sous la forme d’un habile storytelling musical, un jeu de « je t’aime moi non plus » qui se trame dans l’intimité d’un appartement des années 60. La chanteuse Vanessa Dumont et le sax baryton Damien Gomez incarnent de façon très juste les textes de Gainsbarre, mettant finalement d’accord leurs personnages : « la vie ne vaut d’être vécue sans amour ». Sheebam - Comme un boomerang, samedi 19 décembre à 19h30, le Château du Rozier à Feurs

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Kuti family

Sono mondiale | Rejeton échevelé de l’afrobeat, l’afro funk n’en finit pas d’animer un petit groupe d’irréductibles gaulois qui mijote sa potion magique depuis déjà quelques (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

Kuti family

Rejeton échevelé de l’afrobeat, l’afro funk n’en finit pas d’animer un petit groupe d’irréductibles gaulois qui mijote sa potion magique depuis déjà quelques années au cœur des traboules lyonnaises. Dans les pas du multi-instrumentiste nigérian et gourou incontestable Fela Kuti, Supergombo fait de chacun de ses concerts une exploration musicale rétro futuriste de paysages luxuriants, où l’analogique et l’électronique se marient pour le meilleur au service de mélodies imparables et d’un groove diablement irradiant. Le line-up réunit un réjouissant fanfarium de musiciens : Aurélien Joly (trompette), Jérome Bartolomé (saxophone), Francis Larue (guitare), Romain Nassini (claviers), Etienne Kermarc (basse), Wendlavim Zabsonré (batterie) et David Doris (percussions). Nourri de mbalax sénégalais, de soukous congolais, de funk US et de jazz mondial, la discographie du combo témoigne des contrées explorées, apprivoisées et au final conquises par le frénétique septet. Ouvrant sa saison sous les meilleurs auspices, le Château du Rozier invite Supergombo pour un concert inaugural gratuit. Supergombo, vendredi 18 septembre à 20h30, le Château du Rozier à Feurs

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Le jour du trèfle

Sono mondiale | À l'image d'un 14 juillet sans drapeaux ni Marseillaise, il est impossible de célébrer la Saint-Patrick sans quelques pintes ni musique irlandaise... (...)

Niko Rodamel | Mercredi 4 mars 2020

Le jour du trèfle

À l'image d'un 14 juillet sans drapeaux ni Marseillaise, il est impossible de célébrer la Saint-Patrick sans quelques pintes ni musique irlandaise... Rendez-vous est donc pris dans la pleine du Forez avec un groupe qui nous vient de... Saint-Étienne ! Les musiciens de Kitchen Irish n'ont pour autant absolument rien à envier à leurs homologues gaéliques. Au sein ce cette formation à géométrie variable, résonnent les standards du genre au son du bou­zouki, de la guitare, du violon, du whistle et du bodhran. Avec un évident sens du partage, les balades, jigs, reels, polkas et autres hornpipes ne sont ici que prétexte pour fêter entre amis la musique, la bibine et le retour du printemps ! Immuable Saint Patron d'Irlande, jadis missionnaire et évangélisateur, ce cher Saint-Patrick contribue aujourd'hui essentiellement à convertir l'occident, au moins une fois l'an, à la musique celte à la Stout, cette bière à la robe ébène, à la mousse abondante et aux saveurs chaleureuses de caramel ou de café. Le concert est annoncé assis, nous avons tout de même un peu de mal à y croire... Kitchen Irish, mardi 17 mars à 20h30, Château du Rozier à Feurs

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Carnet de voyage

Sono mondiale | Le trompettiste Etienne Sevet poursuit ses pérégrinations afro-caribéennes avec une toute nouvelle galette, Satingarona pt. 2, second volet discographique (...)

Niko Rodamel | Mardi 1 octobre 2019

Carnet de voyage

Le trompettiste Etienne Sevet poursuit ses pérégrinations afro-caribéennes avec une toute nouvelle galette, Satingarona pt. 2, second volet discographique du projet The Bongo Hop. Le nom du quintet est un clin d’oeil à la BD de Jano dans laquelle Keubla est un jeune marin qui arpente inlassablement les mers et les ports de la planète. Pour autant, la bande à Etienne se concentre quant à elle plus précisément sur les pays qui, de part et d'autre de l'Océan Atlantique, se laissent doucement traverser par l’Equateur. Tour à tour journaliste, urbaniste, enseignant, dj puis instrumentiste, Bordelais de naissance mais Lyonnais d'adoption, Etienne Sevet tire sa passion pour les musiques traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et d’Amérique du Sud d’un long séjour en Colombie, huit années passées à travailler pour l’Alliance Française de Cali. Entre afro-beat, calypso, hip-hop, rap, reggae et jazz, The Bongo Hop fait transpirer une luxuriante jungle musicale où les voix viennent danser sur un torrent de rythmes exaltés et dans une envoûtante explosion mélodique. The Bongo Hop, samedi 12 octobre à 20h30, le Château du Rozier à Feurs

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Home made blues

Blues | Au pays du blues, le régional de l'étape Louis Mezzasoma n'a rien à envier aux maîtres du genre. Véritable one man band (le genre à chanter en faisant glisser son (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

Home made blues

Au pays du blues, le régional de l'étape Louis Mezzasoma n'a rien à envier aux maîtres du genre. Véritable one man band (le genre à chanter en faisant glisser son bottleneck sur sa dobro ou sa cigar box guitar, avec un pied sur le tambourin et l'autre à la grosse caisse !), l'artisan-musicien développe un blues roots traditionnel bien senti. Avec une voix à la Jack Daniels, le conteur distille des compos subtilement introspectives qui relatent les rencontres faites au fil de ses voyages. Louis Mezzasoma, vendredi 13 septembre à 20h30, salle Jules Verne à Saint-Genest-Malifaux (dans le cadre du festival Jazz au Sommet) et vendredi 18 octobre à 20h, le NEC à Saint-Priest-en-Jarez

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« Le Château du Rozier est davantage un projet militant qu'entrepreneurial »

Lieu | La salle de spectacle du Château du Rozier (CdR) a ouvert ses portes et ses 270 places au public en 2015. La SAS (société par action simplifiée) s'est bien développée en quatre années. Son président, Clément Terrade, souhaite désormais changer de paradigme. En devenant une SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif), le CdR fait le choix d'une appropriation et une gestion éthique de ce projet culturel. Un projet, porté en grande partie par ses fidèles spectateurs via un financement participatif. Explications.

Antoine Desvoivre | Jeudi 27 juin 2019

« Le Château du Rozier est davantage un projet militant qu'entrepreneurial »

Comment est venue l'idée de ce changement de statut ? Jusqu'à maintenant, la salle fonctionnait sur un statut de SAS qui ne correspondait plus vraiment à nos convictions et à la réalité économique du lieu. Au fil du temps, on s'est rendu compte que le Château du Rozier était davantage un projet militant qu'entrepreneurial. On a eu quelques signaux comme, par exemple, un intérêt grandissant des collectivités pour ce lieu. On remplissait tous les critères pour espérer être soutenu par les collectivités, mais notre statut ne le permettait pas. Le Château du Rozier devient un vrai projet collectif. Ce n'est plus une entreprise qui est toute seule dans son coin, mais le point central d'un collectif. Qu'est-ce-que le statut de SCIC apporte au Château du Rozier ? La première chose c'est que le Château du Rozier devient un vrai projet collectif. Ce n'est plus une entreprise toute seule dans son coin, mais le point central d'un collectif. La forme de gestion vers laquelle le CdR se dirige est assez inédite. On a, d'un côté la coopérative, qui est une société privée et de l'autre, des a

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À rouler par terre

Soul | Auteure, compositrice et interprète, Jeanette Berger chante une neo soul bien sentie, teintée de blues et de pop. Avec une étonnante et sincère présence au (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 avril 2019

À rouler par terre

Auteure, compositrice et interprète, Jeanette Berger chante une neo soul bien sentie, teintée de blues et de pop. Avec une étonnante et sincère présence au piano comme au micro, elle déploie un registre vocal assez classieux, soutenue par un groupe plutôt efficace. Une belle découverte. Jeanette Berger, vendredi 5 avril à 20h30 au Château du Rozier à Feurs

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La corde sensible

Chanson | Quand je pense à Fernande, je pense aussi à Pauline Dupuy : l’un des plus beaux hommages que la scène française ait pu rendre à Georges Brassens depuis le (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 février 2019

La corde sensible

Quand je pense à Fernande, je pense aussi à Pauline Dupuy : l’un des plus beaux hommages que la scène française ait pu rendre à Georges Brassens depuis le jour où celui-ci cassa sa pipe. Quelques-uns s’y sont collés, avec plus ou moins de réussite. Loin de l’humour hyper décalé du groupe The Brassens (rebaptisé La Pompe Moderne suite à une plainte d’Universal), Pauline se réapproprie de façon très personnelle le répertoire du moustachu sétois, réussissant le double challenge de mettre en avant le sens de la mélodie du guitariste et la richesse des textes du poète. Dans un profond respect de l’œuvre originale, la chanteuse et contrebassiste y apporte toute sa fraîcheur. Que ceux qui ont déjà croisé la route de Contrebrassens ne se détournent pas de cette nouvelle date, Pauline Dupuy se produira cette fois-ci en quartet, donnant une nouvelle dimension à son tour de chant avec le multi-instrumentiste Michael Wookey et le duo de cuivres Art Deko, déjà sollicité par Thomas Fersen. Contrebrassens, samedi 16 février à 20h30 au Château du Rozier à Feurs

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Austin power

Blues | Austin Walkin' Cane : ce nom de scène raconte à lui seul un pan de l’histoire du jeune guitariste-chanteur Austin Charanthat qui, à l'âge de 26 ans, (...)

Niko Rodamel | Mercredi 31 octobre 2018

Austin power

Austin Walkin' Cane : ce nom de scène raconte à lui seul un pan de l’histoire du jeune guitariste-chanteur Austin Charanthat qui, à l'âge de 26 ans, dut être amputé d’une jambe. Bien qu’une prothèse ait remplacé la canne, le nom est resté. Originaire de Cleveland dans l’Ohio, le jeune homme utilisera les temps de convalescence entre sa maladie et les interventions chirurgicales pour jouer de façon obsédante jusqu’à dix heures par jour, se forgeant une étonnante technique instrumentale doublée d’une riche culture musicale mariant rock et blues. Après avoir traversé les USA de La Nouvelle Orléans à l’Alaska avec son seul instrument, Austin parcourt désormais le monde en compagnie de musiciens qui avec lui font sonner le delta blues comme personne, réveillant les fantômes de l’autoroute 61, la mythique Blues Highway reliant du nord au sud le Minnesota à la Louisiane. Auteur et compositeur, Austin alterne sur scène compos originales (co-écrites avec son ami de longue date le guitariste Chris Allen) et reprises du répertoire blues américain. Son dernier album en date, One Heart Walkin, s’est vu nominé aux Blues Music Awards. Une juste reconnaissance. Austin

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Le Pape François - Un homme de parole : Il papa è mobile

Béni oui-oui | de Wim Wenders (It.-Sui.-Fr.-All., 1h36) avec Jorge Mario Bergoglio…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Le Pape François - Un homme de parole : Il papa è mobile

Séduit par la profession de foi de Jorge Mario Bergoglio lors de son élection en tant que pape François, Wim Wenders le suit et recueille son message… Étrangement en résonance et en discordance avec l’actualité, ce film livre un portrait chaleureux d’un prélat humaniste, donnant quitus des premières années de son pontificat : les actes accomplis sont conformes aux paroles énoncées et la démarche de réforme (si l’on ose dire) de l’Église semble engagée. Le parallèle entre Bergoglio et François d’Assise apparaît limpide, les propos du pape sans ambiguïté… même si l’on décèle quelques trucs rhétoriques de jésuite bien pratiques pour éviter de donner une réponse personnelle, claire et tranchée à une réponse complexe : les « qui suis-je pour juger ? » volent en escadrille. Bref, le portrait est d’une blancheur aveuglante. Wenders aurait-il omis que tout procès en canonisation voit s’opposer un défenseur de la cause du “prévenu“ à l’avocat du diable ? Car si François, avec sa bonne tête entre Jason Robards et Jonathan Pryce, semble remplir toutes les cases sur la dénonciation

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Tribute

Jazz et autres | Yannick Robert (guitare), Gilles Coquard (basse) et Cédric Affre (batterie) revisitent de façon très inspirée l'album Soul Cages, troisième EP studio de (...)

Niko Rodamel | Vendredi 8 juin 2018

Tribute

Yannick Robert (guitare), Gilles Coquard (basse) et Cédric Affre (batterie) revisitent de façon très inspirée l'album Soul Cages, troisième EP studio de Sting, sorti en janvier 1991. Les trois jazzmen (mais pas que !) se réapproprient des titres devenus d'incontournables standards pop-rock. Soul Cages Trio est LE nouveau projet du musicien et pédagogue Yannick Robert qui évolue au sein de plusieurs formations, toujours aux frontières du jazz, du blues et du rock. En étroite collaboration avec la marque nipponne Ibanez, Yannick a également développé un étonnant modèle de guitare fretless qui porte sa signature, s'il vous plait ! On retrouve dans le power trio l'un des frères Coquard, fratrie bien connue dans notre région, qui remplace brillamment le contrebassiste initial, Bruno Schorp. Soul Cages Trio, samedi 9 juin 20h30, Château du Rozier à Feurs

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La pop pure Len

Trip-hop | Le son du groupe zurichois Len Sander rappelle forcément les années 90, une décennie où le trip-hop connaissait son âge d'or avec Morcheeba, Massive Attack ou (...)

Nicolas Bros | Mercredi 2 mai 2018

La pop pure Len

Le son du groupe zurichois Len Sander rappelle forcément les années 90, une décennie où le trip-hop connaissait son âge d'or avec Morcheeba, Massive Attack ou encore Portishead. L'autre référence qui frappe en écoutant les Helvètes, s'appelle Little Dragon. Mais le groupe se singularise par une approche sur le fil entre mélancolie et sensualité. Pas forcément en réussite sur des titres trop "dansants" tels que Woman on The Run, Len Sander l'est réellement sur d'autres pistes de son second album The Future of Lovers. La voix subtile de Blanka Inauen et les productions hypnotiques d'Al Hug se marient à merveille et offrent une belle vision des capacités du groupe. Non, le trip-hop n'est pas si désuet... Len Sander, samedi 2 juin à 20h30 au Château du Rozier à Feurs

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Mon cœur fait Bloom

Jazz | Depuis la sortie en 2015 de son premier EP, Bloom écume les scènes jazz de l’hexagone de Paris à Montpellier. Véritable petit bijou musical, le groupe fait (...)

Niko Rodamel | Mercredi 4 avril 2018

Mon cœur fait Bloom

Depuis la sortie en 2015 de son premier EP, Bloom écume les scènes jazz de l’hexagone de Paris à Montpellier. Véritable petit bijou musical, le groupe fait escale au Château du Rozier, à Feurs, le 29 avril prochain... Bloom, ce sont d’abord trois chanteuses : Laurence Ilous, Mélina Tobiana et Léa Castro. Les deux premières s’étaient rencontrées au sein d’un projet mené par le batteur-percussionniste Léon Parker en 2011, la troisième les rejoignant au printemps 2017. Ayant chacune par ailleurs leurs propres projets personnels, les trois filles ont choisi de réunir ici leurs univers musicaux respectifs, entremêlant jazz, world, soul et pop pour donner naissance à une musique subtilement épurée… La triplette s’appuie sur le talent de deux musiciens délicats : Nils Wekstein aux percussions et Martin Guimbellot à la contrebasse, ce dernier cosignant les compositions du groupe avec Laurence et Mélina, dont les arrangements ont été confiés au violoniste et pianiste Antoine Delprat. L’alchimie du groupe repose sans doute sur sa singulière composition, un trio vocal féminin accompagné d’une simple section rythmique, laissant éclore la richesse harmonique des voix dans un écrin aco

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Du gros son

Blues | Quatre garçons et une fille : deux guitares bien énervées, une basse bien couillue, une batterie bien au fond du temps, une voix féminine... Et quelle (...)

Niko Rodamel | Mercredi 3 janvier 2018

Du gros son

Quatre garçons et une fille : deux guitares bien énervées, une basse bien couillue, une batterie bien au fond du temps, une voix féminine... Et quelle voix ! Grave, profonde et rockailleuse, elle donne à elle seule la couleur singulière d’un groupe qui aurait pu se contenter de jouer un blues-rock comme tant d’autres le font. Devil Jo and The Backdoormen a su se forger un son d’ensemble bien à lui, défiant tout étiquetage musical. Il faut dire que les protagonistes (accusés levez-vous) Laurent, Vincent, Guillaume et Jérémy ont longuement transpiré chacun de leur côté avant de se ranger pour la bonne cause un étendard commun. Au final, le club des cinq (sans Dagobert) livre cash une musique méchamment groovy, un blues habilement cradingue gratiné de rock’n’roll garage teigneux, avec quelques rasades de pop-soul folkisante. Cerise sur le burger, la présence vocale (et scénique) de Sara déferle sur le groupe et dézingue encore un peu plus l’auditeur. Devil Jo and The Backdoormen jouera une bonne partie de son nouvel album au Château du Rozier, à Feurs, le samedi 20 janvier à 20h30.

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Brasseurs de groove

Sono mondiale | Radio Kaizman est un heavy groove brassband profondément marqué par les sonorités urbaines, mettant à la sauce hip-hop les rythmes typiques des marching (...)

Niko Rodamel | Mardi 28 novembre 2017

Brasseurs de groove

Radio Kaizman est un heavy groove brassband profondément marqué par les sonorités urbaines, mettant à la sauce hip-hop les rythmes typiques des marching bands New Orleans, avec en bonus avec une bonne rasade de jazz. Le son percussif et cuivré des instruments vient se frotter au flow d’un rappeur, qu’enveloppent à leur tour les voix envoûtantes de deux flutistes-chanteuses, mélange étonnant et détonnant qui fait assurément la marque de fabrique de cette fanfare pas comme les autres. Depuis la naissance du groupe en 2012, Radio Kaizman n’a cessé de se produire un peu partout en France, en spectacle de rue ou sur scène, avec de régulières escapades à Munich et une belle virée de trois semaines aux États-Unis. Et c’est du côté de Tarare, au studio l’Hacienda, que cette fougueuse brochette de musiciens brillamment frapadingues est allée graver sur sa toute nouvelle galette une douzaine de titres très inspirés. Radio Kaizman promet donc l’ambiance des grands soirs au Château du Rozier, le 23 décembre à Feurs.

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Groove baby groove

MUSIQUES | Tout juste une semaine après la funky-night anniversaire qui soufflera les cinquante bougies de l’incorrigible guitariste Freddy Kroegher (le 17), le (...)

Niko Rodamel | Mercredi 7 juin 2017

Groove baby groove

Tout juste une semaine après la funky-night anniversaire qui soufflera les cinquante bougies de l’incorrigible guitariste Freddy Kroegher (le 17), le Château du Rozier alignera encore une belle brochette de musiciens ligériens qui ont accompagnés les plus grands en France et au-delà. Une soirée parrainée par Gilles Coquard, enfant du Forez expatrié à Paris, bassiste, contrebassiste, compositeur et arrangeur de renom. Sideman aux côtés de Liane Foly, Nina Attal, Dany Brillant, André Manoukian, Nilda Fernandez (entre autres), le bassiste réunira autour de lui trois comparses de talent pour une soirée à part. Au piano et au chant, Charlotte Lee : elle accompagne Mister Coquard dans ses diverses formations et se trouve actuellement en pleine préparation de son premier album personnel. Au saxophone, Hervé Gourdikian, également compositeur et spécialiste du Duduk (instrument arménien à anche double), qui s’est illustré aux côtés d’Etienne Daho, Michel Petrucciani ou Brigitte Fontaine, composant pendant douze ans pour Liane Foly. Enfin, à la batterie, Francis Arnaud, brillant accompagnateur de Charles Aznavour, Larry Carlton ou encore Christopher Cross. Gilles Coquard

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Émergences #7 : 1 000 Chevaux-Vapeur

Vidéos Émergences | La Ville de Saint-Étienne, avec le soutien du Petit Bulletin, vous présente "Émergences", l'émission web qui met en avant les talents locaux qui feront parler d'eux demain. Le septième volet est disponible sur la chaîne YouTube du Petit Bulletin et traite de 1 000 Chevaux-Vapeur, artiste ligérien de musique électronique.

Nicolas Bros | Mercredi 5 avril 2017

Émergences #7 : 1 000 Chevaux-Vapeur

Chaque trimestre, Émergences, l'émission web de la Ville de Saint-Étienne, avec le soutien du Petit Bulletin, met en avant des acteurs de l'émergence culturelle stéphanoise. Sous le format d'une vidéo courte, des groupes de musique, des compagnies de théâtre ou de danse, des designers... sont présentés de manière originale. Après avoir suivi le Collectif X, le groupe Doorsfall, la compagnie de danse ALS, les designers de l'Atelier Regards, le festival de courts métrages Kinoctambule et la compagnie LalalaChamade, c'est au tour de 1 000 Chevaux-Vapeur (Théo Herrerias) de se prêter au jeu. En concert le 9 juin au Château du Rozier (Feurs) et le 10 juin au festival Paroles & Musiques avec Jabberwocky, Étienne de Crécy, The Shoes...

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À bout de souffle

Jazz | Le 13 mai 1988 la planète jazz perdait l'un de ses plus brillants soleils : Chesney Henry Baker Junior dit Chet Baker s'éteignait à Amsterdam, laissant (...)

Niko Rodamel | Mercredi 5 avril 2017

À bout de souffle

Le 13 mai 1988 la planète jazz perdait l'un de ses plus brillants soleils : Chesney Henry Baker Junior dit Chet Baker s'éteignait à Amsterdam, laissant derrière lui une œuvre discographique aussi riche que précieuse au terme d'une vie pour le moins chaotique. Mi-ange mi-démon au style délicat et mélancolique, Chet Baker nous a laissé des standards définitifs comme l'emblématique My Funny Valentine sur lequel, suivant les versions, le timbre de la trompette et celui de la voix ne sont que deux fleuves d'un même lit. L'équipe du Château du Rozier (Feurs) propose le vendredi 7 avril à 20h30 une double soirée autour de cet immense trompettiste, bugliste et chanteur de jazz américain. Au programme, projection du biopic Born to be blue (film de Robert Budreau sorti en janvier dernier) et concert du trio Third Roam, en hommage à Chet, avec Julien Bertrand (trompette), Hugo Reydet (contrebasse) et Sébastien Joulie (guitare). L'occasion pour le groupe d'évoquer quelques éléments significatifs de l'écriture du maître. Ecoutez I fall in love too easily : tout est dit.

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Silence : Du doute, pour une foi

ECRANS | En relatant le chemin de croix de jésuites du XVIIe siècle éprouvant leur foi en évangélisant un Japon rétif à ces conversions, Scorsese le contemplatif explore ici sa face mystique — ce nécessaire ubac permettant à son œuvre d’atteindre des sommets

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Silence : Du doute, pour une foi

Loin d’être monochromatique, la filmographie de Scorsese reflète depuis toujours une admiration conjointe pour deux mondes ritualisés : le temporel des truands et le spirituel des religieux. S’il n’y a guère de malfrats dans Silence, on y découvre toutefois quelques châtiments pratiqués par les autorités nippones sur les chrétiens refusant d’apostasier, et que des mafieux trouveraient à leur goût ! La violence des confrontations entre ces deux univers autour de la notion de foi ne pouvait que fasciner le réalisateur de Taxi Driver et de Casino. Pour autant, Silence ne s’inscrit pas dans la veine stylistique des Infiltrés ou des Affranchis : la question intérieure et méditative prime sur la frénésie exaltée. Lent, posé, d’inspiration asiatique dans sa facture, il se rapproche du semi ésotérique Kundun (1997). Chacun sa croix Débutant par la recherche d’un missionnaire porté disparu, Silence se poursuit par une succession d’introspections pour le père Rodrigues parti sur ses traces, telles que : feindre u

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Musique fraternelle

MUSIQUES | La scène régionale regorge de jeunes talents bruts, sortant du circuit variétés traditionnel. Le duo Black Lilys fait partie de cette nouvelle génération qui (...)

Nicolas Bros | Mercredi 4 janvier 2017

Musique fraternelle

La scène régionale regorge de jeunes talents bruts, sortant du circuit variétés traditionnel. Le duo Black Lilys fait partie de cette nouvelle génération qui grimpe tranquillement les échelons de la musique, sans crier gare et avec une belle identité. À l'instar de Ladybug and The Wolf, de Nazca, de Tachka et autres Pethrol, Camille et Robin, formant Black Lilys, proposent un univers bien à eux. Frère et soeur, ils se connaissent à merveille et leur musique est empreinte de cette belle complicité. Savants mélanges de soul, d'envolées rock et de douceurs folk/indie pop, les compositions du duo se glissent dans l'oreille tendrement. La voix déchirante de Camille, très proche de celle d'une autre belle artiste lyonnaise Joe Bel ou de Selah Sue, laisse rêveur. Il suffit d'aller tendre le pavillon sur un titre tel que Dust of You pour se laisser prendre au piège. Après un premier EP Memories of a Blind Mind sorti en 2014, le groupe a écumé de nombreuses salles et scènes, possédant aujourd'hui une réelle expérience live. À découvrir sans attendre. Black Lilys [+ CYLD], samedi 14 janvier à 20h30, au Château du Rozier à Feurs

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"Sully" : ici la tour de contrôle ; à l’eau l’avion ?

ECRANS | Un film de Clint Eastwood (E-U, 1h36) avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney…

Vincent Raymond | Jeudi 8 décembre 2016

Eastwood a-t-il résolu de se momifier en aède de la geste étasunienne contemporaine ? Alors, autant qu’il s’intéresse à cette belle figure du pilote Chesley “Sully” Sullenberger, plutôt qu’à Chris Kyle, sujet de son précédent opus American Sniper (2014). Pour la simple raison que le premier a sauvé les 155 vies de son avion sur le point de s’abîmer en le posant sur la rivière Hudson ; le second ayant gagné sa notoriété en flinguant des ennemis. Mais si ces deux personnages sont considérés par leurs concitoyens comme des héros équivalents malgré leurs mérites opposés, Sully a fait l’objet d’un traitement particulièrement inique : on l’a accusé d’avoir agi de manière irréfléchie et périlleuse. Voilà ce qui a dû titiller Clint, prompt à défendre façon Capra l’honnête homme contre une machine juridico-financière en quête de responsable. Eastwood/Hanks, c’est l’alliance de deux Amériques idéologiquement contradictoires, partageant pourtant des valeurs humaines fondamentales ainsi qu’une foi d’enfant dans la Constitution ; une naïveté faisant que le bon verra tous ses mérites reconnus. Pas forcément ici-ba

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Vers l'authenticité

MUSIQUES | L'indie folk régionale a de beaux jours devant elle. Si les Stéphanois de Ladybug & The Wolf sortent bientôt leur premier album, leurs homologues lyonnais de The Clarks Project viennent présenter une nouvelle fois, un an après Paroles & Musiques, leur musique évoquant les grands espaces, à la recherche d'une certaine authenticité. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mercredi 4 mai 2016

Vers l'authenticité

Créé en 2013, le groupe lyonnais The Clarks Project est basé sur une amitié solide, celle de Vincent et Xavier, ayant débuté, à l'instar de nombreux autres groupes, à lustrer les bancs de la fac et à refaire le monde. Après s'être perdus de vue pendant quelques années, les deux acolytes ont décidé de finalement se lancer dans le grand bain de la musique. Et bien leur en a pris ! Tout d'abord en duo (deux guitares), puis en quatuor (une batterie et une basse sont venues apporter un peu plus de corps au son du groupe), la formation folk possède cette belle authenticité nichée au coeur de leurs compositions. Cette valeur avérée sert la qualité des titres proposés par le groupe, telle que leur dernier titre Mother Earth, tout juste sorti de studio. Du live, du live et encore du live En permanente suspension, leurs créations indie folk sont empreintes de mélodies délicates. Elles sont les prémices très encourageants d'un groupe encore jeune (créé en 2011) mais possédant déjà une belle expérience scénique et un EP au compteur (We Became Men sorti en 2013) construit et pensé avec cohérence. « Nous avons enchaîné de nombreux concerts en un an,

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Une nouvelle salle de spectacles dans la Plaine

MUSIQUES | Le Château du Rozier, belle propriété au milieu d'un parc de deux hectares, construite du côté de Feurs va enfin revivre. Devenant un lieu culturel dès la rentrée.

Nicolas Bros | Vendredi 24 juillet 2015

Une nouvelle salle de spectacles dans la Plaine

Le projet est ambitieux mais tout à fait justifié. La mairie de Feurs, propriétaire du Château du Rozier, a décidé de relancer un projet dans ce lieu emblématique de la plaine du Forez. Ainsi, ce petit château va être entièrement rénové et transformer en salle de diffusion culturelle comprenant notamment une salle de spectacles d'une capacité de cent quatre-vingt personnes debouts et quatre-vingt-dix assises. Confiant la gestion de cet espace à un natif de Feurs, Clément Terrade, passé par le Zénith de Saint-Étienne ou l'organisation des Nuits de Fourvière, la municipalité se dote ainsi d'un lieu d'accueil culturel inédit avec un programmation alternant entre musiques, théâtre et jeune public. D'ores et déjà, sont annoncés dans ces murs des groupes tels que Ladybug & The Wolf, Tachka, [Novox], Doorsfall, ... « L'idée du projet est de créer une salle de diffusion sans élitisme, explique le jeune gérant. Nous souhaitons être un lieu d'accueil dans la

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Every Thing Will Be Fine

ECRANS | À partir d’un matériau ouvertement intimiste et psychologique, Wim Wenders réaffirme la puissance de la mise en scène en le tournant en 3D, donnant à cette chronique d’un écrivain tourmenté des allures de prototype audacieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 29 avril 2015

Every Thing Will Be Fine

On le croyait engoncé dans sa stature d’icône has been, contrebalançant la médiocrité de ses films de fiction par des documentaires consacrés à des "stars" culturelles (Pina Bausch, Sebastiao Salgado)… Mais Wim Wenders a encore la gnaque, et c’est ce que prouve Every Thing Will Be Fine. Le réalisateur de Paris, Texas est allé dégotter le scénario d’un Norvégien, Bjorn Olaf Johannessen, l’a transposé dans une autre contrée enneigée mais anglophone, le Canada, l’a revêtu d’un casting international et sexy (James Franco, Charlotte Gainsbourg, Marie-Josée Croze, Rachel MacAdams) et, surtout, l’a réalisé en 3D. Mais pas pour lancer des objets à la figure du spectateur ; il aurait de toute façon du mal puisque l’histoire est du genre intimiste de chez intimiste. On y suit sur une douzaine d’années les vicissitudes d’un écrivain (Franco) en panne et en bisbille avec sa compagne (MacAdams). Après une énième dispute, il écrase par accident l’enfant d’une jeune femme secrète (Gainsbourg) vers qui il sera attiré comme un aimant. Le récit avanc

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American Sniper

ECRANS | En retraçant l’histoire de Chris Kyle, le sniper le plus redoutable de toute l’histoire américaine, Clint Eastwood signe un film de guerre implacable où la mise en scène, aussi spectaculaire qu’aride, crée la dialectique si chère au cinéaste pour rendre la complexité de ce héros ambigu. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

American Sniper

«Tu es un redneck» dit sa future femme à Chris Kyle — massif et impressionnant Bradley Cooper — lors de leur première rencontre. «Non, je suis Texan» lui répond-il. Et il précise : «Les Texans montent sur des chevaux, les rednecks se montent entre eux». Avec cette (rare) respiration au milieu de la tension qui règne dans American Sniper, Clint Eastwood met déjà les choses au clair sur son personnage : Chris Kyle est un pur produit de l’americana sudiste, élevé dans le culte de la Bible (qu’il transporte avec lui mais qu’il n’ouvre et ne lit jamais), des armes (son père lui apprend, tout jeune, à chasser) et de la Patrie. Il semble n’avoir aucune vie intérieure, suivant un autre précepte édité par son paternel : il ne sera ni une brebis, ni un loup, mais un chien de berger, veillant presque par instinct sur les siens (sa famille d’abord, ses compagnons d’arme ensuite). Or, une fois engagé sur le terrain irakien en tant que sniper d’élite au sein des Navy SEALs, Kyle va faire l’expérience de ce trouble, même si sa carapace de machine de guerre texane ne se fissure pas si facilement. Sniper pas sans reproche En définitive, c

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Le Sel de la terre

ECRANS | Avec ce portrait de la vie et de l’œuvre du photographe brésilien Sebastião Salgado, Wim Wenders signe un documentaire-musée soigné, passionnant dans son propos mais plutôt rigide dans sa forme, pétrifiée par les conventions du bon goût culturel. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Le Sel de la terre

Alors que sa carrière de cinéaste de fiction périclitait à vitesse grand V, Wim Wenders a toujours su maintenir la flamme de son œuvre grâce à ses documentaires : Buena Vista Social Club, Pina et aujourd’hui ce Sel de la terre consacré au photographe Sebastião Salgado prouvent que Wenders a encore une réelle envie de cinéma, ou plutôt une envie de réel au cinéma. N’hésitant pas à se mettre en scène face à celui dont il tire le portrait, racontant son choc esthétique lorsqu’il a vu pour la première fois un cliché de Salgado, il mène donc un entretien au long cours où le photographe, en gros plan, en noir et blanc et sur un fond invisible, raconte son parcours artistique, indiscernable de son expérience humaine. Car Salgado a parcouru le monde pour y photographier les famines, les guerres, la misère sociale… Le film s’ouvre sur les images saisissantes de milliers de mineurs brésiliens descendant dans un immense puits à ciel ouvert pour en ramener de l’or. Cet environnement dénaturé par la nécessité de survivre économiquement devient sous le regard de Salgado une fourmilière humaine dont la multitude de détails nécessite en effet que l’on s’arrête

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Le Loup de Wall Street

ECRANS | La vie de Jordan Belfort, courtier en bourse obsédé par les putes, la coke et surtout l’argent, permet à Martin Scorsese de plonger le spectateur trois heures durant en apnée dans l’enfer du capitalisme, pour une fresque verhovenienne hallucinée et résolument burlesque, qui permet à Di Caprio de se transcender. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 27 décembre 2013

Le Loup de Wall Street

«Greed is good». C’était la maxime de Gordon Gecko / Michael Douglas dans le Wall Street d’Oliver Stone. Un film de dénonce balourd qui a eu pour incidence contre-productive de transformer Gecko en héros d’une meute d’abrutis cocaïnés et irresponsables, trop heureux de se trouver un modèle ou un miroir selon le degré d’avancement de leur ambition. Jordan Belfort, auquel Martin Scorsese consacre cette bio filmée de trois heures et à qui Leonardo Di Caprio prête ses traits, est de cette génération-là, celle qui a eu Gecko pour modèle et son slogan comme obsession. Le film, passé son prologue provocateur — grosse bagnole et coke à même l’anus d’une prostituée — attrape d’ailleurs son héros dans un instant paradoxal : le lundi noir de 1989 où, alors qu’il s’apprête à concrétiser son rêve et devenir courtier à Wall Street, la bourse plonge et avec elle une partie de l’économie mondiale. Faux départ, retour à zéro : l’itinéraire de Jordan Belfort s’édifie sur un moment de purge financière supposée assainir le système et qui ne fait que préparer l’avènement d’une corruption plus grande encore, par de jeunes loups ayant tiré les leçons du passé… L’important, ma

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