Édouard Baer en direct à Lyon le 11 janvier

Nova Lyon | Radio Nova installe au Sucre son Nova Mix Club en mensuel et délocalise pour un one shot sa matinale Plus près de toi.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 décembre 2017

Photo : © DR


Premiers effets de l'arrivée de Nova Lyon dès les foulées initiales de 2018 : Édouard Baer délocalise sa matinale à succès au restaurant À La Piscine, le jeudi 11 janvier. L'émission baptisée Plus près de toi, décomplexée et cultivée, se déroulera donc face au public lyonnais de 7h à 9h. Les invités ne sont pas encore connus, le live non plus.

Autre nouveauté : le Nova Mix Club déboule au Sucre, une fois par mois. Ce before très clubbing se déroulait jusque-là trois vendredis par mois au Badaboum, club parisien dédié à la house et situé près de Bastille (et anciennement La Scène Bastille, donc un lieu historique pour Nova : c'est là qu'ont été créées les fêtes Nuits Zébrées). Il n'y en aura plus que deux à Paris, la troisième migrant du côté de Confluence. Le concept de l'émission : trois heures de mix en public par les DJs qui font le son du moment, retransmis en direct sur la radio de 21h à minuit et présenté par Raphaël Malkin.

La première de ce Nova Mix Club entre Rhône et Saône se déroulera le vendredi 12 janvier et invitera pour l'occasion le prolifique et génial producteur Patchworks, le DJ proche de Concrete et chantre de la house S3A, mais aussi Waxist, LB aka Labat et la Nova Team. Tout ce beau monde se succédera aux platines de 18h30 à 1h, le tout en entrée libre. Prochaines dates à noter sur vos calepins : 23 février, 30 mars, 20 avril, 11 mai et 22 juin.

Ce rapprochement entre Arty Farty (qui gère le restaurant À La Piscine et le club Le Sucre, en plus du festival Nuits sonores) avec Nova Lyon n'est pas un hasard puisque les deux structures envisagent de cohabiter au sein du futur hôtel particulier transformé en incubateur culturel (ou hub créatif, comme le définit Vincent Carry, le directeur), Hôtel 71, qui devrait voir le jour en 2019, du côté de Confluence, au 71 quai Perrache.

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Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

Médias | Suite à l'article paru sur notre site jeudi 14 janvier, révélant l'annonce de son licenciement début janvier par la direction parisienne de LNEI (le groupe possédant Radio Nova), Alfredo Da Silva — ex-directeur de Nova Lyon et toujours propriétaire de 49% des parts, les 51% restant appartenant à la SAS de Matthieu Pigasse — a souhaité publier un droit de réponse avec ses précisions.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

« M. Da Silva souhaite démentir les propos avancés dans l'article du Petit Bulletin du 14/01/2021 au sujet de son travail, notamment la gestion dite "légère", les locaux sur la péniche, les résultats d'audience, et préciser : - La gestion budgétaire stricte en respectant le budget établi - La mise en place d'une équipe de professionnels pour l'éditorial avec l'augmentation de l'audience régulière depuis le début (cf. Médiamétrie) - Les nombreux soutiens culturels obtenus localement au moment de l'obtention de la fréquence - L'installation sur une péniche, visitée par la direction du groupe, lieu exceptionnel et emblématique pour une radio, bénéficiant d'un loyer très inférieur au prix du marché dans le quartier de la Confluence - Plus récemment, le travail sur le dossier déposé auprès de la Ville de Lyon ayant permis une aide de 25 000€ au titre du Fonds d'urgence pour la Culture, dans le cadre de la pandémie. »

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Le directeur de Nova Lyon, Alfredo Da Silva, licencié

Médias | Une nouvelle ère s'ouvre pour Nova Lyon, qui souhaite se relancer avec le licenciement de celui qui en était le directeur et avait opéré en 2017 la fusion avec l'ancienne radio associative RTU, Alfredo Da Silva.

Sébastien Broquet | Jeudi 14 janvier 2021

Le directeur de Nova Lyon, Alfredo Da Silva, licencié

La réorganisation de Radio Nova se poursuit : après l'arrivée à la direction générale du groupe LNEI (la SAS de Matthieu Pigasse possédant la station) de Emmanuel Hoog en mai 2019, puis la nomination de Mélanie Mallet — une historique de la radio fondée par Jean-François Bizot — comme directrice déléguée de Nova, après aussi le départ de Bernard Zekri en janvier 2020, c'est désormais l'antenne locale lyonnaise qui change de tête : le directeur de la station, Alfredo Da Silva, a été licencié en ce début d'année 2021. En cause, une gestion jugée trop légère et l'achat à titre personnel de la péniche amarrée quai Rambaud, où sont situés les locaux loués à la radio depuis quelques mois, sans prévenir la direction parisienne — laquelle n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations. Pour l'instant, aucun remplaçant n'a été nommé à la direct

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Benoît Poelvoorde : « Sempé observe le détail et le rend énorme »

Raoul Taburin | En incarnant le personnage dessiné par son idole Sempé, Benoît Poelvoorde se laisse aller à son penchant pour la tendresse. Et force sa nature en effectuant une performance physique : du sport…

Vincent Raymond | Jeudi 18 avril 2019

Benoît Poelvoorde : « Sempé observe le détail et le rend énorme »

Pensez-vous que Raoul Taburin soit un conte philosophique ? Benoît Poelvoorde : En tout cas, c’est une histoire très humaniste. Il faudrait poser la question à Sempé — moi-même j’avais envie — mais il ne répondra jamais. Pour moi, faire du vélo, c’est l’image de l’apprentissage ; faire du vélo en retirant les petites roulettes, c’est entrer dans la vie. Une fois que tu commences à pédaler, c’est exponentiel, tu vas bouger et te dire : « comment ai-je pu avoir si peur ? ». D’ailleurs, on pourrait réfléchir : est-ce que mettre les roulettes n’encombre pas ? À force d’être tombé trois ou quatre fois, on se dit qu’on va faire du vélo uniquement pour le plaisir de ne plus tomber. Et une fois qu’on commence à pédaler, on se dit : « c’était aussi con que ça ? ». C’est un peu comme rentrer dans l’eau froide. Alors, est-ce qu’on a fait un film philosophique ? Sempé en tout cas a fait un ouvrage philosophique. On peut le prendre comme toutes les choses très simples et universelles, de manière philosophique : il est plus compliqué qu’il n’y paraît, mais en même temps on peut

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Le supplice du deux-roues : "Raoul Taburin"

Comédie | De Pierre Godot (Fr, 1h30) avec Benoît Poelvoorde, Édouard Baer, Suzanne Clément…

Vincent Raymond | Mercredi 17 avril 2019

Le supplice du deux-roues :

En dépit de ses efforts, et depuis son enfance, Raoul Taburin n’est jamais parvenu à se tenir sur un vélo. L’ironie du sort fait que tous le prennent pour un crack de la bicyclette et qu’il est devenu le champion des réparateurs. L’arrivée d’un photographe dans son village va changer son destin… Cette libre adaptation de l’album illustré de Sempé ressemble à une rencontre entre L’Homme qui tua Liberty Valance (1962) — pour sa fameuse morale (« Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende ») condamnant certains imposteurs malgré eux à supporter leur gloire indue — avec le réalisme magique, rendant anodin le surgissement d’éléments surnaturels. Ici, la bicyclette verte de Raoul paraît douée d’une vie propre, et le feu du ciel frapper ceux à qui il s’ouvre de ses secrets. Cela pourrait aussi bien être des hallucinations ou des coïncidences ; à chacun de déterminer son seuil de tolérance à la poésie. Mettre en mouvement un coànte narrant l’impossibilité pour un personnage de défier la gravité sur son vélo tient de la g

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Emmanuel Mouret : « pour moi, le cinéma est dans les ellipses »

Mademoiselle de Joncquières | La rencontre entre Emmanuel Mouret et Diderot provoque celle de Cécile de France avec Édouard Baer. Conversation avec trois d’entre eux — Diderot étant naturellement excusé…

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Emmanuel Mouret : « pour moi, le cinéma est dans les ellipses »

On savoure dans le dialogue de Mademoiselle de Joncquières chaque détail de sentiment, chaque atome de langue. C’est habituel chez vous, mais n’y avait-t-il pas ici pour vous une gourmandise supplémentaire ? Emmanuel Mouret : Dans un film en costumes qui se rapporte à une époque assez éloignée dans le temps, et d’autant plus un film XVIIIe, on est d’emblée porté sur ce plaisir des mots choisis et des personnages qui peuvent faire l’examen de soi en maniant avec dextérité la langue. C’est mon producteur qui avait très envie que je fasse un film d’époque : il pensait que, justement, on entendrait mieux mes dialogues avec cette distance du temps qui permet finalement de connecter plus directement. C’est comme les films de science-fiction ou les dessins animés, on n’a pas d’idée arrêtée sur ce que ça doit être. C’est donc un film où j’ai pu faire parler les personnages beaucoup plus librement que dans un film contemporain. Cette époque porte à incandescence la langue et les sentiments… Emmanuel Mouret : Toutes les ép

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Mensonges et trahisons (et plus si affinités) : "Mademoiselle de Joncquières"

Romance | de Emmanuel Mouret (Fr, 1h33) avec Cécile de France, Édouard Baer, Alice Isaaz…

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Mensonges et trahisons (et plus si affinités) :

Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré sa funeste réputation de libertin, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination amoureuse contre ce lui en embauchant deux aristocrates déclassées, Mlle de Joncquières et sa mère. Mais peut-elle impunément user de l’amour comme d’un poison ? Deux pensées se télescopent à la vision de ce film. L’une, que le XVIIIe siècle, avec son amour des mots et ses mots d’amour, était taillé pour la plume stylisée prompte à (d)écrire les tourments chantournés qu’affectionne Emmanuel Mouret. L’autre, concomitante : que ne l’a-t-il exploré plus tôt ! Or rien n’est moins évident qu’une évidence ; Mouret a donc attendu d’être invité à se pencher sur cette époque pour en découvrir les délices. Et se rendre compte qu’il y avait adéquation avec son ton. S’inspirant comme Bresson d’un extrait de Jacques le Fataliste, Mouret l’étoffe et ajoute une épaisseur tragique et douloureuse. Là où Les Dames du Bois de Boulogne se contentait d’une cynique mécanique de vengeance, M

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Le Nova Mix Club migre au Sucre

Clubbing | C'est une première : l'emblématique Nova Mix Club, l'émission de Nova qui prend le pouls de la scène électronique en prise directe avec sa source, le club, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Le Nova Mix Club migre au Sucre

C'est une première : l'emblématique Nova Mix Club, l'émission de Nova qui prend le pouls de la scène électronique en prise directe avec sa source, le club, s'installe à Lyon pour une mensuelle au Sucre. Jusque-là, seul le Badaboum à Paris accueillait ce before retransmis en direct sur les ondes de 21h à minuit, trois fois par mois. Il n'y en aura plus que deux à Paris, le troisième migrant du côté de Confluence : première le vendredi 12 janvier, avec en guise de headliner le chantre de la house qu'est S3A. Membre du crew Concrete - il est résident de la péniche, Sampling As An Art (de son patronyme complet) se rapproche dans l'esprit d'un MCDE et pérennise l'esprit le plus utopique de la house nation, celui d'une musique chaleureuse, hypnotique et sexy ; pas étonnant que Laurent Garnier lui ait commandé un remix... On guettera aussi Patchworks, le plus connu des inconnus de la ville, producteur stakhanoviste aux multiples projets et mille et une nuits de fête (la dernière en date, c'était vendredi dernier pour l'anniversaire d'une Maison Mère blindée à craquer, sous son alias afro Voilaaa sound-system)

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Bernard Zekri : « la ville naturelle de Nova, c'est Lyon »

Radio | Bernard Zekri est de retour au bercail : directeur de Radio Nova depuis le rachat de la radio par Matthieu Pigasse en mai 2016, le journaliste ranime la flamme d'une maison bouillonnante où il a débuté, débusqué par Jean-François Bizot qui en avait fait son homme dans le New-York des 80's et un pilier du magazine Actuel. Passé par la case Canal Plus, puis la direction de I-Télé et celle des Inrockuptibles, l'ami de Jamel Debbouze nous dévoile ici pourquoi entre Nova et Lyon, it's a match. Le reste (et c'est palpitant) est à lire dans son autobiographie rédigée à quatre mains avec le grand Michel-Antoine Burnier, Le Plein emploi de soi-même, parue en 2013.

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Bernard Zekri : « la ville naturelle de Nova, c'est Lyon »

Lyon, c’est la ville de Jean-François Bizot, le défunt fondateur de Nova. J’imagine qu’il y a eu une certaine émotion dans les bureaux à l’annonce de l’obtention de la fréquence lyonnaise ? Bernard Zekri : Oui, c’est comme avoir le sentiment de retrouver des racines. Jean-François est originaire de Lyon, moi-même je suis allé m’y balader plusieurs fois avec lui. C’est un retour aux sources, mais surtout ça nous faisait vraiment de la peine de ne pas y être présent : c’est une ville qui a une vocation européenne, qui a toujours eu un amour de l’innovation, du progrès, de la modernité. C’est une ville de circulation. À Nova, on guette les nouveautés, on défriche et on partage ça avec les gens. On s’est toujours dit que la ville naturelle de Nova, c’était Lyon. C’est un vieux combat, cette fréquence, qui date des années 90 : c’était l’une des toutes premi

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Nova Lyon, c'est pour le 7 novembre

Médias | Cette fois, c'est officiel : Radio Nova arrive sur les ondes lyonnaises le mardi 7 novembre prochain. Le CSA en a décidé ainsi lors de sa séance plénière, (...)

Sébastien Broquet | Lundi 23 octobre 2017

Nova Lyon, c'est pour le 7 novembre

Cette fois, c'est officiel : Radio Nova arrive sur les ondes lyonnaises le mardi 7 novembre prochain. Le CSA en a décidé ainsi lors de sa séance plénière, le mercredi 18 octobre, et nous l'a confirmé par la voix de Christine Derville, secrétaire générale du CTA de Lyon, en ce lundi 23 octobre. Les premiers pas de Nova Lyon, fusion de RTU et de Nova, se feront donc en compagnie d'Édouard Baer et de sa matinale dès 7h.

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

14.10.17 > TRANSBORDEUR GRAND MIX Une grande fête pour le mariage entre Radio Nova et RTU, à l'image de leur programmation : éclectique. Avec du live (la soul garage de Buttshakers, le hip-hop de Supa Dupa ou encore Joao Selva, Ashinoa et Uto) et des DJ sets des résidents de la plus groove des fréquences lyonnaises (Boolimix, Klaaar, Lotfi...). Comme d'hab', c'est gratuit mais il faut se procurer une invite au préalable sur le Net. Groovy. 14.10.17 > EUREXPO HYPNOTIK Direction Eurexpo pour la grand messe annuelle d'Hypnotik, rave à l'ancienne où l'on pourra se lobotomiser dans la grande salle au rythme démentiel des stars Len Faki et Ben Klock. La salle house est plus passionnante : le génial sud-africain Culoe de Song côtoie Âme, Manoo et Étienne de Crécy. Comme de cout

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Radio Nova débarque à Lyon

Médias | Radio Nova est sélectionnée par le CSA pour émettre à Lyon, en association avec RTU. Rendez-vous à l'automne.

Sébastien Broquet | Jeudi 9 mars 2017

Radio Nova débarque à Lyon

On connaît l'heureux nouveau locataire de la précieuse fréquence 89.8 de la bande FM, jusqu'ici confiée à la locale RTU : il s'agit de Radio Nova, en association avec RTU. La décision a été prise mercredi 8 mars par le CSA lors de son assemblée plénière et rendue publique le lendemain. C'est à partir de septembre, octobre au plus tard, que la transition devrait être opérationnelle et que RTU devrait se transformer officiellement en Nova Lyon. L'équipe de RTU conservera ainsi ses cinq emplois salariés et assurera plusieurs émissions locales, réalisées à Lyon, tout en récupérant plusieurs émissions phares de Nova, à commencer par la matinale d'Édouard Baer qui n'en finit plus de faire le buzz depuis septembre. Entre dix et douze heures, selon la convention passée avec le CSA, seront réalisées en local, principalement l'après-midi et en soirées où les rendez-vous avec les DJs locaux (James Stewart, etc) seront conservés. « On rassure les auditeurs : l'équipe reste en place et à l'

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Les Nuits Zébrées de Nova au Transbordeur

Plus Loin | Radio Nova investit de nouveau le Transbordeur pour l'une des ses programmations chamarrées qui font tout le charme des fameuses Nuits Zébrées, nées du côté de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

Les Nuits Zébrées de Nova au Transbordeur

Radio Nova investit de nouveau le Transbordeur pour l'une des ses programmations chamarrées qui font tout le charme des fameuses Nuits Zébrées, nées du côté de la Bastille pour conquérir le pays tout en étant retransmises en direct sur la FM (et le Net). Le 24 février, seront ainsi réunis le génial angolais Bonga, les groovy locaux The Bongo Hop, ou encore Juniore, Alltta et Neue Grafik. C'est gratuit : pensez à retirer vos places dès le 8 février sur lesnuitszebrees.com.

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Édouard, le réveil malin

Plus près de toi | C'est à Radio Nova qu'Édouard Baer s'est fait un nom. Quand Jean-François Bizot, le maître de maison (à qui Ouvert la nuit est dédié), l'a mis à l'antenne et en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 janvier 2017

Édouard, le réveil malin

C'est à Radio Nova qu'Édouard Baer s'est fait un nom. Quand Jean-François Bizot, le maître de maison (à qui Ouvert la nuit est dédié), l'a mis à l'antenne et en tandem avec un autre iconoclaste, Ariel Wizman. Les deux durant cinq années mirent le feu à la bande FM avec une émission nommée La Grosse Boule. Façon flipper, la boule : ça remuait dans tous les sens, sans peur du tilt. Culte. Depuis octobre 2016, surprise, Édouard Baer est revenu à la maison, ramené au bercail par Bernard Zekri, lui-même un ancien de la bande d'Actuel / Nova, chargé par Matthieu Pigasse (qui l'avait précédemment embauché puis écarté des Inrockuptibles, au profit d'Audrey Pulvar) de filer un coup de fouet à la radio qu'il a racheté l'an dernier. Zekri a fait ce que l'on n'attendait pas : retourner chercher les vieux. Moustic, pour une hebdomadaire, le samedi à minuit : Ok ok super FM. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, pour une interview politique, chaque vendredi. Solide ! Et donc, Édouard Baer, propulsé sur la mat

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Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Portrait | Séduit par sa fougue, Édouard Baer a récrit pour elle le premier rôle de Ouvert la nuit, initialement destiné à un comédien. Une heureuse inspiration qui donne à Sabrina Ouazani une partition à sa mesure.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Il n’y a pas eu de trimestre en 2016 sans qu’elle figure sur les écrans, enchaînant des films pour le moins éclectiques : la comédie Pattaya de Franck Gastambide, le biopic inspiré de l’affaire Kerviel L’Outsider de Christophe Barratier, et enfin les drames Toril de Laurent Teyssier et Maman à tort de Marc Fitoussi. Et 2017 s’engage sous les mêmes auspices, puisqu’après avoir partagé avec Édouard Baer la vedette du pléthorique Ouvert la Nuit, on la retrouvera deux fois d’ici le printemps. À 28 ans depuis la dernière Saint-Nicolas, dont (déjà) plus de la moitié de carrière, Sabrina Ouazani a le vent en poupe. Elle possède aussi un sourire ravageur, volontiers prodigué, qui s’envole fréquemment dans de tonitruants éclats communicatifs. On n’aurait pas à creuser longtemps pour faire rejaillir son tempérament comique ; pourtant c’est davantage vers la gravité de compositions tout en intériorité que les réalisateurs l’ont aiguillée, l’obligeant à canaliser son intensité native. La faute à Abdel Le cinéaste Abdellatif

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"Ouvert la nuit" : À la Baer étoile !

Critique | Farandole joyeusement erratique à travers un Paris nocturne sublimé, cette déambulation d’un directeur de théâtre aussi fantasque qu’impécunieux signe le retour du cinéaste-interprète Édouard Baer pour un film-synthèse superlatif : la plus mélancolique, hilarante, aboutie et (surtout) réussie de ses réalisations.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l’instant et du talent des autres, Luigi gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce à de l’argent qu’il n’a pas. À la veille d’une première, il doit pourtant en trouver en urgence. Ainsi qu’un singe. Le voici en cavale dans la capitale, escorté par une stagiaire de Sciences-Po au caractère bien trempé. La nuit est à lui ! Accompagner Édouard Baer n’a pas toujours été chose aisée : les délires de ses personnages de dandys logorrhéiques en semi roue libre au milieu d’une troupe de trognes, nécessitaient d’être disposé à l’absurdité, comme à l’humour glacé et sophistiqué cher au regretté Gotlib. Mais de même que Jean-Pierre Jeunet a réussi à cristalliser son univers dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Baer est parvenu à réunir ici la quintessence du sien. Si les deux auteurs partagent, outre la présence d’Audrey Tautou à leur générique, le plaisir d’entretenir une troupe fidèle et une affection certaine pour le Paris d’antan, les similitudes s’arrêtent là : Baer n’aime rien tant que faire voler les contraintes et les cadres, voir j

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Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Rencontre | On se l’imagine souriant, légèrement décoiffé, la main fouillant la poche droite de sa veste à la recherche d’un hypothétique briquet ou d’un trousseau de clefs fantôme. Et c’est ainsi qu’il apparaît, affable, érudit et charmeur. Tel qu’en lui-même, et en Luigi, son lui-autre…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Quelle est la distance entre votre personnage, Luigi, et vous-même ? Édouard Baer : Elle est totale parce que j’ai vraiment écrit un personnage de fiction à partir de choses que je connais ou que j’ai vécues ; à partir de gens que j’ai croisés, comme Jean-François Bizot [NDLR le créateur d’Actuel et de Nova] que j’admirais ou certains producteurs de cinéma. J’ai mélangé des sentiments, des peurs et des envies… Luigi, c’est moi, très exagéré, en bien et en mal : il est beaucoup plus enthousiasmant, plus courageux et, j’espère, plus sombre, plus menteur et manipulateur. Si on se croit suffisant pour être un personnage de cinéma, il faut aller voir un psy ! Même les grands maîtres de l’ego-cinéma comme Woody Allen — qui, dans la vraie vie, fait de la boxe — s’inventent un personnage de fiction. Que vous a apporté Benoît Graffin, votre co-scénariste, dans l’écriture d’un film en apparence aussi personnel ? Il a été une sorte d’accoucheur pour ce road movie que je ne voulais pas linéaire, ni plat. J’avais lu ses scénarios pour Pierre Salvadori (H

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La fréquence de RTU attribuée en janvier

FM | On connaîtra bientôt le nom de tous les candidats, jugés recevables par le CSA, à la reprise de la fréquence libérée l'an dernier par RTU ; et avant fin janvier, celui du lauréat.

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

La fréquence de RTU attribuée en janvier

Un petit cataclysme s'est produit dans le paysage radio lyonnais en mai 2015 : RTU annonçait avoir rendu sa fréquence, ce 89.8 qui enchante encore les mélomanes (la radio continue d'émettre, bien entendu). Une denrée (très) rare dans la ville : la dernière fois que c'était arrivé, c'était en 2010. Le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) a mis en concurrence la fréquence libérée et les dossiers ont été déposés cette année. Du côté du CTA (Conseil Territorial de l'Audiovisuel), Christine Derville, la secrétaire générale, nous confirme que ceux-ci sont actuellement en cours d'instruction. Une soixantaine ont été déposé pour les fréquences disponibles en région Rhône-Alpes (Annecy, etc) qui seront prochainement réattribuées, mais l'on ne sait combien exactement concernent la fréquence lyonnaise rendue par RTU. Ce qui est sûr, c'est que l'arrivée de France Bleu, un temps pressentie, n'est pas d'actualité : le ministère de la Culture et de la Communication n'a à ce jour pas préempté la fréquence comme il en a la possibilité, au bénéfice du service public. « Mais c'est encore possi

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Ouvert la nuit

ECRANS | Le nœud papillon savamment défait, le cheveu en bataille et un vers d’Aragon sur les lèvres, Édouard Baer promène sa nonchalante élégance d’artiste en quête d’un (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Ouvert la nuit

Le nœud papillon savamment défait, le cheveu en bataille et un vers d’Aragon sur les lèvres, Édouard Baer promène sa nonchalante élégance d’artiste en quête d’un singe et d’argent (ne cherchez pas à comprendre, c’est ainsi) dans son nouveau film, Ouvert la nuit. Une brillante réussite qu’il vient présenter à Lyon en compagnie de la non moins talentueuse Sabrina Ouazani. Saurez-vous supporter autant de bonheurs et de délices d’un coup ? Je dis oui, car il faut savoir dire oui. Ouvert la nuit Au Comœdia le vendredi 2 décembre à 20h

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Encore heureux

ECRANS | De Benoît Graffin (Fr, 1h33) avec Sandrine Kiberlain, Édouard Baer, Bulle Ogier…

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Encore heureux

Quand des petits-bourgeois s’attellent à l’écriture d’une comédie vaguement sociale (chacun des mots mérite d’être pesé : on suit ici une famille dont le père, cadre sup’ au chômage depuis deux ans, squatte un studio des beaux quartiers parisiens) en faisant l’économie d’un script doctor, la vraisemblance et la dignité en prennent pour leur grade. Quelques exemples à la volée ? L’histoire est censée se passer autour du réveillon de Noël, de surcroît en week-end ; or tout est ouvert fort tard, y compris les administrations, qui n’hésitent pas à menacer d’expulsion… en pleine trêve hivernale. Un besoin urgent d’argent se fait sentir ? La mère s’en va troquer ses faveurs contre un chèque auprès d’un bellâtre de supérette — ah, le romantisme de la prostitution occasionnelle ! Même en ajoutant un macchabée voyageur en guise d’hypothétique ressort (au point où l’on en est...), le scénario continue de tirer à hue et à dia, atteignant à peine la cheville brisée de la moindre pochade d’humour noir belge. Miséricorde pour les comédiens, ils devaient avoir faim. VR

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Au Transbo, Radio Nova fait sa Nuit Zébrée

MUSIQUES | Au moment où vous lirez ces lignes, les places encore disponibles pour la prochaine Nuit Zébrée (vendredi 27 novembre au Transbordeur), soirée annuelle (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

Au Transbo, Radio Nova fait sa Nuit Zébrée

Au moment où vous lirez ces lignes, les places encore disponibles pour la prochaine Nuit Zébrée (vendredi 27 novembre au Transbordeur), soirée annuelle (auto-)célébrant l’éclectisme bon enfant de Radio Nova, devraient se compter sur les doigts d'une main – voire d'un moignon. Rien de très surprenant à cela quant on sait qu'elles sont à retirer gratuitement auprès des disquaires partenaires de l'événement. D'autant que l'affiche de cette troisième édition lyonnaise brille plus encore que les précédentes par son starpower et son potentiel festif. On pourra en effet y entendre les chansons viscérales et baroques de Mansfield.TYA, prendre une leçon de groove nord-africain avec la diva soudanaise Alsarah et ses Nubatones et voir l'insatiable Joeystarr enfiler son tout nouveau costume de Caribbean Dandee, du nom du projet dancehall (sidekick à dreadlocks et soundsystem inclus) qu'il a mûri au grand air chargé de particules psychotropes de la Jamaïque. Y compris le booty vissé sur son canapé, le tout étant retransmis en direct sur Nova, évidemment, mais aussi sur sa petite sœur locale RTU. Heureux les retardataire

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Drôles de zèbres

MUSIQUES | «C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» affirme Rémi Gaillard, risible émule de Johnny Knoxville dont les impostures font sur (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Drôles de zèbres

«C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» affirme Rémi Gaillard, risible émule de Johnny Knoxville dont les impostures font sur Youtube la joie de millions de procrastinateurs – et prouvent depuis le début du mois qu'à l'instar d'un costume, un écran peut être trop grand. L'un des titres les plus représentatifs de Congopunq, tête d'affiche aux côtés, notamment, des so french Mustang, de la prochaine Nuit Zébrée de Radio Nova (au Transbordeur mardi 14 mars), s'intitule N'importe quoi. A raison tant cette licencieuse leçon de groove ne ressemble à rien de sensé. A moins de considérer comme tel un bœuf réunissant l'ensemble tradi-moderne Konono n°1 et The Brian Jonestown Massacre. Pour autant, elle n'est pas l’œuvre d'un simple quidam, ce duo étant mené par Cyril Atef, excentrique et virtuose batteur de Bumcello qui, avec le dénommé Monsieur Cong, colosse pileux aussi inutilement indispensable au projet que le tambouriniste Joel Gion l'est au groupe d'Anton Newcombe, repousse ici et sur deux albums son goût des rythmes panafricains, des postures punk et des tenues de nomade perché – l'équivalent tropical du clochard céleste. As

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Turf

ECRANS | De Fabien Onteniente (Fr, 1h42) avec Édouard Baer, Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste…

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Turf

Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop bien nourri aux euros sonnants et trébuchants. Cela ne masque pas le recyclage poussif et transparent qui lui sert de pitch : Un éléphant ça trompe énormément dans le milieu du tiercé. Soit quatre potes dont un avec une mère juive (Marthe Villalonga, pour être original), l’autre qui trompe sa femme jusqu’à ce qu’elle en ait marre et le foute dehors, un troisième plus effacé mais solide dans les affaires comme en amitié, et un quatrième qui expose le tout en voix off et se met à l’équitation pour séduire une jeune et jolie demoiselle. Au milieu, Onteniente projette ses vannes pourries, sa mythologie beauf (on a du fric, on fait la fête sur la côte) et son absence totale de direction artistique, pour un résultat sinistre qui a l’air de durer trois plombes. C’est nul donc, et seul un Depardieu d’une sincérité totale s’échappe du marasme. Qui d’autre que lui pourrait faire sonner juste une réplique comme : «Tiens, voilà tes deux places pour Lady Gaga !» ? Christophe Chabert 

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Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

ECRANS | Passant après le calamiteux épisode Langmann, Laurent Tirard redonne un peu de lustre à une franchise inégale en misant sur un scénario solide et un casting soigné. Mais la direction artistique (affreuse) et la mise en scène (bancale) prouvent que le blockbuster à la française se cherche encore un modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme Les Seigneurs remplit sans souci les salles. Artistiquement, en revanche, on est encore à l’âge de pierre. La franchise Astérix en est le meilleur exemple : après le navet ruineux de Thomas Langmann, c’est Laurent Tirard, fort du succès glané avec son Petit Nicolas, qui a récupéré la patate chaude. Avec un budget quasiment divisé par deux (61 millions quand même !), il n’avait guère le choix : finies les courses de char dispendieuses et les packages de stars ; retour aux fondamentaux. Tirard et son co-auteur Grégoire Vigneron prennent ainsi deux décisions payantes : remettre le couple Astérix et Obélix au centre du film (ainsi que les comédiens qui les incarnent, Baer et Depardieu, excellents), et soigner un casting pour lequel chaque personnage semble avoir ét

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Poulet aux prunes

ECRANS | Dans Poulet aux prunes, Marjane Satrapi fait mieux que transformer l’essai de Persépolis : avec son comparse Vincent Paronnaud, ils retranscrivent en prises de vue réelles l’imaginaire débordant de ses bandes dessinées, en gorgeant les images d’humour, d’émotion et de poésie visuelle. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 21 octobre 2011

Poulet aux prunes

C’est l’histoire d’un musicien iranien qui casse son violon et qui décide, désespéré de ne pouvoir retrouver la magie de sa musique avec un autre instrument, de casser sa pipe. Poulet aux prunes ne prend pas de gants pour nous annoncer la nouvelle : à peine l’introduction du film est-elle terminée que l’on connaît déjà le moment du trépas de Nasser-Ali. Ne reste plus qu’à compter les jours qui rapprochent de l’échéance, et les animer de toutes les façons possibles. Retours en arrière, projections hypothétiques sur les différentes manières de passer l’arme à gauche, et même grands bonds dans le temps accompagnant le destin des personnages secondaires… «C’est ce que j’aime au cinéma, commente Marjane Satrapi, co-réalisatrice avec Vincent Paronnaud. Que le personnage meurt au bout de dix minutes, et ensuite, on parle de sa vie pendant une heure vingt.» La narration de Poulet aux prunes est à l’image du débit élégant et élastique de son narrateur Édouard Baer : souple, fluide, libre, échappant à la pesanteur du réel pour se laisser conduire par la simple beauté de l’imaginaire, du rêve et de la poésie. Lignes brisées Quand Marjane

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Mon pote

ECRANS | De Marc Esposito (Fr, 1h45) avec Edouard Baer, Benoît Magimel…

Dorotée Aznar | Vendredi 26 novembre 2010

Mon pote

Il le dit lui-même en conférence de presse : Marc Esposito est un gentil. D’ailleurs, quand il évoque la base autobiographique de son nouveau film, voyant un directeur de publication engager un taulard repentant dans une rédaction pour le sortir du mitard, il précise même qu’à l’époque, à Studio Magazine, il ne pouvait bosser qu’avec des gentils. Vous l’aurez donc compris, le meilleur compliment et en même temps la pire insulte qu’on puisse faire à Mon pote, c’est de dire que c’est un film gentil. Au sens “bien brave“, inoffensif, totalement inconséquent. On ne va même pas pinailler sur l’absence totale de mise en scène (qu’Esposito assume, en toute gentillesse), sur la fin du film et sa maladresse toute pataude, ce serait inutile. Ça reviendrait à tirer non pas sur l’ambulance, mais sur un stand de barbe à papa qui écoule toute sa marchandise gratos. FC

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Passe-passe

ECRANS | Tonie Marshall réussit une hilarante et généreuse comédie fourre-tout au casting aussi improbable que réjouissant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2008

Passe-passe

D’abord, dire le plaisir éprouvé à la vision de Passe-passe. La comédie française ne nous a plus habitués à autant de générosité, préférant en général une approche prudente faite de connivence complice et de calcul marketing. Tonie Marshall, elle, choisit de faire l’inverse, avançant en kamikaze sur tous les fronts, du burlesque à la comédie de caractère, du rire grinçant à la franche déconnade. Ce qui produit un film apparemment sans queue ni tête, à l’intrigue parfois incompréhensible mélangeant sans ménagement trafics internationaux et petites combines, coucheries politiques et coup de foudre romantique, altermondialisme et Alzheimer, Darry Cowl et Frank Sinatra. En fait, Passe-passe est plutôt un film à plusieurs têtes et plusieurs queues, tiré vers des extrêmes a priori inconciliables qui lui confèrent pourtant sa folie contagieuse. Bien vu, bien connuCe poisson-film a cependant un corps et des arêtes : le couple hilarant formé par Nathalie Baye et Edouard Baer. Elle, grande bourgeoise fuyant son amant de ministre avec un sac bourré de billets ; lui, prestidigitateur raté naviguant à vue entre une mère malade et un beau-frère magouilleur. Ce tandem-là est

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J’ai toujours rêvé d’être un gangster

ECRANS | de Samuel Benchetrit (Fr, 1h48) avec Édouard Baer, Anna Mouglalis, Jean Rochefort…

Dorotée Aznar | Mercredi 19 mars 2008

J’ai toujours rêvé d’être un gangster

Auteur et metteur au scène de théâtre puis, au cinéma, d’un plaisant Janis et John, Samuel Benchetrit tente de transformer l’essai avec J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Mais, dans ce film à sketchs dont le point commun est une cafétéria sur une aire d’autoroute, ce qui gène vite, c’est la «cinéphilie» de son auteur. Les guillemets sont volontaires car on se demande vraiment si on regarde une suite de clins d’œil, un digest pas toujours bien digéré ou un quasi-plagiat. Que des apprentis gangsters y tchatchent comme chez Tarantino, ou qu’au contraire ils peinent à se traîner comme dans Le Pigeon, pourquoi pas ? Que la construction du film soit empruntée à celle de Mystery train de Jarmusch, soit. Mais que Benchétrit reproduise, lors de la séquence Arno-Bashung, un sketch entier de Coffee and cigarettes du même Jarmusch, sans même créditer son auteur au générique, là, il y a vraiment un problème. Qu’importe après tout, si le film dans son ensemble était à peu près plaisant à suivre ; mais il est au contraire laborieux, sans rythme, complaisant envers ses propres trouvailles. En définitive, seul le casting, belle réunion de pointures, vient sauver l’affaire de l’anecdotique et fa

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B(a)erner son monde

CONNAITRE | Music-hall / Edouard Baer et sa troupe débarquent à la Bourse du travail pour un spectacle de music-hall déjanté. Commentaires du principal intéressé. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mardi 3 janvier 2006

B(a)erner son monde

Petit Bulletin : Pour ce spectacle, le moins que l'on puisse dire est que vous avez vu grand ! Qu'est-ce qui vous a incité à monter un tel spectacle ?Edouard Baer : La Folle et Véritable Vie de Luigi Prizzoti est construit en une succession de tableaux mais c'est une «vraie» histoire. Pour la première fois j'ai construit un spectacle avec un fil narratif ! Créer un spectacle avec autant d'acteurs est évidemment un véritable casse-tête et c'est surtout une aberration économique. Mais c'est ce que j'ai envie de faire et c'est comme ça que j'ai envie de vivre. D'ailleurs, je crois que je vais bientôt partir errer sur les routes avec une roulotte... Sous des apparences bordéliques, votre spectacle ne laisse pas de place à l'improvisation...Il y a une marge de liberté, mais pour mon personnage uniquement. Quant aux autres, qu'ils n'essaient même pas !!! Plus sérieusement, mon personnage doit être l'éléphant dans un magasin de porcelaine, il y a plus de 20 comédiens, il faut que tout soit beau et réglé précisément. Certains ont vu dans votre spectacle une satire de la société du spectacle, c'est ce que vous avez souhaité ?Le spectacle raconte l'

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