Rentrée cinéma : du côté des festivals

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l'automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les formes de cinéma. Ça va aller vite, autant être prévenu. Lumière s'achèvera en effet avec l'ouverture des vacances de la Toussaint… et donc le lancement du festival Les Toiles des Mômes dans les salles du GRAC (du 17 octobre au 1er novembre). Dédié au jeune public, complété par des animations, ce rendez-vous autrefois baptisé Toiles des Gones prend du galon en dépassant les frontières de la Métropole. Aux mêmes dates, Ciné Filou sillonnera les Monts du Lyonnais.

Le cinéma Les 400 Coups de Villefranche accueillera ensuite la 20e édition de ses Rencontres du Cinéma Francophone (du 9 au 15 novembre) avec son lot d'avant-premières présentées par leurs auteurs, précédant le doyen des festivals de l'agglomération, l'incontournable 36e Festival du film Court de Villeurbanne au Zola (13 au 22 novembre). Plus discret, mais pas moins intéressant, Sol'enFilms programmera (dans les salles du GRAC à nouveau) une sélection de films portant sur les thématiques des changements climatiques et de l'environnement. À quelques jours de la Cop21, les débats associés ne manqueront pas d'être nourris (du 17 novembre au 1er décembre).

On ne sait pas encore en revanche ce qu'il adviendra du traditionnel rendez-vous du cinéma scientifique À nous de voir, qui avait fêté sa 28e édition l'an passé dans un climat difficile. Pardon pour l'image, mais c'est aujourd'hui une ambiance de guerre des Miss qui entoure la manifestation revendiquée d'un côté par la MJC d'Oullins, organisatrice, de l'autre par les bénévoles de l'association Yaka qui se présentent comme «les faiseurs du festival "A nous de voir" et du "Pôle images, sciences et débat public" en région Rhône-Alpes». Plus qu'une bisbille, c'est une crise profonde qui désoriente les élus et les associations professionnelles locales, tous impuissants face à cette situation inédite. On espère un dénouement serein…

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Qui veut devenir juré ?

ECRANS | Comme chaque année, les Rencontres du cinéma francophone (dont la 25e édition se tiendra du 9 au 15 novembre au cinéma Les 400 Coups de Villefranche-sur-Saône) (...)

Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

Qui veut devenir juré ?

Comme chaque année, les Rencontres du cinéma francophone (dont la 25e édition se tiendra du 9 au 15 novembre au cinéma Les 400 Coups de Villefranche-sur-Saône) fait appel aux bonnes volontés pour constituer son jury de huit cinéphiles ayant la lourde (mais agréable) charge de déterminer le palmarès du festival, sous la présidence du critique Alex Masson (photo). Pour faire acte de candidature, il faut être majeur, disponible durant la totalité de la période — c’est le minimum pour assister aux projections — et rédiger avant le 15 octobre une lettre faisant état de votre motivation à l’attention de l’association organisatrice L’Autre Cinéma soit par courrier (Candidature jury 2020 - Espace Barmondière - 69400 Villefranche-sur-Saône) soit par mail à contact@autrecinema.fr.

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40e festival du film court, premier service

ECRANS | N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

40e festival du film court, premier service

N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un certain sens de l’à-propos, la soirée d’ouverture de son édition anniversaire s’effectue autour du rêve, sous la houlette de Perrine Ruby — chercheuse en neurosciences, elle ne manquera pas de nous éclairer sur toutes les acceptions du terme “projection“. Cette ouverture sera précédée d’une bienvenue remembrance des 39 marches déjà gravies : le festival a en effet composé un florilège par décennie. Quatre programmes, donc, pour (re)découvrir des œuvres passées par Villeurbanne, emblématiques de leur époque, souvent primées. Tels Comme les doigts de la main d’Éric Rochant (1984), Acide Animé de Guillaume Bréaud (1998), Skhizein de Jérémy Clapin (2008), Logorama des H5 (2009) ou Avant que de tout perdre de Xavier Legrand (2012). Des films importants pour ce qu’ils sont, mais aussi pour ce et ceux qu’ils apportent au cinéma en génér

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Tous en Calade !

ECRANS | Davantage que les souvenirs ou les regrets, l’automne est une saison où les festivals et les bons films se ramassent à la pelle, n’en déplaise à Prévert, (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Tous en Calade !

Davantage que les souvenirs ou les regrets, l’automne est une saison où les festivals et les bons films se ramassent à la pelle, n’en déplaise à Prévert, pourtant scénariste de premier ordre. Voilà ce qu’inspire l’affiche de la 24e édition des Rencontres du Cinéma Francophone. Enfin, pas l’affiche en elle-même avec ses bris de miroir, plutôt sa programmation regorgeant de promesses mais aussi de certitudes. Citons notamment l’avant-première du nouveau Guédiguian, Gloria Mundi déjà remarqué (et primé) à Venise, que Robinson Stévenin accompagnera, ou bien celle de Notre Dame de Valérie Donzelli, dont on ne se lasse pas de louer la (bienheureuse et inattendue) réussite, que la comédienne-réalisatrice présentera via une vidéo. On se montrera en revanche plus mitigé devant Chanson douce, adaptation du Goncourt 2016 défendu par sa réalisatrice Lucie Borleteau. Si elles proposent une Carte blanche au Festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand, ces Rencontres lorgnent beaucoup du côté de la Mostra : outre le pré-cité

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39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

ECRANS | Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur une compétition européenne traversée par l’évocation des réfugiés. En 2018, si le retour au réalisme est patent, les problématiques migratoires restent présentes à travers l’arrachement à la terre natale pour un petit Réunionnais (Objectif Lune), la promesse de retrouvailles pour une vieille Hongroise (Last Call), la défense inhumaine des frontières (Zorn dem Volke) ; la situation, enfin, de ceux qui attendent un hypothétique passage (Third Kind, The Barber Shop, Song for the Jungle voire Kiem Holijanda). Autre thématique coutumière faisant un retour fracassant, la question de la souffrance des personnes LGBT. C’est à un tour du monde des oppressions ou de la défiance à leur endroit que l’on assiste : de la France des villes et campagnes (les fictions Malik, Un homme mon fils ; le documentaire

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39e Festival du Film Court, acte 1

ECRANS | À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

39e Festival du Film Court, acte 1

À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format est par essence le terrain de prédilection des cinéastes novices) mais de renouvellement. Olivier Calonnec, qui a succédé cet été à Laurent Hugues à la tête de la manifestation, n’est évidemment pas étranger à ces revigorantes inflexions. Le mouvement s’empare de la programmation dès la soirée d’ouverture vendredi 16 novembre construite autour de la Danse, danse, danse ! Comme un écho à la Biennale de l’année, elle commencera par un film de la compétition européenne, Les Indes galantes de Clément Gogitore (récent lauréat du Jury des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais pour L’Autre Continent) et s’achèvera par une œuvre issue de la sélection animation, Make it Soul, de Jean-Charles Mbotti Malolo. Un avant-goût transversal de la production annuelle sur laquelle on reviendra en détail la semaine prochaine. Le festival mettra ensuite l’accen

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Les Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais sont de retour

ECRANS | À Villefranche, on n’attend pas la mi-novembre pour faire le plein de nouveautés — cinématographiques, s’entend. Voilà vingt années bien tassées que les 400 (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Les Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais sont de retour

À Villefranche, on n’attend pas la mi-novembre pour faire le plein de nouveautés — cinématographiques, s’entend. Voilà vingt années bien tassées que les 400 Coups trinquent à la santé des productions francophones en conviant les auteurs de premiers films ainsi que celles et ceux désireux de faire partager leurs plus récentes réalisations en avant-premières. Un assemblage efficace, complété par une compétition arbitrée par un jury de spectateurs (toutefois présidé par un semi-pro, puisqu’il s’agit du critique Frédéric Mercier) et qui revendique sur ses 18 longs-métrages au programme une stricte parité pour les cinéastes. Qui dit mieux ? Parmi les œuvres à départager, on recommande Sofia de Meryem Benm’Barek et l’on attend avec beaucoup d’intérêt Amanda de Mikhaël Hers — qui nous avait enchanté avec son bon Ce sentiment de l’été. Moins convaincant se révèle La Dernière folie de Claire Darling de Julie Bertuccelli, décidément plus à son aise dans le format documentaire. Également en lice, Lune

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Les Toiles des Mômes

ECRANS | Inutile d’attendre les vacances pour se rendre au cinéma. Mais impossible de ne pas profiter des vacances pour aller faire un tour dans les salles. (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Les Toiles des Mômes

Inutile d’attendre les vacances pour se rendre au cinéma. Mais impossible de ne pas profiter des vacances pour aller faire un tour dans les salles. Surtout lorsque l’on a de la progéniture à distraire ou à écarter de la console/l’ordinateur/la télé (biffer les — éventuelles — mentions inutiles). Les Toiles des Mômes continuent de répondre aux attentes des publics exigeants avec une sélection éclectique balayant toutes les tranches d’âge (dès 3 ans et jusqu’au dentier) composée exclusivement d’œuvres pouvant se réclamer du label art et essai. C’est-à-dire que vous ne trouvez pas ici la dernière production à grandes oreilles ; plutôt des films alternatifs (et néanmoins qualitatifs) d’animation ou en prises de vues réelles, doublant le divertissement d’une réflexion toujours profitable et/ou d’une approche esthétique singulière. On vous recommandera ainsi Parvana, histoire d’une petite afghane confrontée aux talibans, Le Quatuor à cornes, équipée mugissante de quatre aventurières rigolotes. Mais aussi la reprise de Kirikou et la Sorcière

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38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

ECRANS | Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse et irrigue près de la moitié des 48 films en lice. Et il ne s’agit pas d’une lubie hexagonale : tous les pays représentés connaissent la même résurgence pour ce cinéma de genre que les jeunes cinéastes maîtrisaient parfois mal autrefois. Ce n’est plus cas. Pour Laurent Hugues, directeur des festivals du Zola, « si le goût pour le fantastique a toujours été là, il avait du mal à passer le stade des commissions d’aide à la production, qui donnaient leur préférence aux films à caractère social. Aujourd’hui, on trouve davantage de personnes aspirant à élargir le spectre des œuvres financées. » Quant au volume… Le fantastique ne naît pas dans une société apaisée : « L’air du temps inspire une inquiétude grandissante chez les auteurs, un malaise qui s’accroit depuis deux ou trois ans. » Et le comité de sélection du festival a peut-être, lui aussi, gagné en audace. Mise en bouche

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La saison des festivals est ouverte

ECRANS | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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22e Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais

ECRANS | On ne se rend jamais en vain dans les salles caladoises des 400 Coups. Surtout lorsque se profilent les Rencontres : presque vingt longs-métrages y sont (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

22e Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais

On ne se rend jamais en vain dans les salles caladoises des 400 Coups. Surtout lorsque se profilent les Rencontres : presque vingt longs-métrages y sont programmés cette année, dont huit soumis à l’appréciation du jury des spectateurs. Mais la compétition relève presque de l’anecdote, l’enjeu demeurant la possibilité offerte au public d’échanger avec les comédiens, cinéastes, scénaristes ou producteurs accompagnant les œuvres lors des séances, généralement en avant-premières et souvent uniques. Le très rare Gérard Meylan, interprète fétiche (et quasi exclusif) de Robert Guédiguian a ainsi ouvert le bal avec La Villa — proposé à nouveau au Singuliers de Belleville samedi 11 —, et Antony Cordier présenté sa nouvelle réalisation Gaspard va au mariage. La suite ne manque pas d’intérêt, avec l’arrivée d’Emmanuel Gras pour son fascinant documentaire Makala (Grand Prix de la Semaine de la Critique) et Xavier Legrand pour Jusqu’à la garde, un premier long-métrage intense primé à

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Les Toiles des mômes

KIDS | Le redoux ambiant ne doit pas vous abuser : les vacances de la Toussaint ont bien débuté, malgré l’obstination du soleil, semblant lutter pour maintenir son (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 octobre 2017

Les Toiles des mômes

Le redoux ambiant ne doit pas vous abuser : les vacances de la Toussaint ont bien débuté, malgré l’obstination du soleil, semblant lutter pour maintenir son empire sur l’automne et dissuader le jeune public de se réfugier dans les salles de cinéma. Il lui faudra darder de sacrés rayons pour lutter contre l’affiche de Toiles des Mômes, ce festival se déroulant simultanément à travers 37 salles indépendantes du Rhône, de l’Ain et de la Loire. Plus d’une vingtaine de films choisis parmi les sorties récentes (ou quelques-unes à venir) attendent les spectateurs dès deux ans, pour des séances en général “augmentées” : en plus de la projection, la salle de cinéma propose qui un atelier, qui une exposition, qui un concert, qui un goûter, qui une animation en écho avec le film présenté. Débutant par une excellente initiative, à savoir une programmation conjointe avec le Festival Lumière (La Belle et la Bête, Le Bossu de Notre-Dame et Les Aristochats issus de la programmation Disney à Paris, auxquels s’ajoutent En vitesse avec Haro

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L’enfance du 7e art

ECRANS | Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

L’enfance du 7e art

Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve avec cette 37e édition, parcourue par un souffle de nouveautés, perceptible notamment dans les 44 films de sa compétition européenne — sa principale sélection —, et accentuée par une étonnante surreprésentation d’enfants. D’enfants à naître, dans le superbe court animé de Roshanak Roshan, Yalda où une Iranienne exilée révèle sa crainte de devenir mère, ou d’êtres infantilisés, à l’instar du protagoniste de Nabelschur. Signé par la prometteuse Eliza Petkova, ce film à la direction artistique impeccable montre un jeune homme garrotté par une mère mutique et possessive à l’amour odieusement destructeur. Renouveau allemand Observateurs, messagers, parfois dépositaires de secrets écrasants, les enfants entrent dans un monde terrifiant auquel ils ne sont pas préparés : la fillette kurde réfugiée chargée d’annoncer un diagnostic médical à sa mère de Il Silenzio, ou le môme découvrant que son père doit dém

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Cuvée prestige aux 400 Coups

ECRANS | Conséquence d’une fructueuse récolte dans les marchés internationaux du film, la 21e édition des Rencontres du cinéma francophone s’avère des plus gouleyantes. (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Cuvée prestige aux 400 Coups

Conséquence d’une fructueuse récolte dans les marchés internationaux du film, la 21e édition des Rencontres du cinéma francophone s’avère des plus gouleyantes. L’association organisatrice L’Autre cinéma nous pardonnera cette sempiternelle facilité : après tout, ces pousse-au-crime tendent le flacon pour se faire écluser en calant chaque année leur festival caladois mi-novembre. Toute honte bue, revenons à notre propos : la programmation, riche de films escortés par ceux qui les ont fabriqués. Quelques visages connus comme l’ami Serge Avédikian et son Celui qu’on attendait, Sacha Wolff pour Mercenaire, Ma vie de courgette présenté par Grégory Beaussart, le chef de fabrication des marionnettes ou encore Marielle Gautier et Hugo P. Thomas, accompagnant Willy 1er. Au rayon des avant-premières, la liste se révèle aussi savoureuse : après le dérangeant Grave, vous aurez le privilège de découvrir (entre autres) le documentaire Swagger d’Olivier Babinet introduit par icelui,

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Salles (de ciné) gosses !

KIDS | Eh oui, les vacances scolaires sont déjà là… Cette année, elles ont la cocasserie de débuter un mercredi — ce qui époulaille tout le monde, sauf les salles (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Salles (de ciné) gosses !

Eh oui, les vacances scolaires sont déjà là… Cette année, elles ont la cocasserie de débuter un mercredi — ce qui époulaille tout le monde, sauf les salles obscures, pour qui ce jour constitue le commencement ordinaire d’une semaine cinématographique. Parents désœuvrés, lorgnez en confiance sur les écrans du réseau GRAC, qui programment leur traditionnel rendez-vous Les Toiles des mômes dans 37 sites de la Métropole. Au menu, un joli mixte entre les meilleurs films jeune public (dès 2 ans !) sortis ces derniers mois (Ma vie de courgette, Ivan Tsarévitch et la princesse changeante, La Chouette entre veille et sommeil, Les Nouvelles aventures de Pat et Mat…), des reprises (Fievel et le Nouveau Monde), des avant

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Aux premiers de ces messieurs-dames !

ECRANS | Il faut avoir de l’endurance oculaire lorsque l’on appartient au comité de sélection villeurbannais : cette année, ces passionnés ont eu à se prononcer sur près (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

Aux premiers de ces messieurs-dames !

Il faut avoir de l’endurance oculaire lorsque l’on appartient au comité de sélection villeurbannais : cette année, ces passionnés ont eu à se prononcer sur près de 1 300 courts métrages inscrits en présélection dans la section principale, la compétition européenne. C’est donc la quintessence de la production 2014-2015 qui a été retenue, soit 38 œuvres réparties en 7 programmes — auxquelles s’ajoute un bonus : une "séance de rattrapage" offerte à 5 films à la lisière de la sélection, méritant d’être vus même s’ils ne concourent pas pour un prix. Beaucoup de films, mais surtout «plus de cinéma en compétition que les années précédentes précise Laurent Hugues, le directeur des festivals, car ce n’est pas la même chose. Faire du cinéma, c’est employer un langage spécifique pour raconter une histoire, pour la véhiculer et caractériser ses personnages.» Un langage, mais aussi plusieurs idiomes, pourrait-on compléter, tant grande est la diversité des formes rassemblées durant la dizaine festivalière : certes, le documentaire est absent et la fiction dominatrice, cependant que l’expérimental possède son représentant et l’animation compose le cinquième de la sé

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Les Rencontres nouvelles sont arrivées

ECRANS | Repaire (et repère) pour les cinéphiles caladois, le cinéma Les 400 coups n’a pas la tache bien facile : comme son camarade musical Nouvelles Voix (au Théâtre (...)

Vincent Raymond | Mardi 3 novembre 2015

Les Rencontres nouvelles sont arrivées

Repaire (et repère) pour les cinéphiles caladois, le cinéma Les 400 coups n’a pas la tache bien facile : comme son camarade musical Nouvelles Voix (au Théâtre de Villefranche), il s’acharne à prouver que le mois de novembre en Beaujolais ne se résume pas à des agapes vineuses. Son arme secrète ne l’est plus depuis deux décennies : un festival, baptisé du nom convivial de "Rencontres", dédié au cinéma francophone, où le public est invité à échanger dans une ambiance détendue avec des réalisateurs. La liste est longue des invités ayant accompagné cette manifestation portée par l’association L’Autre Cinéma — un ouvrage rétrospectif publié par les éditions du Poutan permet de se replonger dans son histoire. Elle s’enrichit encore cette année. Citons l’habitué et régional de l’étape Raymond Depardon, à l’honneur avec sa compagne et collaboratrice Claudine Nougaret autour d’un programme de courts métrages, mais aussi de Journal de France (2012). Mais encore Michel Leclerc, pour La Vie très privée de Mr Sim en avant-première — film qu’il a tourné avec Jean-Pierre Bacri dans les environs — ou Fatima Elayoubi pour éch

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Pendant Les Toiles des Mômes, place aux jeunes

ECRANS | À dix ans, est-on encore un enfant ? Sans aucun doute, mais l’on commence à se métamorphoser. La règle s’applique aussi au festival Les Toiles des Gones, (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

Pendant Les Toiles des Mômes, place aux jeunes

À dix ans, est-on encore un enfant ? Sans aucun doute, mais l’on commence à se métamorphoser. La règle s’applique aussi au festival Les Toiles des Gones, dont la décennie d’existence s’accompagne d’une formidable crise de croissance. Ainsi que d’un changement d’état civil, consécutif à l’élargissement de son périmètre initial (la Métropole, ex-Grand Lyon) : gagnant l’Ain, le Jura et la Loire, le festival s’est rebaptisé Les Toiles des Mômes, moins connoté lyonnais. Il conserve cependant la même formule, en l’appliquant désormais à 34 salles indépendantes affiliées au réseau régional GRAC. Le principe ? Proposer une cascade de films jeune public durant les vacances de la Toussaint, assortis de rencontres, d’expositions et d’animations conviviales (ateliers créatifs, goûters…). Parmi les événements, des avant-premières (Avril ou le monde truqué au Cinéma Gérard-Philipe de Vénissieux le 21, Tout en haut du monde au Zola de Villeurbanne le 1er novembre), une rencontre avec un inspecteur de police au Ciné Mourguet pour Phantom Boy (le 20), un ciné-concert par l’ARFI sur le film

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

ECRANS | On termine aujourd’hui notre petit tour de la compétition villeurbanaise avec quelques films qui brillent par leur originalité, et même un authentique (...)

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

On termine aujourd’hui notre petit tour de la compétition villeurbanaise avec quelques films qui brillent par leur originalité, et même un authentique chef-d’œuvre dont on se prend à rêver qu’il ira décrocher le Grand Prix samedi lors de la cérémonie de palmarès… Chat de Philippe Lasry n’en est pas un, de chef-d’œuvre, mais il est fortement recommandable. Son dispositif minimaliste — tout se déroule sur la scène d’un théâtre dans une institution pour handicapés mentaux — est assez séduisant : l’éducatrice incarnée par Corinne Masiero — meilleure ici que dans la plupart des longs dans lesquels elle s’est égarée depuis Louise Wimmer — demande à une jeune fille de raconter un souvenir qui lui inspire de la tristesse. Elle choisit le moment où elle a dû déménager et où ses parents ont décidé de donner son chat à un voisin. Puis l’éducatrice désigne d’autres participants à l’atelier pour monter sur scène et rejouer ce moment. Tandis que l’exercice s’enlise, l’ensemble du groupe se lance dans un moment de défoulement qui la renvoie à son propre passé douloureux. Explosion dont on ne sait si elle est de l’ordre de la cruauté ou de l’amusement spontané,

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

ECRANS | Une des déceptions de cette compétition 2014, c’est la faiblesse des courts européens présentés, largement distancés par les films français, mais surtout (...)

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

Une des déceptions de cette compétition 2014, c’est la faiblesse des courts européens présentés, largement distancés par les films français, mais surtout francophones — comme on l’expliquera dans notre billet de demain. Un exemple : Safari de l’Espagnol Gerardo Herrero, qui sombre dans le mauvais goût le plus total en créant un suspens malsain et clipesque autour d’une tuerie façon Columbine. D’ordinaire, le court espagnol sait être mordant et caustique, mais dans ce cas, il n’est qu’un vain exercice de style d’un petit malin cherchant à choquer pour choquer. Il faut toujours une exception pour confirmer la règle : ce sera donc le Polonais Ocze Masz (qu’on peut traduire par La Fête des pères) qui, sans être aucunement révolutionnaire, tient plutôt correctement son programme doux-amer. Un chanteur punk vieillissant passe la nuit avec une groupie levée à la fin d’un concert et se réveille le matin avec la gueule de bois, la demoiselle dans le coma et son fiston sur les bras. C’est beaucoup pour un seul homme, surtout quand il a fait de l’absence de responsabilités une véritable éthique de vie. Il tente d’abord de refourguer le ga

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

ECRANS | Avant d’entrer dans les détails de cette compétition 2014 du festival de Villeurbanne, une remarque liminaire : chaque festival de court-métrage possède son (...)

Christophe Chabert | Mercredi 19 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

Avant d’entrer dans les détails de cette compétition 2014 du festival de Villeurbanne, une remarque liminaire : chaque festival de court-métrage possède son empreinte particulière, une certaine cohérence pour trier, parmi le millier de films reçus, ce qui constituera sa vitrine annuelle. Au fil des éditions, Villeurbanne dessine un goût pour le court où s’exprime une réelle maîtrise du cinéma, dans la manière de raconter une histoire ou de la mettre en scène visuellement à l’écran. Sur les 37 films présentés, quasiment aucun n’est pris en faute de goût, à l’exception, mais c’est presque inévitable, notamment dans le court français, du dialogue, pas toujours très crédible, et de la direction d’acteurs, parfois hasardeuse. Cette cohérence a son revers : le binge watching de la compétition entraîne assez vite une accoutumance à ce cinéma bien fait, bien produit, bien écrit et bien réalisé, qui laisse peu de place à l’imprévu et se contente souvent de traiter un sujet de façon assez conventionnelle. Ce sont, du coup, les œuvres les plus aventureuses qui tirent la couverture à elles, celles qui n’ont pas peur d’expérimenter et de déranger, refusant les récits bouclés ou bous

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Une belle brochette de courts…

CONNAITRE | Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Une belle brochette de courts…

Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. En plus de ses sections parallèles, c’est bien sûr sa compétition qui fera l’événement cette semaine, avec l’arrivée du jury et le palmarès samedi soir. Sur les trente-sept films présentés, une bonne douzaine vaut largement le déplacement, et on en parlera quotidiennement sur notre site web… Mais l’un d’entre eux est de ces chefs-d’œuvre qui éclipsent tous les autres. Il s’appelle La Part de l’ombre et est signé par Olivier Smolders, fabuleux cinéaste belge qui a construit une œuvre singulière puisqu’à l’exception d’un long resté hélas confidentiel, il n’a tourné que des courts. Son nouveau film se propose d’éclaircir, à partir d’une multitude de sources, l’énigme du photographe hongrois Oskar Benedek, dont la carrière sulfureuse et avant-gardiste a été interrompue par sa disparition mystérieuse en 1944. Smolders y trouve un nouveau prétexte pour explorer les puissances de l’image et son rapport à la mort, ici conçue comme un effacement progressif du vivant. Une œuvre-choc et hantée, dont on n

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Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

ECRANS | Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de (...)

Christophe Chabert | Samedi 23 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de Gabriel Gauchet dont on parlait ici, a déjà raflé des grands prix à tire-larigot, à Locarno, Grenoble, Grenade, etc. Le film n’a pourtant rien d’une bête à concours ; il représente juste ce que tout court-métrage devrait être : un regard sur le monde qui tient autant à la qualité d’une écriture, à la maîtrise de la direction d’acteurs et à des choix de mise en scène qui permettent au spectateur de vivre l’action mais aussi de la décoder et de la mettre en perspective. À l’aune de The Mass of men, les faiblesses de ses concurrents apparaissent criantes : tel cinéaste se regarde filmer, tel autre a un sujet, mais le décline scolairement à l’écran ; et celui-ci, qui n’a pas écrit des dialogues suffisamment pensés pour ses acteurs, et qui se retrouve à galérer pour les rendre cinématographiques… Qu’on soit clair, dans la compétition de Villeurbanne, si aucun f

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Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

ECRANS | Bon cru, annoncions-nous ici il y a quelques jours concernant la compétition européenne du festival du film court de Villeurbanne… Ça a tendance à se (...)

Christophe Chabert | Vendredi 22 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

Bon cru, annoncions-nous ici il y a quelques jours concernant la compétition européenne du festival du film court de Villeurbanne… Ça a tendance à se confirmer même si, après quatre programmes visionnés, il ne fait pas de doute que nos chouchous découverts dans d’autres festivals continuent tranquillement la course en tête : Avant que de tout perdre et L’Amour bègue — The Mass of men et Solitudes seront présentés aujourd’hui. Animations Commençons par ce qui fâche : on se demande, année après année, pourquoi le festival programme autant de films d’animations dans sa compétition. On n’a rien contre le genre en soi, mais il paraît évident que les films retenus ont l’air maigrichons face aux mastodontes de la fiction en prises de vue réelles. Exemple extrême : Snejinka (Flocon), dessin animé russe au-delà du naïf, avec son exotisme africain de pacotille façon sous-Kirikou. Ou enc

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Voir l’invisible

ECRANS | Qu’on se le dise : À nous de voir est un des meilleurs festivals de cinéma de l’agglomération. Il n’a qu’un seul inconvénient : il tombe en même temps qu’un (...)

Christophe Chabert | Vendredi 15 novembre 2013

Voir l’invisible

Qu’on se le dise : À nous de voir est un des meilleurs festivals de cinéma de l’agglomération. Il n’a qu’un seul inconvénient : il tombe en même temps qu’un autre des meilleurs festivals de cinéma de l’agglomération, celui du film court de Villeurbanne. Même si les deux jouent la complémentarité, dur pour le spectateur de se dédoubler afin de suivre l’un et l’autre, et c’est souvent à rebours que l’on constate les trésors qui sont montrés à Oullins. L’an dernier, par exemple, le festival présentait en compétition le très beau Le Bonheur… terre promise de Laurent Hasse, qui a depuis connu un joli voyage dans les salles hors des circuits de diffusion traditionnels. Pour cette 27e édition, À nous de voir reste donc fidèle à son credo, celui du film scientifique, appréhendé tant dans sa dimension cinématographique que par sa manière d’aborder des sujets relevant des sciences dures comme des sciences humaines ou sociales. Fidélité à sa formule aussi : les films donnent lieu à des débats avec des intervenants, que ce soient les réalisateurs ou des spécialistes des questions soulevées.

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Le court des choses

ECRANS | Depuis que le festival du film court de Villeurbanne a fusionné ses compétitions francophone et européenne, cette épine dorsale de sa programmation a trouvé une (...)

Christophe Chabert | Jeudi 14 novembre 2013

Le court des choses

Depuis que le festival du film court de Villeurbanne a fusionné ses compétitions francophone et européenne, cette épine dorsale de sa programmation a trouvé une nouvelle ampleur. Ce qui frappe cependant pour cette 34e édition, c’est que les films eux-mêmes semblent traverser les frontières, et il n’est pas rare de voir un cinéaste français tourner en Angleterre ou en Afrique du Sud… Une mondialisation qui se retrouve aussi dans les sujets abordés, où l’immigration et les conséquences de la crise économique forment le background de nombreuses fictions. Cette façon de prendre le pouls d’une époque n’a vraiment rien d’inattendu et serait même anecdotique si les films ne cherchaient pas avant tout de nouvelles formes pour traiter leur sujet. C’est particulièrement frappant dans The Mass of men de Gabriel Gauchet, un véritable chef-d’œuvre qui fait déjà figure de favori pour le palmarès final. Gauchet met d’abord en scène un fait divers sanglant, un massacre au pistolet à clous dans un Pôle emploi britannique, qu’il regarde à travers les images froides des caméras de survei

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Des Grecs et une Parmentier

ECRANS | C’est le début cette semaine de l’incontournable Festival du film court de Villeurbanne au Zola, qui s’annonce cette année comme un excellent cru. On dit ça (...)

Christophe Chabert | Mercredi 6 novembre 2013

Des Grecs et une Parmentier

C’est le début cette semaine de l’incontournable Festival du film court de Villeurbanne au Zola, qui s’annonce cette année comme un excellent cru. On dit ça car on a déjà jeté un œil à certains films de sa compétition européenne, et il y a de sacrés morceaux de cinéma là-dedans. On y reviendra en détail la semaine prochaine — le festival continue jusqu’au 24 novembre — mais il ne faudrait pas négliger les belles séances de cette semaine, à commencer par la carte blanche proposée à Julie-Marie Parmentier (vendredi 15 novembre à 21h), marraine et membre du jury de cette 34e édition, qui a fait de grands écarts de programmation, entre un court muet de Chaplin (Charlot boxeur) et un autre, absolument rarissime, de Takeshi Kitano, One fine day. Surtout, elle y a adjoint un court long métrage (64 minutes) de son amie Isild Le Besco, Demi-tarif. À l’époque, ce film hors norme et hors format avait trouvé un défenseur de choix en la personne du regretté Chris Marker, qui avait vu dans cette dérive de trois enfants livrés à eux-mêmes un souffle nouveau pour le cinéma français — confirmé par Le Besco ensuite dans ses deux a

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Les voyants passent au rouge

CONNAITRE | Il y a comme un marabout-bout de ficelle entre le festival du film court de Villeurbanne, À nous de voir et le tout neuf Mode d’emploi : certains (...)

Christophe Chabert | Vendredi 16 novembre 2012

Les voyants passent au rouge

Il y a comme un marabout-bout de ficelle entre le festival du film court de Villeurbanne, À nous de voir et le tout neuf Mode d’emploi : certains films du premier se retrouvent dans la programmation du second, et certains sujets abordés du côté d’Oullins vont trouver un écho dans la manifestation organisée par la Villa Gillet. Si À nous de voir avait au départ l’ambition de mettre en lumière un genre (le film scientifique) dont on pouvait penser qu’il était un peu ingrat, la qualité de sa programmation, l’exigence dans le choix des intervenants et sa volonté de rebondir sur les questions les plus actuelles ont peu à peu posé ce rendez-vous comme un vaste forum de réflexion sur ce qui agite la société. On ne s’étonnera pas d’y trouver cette année la présence de Pierre Carles, infatigable pourfendeur des collusions entre le médiatique et le politique, avec son dernier brûlot autoproduit où il démontre que DSK et Hollande furent les candidats choisis par les médias dominants avant de l’être par les sondés, puis par les électeurs. La démarche de Carles n’a rien de scientifique ; c’est un pamphlétaire, un guerrier de l’image, un poil à gratter nécessaire dans une démo

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Le court, mort ou vif

ECRANS | L’an dernier, c’était le big bang du passage au numérique qui avait bousculé le festival du film court de Villeurbanne. Il avait donc assisté à un déluge de (...)

Christophe Chabert | Dimanche 11 novembre 2012

Le court, mort ou vif

L’an dernier, c’était le big bang du passage au numérique qui avait bousculé le festival du film court de Villeurbanne. Il avait donc assisté à un déluge de films pour sa présélection, sans pour autant voir la qualité moyenne augmenter — au contraire, foi de Laurent Hugues, vaillant directeur et membre du comité de sélection. On pouvait penser que cette révolution (solaire) passée, le festival allait retrouver son rythme de croisière et profiter de l’aubaine nouvelle née d’une technologie qui a quand même beaucoup d’avantages (à commencer par une plus simple "circulation" des copies, et une facilité pour sous-titrer les œuvres non francophones). Patatras ! Voilà qu’à l’âge du Christ au tombeau, la manifestation, comme beaucoup d’autres festivals de cinéma rhodaniens, se retrouve amputée de sa subvention allouée par le Conseil Général. La vie n’est décidément pas un long fleuve tranquille pour Villeurbanne, mais plutôt que de jouer les veuves siciliennes, le festival a décidé d’aller de l’avant en fusionnant une fois pour toutes ses deux compétitions, francophones et européennes, donnant naissance à six programmes mélangeant les films indifféremment de leur provenance géo

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«Un piédestal pour les acteurs»

ECRANS | American football est votre premier court…Morgan Simon : Pas tout à fait. C’est le premier avec un vrai budget. J’ai fait la FEMIS à Paris, en section (...)

Christophe Chabert | Vendredi 9 novembre 2012

«Un piédestal pour les acteurs»

American football est votre premier court…Morgan Simon : Pas tout à fait. C’est le premier avec un vrai budget. J’ai fait la FEMIS à Paris, en section scénario, j’ai tourné des films avec l’école et à côté, dans toutes sortes de formats. Disons que c’est le premier court professionnel. Le film est un boy meets girl classique mais inscrit dans un milieu inédit, celui du hardcore, avec des personnages très originaux… Qu’est-ce qui est venu en premier ?J’écoutais beaucoup ce genre de musique, bien avant de m’intéresser au cinéma, et j’ai eu envie d’en parler, de la fascination pour ce milieu, pour les tatouages. Le film était censé mélanger un côté très cinéma français et un côté plus film indépendant américain, de part ce milieu décalé. Le scénario n’était pas centré sur l’histoire d’amour au début, mais le personnage de la fille est devenu de plus en plus important ; j’ai fait le choix d’aller dans cette direction. Je trouvais intéressant de parler de ce milieu par le biais de la comédie sentimentale, plutôt que de faire un film frontal sur le sujet. On pense

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Passé, présent, futur

ECRANS | Actu / Le Festival À nous de voir de Oullins a 25 ans. Un quart de siècle que cet événement consacré aux films scientifiques explore tous les domaines de (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 10 novembre 2011

Passé, présent, futur

Actu / Le Festival À nous de voir de Oullins a 25 ans. Un quart de siècle que cet événement consacré aux films scientifiques explore tous les domaines de son concept : sciences dures, mais aussi sciences sociales, sciences de la terre et de l’environnement… Pour cette édition anniversaire, À nous de voir récapitule avec panache cette ouverture maximale. D’abord en choisissant la réactivité face à l’actualité : l’Histoire en marche du côté des pays arabes sera doublement représentée au sein de sa sélection, avec Tahrir (place de la libération) de Stefano Savona et Fragments d’une révolution, montage de documents amateurs tournés pendant l’insurrection réprimée en Iran. Actualité encore avec un double programme consacré à la crise financière où seront projetés Les Coulisses de la crise d’Hervé Vacheresse et La Stratégie du choc de Michael Winterbottom. Actualité enfin avec la venue d’Ariane Doublet, une des grandes documentaristes françaises, qui présentera son dernier film, La Pluie et le beau temps, où elle évoque la mondialisation à travers la production du lin en France et son exploitation en Chine. Dans ce festival riche en proposi

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Digitalisation en courts

CONNAITRE | Annoncée depuis des années, accélérée par la conversion des salles à la projection numérique, le Festival du film court de Villeurbanne va vivre, pour sa (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 9 novembre 2011

Digitalisation en courts

Annoncée depuis des années, accélérée par la conversion des salles à la projection numérique, le Festival du film court de Villeurbanne va vivre, pour sa 32e édition, sa révolution numérique. Car jusqu’ici seuls les films possédant une copie 35 mm avaient le droit de concourir au sein de la compétition française et francophone. La première conséquence a été l’inflation considérable du nombre d’œuvres présentées au comité de sélection : 800 au lieu des 400 des éditions précédentes. Laurent Hugues, directeur du festival, avait eu beau tenter d’endiguer cette explosion en la limitant aux supports vidéos professionnels et aux films possédant une société de production, rien n’y a fait : la démocratisation numérique et l’auto-entreprise permettent à beaucoup d’amateurs de s’improviser cinéastes. Au final, ce même Laurent Hugues nous avouait que la physionomie de la compétition n’allait pas être affectée par ce boum ; les critères du comité tablent toujours sur l’originalité du regard et de la proposition cinématographique, qui n’a rien à voir avec les conditions de production. Comme un symbole, le gagnant du Grand Prix 2010, Aurélien Vernhes-Lermusiaux, revient en compétition en 2011

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Cuvée cinéma 2011

CONNAITRE | Festival / Pour leur seizième édition, les Rencontre du cinéma francophone en Beaujolais (organisées par Les 400 coups de Villefranche-sur-Saône jusqu’au 13 (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 4 novembre 2011

Cuvée cinéma 2011

Festival / Pour leur seizième édition, les Rencontre du cinéma francophone en Beaujolais (organisées par Les 400 coups de Villefranche-sur-Saône jusqu’au 13 novembre) affichent une programmation à l’éclectisme revendiqué. Parmi les événements de la manifestation, la venue de Marjane Satrapi le mercredi 9 pour soutenir (il en a, hélas ! un peu besoin…) son beau Poulet aux prunes, et celle de Stanislas Merhar, acteur fétiche de Chantal Ackerman dont il présentera le dernier film en avant-première (La Folie Almayer). Jean-Jacques Jauffret accompagnera son premier film, Après le sud, sorti discrètement sur les écrans il y a un mois et le festival se terminera avec l’avant-première du Havre de Kaurismaki (film pour lequel on éprouve une sympathie modérée ici). Le meilleur, cependant, ne relève pas de l’actualité, mais d’une rencontre autour du "métier" de critique cinéma avec Éric Libiot, plume sympathique de L’Express. Il a choisi d’illustrer son propos par la projection de Regarde les hommes tomber, première œuvre déjà fulgurante d’un certain Jacques Audiard. Un excellent choix — et on ne dit pas ça par solidarité confraternelle

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De l’amour (propre)

ECRANS | Bilan / Avant le début du festival du film court de Villeurbanne, Laurent Hugues, son directeur, parlait d’une compétition française «hétérogène dans sa forme» (...)

Christophe Chabert | Lundi 29 novembre 2010

De l’amour (propre)

Bilan / Avant le début du festival du film court de Villeurbanne, Laurent Hugues, son directeur, parlait d’une compétition française «hétérogène dans sa forme» : il n’avait pas tort, tant les films se ressemblaient peu entre eux. À leur meilleur, les films offraient des propositions qui, sans être foncièrement originales, témoignaient d’une maîtrise du récit ou de la mise en scène qui les plaçaient bien au-deçà d’un coup d’essai. Ainsi de "Ya basta !" de Gustave Kervern et Sébastien Rost (Prix du public), une réjouissante comédie rentre-dedans sur des handicapés qui utilisent leurs «talents» pour commettre un casse. Moins expérimental que les réalisations de Kervern dans le long, le film tient toutefois son objectif : faire rire sans se poser des questions de morale, les remplaçant par un humanisme cru façon frères Farelly. Autre beau film du festival, "Petit tailleur" de Louis Garrel (Prix Petit Bulletin) se lit comme une transposition fictionnelle de la situation de son auteur. L’hésitation d’Arthur entre son travail de tailleur et sa rencontre avec Marie-Julie, actrice caractérielle, est aussi celle de Garrel, entre son statut de cinéaste héritier d’un cinéma très français (l

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Laboratoires d’images

CONNAITRE | Les images de la guerre, la question du travail, les mutations urbaines… Les thèmes du 24e festival À nous de voir ne dépareilleraient pas au milieu d’un (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

Laboratoires d’images

Les images de la guerre, la question du travail, les mutations urbaines… Les thèmes du 24e festival À nous de voir ne dépareilleraient pas au milieu d’un grand forum d’actualité façon Libé. Mais non ; la manifestation reste fidèle à son projet initial : expliquer la science à travers le regard des cinéastes, qu’ils soient documentaristes, cinéastes de fiction, ou qu’ils aillent au gré de leur carrière de l’un à l’autre. C’est le cas cette année de trois personnalités importantes : Sergey Loznitsa, dont le premier film de fiction, "My joy", sort justement cette semaine sur les écrans. À Oullins, on pourra découvrir un de ces documentaires, "Blockade", qui retrace à travers un montage d’archives resonorisées le siège de Saint-Petersbourg pendant la Deuxième Guerre mondiale ; René Vauthier, auteur du film référence sur la guerre d’Algérie, "Avoir vingt ans dans les Aurès". Un cinéaste engagé et infatigable, victime de la censure, dont le festival présentera un court métrage de 1971, mais aussi un documentaire sur son travail, "Algérie, images d’un combat", signé Jérôme Laffont ; enfin, José Luis Guerin, cinéaste barcelonais qui s’était fait connaître avec le beau "Innisfree", où il re

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Courts d’ici

ECRANS | Local / Chaque année, le festival du film court de Villeurbanne laisse une place aux films tournés dans la région par de jeunes cinéastes. Si cette production (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

Courts d’ici

Local / Chaque année, le festival du film court de Villeurbanne laisse une place aux films tournés dans la région par de jeunes cinéastes. Si cette production s’infiltre pour cette édition dans la compétition française et francophone avec trois films sélectionnés, Le Court en Rhône-Alpes se charge d’accueillir les recalés ou les films ne disposant pas d’une copie 35mm. C’est le cas notamment du très prometteur "Onze repas" de Louise Hémon, qui a lui seul justifie que l’on aille jeter un œil au programme. Cette jeune réalisatrice est partie d’une douloureuse anecdote autobiographique : le suicide d’une de ses amies anorexiques. La réussite de "Onze repas" tient cependant à ce qu’Hémon n’a pas cherché à en faire un film à sujet, mais à inventer une écriture cinématographique originale et pertinente pour représenter le drame vécu par cette post-adolescente, incarnée à l’écran de manière très convaincante et par Thiodilde Fernagu. Au-delà des séquences quotidiennes, Hémon filme les cérémoniaux qui remplacent les repas, le moment où seule avec elle-même, le personnage se transforme en une masse d’énergie vitale, d’angoisses et de rêveries que la cinéaste saisit comme un corps libre,

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Brèves histoires d’amour

ECRANS | La facilité pousserait à dire qu’un festival de court-métrage est un reflet des tendances et des réalités de la production ; trop simple, cependant. Car un (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

Brèves histoires d’amour

La facilité pousserait à dire qu’un festival de court-métrage est un reflet des tendances et des réalités de la production ; trop simple, cependant. Car un festival se construit aussi en réaction aux scories les plus voyants et aux modes les plus apparentes qui envahissent le genre. Un rapide coup d’œil dans le rétro des dix dernières éditions du festival du film court de Villeurbanne en témoigne : quand les cinéastes s’intéressaient au réalisme social, Villeurbanne tentait des embardées vers le cinéma de genre ; quand les comédies occupaient l’espace au prix d’une certaine médiocrité d’écriture et de mise en scène, le festival faisait le choix de l’austérité et de l’audace formelle ; lorsqu’à l’inverse cette austérité a viré pontifiante, la programmation a ouvert ses portes à des films ludiques, drôles et légers. On en était resté là l’an dernier, et même si le Grand prix (commun, rappelons-le pour la frime, avec le prix attribué par nos lecteurs) attribué à "Corpus / Corpus" n’était pas exactement un parangon de gaudriole, les diverses compétitions avaient été marquées par un retour à des œuvres moins radicales (exemplairement, "Logorama", l’autre grand gagnant de 2009, a fait

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«Une compétition hétérogène»

ECRANS | Petit Bulletin : La compétition française et francophone s’annonce relevée cette année…Laurent Hugues : Oui, mais c’est assez hétérogène dans la forme. Par (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

«Une compétition hétérogène»

Petit Bulletin : La compétition française et francophone s’annonce relevée cette année…Laurent Hugues : Oui, mais c’est assez hétérogène dans la forme. Par exemple, d’un côté, le dernier Hendrick Dussolier, "Babel", qui est une vision très esthétique de la Chine entre son urbanité et sa ruralité ; de l’autre, "Petit tailleur" de Louis Garrel, qui est ce qu’on a trouvé de plus maîtrisé, de mieux écrit dans le court métrage. Il y a aussi "Ya basta" de Kervern, qui a déjà fait du long, et qui est une bonne synthèse de ce qui peut amener le public au court. Ça dure dix minutes, c’est équilibré, il raconte une bonne histoire avec des personnages qui existent. Ne sort-on pas de l’image du court comme un coup d’essai ?Le film de Garrel n’est pas un coup d’essai ; beaucoup de longs français sont moins bien produits, moins bien montés que ce court-là. Mais il y a aussi un type comme Jean-Gabriel Périot, qui n’est pas très connu car il vient plutôt d’un réseau alternatif. Il revient avec un film qui s’intitule "Les Barbares" : c’est une succession d’images des grands de ce monde pris dans des photos o

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Le court au corps

ECRANS | La double récompense (Grand prix du jury et Prix des lecteurs du Petit Bulletin) obtenue par Christophe Loizillon au 30e festival du film court de (...)

Christophe Chabert | Dimanche 22 novembre 2009

Le court au corps

La double récompense (Grand prix du jury et Prix des lecteurs du Petit Bulletin) obtenue par Christophe Loizillon au 30e festival du film court de Villeurbanne est réjouissante. Elle couronne un auteur discret au parcours atypique : on l’avait découvert avec une série de courts entre fiction et documentaire, puis un premier long formidable (Le Silence de Rak, avec François Cluzet), et un second qui connut un grave échec public (Ma caméra et moi). Loizillon revient donc au format court avec Corpus / Corpus, qui interroge les rapports de l’homme à l’homme à travers une série de plans-séquences où les corps n’ont pas de visage. Une pédicure et un homme âgé, une prostituée et son client, une psy et sa patiente, un bébé et un pédiatre, un cadavre et un thanatopracteur : qu’est-ce qui passe dans ces relations ? Les fluides corporels et les sécrétions, mais aussi, hors champ, l’argent, grand fantôme de ces rapports humains. Le soir du palmarès, Loizillon annonça que ce film très fort était le premier d’un triptyque dont on pourra voir le deuxième volet samedi 28 novembre au Comœdia dans le cadre du festival Docencourts. On en reparle, donc… Pétrole contre blockbus

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Viens voir les physiciens…

ECRANS | La place particulière que tient dans le paysage des événements cinématographiques lyonnais le festival À nous de voir tient à son thème : le film scientifique. (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 novembre 2009

Viens voir les physiciens…

La place particulière que tient dans le paysage des événements cinématographiques lyonnais le festival À nous de voir tient à son thème : le film scientifique. D’où question : qui es-tu, le film scientifique ? Certainement pas un machin bricolé avec le caméscope de mamie dans un labo par un chercheur en physique quantique ou le délire d’un geek fabriquant, tel Woody Harrelson dans l’épouvantable 2012, des vidéos animées expliquant que la fin du monde est pour demain… À nous de voir propose à l’inverse des films scientifiques qui sont avant tout des œuvres d’auteur et de recherche au sens cinématographique autant que scientifique du terme. C’est leur réunion en thématiques qui finit par poser des questions globales et actuelles sur le monde dans lequel nous vivons. Pour son édition 2009, le festival présente ainsi un triptyque opportun et éloquent autour d’Internet. Le web 2.0 et son utopie participative sont ainsi interrogés dans leurs possibles politiques (La Campagne du net, sur son efficacité démocratique), via l’explosion des blogs (Twenty show, où des jeunes racontent leur rapport à cet outil banalisant la fiction de soi) et, plus étonnant, l’apparition du web-documentaire int

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Repères

CONNAITRE | Erick Zonca : en 1994, le futur réalisateur de 'La Vie rêvée des anges' fait un carton dans le court métrage. À Villeurbanne, 'Éternelles' remporte le Prix (...)

Christophe Chabert | Vendredi 6 novembre 2009

Repères

Erick Zonca : en 1994, le futur réalisateur de 'La Vie rêvée des anges' fait un carton dans le court métrage. À Villeurbanne, 'Éternelles' remporte le Prix France 3 Rhône-Alpes en 1994. Samuel Benchétrit : avec 'Nouvelles de la Tour L.', l’écrivain-cinéaste remportait en 2000 le Prix TLM. Fiona Gordon et Dominique Abel : la même année, les auteurs belges de 'Rumba' reçoivent le prix TPS Cinéstar avec 'Walking on the wild side'. François Favrat : son deuxième long, 'La Sainte-Victoire', sera en décembre sur les écrans. En 2001, il reçoit le Prix Fuji de la première œuvre pour 'Mon meilleur amour'. Matthias Gokalp : 'Rien de personnel', son premier long métrage, est sorti en septembre. En 2004, il avait obtenu le Prix de la liberté avec le très fort 'Le Droit Chemin'.

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Séances tenantes

CONNAITRE | Événements / Le festival du film court de Villeurbanne a choisi comme parrain de son trentième anniversaire une personnalité exceptionnelle du cinéma français : (...)

Christophe Chabert | Vendredi 6 novembre 2009

Séances tenantes

Événements / Le festival du film court de Villeurbanne a choisi comme parrain de son trentième anniversaire une personnalité exceptionnelle du cinéma français : Jean-François Stévenin, à qui a été confiée la traditionnelle carte blanche qui inaugure la manifestation (le vendredi 13 novembre). Celle-ci fera figure de rétrospective de sa carrière dans le court métrage. Car si Stévenin a traversé le cinéma, de Truffaut à Godard, de Richet à Salvadori, et s’il en a écrit une des pages les plus libres (les trois films qu’il a réalisés, tous trois magnifiques), il a aussi régulièrement fait des incartades dans le format court. Et comme Stévenin a l’esprit de famille, il a voulu que le dernier film de cette soirée soit celui réalisé par sa fille Salomé. Le festival poursuit par ailleurs son ancrage local avec un nouveau programme du Court en Rhône-Alpes, qui se met au diapason de cette édition anniversaire : il proposera donc un survol de trente années de création régionale. Cette sélection n’a pas à rougir face à la Longue nuit du film court, puisqu’on y verra les premiers pas de Jacques-Rémy Girerd (réalisateur de La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), Christian

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Une longue histoire du film court

CONNAITRE | À trente ans, certains ont le vague à l’âme, une pointe de nostalgie et un peu d’angoisse. Pas le festival du film court de Villeurbanne, ni son directeur (...)

Christophe Chabert | Jeudi 5 novembre 2009

Une longue histoire du film court

À trente ans, certains ont le vague à l’âme, une pointe de nostalgie et un peu d’angoisse. Pas le festival du film court de Villeurbanne, ni son directeur Laurent Hugues. En confectionnant la trentième édition de cette manifestation-clé dans l’actualité cinématographique locale, il a entrepris un vaste travail de mémoire, en revoyant les films distingués lors des palmarès précédents, afin de confectionner ce qui représente la grande soirée anniversaire du festival : une longue nuit du film court où seront projetés 28 films primés à Villeurbanne toutes éditions confondues. Toute une époque !Le choix était vaste (224 films ont obtenu un prix, sans compter les mentions spéciales !), et le résultat, riche en œuvres majeures ou en films cultes, permet à cette rétrospective de faire le bilan de trente ans de courts métrages. «Le début de la compétition correspond à un âge d’or du court français», explique Laurent Hugues. «On trouve des réalisateurs comme Eric Rochant, Matthieu Kassovitz, Pierre Salvadori, Jean-Pierre Jeunet ou Cédric Klapisch. Mais plus intéressant que cet empilement de noms, ce sont les films eux-mêmes. En les revoyant au printemps, je me suis aperçu que

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Courts mais très bons

ECRANS | Étonnant contraste. Pendant qu’on se farcissait au kilo des longs-métrages français déprimants de nullité, le festival du film court de Villeurbanne nous (...)

Christophe Chabert | Dimanche 23 novembre 2008

Courts mais très bons

Étonnant contraste. Pendant qu’on se farcissait au kilo des longs-métrages français déprimants de nullité, le festival du film court de Villeurbanne nous régalait par l’inventivité des films qui y étaient présentés. Cette édition 2008 est donc un succès artistique, mais aussi public, et augure bien du trentième anniversaire du festival. Après deux années assez ternes et un cru 2007 en forme de cure d’austérité nécessaire, la compétition française et francophone a affiché une insolente santé. Le jury, impeccable, a acté cette bonne nouvelle en décernant son Grand prix à une comédie, La Monique de Joseph, signée du Belge Damien Chemin. L’argument ? Un cultivateur de patates voit sa femme se transformer en biche. Pas d’explication et surtout pas de drame face à cette métamorphose, mais une prise de conscience tardive ; l’amour au sein de ce couple, éteint par la routine, était en fait toujours là, et le film orchestre cette renaissance de la plus drôle et émouvante des façons. Paradis retrouvéLe Prix de la meilleure réalisation est allé à l’autre grande surprise de la compétition : Les Paradis perdus d’Hélier Cisterne. Surprise est le mot qui convient le mieux à cette œuv

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Scientiflicks !

ECRANS | Quoi de commun entre la maladie d’Alzheimer, l’analyse d’une toile de maître, le quotidien d’un chirurgien au bloc opératoire ou la diminution de la (...)

Christophe Chabert | Jeudi 13 novembre 2008

Scientiflicks !

Quoi de commun entre la maladie d’Alzheimer, l’analyse d’une toile de maître, le quotidien d’un chirurgien au bloc opératoire ou la diminution de la fécondité masculine dans les espèces animales ? Ce sont tous des sujets abordés par un des films présentés au cours de la 22e édition d’À nous de voir. Cela devrait suffire à convaincre de l’approche extrêmement large et variée que le festival a de la science : sciences dures, sciences humaines, sciences sociales et même science de l’art. «Ça fait très longtemps qu’on cherche à être sur toutes les sciences» confirme Pascale Bazin, déléguée générale de la manifestation. «Sachant que le festival pose aussi la question de comment la science affecte notre environnement et en quoi elle concerne en priorité l’individu». Autrement dit : pas de déconnexion entre le quotidien et les œuvres présentées, mais une authentique interaction qui se traduit par la formule adoptée pour «montrer» les films : chaque projection est suivie d’un débat avec un intervenant, qu’il soit cinéaste, chercheur, scientifique ou, plus inattendu, game designer ou infirmière ! Les films plutôt que les sujetsAinsi, l’ambition du festival a toujours été d’établ

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«D’excellents films avant tout !»

ECRANS | Petit Bulletin : Le cinéma d’animation prend une place importante dans les sélections du festival, et plus seulement dans la compétition 2D/3D…Laurent (...)

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

«D’excellents films avant tout !»

Petit Bulletin : Le cinéma d’animation prend une place importante dans les sélections du festival, et plus seulement dans la compétition 2D/3D…Laurent Hugues : Les films d’animation de la compétition française sont narrativement et politiquement très différents. Un film comme Le Cœur d’Amos Klein parle de l’homme à l’origine du mur entre Israël et la Palestine, par exemple. Il y en a un autre sur Ingrid Bergman et Roberto Rossellini, sur un registre plus cinéphile. Certains films misent ouvertement sur leur casting…Oui, mais les cas sont là encore différents. Un court comme Madame avec Nicole Garcia, qui parle d’une femme de députée qui perd la mémoire et se rend compte qu’elle n’a pas vraiment d’existence, est vraiment porté par le personnage autant que par l’actrice. Faits divers, où l’on retrouve Pierre Richard, Michael Lonsdale, Léa Drucker ou Malik Zidi, est en revanche une carte de visite assumée pour passer au long-métrage. Mais ce sont avant tout deux excellents films !  Est-ce que le désengagement de l’État dans la culture affecte le festival ?Nous

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Flashback

ECRANS | 1999 : Un Petit air de fête d’Éric Guirado.De ce court unanimement acclamé, il tirera un long-métrage (Quand tu descendras du ciel) avant de s’imposer l’an (...)

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

Flashback

1999 : Un Petit air de fête d’Éric Guirado.De ce court unanimement acclamé, il tirera un long-métrage (Quand tu descendras du ciel) avant de s’imposer l’an dernier avec le contestable Fils de l’épicier. 2001 : Tous à table d’Ursula MeierLa cinéaste suisse vient de réaliser Home, avec Isabelle Huppert et Olivier Gourmet, toujours à l’affiche sur les écrans. 2002 : Peau de Vache de Gérald Hustache-MathieuVéritable star du court-métrage français grâce à Peau de Vache et à La Chatte andalouse, il passe au long en 2006 avec le décevant Avril. 2004 : Cousines de Lyès SalemLe 10 décembre prochain sortira sur les écrans le premier long-métrage de Lyès Salem, Mascarades.

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Demandez les programmes !

ECRANS | Hors compétition / Comme chaque année, le festival propose en dehors de ses trois compétitions une flopée de séances illustrant la diversité, ancienne ou récente, (...)

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

Demandez les programmes !

Hors compétition / Comme chaque année, le festival propose en dehors de ses trois compétitions une flopée de séances illustrant la diversité, ancienne ou récente, du court-métrage. Événement incontournable de la manifestation, la Longue nuit a certainement pris acte des réserves faites à la sélection austère et pas franchement hilarante de l’an dernier. Du coup, en avant pour plus de 6 heures de comédies avec notamment quelques perles rares signées par des cinéastes qui se sont depuis fait un nom : J’aime beaucoup ce que vous faites de Xavier Giannolli (avant qu’il ne fasse des dissertations sur les chanteurs de bal et le karaoké avec Depardieu), la Lettre de Michel Gondry (beau témoignage d’un imaginaire en pleine germination), ou le très culte Omnibus de Sam Karmann. Sans oublier Le Mozart des Pickpockets de Philippe Pollet-Villard, le dernier hit du court français, césarisé et oscarisé en 2008, et effectivement assez réjouissant. Autre joli programme, celui monté par le GRAC à partir de films primés lors des précédentes éditions du festival et de celles d’Atout Courts à Décines. Baptisé Prix de courts, il per

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Le court en résistance

ECRANS | En regardant quelques films sélectionnés dans les compétitions françaises et européennes du Festival du film court de Villeurbanne, on s’est dit que par-delà (...)

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

Le court en résistance

En regardant quelques films sélectionnés dans les compétitions françaises et européennes du Festival du film court de Villeurbanne, on s’est dit que par-delà l’appréciation critique qu’on pouvait porter sur eux, une évidence s’imposait : ces films ont vraiment leur place sur un grand écran. Autrement dit, il y a là quelque chose de l’ordre du spectacle, pas au sens hollywoodien du terme (quoique…), mais dans le plaisir de fabriquer une histoire, de diriger de bons acteurs, de mettre en route des dispositifs intellectuellement ou visuellement stimulants… Bon signe donc quant à la réussite artistique de cette édition. Et le slogan affiché par le festival «Ouvrez les yeux, soyez curieux» fait figure de supplique au spectateur : «Passez les portes du Zola, on s’occupe du reste !» Pendant la crise, le renouveau continueCar le festival a subi l’an dernier un revers de fréquentation. Explications conjoncturelles avancées par Laurent Hugues, directeur de la manifestation : le blocage des universités qui a poussé les étudiants à faire de la politique (ou à rentrer dans leurs contrées familiales !) plutôt que d’aller voir du court-métrage à Villeurbanne. Pro

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Cinéma in vitro

ECRANS | Festival / Pour la 20e année, le festival À nous de voir à Oullins cherche à abattre les clichés sur le cinéma scientifique, en ouvrant grand les vannes de ses (...)

| Mercredi 29 novembre 2006

Cinéma in vitro

Festival / Pour la 20e année, le festival À nous de voir à Oullins cherche à abattre les clichés sur le cinéma scientifique, en ouvrant grand les vannes de ses sélections sur des questions de société, accueillant des documentaires dont les sujets et la forme garantissent à la manifestation un caractère populaire et présentant l'ensemble avec un souci constant de pédagogie (chaque séance est précédée d'une conférence ou d'un débat). Deux grands cinéastes ont cette année les honneurs du festival : Frederic Wiseman et Gérard Mordillat. Wiseman, c'est un peu le Depardon américain. On connaît ses grandes enquêtes documentaires sur les institutions que sont Welfare et Public Housing, moins ses films consacrés aux comportements des animaux ; c'est cet aspect de son œuvre qui sera discuté à Oullins, avec une conférence et un film, Primate. Quant à Gérard Mordillat, après une carrière en demi-teintes comme réalisateur de fictions, c'est bel et bien le documentaire (et sa rencontre avec Jérôme Prieur) qui lui offrit un second souffle : un film sur Antonin Arthaud, et une longue enquête historico-scientifique sur le Christ, Corpus Christi, présentée cette année. Pour ce qui est des thèmes ret

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Images sans équations

CONNAITRE | Avec À nous de voir, c'est chaque année la même histoire. Il faut faire tomber les préjugés : un festival de films scientifiques ? À Oullins, en plus ? Sur le (...)

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2007

Images sans équations

Avec À nous de voir, c'est chaque année la même histoire. Il faut faire tomber les préjugés : un festival de films scientifiques ? À Oullins, en plus ? Sur le papier, ça fait forcément un peu peur... Mais voilà, le festival aime autant le cinéma que les leçons scientifiques, et le "thème" des films présentés, même s'il offre ensuite la matière à un débat avec des invités "spécialisés", n'interdit pas de le déborder par une approche d'auteur. Prenons un des programmes les plus stimulants de cette édition... Consacré à l'autisme, il se divise en trois parties : un documentaire de cinquante deux minutes signé Adrien Rivollier traitant de la musicothérapie comme approche communicative pour les enfants autistes (Les Notes au-delà des maux), puis le portrait intime que Sandrine Bonnaire a réalisé sur sa sœur malade (Elle s'appelle Sabine) et finalement une rencontre avec un écrivain (Jacqueline Berger) et un médecin (Anne Visdomine)... De l'objectif de la caméra à l'objectivité du regard scientifique, en passant par la subjectivité du drame personnel, ce programme dessine un cercle parfait qui montre que les regards peuvent se croiser et s'enrichir. Le quotidien extraordinaire

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