Big Mac

ECRANS | Avec quatre films à l’affiche entre août et décembre, Matthew McConaughey est incontestablement la star de cette rentrée cinéma. Pourtant, qui aurait parié un kopeck sur cet ex-jeune premier romantique, Texan pure souche perdu à Hollywood où la valeur d’un acteur flambe plus vite que les cours de bourse ? Récit d’une métamorphose… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 août 2012

«Tout ce que je connais, c'est le Texas !». C'est ainsi que les frères Coen ouvraient leur premier film, Blood simple. Cette maxime, Matthew McConaughey pourrait la faire sienne. Le Texas, il y est né, et sa première apparition marquante sur les écrans français le montrait en shérif d'un patelin texan dans le Lone star de John Sayles. Quinze ans plus tard, après bien des détours, c'est le Texas qui l'appelle à nouveau et lui permet d'endosser ce qui est sans conteste un de ses plus grands rôles à ce jour : le flic pourri qui arrondit ses fins de mois en jouant les tueurs à gage dans Killer Joe (en salles le 5 septembre), dernier film choc de William Friedkin. Mais que ce soit dans l'excellent Magic Mike de Steven Soderbergh en patron d'un club de strip-tease à Tampa, dans la tambouille érotico-policière The Paperboy (le 19 octobre) de Lee Daniels en journaliste gay revenant dans sa Floride natale pour enquêter sur un condamné à mort, ou encore dans le génial Mud (le 19 décembre) de Jeff Nichols où, mi-pirate, mi-hors-la-loi, il échoue sur une petite île dans le Mississipi, McConaughey ne cache plus ses racines sudistes. Ce qui était un handicap pour le jeune premier pasteurisé se rêvant tête d'affiche de superproductions hollywoodiennes et de comédies romantiques en série, est devenu un atout pour un comédien en pleine renaissance, enchaînant petits et grands rôles avec les cinéastes les plus farouchement personnels.

Dans l'ombre des stars

Jeune premier romantique : l'étiquette n'a de toute façon jamais collé avec McConaughey. Son physique bizarre, grand front et mâchoire prognate, qu'il a beau compenser en sculptant avec application abdos et pectoraux, jure avec les autres beaux gosses de sa génération. McConaughey n'a pas non plus fait la différence avec sa technique, si bien qu'entre la dure loi de la jungle hollywoodienne et les mauvais films dans lesquels il s'est aventuré (Sahara, un sous-Indiana Jones vite oublié, En Direct sur Ed TV, une critique proprette de la télé réalité qui ne tenait pas la comparaison avec le Truman Show, ou l'improbable Règne du feu, croisement gonzo entre héroïc fantasy et science-fiction post-apocalyptique), l'acteur aurait pu finir parmi les has been du cinoche américain, enchaînant séries B et nanars jusqu'à l'oubli complet. C'est finalement la chance qui l'a remis à flot : il reprend au pied levé un rôle écrit par Ben Stiller pour son pote Owen Wilson, convalescent après une tentative de suicide, dans Tonnerre sous les tropiques. Il y est l'agent âpre au gain mais fidèle d'une méga-star hollywoodienne aussi stupide que lui. On ne saurait être plus clair : avec une dose d'autodérision insoupçonnée, McConaughey accepte d'aller jouer les seconds rôles dans l'ombre des acteurs hype du moment. Il se fait ensuite remarquer dans l'adaptation de La Défense Lincoln, avant de retourner jouer les seconds rôles de shérif texan dans l'encore inédit Bernie aux côtés de Jack Black.

Gueule cassée

Finalement, le vrai coup de bol de McConaughey, c'est que cette renaissance créative va tomber au moment où des cinéastes américains, et pas des moindres, redécouvrent le sud des États-Unis sans pour autant en livrer une vision caricaturale. Même quand le vétéran Friedkin fait de Killer Joe une galerie de rednecks dégénérés, cupides et méchants, il a l'intelligence de ne jamais offrir de contrechamp à cette microsociété dégénérée. Si bien qu'au milieu de cette famille d'idiots, McConaughey n'a aucun mal à imposer un certain raffinement et un charme vénéneux qui font de cette incarnation du mal à l'état pur un monstre de séduction comme on n'en avait pas vu depuis De Niro dans Les Nerfs à vif. Quant à Jeff Nichols, il trouve chez l'acteur une présence mythologique qui lui permet de très vite atteindre l'objectif qu'il s'est fixé : faire renaître dans une histoire originale l'esprit des grands récits d'aventure à la Mark Twain. L'interprétation que McConaughey fait de Mud le transforme en archétype du mauvais garçon traqué par la justice et porté par un idéal romanesque et amoureux aussi absolu qu'illusoire. Gueule cassée, verbe rare, sens de l'action et de l'instinct de survie, source de fascination et de crainte, il invente un personnage inoubliable dans un film qui ne l'est pas moins, tout en prenant toute sa carrière à rebrousse-poil. Finalement, la scène qui décrit le mieux la mue de McConaughey, on la trouve dans Magic Mike : face à un miroir, il apprend à Adam (Alex Pettyfer), strip-teaseur novice, les bases du métier. Il se regarde dans la glace, mais son regard dévie et son reflet finit par nous regarder nous. Au-delà de l'exploit technique du comédien, cela en dit beaucoup sur l'acteur : autrefois, il cherchait à tout prix le regard du spectateur, Narcisse hollywoodien comme il y en a beaucoup ; aujourd'hui, ce qu'il veut surtout, c'est que chacun de ses rôles soit un miroir tendu vers notre propre nature humaine dans ce qu'elle a d'ambivalente, de grandiose ou de pathétique. Welcome back, mister McConaughey !

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Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

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Une loi d’amnistie générale des crimes commis pendant la période franquiste ayant été votée dans la foulée de la mort du dictateur, la justice espagnole n’a pas eu la possibilité de poursuivre les tortionnaires du régime. Mais de même que Pinochet avait été mis en accusation en Espagne, un groupe de victimes, de descendants de disparus, de parents dont les enfants furent volés a déposé plainte devant les tribunaux argentins, qui ont jugé l’affaire recevable. Ce documentaire produit par Pedro Almodóvar relate leur longue procédure, toujours en cours… Une piqûre de rappel aux mémoires défaillantes ainsi qu’aux jeunes générations : une nation qui banalise ou oblitère les crimes d’une dictature au nom de la réconciliation s’expose à des contre-coups violents : résurgence de la haine et impossibilité pour les victimes de tourner la page. C’est justement ce qui se passe en Espagne où l’ombre du franquisme a continué à planer. Résultat ? Le parlement andalou vient d’accueillir ses premiers élus d’extrême-droite et certaines personnes n’ont toujours pas pu se reconstruire, quarante ans après. L’une d’elle e

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Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

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1984. Ricky, 14 ans, et son père font un commerce plus ou moins légal d’armes à feu auprès des gangs tenant le marché du crack dans les squats de Détroit. Flairant l’aubaine, le FBI transforme jeune Ricky en dealer pour infiltrer le réseau. Sans lui laisser vraiment le choix… On ne peut plus explicite et programmatique, le titre français met l’accent sur l’authenticité des faits davantage que sur la figure de Ricky. Pourtant, c’est bien cet ado à moustachette la colonne vertébrale de l’histoire, la mouche sur le hameçon lancé par un FBI avide de faire des grosses prises, mais peu soucieux du devenir de l’appât après coup(s). Mais ne divulgâchons pas la fin… Si l’on a l’habitude des histoires de gangs et de mafia survitaminées par Scorsese et ses épigones, celle-ci semblera plus calme : Undercover ne superlative rien. C’en est même parfois troublant, puisque les séquences de nouba avec les caïds, les descentes de flics ou certaines scènes de tension familiale semblent sous-dramatisées ; en tout cas moins épileptiquement montées qu’à l’ordinaire. Une façon

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Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

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Malgré un contexte tendu (et l’étonnante absence d’aides régionales à la publication ou à la diffusion) le tome 10 de Bermuda — le fameux recueil d’histoires plus ou moins courtes édité depuis 2007 par la vaillante librairie Expérience — continue plus que jamais de soutenir la création locale en offrant aux jeunes talents du scénario, de l’illustration et de la couleur un splendide écrin valant certificat de haute aptitude artistique. C’est grâce à la générosité de 181 contributeurs réunis sur le site participatif KissKissBankBank que le millésime 2018 voit le jour. Et de même que les joues vont par deux, ce florilège se présente sous la forme d’une belle paire d’albums. Le premier, d’une facture habituelle, revêtu d’une robe signée par le tandem Jérôme Jouvray/Anne-Claire Jouvray compte 246 pages ; le second serait plutôt… dévêtu par Keramidas puisqu’il recèle en son sein 184 pages d’historiettes bien lestes, légitimant le “X“ frappant (oh oui) sa couverture. Pour vingt euros chacun, c’est une sarabande d’une cinquantaine d’auteurs que vous pouvez vous me

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Depuis 2007, les beaux jours annoncent la sortie de Bermuda, l’indispensable recueil “d’histoires en BD plus ou moins longues” d’auteurs rhônalpins (et d’Auvergne aussi désormais). Voulue et éditée par la précieuse librairie Expérience, cette photographie annuelle de la jeune création locale, est de surcroît relayée auprès des éditeurs qui tous reçoivent gracieusement l’un des 700 exemplaires. Bénéficiant jusqu’à présent d’une modeste subvention de la Région les aidant à couvrir une partie de leurs frais d’édition, les libraires s’en sont trouvé privés cette année. Grâce au soutien de fidèles réunis via la plateforme collaborative KissKissBankBank, ils ont récolté de quoi éviter d’en être trop de leur poche : 2665 € sur les 2000 € initialement espérés à l'heure où nous bouclons — loin du budget total de 12 000 € ! Cet apostolat onéreux mériterait d’être distingué l’an prochain par le Prix Ly

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Héritier poissard d’une famille de chercheurs d’or, Kenny Wells joue son va-tout en s’associant avec un géologue mystique… et découvre un filon extraordinaire en Indonésie. Devenu du jour au lendemain la coqueluche de Wall Street, il va pourtant choir pour escroquerie. Les Étasuniens raffolent de ce genre de conte de fée vantant l’obstination malgré les embûches : plus l’on trébuche, plus la sonnante récompense le sera aussi. Mais pour que ce conte “prenne” chez nous, il faut un minimum de notoriété du protagoniste, un destin réellement hors du commun ou bien un film résolument exceptionnel. Pas de veine, ce n’est pas le cas avec ce pensum dont on se moque comme un orpailleur de sa première pépite de pyrite de fer : le désir de revanche d’un fissapapa ruiné n’a rien d’exaltant. L’interprétation ne sauve rien : la mine des mauvais jours, Matthew McConaughey, en version chauve et bedonnante, semble mal remis de son Oscar. Moulinant des bras quand il n’écarquille pas des yeux figé sur place, il se perd dans un épouvantable jeu à la Tom Cruise. Seul intérêt du film :

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Pour sauver son théâtre d’une ultime faillite, Buster le koala mise sur un concours de chant ouvert aux amateurs. Une succession de mésaventures lui rend la chose plus ardue que prévue, alors même qu’il a réuni une troupe de talents hors du commun… Les studios Illumination (incubateurs des Minions) savent souffler le froid et le chaud avec les animaux : au consternant Comme des bêtes sorti l’été dernier succède ici une efficace et entraînante comédie, bien moins bébête et puérile que le cadre référentiel — l’engouement autour des télé-crochets musicaux — ne le laissait craindre. L’absence de clins d’œil à outrance, d’un trop-plein de parodies ou d’allusions à des demi-stars vaguement dans l’air du temps contribue à la réussite de l’ensemble, qui tire avant tout parti de ses ressources propres : son intrigue et ses personnages, aux caractéristiques adroitement dessinés. Même les voix françaises font preuve d’une tempérance bienvenue ! Cela dit, il n’y a pas de quoi être étonné : un fi

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Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

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Les plus de 200 illustrateurs, scénaristes et coloristes attendus cette année au Lyon BD Festival savent bien qu’ils n’auront pas à apposer leur signature jusqu’à épuisement sur des albums, ni à pester contre les remises de prix. Choyés par une équipe noyautée depuis l’origine par des consœurs et confrères lyonnais (ça aide), nombre d’entre eux sont des habitués. Certains ont même été sollicités pour co-construire l’événement en participant aux projets ou créations présentés durant le week-end. Ainsi, Obion montrera le fruit de sa résidence au musée Gallo-romain (qu’il publie en album), des auteurs français et espagnols se rencontreront et se raconteront dans l’exposition Influences croisées, quand Jimmy Beaulieu, Rubén Pellejero ou Jean-Yves Mitton croqueront des œuvres au Musée des Beaux-Arts… Entre deux spectacles (Lincoln sur scène) ou BD-concerts (Boulet et Inglenook), Lyon BD initie à nouveau une grande exposition avec la complicité du scénariste JC Deveney. Après la question de la parité en BD (Héroïnes), le festival célèbre les super-héros à travers les éditions Lug, décisives dans l’essor des comics Marvel en France. Le panorama proposé retra

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Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

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Des contributions du couple Jouvray (voir page précédente) et de Fred Salsedo – encore un talentueux pensionnaire d’Émile Cohl, connu principalement pour son travail sur la délirante série de piraterie Ratafia – une couverture de B-Gnet (voir page précédente aussi), une quatrième de couverture co-signée par les néo-Lyonnais Guillaume Long (voir où vous savez) et Anouk Ricard – dont le dessin, sorte d'art brut anthropomorphique, véhicule aussi bien leçons de vie que blagues cochonnes, selon qu'elle porte sa casquette d'illustratrice jeunesse ou celle de bédéiste underground : pour le septième volume de son recueil d'histoires courtes Bermuda, la librairie Expérience ne s'est pas refusée grand chose. Et surtout pas la traditionnelle dédicace géante qui accompagne chaque année la parution de ce projet pensé comme un instantané de la jeune création graphique locale – on l'avoue sans honte, la moitié à peine de la trentaine de noms au générique de cette septième cuvée nous est familière. Elle se déroulera cette année sur le seuil même de la boutique vendredi 12 juin de 14h à 20h et le lendemain de 10h à 22h – merci le ravitailleme

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Stéphane Duchêne | Mardi 19 mai 2015

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Il doit bien y avoir, parmi les lecteurs du Petit Bulletin, quelques amateurs de sport/supporters en mesure d'imaginer ce que cela peut faire de voir son équipe de toujours déménager sous d'autres cieux, avec armes sportives et bagage historique. C'est arrivé en 2008 aux fans de l'équipe NBA des Seattle Supersonics quand leur équipe, hautement constitutive de l'identité de la ville, est partie sans crier gare et pour de sombres raisons de business jouer à Oklahoma City, avec sous le bras une superstar naissante (Kevin Durant) et un futur doré à l'or fin, laissant aux locaux une salle vide et des fantômes en guise de palmarès. Eux, les supporters, sont restés comme deux ronds de flan hagards. Syndrome de Seattle ? Il est arrivé la même chose à Mudhoney avec le grunge. Sauf qu'eux étaient tout autant acteurs que ceux qu'ils ont vu quitter l'aéroport, direction le monde, la corne d'abondance, l'Histoire avec une grande hache. Car dans les balbutiements d'un grunge qui ne disait pas encore son nom, leur titre Touch Me I'm Sick (1988) peut être considéré comme une première goutte d'eau sur pierre brûlante et Mark Arm et sa bande le premier groupe de cette

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Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

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En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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Christophe Chabert | Mardi 4 novembre 2014

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Un an à peine après Gravity, au tour de Christopher Nolan de s’aventurer dans l’espace pour en donner une image scientifiquement correcte et réaliste avec Interstellar. Le futur du film est une vision à peine déformée de celui qui nous attend, marqué par la pénurie de céréales et les dérèglements climatiques, au point de pousser l’homme à chercher par-delà notre système solaire d’autres planètes habitables. Nolan centre son approche sur une famille purement américaine, dont le père décide de rejoindre une équipe d’astronautes pour s’engouffrer dans un «trou de ver» et rejoindre une autre dimension du temps et de l’espace. L’intime et le cosmos, les paradoxes liés à la relativité temporelle, les autres mondes dominés par des éléments uniques et déchaînés — l’eau, la glace ; c’est un territoire ambitieux qu’arpente Nolan, mais plutôt que d’en faire une plongée vers l’inédit, il le ramène vers sa propre maîtrise, désormais avérée, pointant toutes les limites de son cinéma. Dans l’espace, personne ne vous entend rêver Les trois grandes parti

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Christophe Chabert | Lundi 3 février 2014

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L’histoire est incroyable mais vraie, et comme souvent dans ce type de fictions à sujet, l’argument semble suffire à donner au film un poids dramaturgique. Alors que le SIDA commence à faire des ravages dans la communauté gay — la mort de Rock Hudson et son tragique coming out post mortem font la Une des journaux — un électricien Texan bas du front, qui fait du rodéo et conchie les homos (dans son jargon, ce sont des «fiottes» ou des «pédés») découvre qu’il est séropositif. Son monde et ses valeurs s’écroulent, d’autant plus que les médecins ne lui donnent que trente jours à vivre. Après un petit cours accéléré en bibliothèque et la rencontre avec une doctoresse sincère et pure — Jennifer Garner — il découvre que 1) un traitement basé sur l’AZT peut retarder la maladie ; 2) ledit traitement fait en définitive plus de mal que de bien, mais que 3) il existe d’autres médicament qui, à défaut de traiter le virus lui-même, peuvent s’attaquer aux maladies opportunistes déclenchées par la déficience du système immunitaire. Problème : les labos et le gouvernement, main dans la main car on est dans l’Amérique libérale et reaganienne, font tout pour empê

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«Greed is good». C’était la maxime de Gordon Gecko / Michael Douglas dans le Wall Street d’Oliver Stone. Un film de dénonce balourd qui a eu pour incidence contre-productive de transformer Gecko en héros d’une meute d’abrutis cocaïnés et irresponsables, trop heureux de se trouver un modèle ou un miroir selon le degré d’avancement de leur ambition. Jordan Belfort, auquel Martin Scorsese consacre cette bio filmée de trois heures et à qui Leonardo Di Caprio prête ses traits, est de cette génération-là, celle qui a eu Gecko pour modèle et son slogan comme obsession. Le film, passé son prologue provocateur — grosse bagnole et coke à même l’anus d’une prostituée — attrape d’ailleurs son héros dans un instant paradoxal : le lundi noir de 1989 où, alors qu’il s’apprête à concrétiser son rêve et devenir courtier à Wall Street, la bourse plonge et avec elle une partie de l’économie mondiale. Faux départ, retour à zéro : l’itinéraire de Jordan Belfort s’édifie sur un moment de purge financière supposée assainir le système et qui ne fait que préparer l’avènement d’une corruption plus grande encore, par de jeunes loups ayant tiré les leçons du passé… L’important, ma

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Il aura donc fallu près d’un an depuis sa présentation cannoise pour que Mud atteigne les écrans français. C’est long, certes, mais les spectateurs qui vont le découvrir — parions que, toutes générations et goûts cinématographiques confondus, ils en sortiront éblouis — verront ce que le critique pris dans la tempête festivalière ne faisait que deviner à l’époque : Jeff Nichols a signé ici une œuvre hors du temps, un film classique dans le meilleur sens du terme, qui s’inscrit dans une tradition essentielle au cinéma américain, reliant Moonfleet, La Nuit du chasseur, E.T., Un monde parfait et le True Grit des frères Coen. Des films qui parlent de l’Amérique à hauteur d’enfants, avec ce que cela implique d’émerveillement et de désillusions. Des films qui font grandir ceux qui les regardent en même temps qu’ils regardent grandir leur héros ; c’est dire l’ambition de Jeff Nichols.

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Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

«J’aime peindre avec un large pinceau»

Je crois que vous avez écrit Mud avant Take shelter, c’est ça ?Jeff Nichols : Plutôt pendant… Mais j’avais conçu l’histoire de Mud bien avant Take shelter, quand j’étais encore à l’université, il y a dix ans de cela. J’avais posé les grandes lignes du récit, dessiné les personnages. C’est seulement à l’été 2008 que je m’y suis vraiment consacré et que j’ai écrit coup sur coup Take shelter et Mud. Pourquoi l’avoir tourné après, alors ?Pour plusieurs raisons. L’une est pratique : Take shelter coûtait moins cher que Mud. Après mon premier film, Shotgun stories, j’avais eu d’excellentes critiques, mais il n’avait pas rapporté d’argent, en particulier aux États-Unis, donc personne ne frappait à ma porte pour me demander de tourner un autre film. Je savais que Mud c

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Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Port du short obligatoire

Y a pas à tortiller, ils sont forts chez Expérience : alors que l’époque est, dans le secteur de la bande dessinée comme ailleurs, à la généralisation du paiement à coups de lance-pierre, c’est en bermudas qu’ils rémunèrent les auteurs qui ont l’heur de produire des planches pour leur compte. Evidemment, il n’est pas ici question de ce short descendant sur les genoux qui, des militaires britanniques l’ayant inventé – en raccourcissant le pantalon de leur uniforme pour supporter la chaleur des Bermudes – aux touristes germaniques auxquels on l’associe, vous rend indésirable en moins ne temps qu’il n’en faut dire swag. Il est question du Projet Bermuda, objet éditorial lancé en 2007 et dont chaque déclinaison s’attache, au terme d’un appel à projets, à mettre en lumière la vitalité de la création séquentielle lyonnaise – et dont chaque contributeur, donc, reçoit des exemplaires. Le quatrième volume, le deuxième depuis le passage à un rythme de parution annuel, vient de sortir. Comme les précédents, il est volumineux (276 pages) et se partage harmonieusement entre heureuses retrouvailles (Jonathan Silvestre et ses gros pix

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Paperboy

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Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Paperboy

Le mirage continue autour de Lee Daniels : après les louanges déversées sur ce navet putassier et obscène qu’était Precious, le voilà sélectionné à Cannes pour un film encore pire, Paperboy. Daniels a désormais un style : en tant qu’auteur, il raconte à peu près n’importe comment ses histoires, passant d’un point de vue à un autre, ne choisissant jamais un angle pour traiter les sujets qu’il brasse, en général plein de bonne conscience (ici : racisme, peine de mort, identité sexuelle). En tant que cinéaste, c’est la fête puisque l’image, déjà enlaidie par l’utilisation de filtres glauques pour faire vintage, est triturée avec d’incompréhensibles surimpressions, ralentis et anamorphoses, avant d’être baignée dans de la musique rétro. En tant qu’homme, Daniels aimerait provoquer (il faut voir Nicole Kidman se livrer à de pathétiques simagrées sexuelles pour mesurer l’étendue des dégâts), émouvoir (on n’a jamais vu mort d’un personnage aussi peu touchante à l’écran) et pousser à l’indignation. Mais le seul souvenir que laisse Paperboy, c’est celle d’un typ

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ECRANS | Il y a deux types de cinéastes vieillissants : ceux qui adoptent une forme de sagesse et affinent film après film leur point de vue — l’école Eastwood ; et (...)

Christophe Chabert | Mercredi 29 août 2012

Killer Joe

Il y a deux types de cinéastes vieillissants : ceux qui adoptent une forme de sagesse et affinent film après film leur point de vue — l’école Eastwood ; et ceux qui s’autorisent un surcroît de fantaisie — l’école Resnais. En fait, il faut en ajouter un troisième, minoritaire : les metteurs en scène qui retrouvent dans cette dernière ligne droite une rage juvénile qu’on ne leur soupçonnait plus. Cela donne Battle Royale de Fukasaku et aujourd’hui cet incroyable Killer Joe d’un William Friedkin de retour au sommet. Bug, son film précédent, montrait déjà une hargne retrouvée, mais aussi des limites par rapport au matériau théâtral qu’il se contentait de transposer sagement à l’écran. L’auteur, Tracy Letts, est aussi celui de la pièce qui a inspiré Killer Joe ; cette fois, il a pris le temps de bosser avec Friedkin une vraie adaptation cinématographique, aérée et fluide, du texte original. Un choix plus que payant : le dialogue brillant de Letts trouve dans la mise en scène de Friedkin un allié de poids, le cinéaste étant trop content d’aller en découdre avec so

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Christophe Chabert | Jeudi 16 août 2012

Magic Mike

Début juillet, Piégée (Haywire) avait confirmé la santé actuelle de Steven Soderbergh, à la fois prolifique (un film tous les quatre mois en moyenne) et d’une grande liberté face aux matériaux pourtant mineurs qu’on lui refourguait. Dans ce thriller d’espionnage au féminin, il prenait à contre-pied tous les codes et les figures de style canonisés par la franchise Jason Bourne en laissant l’espace et le temps aux scènes d’action pour se déployer dans un réalisme scrupuleux et pourtant totalement cinégénique. Piégée, c’est la rencontre parfaite entre un réalisme documentaire (Gina Carano, l’héroïne, était une authentique championne d’arts martiaux) et une stylisation constante dont Soderbergh assure la maîtrise à tous les niveaux, à la fois chef-opérateur et monteur de ses films. Cet accomplissement, déjà en germe dans The Informant ou Contagion, et dont le brouillon raté était les deux volets du

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Christophe Chabert | Dimanche 27 mai 2012

Cannes jours 10 et 11 : In the Mud for love

Si c’était un scénario, ce serait un coup de théâtre ; si c’était un match de foot, on parlerait de but dans les arrêts de jeu ; mais nous sommes au festival de Cannes, et la présentation de Mud de Jeff Nichols le dernier jour de la compétition, à 8h30, a vraiment tout bouleversé. Ce film-là, c’est celui qu’on n’attendait plus, celui qui vient remplir un vide criant jusque-là : la grande œuvre américaine, romanesque et ample, n’ouvrant aucun horizon nouveau dans le cinéma mais prolongeant ce qui est peut-être sa ligne la plus essentielle, passant par Moonfleet, La Nuit du chasseur, Cyclone à la Jamaïque ou plus récemment True Grit… C’est une petite surprise de la part de Jeff Nichols. S’il n’en est qu’à son troisième film, on avait déjà quelques idées arrêtées sur son œuvre : Shotgun stories et Take shelter laissaient deviner un cinéaste ambitieux, cherchant à

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Cannes jour 9 : Grillés

ECRANS | Il sera temps, d’ici le palmarès dimanche soir, de tirer un bilan définitif de ce Cannes 2012, mais on affûte déjà nos couteaux, tant les jours qui viennent (...)

Christophe Chabert | Vendredi 25 mai 2012

Cannes jour 9 : Grillés

Il sera temps, d’ici le palmarès dimanche soir, de tirer un bilan définitif de ce Cannes 2012, mais on affûte déjà nos couteaux, tant les jours qui viennent de s’écouler ne plaident pas en sa faveur. Reste un (immense) espoir demain avec le Mud de Jeff Nichols — on vient de voir le Im Sang Soo, pas mal mais quand même très mineur, on en reparlera demain ; mais il faut le dire, arrivé à un tel stade de désillusion globale, on préfère ne plus s’attendre à rien. Au moins pourra-t-on être agréablement surpris. Car depuis jeudi soir, toutes les personnes croisées, journalistes, exploitants ou simples cinéphiles faisaient le même constat : «Vivement que ça se termine !». À la traditionnelle fatigue du marathon cannois s’ajoutait ainsi un certain agacement quant à la longue série de mauvais films vus en compétition, et ce n’est pas pour rien si le rythme des projections s’est spectaculairement ralenti pour nous : deux films et demi jeudi, deux ce vendredi, au lieu des quatre ou cinq quotidiens pendant le reste du festival. À un moment, plus rien ne suit : ni le corps, ni l’esprit, et cela conduit même à de fâcheuses situations, comme la projo de

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Nuits sonores – Dimanche 20 - Report

MUSIQUES | L'envie n'y était plus. Dans le même état d'inadéquation au monde et de fatigue émotionnelle qu'un explorateur de retour d'un continent jusqu'alors inconnu, on (...)

Benjamin Mialot | Lundi 21 mai 2012

Nuits sonores – Dimanche 20 - Report

L'envie n'y était plus. Dans le même état d'inadéquation au monde et de fatigue émotionnelle qu'un explorateur de retour d'un continent jusqu'alors inconnu, on ne se voyait pas embarquer pour une nouvelle destination. Il y avait encore tant à découvrir de la première. Surtout, on ne voyait pas comment New Order, malgré toute la symbolique entourant sa venue, allait pouvoir soutenir la comparaison avec le parangon d'hédonisme que fut la nuit précédente. C'est le concert de Mudhoney qui a commencé à nous ouvrir les yeux. Un vrai beau concert de rock'n'roll, économe en artifices et généreux en décibels, donné dans le club du Transbordeur devant un petit comité d'enthousiastes du Seattle sound. Tout ce qu'on attendait, en somme, des guignolos with an attitude que ce sont révélés être les cautions électriques des NSDays. De New Order, «simple» légataire de Joy Division devenu dès sa troisième année d'existence (soit en 1983) l'une des formations les plus influentes de la planète, on n'attendait en revanche pas grand-chose. En tout cas ri

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Concerts (très) spéciaux

MUSIQUES | RE : ECM, samedi 19 mai au Théâtre des Célestins Prenez une référence de la minimale et un pionnier de l'ambient, à savoir Ricardo Villalobos et Max (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 mai 2012

Concerts (très) spéciaux

RE : ECM, samedi 19 mai au Théâtre des Célestins Prenez une référence de la minimale et un pionnier de l'ambient, à savoir Ricardo Villalobos et Max Loderbauer. Confiez-leur le catalogue du visionnaire label de jazz ECM. Vous obtenez ce qui promet d'être l'un des moments les plus stimulants du festival. Mudhoney, dimanche 20 mai au Transbordeur Mudhoney, c'est d'abord une belle bande de losers, qui fuit toute sa carrière le microcosme grunge pour être finalement considérée comme son modèle. C'est surtout, près d'un quart de siècle après sa première répèt', un fuckin' grand groupe de rock'n'roll. New Order, dimanche 20 mai à la Sucrière «On n'a pas l'habitude d'inviter des têtes d'affiche de cette ampleur. On fait une exception, car New Order est pour nous un groupe matriciel, qui non content d'avoir fait la musique indé anglaise vers la dance, fait la synthèse entre les différents points de vue de l'équipe».

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Nouvel ordre sonore

MUSIQUES | Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps. Oh et puis si. Attention... Suspense. Ayé. C'est l'une des premières grandes nouvelles de cette 10e édition (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 26 janvier 2012

Nouvel ordre sonore

Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps. Oh et puis si. Attention... Suspense. Ayé. C'est l'une des premières grandes nouvelles de cette 10e édition de Nuits Sonores, forcément porteuse de symbole – l'édition comme la nouvelle – l'événement du festival cette année : la venue exceptionnelle, le 20 mai, de... New Order ! Quel meilleur candidat que le groupe de Manchester, nés sur les cendres de Joy Division – ou plutôt de son chanteur Ian Curtis, savant mélange né des premiers balbutiements de l'électro et de l'âge d'or de l'indie rock anglais pour résumer 10 ans d'exploration électro et indie du petit festival lyonnais devenu grand ? Quand on songe en plus que le groupe inaugura le Transbordeur il y a plus de 20 ans, on boucle une sacrée boucle. Vagabondage L'autre des premières grandes nouvelles de la décennie anniversaire de Nuits Sonores c'est le «déménagement» du festival. Après plusieurs éditions au Marché Gare, désormais en voie de destruction, Nuits Sonores reprend ses vieilles habitudes vagabondes, du moins en partie. Toujours installé à l'Hôtel de ville (Village sonore et Labo), à la Galerie des Terreaux (accuei

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La Défense Lincoln

ECRANS | Cette adaptation du roman de Michael Connelly est plutôt une bonne surprise. Le réalisateur parvient à capter le stress urbain sans abuser d’affèteries (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 19 mai 2011

La Défense Lincoln

Cette adaptation du roman de Michael Connelly est plutôt une bonne surprise. Le réalisateur parvient à capter le stress urbain sans abuser d’affèteries esthétisantes et en creusant l’isolement de son héros. À ce titre, il convient de souligner l’excellente performance de Matthew McConaughey (décidément à son aise dans les rôles d’avocat), et la bonne tenue globale de l’ensemble du casting. Sur une trame des moins originales (c’est là où le bât blesse), Brad Furman a compris, à l’inverse de bon nombre de ses petits camarades hollywoodiens, que l’une des plus pertinentes façons de contrer l’efficacité télévisuelle en matière de drame policier est de jouer sur l’atmosphère ou la caractérisation des personnages. Ce qui fait de La Défense Lincoln un divertissement carrément honorable. FC

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