Victor Bosch : « remplir le Toboggan »

Politique Culturelle | Reconduit à la tête du Radiant pour cinq nouvelles années, dépêché par la mairie de Décines pour assurer la programmation du Toboggan après le limogeage de Sandrine Mini, Victor Bosch a longuement pris le temps de nous raconter ses missions. Avec enthousiasme et verve. Digest.

Nadja Pobel | Mardi 4 avril 2017

Photo : © Didier Michalet


Vous étiez le seul en lice pour briguer cette délégation de service public (753 000€ de subvention de la ville, en légère baisse) du Radiant après votre arrivée en 2012. Quels axes avez-vous mis en avant ?
Victor Bosch : La continuation de ce que nous avions fait jusque là : ouvrir à 360 degrés et être très éclectique, car aujourd'hui Lyon a suffisamment de structures nobles (TNP, Maison de la Danse, Célestins, Opéra...) et la ville est fournie en culture de type "élitiste". C'est un terme que je n'aime pas... disons une culture plus en recherche, et je pense que c'est très bien d'avoir des endroits plus fédérateurs et en résonance avec ces institutions. Même si de plus en plus, j'essaye d'élargir à des créations pour amener le public à d'autres découvertes. On se meurt des clivages dans ce milieu. Quant à la subvention, elle se justifie avec les nombreuses actions de terrain que nous faisons. Elle représente 20% des 3 M€ de chiffre d'affaire.

Y'a-t-il des tendances entre la répartition concert/spectacle vivant/one man show ?
C'est très aléatoire. Il n'y a pas d'algorithme. Le Radiant reflète la société dans laquelle on vit. On se rend compte à ma grande surprise qu'on retrouve ici des gens qui vont voir des choses pointues aux Célestins ou au TNP. Et c'est très bien. Il n'y a pas un public par type de salle. Par exemple, pour L'Envers du décor avec Daniel Auteuil (2200 personnes en deux jours), j'ai croisé des gens vus ailleurs pour d'autres spectacles. Ou des habitués de la Maison de la Danse venus voir Rock the ballet au Radiant. J'ai aussi beaucoup de musiques actuelles, mais ce n'est pas mon cœur de cible.

J'aime que tous les publics se retrouvent, qu'au même endroit on puisse avoir Nana Mouskouri pour la grand mère et The Kills pour son petit-fils en 24 heures.

Vous êtes désormais depuis un mois aussi en charge de la programmation du Toboggan. Comment la mairie vous a-t-elle convaincu ? Jusqu'à quand êtes-vous là ?
Pour l'instant, je n'ai même pas signé de contrat ! C'est la ville qui signe les artistes. La précédente mairie (PS) m'avait déjà contacté à l'époque de Jean-Paul Bouvet (NdlR directeur de la salle de son ouverture en 1997 à 2014), j'avais décliné. Le public n'a jamais été vraiment présent et ça n'a rien à voir avec les directeurs, dont Sandrine Mini qui a par ailleurs été limogée dans des conditions très dures, je sais très bien ce qu'elle a subi.

Ça a toujours été un lieu un peu sous perfusion. La mission (NdlR, notamment la convention Danse passée avec la DRAC) était très pointue. Le Toboggan a été construit sur une utopie, cet équipement magnifique ressemble à une scène nationale mais a été construit en périphérie de Lyon, avec la prétention que le bassin de population, aussi érudit soit-il, pouvait assumer le remplissage. Mais c'est faux. Mon challenge est de le remplir. Les Décinois n'y vont pas assez. Je veux qu'il y ait 70% de têtes d'affiches et 30% de spectacle type Jiří Kylián, comme prochainement.

Comment maintenir un prix décent pour une population au faible pouvoir d'achat avec les 600 000€ bloqués de subvention, tout en programmant des têtes d'affiche dont la place au Radiant coûte 40 ou 45€ (Stéphane Guillon, Gaspard Proust...) ?
Les prix seront adaptés, mais un peu plus élevés qu'actuellement au Toboggan. Certaines institutions font des billets à 5 ou 7€ pour des jeunes qui n'y vont pas et sont prêts à payer 60€ pour voir Coldplay... Donc on va programmer Vincent Dedienne et la place sera à plus de 30€, oui. Il y aura aussi Gaspard Proust, Imany, Olivia Ruiz (version concert, pas le travail de Gallotta), le spectacle de théâtre À vif de Kery James qui a rempli le Rond Point cet hiver à Paris, beaucoup de rock avec des concerts debout.

Et puis Mourad Merzouki et son festival Karavel qui sera reconduit. Car il y aura toujours de la danse, mais malheureusement c'est la discipline (avec le lyrique) qui coûte le plus d'argent, pas pour le coût de cession mais parce que les danseurs ont besoin de mise en place, de répétitions, d'occupation du plateau plusieurs jours en amont.

On fera environ quarante spectacles dans cette saison. L'Opéra de quat'sous créé par Jean Lacornerie, directeur du théâtre de la Croix-Rousse sera programmé dans la saison 2. Il n'y a pas 36 000 méthodes, il faut amorcer la pompe. Mais mon but n'est pas de casser, c'est de remplir ce théâtre pour ensuite faire venir d'autres choses.


I new then / Sleepless

De Johan Inger / Jiri Kylian
Le Toboggan 14 avenue Jean Macé Décines
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Malmenée depuis un an par la municipalité LR de Décines, le Toboggan avait déjà été amputé de 220 000€, le voici, depuis le dernier conseil municipal, privé de sa directrice Sandrine Mini, limogée. C'est pour dénoncer cette injustice, tant Mini mène à la fois un travail d'une exigence artistique exemplaire et des actions de terrain avec les habitants, que le Groupe des 20 (ensemble des scènes publiques en région) appelle à une action, au Toboggan, le 15 décembre ; jour du prochan conseil municipal.

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Dans le documentaire comme dans les autres genres, certains arbres au feuillage outrageusement vert et au tronc gentiment creux captent indument une lumière méritant de se répandre sur d’autres pousses de la forêt. Heureusement, il existe des manifestations telles que Les Écrans du Doc pour aller au-delà de cette canopée et faire état d’une diversité parfois insoupçonnée. En une petite semaine, quatorze films vont se succéder au Toboggan décinois, pour la plupart accompagnés par des animations. Si la moitié de la programmation est constituée d’avant-premières — dont Il m’a appelé Malala de Davis Guggenheim et No Land’s Song de Ayat Najafi à l’occasion de la soirée d’ouverture, coïncidant avec la Journée internationale des Droits des Femmes —, on se réjouit des coups de projecteurs braqués sur des œuvres nécessaires telles que les récents Merci patron ! de François Ruffin, astucieuses représailles à l’avidité des milliardaires, ou

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Le Toboggan sur une pente glissante

ACTUS | Dirigé depuis deux ans par Sandrine Mini, le Toboggan de Décines est l'un des trésors de la culture en agglomération. Mais une baisse de 220 000 euros de subvention annoncée fin janvier par la mairie la contraint à réduire drastiquement sa programmation à l'heure du vingtième anniversaire. Rencontre avec cette directrice atypique viscéralement convaincue de la nécessité de l’accès à la culture pour tous.

Nadja Pobel | Mercredi 24 février 2016

Le Toboggan sur une pente glissante

Sandrine Mini et la programmation qu’elle a faite cette saison au Toboggan se ressemblent : infiniment généreuses et éclectiques, toujours de très bon goût. « Faire de la culture une fête et un divertissement sans jamais céder à la facilité » : tel est le credo de cette femme de 45 ans, arrivée à la tête de la salle de Décines en même temps que la nouvelle équipe municipale estampillée Les Républicains, et après un parcours en musées (Réunion des Musées Nationaux, musée Picasso et un saut par l’ambassade de France dans sa seconde patrie, l’Italie). Si sa candidature a émergé des 90 autres, c’est qu’elle voulait précisément travailler sur un territoire abrupt, l’Est lyonnais où la culture est nettement moins une évidence qu’en Presqu’île. « Au service des habitants » comme elle le dit souvent au cours de la conversation, elle ouvre le lieu, quitte à proposer des petites formes dans le magnifique hall pour ne pas effrayer ceux qui ne se sentiraient pas à leur place dans la salle de 650 places. Et ça marche ! Les abonnements des Décinois ont cru de 10% en un an. Parfois via le biais des séances scolaires à l’issue desquelles est proposé aux élè

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Sufjan Stevens, dans tous ses États

MUSIQUES | Pour la première fois en concert à Lyon, le génie baroque 'n' folk Sufjan Stevens crée aussi l'événement en revenant clandestinement, et au détour d'un magnifique album de deuil maternel, à son grand projet : mettre sur disque son autre mère – patrie celle-là –, les États-Unis d'Amérique.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

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Peut-être notre perception est-elle légèrement biaisée par cette chanson qu'il consacra au tueur en série John Wayne Gacy Jr. et dans laquelle il confiait «And in my best behavior / I am really just like him / Look beneath the floorboards / For the secrets I have hid», mais on ne peut s'empêcher de penser que Sufjan Stevens est affublé de certains travers du tueur en série moyen. Un caractère obsessionnel, une enfance difficile (un classique) et une tendance à la collectionnite : ici, philatélie des souvenirs, réels ou fantasmés, tordus par la mémoire ; des figures, des lieux, mythiques ou anecdotiques. Pour Sufjan Stevens, il n'y a que par cette forme d'entomologie, pour laquelle il se nourrit de recherches poussées, que l'on peut conter et comprendre l'Histoire américaine, cette géographie : «Ne possédant pas l'Histoire des Européens, nous tirons notre fierté des détails» répète-t-il à l'envi. Au lieu de collectionner les cadavres comme Gacy, Stevens en fait d'exquis en déterrant ses fétiches de la Grande Amérique, enfouis sous le tapis avec ses propres secrets.

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Victor Bosch revient à la comédie musicale

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Nadja Pobel | Lundi 4 mai 2015

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Déjà producteur de Kirikou et Karaba, du Petit Prince et, surtout, de la success story Notre-Dame de Paris, Victor Bosch reprend du service dans l'univers des comédies musicales. Du 15 octobre au 30 janvier, il présentera sur la scène parisienne de Bobino Forever Young, non sans l'avoir rôdé début octobre au Radiant-Bellevue, à Caluire, qu'il dirige depuis 2012. Forever Young a été créée à Hambourg il y a trois ans et a déjà rencontré un vif succès en Allemagne et en Espagne. La version française qu'il présentera n'aura toutefois, dit-il, "rien à voir avec ce qui a été fait". Ainsi, s'il est question dans les déclinaisons étrangères de six retraités qui, en 2060, se souviennent de leur jeunesse et des tubes qui l'ont rythmée (Bee Gees, Madonna, Daft Punk...), avec ce que cela suppose de gags gériatriques et de démarches branlantes, ici, les comédiens interprèteront des trentenaires projetés dans le futur. Pour mener à bien ce spectacle, Victor Bosch a fait appel à Jean Lacornerie. Le directeur et metteur en scène du Théâtre de la Croix-Rousse, qui a toujours allié théâtre et musique (et s'est récemment

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SCENES | Tandis que la plupart des structures dégainent avec allégresse des plaquettes toutes plus travaillées les unes que les autres, deux théâtres sont dans l’incertitude et le flou en cette rentrée : les Ateliers et le Toboggan. Explications. Nadja Pobel

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Succédanés

Les courants ne sont pas les mêmes pour tout le monde. En eaux calmes cette saison, le TNP poursuit sa route (Christian Schiaretti a été reconduit pour trois ans), les Célestins perdent leur co-directeur en avril (Patrick Penot prend sa retraite) et le TNG clôt un cycle de dix ans avec Nino d’Introna, en attendant de savoir s’il continuera ou non. À la Renaissance et à la Croix-Rousse, Roland Auzet et Jean Lacornerie forgent des programmations qui leur ressemblent de plus en plus et affirment les identités singulières de leurs lieux. Et puis il y a les eaux troubles, à commencer par celles dans lesquelles le théâtre des Ateliers patauge depuis plus d’un an. À l’automne dernier, Simon Delétang, son directeur, démissionnait, agacé de ne pouvoir se défaire de la figure tutélaire du lieu, Gilles Chavassieux, qui a en 1975 fondé de toutes pièces ce théâtre dédié aux écritures contemporaines - la municipalité de Louis Pradel n’était pas réceptive à cette initiative. Des textes de Vinaver, Schimmelpfennig et beaucoup d’autres y ont été montés très tôt, bien avant qu’ils ne deviennent incontournables. C'est fort de ce pas

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Le Radiant, nouveau radar

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Nadja Pobel | Mercredi 4 septembre 2013

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C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du Radiant-Bellevue, bousculant au passage la cartographie culturelle de l’agglomération - et les habitudes de communication, avec une plaquette originale, dédiée autant au public, en photo à chaque page, qu'aux artistes. Car non content d’être avant tout une salle de concerts éclectique (d’Axelle Red à Johnny Clegg en passant par SKA-P, Brigitte Fontaine ou du classique), le lieu, rouvert en janvier, autorise à son directeur tous les grands écarts théâtraux. Le public est là pour se divertir, nous dit-il, alors il aura droit à sa dose de comédie (Le Jeu de la vérité avec les "vus-à-la-télé" Vanessa Demouy et David Brécourt) et de grandes stars (Delon père et fille dans Une journée ordinaire). Ainsi considéré, le public (à 30% des habitants de Caluire) a toutes les raisons de faire confiance à ce grand manitou au carnet d’adresses conséquent, donc de répondre à ses invitations appuyées à applaudir «la nouvelle découverte que vous ne pouvez pas manquer», en l

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Portes ouvertes au Radiant

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Benjamin Mialot | Mercredi 23 janvier 2013

Portes ouvertes au Radiant

La salle du Radiant-Bellevue (qui a été inaugurée par les concerts de Christophe les 12 et 13 janvier derniers) ouvrira gratuitement ses portes au public dimanche 3 février de 10h à 17h. Au programme : - Spectacle "Refrains", jeune public dès 3 ans, à 10h et 11h10 - Spectacle "Surnatural Orchestra", tout public, à 15h Renseignements :Le Radiant-Bellevue, 1 rue Jean Moulin, Caluire (04 72 10 22 19)

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Le Radiant, à première (Belle)vue

ACTUS | Au terme d'un an et demi de travaux de rénovation, le Radiant a rouvert ses portes samedi 12 janvier, avec le chanteur Christophe dans le rôle du coupeur de ruban. Et c'est peu dire qu'il a bien changé. De nom, de visage, mais aussi d'identité. Petit tour du propriétaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 11 janvier 2013

Le Radiant, à première (Belle)vue

«Une première dans l'agglomération». «Un lieu qui va faire école». «Une salle d'avenir». Tandis que la presse locale pose pour la première fois les yeux sur le Radiant, toujours situé à Caluire mais fraîchement ravalé et renommé Radiant-Bellevue, Victor Bosch ne cache pas sa fierté d'en être le directeur. Il aurait tort de le faire : un peu moins de deux ans après avoir été débarqué du Transbordeur, qu'il a fondé et dont il fut le patron contesté pendant deux décennies, ce sexagénaire aux faux airs de Krusty (le clown des Simpsons) tient avec cet équipement haut de gamme une sacrée revanche. Jugez plutôt : une grande salle modulable capable d'accueillir, selon la configuration, de 1100 à 2400 spectateurs et qui, vu la taille des panneaux acoustiques qui la tapissent, devrait être irréprochable question confort d'écoute ; une petite salle à la jauge pouvant varier de 100 places assises à 240 places debout ; un véritable belvédère, avec point de vue humiliant sur la Saône et canapés d'extérieur – on pourrait s'abonner rien que pour s'y faire des pauses clopes ; un hall conçu comme un bar avec encas faits maison… Même les portes des toilettes, or

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L'Olympia Lyonnais de Victor Bosch

MUSIQUES | Ancien directeur du Transbordeur, Victor Bosch prend cette année la tête du Radiant à Caluire. L'objectif : faire de la salle caluirarde un "Olympia lyonnais". Rien que ça.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2012

L'Olympia Lyonnais de Victor Bosch

Ne l'appelez plus Radiant, mais Radiant-Bellevue. Et pour cause, il se compose désormais de deux salles : le Radiant, grande salle de spectacle pouvant contenir 1050 places assises ou 2450 places debout, une fois enlevés les fauteuils, et la salle Bellevue, plus petite avec sa jauge à 240 spectateurs debout. Le Radiant-Bellevue comprendra également un lieu de restauration où seront organisés des brunchs artistiques en rapport avec l'artiste programmé. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire de la part de celui qui fut à la tête du fameux Transbordeur mais aussi, dans les années 70, du groupe Pulsar, sorte de Pink Floyd français, le Radiant-Bellevue ne programmera pas d'artistes internationaux des musiques actuelles telles que l'électro, la pop ou encore le hip-hop. Car il ne s'agit pas ici d'une salle de concerts mais bien d'une salle de spectacles vouée à accueillir non seulement de la musique mais aussi du théâtre, de la danse et même des humoristes français – ou d'expression française. Il est venu le temps du radiant Le projet de Victor Bosch se veut donc populaire. Pour preuve, une programmation qui en dit asse

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Christophe Chabert | Mercredi 20 décembre 2006

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| Mercredi 31 janvier 2007

Le bonheur en monnaie de singe

Danse / «Parler de la bourgeoisie, c'était d'abord et avant tout parler du bonheur... Tout le monde a à se situer par rapport à ce milieu... Toutes les classes sociales éduquent à la bourgeoisie, qui est assimilée à l'art de vivre», déclare Christine Angot. À partir de ce principe (que l'on partage), le spectacle de la chorégraphe Mathilde Monnier et de l'écrivain Christine Angot, La Place du singe, dépasse l'autobiographie pour titiller nos propres corps et consciences. À Angot la lecture d'un texte sur la condition bourgeoise, à partir de sa propre expérience d'amour-haine pour ce milieu, et de celle de Monnier qui a toujours essayé quant à elle d'y échapper. Un texte vif, tranché, heurté, récurrent, comique. À Monnier son contrepoint dansé, les postures grimaçantes et singées, les mimiques de gosse rebelle, le corps entravé et insurgé, les explosions soudaines et presque folles... Une chorégraphie sur le fil, brouillée, improvisée, telle une conscience malheureuse du corps qui attend sa libération sans jamais vraiment y parvenir. La bourgeoisie reste en travers de la gorge, insiste, comme un diable ressort de sa boîte, de son entreprise... Aux côtés de la danseuse, la voix d'Ang

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Plis intérieurs

MUSIQUES | Danse / Yuval Pick présente sa nouvelle création, Look white inside, sondant les tréfonds du corps et de l'inconscient. Il y découvre aussi bien des forces terriennes et brutes, qu'aériennes et délicates. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 14 février 2007

Plis intérieurs

Place au corps. Dire le corps, ses possibles, ses agencements. Etre au plus près de lui. Lorsque le chorégraphe Yuval Pick parle de ses créations, il emploie un vocabulaire physique (au sens des sciences physiques), chimique et organique : des forces, des champs de force, des polarités, des rencontres entre danseurs comme des chocs entre particules, des transformations et des transmutations d'un état du corps vers un autre, des précipités... «Je voudrais dévoiler les structures communes au genre humain au travers du corps, de ses réactions. Presque organique ou physique au sens scientifique du terme, mon travail interroge les processus de construction de nos individualités, de nos relations aux autres et à notre environnement», écrit-il. Cette approche abstraite de la danse (au sens où la théâtralité, l'expressionnisme, la psychologie et la narration sont évacuées au profit d'un dispositif physique concret, d'une logique de la sensation) est commune aujourd'hui à bien des chorégraphes : on pense en particulier au Suisse Thomas Hauert que l'on a pu découvrir récemment à la Maison de la Danse avec sa pièce Modify, rien moins qu'un chef-d'œuvre et l'un des plus grands moments de danse

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S'en sortir par le haut

ECRANS | Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 mars 2007

S'en sortir par le haut

Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit chef d'œuvre de Mathurin Bolze, Tangentes, créé aux Subsistances en 2005. Avec quatre interprètes, un trampoline, un mat chinois, une roue infernale et deux tapis roulants, le tout emballé par le free jazz panique d'Akosh S. Unit joué live, Mathurin Bolze met en scène l'enfer de la mécanique sociale contemporaine : petites mesquineries, compétitions absurdes, bousculades dans le métro d'hommes pressés sous pression, corps moulés et mesurés à l'aune de normes gestionnaires. Il s'agit alors pour les quatre protagonistes de chercher des lignes de fuite à travers quelques pas de danse, des équilibres précaires, des vrilles en apesanteur au dessus d'un trampoline. L'un des temps forts de la saison ! Second rendez-vous : le grand maître de la danse néo-classique, Jiri Kylian, est de passage à Lyon pour transmettre au Ballet de l'Opéra une pièce datant de 1995, Bella Figura. Sur des musiques baroques, Kylian mêle le rêve à la réalité et crée sur scène des «images», à partir de sa maîtrise fabuleuse de la mise en espace des corps, des lumière

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Rage avec les machines

CONNAITRE | Festival / Le Festival Digital Uppercut fait état de l'apport des nouvelles technologies aux arts «anciens». On y découvre Franck II Louise, chorégraphe précurseur du mouvement hip-hop dans les années 80, qui prouve avec le stupéfiant Konnecting Souls qu'il possède toujours une longueur d'avance sur le devenir de la matière dansée. François Cau

| Mercredi 25 avril 2007

Rage avec les machines

Difficile d'être préparé au véritable choc conceptuel dispensé par le dernier spectacle de la compagnie Franck II Louise. De fait, le parti pris de départ intrigue, voire met carrément l'eau à la bouche : les danseurs (comme le décor) sont munis de capteurs sonores, le but de cette démarche étant de créer la bande originale de la pièce via les mouvements chorégraphiés, ou par les interactions des interprètes avec leur environnement. L'idée est bonne, mais c'est sa mise en œuvre qui rive le spectateur à son fauteuil. Nourri depuis son plus jeune âge au biberon de la science-fiction (des auteurs fondateurs à l'école Métal Hurlant, Druillet, Moebius et consorts), Franck II Louise a élaboré une scénographie post-apocalyptique imposante et épurée : en dehors d'une gigantesque structure métallique, protubérance informe jaillissant de nulle part, le plateau voue sa largeur à la seule expression dansée, seulement perturbée par quelques faisceaux lumineux enfermant les danseurs dans des limites ne demandant qu'à être explosées. Les costumes des quatre interprètes versent également dans le fantasme futuriste oppressant : des treillis sur lesquels se juxtaposent des harnachements mécaniques p

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