Nique toujours sa mère

MUSIQUES | Musique / La reformation de NTM, cette semaine en concert à la Halle Tony Garnier, aura fait couler beaucoup d’encre, ravivé la passion des fans et montré que le rap, en France, a acquis une légitimité culturelle tardive et ambiguë. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 octobre 2008

N'y allons pas par quatre chemins : NTM est un groupe important, décisif même, pour la musique française des trente dernières années. Chaque album du groupe de Kool Shen et JoeyStarr a contribué à forger un son et à graver une écriture qui ont fait école dans le rap français. La rivalité avec IAM (Paris contre Marseille, grand classique), le tempérament volcanique de JoeyStarr, sa capacité à remplir les tabloÏds people avides de déjections, et même la période de séparation du tandem (houleuse et pas totalement éclaircie par cette reformation dont d'aucuns disent qu'elle n'a d'autre but que lucratif) ont ajouté une couche de mythologie sur cette excellence sans académie. Allons encore plus loin : leurs chroniques d'un malaise urbain appelant un coup à la violence et à l'insurrection, un coup à un calme responsable et presque paternaliste, semblent plus que jamais d'actualité. «Qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ? Qu'est-ce qu'on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ?» Questions essentielles, valables hier pour certains, et pour beaucoup plus aujourd'hui.Les Indiens dans la ville
Reformation médiatique. Gros concerts parisiens. Pas de nouveaux morceaux. Le plaisir de faire péter les tubes, nombreux. Grosse tournée dans la foulée. S'y massent plusieurs générations d'auditeurs, fidèles de la première heure, jeunes ayant baigné dans l'exceptionnelle pérennité FM de morceaux indémodables (Ma Benz, au sommet) et convertis tardifs attirés par le phénomène. Par quel prodige NTM, qui faisait frémir et divisait il y a vingt piges, passe maintenant pour les Ferré de la Cité ou les Stones du 9-3 ? Le temps fait son petit office de nostalgie sélective et d'amnésie accommodante, certes, mais le long silence du groupe n'y est pas pour rien. C'est comme dans les westerns : un bon Indien est un Indien mort. Terrassé par le bling bling du rap business et l'égotrip extrême de ses deux membres, NTM a rejoint le cimetière de la morale. Revenus de ce grand nulle part, Kool Shen et JoeyStarr ne font plus peur au système car celui-ci les a abîmés, eux aussi. Une distance fatale s'est créée : le NTM d'aujourd'hui est devenu le NTM d'avant. Ouaip… Il suffit pourtant d'écouter l'album solo de JoeyStarr (chef-d'œuvre, putain de chef-d'œuvre) pour savoir que l'ours est toujours aussi mal léché et ne demande qu'à déchiqueter le con en face de lui. Nous ? Lui ? Vous ? «Si t'as le pedigree, ça se reconnaît au débit».NTM
À la Halle Tony Garnier, jeudi 23 octobre.

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On est encore là, prêts à foutre le souk (mais plus pour longtemps)

Hip-Hop | Dernière virée hexagonale pour le Suprême NTM, incontournable duo du rap français qui a choisi de s'auto-dissoudre à l'issue de cette tournée passant par la Halle Tony Garnier.

Sébastien Broquet | Mardi 15 octobre 2019

On est encore là, prêts à foutre le souk (mais plus pour longtemps)

Cette fois, c'est la dernière. Promis, juré. JoeyStarr et Kool Shen, duo incandescent, plumes aiguisées comme des lames, ne retourneront plus ensemble sur le ring de leurs exploits. Et c'est tant mieux, car le Suprême Nique Ta Mère n'a jamais eu vocation à vieillir. Figure de proue de la déferlante hip-hop du début des années 90, la paire a incarné une époque dorée et un style incisif, déferlant sur tout un pays en lui crachant à la face ce qu'il ne voulait surtout pas entendre et qui pourtant finirait bien par lui tomber dessus. Seule Virginie Despentes en ce temps-là avait la même puissance de flow... Longtemps que la paire originaire de Saint-Denis n'a plus pondu un track marquant, contrairement à l'autrice de Vernon Subutex, mais leur présence féline sur scène et le réservoir de la période Paris sous les bombes suffit largement à combler les nostalgiques — au bout de trente ans de carrière, et après avoir maté le public de Woodstower l'an dernier, il faut bien se rendre

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Suprême NTM et les autres

Woodstower | Suprême NTM va-t-il écraser un Chaton ? Petit Biscuit va-t-il se faire dévorer par Madben ? La réponse à toutes vos questions en lisant cet article sur la formidable vingtième édition de Woodstower.

Sébastien Broquet | Mardi 19 juin 2018

Suprême NTM et les autres

Vingt ans, c'est pas rien, pour un festival. Et Woodstower fête cet anniversaire en beauté, conviant pour une soirée aussi bonus qu'exceptionnelle le Suprême NTM pour un show dantesque, à l'ancienne, incluent Raggasonic, Busta Flex, Zoxea et Lord Kossity. C'est un brin vintage, mais tellement jouissif ! Et l'on sait que la paire Kool Shen & Joey Starr n'a rien perdu de sa superbe dès lors qu'il faut brûler une scène. Ce sera le jeudi 30 août, et rien que cette soirée devrait suffire à coller sur les rotules tout festivalier qui se respecte un tant soit peu, Disiz la Peste et Cut Killer (vintage, on vous dit...) complétant le line-up. Ensuite, il faudra déambuler le week-end durant pour dénicher celui qui pourra rivaliser avec les plumes de Paris sous les bombes : Petit Biscuit ? Que nenni,

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Disiz la Peste et Cut Killer s'ajoutent à la prog' de Woodstower

Festival | Deux nouveaux noms pour les vingt ans de Woodstower, pour assurer la première partie de NTM.

Sébastien Broquet | Jeudi 8 février 2018

Disiz la Peste et Cut Killer s'ajoutent à la prog' de Woodstower

On savait déjà que le Suprême NTM serait l'attraction des vingt ans du festival Woodstower, le duo francilien étant programmé en concert spécial le 30 août au grand parc de Miribel Jonage. Aujourd'hui, s'ajoutent Disiz la Peste, révélé par le single J'père les plombs en l'an 2000 avant de nourrir une riche carrière jusqu'à Pacifique, sorti l'an dernier. Autre ancien qui se greffe à cette soirée : Cut Killer, l'incontournable DJ hip-hop des années 90 incarnant à lui seul l'évolution de ce mouvement, de l'underground à l'explosion pop, qu'il a accompagné via son émission sur Skyrock après avoir débuté sur Radio Nova.

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Suprême NTM à Woodstower

MUSIQUES | Le festival Woodstower fête ses 20 ans et invite pour l'occasion le mythique groupe de hip-hop Suprême NTM pour un concert spécial en ouverture du (...)

Lisa Dumoulin | Lundi 11 décembre 2017

Suprême NTM à Woodstower

Le festival Woodstower fête ses 20 ans et invite pour l'occasion le mythique groupe de hip-hop Suprême NTM pour un concert spécial en ouverture du festival, le 30 août. JoeyStarr et Kool Shen sont les premiers noms annoncés pour cette édition anniversaire, qui s'étendra cette année sur quatre jours, du 30 août au 2 septembre 2018. Pour ceux qui veulent voir cette légende des années 90 retourner le Grand Parc Miribel Jonage, la billetterie ouvre ce lundi 11 décembre à 10h !

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Insomniaque - Semaine du 16 au 22 octobre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Join the Navy au Sirius, Quentin's Club Experience au Sucre et Hunkpapa au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 9 octobre 2013

Insomniaque - Semaine du 16 au 22 octobre

17.10 Join the Navy #1 Le Sirius flotte mais ne sombre pas. Au contraire : non seulement la péniche la plus rock'n'roll du quai Victor Augagneur a fêté la semaine dernière son onzième anniversaire, mais elle inaugure ce jeudi un nouveau rendez-vous baptisé Join the Navy. Nul disco carnavalesque au programme de celui-ci, mais de la musique à guitares de premier choix, sélectionnée notamment par The Dukebox Stuntmen, duo marseillais aussi imposant - l'un ressemble à un gentleman belliqueux à la Bronson, l'autre à un wife-beater échappé d'un film de Rob Zombie, les deux aiment jouer avec le feu - que sudatoire

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Poète en son pays

CONNAITRE | Des tréfonds de son être, François Montmaneix s’engage depuis plus d'une quarantaine d'années dans des espaces sensibles faits de souvenirs, de pensées, de (...)

Gaël Dadies | Vendredi 23 novembre 2012

Poète en son pays

Des tréfonds de son être, François Montmaneix s’engage depuis plus d'une quarantaine d'années dans des espaces sensibles faits de souvenirs, de pensées, de rêveries, pour remodeler l’univers à la lumière d’une évocation poétique. Évocation grâce à laquelle deviennent discernables les bruissements et pulsations de toute chose, aussi éphémères et fragiles soient-ils. Dans son dernier recueil publié au Castor Astral, Laisser verdure, dont le titre reprend les derniers mots prononcés par George Sand sur son lit de mort, ce poète lyonnais, récompensé par le prix Guillaume Apollinaire en 2003 pour Les Rôles invisibles et membre de l’Académie Mallarmé (cercle littéraire où émargèrent des écrivains du calibre de Jean Cocteau et Paul Valéry), nous livre des textes profondément marqués par ce dialogue entre éléments d’un Grand Tout, au sein desquels il interroge «les désordres de cet ordre-là». Dans des vers assez courts, agencés en des fragments d’une prose épurée, l’auteur tente «de réunir les voies et de rassembler les voix»,  comme autant d’échos échappés d'un Vide dans lequel il convient de trouver une place. Mais dans cet apparent

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Rap, paradis retrouvé

MUSIQUES | Musique / Cette semaine, entre le passage à la Halle Tony Garnier de NTM et le concert au Transbordeur de Dj Premier et QBert, une page de l’histoire du rap s’invite à Lyon, entre nostalgie et retour aux fondamentaux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 17 octobre 2008

Rap, paradis retrouvé

C’était en fin de saison dernière, sur le plateau du Grand journal de Canal +. Kool Shen et JoeyStarr annonçaient officiellement la reformation de NTM. Une annonce savamment orchestrée à coups de placards-pubs dans les journaux, mais qui devenait, ce soir-là, une réalité. Et la suite : gros concerts parisiens ; pas de nouveaux morceaux mais le plaisir de faire péter les tubes d’hier ; grosse tournée dans la foulée. Qui va voir NTM aujourd’hui ? Plusieurs générations d’auditeurs, les fidèles de la première heure, des jeunes ayant grandi avec eux grâce à la pérennité FM de morceaux indémodables et des convertis tardifs au «phénomène». Par quel prodige NTM, qui faisait frémir et divisait il y a vingt ans, passe maintenant pour les Ferré de la Cité ou les Stones du 9-3 ? Le temps fait son petit office de nostalgie sélective et d’amnésie accommodante, certes, mais le long silence du groupe n’y est pas pour rien. Comme dans les westerns : un bon Indien est un Indien mort. Terrassé par le bling-bling du rap business et l’égotrip extrême de ses deux membres, NTM a rejoint le cimetière de la morale. Revenus de ce grand nulle part, Kool Shen et JoeyStarr ne font plus peur au système car c

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Nique toujours sa mère

MUSIQUES | Mythe / N’y allons pas par quatre chemins : NTM est un groupe important, décisif même, pour la musique française des trente dernières années. Chaque album du (...)

Christophe Chabert | Vendredi 17 octobre 2008

Nique toujours sa mère

Mythe / N’y allons pas par quatre chemins : NTM est un groupe important, décisif même, pour la musique française des trente dernières années. Chaque album du groupe de Kool Shen et JoeyStarr a contribué à forger un son et à graver une écriture qui ont fait école dans le rap français. La rivalité avec IAM (Paris contre Marseille, grand classique), le tempérament volcanique de JoeyStarr, sa capacité à remplir les tabloÏds people avides de déjections, et même la période de séparation du tandem (houleuse et pas totalement éclaircie par cette reformation dont d’aucuns disent qu’elle n’a d’autre but que lucratif) ont ajouté une couche de mythologie sur cette excellence sans académie. Allons encore plus loin : ces chroniques d’un malaise urbain appelant un temps à la violence et à l’insurrection, un temps à un calme responsable et presque paternaliste, semblent plus que jamais d’actualité. Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? Qu’est-ce qu’on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ? Questions essentielles, valables hier pour certains, et pour beaucoup plus aujourd’hui. Ce qui est fort avec NTM, c’est la façon dont il s’est imposé en bousculant les habitudes d’un mi

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